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Ah, les jolis flons-flons !

Défilés en hausse, budgets en berne

vendredi 13 juillet 2012, par Philippe Leymarie

On défile, on défile — genre « triomphe », peplum, après batailles victorieuses (Libye !), habiles (Côte d’Ivoire) ou vraiment dangereuses et courageuses (Afghanistan). Mais, l’air de rien, le cœur n’y est pas forcément : qu’y aura-t-il derrière, si les Africains veulent curer eux-mêmes ce nouveau cancer au Sahel ? Et si la Ligue arabe — avec une audace militaire qu’on ne lui connaissait pas — se propose un jour de soutenir armes à la main la « révolution » en Syrie ? Et, surtout, si ces socialistes français en peau de lapin, piètres patriotes, cigales inconscientes, consignent les troupes à la caserne, et font comme naguère de la défense leur traditionnelle « variable d’ajustement » budgétaire, à l’image de ce qui se fait ailleurs en Europe…

Pour ce qui est du 14 juillet, pas question d’y aller au bémol, quand on évoque avec des professionnels le bastringue militaro-patriotique de la « fête nationale » : les défilés, c’est sacré ! C’est le « grrrrand rendez-vous de l’armée avec la nation, du peuple avec son armée », c’est important pour les militaires « qui peuvent montrer ce dont ils sont capables », pour la population « qui se presse pour voir les soldats désormais quasi invisibles », dans ce pays où s’étendent — à force de dissolution de régiments et de fermetures de casernes — de véritables « déserts militaires », etc.

Et, si on fait mine simplement, non pas de penser à supprimer les défilés — façon Eva Joly — mais de préconiser un petit rajeunissement du rituel, on peut s’attirer la réplique qui tue : « C’est la cérémonie d’allégeance de la communauté militaire à la classe politique, le salut des armées à leur patron… ». Bref, anarchistes et autres rigolos, voyez la gravité et la fonction rédemptrice de ces martiales démonstrations, qui n’ont d’autre fonction que de prémunir la République contre les putsch et autres chienlits. Et laissez donc s’accomplir ce beau moment où — pour un jour seulement — la marée des oriflammes tricolores ne sera pas annexée par un quelconque FN, ou une UMP qui chercherait à en endosser la furia nationaliste.

Sous contrainte

Pour le reste, la hantise du moment — chez les militaires — ce sont les coupes budgétaires. Le général Ract-Madoux, chef d’état-major de l’armée de terre, le rappelait devant les membres de l’Association des journalistes de défense, le 11 juillet dernier : « Nous agissons sous contrainte budgétaire depuis des années… La “variable d’ajustement”, on ne fait que ça… Nous sommes arrivés à un plancher : après, on supprime du physique, des jours d’activité… »

Une crainte d’autant plus partagée que, partout en Europe, les dépenses de défense sont à la baisse, ainsi que le constate le site B2, à Bruxelles, pour qui « l’effet des restrictions budgétaires se fait pleinement sentir en 2011 ». Peu d’Etats semblent épargnés, sauf les minuscules Luxembourg, Estonie ou Lettonie, ou la Roumanie — mais c’est du rattrapage : ils avaient subi des reculs importants les années précédentes. Grande-Bretagne (- 0,7 %), Belgique (- 0,9 %), Pologne, Croatie restent à peu près stables en 2011.

Mais si quelques pays limitent la baisse des dépenses — l’Allemagne avec - 1,5% ; et plus bas, la France, la Hongrie et l’Italie (- 3,2%) — ailleurs c’est la dégringolade : le Portugal (-7,7%), le Danemark (-7,6 %), les Pays-Bas (-4,9%). Une demi-douzaine de pays franchit la barre des dix points de baisse, illustrant une situation économique plus que difficile : - 11 % en Espagne, - 12 % en Slovaquie, - 15 % en République Tchèque, - 17 % en Bulgarie, - 18 % en Slovénie, - 24 % en Grèce — « La Grèce qui a “perdu” en trois ans un tiers de son budget, passant de 7,3 milliards d’euros en 2009 à presque 6 milliards en 2010 et 4,6 milliards en 2011 », relève Nicolas Gros-Verheyde.

Contre-feu

Selon notre confrère de B2, « le volume des troupes européennes fond également à vue d’oeil » : de presque 2,1 millions de militaires en 2000, il chute à environ 1,5 millions en 2011, soit une baisse de 70 000 personnes en une année. Cette décrue — alimentée notamment par l’abandon de la conscription d’abord en France et en Italie, puis en Allemagne et en Pologne — devrait se poursuivre dans les années prochaines, « ces sureffectifs ne se justifiant à la fois plus sur le terrain, mais surtout ne permettant pas automatiquement une efficacité importante ».

En France, le Sénat, qui a lancé une série de réflexions sur les enjeux du futur Livre blanc [1], estime dans un rapport sur les « capacités industrielles critiques », que « l’Etat doit déduire les capacités industrielles militaires critiques de la forme qu’il souhaite donner à son outil de défense et non l’inverse : tout ajustement budgétaire, à la hausse comme à la baisse, ne doit intervenir qu’après une révision de l’analyse stratégique et non pas avant ». Il n’est pas dit, prévient-il aussi en forme de « contre-feu », que « toute diminution de dépenses de défense doive se traduire par une réduction du format des armées ».

Généraux en stock

Cela au moment où Didier Migaud, le président de la Cour des comptes, met les pieds dans le plat. Présentant mercredi 11 juillet son Bilan à la mi-parcours de la loi de programmation militaire (LPM), il relève un écart de près de 2 milliards d’euros à la fin de l’exercice 2011, par rapport à la trajectoire de la LPM, et pronostique un retard de plus de 4 milliards à la fin 2013, sur la base des seuls arbitrages rendus avant la mi-2012.

Et le magistrat, par exemple, de « s’interroger sur le nombre d’officiers généraux, qui est resté à peu près constant en dépit de la réduction du format des armées. L’armée de terre compte ainsi 176 généraux pour seulement 15 brigades à commander : plus de cent généraux de l’armée de terre servent en dehors de celle-ci. Pour les 3 468 officiers ayant un grade équivalent à celui de colonel, les commandements disponibles de régiments, de bâtiments de la marine et de bases aériennes sont au nombre de 150 ».

Ce renforcement du taux d’encadrement, passé de 14,6 % à 15,9 % entre 2008 et 2009, présente — outre son coût intrinsèque — « plus d’inconvénients que d’avantages, y compris pour les personnels eux-mêmes », selon le président de la Cour : « Il peut conduire à l’engorgement et à la bureaucratisation des administrations centrales, à la multiplication des structures de soutien et de contrôle, et à des durées de commandement trop courtes ». Du coup, Didier Migaud préconise un « repyramidage » des grilles d’avancement, et une « réduction volontariste de l’encadrement supérieur du ministère ».

Contrats non tenus

Dans son rapport, la Cour des comptes affirme que :

— les contrats opérationnels (prévus notamment par le Livre blanc de 2008, sur la base duquel l’actuelle LPM a été établie) ne pourront être entièrement tenus ;
— que d’importants retards ont été pris sur certains matériels (drones, transport et ravitaillement en vol) ;
— que la disponibilité du matériel — 2 sous-marins d’attaque sur 3 sont disponibles, 2 frégates sur 3, 15 % des chars Leclerc, etc. — est insuffisante ;
— de même que l’entraînement des forces (117 jours d’activité pour l’armée de terre en 2011, au lieu des 150 initialement prévus ; 287 heures de vol pour les pilotes de transport, contre un objectif de 400...)

La Cour propose d’abord des économies ne touchant pas au format des armées, mais qui ont trop longtemps été différées, et « devraient sans attendre être mises en œuvre », de l’ordre d’un milliard d’euros :

— diminution de la masse salariale (qui devrait être effective, dans le cadre d’un programme de déflation des effectifs qui prévoit la suppression de 54 000 emplois entre 2009 et 2015) ;
— ralentissement du rythme des mutations ;
— suppression des « état-majors de soutien de la défense » ;
— réduction des dépenses immobilières ;
— retour à l’équilibre du service de santé, etc.

Ensuite, explique la Cour, la mise à jour du Livre blanc — début 2013 — permettra de réajuster le cas échéant le format et les besoins d’équipement des armées, dans un cadre cohérent défini par une nouvelle loi de programmation militaire.

Historiquement bas

Le petit lobby de la « communauté de défense » ne l’entend pas ainsi. « En 30 ans, estime Henri Pinard Legry, le président de l’Association de soutien à l’armée française (ASAF), l’armée n’a cessé de se réorganiser sous la pression de coupes budgétaires systématiques, au point que la part du PIB consacrée à la défense a été divisée par deux. Aujourd’hui notre armée est en limite de rupture et au bord de l’implosion. » Il est illusoire, selon lui, de réduire encore les effectifs des armées, « alors qu’au terme de la déflation en cours depuis 2009, l’armée française (terre, mer, air et services communs) atteindra avec 225 000 hommes un niveau historiquement bas. Ses effectifs seront alors inférieurs à ceux des forces de sécurité intérieure ou de la sécurité civile ».

« Passer en dessous signifiera ne plus disposer de l’éventail complet et au meilleur niveau des compétences indispensables, faute d’une ressource militaire suffisante (…),alors que — pour 15 000 hommes déployés, commandés et soutenus — il en faut 6 fois plus en cours de recrutement, de formation individuelle et collective, d’aguerrissement, d’entraînement spécifique à la zone d’engagement ou encore, après le retour d’opération, au repos et en remise en condition, voire en reconversion pour les plus anciens », écrit l’ASAF dans sa lettre mensuelle intitulée « 14 juillet : ne pas désarmer ».

Sans dogmatisme

Le Sénat, de son côté, a tenté d’évaluer la portée du redéploiement territorial des armées et de la création depuis deux ans d’une soixantaine de bases interarmées de soutien, destinées à mutualiser les services aux armées à l’échelle d’une région, et en principe à en minorer les coûts. Dans leur rapport sur « Les bases de défense, une réforme à conforter », Gilbert Roger (PS, Seine-Saint-Denis) et André Dulait (UMP, Deux-Sèvres) relèvent que les bases de défense auront à elles seules permis, par la mutualisation du soutien, 10 000 réductions de postes (sur les 54 000 attendues au total pour le ministère de la défense), et permis une économie de 6,6 milliards d’euros sur huit ans, tout en ne dégradant pas le soutien d’une opération comme Harmattan en Libye. Un bilan cependant atténué, notent les sénateurs, par le coût des dispositifs d’accompagnement : 1,1 milliard pour reconvertir le personnel, 1,4 milliard pour les travaux immobiliers, etc.

Les rapporteurs affirment que les externalisations du soutien « devront être examinées sans dogmatisme » (décisions attendues à l’automne sur l’habillement, la restauration, les infrastructures), mais « n’amèneront pas de miracle financier : bien souvent, une régie rationalisée permettra d’atteindre les mêmes résultats économiques ». Le rapport identifie plusieurs leviers pour approfondir la réforme sans en « casser » le modèle, en posant la question :

— de l’existence des échelons intermédiaires (les états-majors de soutien défense), pour éviter tout risque de sur-administration ;
— et celle l’éclatement des systèmes d’information, « talon d’Achille de la réforme » : « Il faut 45 jours pour compter les effectifs du ministère, là où il en faudrait 45 secondes avec un système unifié », déplorent les sénateurs [2].

Système régimentaire

Des bases de défense qui sont critiquées, mezzo vocce, par le chef d’état-major de l’armée de terre, pour qui il conviendrait de « clarifier les chaînes de responsabilité, et faire converger le tactique et le soutien ». Le général relève que la création de ces bases interarmées, et leur resserrement, est « un bouleversement pour une armée de terre habituée depuis des siècles au système régimentaire », avec répartition territoriale. Et que, pour la première fois aussi depuis très longtemps, l’armée de terre française va passer sous la barre des cent mille hommes (soit un ratio de 2 pour 1000 par rapport à la population).

Pour autant, le général Ract-Madoux ne pense pas que la fin de la présence en Afghanistan marque ce que certains appellent la « betteravisation » d’une armée de terre française retournant dans la monotonie des casernes et la glèbe des camps d’exercices, dans les fin-fonds des départements de l’Hexagone. Il affirme que ses forces, qui risquaient d’être « déformées » par ce type d’engagement en Asie centrale, étaient « un peu sur-entraînées » ces dernières années, le danger étant, comme toujours dans les armées, de « préparer la guerre précédente », alors que l’avenir en réserve de différentes.

Notes

[1] Censé actualiser le texte adopté en 2008, le nouveau Livre blanc — dont les travaux de rédaction sont lancés cet été, en concertation avec les militaires — devrait être prêt pour le début 2013. Il aidera le gouvernement à rendre ses arbitrages pour le budget 2014, ainsi que pour les financements des programmes pluriannuels, et servira de base à la définition de la nouvelle loi de programmation militaire 2014-2019.

[2] Un système d’information unique (y compris pour la solde/paye) devrait être connecté à partir de 2016.

15 commentaires sur « Défilés en hausse, budgets en berne »

  • permalien gloc :
    13 juillet 2012 @12h33   »

    Le défilé du 14 juillet c’est comme les défilés de mode, c’est le Paris si pittoresque où s’affichent les tendances de l’année à venir.

    Les recalés du Rafale.

  • permalien DF 31 :
    13 juillet 2012 @22h12   « »

    Belle photo, merci Gloc...

    Pour en revenir au budget en berne, il me semble que dans les années 50, aux USA, suite à l’annulation de la construction des porte-avions de classe United States, de nombreux amiraux avaient démissionné pour marquer leur désaccord et leur mécontentement.

    Il semblerait que nos porteurs d’étoiles n’aient pas vraiment autant de courage... Quant au fait qu’ils seront bientôt plus nombreux que les soldats de 2ème classe, c’est l’armée mexicaine, un phénomène actuellement visible au sein de toute la fonction publique française, donc l’armée n’est pas seule fautive...

    Budget en berne, ok, mais qui nous menace ?

    Dans le désordre :

    La Russie (notre vieux pote de guerre froide) : on leur vend des BPC classe Mistral ; vend-t-on des armes à un ennemi potentiel ? Sommes nous si bêtes que celà ?

    Nos ennemis historiques : les Anglais : désormais ce sont des copains, des vrais. Bon, c’est vrai, parfois un de leur SNLE vient se frotter à un des notres, mais c’est purement accidentel, ces bateaux sont devenus tellement silencieux... donc guerre contre les anglais peu plausible voire pas du tout.

    Nos ennemis historiques bis : les Allemands... ce sont nos premiers partenaires commerciaux, ils n’ont pas l’arme atomique et s’ils bronchent, on peut toujours vitrifier Berlin, Hambourg, Munich, et Francfort... (on aura peut être quelques retombées...) donc guerre contre les Allemands peu plausible voire pas du tout.

    L’Italie, l’Espagne et les autres pays d’Europe occidentale : foutaise... tous sont devenus nos véritables amis ! Vive l’Europe...

    Les USA : pas eux , soyons sérieux...

    La Chine : les entreprises françaises font travailler les ouvriers chinois, faudrait vraiment qu’ils soient idiots pour se priver d’une telle mane, surtout par les temps qui courent...

    La Lybie : le colonel est mort, ce sont désormais des amis.

    La Syrie : pourquoi pas Andore... ou Monaco...

    L’Iran : nous menacerait-elle avec ses futures (et eventuelles) armes de destruction massive... vous n’avez pas l’impression qu’on nous a déjà fait le coup avec l’Iraq...

    La Corée du Nord : ne fera rien contre qui que ce soit sans l’aval des chinois qui ne feront rien qui puisse nuire au commerce international, la mondialisation des échanges économiques et commerciaux nuit gravement à la guerre...

    Les menaces militaires se font rares, les budgets aussi...

  • permalien K. :
    14 juillet 2012 @00h20   « »

    Il ne reste plus aux marchands d’armes français qu’à espérer que l’Afrique et le Moyen-Orient resteront toujours entre les mains de dictateurs afin que leur gouvernement continue de leur permettre d’y exporter les armes qui serviront à opprimer les populations locales.

  • permalien agon :
    15 juillet 2012 @18h50   « »
    ne pas se laisser aveugler

    trop de généraux et de colonel selon la cour des comptes : appelons les respectivement super-lieutenant et grand-sergent et le tour sera joué ! En effet l’opinion s’épouvante de constater le nombre de ces personnels sans comprendre que si l’on parle de leurs paie, leurs équivalents dans de nombreux autres ministères et administrations sont bien plus nombreux.

    Je crois par ailleurs que le plus haut gradé militaire du Ministère de la Défense est dans la fourchette "10 à 20 ème" des salaires de son Ministère ...

    Les mots, parfois, sont trompeurs ...

  • permalien Shanaa :
    16 juillet 2012 @22h15   « »

    Les démocraties ne se font pas la guerre entre-elles, dit-on ! Alors, pour occuper la soldatesque, elles la font chez les autres !
    Mais, les démocraties se font des guerres économiques impitoyables !
    Dans l’un comme dans l’autre cas, l’argent est le nerf de la guerre !

  • permalien FX :
    16 juillet 2012 @22h55   « »
    Lobbies militaires...

    J’aime qu’on parle de lobbie militaire. Bien faibles à côté de n’importe quel syndicat. Les armées font tout de même une merveilleuse "variable d’ajustement". C’est quand même les seuls à qui on peut diviser leurs soldes par 2 sans craindre une quelconque manifestation, grève ou autre. Allez, taillons !!Profitons !!

  • permalien Frédéric :
    19 juillet 2012 @01h54   « »

    Nouvelles coupes annoncés, cette fois en Espagne ou le budget militaire a diminué de 25% au cours de ces 4 dernières années, le quotidien El Pais a fait état du plan « Vision 2025″ qui consiste à réduire les effectifs des forces armées espagnoles de 20.000 hommes (sur 130.000) ainsi que le nombre d’employés civils de la Défense de 5.000.

    L’Ejército de Tierra (forces terrestres) sera la plus touchée par ce plan puisqu’elle verra fondre ses effectifs de 10.000 hommes, soit, deux brigades. L’Armada (marine) et l’Ejército de Aire (air) perdront chacune 5.000 postes.

    La Turquie reste le seul membre de l’OTAN qui n’a pas l’intention de réduire les effectifs de son armée...

  • permalien bernadet :
    19 juillet 2012 @17h05   « »

    Ce n’était pas la peine de déranger Mr Leymarie pour une info aussi plate et bien connue ; les commentaires forcèment vont dans le sens. Posez plutôt la question, essentielle. La France est-elle définitivement "atlantiste", et un lèche botte suiveur de l’OTAN ? Nos"elites" politiques et autres....ont apparemment définitivement opté pour le bouclier US et leurs errements financiers qui nous pompent et déstructurent ce qui pouvait rester d’Europe. Alors là, oui, plus la peine de se poser la question de l’armée, dont le but était d’assurer la défense du territoire, de l’Etat et d’être un atout majeur de son économie et sa représentativité. Gauche et droite n’ont plus rien à voir dans ce débat, ils sont tous aux ordres, c’est tellement plus facile de taper en touche que de prendre des "cartons". Pôvre de Gaulle, priez pour nous.

  • permalien Sam :
    24 juillet 2012 @09h07   « »

    "ces socialistes français en peau de lapin, piètres patriotes, cigales inconscientes, consignent les troupes à la caserne"

    Dés le départ, ça pédale grave cet article...
    "ces socialistes français en peau de lapin, piètres patriotes, cigales inconscientes, consignent les troupes à la caserne"

    Pourquoi faudrait-il soutenir la guerre d’Obama ?

    Pourquoi faudrait-il envoyer une armée, un peuple briser la souveraineté internationale d’un autre peuple, alors que l’ONU est l’organe par excellence pour ça, voulu par la communauté internationale ?

    Pourquoi soutenir des individus qui ne représentent ni une force sociale chez eux, ni une indépendance vis-à-vis des USA, ni la société si ce n’est les plus riches de ce pays, comme le dictateur el-hassad lui-même ?

    Pourquoi faudrait-il abonder le budget de l’armée, alors que nous sommes engagés que dans des guerres que personne n’a voté ? Pourquoi faudrait-il abonder un budget militaire qui donne des milliards aux Rafales de Dassault, lequel marchand d’armes privées pour les profits, n’a jamais réussi à les vendre ailleurs que chez nous ?

    Pourquoi faudrait-il alimenter la machine à tuer alors que la France est normalement en paix et dispose déjà d’armes tout à fait dissuasives et de gentils marchands comme Dassault, ainsi que de staff militaires qui utilisent ce budget déjà énorme pour fabriquer des matériels qui iront inonder la planète et matérialiser les conflits ?

  • permalien Sam :
    24 juillet 2012 @09h17   « »

    Non mais franchement qu’est-ce que cet article militariste à comme légitimité dans le Diplo et ses blogs ! Aucune.

    Oui, Éva Joly a raison, il faudrait supprimer les défilés. Exalter l’armée c’est exalter la guerre. Oui, à la "betteravisation" des armées. On ne devrait les sortir, les militaires que quand ils ont à faire leur travail - ou plutôt leur devoir - car c’est un grand malheur que la guerre. Mais l’auteur, apparemment, n’a l’air intéressé que par le budget pour que ces chers gradés fassent joujou encore et touchent de grasses payes et se retrouvent à la retraite à quarante ou cinquante ans.

    A l’heure où huit millions de français et tant d’autres qui y arrivent, sombrent dans la pauvreté, il faut réduire de manière drastique le budget armement, fonctionnement et ressources humaines de l’Armée française.

    Ou cas ou l’auteur ne l’aurait pas intégré, il y a des priorités éthiques dans la société française, dans la République aussi.

  • permalien nicolas :
    25 juillet 2012 @13h49   « »

    Il faut lire attentivement l’article : l’auteur rapporte les propos recueillis pendant et autour du 14 juillet auprès des militaires et groupes de pression militaires à propos du défilé et de l’actualité de l’armée. C’est un style particulier, et je me suis fait avoir à la première lecture.

    Voyant que je lisais un texte "françafricain", ce qui était trop triste pour être vrai sur le site du monde diplomatique, j’ai repris la lecture plus lentement, en réalisant que les militaires sont vraiment capables de raconter n’importe quoi pour préserver leurs institutions : le défilé peut bien rester identique, son sens évolue en fonction du temps et des militaires qui parlent (et probablement des personnes qui écoutent) : la démonstration de force se transforme en démonstration d’allégeance, l’action dangereuse et courageuse en Afghanistan devient du sur-entraînement, etc.

    Tiens, y a-t-il un article sur le déploiement de l’armée sur le territoire intérieur depuis plus de 20 ans, sous l’aile du plan (annoncé comme temporaire) vigipirate ?

    En particulier, que signifie le fait de la croiser, positionnée en triangle en bout de quai, l’arme au poing, accompagnée d’un policier "local", probablement sensé connaître la population autochtone ?

    N’est-ce pas le genre de traitement que l’on réserverait à un territoire colonisé, dont on veut contrôler les transports ? Ça ressemble à une armée étrangère accompagnée d’un policier collaborateur.

    Il ne faut pas croire que c’est anodin. Les personnes d’autres pays sont souvent heurtées, effrayées de voir l’armée sur le territoire intérieur. Ce n’est pas la norme dans d’autres pays à niveau comparable de développement "social-démocratique".

  • permalien leflamand :
    27 juillet 2012 @11h48   « »

    Très bon article !
    Deux détails où l’argent public est confisqué :
    - tous les officiers partent à la retraite en bénéficiant systématiquement du grade supérieur au leur.
    - les utilisations de réservistes sont considérées comme des primes accordées, d’où des doublements, triplements d’affectations sur missions !
    Il y a encore de la marge ! (logement des gendarmes, par exemple).

  • permalien Frédéric :
    29 juillet 2012 @23h03   « »
    Budgets en hausse en Russie

    Les chiffres pour l’année prochaine seront en nette augmentation. Le Kremlin privilégie les canons à l’éducation :

    http://www.tdg.ch/monde/europe/mosc...

    "La Russie va augmenter de 25,8% ses dépenses budgétaires pour la défense nationale en 2013, mais diminuer celles pour l’éducation et la santé, selon des prévisions budgétaires publiées ..."

  • permalien carnac :
    9 août 2012 @20h34   « »

    Je ne suis pas particulièrement militariste. Mais une armée de haut-niveau nous permet de débattre ici avec des mots et non des pruneaux.

    L’étranglement économique planifié de nos pays, avec à la clef destruction de l’Etat sous toutes ses formes et notamment l’armée, doit nous interroger sur les origines de ces idélogies qui nous coûtent tant d’argent...

    Finalement, les capitalistes eux-mêmes auront réussi ce que des décenniées de guérilla marxiste n’auront pas réussi : anéantire l’occident !

    On est jamais aussi bien servi que par soi-même...

  • permalien médecin militaire :
    26 août 2012 @17h57   «

    Les militaires sont des civils en uniforme.
    Jusqu’en 1999, tout citoyen mâle valide était supposé payer l’impôt de la conscription, et par là approcher la problématique défense, en tirer par le fait une opinion confrontée au réel.
    Maintenant les moins de trente ans et les pistonnés d’avant 99 parlent du sexe des anges à propos de défense.
    Au fait, y a-t-il encore quelque chose à défendre ?
    Y a-t-il encore une nation au sens Valmy ?
    Si non, pourquoi effectivement une défense, autant faire comme le Costa Rica depuis 1948.
    Au vu de la société française, y a comme du flottement à ce sujet, donc on essaye de continuer comme on a toujours fait, en essayant de faire plaisir à tout le monde.
    Ceci dit on a, comme le dit l’article, Armageddon en réserve, qui nous assure la paix depuis 67 ans quand même.
    Ah bien sûr ça fritte chez les non-nucléarisés, c’est l’huile dans la mécanique des confrontations mondiales, mais à comparer avec les 55 millions de morts de nos dernières "vraies" guerres, on est devenu sacrément raisonnables.
    Guerre d’Algérie, 130 000 conscrits morts en 10 ans, Afghanistan une centaine de soldats de métier sur le même temps.
    Les budgets, c’est toujours la soupe aux hypocrites.
    Au niveau santé, qui vous dira que hormis quelques patients fraudeurs et professionnels indélicats, la grande majorité agit honnêtement, que la seule vraie source d’économie est de permettre au médecin de dire non au patient consommateur, donc de le salarier.
    Au niveau militaire, qui vous dira les guerres de chapelles entre terre, mer, aviation, soutien, entre militaires du rang, sous-officiers, officiers, entre ceux de carrière et ceux sous contrat, chacun défend son carré budgétaire ; bref c’est comme dans... le civil.
    Donc y a plus de sous, à nos politiques élus de faire des choix, tant pis si ils se trompent, c’est nous qui les avons élus.

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