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Lettre d’Alicante

En Espagne, les « enfants volés » veulent sortir du trou noir

vendredi 29 juin 2012, par Jean Ortiz et Marielle Nicolas

Du début de la guerre civile espagnole aux années 1990 (après le retour à la démocratie), des milliers d’enfants de familles républicaines ont été soustraits à leurs parents dans les hôpitaux et maternités espagnols. La motivation était idéologique : il fallait les soustraire à la « perversion des rouges », les « rééduquer » dans l’esprit de la dictature. Au total, plusieurs dizaines de milliers d’enfants auraient ainsi été « volés ». Le 16 juin 2012 avait lieu à Madrid et Alicante les premières rencontres nationales des associations et collectifs de victimes de vol d’enfants pour tenter d’établir des analyses, des outils et des propositions communes à tous sur ce dossier.

Dans la banlieue d’Alicante, chacun avait un dossier sous le bras, une douleur à exorciser. Certains cherchent depuis des années, en silence — un silence qui, aujourd’hui, fait de plus en plus de bruit. « Nous sommes victimes, nous expliqueront-ils, et pourtant coupables aux yeux de la justice, des hôpitaux, des Etats civils, des institutions... » Des victimes coupables de lèse-oubli, d’avoir douté des vérités officielles, d’être convaincues que « leur bébé » n’est pas mort, comme on le leur a toujours dit, mais qu’Eglise et franquisme leur ont arraché leur progéniture. La plupart du temps, on leur oppose encore porte close en expliquant qu’aucun document n’atteste ni de l’accouchement, ni de la naissance, ni de la mort du bébé.

Nous sommes là pourtant face à un crime contre l’humanité : le vol et la traite de nourrissons. Les chiffres : de 30 000, pour les estimations les plus basses, à 300 000 (ce qui nous paraît pour l’heure exagéré). Les familles qui nous entourent sont toutes composées de petites gens, humbles et modestes, qui veulent retrouver un fils, une fille, un frère... Ils n’ont aucune haine mais font montre d’une dignité à toute épreuve. On a du mal à imaginer les dimensions réelles de ce drame. « Ils disent que nous sommes folles », explique Eva, d’Alicante. Ceux qui ont assassiné les « rouges » sont ceux-là même qui ont volé leurs enfants pour les confier à des familles bien-pensantes, afin de les « purifier ». Nous nous sommes rendus à l’hôpital général d’Alicante, anciennement « Résidence 20 novembre », où les documents ont été, selon l’administration, emportés par différentes crues. Qui l’eût cru ?

Substitut du procureur ayant en charge les questions relatives aux mineurs, ainsi que ce dossier, don Carlos Ferreiros accepte de nous recevoir. Il nous invite à distinguer les cas d’enfants volés du franquisme et ceux, ultérieurs, qui relèvent de méthodes pour le moins particulières dans un pays qui, jusque dans les années 1980, n’avait aucun cadre légal sur l’adoption. Les enfants volés aux familles étaient déclarés morts, et enterrés par les bons soins des hôpitaux et autres cliniques, avant d’être vendus. C’est la version officielle dans l’Espagne du très conservateur Mariano Rajoy, mais chacun devine que les magistrats obéissent à des autorités gouvernementales qui les enjoignent de ne plus se consacrer à ces dossiers-là, « par manque de temps et de moyens ».

Un « trou noir » de plus en plus clair

Dans l’immédiate après-guerre d’Espagne, le vol des bébés aux mères prisonnières politiques relevait de la vengeance et de la répression idéologique. Il était théorisé par le psychiatre officiel du régime, Vallejo Nájera, qui considérait le marxisme comme une « maladie mentale » à éradiquer, et les « Républicains » comme émanant d’une race inférieure... Après les années 1940, la répression change de profil : de « politique », elle se fait plus morale et sociale, et son instrumentalisation vise surtout les mères célibataires (considérées comme d’horribles pécheresses), ou les familles nombreuses (qui ne peuvent offrir de bonnes conditions de vie à autant d’enfants). Cette répression fait toujours partie d’un projet de l’Etat franquiste et des classes dominantes pour réduire et/ou rééduquer les « déviances » politiques des exploités, telles que le communisme ou l’anarchisme, et créer une société idéale enfin débarrassée des idéologies subversives.

La réunion d’Alicante fait émerger de nouvelles histoires personnelles qui égrènent le même enchaînement : un enfant né en bonne santé, qui subitement devient violet et décède. Les autorités de l’hôpital ou de la clinique refusent cependant aux parents un droit humain élémentaire, celui de voir le corps de l’enfant, et d’en disposer afin de l’enterrer dans le caveau familial. Ces mêmes autorités disent se charger de tout, et les familles, en état de choc, parfois menacées, sont bien obligées d’accepter cette « vérité » officielle.

Les témoignages se succèdent. Comme celui de María Bonillo Navarro, dont le fils, né en 1963, dans un hôpital madrilène, a « disparu », jusqu’au cas de Juan Vicente, d’Alicante, a qui on a enlevé des jumeaux, en octobre 1991, nés en pleine santé à l’hôpital général d’Alicante, où il travaillait et travaille toujours. On l’avait menacé à l’époque de le renvoyer s’il cherchait à savoir ce qui s’était exactement passé. Celui de Victoria Utiel Arroyo, qui recherche un fils, né à la clinique La Almendra de Valence le 2 juillet 1971 ; elle s’étonne que tous les registres des années 1963 à 1973 de la « Casa cuna Santa Isabel » (centre de charité ouvert aux filles mères tenu par des religieuses) de Valence aient disparu. Elle est mariée avec Francisco Rocafull, né le 8 février 1961, qui recherche une sœur jumelle, disparue, non pas à la naissance, mais vers l’âge de 6 ou 7 mois, après un passage à l’hôpital pour une maladie bénigne. Les contradictions dans les documents sollicités auprès de l’hôpital en question sont légion : date de naissance avancée d’un an, attribution d’un emplacement dans un cimetière ne correspondant pas au lieu de naissance, documents signés par un médecin qui ne fera partie du personnel que quinze ans plus tard. Plus surprenant, l’un le porte, lui, décédé, et sa sœur vivante. De plus, des renseignements sur ces enfants ont été demandés en 1972 et contiennent déjà des incohérences. D’après Francisco Rocafull, il s’agirait d’un cas d’adoption (illégale), alimenté au moyen d’une filière hospitalière (de nombreux documents, délivrés à des années d’intervalle et manifestement falsifiés, sont signés par le même médecin, un certain Docteur Boix), par une famille riche qui aurait d’abord souhaité un garçon, puis aurait préféré la fille, et aurait eu besoin des documents pour l’adopter légalement quelque dix ans après.

Des parents déterminés

Face à l’absence de documents, les familles victimes de vol d’enfants tentent de retrouver leur trace par tous les moyens : certaines sont allées jusqu’à consulter les registres de l’Eglise, concernant ce qu’on dénommait « les eaux du bon secours », équivalent de l’extrême-onction pour les mourants baptisés. Mais là non plus, elles ne trouvent rien. C’est d’ailleurs l’un des paradoxes de ce scandaleux dossier : ne rien trouver est la preuve qu’elles ont raison, que l’Etat, et les relais institutionnels leur ont menti, que marchent dans les rues espagnoles des milliers de personnes auxquelles on a volé leur véritable identité.

Les familles de victimes ont obtenu quelques exhumations de fosses, qui tendent à démontrer que les restes retrouvés sont numériquement bien inférieurs à ceux annoncés par les documents : ce sont bien elles qui ont raison de se battre pour qu’éclate la vérité au grand jour, et que justice leur soit rendue. Difficulté ajoutée, ces inhumations massives, prises en charge par hôpitaux et cliniques, se faisaient dans des fosses communes (on ne pouvait tout de même pousser la farce trop avant, et proposer à chacun une tombe individuelle et vide). C’est même souvent un argument pour ne pas réaliser l’exhumation ; on dit aux familles que les restes de l’enfant qu’elles recherchent seraient au fond de la fosse, recouvert par quelque soixante-dix autres fœtus décomposés. Pour l’heure, en Espagne, seulement une quinzaine de bébés ont été exhumés, au coup par coup. Et l’une des dernières exhumations, réalisées à Alcoy, dans une tombe individuelle, n’a mis à jour qu’un amas de linges. « Ils ferment les dossiers, et refusent de faire les exhumations parce qu’ils savent qu’ils ne vont trouver aucun reste d’enfants, s’insurge Eva, d’Alicante. Ils les ont volés et vendus. »

Le plus grand espoir des familles tient à l’implication d’enfants « adoptés », comme José Andrés, de Santa Pola, ou Margarita, d’Alicante, qui cherchent leur vraie famille, et s’interrogent sur les conditions de leur adoption. Puisqu’on a fermé la porte aux mères et aux membres de la fratrie, toutes et tous comptent sur les enfants pour que s’ouvrent les registres et que l’on puisse, enfin, savoir ce qu’il est advenu.

Dans « Le Monde diplomatique » :

  • « Bataille pour la mémoire républicaine », Jean Ortiz, février 2009.
    En Espagne, simples citoyens et magistrats conjuguent leur action pour secouer le « pacte de l’oubli » qui recouvre toujours les atrocités commises sous le régime franquiste.
  • « Guernica, un crime franquiste », Lionel Richardn, avril 2007.
    Durant des décennies, l’historiographie franquiste a falsifié le récit du bombardement de la ville basque, le 26 avril 1937, qui fit un millier de morts. Aujourd’hui, à Guernica, on se bat contre l’amnésie.
  • « Les charniers de Franco », José Maldavsky, janvier 2003.
    Après de longues années de silence, des Espagnols cherchent les restes de quelque 30 000 républicains fusillés au bord des routes, « disparus » dans la terrible répression de la guerre civile.

Jean Ortiz et Marielle Nicolas sont maîtres de conférences à l’université de Pau.

12 commentaires sur « En Espagne, les “enfants volés” veulent sortir du trou noir »

  • permalien Ph. Arnaud :
    1er juillet 2012 @09h27   »

    - Finalement, c’est la même chose que tous les fusillés ou morts en prison de la dictature franquiste, et que le régime avait enterrés dans des fosses communes anonymes.

    - Dans tous les cas, le franquisme a fait disparaître des personnes, il en a effacé la trace, il voudrait sans doute en effacer la mémoire.

    - J’aimerais bien, de nouveau, inviter Jean Ortiz dans ma ville pour qu’il aborde ce douloureux sujet. [Je crois savoir qu’il s’est passé la même chose en Argentine à l’époque de la junte].

  • permalien l’oeil de cain :
    1er juillet 2012 @15h30   « »

    Une nouvelle brèche dans les légendes et comptes constituant la liturgie propagandiste franquiste destinée à justifier et légitimiser à postériori un coup d’état fasciste contre un gouvernement démocratique .

    Ce ne furent pas seulement des traitres qui s’emparèrent du pouvoir avec l’aide déterminante de deux armées étrangères, mais aussi des assassins responsables de plus de 150 000 assassinats de civils (hors zone de combat) dont les corps furent jetés dans des fosses , en des lieux inconnus, et comble de l’ignominie des "kidnapeurs "d’enfants.

    Hélas, il apparait de plus en plus évident que ces criminels ne seront jamais poursuivis. La mésaventure du juge Garzon qui commit le sacrilège de tenter une investigation des crimes commis sous la dictature en est l’exemple le plus récent.

    Décidemment le slogan touristique " spain is different " s’avère exact dans le domaine de de la justice malgré le travail exemplaire des associations de récupération de la mémoire historique.

    Ce qui a été la norme dans tous les pais ayant connu des dictatures sanglantes au retour de la démocratie, un minimum de justice et une condamnation des principaux responsables, ne serait ce qu’à titre postume, n’aura pas cours en Espagne.

    Les petits fils et fils des personnes impliquées dans les crimes ne veulent pas voir entâchés leurs noms.
    Ils ne sont pas responsables des crimes commis par leur aîeux hier, chaque être humain étant responsable de ses actes, mais ils sont responsables de leur dénis de justice aujourd’hui

  • permalien No Pasaran :
    2 juillet 2012 @16h12   « »

    Si ça se trouve, certains de ces enfants sont devenu de bons fascistes.

  • permalien rafael :
    2 juillet 2012 @16h23   « »

    C’ est tres important ce qu’ il sont en train de faire les gens et quelques magistrats. On a le droit fondamental ’a savoir la propre histoire, pour faire comprendre, ce qui se passe aujourd’ hui. Les enfants oublies d’ Espagne, ils sont la preuve vive de la tiranie de la droite que, malheureusement, a sa version "democratique" avec le PP. Au Bresil, mon pays, on cherche, pour la comission de la verite, ce qui s’ est passe avec des opositeurs au "regime militaire" des annes 60 et 70 et il y a eu une decision du pouvoir judiciaire qu’ a comndanee un militaire de la dictadure. C’ est important, mais, je pense que la decision n’ aura pas la confirmation par les cours superieures, parce que le pays veut, lui meme, oublie son passe. C’ est dommage, mais c’ est la realite. Merci a vous pour lire ce que je pense.

  • permalien Deïr Yassin :
    2 juillet 2012 @18h24   « »

    Une partie de l’histoire d’Espagne qui mérite bien plus d’attention. Je suis étonnée que cela traine tant que cela alors que le même phénomène en Amérique Latine, notamment en Argentine, est bien connu du grand public.

    A voir à ce sujet, le film argentin "La Historia Oficial", sorti en 1985 moins que trois ans après la fin de la dictature, et oscarisé en 1986.
    - www.cannes.juryoecumenique.o...

    Les premiers procès des bébés volés des desaparecidos ont déjà eu lieu en Argentine il y a plusieurs années, certains très suivis par la presse, comme celui des deux enfants adoptés par Ernestina Herrera de Noble, la propriétaire du groupe de presse Clarin, arrêtée au début des années 2000, et dont les deux enfants adultes ont refusé de subir des tests ADN pour clarifier s’ils étaient deux enfants recherchés par des grand-parents dont les enfants avaient été assassinés par la Junte.

    - www.ipsnews.net/2004/10/arge...

    Parfois la vraie vie dépasse la fiction la plus improbable.

  • permalien Emmp :
    4 juillet 2012 @07h57   « »

    J’ai du mal à comprendre pourquoi on n’entend pas parler les gens placés de l’autre côté, c’est-à-dire ceux qui ont reçu ces enfants. Étant donné le nombre de cas constatés, il existe forcément quelques personnes qui ont décidé de dire la vérité et d’avouer, fût-ce anonymement, ou sur leur lit de mort, que leurs enfants étaient des enfants volés (de leur point de vue "adoptés", évidemment) ?
    Et peut-être aussi des enfants qui, devenus grands, ont découvert plus ou moins par hasard qu’ils n’étaient pas nés de leurs prétendus parents ?
    Le temps qui passe pourrait aussi inciter certains responsables à faire des aveux et explications.
    Savez-vous ce qu’il en est ?

  • permalien Anonyme :
    4 juillet 2012 @16h13   « »

    Pour ceux qui veulent en apprendre un peu plus sur ce qui c’est passé en Argentine à l’époque de la junte, je vous conseille le film "L’histoire officielle" ("La Historia oficial") de Luis Puenzo, qui parle justement des "disparitions" de bébés (je l’ai visionné en Terminale en classe d’espagnol).

  • permalien Oceany17 :
    6 juillet 2012 @21h02   « »

    Valls et sa conception anti- républicaine de l’ autorité... Il pourrait finalement être un de ces enfants kidnappés...

  • permalien Deïr Yassin :
    6 juillet 2012 @21h32   « »

    Post scriptum.
    Au sujet de l’Argentine : hier, jeudi, huit militaires dont l’ex-président Jorge Videla ont été condamnés pour vols de bébés des opposants à des peines allant de 15 à 50 ans. Videla a pris 50 piges et va crever en taule.
    Pour la mémoire de dizaines de milliers de disparus.

  • permalien bruno belliot :
    7 août 2012 @15h18   « »

    en plus de cet article, j ’ai regardé le reportage de Canal "Investigation". ça a été un choc d’autant que j ’étais à Valence la semaine dernière et pas très loin du tristement fameux hôpital. L ’Eglise d ’Espagne a organisé ces vols et ces mensonges jusque dans les années 80, sous la démocratie de F. Gonsalez, c ’est intolérable.
    Où en sont les procédures officielles ?, le gynéco, responsable des vols d’ enfants à Madrid,senor Vela-Vela, pratique toujours dans son cabinet privé... et la justice espagnole ne fait rien !
    Depuis la découverte "officielle" du scandale, en 2011, le gouvernement a nomé un Monsieur" bébé volés" et des milliers de tests ADN sont organisés mais les auteurs de ce crime d ’Etat, comme pour tant de crimes du franquisme, ne seront jamais inquiétés. Il faut faire connaître cette histoire au plus grand nombre Comme pour les crimes de la dictature argentine, pourquoi ne pas en faire un film, je verrai bien Almodovar se charger de ça !!

  • permalien louanchi :
    20 octobre 2012 @15h34   « »

    lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl...
    En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l’époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l’Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l’ isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd’hui se décide à parler.

    35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.

    Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez : Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d’Evian n’effacent pas le passé, mais l’avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)

    Interview du 26 mars 2012 sur radio-alpes.net

  • permalien dina01 :
    19 février @09h12   «

    l’Église Catholiques aussi à une grand part de responsabilité. Malheurs à ces gens qui ont aidés, même politiquement, ils n’avaient pas ce droit, car ce qu’ils faisaient ou ont -ils mis Dieu la dedans ?

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