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Corruptions passées, corruptions présentes (réponses à Laurent Mauduit)

jeudi 19 juillet 2012, par Frédéric Lordon

Il n’y a généralement pas plus révélateur de quelque embarras de conscience que la comédie de la vertu outragée. Laurent Mauduit n’a pas aimé que, évoquant son dernier ouvrage dénonciateur de corruptions présentes, je lui fasse l’affront de lui rappeler quelques corruptions passées [1], à savoir l’itinéraire zigzaguant qui l’avait conduit jusqu’ici [2]. De cette gêne lancinante, on pouvait déjà avoir un avant-goût à la réception passablement entortillée par Médiapart du documentaire de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat Les nouveaux chiens de garde : impossible de le traîner dans la boue, comme s’y étaient employés tous les médias (Le Monde en tête, oui celui d’Edwy Plenel à l’époque) en 1998 avec le livre éponyme de Serge Halimi [3], impossible donc sauf à s’aliéner un public auprès duquel on a maintenant décidé d’occuper vaillamment une ferme position de gauche ; mais impossible également de l’endosser, cette fois non par une délibération de la raison politique-marchande mais par un mouvement de répugnance proprement incoercible. C’est que ces gens-là (au nombre desquels Acrimed ou la fine équipe du Plan B) n’ont jamais lâché d’une semelle Le Monde de la mondialisation heureuse, de la gauche molle qui trahit et du Traité constitutionnel européen, et pire encore : ils ont de la mémoire, ne sont pas des enfants de Marie, et ne croient pas plus aux effacements de l’ardoise magique qu’aux propriétés curatives des caramels mous. Dit autrement, ils sont l’inaltérable rappel aux archives des convertis de trop fraîche date.

Edwy Plenel qui a toujours professé « mettre la plume dans les plaies » (des autres) n’a visiblement pas envie qu’on mette quoi que ce soit dans les siennes. Et pareillement Laurent Mauduit, dont on espère qu’il ne s’offusquera pas cette fois qu’on le présente comme son compagnon de route. Entre alter ego et trajectoires parallèles, il n’est pas difficile à comprendre que s’établisse tout un monde de complicités, jusqu’au contrat implicite d’assistance mutuelle dans l’auto-justification. C’est pourquoi, de même que tout rappel du passé de directeur du Monde d’Edwy Plenel (et surtout de ce qu’a été Le Monde sous sa direction) est voué à être reçu comme un attentat majeur, la violence des réactions que ce rappel suscite étant sans doute le meilleur indice d’une tranquillité trop fragile pour supporter d’être dérangée, de même Laurent Mauduit ne tolère pas qu’on vienne questionner la pureté de ses positions d’aujourd’hui au nom de ses positions d’hier — certains born again voudraient n’avoir pas de passé.

Si la « responsabilité intellectuelle » a un sens…

On pourrait sans doute questionner l’opportunité de touiller ainsi les vieilles querelles, rappeler que les forces de la gauche ne sont pas si épaisses qu’elles puissent se payer le luxe de controverses intestines, considérer qu’on est mieux avec de nouveaux renforts que sans. On pourrait aussi accorder que Médiapart est plus qu’un journal utile : c’est un bon journal, un bon journal de gauche, et l’on pourrait se contenter qu’il en soit ainsi. Mais enfin il y a des seuils critiques au-delà desquels certaines manœuvres confinent à l’énormité, rendant alors d’autant plus vive une sorte d’injonction de la logique à appliquer les critères de la responsabilité intellectuelle à ceux qui ont toujours eu plein la bouche le discours de la responsabilité intellectuelle. Ça ne devrait donc pas, en principe, être trop demander que de tenir ensemble et l’atout qu’est Médiapart dans le paysage de la gauche et l’étrange itinéraire de ses fondateurs.

Que ces derniers n’aient pas l’équanimité qu’ils prétendent avoir, on en verra un indice supplémentaire à ce seul fait que, pourtant calculateurs experts, ils sont restés incapables d’accéder à ce point de solution où l’éthique (tant célébrée) rejoint la rationalité utilitariste, et où l’on dit enfin sans détour : « c’est vrai, j’ai changé de position », « je me suis déplacé », et peut-être même « je m’étais trompé ». Quoique la rectification de trajectoire, l’abandon d’idées anciennes, leur remplacement par de nouvelles, appartiennent de plein droit à la vie intellectuelle, les fonctionnements concrets de la vie intellectuelle semblent systématiquement les décourager, et jusqu’à l’irrationalité, tant sont pourtant évidents les profits symboliques, profits de sortir grandi de l’exercice de réflexivité critique. A la rationalité de long terme de la clarté réflexive se substitue alors la rationalité de court terme du louvoiement, de la dénégation et du travestissement des brisures en fausses continuités, le tout calfaté par les moyens de raccroc du mensonge à soi même — par quoi il faut commencer, sauf les vrais cyniques endurcis et qui n’ont peur de rien, pour mieux pouvoir mentir aux autres. Mais il doit y avoir des troubles de conscience qui interdisent jusqu’à l’aperception des solutions rationnelles…

Que la conscience d’Edwy Plenel et de Laurent Mauduit soit troublée, la chose ne serait pas difficile à comprendre — mais les intéressés nieront mordicus qu’elle le soit, maintenant qu’ils se sont irréversiblement enfermés dans la forteresse de la dénégation. Au vrai, la stratégie de l’enfermement ne date pas d’aujourd’hui. Serge Halimi dans les Nouveaux chiens de garde s’était fait un malin plaisir de citer un entretien où Edwy Plenel présentait ainsi la transformation, hautement significative, du service « Economie » du Monde en service « Entreprises » : c’est « un choix dénué d’ambiguïtés : la microéconomie, les marchés, la finance, sans complexe, sans ce rapport trouble, voire hypocrite, au monde de l’argent qui nous a parfois handicapés » [4]. « Un choix dénué d’ambiguïté »… on ne saurait mieux dire ! Or, à l’exhibition incontestable de ce morceau de phraséologie libérale, comme on n’en lirait à peine dans un éditorial automatique du Figaro ou des Echos, Plenel répond qu’il « voulait dire que même la critique de l’économie ne pouvait se passer d’informations fiables et pointues, pêchées au cœur de la réalité marchande » [5] — et il est bien sûr limpide pour tout le monde que « les marchés et la finance sans complexe », en finir avec le « rapport trouble à l’argent » qui nous handicape, tout ceci est annonciateur d’une entrée en guerre contre le néolibéralisme dont il ne se relèvera pas…

Misère de la dénégation

Que le pouvoir ait affaire avec les mots, ou plutôt avec la distorsion des mots, la chose n’est pas nouvelle. Confucius dit-on, donnait comme tout premier conseil au nouvel arrivant sur le trône de l’Empire du milieu de « refaire les mots ». Dans cette éternelle entreprise de réfection du langage, le trope de la dénégation est peut-être le plus caractéristique des pouvoirs de l’époque « démocratique »-libérale, car, démocratie oblige, on ne peut pas se contenter d’imposer sans phrase et, publicité expose, on doit parler sous le regard de tous : ne reste donc que la solution d’assurer faire le contraire de ce qu’on fait.

Quitte à faire une digression, mais pour la beauté de l’exemple, on voudrait verser à ce dossier de la langue des pouvoirs en ses dénégations, ce petit bijou récemment livré par Nicolas Demorand qui ne cille pas un instant en certifiant que « Libération a toujours su armer la critique, [que] toute l’histoire de ce journal démontre que ce quotidien de dissidence […] a tous les outils pour se prémunir du syndrome de Stockholm idéologico-politique [et que] Libération n’envisage pas de lancer un Figaro de gauche » [6] … soit la parfaite description de ce que Libération, temporairement « de gauche » par la seule grâce de la présidence Sarkozy, est déjà devenu : un tract électoral, puis un tract gouvernemental, promis à toutes les déglutitions : de l’austérité rebaptisée « redressement financier » [7], des ratifications en douce des pires traités européens, et, lorsque sera venu (bientôt) le temps du désespoir, du crédit à donner à une « gauche courageuse » qui fait (« courageusement ») le « sale boulot » — au passage, et assez symptomatiquement, il n’est que deux rédactions qui se sont rebellées dans la période, pourtant critique, de la campagne présidentielle pour cause d’asservissement manifeste à des entreprises électorales : Le Figaro… et Libération !

On voudrait faire comprendre à ces hommes de pouvoir que, plus encore que leur soumission, pour ne pas dire parfois leur collaboration, présente ou passée, à l’ordre néolibéral, c’est leur manière constante d’en opérer la dénégation instantanée ou le déni rétrospectif, pour finir, pour les plus audacieux, par s’envelopper dans le vêtement de la « dissidence » ou de la « résistance », qui est odieuse — et, pour tout dire, qu’ils nous prennent aussi ouvertement pour des cons. On leur fera observer au passage — erreur de calcul caractéristique — qu’il n’est pas un penseur authentiquement critique qui, ses positions suffisant à parler pour lui, ait la bouffonnerie de monter sur les tables pour crier « résistance » ou « dissidence », démonstration d’hypercorrection généralement réservée à ceux qui se sentent légèrement déficitaire en ces matières. On leur dira surtout que la transfiguration du parti « sans ambiguïté » des marchés et de la finance « sans complexe » en entreprise de résistance critique, c’est trop, c’est vraiment trop — au point probablement de détruire irréversiblement les conditions de possibilité de la discussion.

Des chefs, une ligne : la ligne des chefs

Mais pourquoi se gêner puisque le pouvoir autorise tout ? Matthieu Pigasse, patron de la banque d’affaire Lazard Frères publie un livre intitulé Révolutions — Pigasse ! Lazard ! Révolutions ! C’est sans doute un trait d’époque que ces gens se permettent tout et à ce degré d’impudence — Pigasse, goudron, plumes oui ! On gage que même Edwy Plenel et Laurent Mauduit doivent trouver énorme ce genre d’énormité. Il faut leur dire cependant, dussent-ils en être attristés, qu’il passe parfois autour d’eux quelque parfum d’asphalte, sans doute moins fort mais tout de même entêtant, et quelques plumes voletantes. Car c’est une chose qu’ils ne pourront pas enlever : avant Médiapart de gauche, il y a eu un Monde de droite. Et ils en ont été les chefs.

En fait c’est ça le point important. Tout le monde sait bien que les journaux ne sont pas des blocs monolithiques, qu’ils ont leur part de luttes internes, que les soutiers ne pensent pas comme les éditocrates, et que du bas on tente comme on peut de peser sur la ligne. Mais il y a des chefs ; et la responsabilité de la ligne en question leur échoit — d’autant plus justement que la ligne… ce sont eux qui la font. Aussi est-on conduit à poser la question simple que voici : quelle a été la ligne du Monde de 1996 (date d’arrivée d’Edwy Plenel à la direction de la rédaction) à fin 2004, et, spécialement, quelle a été sa ligne économique sous la gouverne de Laurent Mauduit, chef du service Economie, pardon Entreprises, de 2001 à 2003, puis directeur adjoint de la rédaction à partir de 2003, enfin éditorialiste à partir de 2006 ? Quelles positions Le Monde et ses chefs ont-ils affichées et défendues, pour quoi se sont-ils battus ?

Répondre comme il convient à cette question demanderait de prendre le temps du florilège — la seule manière, et encore, de faire taire la dénégation. Mais c’est un florilège impossible puisqu’il devrait convoquer quasiment l’intégralité des archives du Monde sur la période, où, quotidiennement, étaient répétées les vérités quasi-gravitationnelles de la mondialisation [8], l’ineptie de toute idée protectionniste, le poison de toute velléité souveraine, les vertus de la concurrence [9], les charmes du dynamisme entrepreneurial [10], l’évidence des déréglementations [11], l’enthousiasmante perspective de la construction européenne [12], le devoir sacré de lui donner une constitution, soit pour tout dire l’impératif catégorique d’accompagner, non : de précéder, enfin d’être à la hauteur « d’un monde qui change » [13]. Jour après jour, pendant quinze ans, ces couillonnades nous ont été répétées à longueur de colonnes — et MM. Plenel et Mauduit voudraient qu’elles nous soient déjà sorties de la tête —, jour après jour ceux qui avaient la moindre intention de les contester ont été agonis pour archaïsme, parfois pour xénophobie, quand ils n’étaient pas en fait purement et simplement ignorés et brossés à grands coups hors du paysage de la « gauche ».

Bien sûr les as de la défausse demanderont des pièces à leur nom (voir tout de même les notes 7, 8, 9 en attendant la suite). On leur rappellera que « l’absence de signature indique que l’éditorial engage le journal, contrairement aux analyses, qui peuvent diverger entre elles, portant chacune la marque de leur auteur » [14] — voilà pour Edwy Plenel. On ajoutera aussi que, pour rester à la charge de leurs divers auteurs, les analyses, éventuellement « divergentes », avaient en économie le bon goût de converger remarquablement, et l’on demandera à qui l’on doit d’avoir eu à souffrir une aussi remarquable phalange que Delhommais, Le Boucher, Izraelewicz et sous la houlette de qui ces messieurs étaient invités à déployer leur débordante activité. Qui étaient leurs chefs ? Qui dirigeait le service Economie, pardon Entreprises ? A qui revenait-il en dernière instance de valider ces « analyses » et de les reconduire indéfectiblement pour leur donner la consistance d’une ligne ? Si l’on tient le référendum du Traité constitutionnel de 2005 pour l’événement politique le plus puissant et le plus classant de ces deux dernières décennies, on demandera, au titre de cette épreuve décisive, où était Le Monde dans cette affaire, où étaient MM. Plenel et Mauduit [15] (car ce qu’eux-mêmes ont voté dans le secret de l’isoloir et de leur conscience, on s’en fout) ?

Mais on trouverait par centaines les illustrations de ce que fut Le Monde sous la gouverne des futurs Médiapartiens, entre psalmodie quotidienne du canon de l’époque (finance = modernité ; entreprise = la vie ; protectionnisme = guerre ; Europe = paix, raison et progrès) et vomissures de circonstances contre tout ce qui était du ressort de la pensée critique, notamment de la critique des médias, puisque les médias, fiers de prétendre critiquer tous les pouvoirs, et quoique en fait ils n’en critiquent jamais (vraiment) aucun, ne détestent rien tant que la critique de leur propre pouvoir. Le Monde des Livres sous la plume de Nicolas Weill en avril 2004 [16] laisse lourdement sous-entendre que Bourdieu et sa critique des médias ont quelques penchants antisémites. Qui dirige Le Monde et répond du Monde des Livres ? A qui appartient-il de laisser faire ou de barrer ces petites ignominies ? Ne serait-ce au directeur de la rédaction ?

Les « résistants de l’intérieur »

Par un tour très semblable à la dénégation (dont il est en fait un dérivé proche), les directeurs répondront que ce portrait est injuste, qu’il oublie les innombrables articles publiés par leur journal sur les licenciements, les inégalités, la souffrance au travail et les malheurs du monde à l’époque néolibérale. Que la rédaction ne soit pas tout d’une pièce, qu’il se trouve en son sein des journalistes s’efforçant de faire remonter des sujets minoritaires, voire de contredire dans la mesure de leurs moyens la ligne de leur employeur, que ce dernier s’en rende compte et y trouve quelque profit pour se prévaloir ensuite de la diversité de son ramage et soutenir qu’il n’est pas ce qu’on croit, tout ça est très connu. Mais pas exactement suffisant à valider les postures avantageuses du pluralisme de façade quand une hiérarchisation méthodique des contenus du journal abandonne les thèmes mineurs aux pages intérieures, pour réserver les espaces nobles aux thèmes majeurs, les thèmes éditoriaux, les chroniques, installées dans leur constance, c’est-à-dire toutes les prises de position qui, à partir, ou parfois en dépit, des éléments « factuels » de l’intérieur du journal, disent ce que le journal en pense, et quelle vision politique du monde il en tire.

Ce que Le Monde de toutes ces années a pensé ne fait pas le moindre doute ; aussi peut-on dire, par une métonymie bien fondée, assimilant l’institution à ses organes de direction, que ce que le journal a défendu, ce sont ses chefs qui l’ont défendu. Rendu en ce point, il ne reste alors aux responsables mal à l’aise avec leur bilan politique qu’un seul et dernier recours : la comédie des « résistants de l’intérieur ». Sans doute, ils étaient chefs, mais il y avait d’autres chefs, plus chefs qu’eux, et eux souffraient en secret, en osmose avec leurs humbles troupes, vaillantes et combattantes, contre la chefferie des plus chefs, dans des luttes obscures, souterraines, injustement méconnues, pour « peser », arracher ici une concession à la tyrannie ambiante (« les partisans du protectionnisme sont parfois xénophobes »), faire passer là une audace conquise de haute lutte (« la mondialisation est heureuse, mais… »), bref, on ne s’en rendait pas bien compte du dehors, mais ils étaient dans le maquis. Chefs, oui (ça c’est difficile à nier…), mais chefs en lutte, pour ainsi dire chefs minoritaires, merveilleux oxymore qui ne pouvait convenir qu’à des personnalités ayant toujours déjà « pris le maquis »...

On n’imagine pas à quel point ce fantasme du résistant de l’intérieur est commun dans la chefferie médiatique, et à tous les degrés de conscience, du cynisme pur au parfait mensonge à soi-même, syndrome évidemment réservé aux chefs des médias de « gauche », entendre : de fausse gauche. Car un média de droite, par construction, n’éprouve aucun complexe à être de droite ! Les embarras de conscience n’affligent donc que les médias de gauche de droite [17] dont les chefs sont condamnés à l’être-clivé du résistant fantasmé qu’ils voudraient être et de l’homme de pouvoir qu’ils sont vraiment.

Ondoiements et profits contradictoires
(sur le « capitalisme de connivence »)

Sur un mode mineur et avec moins de grandiloquence dans la pantomime de la résistance, Laurent Mauduit n’en a pas moins partagé toute cette bizarre aventure, mais moins exposé, derrière des thèmes quelques peu périphériques, laissant le soin à la « phalange » [18], ou aux éditoriaux anonymes, de parler sur les questions de premier plan : mondialisation, financiarisation, libre-échange et concurrence. Sa croisade à lui aura été la dénonciation du « capitalisme de connivence », et comme on sait, la dénonciation a, surtout au Monde de l’ultranormalisation, l’excellente propriété de permettre sembler… dénoncer quelque chose. Dénoncer la connivence, surtout quand c’est la connivence des capitalistes, offre à coup sûr une posture avantageuse.

Il n’est pas certain que Laurent Mauduit à l’époque ait bien réalisé dans quelle antinomie cette dénonciation bon marché le précipitait. Car la critique de ce qu’il nomme « le capitalisme français de connivence », caractérisé par le système des participations croisées par lequel les grandes entreprises françaises — et leurs patrons — organisent leur contrôle capitalistique mutuel, et par là leur tranquillité commune, cette critique est exactement celle que développe le pouvoir actionnarial à l’anglo-saxonne contre les « archaïsmes » français. Que les participations croisées autorisent bon nombre de petits arrangements entre copains du CAC40, la chose n’est pas douteuse. Mais elles sont aussi le dernier verrou qui protège les entreprises contre les sanctions actionnariales, lesquelles usent toujours du même procédé : vente des titres, baisse du cours boursier… donc, prix d’acquisition en chute libre, menace accrue d’une OPA hostile avec débarquement immédiat des équipes dirigeantes et réorientation radicale de la stratégie dans le sens souhaité par les actionnaires.

Pour que la menace d’OPA joue pleinement et que cette sanction soit opératoire, encore faut-il, en effet, que le capital ne soit pas « sécurisé » dans des mains amies et que, flottant librement sur les marchés, les titres puissent être ramassés par un raider décidé à mener l’assaut. Si les entreprises françaises ont résisté un peu plus longtemps à la normalisation actionnariale c’est aux effets de stabilisation capitalistique des participations croisées qu’elles le doivent… jusqu’à ce que se soient fait jour, de l’intérieur même du système, des intérêts à le remettre en cause [19] avec, de l’extérieur, le concours doctrinal de quelques serviteurs de la modernité, agents d’influence de la grande transformation actionnariale du capitalisme français et de sa normalisation anglo-saxonne, dans la deuxième moitié des années 1990.

La position de Laurent Mauduit sur cette question est un petit modèle du genre — mais pas exactement de clarté. Car il y a un Laurent Mauduit nocturne qui, hors du Monde, écrit des livres, un notamment [20] dans lequel il dit tout le mal qu’il faut penser du capitalisme actionnarial avec ses OPA, ses fonds de pension et ses licenciements boursiers. Nonobstant, le Laurent Mauduit diurne poursuit dans les colonnes du journal sa critique du « capitalisme de connivence », laquelle, en soi, autorise une double lecture et l’improbable cumul des bénéfices les plus contradictoires : à ma gauche, je dis « capitalisme », « connivence » et j’enfourche la dénonciation ; à ma droite ce que je promeus en creux par ma simple critique se trouve de fait, et en dépit des protestations nocturnes, tomber dans le droit fil du mouvement de la mondialisation dans sa composante financière-actionnariale : la critique des participations croisées a été depuis le début des années 1990 le cheval de bataille de tous les fonds de pension et de tous les investisseurs anglo-saxons, désireux de prendre leur part des grandes vagues de privatisation (Balladur, Jospin) mais soucieux de ne pas y figurer comme impotents cocus après qu’on leur ai fait en 1986 le coup des « noyaux durs » [21]. « Noyaux durs », « participations croisées », « connivence », « par la barbichette », éléments de langage en apparence disparates mais d’un discours en fait homogène, et opportunément déclinable pour convenir aux publics les plus opposés.

Mauduit 2000-Mauduit 2012 — Hyde et Jekyll

De temps en temps sortent des choses plus drôles. C’est évidemment un plaisir assez goûteux de relire la critique que fait Laurent Mauduit, dans Le Monde des Livres, de l’essai de rentrée (bâclé) d’Alain Minc [22] en 2000, dont il salue « le talent et l’honnêteté », qu’il compare avantageusement à John Rawls (rien que ça !), fustigeant au passage les benêts de « la gauche radicale » qui n’ont rien d’autre à dire que « horreur économique » à l’endroit de la mondialisation, le tout sous un titre faux-cul comme pas deux qui en fait résume à soi seul toutes les hypocrisies du Monde de l’époque : « La société de marché au service de l’équité » [23]... Epoque encore bénie dont des commentateurs futurs — si vraiment la chose les intéresse… — se demanderont comment, à quelques années d’écart, il a bien pu sortir un Petits conseils [24] qui laissera le même Minc à l’état de charpie — mais on croit pouvoir former une ou deux hypothèses à ce sujet…

C’est peut-être finalement dans le registre de la critique littéraire que Laurent Mauduit dissimule le moins ses positions. La plus éclairante à cet égard est sans conteste celle qu’il réserve à Frédéric Lebaron, jeune sociologue bourdieusien qui publie en 2000 sa thèse intitulée La croyance économique, Les économistes entre science et politique [25], sujet d’une actualité ancienne donc, et pour Laurent Mauduit même, si l’on en juge par l’intérêt qu’à douze ans de distance il continue de lui porter : n’est-ce pas de cela même que traite l’ouvrage (de combat !) qu’il consacre aux « Imposteurs de l’économie » (qui « s’enrichissent et nous trompent » ajoute le sous-titre avec une remarquable finesse) ; de tous les éléments d’archive, celui-ci est donc à l’évidence spécialement intéressant.

Etonnamment, la critique des économistes en leurs rapports confus avec le pouvoir, ne recueille pas du Laurent Mauduit de 2000 l’enthousiasme critique de son avatar de 2012. Car, dans une recension assassine, l’ouvrage de Frédéric Lebaron est mis plus bas que terre. « Plutôt que de comprendre », Frédéric Lebaron veut « régler des comptes […] avec l’économie tout entière […], et plus que de la colère c’est du mépris qu’il exprime » [26]. Le pauvre n’est évidemment qu’un pantin bourdieusien, rendu au dernier degré de l’asservissement intellectuel — « Dans cette thèse, dans laquelle on reconnaît évidemment la patte intellectuelle de Pierre Bourdieu, il y a quelque chose de terrible » —, et voici comment on peut résumer l’ensemble : « Frédéric Lebaron, un disciple de Pierre Bourdieu, réunit toute la communauté des économistes dans un opprobre général : ainsi le sociologue devient aussi totalitaire que le discours libéral dominant qu’il dénonce ».

Comme il y a, pour reprendre l’idée de Marcel Mauss, des faits sociaux totaux, il y a des citations totales qui, en quelques lignes, livrent absolument tout de leur auteur, appelant à déplier intégralement ce qu’elles recèlent en si peu de mots. On pourrait commencer par les petits procédés fidèles à la tradition médiatique du traitement différentiel des grands et des petits, car à l’époque Frédéric Lebaron est un jeune chercheur inconnu sur lequel il ne coûte rien de s’essuyer les pieds — sur la page d’en face Laurent Mauduit a courageusement laissé à Daniel Cohen le soin d’aller « se faire » l’ouvrage de Pierre Bourdieu, Les structures sociales de l’économie, qui paraît au même moment… Evidemment Daniel Cohen marche un peu plus sur des œufs… On pourrait également s’attarder sur le choix du mot « totalitaire » comme disqualificateur universel, pur produit de la pensée BHL, devenue la pensée des médias, qui n’a jamais eu d’autre ressource intellectuelle sous la main que de renvoyer la critique (la vraie) au totalitarisme (variante : à l’antisémitisme) — puisqu’il est bien connu que, de la critique du capitalisme au goulag, le chemin est en droite ligne.

Mais c’est bien sûr la comparaison à distance de ce qu’écrit en 2000 Frédéric Lebaron et de ce qu’écrit Laurent Mauduit en 2012 qui retient davantage l’attention, et particulièrement le fait que ce dernier démolit à l’époque une thèse… qu’il reprendra plus tard à grand bruit, ceci alors même que le travail princeps a été fait (comme tout travail académique) dans le déploiement d’un appareil théorique sophistiqué, avec des concepts bien pensés et des méthodes statistiques puissantes, qui font comparativement évoquer à propos du livre de Laurent Mauduit une entreprise de chirurgie cérébrale au tire-bouchon et à la pelle à tarte. Que n’aurait dit le Laurent Mauduit de 2000 s’il avait lu à cette époque son propre livre écrit par un autre ?...

Pourtant le meilleur est ailleurs, sans doute moins visible, mais en fait bien plus important : il part de cette duplicité qui aura été, toutes ces années, la marque de fabrique du Monde d’Edwy Plenel et de Laurent Mauduit, duplicité consistant à multiplier, sous couleur de nuance et de respect de la complexité, les entortillements du discours expressément faits pour se dégager de toute critique, en « en donnant » à tous les bords — à l’image de la dénonciation du « capitalisme de connivence ». Car Laurent Mauduit, en gestionnaire avisé de son capital d’ambiguïtés protectrices, ne veut pas non plus se retrouver brutalement déporté du côté des suppôts les plus obtus du système. Déjà à propos d’Alain Minc il écrivait « il a sans doute raison, malheureusement raison », trope sans doute le plus caractéristique d’un certain art de l’ondoiement, et par lequel se dit l’admission contrariée, attestant simultanément l’honnêteté intellectuelle (vertu) et qu’on n’en est pas moins révolté (vertu derechef) — mais sans suite.

S’agissant des économistes, Laurent Mauduit veut qu’on sache qu’il sait : qu’il y a des économistes libéraux, qu’il y a parfois des problèmes avec cette profession, mais, raisonnable toujours, qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, oui gardons bien l’eau du bain. Elle n’est d’ailleurs pas si crasseuse, car il y a chez les économistes, une diversité des courants de pensée qu’il faut être borné comme un bourdieusien pour ne pas voir, « Qu’importe Smith, Marx, Keynes, Friedmann (sic) et tant d’autres ! » s’exclame, au style indirect et par antiphrase, le critique raisonnable à l’endroit du sociologue limité, accusé d’ignorer tout ça. A ceci près qu’à l’époque Smith est une antiquité pour historien de la pensée, Keynes [27] un égaré qui n’a rien compris au monde des marchés, en tout cas une référence condamnée dans le champ académique, quant à Marx c’est une lecture pour aliénés mentaux ou tyrans sanguinaires en puissance — en effet, reste Friedman… On se demande au passage si Laurent Mauduit a lu le livre qu’il recense et notamment s’il a vu les graphiques de ses analyses en composantes principales qui offrent précisément une représentation spatiale de cette diversité… mais sans manquer d’en souligner les profondes asymétries.

Le plus intéressant, donc, n’est pas dans cette duplicité personnelle, synchronique et diachronique, il est dans le fait qu’à douze ans de distance, dans Le Monde d’aujourd’hui, on lit presque mot pour mot les mêmes plaidoyers pour la diversité interne des économistes, la même réprobation à l’encontre de ceux qui voudraient la sous-estimer, la même défense auto-commise aux autorités du moment. Dans un jeu de miroir vertigineux, c’est un successeur au Monde du Laurent Mauduit d’hier, Antoine Reverchon, qui s’en prend implicitement au Laurent Mauduit d’aujourd’hui, illustration concrète d’une vérité structuraliste abstraite : c’est la place occupée dans une structure, ou une institution, qui commande les discours qui peuvent se tenir depuis cette place.

Laurent Mauduit les tenait jadis avec la même foi pénétrée qu’Antoine Reverchon maintenant. Après avoir donné le dernier mot à Hubert Kempf, président de la très officielle et très droite AFSE (Association française de science économique), laissé libre de « réfuter cette vision d’une science économique devenue monolithique » [28], Reverchon conclut avec sérieux que « le Manifeste des économistes atterrés, l’Institute for New Economic Thinking (INET) et les lauréats du prix du meilleur jeune économiste attribué chaque année par Le Monde Economie et le Cercle des économistes se veulent des exemples de cette pluralité des approches » [29] — à ceci près, là encore, que les très minoritaires économistes atterrés sont dans les institutions universitaires l’objet d’une chasse aux hétérodoxes sans merci, que l’INET est un syndicat de recyclage mutuel d’anciens économistes néoclassiques ou de leur clones néokeynésiens, engagés dans la promotion d’une nouvelle orthodoxie qui nous fera peut-être regretter la précédente [30], et que le pluralisme confié au Cercle des économistes est une idée qui, dirait un certain philosophe, « provoque le rire ou bien le dégoût ».

Jadis avec le Cercle, désormais contre

Puisqu’on parle du Cercle des économistes, Laurent Mauduit dit à peine mot du partenariat « historique » que Le Monde a noué avec lui, manifesté non seulement par la présence régulière de ses membres dans les pages « Opinions », toujours très accueillantes, mais surtout par cette grotesque pantomime du « prix du meilleur jeune économiste » inaugurée en 2000. Se peut-il que Laurent Mauduit n’ait jamais eu à connaître de ces éléments de folklore élitaire fêtés au sein de son propre journal et par le service qu’il dirigeait, ou bien qu’il ait été réduit à les souffrir, isolé, et sans pouvoir mot dire ?

On aurait plutôt tendance à penser que, comme son successeur Reverchon, Laurent Mauduit considère alors que le Cercle des économistes est l’exemple même de la compétence raisonnable et plurielle qui mérite d’avoir la parole dans Le Monde, et que son « prix du jeune économiste » offre au public le meilleur de la discipline dans sa chatoyante diversité. C’est ici qu’il faudrait avoir le temps de démonter ce bobard d’institution, bobard du pluralisme dans des institutions méprisant absolument tout pluralisme — ici le Cercle des économistes, assisté des médias, ailleurs l’Université. Mais, se récrieront Mauduit-Reverchon, c’est tout à fait faux : il y a bon nombre de lauréats « de gauche » dans le palmarès du PJE ! au prix malheureusement d’une double erreur, théorique et politique.

Théorique d’abord, car visiblement nos amis journalistes n’ont pas la moindre idée de ce que signifie « hétérodoxie » dans le champ de la science économique. De tous les lauréats du PJE — 18 en treize ans tout de même — il n’y en a qu’un qui soit réellement hétérodoxe (au sens scientifique du terme) : Bruno Amable, symptomatiquement couronné la toute première année (2000), et on n’y est jamais revenu [31].

Mais l’erreur politique est peut-être la pire, d’ailleurs la plus caractéristique de la grande confusion qui a permis à toute la gauche de droite de se croire, et de continuer à se dire de gauche. Il faudrait plus de place pour soumettre à une critique tant soit peu conceptuelle les usages courants de la catégorie « gauche » — et refaire ces catégories d’après des critères minimaux d’exigence intellectuelle. Comme le temps manque, on se contentera d’en donner ici simplement l’intuition [32]) en posant la question suivante : de tous les lauréats du PJE, Reverchon-Mauduit peut-il en citer un seul [33] qui, avant la Grande Crise (après, c’est tellement facile…), ait sérieusement porté la critique contre la mondialisation, la libéralisation financière et l’Europe de la monnaie unique ?

Aussi les dénonciations d’aujourd’hui rendent-elles un son bizarre quand on les rapporte au souvenir des compagnonnages d’hier. Ce sont ces légers déficits d’une mémoire sélective qui font du livre de Laurent Mauduit, alors même qu’il le voudrait au contraire, l’indice notoire d’une trajectoire rien moins que rectiligne. Voici donc le petit problème : Laurent Mauduit revendique la position du commentateur extérieur d’une histoire dont il a en fait été notoirement un acteur intérieur. Se serait-il inclus dans son propre ouvrage, l’ensemble aurait eu une tout autre allure. Comme souvent l’escamotage de trop a la mauvaise propriété de faire revenir tous ceux qui l’ont précédé, qu’on avait avalés en maugréant, et qui deviennent d’un coup insupportables. Il faut dire que les ouvriers de la onzième heure n’ont jamais été un corps de métier très sympathique. Sans un mot de citation ou presque, Laurent Mauduit enfonce donc des portes déjà bien ouvertes — mais par d’autres, à une époque où elles étaient encore cadenassées, d’autres qui s’y risquaient dans l’indifférence quand ça n’était pas dans l’adversité générales. Certes Jean Gadrey qui, sur son blog a pris nommément à partie Jean-Hervé Lorenzi et Christian de Boissieu, a droit à deux pages dans le livre de Mauduit — c’est qu’il aurait été difficile de ne pas le citer. Mais rien sur l’abondant travail d’Acrimed, rien sur Le Monde diplomatique, et surtout les deux organes sardoniques, PLPL et Le Plan B, qui avaient monté le dossier de très longue date.

En 2004 déjà PLPL (n°17) se farcissait les « économistes à gages » dans un dossier en forme d’« annuaire de la corruption intellectuelle », et début 2006 Le Plan B révélait les petits travaux casuels de Daniel Cohen pour la banque d’affaire Lazard Frères, pour lui donner respectueusement de son titre de senior adviser. Comme on ne peut pas dire que Le Plan B ait bénéficié des puissants moyens d’investigation dont certains ont fait un modèle de journalisme, on est porté à supposer que l’information était suffisamment accessible pour qu’un journaliste aussi au courant que Laurent Mauduit en ait eu connaissance. Mais pourquoi n’avoir pas laissé alors libre cours à son indignation ? quitte à la dire ailleurs en prenant un pseudonyme… comme il le fera plus tard dans Médias pour évoquer la cuisine interne du Monde et ceci alors même qu’ayant quitté le journal il n’avait plus aucun motif de se cacher [34] — la rédaction de Médias estimera d’ailleurs avoir été flouée, et trouvera nécessaire de s’en excuser auprès de ses lecteurs.

Foin de pseudos, Laurent Mauduit est « libre » à partir de 2007 au moment où il rejoint Médiapart. C’est le moment de parler. Mais non, pas davantage. Il faudra attendre 2012. Et l’on se perd en conjectures sur cet étrange retard à l’allumage — le livre de démolition d’Alain Minc, lui, n’a pas pris un an pour être mis sur le marché, et puis à défaut d’un livre entier on pouvait commencer par quelques articles... En fait on ne se perd pas longtemps, car une hypothèse assez simple se présente rapidement : il faut attendre de 2007 à 2012 pour être certain que les vents aient bien tourné.

En 2007, Daniel Cohen, dont Laurent Mauduit rappelle en deux lignes que c’est bien lui qui en a fait un chroniqueur en vue, d’abord à Libération puis au Monde à partir de 1994, Daniel Cohen donc jouit encore d’une autorité incontestée. La crise des subprimes est à venir et il n’a pas encore eu l’occasion d’apporter sa contribution au chœur des amis du système qui s’emploieront à partir de l’été 2007, et jusque tard en 2008, à minimiser l’événement, pour certifier que tout va bientôt rentrer dans l’ordre. La bourrasque qui va suivre, à partir de Lehman Brothers, va laisser tout ce petit monde en liquette. C’est le commencement des ennuis pour les « autorités », dont il devient évident qu’elles se sont trompées sur à peu près tout — la mondialisation, la financiarisation, l’Europe —, et le commencement tourne d’autant plus mal que se mettent à sortir, un malheur n’arrivant jamais seul, quelques informations encombrantes sur ce que Jean Gadrey a justement nommé leurs « liaisons dangereuses ». Le vent de la contestation a maintenant pris suffisamment d’ampleur : on peut y aller sans crainte.

Au gré des vents

Voilà finalement le point de démangeaison : Laurent Mauduit est à l’image de tous ceux dont il dresse le procès. Non pas l’image qu’il en donne dans son livre, car on le crédite volontiers de n’avoir pas « touché » ni été acheté par des institutions financières — même si, dans une transgression des mœurs du sérail qui en dit long sur son irritation, Jean-Hervé Lorenzi lâche un peu fielleusement qu’il croit se souvenir d’une « animation » par Laurent Mauduit d’une conférence du Cercle des économistes, peut-être même contre rémunération [35]… L’intéressé répondra sûrement qu’il avait à cœur de connaître toutes les sensibilités de la pensée économique — quoique, sauf erreur de ma part, on l’ait peu vu à la manœuvre dans les réunions publiques d’Attac ou de la Fondation Copernic à cette époque-là…

Non, l’image que Mauduit partage vraiment avec ses « sujets » est plutôt celle des ajustements procycliques de la pensée, ralliement à « ce qu’il faut dire », dicté par les contraintes fluctuantes de la légitimité, c’est-à-dire par les nécessités du moment (et des positions institutionnelles qu’on y occupe). En ce sens il est pareil à Elie Cohen qui jure désormais avoir été toute sa vie un grand keynésien partisan de la réglementation des marchés et n’hésite plus à réclamer la nationalisation des banques (quand on en parle) ; il est pareil à Olivier Pastré qui passe son temps radiophonique à traiter ses petits camarades de L’Economie en question (France Culture) d’« ultralibéraux » manière de sembler, lui, ne pas l’être ; il est pareil à Nicolas Baverez qui réclame par réflexe l’austérité en 2010 puis se ravise en 2011 pour évoquer le double dip de 1937 ; pareil à Daniel Cohen qui en 2009 veut interdire la titrisation et mettre au pas la finance quand il stigmatisait « les ennemis de la mondialisation » [36] quelques années auparavant, ou qui vient nous expliquer en 2012 que la construction européenne était « mal foutue » dès le départ [37] — que ne lui était-il venu de nous en avertir un peu avant ?

Les temps changent… Les vents tournent. Et les girouettes avec. Un observateur du débat économique qui, tel la Belle au bois dormant, se serait endormi au printemps 2007 pour se réveiller maintenant n’en croirait pas ses yeux. Laurent Mauduit en train de faire le procès des économistes auxquels il a toujours apporté le concours de son journal ? Le réveillé jurerait qu’on lui a fait une farce, une sorte de Good Bye Lenin à l’envers, ou qu’il ne s’est réveillé qu’en rêve. Mais non ! C’est la réalité. On peut dire une chose et son contraire sans un mot d’explication, épouser une ligne pendant quinze ans et puis la dénoncer sans une phrase.

C’est sans doute le sort de l’hétérodoxie que, portant la critique là où le cercle de la respectabilité refuse de l’emmener, elle est vouée dans un premier temps au comble de la déconsidération, puis dans un deuxième aux récupérations sans vergogne par les moins aveuglés qui, réalisant que le système est proche d’aller dans le décor, il va falloir commencer à en dire quelque chose, donc « emprunter » à ceux qui le questionnaient de longue date — dame ! ce sont bien les seuls auprès de qui on puisse trouver du biscuit. Les grands changements de conjoncture se signalent ainsi aux entreprises avancées des plus opportunistes qui nourrissent d’habiles stratégies de distinction en se portant aux limites du « cercle » pour piocher au dehors, puis recycler leur pioche au-dedans, mais toujours revêtu de leur légitimité, puisque la limite, ils ne l’ont pas franchie, ou qu’ils la franchissent quand elle est sur le point de s’écrouler, en tout cas faisant un retour triomphal parés de toutes les plumes de l’iconoclasme.

Le cas de Laurent Mauduit est peut-être un peu différent puisque du Monde à Médiapart, on ne peut pas dire que « la limite » n’ait pas été franchie. Mais dans quelles conditions l’a-t-il franchie, et ne l’y a-t-« on » pas un peu « aidé » ?... Disons les choses autrement : Laurent Mauduit, faisant de nécessité vertu, fait (par là même) du Médiapart à Médiapart. Fût-il resté au Monde et en odeur de sainteté, ne nous tiendrait-il pas encore le discours de la modernité, de l’Europe notre destin et de la dette insoutenable — mais toujours avec ces balancements de jésuite qui font son charme : « L’Europe de l’austérité, c’est bien critiquable… mais c’est ainsi » (et Alain Minc a « malheureusement raison »).

La critique abandonnée aux hasards des stratégies institutionnelles des critiques ne se porte pas très bien. Elle demande un peu plus de constance et quelques capacités contracycliques. Moins de sinuosités. A la fin des fins, si Laurent Mauduit veut l’explication de tout ceci, on va la lui donner : les ralliés de la crise, les guetteurs des autorisations de l’air du temps et les opportunistes institutionnels ne nous amusent pas.

Notes

[1] Sur le sens exact à donner au mot « corruption », voir Frédéric Lordon, « Economistes, institutions, pouvoirs », communication au Congrès de l’AFEP, Paris, Université Paris-1, 5-8 mai 2012, bientôt en ligne sur ce blog.

[2] Laurent Mauduit, « Les maladroites imprécations de Frédéric Lordon », Médiapart, 9 mai 2012.

[3] Paru en 1997 (Raisons d’agir) mais qui devra attendre 1998 pour sortir du black out total et avoir le privilège de se faire éreinter.

[4] Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde, Raisons d’agir, 1998, p. 95 (dans la réédition de 2006).

[5] Edwy Plenel, « Le faux procès du journalisme », Le Monde diplomatique, février 1998.

[6] Nicolas Demorand, « Libération, un joli printemps 2012 », Libération, 3 juillet 2012.

[7] Vincent Giret, « Mouvement », Libération, 2 juillet 2012.

[8] Editorial : « Il n’y a pas de recette miracle, sinon de faire ce que veulent les marchés lorsque l’on se met entre leurs mains », 14 juillet 2001.

[9] Editorial : « Les monopoles anciens sont destinés à mourir. Le changement de statut de France Télécom […] apparaît comme un impératif. Le devoir du gouvernement est de prendre un peu de temps, non pour le cacher, mais pour le dire, et préparer au plus vite les fonctionnaires à ce changement » (13 juillet 1995).

[10] Edwy Plenel : « J’ai envie de me faire l’avocat du diable pour relancer ce débat. Est-ce que, finalement, le libéral ce serait les péchés ? Est-ce que quand même la situation dans laquelle nous sommes ne prouve pas et ne donne pas des gages de réussite à cette alliance d’un libéralisme économique et d’un libéralisme politique, à la fois du dynamisme des entrepreneurs et de la liberté des individus au nom de laquelle, d’une certaine manière, nous nous sommes battus au Kosovo » (LCI, 12 juin 1999).

[11] « La France adopte enfin la loi sur la concurrence dans l’électricité. Avec un an de retard sur ses partenaires, Paris se conforme aux règles européennes. Les députés doivent voter mardi un texte minimaliste, alors que plusieurs pays ont opté pour une déréglementation totale », Le Monde, 2 février 2000.

[12] Pierre-Antoine Delhommais et Arnaud Leparmentier : « Il reste maintenant à M. Strauss-Kahn et à ses collègues européens à suivre la voie économique américaine, caractérisée depuis des années par des réformes de structures, une baisse de la pression fiscale, des coupes claires des dans les dépenses de l’Etat et un retour à l’excédent budgétaire » (Le Monde, 5 décembre 1998).

[13] Laurent Mauduit (critique de La fin de l’eurolibéralisme de Jacques Sapir), « Comme dans un choc en retour, cette pensée unique a visiblement nourri un sectarisme antilibéral, voire même un intégrisme antilibéral […] Les Français auront tout intérêt à s’apercevoir que le monde bouge sans eux » (Le Monde 3 février 2006). Laurent Mauduit s’abrite ici derrière une citation de Marx, curieusement sa phrase à lui ne rend pas du tout pareil…

[14] Robert Solé, chronique du médiateur, Le Monde, 26-27 août 2001.

[15] A l’époque, Edwy Plenel n’est plus directeur de la rédaction du Monde mais exilé au Monde 2... d’où il fait néanmoins campagne pour le « oui ». Laurent Mauduit, lui, est toujours directeur adjoint de la rédaction il est même en passe de devenir éditorialiste.

[16] Nicolas Weill, « Du journalisme en démocratie », Le Monde des Livres, 2 avril 2004.

[17] Voir Frédéric Lordon « Gauche de gauche, gauche de droite », Télérama, 2 mars 2012.

[18] Pierre-Antoine Delhommais, Eric Le Boucher, Eric Izraelewicz, s’ils permettent.

[19] Voir Frédéric Lordon, La politique du capital, Odile Jacob, 1999 ; Et la vertu sauvera le monde. Après la crise financière, le salut par l’« éthique » ?, Raisons d’agir, 2003.

[20] Laurent Lauduit et Gérard Desportes, La gauche imaginaire et le nouveau capitalisme, Grasset, 1999.

[21] Les « noyaux durs » consistaient en des participations croisées au sein des entreprises de la première vague des privatisées (1986-1988). Comme tels, ils empêchaient évidemment que les investisseurs institutionnels aient le moindre pouvoir de sanction actionnariale sur les marchés ou de décision dans les conseils. Voir à ce sujet, Frédéric Lordon, « La “création de valeur” comme rhétorique et comme pratique. Généalogie et sociologie de la valeur actionnariale », L’Année de la Régulation, n°4, 2000.

[22] Alain Minc, www. capitalisme.fr, Grasset, 2000.

[23] Le Monde des Livres, 15 septembre 2000.

[24] Laurent Mauduit, Petits conseils, Stock, 2007.

[25] Coll. « Liber », Seuil, 2000.

[26] Laurent Mauduit, « L’homo oeconomicus à l’heure de la contestation », Le Monde des Livres, 26 mai 2000.

[27] Le vrai Keynes, pas celui des édulcorations dites « néokeynésiennes », voir à ce sujet Frédéric Lordon, « Le Prix Nobel, l’économie politique et la mondialisation », L’économie politique, n°35, juillet 2007.

[28] C’est Antoine Reverchon qui parle.

[29] Antoine Reverchon, Dossier « Dogmatisme, conflits d’intérêts, la science économique suspectée », Le Monde Economie, 3 avril 2012.

[30] Voir Frédéric Lordon, « D’une hégémonie l’autre », communication au Congrès de l’Association française d’économie politique, Lille, 9-10 décembre 2010.

[31] Connaissant maintenant les « façons » de Laurent Mauduit, je vais à leur devant pour lui éviter de prendre de la peine pour rien : comme il aura sûrement à l’idée de mettre ma critique du prix du jeune économiste sur le compte du ressentiment envieux de celui qui ne l’a pas eu, je lui signale que le Cerce des économistes m’a sollicité trois années pour que je « dépose un dossier de candidature » et que j’ai répondu trois fois non (la troisième fois de manière un peu « appuyée » pour que ce soit la dernière), car l’idée que je me suis faite de cette cérémonie bouffonne ne m’est pas venue sur le tard…

[32] Pour un développement complet de cette idée, voir Frédéric Lordon, « Gauche de gauche, gauche de droite », Télérama, 2 mars 2012.

[33] A part Bruno Amable évidemment.

[34] « La chute de la maison Colombani » par… Laurent D’Evron, Médias, n° 4, automne 2007.

[35] Le Nouvel Observateur, 2 avril 2012.

[36] Daniel Cohen, La mondialisation et ses ennemis, Flammarion, 2004.

[37] Les Matins de France Culture, 15 juin 2012.

111 commentaires sur « Corruptions passées, corruptions présentes (réponses à Laurent Mauduit) »

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  • permalien alex :
    19 juillet 2012 @17h15   »

    On vous reproche déjà votre "égo" et votre tendance "totalitaire" sur médiapart.

    En lisant ça, on a quand même le plaisir de voir mis quelques points sur quelques "i".
    Saine colère.

  • permalien Azza :
    19 juillet 2012 @17h45   « »

    Petard, ca fait du bien de lire ca !

  • permalien Mehdi :
    19 juillet 2012 @18h06   « »

    Superbe mise au point, et rappel d’une certaine période du monde.
    Nom d’un chien, ça me rappelle surtout la morgue (et nullité) des chroniques d’Eric Le Boucher et Pierre-Antoine Delhommais, les gens ont la mémoire courte.

  • permalien Musée de l’Europe :
    19 juillet 2012 @19h15   « »

    Comme quoi le petit éditeur de livres de gauche dont je tairai le nom qui en Avignon en décembre dernier s’est acharné contre Frédéric Lordon parce qu’il avait publié un livre au Seuil et participait à des débats de Mediapart défendait avant tout son fonds de commerce (n’ayant jamais eu de livre de Frederic Lordon...) En ces temps troublés, les changements de position sont en effet assez étranges, mais parfaitement explicables. Ca vaut pour tout le monde...

  • permalien Alicia-O :
    19 juillet 2012 @20h03   « »

    Quand Mauduit joue l’offensé on se bidonne car :
    http://didiereribon.blogspot.fr/201...
    et
    http://vanessa-schlouma.blogspot.fr...

  • permalien dalembert :
    19 juillet 2012 @22h02   « »

    Pourquoi vous attardez-vous à ce genre de controverses et ne laissez-vous pas pisser le mérinos ?
    Le temps que vous avez passé à pondre cet article aurait certainement été mieux employé ailleurs, avec des gens qui le méritent.
    Les faits parlent pour vous :"Le Monde" est en déconfiture, son appendice sur le net reste confidentiel car sans intérêt et mal conçu, on a déjà gagné ça !
    Ignorez les tentations narcissiques qui insultent au vrai et font perdre du temps pour la lutte, la guerre se moque des dentelles.
    Cordialement.

  • permalien Emmanuel Chaullier :
    19 juillet 2012 @22h19   « »

    Excellent article.J’allais dire comme d’habitude .Le problème de PLENEL et Mauduit c’est leur accointance passée avec les Minc et Colombani de leur époque "le Monde"qu’ils ont une quasi impossibilité à seulement reconnaître .Le bouquin de Mauduit n’est pas mal même s’il recycle pas mal d’infos du PLAN B,ACRIMED.....et Mediapart est un très bon journal.Enfin un dernier mot sur PIGASSE le banquier "rebelle""rocker"Inrocks Lazard etc.....Son bouquin est un tissus de conneries,ennuyeux et mal écrit .Que ce type se "revendique ,poseur invétéré ,des CLASH(groupe mythique des années 80 )est anecdotiquement insupportable .

  • permalien Crapaud Rouge :
    19 juillet 2012 @22h50   « »
    @dalembert

    Au milieu de ma lecture, je me faisais la même réflexion que vous, mais il est facile d’y répondre. D’abord au nom des principes : l’honnêteté intellectuelle, (la vraie), méritait bien ce long développement. Ensuite parce que c’est bourré de références qui consolident le fait incriminé, (l’hypocrisie des personnes visées), qui sans cela passerait inaperçu.

  • permalien Kwartz :
    19 juillet 2012 @22h56   « »

    Pourquoi laisser pisser le mérinos quand le méchoui est aussi savoureux ?

  • permalien mikea :
    19 juillet 2012 @23h00   « »

    Quel régal !

  • permalien lionel goutelle :
    19 juillet 2012 @23h23   « »
    A quand des travaux pratiques ?

    Frédéric Lordon, par ce qu’il fait (le simple rappel de la citation du passée, l’analyse de l’incohérence logique et du poid social différentiel des prises de positions successives et opportunistes, l’analyse implicite du style...) ne peut pas ne pas connaître Karl Krauss et ce qu’il faisait comme lui à son époque (1918 à 1933 en Autriche). Celui-ci avait inventé des techniques de "démasquage symbolique" des "intellectuels" opportunistes les amenant à se piéger tout seuls, à faire la preuve par eux-même de leur corruption. Par exemple, pour démasquer les pacifistes opportunistes, il inventait rétroactivement une fausse pétition anti militariste d’avant la guerre dans laquelle il mélangeait signatures de vrais pacifistes de l’époque et signatures de pro-guerre (essayant de faire croire après la guerre qu’ils avaient toujours été anti guerre). Les seuls qui démentaient avoir signé une telle pétition étaient les vrais pacifistes, les autres laissant courir ce bruit opportunément tombé du ciel. Karl Krauss rendait public son expérience. L’effet était évidemment dévastateur....Essayant de traduire concrètement ce genre de lecture, j’’avais proposé en 2003 au moment des grêves que ATTAC Marseille pour ne pas la citer , pour éclaircir le jeu qui me paraissait trouble des directions syndicales, leur envoie des lettres avec accusé de réception dans lesquelles elles nous garantissaient qu’elles ne mettraient jamais un pied dans les fonds de pensions privés. Je fus accusé à l’époque de "méthodes fascistes", etc, etc....Ayant de la suite dans les idées, j’avais fait courir sur le net une fausse lettre de remerciement de monsieur Fillon remerciant monsieur Thibaut pour ne pas précipiter la contestation dans la grêve générale. Je fus copieusement insulté et menacés par des "militants" syndicaux, mais qui prenaient bien soin de m’écrire en anonyme. Quelques temps plus tard, monsieur Fillon remerciait Mr Thibault pour son "sens des responsabilités". Un seul militant m’avait ré-écrit pour me dire que finalement j’avais raison et s’excusait de m’avoir insulter préalablement comme "casseur de l’unité"etc...Bref, il faut initier dans le mouvement social à l’art du démasquage social, pour "rendre la honte criante". Je verrai bien monsieur Lordon animer de tels travaux pratiques, manière de rendre les sciences humaines utile au delà de l’avancée des idées pour les idées dans le cercle académique. En plus on se marrerait je suis sûr.....

  • permalien mada :
    19 juillet 2012 @23h43   « »

    Tiens, à propos de Mr Pastré, je vous recommande cette édition du 22h de Public Sénat dont le dossier était consacré au sommet européen du moment :
    http://www.publicsenat.fr/vod/le-22...

    Mr Pastré donc :"Il se trouve que nous sommes en démocratie. C’est la pire des solutions en temps de crise. Il faut beaucoup mieux être en dictature..." (vers 12m30)

    Aucune réaction sur le plateau, pas même la journaliste...
    Parfois les masques tombent de façon brutale.

  • permalien Miluno :
    20 juillet 2012 @00h05   « »

    J’admire votre culture. J’ai souvent des difficultés à vous lire tant vos références me sont totalement inconnues. Mais, du coup, j’apprends énormément...
    C’est la 1ère année que Je suis abonné au journal Le Monde et croyez bien que je m’en mords les doigts ! Ce sera la dernière !
    Merci pour ce florilège de rappels concernant les deux individus, entre autres, constituant l’ossature de votre article.
    Votre style d’écriture, même s’il m’a rebuté, au début, est tout à fait plaisant tant il est imagé sans en perdre sa cohérence et sa rigueur.
    Je crois que beaucoup de français gagneraient à lire vos articles.
    Chaque fois que j’aborde les thèmes que vous traitez avec des interlocuteurs occasionnels ou pas, je fais systématiquement de la publicité pour votre blog ! Je ne suis pas sûr que tous viennent le consulter comme celui de Paul Jorion, Olivier Berruyer et le dernier que vous avez cité ici, Jean Gadrey mais qui sait ?
    Les préoccupations de mes contemporains sont bien plus futiles et très chrématistiques pour la majorité de ceux que je fréquente...
    Continuez dans cette veine ! c’est très rafraîchissant et très instructif !!

  • permalien en savoir plus :
    20 juillet 2012 @00h26   « »

    au lieu de vous livrer à une guerre de chef, continuez à informer, donner idées et arguments que l’on n’entend pas ailleur. A propos de Pigasse, à lire "Ils ont acheté la presse", de Benjamin Dormann. Une enquête truffée d’informations inédites, en plus de reprises de travux de Lordon et Mauduit. Passionnant et éloquent, écrit avec mordant, comme sait le faire Lordon

    ILS ONT ACHETE LE PRESSE : https://fbcdn-sphotos-a.akamaihd.net/hphotos-ak-ash4/424581_235970736495982_380491558_n.jpg

  • permalien Melchior :
    20 juillet 2012 @01h16   « »

    Que de travail, que d’archivage et que de références pr une querelle du passé. Pouvez-vous imaginer que les gens puissent changer au contact des événements ?

    La révolution des esprits n’a besoin d’aucun Robespierre ou St Just mais d’unir les hommes et les femmes de bonne volonté pour peser plus.

    Je regrette cette polémique parfaitement représentative de la propension qu’à la gauche radicale à s’enfermer ds ses différentes chapelles pendant que d’autres agissent à leur profit et font triompher leurs idées

  • permalien jérémy :
    20 juillet 2012 @01h18   « »
    D’autres médias, d’autres pays, mêmes entourloupes

    Pas grand chose à voir à la magistrale remise à sa place de chacun offerte par M.Lordon, mais ça permet de voir le fonctionnement des médias dans d’autres pays, l’Argentine en l’occurrence... :
    https://jeremyrubenstein.wordpress....

  • permalien jérémy :
    20 juillet 2012 @07h22   « »
    Une autre "rupture" (nettement moins flamboyante) avec Médiapart

    L’article m’a rappelé ma petite histoire avec Médiapart qui s’est terminé par une sorte de censure sur mon blog hébergé par le site, que j’avais raconté à l’époque et republié pour l’occasion :

    http://jeremyrubenstein.wordpress.c...

  • permalien emmp :
    20 juillet 2012 @07h59   « »

    Je vous signale juste une coquille : "Laurent Mauduit à courageusement laissé" : "a courageusement laissé", évidemment.

  • permalien François78 :
    20 juillet 2012 @08h30   « »

    Malgré l’intitulé, on parle de Edwy Plenel (et incidemment de Robert Ménard).

    Vous avez apprécié l’acidité de l’article de Frédéric Lordon, vous aimerez le coté sulfurique.

    http://ilikeyourstyle.net/2011/04/2...

  • permalien sdz :
    20 juillet 2012 @08h37   « »

    Une bonne mise au point qui laisse cependant nombre de questions en suspens... Quel combat politique efficace peut mener une gauche minoritaire avec un PS de droite, qui plus est dans un pays (ultra)conservateur ?

    http://www.la-France-contre-la-cris...

  • permalien François78 :
    20 juillet 2012 @08h50   « »

    Un petit portrait à l’eau forte de Jacques Attali, sur paysage rétrospectif serait tout aussi lumineux.

    Pour Pascal Lamy, c’est moins évident, on ne peut pas dire qu’il se soit opportunément adapté à "l’évolution" du monde qu’il a contribué à créer.

    Pour Alain Minc, tout est beaucoup plus flou, et de toutes les façons, les choses se déroulent telles qu’ils les avaient prévues, pour peu qu’on ai fait l’effort de bien le lire.

  • permalien HCD :
    20 juillet 2012 @10h10   « »

    Allez, j’ose :
    dans le paragraphe Mauduit 2000 ... se trouve

    Laurent Mauduit à courageusement laissé à Daniel Cohen

  • permalien rubricub :
    20 juillet 2012 @10h27   « »

    Comme Coluche dans le "Chmil, Chlimili, Chimili" :
    "bonjour Lord One, c’est Bébert Piaguet, c’est bon et merci pour l’éco des affects, heueu, faut dire à Zézette que j’ai commandé le CD de tous les Diplo depuis très longtemps, alors qu’y faut l’envoyer au 20 r. des Aubépines à Firminy, merci".

  • permalien Frédérick Stambach :
    20 juillet 2012 @10h49   « »

    Cela me rappelle étrangement une citation de Gandhi :

    « D’abord ils vous ignorent, ensuite ils vous raillent, ensuite ils vous combattent et enfin, vous gagnez. »

    Ils semblerait que nous en sommes à la phase 3, ils nous combattent en piochant dans nos idées. Il ne reste donc qu’à gagner !

  • permalien Dianette :
    20 juillet 2012 @10h57   « »

    L’étape suivante dans cet échange Lordon/Mauduit risque bien d’être l’emploi par Mauduit de qualificatifs comme "procureur" et "stalinien" à l’endroit de Lordon. C’est le procédé classique employé par celui qui n’a rien a opposer à une argumentation solide et étayée par le douloureux rappel des faits. D’ailleurs, Philippe Corcuff n’a t-il pas déjà ouvert la voie ?

    C’est une technique maintenant classique ; elle fut utilisée en son temps par BHL lorsque Vidal-Naquet et Castoriadis tentèrent d’alerter sur la fausse monnaie intellectuelle que le "nouveau philosophe" mettait en circulation.

    Extrait de l’argumentation de Castoriadis :

    "Dans la « république des Lettres », il y a - il y avait avant la montée des imposteurs - des mœurs, des règles et des standards. Si quelqu’un ne les respecte pas, c’est aux autres de le rappeler à l’ordre et de mettre en garde le public. Si cela n’est pas fait, on le sait de longue date, la démagogie incontrôlée conduit à la tyrannie. Elle engendre la destruction - qui progresse devant nos yeux - des normes et des comportements effectifs, publics sociaux que présuppose la recherche en commun de la vérité. Ce dont nous sommes tous responsables, en tant que sujets politiques précisément, ce n’est pas de la vérité intemporelle, transcendantale, des mathématiques ou de la psychanalyse ; si elle existe, celle-ci est soustraite à tout risque. Ce dont nous sommes responsables, c’est de la présence effective de cette vérité dans et pour la société où nous vivons".

    http://bibliobs.nouvelobs.com/essai...

  • permalien dalembert :
    20 juillet 2012 @11h03   « »
    De l’(in)utilité d’un Lordon polémiste (ou que faire de son talent ?)

    @crapaud rouge

    Pour les journalistes, objets de l’adresse de Lordon, l’honnêteté intellectuelle n’est qu’un colifichet qu’ils arborent pesamment sur leur livrée, leur répondre à ce titre c’est encore leur prêter quelque chose qu’ils ne rendront jamais.

    Un lecteur du "Monde" à l’époque de son naufrage sur les hauts-fonds de l’a-civilisation américaniste, a-civilisation dans laquelle un éditorial fameux de Colombani nous avait tous embarqués, de gré ou de force ("Nous sommes tous Américains[du nord]"), n’a pas besoin de références concernant l’engagement idéologique des journalistes en question, surtout s’il a pu apprécier l’efficacité des ciseaux d’Anastasie sur leur site internet.

    Lordon, gourmet du verbe, cisèle, cajole et remet longuement sur l’ouvrage.

    Il a le texte rare et son blog est étique.

    De là les regrets de voir le temps perdu à répondre aux tartuferies de chanoines plumitifs sans substance, retourneurs de soutanes totalement discrédités.

    Alors, je persiste, il aurait meilleur temps à combattre le veau d’or plutôt que ses croquignolesques suppôts (mes excuses aux pieds-nickelés).

  • permalien alliocha :
    20 juillet 2012 @11h33   « »

    Cinglant et magistral !

    Je resterai néanmoins abonnée à Médiapart, car il n’y a rien à lire d’autre en presse quotidienne...

  • permalien Spino :
    20 juillet 2012 @11h37   « »

    Il est certain que ce type d’article peut paraître vain voir contre-productif dans l’entreprise de mise à mal de la pensée unique néolibérale. Cependant c’est du courage dont il faut se parer pour exprimer avec autant de force cette parodie de la critique et en toile de fond son amnésie totalitaire !
    Merci Frédéric.
    PS : ayant pu m’entretenir récemment avec le fils d’un économiste membre du cercle (parmi les plus éloignés de l’hétérodoxie) ce dernier m’a nettement confirmé les multiples repas pris à la maison entre son papa et Laurent Mauduit à la belle époque...s’étonnant ainsi de cette volte-face de leur convive journaliste...

  • permalien Helios :
    20 juillet 2012 @12h48   « »

    Ce genre de polémiques vient du fait que le concept de "gauche" demeure assez flou. La réalité politique est multidimensionnelle, l’économie étant une des dimensions. La quantité de "gauche" (entre 0% et 100%) est une fonction sur cette espace multidimensionnel. Cette fonction n’est pas la même pour tout le monde apparemment.
    Pour certains (comme l’auteur de l’article) la dimension "économie" l’emporte, et la gauche se mesure essentiellement sur cet axe. Pour d’autres, comme Plénel et Mauduit, d’autres dimensions interviennent, voire supplantent l’économie.

  • permalien petit robert :
    20 juillet 2012 @14h13   « »

    Il me semble que la note 20 écorche le nom du principal intéressé de l’article :

    [20] Laurent Lauduit et Gérard Desportes, La gauche imaginaire et le nouveau capitalisme, Grasset, 1999.

    Un acte manqué ?

  • permalien Bachar :
    20 juillet 2012 @14h55   « »

    "... ne reste donc que la solution d’assurer faire le contraire de ce qu’on fait."

    Je pense que vous voulez dire "... ne reste donc que la solution d’assurer faire le contraire de ce qu’on dit."

  • permalien BA :
    20 juillet 2012 @15h02   « »

    Vendredi 20 juillet 2012 :

    Vers 15 heures :

    Espagne : taux des obligations à 10 ans : 7,228 %. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/quote/GSPG...

    Espagne : la région de Valence demande l’aide de l’Etat.

    La région espagnole de Valence, fortement endettée, a fait savoir vendredi qu’elle demanderait à bénéficier du mécanisme d’aide de quelque 18 milliards d’euros proposé par le gouvernement pour assainir les finances publiques des régions.

    Le plan d’aide est assorti de la stricte condition que la région concernée se conforme à ses objectifs de réduction des déficits.

    L’annonce a fait chuter les Bourses européennes ainsi que l’euro, tombé sous le seuil de 1,22 dollar.

    Le gouvernement espagnol a approuvé la semaine dernière la création d’un nouveau fonds pouvant atteindre 18 milliards d’euros destiné à aider les régions en difficulté à se financer.

  • permalien quen_tin :
    20 juillet 2012 @15h40   « »

    Ou comment Lordon implémente la doctrine Bush : si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi.
    L’axe du mal va de mediapart au FN, qu’on se le dise !

    Sur la question de l’impermanence des idées, je conseillerai une lecture bouddhiste. Au fond personne ne change jamais d’opinion ici bas, simplement on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve.

  • permalien dalembert :
    20 juillet 2012 @15h56   « »
    Quand j’entends le mot culture, etc...

    Question bouddhisme, Héraclite, auteur de la sentence fameuse sur l’eau du fleuve, aurait pu mieux faire.

    Il est vrai qu’il est de mode de trop prêter aux grecs...

    A trop fréquenter Bush il semblerait que l’on oublie ses humanités.

  • permalien Babeuf :
    20 juillet 2012 @15h59   « »

    @ Hélios :

    La quantité de "gauche" (entre 0% et 100%) est une fonction sur cette espace multidimensionnel ?

    Ah mais non, non, non, cher Hélios. Justement pas.

    Ce qui fait la définition même de la gauche, au XXe siècle, c’est le partage des richesses (de la valeur ajoutée) entre capital et travail. Soit donc précisemment (et unidimentionnellement) la question économique et sociale.

    La définition de la gauche a évolué au cours des périodes (au XIXe, c’était la défense de la nation et de son modèle politique, la république, fin XIXe- début XXe la défense de la laïcité, portée par le parti radical), mais au XXe siècle, une politique de gauche est celle qui consiste à créer les conditions tendant à favoriser les revenus du travail face aux prélèvements destinés au capital.

    C’est justement là que se situe l’imposture sociale-démocrate, qui consiste à appliquer une politique de droite, faite de concurence internationale, de liberté de circulation des capitaux et de diktats européistes gravés dans le marbre, qui sanctuarisent la rente au détriment du monde du travail, tout en continuant à se prétendre "de gauche" en raison de ses postures sur des sujets sociétaux (questions culturelles, féminisme ou mariage homo...) Ces questions de société ne sont pas nécesairement antinomiques d’une politique de gauche, mais elle ne sont pas non plus nécesairement de gauche ; elles peuvent tout aussi bien être menées par un gouvernement libéral (et d’ailleurs, depuis les années 80, elles le sont...)

  • permalien BA :
    20 juillet 2012 @16h14   « »

    Vendredi 20 juillet 2012 :

    Vers 16 heures 15 :

    Espagne : taux des obligations à 10 ans : 7,267 %. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/quote/GSPG...

    ALERTE - La Bourse de Madrid plonge de plus de 5%, malgré l’aide aux banques.

    MADRID - La Bourse de Madrid a plongé vendredi de plus de 5%, redoublant d’inquiétudes peu après le feu vert donné par la zone euro au plan d’aide aux banques espagnoles, qui prévoit une enveloppe pouvant aller jusqu’à 100 milliards d’euros.

    L’indice Ibex-35 perdait 5,10%, à 6.294,6 points, à 13H33 GMT, tiré vers le bas par les valeurs bancaires : Santander perdait 5,88% et BBVA 6,26%.

  • permalien François78 :
    20 juillet 2012 @16h15   « »

    "On pourrait aussi accorder que Médiapart est plus qu’un journal utile : c’est un bon journal, un bon journal de gauche".

    Un bon journal, l’auteur est très charitable.

    Peut-être quand le sujet permet un bon journalisme d’investigation.

    Sûrement pas quand il sert de plate-forme de démolition pour toute pensée déviant des idées "du journal" avec la lucidité et la conscience des sophismes utilisés et des procédés déloyaux employés.

    Utilisant les termes qu’il destinent ad nauseam aux autres, je dirais que cela nous rappelle des heures sombres ... ceci pour le rappeler à eux-mêmes et leur montrer que je ne leur fait pas le cadeau de penser qu’ils ne savent pas, ou que leur intention est bonne.

  • permalien Jeune_thésard :
    20 juillet 2012 @17h20   « »

    Magistrale fessée...
    J’apprécie l’ancrage bibliographique.
    Cependant, ne vous épuisez pas a fessoyer les vilains, continuez de démontrer la pensée unique ( dont j’étais longtemps victime malgré moi).

  • permalien quen_tin :
    20 juillet 2012 @17h24   « »

    @dalembert : oui, j’emprunte à Héraclite l’idée d’impermanence, par ailleurs très prégnante en philosophie antique indienne. Il existe d’ailleurs de nombreux ponts entre les philosophies antiques grecques et indiennes. Comme quoi les grandes civilisations se rencontrent...

    En tout cas je trouve ce type de procès, sur la base d’appartenance ou non des idées passées et présentes, à un camps ou à un autre, détestables, et on trouvera en philosophie grecque, indienne ou contemporaine de nombreux remèdes à la pensée réifiante qui y est implicitement à l’oeuvre.

  • permalien Ardéchois :
    20 juillet 2012 @17h34   « »

    Vous nous parlez des carrières de deux capitaines de dériveurs qui savent louvoyer pour progresser contre les vents contraires.

  • permalien Nicolas :
    20 juillet 2012 @19h19   « »

    Concernant le prix du jeune économiste, doit on comprendre que des chercheurs comme Piketty ou Saez (qui l’ont obtenu) sont de purs orthodoxes ? Ce ne sont pas des punks comme Amable, certes, mais leurs objets de recherche et leurs résultats apportent de l’eau au moulin de la critique sociale.

  • permalien Gilbert Duroux :
    20 juillet 2012 @20h06   « »

    Melchior : "Que de travail, que d’archivage et que de références pr une querelle du passé. Pouvez-vous imaginer que les gens puissent changer au contact des événements ?"

    Vous pensez sérieusement que ceux qui réécrivent l’histoire à leur profit sont des partenaires fiables ? Je trouve toujours curieux que l’on puisse défendre cette forme négationnisme qui consiste, comme Plenel et Mauduit, à poser aux résistants de l’intérieur alors qu’ils participaient au système. Sans doute faut-il se sentir soi-même un peu morveux pour se faire l’avocat d’un Mauduit qui a animé les pages économiques du Monde comme Lordon le décrit, ou d’un Plénel qui voulait introduire le Monde en Bourse. Plénel a couru les plateaux de télévision avec ses amis Minc et Colombani lorsque Le Monde a été attaqué par Péan et Cohen ("la face cachée du Monde") et aujourd’hui, il nous dit que c’est tout juste s’il connaissait Colombani.
    On peut avoir une idée de la duplicité du moustachu avec ces témoignages d’Alain Rollat, qui était un ami proche de Plenel lorsqu’il dirigeait la rédaction du Monde (interpellé sur Médiapart, Plénel conteste aujourd’hui avoir été proche de Rollat. Quelle ingratitude !)

  • permalien Marc :
    20 juillet 2012 @21h28   « »

    Les preuves de la corruption ACTUELLE peuvent être trouvées dans une multitude d’affaires. C’est le caractère régalien de la Justice qui permet aux magistrats d’accomplir des détournements d’argent comme avec le Koweït Gate, des détournements d’héritages avec le concours d’avocats et de notaires adhérents de fait d’un réseau de pervers manipulateurs organisés, d’accomplir des forfaitures et crimes tant que les députés ne réclament pas pour eux les assises !

    La preuve des preuves du pire est l’affaire AMIDLISA où des politiciens du plus haut niveau seraient participants et « couvrent » :

    Forfaitures des gendarmes qui organisent l’enlèvement d’enfants destinés à des snuff-moovies
    Forfaitures de procureurs qui officialisent la nécessité d’enlever la garde de ses enfants à une maman PARFAITE. Commencée il y a 5 ans, l’affaire AMIDLISA continue et les enfants « acteurs » et violés en groupe réclament leur maman. Ils le manifestent quand par bonheur un point rencontre lui est accordé !
    Forfaitures de magistrats des tribunaux de Draguignan et d’Aix en Provence,
    Forfaiture des ministères de la Justice successifs qui ont renvoyé l’affaire dans les mains des magistrats ayant commis des forfaitures…, au nom de l’indépendance des Pouvoirs…, selon des principes concrets d’INTERdépendance.
    Forfaiture du premier magistrat de France Nicolas Sarkozy qui a abandonné la maman aux mains des corrompus.
    Forfaiture du premier magistrat de France Monsieur Hollande qui ne répond pas, et de son ministre de la Justice Madame Taubira qui a été interpellée par ses collègues ministres mais laisse également la maman aux mains des corrompus.
    Mensonges et calomnies de membres de la société civile, médecins dont les preuves sont IRREFRAGABLES !
    Mensonges et calomnie des services de l’enfance à propos desquels les enfants se sont plaint que certains les violaient !

    N’allez donc pas chercher midi à 14 heures et soyez citoyens défendant la démocratie au lieu d’être complices « par omission » pour ne pas contrarier la perversité des riches qui contrôlent tous les pouvoirs ! Le dernier joujou des riches ? ! Quelle Honte !

  • permalien hedi :
    20 juillet 2012 @22h02   « »

    En dehors des histoires de personnes, de réseaux et de moutons de Panurge il y a aussi un biais qui est la source essentielle de revenu, non subventionnée, des journaux. Tous les grands journaux français tirent l’essentiel de leurs revenus "non subventionnés" de la publicité et non des abonnements et des lecteurs occasionnels. Et quelle publicité ! Les quotidiens et autres hebdomadaires sont remplis de pub des grandes boîtes : Dior, Renault, EDF , Total, Areva ... Lorsque l’on travaille pour Mediapart qui tire ses revenus uniquement des abonnés on acquière forcément une base plus solide pour la critique.

  • permalien TOGIR :
    20 juillet 2012 @23h09   « »

    Je suis assez d’accord avec Dalembert : beaucoup de temps perdu à polémiquer. Cela en vaut-il vraiment la peine ? Et puis c’est long ! Et alambiqué... Certes, on sent le plaisir de la langue et le goût du verbe. Je me demande seulement comment on peut trouver assez de temps et d’énergie pour se fatiguer à ces joutes improductives. Et puis c’est quand même rentrer dans le jeu de ces people du journalisme que de leur offrir une telle réponse, non ? Bon, en même temps on peut comprendre l’envie de se défendre. Quoique... Là aussi, n’est-ce pas faire le jeu du journalisme spectacle que de se perdre dans ces frictions somme toute assez superficielles ? On a l’impression quand même que derrière tout ça, c’est règlement de compte et compagnie. De vieilles histoires qui ne nous concernent pas. Je me trompe ? Continuez plutôt la critique constructive, on en a vraiment besoin.

  • permalien Curzio Noltov :
    21 juillet 2012 @00h21   « »

    C’est - comme d’habitude - très dense, mais il me semble que le monde de l’information économique intelligente (et intelligible) sur internet est suffisamment petit pour qu’il mérite d’être préservé de ce genre de querelles d’individus. Il serait dommage que ce blog, qui fait oeuvre de salubrité publique, devienne une plateforme pour billets d’humeur personnels.

    Eh oui, le lectorat est castrateur - mais c’est la rançon de la gloire... :)

  • permalien mara :
    21 juillet 2012 @00h35   « »

    il y avait encore des gens qui pensaient (croyaient) en son sein et à l’extérieur que le Monde était un journal véhiculant une pensée critique de gauche ? On en rirait si ce n’était pas si triste.
    Une illustration parfaite de la société du spectacle décrite par Guy Debord.

    Une fois de plus Mr Lordon, merci d’oeuvrer contre la neutralisation des idées et contre les "novconcepts" qui prétendent nous faire prendre de vessie pour des lanternes, ou des économistes de droite pour des économistes de gauche, des journalistes bourgeois pour des journalistes révolutionnaires, et, in fine, le vrai pour un moment du faux ...

  • permalien Louis :
    21 juillet 2012 @09h03   « »

    Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que cette polémique n’apporte rien aux lecteurs du blog, au contraire je trouve qu’elle a une portée plus large que la simple question du revirement de Laurent Mauduit. Je trouve très intéressante notamment l’analyse du mode de pensée de la "gauche" libérale, qu’elle soit journalistique comme dans le Monde ou Libé, ou portée par ses économistes en chefs type Elie ou Daniel Cohen : cette capacité (avant une crise) à défendre le système et à le promouvoir mais toujours en y mettant des petites critiques adressées aux excès les plus spectaculaires (traders, patrons pourris, etc), de légers regrets sur le fait qu’il n’y a pas d’alternative, des "malheureusement il faudra bien réformer ceci ou cela", etc..ce qui donne des moyens lorsque le vent tourne de faire croire que l’on avait tout prévu et dénoncé avant.
    Concernant Mauduit, dans le fond il ne manquait pas grand chose pour que Lordon et lui puissent aujourd’hui se retrouver dans le même camp et lutter contre l’orthodoxie : que Mauduit dans l’intro de son bouquin, sur 10 lignes, reconnaisse honnêtement avoir cru jusqu’à la crise que grosso modo il n’y avait pas de réelle alternative au système actuel, mais simplement des orientations possibles plus ou moins de gauche, et qu’il a réalisé son erreur depuis, ce qui explique son engagement dans Mediapart et son livre.
    Une petite stat pour finir trouvée dans cet article du Blog de Nico : de 1987 à 2011, nombre d’articles dans Le Monde mentionnant Jacques Attali ou Alain Minc : 2700, nbre d’articles mentionnant Lordon : 27.

  • permalien Crapaud Rouge :
    21 juillet 2012 @09h35   « »
    Lectures passées, gênes présentes (réponses aux détracteurs)

    Beaucoup de commentaires insistent sur l’inutilité d’un tel billet qui ne serait que du temps et du talent gâchés. Je ne serais pas étonné qu’ils émanent d’anciens lecteurs... Pour avoir été l’un d’eux, je dois bien avouer une gêne certaine, parce que j’ai dû lire jadis bon nombre d’articles de Plenel, Mauduit ou Eric le Boucher, sans avoir une claire conscience de leur parti pris idéologique.

    Je me rappelle surtout de l’insistance du Monde, (au fil de ses "relookages" censés faire revenir le chaland), à séparer l’info et le commentaire, comme si la première n’était pas déjà... un commentaire ! A mon avis, c’est la grande anarque du Monde, qu’il perpétue depuis, à prétendre présenter "les faits" (alias l’info) sans parti pris, bruts de fonderie. C’est le meilleur moyen pour renoncer au militantisme, et se glisser dans le moule de l’idéologie dominante.

    Je me rappelle de ces éditos en forme de thèse-antithèse qui commencent par déplorer des faits et se terminent par des leçons de réalisme, genre : on n’y peut rien, c’est comme ça, faut se rendre à l’évidence, c’est la mondialisation, il faut s’y faire : pas d’autre solution que s’adapter.

    Je me rappelle que l’économie a disparu du journal pour se retrouver dans le supplément "économie" qui, effectivement, ne parle plus que de l’entreprise : là, très grosse et très évidente déception. Supplément tout à fait illisible. Aujourd’hui, avec le recul, je me rends compte qu’il faut une sacrée dose de MAUVAISE FOI pour le justifier par la publication "d’infos pointues".

    Je me rappelle surtout du lien affectif : une journée sans le Monde, c’était une journée perdue. Aujourd’hui c’est l’inverse : je ne vais sur le site du Monde que pour l’info, et, pour ne pas perdre mes journées, je lis Frédéric Lordon...

  • permalien dalembert :
    21 juillet 2012 @10h23   « »
    Montfaucon

    @Louis

    Je pense aussi que le contenu informatif de cette polémique peut intéresser les lecteurs du blog.

    Il s’agit d’une question de forme, disons littéraire.

    Si le but est de fustiger la tartuferie, Molière a déjà donné,
    et Lordon apprécie les pièces de comédie.

    Le Tartuffe en plus d’être une dénonciation est avant tout une réflexion sur la morale.

    J’aurais préféré que, dans un texte sur le fond, le Lordon pamphlétaire philosophe prolonge ses réflexions sur l’éthique spinoziste en expliquant pourquoi et comment la vertu a disparu du monde en tant que référence obligée d’une bonne pratique politique et surtout pourquoi cela semble n’avoir aucune conséquence réelle dans les méthodes de gouvernement, malgré des effets désastreux.

    Nommer, dénoncer et condamner les individus responsables de ces procédés est probablement salutaire, mais en rester là serait une faute tant qu’ils ne seront pas à Montfaucon (gibet dédié aux financiers et à leurs complices économistes véreux) , c’est à dire jugés et pour juger il faut ré-instituer une morale du temps présent.

    Alors, Lordon, à quand un "Ménon" post-moderne ?

  • permalien GaM :
    21 juillet 2012 @10h33   « »

    Bonjour,
    je me permets de vous voler votre article pour le coller dans Mediapart dont je suis un lecteur assidu -ce qui n’est plus le cas du Monde et de Libé, abandonnés par moi depuis le début des années 90.

    Merci pour vos analyses, votre libre parole toujours drôle et éclairante pour la buse que je suis en économie ! On a besoin de vos divergences pour respirer un peu dans le fatras triste de l’idéologie dominante !

  • permalien Nathan :
    21 juillet 2012 @11h40   « »

    Je ne suis pas abonné à Médiapart. Par contre, j’ai lu le livre de Laurent Mauduit sur les magouilles d’Alain Minc où celui-ci est décrit comme l’entremetteur par excellence du capitalisme "de connivence" à la française (celui des participations croisées). Et franchement, je n’ai jamais eu l’impression qu’en critiquant ce capitalisme "archaïque" de papa, Laurent Mauduit faisait l’apologie d’un capitalisme actionnarial à l’anglo-saxonne comme le laisse entendre Frédéric Lordon. J’estime que cette accusation est à la limite de la mauvaise foi.

    D’autre part, les lecteurs de ce blog peuvent se faire une meilleure idée de la critique de Laurent Mauduit à propos du livre de Frédéric Lebaron en lisant l’article dans son intégralité. Est-ce que cet article suffit à vouer Laurent Mauduit aux gémonies comme le fait Frédéric Lordon ? J’en doute.

    http://www.homme-moderne.org/societ...

  • permalien BA :
    21 juillet 2012 @11h44   « »

    Samedi 21 juillet 2012 :

    De plus en plus, les investisseurs internationaux placent leur argent dans cinq abris antiatomiques. De plus en plus, ils mettent à l’abri leur argent dans les obligations de ces cinq Etats :

    Allemagne : taux des obligations à 10 ans : 1,167 %. Record historique battu. Le taux n’avait jamais été aussi bas.

    Finlande : taux des obligations à 10 ans : 1,407 %. Record historique battu. Le taux n’avait jamais été aussi bas.

    Pays-Bas : taux des obligations à 10 ans : 1,594 %.

    Autriche : taux des obligations à 10 ans : 1,890 %.

    France : taux des obligations à 10 ans : 2,073 %.

    http://www.bloomberg.com/quote/GFRN...

    Mais en revanche, les investisseurs internationaux fuient les Etats européens périphériques. L’Italie et l’Espagne sont deux bombes atomiques financières. Ces deux bombes atomiques financières vont bientôt exploser.

    Italie : taux des obligations à 10 ans : 6,166 %.

    Espagne : taux des obligations à 10 ans : 7,267 %. Record historique battu. Le taux n’avait jamais été aussi haut depuis la création de l’euro.

    Les investisseurs internationaux savent que les deux bombes atomiques financières vont exploser.

    Ils s’y préparent.

    Nous-aussi, nous devons nous préparer à l’explosion.

  • permalien Vincent Orwell :
    21 juillet 2012 @15h40   « »
    Divers 1/2

    @bachar : non non. Il veut dire exactement ce qui est écrit.

    @nathan : Il suffit de lire régulièrement Acrimed et les affidés, tous cités par FL, pour savoir qu’Alain Minc ne mérite pas le centième de l’estime qu’il se porte à lui-même. Et puis il suffit de l’écouter parler cinq minutes pour tomber de sommeil, mais bon.

    Merci pour le lien vers l’article original de Mauduit. Outre le fait que sa prose a goût de bière tiède, comme ses quelques articles de blog que je viens de me farcir et dont les trois quarts font de l’autopromotion et à peu près rien d‘autre, il me semble que vous oubliez le pouvoir de sanction exorbitant que ce genre d’article a sur la carrière d’un livre. Le ton est condescendant (moi j’ai compris, pas l’auteur) et l’argumentaire est vaporeux. Lisez par exemple ce que Pierre Jourde dit de la critique littéraire en France : il me semble que c’est exactement le même problème pour cet article. Il s’agit moins de donner une bonne idée au lecteur potentiel de ce que le livre contient que de le décourager de le lire.

    Sur la question de la mauvaise foi, là encore, peut-être faut-il, comme FL le fait dans cet article, rappeler les forces en présence. On peut juger que notre hôte force le trait, que son temps serait mieux consacré à autre chose ou même qu’il sombre dans une querelle égologique. Je ne souscris à aucune de ses opinions, mais quand bien même on leur porterait crédit, il me semble que l’exercice de la critique, fut-elle « ad hominem » comme disent ses comptenteurs, surtout à propos de personnalités aussi considérables qu’un ancien chef du Monde, même moins puissant que celui-là, est parfaitement légitime. On ne peut pas s’exposer autant, avoir autant de pouvoir, et réclamer en plus des certificats de pureté de la part des gens qu’on contribue à garder en dehors de l’espace public.

  • permalien Vincent Orwell :
    21 juillet 2012 @15h40   « »
    Divers 2/2

    Penserait-on qu’elle ne l’est pas (c’est la critique qui ne serait pas légitime, concentrez-vous un peu), la réponse du bonhomme sur son blog la légitimerait a posteriori (oui, moi aussi j’aime bien le latin). Le procès en psychiatrie et en irrationalité, voire en sournoiserie et complotisme, l’interprétation absolument outrancière de ce que FL dit réellement dans la vidéo, le rappel moralisateur à la nécessaire mobilisation de la gauche, tous ces arguments ont été employés à tort et à travers dans bien d’autres situations, et contre des personnalités diverses : Schnederman à propos de Pierre Carles, Philippe Val à propos de Siné, tout le PPA à propos de Bourdieu, Finkielkraut à propos de presque tout le monde, et je m’arrête là parce que je vais vomir. C’est devenu un genre journalistique à soi tout seul : les gros qui tapent sur les petits, en prenant leur élan, souvent de façon concertée, et en employant n’importe quels moyens, de préférence immoraux et toujours en négligeant le fond du discours pour n’en retenir que ce qui blesse leur narcissisme.

    Alors reprocher à FL de se lâcher un peu, parce qu’il l’a vraiment mauvaise quand il voit ce genre de cuistre notoire chercher à s’approprier le crédit du boulot des autres, et qui monte sur ses grands canassons à la moindre allusion à la possibilité qu’il y aurait peut-être à redire sur l’intégrité de le parcours, franchement, ÇA ça me paraît être d’un bonne foi douteuse.

  • permalien Roland011 :
    21 juillet 2012 @18h27   « »

    Je suis un brin étonné de certaines critiques qui ‘’juge’’ ce billet inutile et polémique. C’est faire peu de cas des idées (du poison) véhiculées pendant des années par les « articles » multiples a la gloire de la ‘’modernité’’ ! Certain ont peut être désertés les colonnes du Monde, mais surtout les lecteurs du dit Monde. Allez consulter les avis des abonnés (seuls a pouvoir s’exprimer) et vous ne seraient pas déçus ‘sic’ par la foi exprimée par les chers lecteurs dans « le marché » « la concurrence » etc. toutes les balivernes « modernes ». Inverser la tendance va demander beaucoup de temps (les idées de droite ou gôôche ont pénétrés les esprits, la décontamination va être difficile. D’où l’utilité de tel article qui contribue avec le théorie a la formation des un et des autres

  • permalien Alain :
    21 juillet 2012 @20h42   « »

    Ce que tentaient le Plan B et autres CQFD à une époque, Lordon le reprend à son compte. Les temps étant plus favorables nul doute que sa critique des révolutionnaires de circonstance fera un sillon qui demeurera, et c’est tant mieux.
    Car, après tout, n’est-ce pas dans ce théâtre d’ombre, appuyé sur l’effet d’autorité médiatique et politique que prospèrent encore dans les esprits et dans les urnes certains partis prétendument de gauche ?...Là aussi, il faudra opérer ad hominem, un travail de tri. A ce prix, et à d’autres au moins aussi décisifs, nous pourrons retrouver une vraie gauche et des responsables bien au clair de leurs parcours comme de leurs valeurs.

  • permalien sébastien :
    22 juillet 2012 @00h30   « »

    franchement Frédéric, sans savoir si je suis trop trivial, Merci ! merci pour ce grand moment de lucidité, lire un type qui cartonne en économie (ici et bien d’autres fois ailleurs) qui sait si bien ordonner ses idées et qui te fait marrer en plus... ha non, c’est trop, voilà : MERCI FRED ! du fond du cœur (et c’est pas parce que j’ai deux verres dans le nez que je ne suis pas sincère)

  • permalien Antoine Bloyé :
    22 juillet 2012 @00h41   « »

    Vive PLPL ! Vive le Plan B ! Vive la Sardonie libre ! A bas les renégats moustachus !

  • permalien Louisiane :
    22 juillet 2012 @08h30   « »

    Frédéric Lordon, merci d’avoir pris le temps d’écrire ce papier. La situation était à désespérer, vous avez su remettre les pendules à l’heure, et tout reste à faire. Car ces pantins sans vergogne sont encore
    en place et leurs perversités continuent à faire des dégâts.

  • permalien Nathan :
    22 juillet 2012 @12h03   « »

    @ Vincent Orwell

    J’entends bien ce que vous dites et je me garderai bien d’intervenir davantage dans une querelle de famille, d’autant plus que la famille en question – la gauche – n’est pas la mienne. Je suis également conscient qu’il existe également dans ce bas monde un grand nombre d’opportunistes qui naviguent au gré du vent et qui empruntent à l’occasion des idées à d’autres plus intègres ou plus lucides, dans le seul but de se fabriquer des postures avantageuses. Je vous ferai toutefois observer que :

    1. L’erreur est humaine et le refus de reconnaître ses erreurs l’est tout autant.

    2. Les années "1990-2007" ont été marquées par quelques menus événements comme la chute du communisme, le développement inoui de l’économie numérique (suivie de l’éclatement de la bulle internet, il est vrai) et la montée en puissance des pays émergents. Emportés par une certaine euphorie, certains – même de gauche - ont pu croire de bonne foi qu’ils étaient entrés dans une ère nouvelle.

    3. Ce n’est pas parce qu’un individu - mettons de gauche - partage provisoirement et ponctuellement une opinion avec un ultralibéral qu’il devient ipso facto un ultralibéral. Si par exemple, un quidam convient – tout comme Alain Minc – que dans certaines régions du globe, Chine, Inde, Brésil, les gens ont plutôt une vision optimiste de la mondialisation et estiment à bon droit qu’à leurs yeux, le présent qu’ils vivent est mieux que le passé qu’ils ont subi, cela ne signifie pas pour autant que ce quidam partage toutes les idées de Minc. Comprenez qu’il faut parfois introduire un peu de relativité dans les jugements.

  • permalien Nathan :
    22 juillet 2012 @12h05   « »

    (suite)

    Autre chose. Il y a un truc qui m’a frappé. J’ai visionné la vidéo des “Rencontres déconnomiques d’Aix-en-Provence” et j’ai tout de même du mal à comprendre pourquoi Frédéric Lordon – pour lequel j’ai beaucoup de respect – préfère faire un numéro de saltimbanque devant un public acquis à l’avance, un peu comme Onfray dans son “université populaire”, plutôt que d’aller croiser virilement le fer avec les économistes "orthodoxes" qui l’avaient invité à débattre. Où est l’intérêt de parler à un public qui vous perçoit comme un gourou et qui ne vous contredira jamais ?

    La même attitude m’avait frappé chez le réalisateur du film “Les nouveaux chiens de garde” qui, invité dans l’émission de Frédéric Taddeï, avait préféré joué solo plutôt que d’affronter l’aéropage qui attendait patiemment son tour et au sein duquel trônait l’imposteur arrogant Jacques Attali. L’occasion de lui rentrer dans le chou était tout de même parfaitement propice et indiquée. Laurent Mauduit lui, n’a pas hésité à lui tailler taille un beau costard dans son dernier livre.

    Il y a un paradoxe. Les gens de la gauche radicale s’estiment totalement marginalisés et exclus des grands média mais les rares fois où ils sont invités, ils refusent de débattre. C’est bizarrre, non ? Le résultat, c’est que cela ne fait que donner un peu plus de grain à moudre à ceux qui s’imaginent appartenir au “cercle de raison”.

  • permalien lionel goutelle :
    22 juillet 2012 @14h37   « »
    Réponse à Nathan (sur la marginalité recherchée de la "vraie" gauche)

    Si tu as bien écouté la vidéo, tu verras que Lordon répond de façon détaillée à ton objection (à savoir pourquoi Lordon et les siens ont refusé "l’invitation" des orthodoxes). A titre personnel, je me demandais s’ils n’avaient pas plus à gagner à faire un "scandale public" en acceptant l’invitation, et en tentant d’énoncer sur place même (car il y a fort à parier qu’à la manière dont on avait reçu Bourdieu sur le plateau "d’arrêts sur images" première version sur la cinq, ils auraient été empêchés de s’exprimer. Mais ça aurait été une preuve éclatante à contrario fourni par l’adversaire lui-même !) les raisons pour lesquelles ils refusaient de s’exprimer dans ces lieux de fausse parole libre. Il y a une autre raison pour laquelle d’après moi ils ont refusé l’invitation. et Lordon lui même l’a énoncée ailleurs dans un très beau texte (de mémoire, il me semble que c’est lorsqu’il analyse la trajectoire de Bernard Maris) dans lequel il dit en gros d’une part que la posture qui consiste à entrer dans un groupe (ici les orthodoxes, les médias, le public sous l’emprise des médias,la politesse apparente...) pour critiquer férocement le groupe de l’intérieur est humainement difficile à tenir dans le long terme, et d’autre part que la corruption vient à la longue à travers des concessions microscopiques qui s’accumulent souvent à l’insu du nouvel entrant lui même. Bref, pour échapper à l’influence nocive de ces groupes et garder sa force de lucidité et de résistance, mieux vaut rester à l’extérieur. On finirait tous comme Bernard Maris (ou Phillipe Frémeaux dans "c’est dans l’air" ?) à accepter de parler dans ces lieux de fausse parole..."Ne nous soumettons pas à la tentation" nous même...A comparer aux stratégies de Karl Kraus encore une fois qui faisait du scandale une arme ravageuse....

  • permalien Voline :
    22 juillet 2012 @16h04   « »

    Article salubre, roboratif, jouissif (le style et l’humour décapant de l’auteur sont comme toujours un régal), indispensable, antidote à l’amnésie (j’en ai ma part, hélas)...un délice, comme beaucoup de lecteurs l’ont si joliment, fortement et intelligemment écrit apportant eux-mêmes des références riches et arguments fort convaincants.
    Je précise que j’avais abordé cet article avec un certain scepticisme vu "le thème", et au fur et à mesure de la lecture il m’est apparu vraiment très utile...de nous garder sans relâche de nos (faux) "amis", et il y en a un paquet avec la clique au pouvoir (le sarkozysme sans sarkozy)...sachant que pour nos ennemis...enfin "on" essaie.
    Merci M. Lordon.

  • permalien dalembert :
    22 juillet 2012 @16h19   « »
    Indulgence assassine

    @Nathan

    Je connais bien le Brésil pour y avoir longtemps vécu ces dernières années ainsi que les conséquences de la mondialisation sur le peuple (pas les élites que je ne fréquente pas, non que je le refuse, mais c’est comme ça !).

    Sans rentrer dans les détails, un seul fait :
    Le taux de crédit revolving à la caisse des supermarchés est de 13% par mois, ceci s’adresse aux 150 millions de pauvres, au supermarché, pour acheter la nourriture de leur famille.

    Nourriture que, au bout du compte, ils auront payée trois fois son prix, ces gueux !!!
    Idem pour le plein à la pompe, payé en X mois, au même taux.
    Calculez les profits...

    Ce type d’information basique est connu des économistes ainsi que ses conséquences, paupérisation, aliénation à la dette, inégalités écrasantes, et toutes violences physiques ou symboliques connectées au phénomène.

    Que les économistes enfument leurs lecteurs de la presse hebdomadaire (celle qui pub des BMW et autres amuse-pipi) quant aux effets de la mondialisation pour leur donner bonne conscience en flattant leur narcissisme petit bourgeois tout en justifiant leurs émoluments est une chose, dire que leur bonne foi a été surprise par les conséquences du néo-libéralisme en est une autre, surtout quand ils espèrent être crus.

    Les pleutres et pitoyables justifications ( rarement les remords ) des acteurs ayant servi les systèmes totalitaires peuvent être entendus de Nüremberg à La Haye, toujours les mêmes, on ne savait pas, on a obéi aux ordres.

    Or de quoi s’agit’il en l’espèce ?

    D’un système totalitaire autoproclamé en toute bonne conscience, le néo-libéralisme ne se vante-t-il pas, en effet, de n’avoir point d’alternative ? Existe-t-il une définition plus lapidaire du totalitarisme ?

    Le simple fait que ce système qui prône la concurrence comme présupposé indispensable à une économie saine en déployant toute sa puissance à nier la possibilité d’une alternative est une pure arnaque et une insulte à l’intelligence.

    Ce qui choque déjà le bon sens commun ne trouve donc aucun neurone à exciter dans la cervelle d’un économiste ?

    Cela ne peut être que par Dieu ou le veau d’or.
    Croyance et/ou cupidité.

    Dans tous les cas, on ne me fera jamais pleurer sur la destinée des fonctionnaires zélés du totalitarisme, qu’ils payent à leur tour leur dette, à Satan s’il le faut.

  • permalien BA :
    22 juillet 2012 @20h00   « »

    Dimanche 22 juillet 2012 :

    Une seconde région espagnole va demander l’aide financière de Madrid.

    La région de Murcie, dans l’est de l’Espagne, a annoncé dimanche qu’elle allait demander à son tour une aide financière à Madrid, deux jours après une demande similaire formulée par Valence.

    Le président du gouvernement régional de Murcie, Ramon Luis Valcarcel, a indiqué au quotidien régional La Opinion de Murcia que son gouvernement demanderait « environ 200 à 300 millions d’euros » au nouveau fonds public, doté d’un montant total maximum de 18 milliards d’euros, mis en place la semaine dernière par Madrid pour venir en aide aux régions en difficulté.

    M. Valcarcel a affirmé que la Murcie demanderait formellement cette aide au cours du mois de septembre, ajoutant qu’il s’attend à ce que les conditions posées par le gouvernement central en échange de ces fonds soient « très strictes ». « Personne ne doit penser qu’ils vont nous faire cadeau de cet argent », a-t-il ajouté.

    Pour sa part, la région de Valence, très fortement endettée, avait indiqué vendredi qu’elle allait faire appel à ce fonds faute de pouvoir trouver l’argent nécessaire pour remplir ses obligations financières.

    http://www.lesechos.fr/economie-pol...

    En Espagne, ce sont six régions qui sont en faillite.

    Deux régions ont officiellement demandé l’aide de l’Etat : la région de Valence, et la Murcie.

    Les quatre autres régions en faillite sont la Catalogne, Castille-La Manche, les Baléares et l’Andalousie.

  • permalien abreviator :
    22 juillet 2012 @21h11   « »
    @ dalembert

    “Plaignez cet homme extraordinaire, plaignez-le d’avoir vécu à une époque si pitoyable qu’il ait été obligé de n’écrire que des polémiques". C’est de tête, donc c’est à-peu-près (de Goethe). On en est là où on en est, en partie à cause de la complicité d’une bande de semi-instruits qui nous ont beurré nos tartines libérales tous les matins depuis 1986. Leur mettre la fessée rhétorique est un sain exercice républicain, dont la pratique régulière 1° instruit les gens, 2° fait rougir les fâcheux, et 3° est préférable à celle du bâton, tout compte fait.

  • permalien Raymond le larron :
    22 juillet 2012 @22h22   « »

    Affligeant, oui vraiement affligeant. Messieurs les donneurs de leçon incultes, ignares et maladivement dépassées idéologiquement et ... Moralement. Le vieux trostkard d’Edwy ne mérite pas tant d’oppobre et vos élucubrations anti tout, masquent mal le vide de votre pensée. Un vrai trou sans fonds, ni fin heureusement...car vous n’êtes grâce à nous pauvres humains, républicains, sociaux et , diable, libéraux politiquement et économiquement, que quelque zombies, sortis des décombres d’une vulgate idéologique aussi misérable que meurtrière et vous ne pourrez faire de mal à personne. À part vos pauvres parents, sans doute bien affligés d’avoir donné naissance à d’aussi minables écrits, attardés , dans tous les sens du terme.
    Réfléchissez et surtout lisez autre chose que le " diplo" avant d’écrire.
    Le net n’autorise pas autant d’idioties.
    C’est sans doute un effet pervers du libéralisme...

  • permalien zorbeck :
    22 juillet 2012 @22h46   « »

    Mon commentaire posté sur Mediapart :

    Lordon se veut tellement puriste de l’orthodoxie anti-libérale qu’il ne s’apercoit meme pas du coté "chasse aux sorcières" de ses propos, ni de la stérilité manifeste de son entreprise. Confortablement installé dans son role de donneur de lecon du haut de sa chaire de professeur d’économie, il distribue les mauvais points, non pas sur des enjeux actuels, mais sur des prises de position passées dont il édulcore tout le contexte et sans rien apporter de nouveau.

    Qu’il y ait une crise économique grave, c’est évident. Qu’elle ait été prévisible, ca l’est presque autant, le catastrophisme du Monde Diplo n’en etant qu’une de ses variantes parmi bien d’autres. Qu’elle aurait pu etre évitée par un non à Maastricht ou à Lisbonne reste une question ouverte, à laquelle je réponds personnellement par la négative. Mais de là à analyser son origine autrement que par le credo "le libéralisme c’est mal" et à définir des moyens d’action ou des politiques concretes pour la contrer dans le monde réel, c’est une autre paire de manches que Lordon ne se donne évidemment pas la peine de retrousser. C’est tellement plus facile de déterrer des écrits de la concurrence passée que de s’attaquer en direct aux problemes du présent, ca permet de ne pas se mouiller tout en se donnant raison sans prendre de risque. C’est parfaitement stérile.

    Peut-etre est-ce là la caractéristique des économistes, toutes tendances confondues : avoir des propos qui ne menent nulle part...

  • permalien
    22 juillet 2012 @23h16   « »
    Culot

    Je rêve :

    Qu’il y ait une crise économique grave, c’est évident. Qu’elle ait été prévisible, ca l’est presque autant, le catastrophisme du Monde Diplo n’en etant qu’une de ses variantes parmi bien d’autres.

    Et on vient nous demander des comptes à nous.

    Que ceux qui ont mis le feu, l’éteignent !

    Là je cauchemarde :

    Mais de là à analyser son origine autrement que par le credo "le libéralisme c’est mal" et à définir des moyens d’action ou des politiques concretes pour la contrer dans le monde réel, c’est une autre paire de manches que Lordon ne se donne évidemment pas la peine de retrousser

    Le mec qui ose dire ça (c’est vrai qu’ils osent tout, c’est à ça qu’on les reconnaît) a-t-il seulement lu Lordon ?
    et les autres ?

    de l’interdiction pure et simple des paris spéculatifs chère à Jorion
    au rétablissement du Glass-Steagall Act, en passant par la suppression des paradis fiscaux, toujours promise jamais réalisée, la re-criminalisation des délits financiers, les idées ne manquent pas.

    Tout ça hors du Diplo...

    Faut mettre un peu le nez dehors, l’air est plus sain.

  • permalien Cyberpipas :
    23 juillet 2012 @08h57   « »
    Quatrième contre-pouvoir ?

    Acrimed, Arrêt sur images, Le Monde, Mediapart, voici une émission assez représentative des enjeux de pouvoir entre différents organes médiatiques "critiques".

  • permalien HN :
    23 juillet 2012 @10h20   « »

    Vu les réactions outrées des "libéraux politiquement et économiquement" - et sssssssurtout économiquement -, Lordon a tapé juste.
    Je vais m’empresser de lire son dernier papelard...
    Cdlmt

  • permalien BA :
    23 juillet 2012 @11h18   « »

    Lundi 23 juillet 2012 :

    Vers 11 heures 15 :

    Espagne : taux des obligations à 10 ans : 7,517 %. Record historique battu. Le taux n’avait jamais été aussi haut depuis la création de l’euro.

    Espagne : la chute du PIB s’est accentuée au 2e trimestre, à -0,4%.

    L’activité économique de l’Espagne, entrée en récession au premier trimestre, a diminué à un rythme plus intense entre avril et juin que les deux trimestres précédents, selon des estimations de la Banque d’Espagne publiées lundi dans son bulletin mensuel.

    L’activité économique a reculé de 0,4%, par rapport au premier trimestre 2012 qui avait déjà enregistré une baisse du PIB de 0,3%, alors que le gouvernement prévoit une contraction de l’activité de 1,5% sur l’ensemble de l’année.

    http://www.romandie.com/news/n/_ALE...

  • permalien quen_tin :
    23 juillet 2012 @11h40   « »

    On se souviendra, dans 10 ans, que le Lordon de 2012 soutenait le copinage entre les patrons du CAC40, rempart à la grande finance internationale !!!

    Quand on commence à reprocher à quelqu’un les mauvaises idées de ses collègues, tout en affirmant que les siennes, recevables, ne sont qu’un faire-valoir pour "faire diversité", ou, pire, une subtile manœuvre détournée pour maintenir le système en place, il y a quand même un gros problème. On est dans le pur procès d’intention à tendance paranoïaque ("vous n’êtes pas des nôtres, quoi que vous disiez sera retenu contre vous").
    Or c’est en gros ce que nous dit cet article de Frédéric Lordon.

    Et c’est un lecteur du monde diplomatique, sympathisant de la gauche radicale qui parle.

  • permalien samuel :
    23 juillet 2012 @11h54   « »

    @zorbeck

    Avez-vu lu l’ensemble des articles publiés par F. Lordon sur ce blog et notemment les premiers ?

    Manifestemment pas vu le portrait que vous peignez de ce cher Fredo.

    Vous demandez des solutions aux problèmes présents ? Je vous invite à lire les premiers articles de ce blog.

    Bien à vous,
    Samuel

  • permalien BA :
    23 juillet 2012 @15h23   « »

    Lundi 23 juillet 2012 :

    Panique boursière en Europe, l’Espagne et la Grèce au centre des inquiètudes.

    Les Bourses européennes creusent leurs pertes à mi-séance, les finances publiques de la Grèce et de l’Espagne faisant souffler un vent de panique sur la zone euro, malgré l’assurance du ministre espagnol de l’Economie, Luis de Guindos, que Madrid n’envisage pas de faire appel à un plan de sauvetage pour l’Etat, en plus de celui pour ses banques.

    http://www.capital.fr/bourse/analys...

    Vers 15 heures 15 :

    France : la Bourse de Paris chute de 3 %.

    Italie : la Bourse de Milan chute de 4,08 %.

    Espagne : la Bourse de Madrid chute de 2,55 %.

    Grèce : la Bourse d’Athènes chute de 7,13 %.

  • permalien Vincent Orwell :
    23 juillet 2012 @17h02   « »

    @Raymond le trouffion : Je vous remercie de bien vouloir laisser mes parents en dehors de ça.

    @zorbeck : C’est vrai que ce commentaire doit faire joli sur Mediapart. Je suggère de le laisser là-bas, ne serait-ce que pour des raisons esthétiques.

    @Nathan : D’abord, permettez-moi de vous féliciter de la bonne tenue et de la cohérence de votre propos. Vous démontrez que le débat est possible sans s’envoyer des noms d’oiseau à la tête, et de nos jours c’est suffisamment rare pour être signalé. Trouver des adversaires politiques dignes de respect n’est pas si fréquent.

    Sur le refus du débat reproché à FL et les autres déconnomistes ou atterrés, je ne saurais mieux dire que lionel goutelle plus haut : la réponse est dans la vidéo. Pour FL, G. Balbastre, et d’autres situations du même acabit, l’argument est résumé dans "La sociologie est un sport de combat", de Pierre Carles sur Bourdieu : ce que les insiders des medias appellent des discussions contradictoires n’est trop souvent, pour ne pas dire tout le temps, qu’un attrape-couillon où l’opinion minoritaire ne sert que de faire-valoir à l’orthodoxie. Que ces gens se méfient, peut-être un peu excessivement, de ce genre de piège, sachant qu’ils sont très bien placés pour connaître ces fonctionnements, et pour cause, me paraît être une expression basique de leur instinct de survie. Même si on peut regretter par ailleurs la beauté des joutes que cela nous fait rater.

  • permalien Vincent Orwell :
    23 juillet 2012 @17h03   « »

    Sur votre 1, 2 et un peu 3 aussi : Personne n’enjoint à qui que ce soit de démontrer son infaillibilité. Mais avouez quand même que quelqu’un qui se trompe systématiquement pendant quinze ans et essaie ensuite d’escamoter la question en jouant aux ennemis de l’intérieur, c’est un peu hénaurme non ?

    Sur la question du pardon des erreurs et de la nécessaire nuance, je pourrais être d’accord avec vous. C’est le type de principes moraux que j’essaie d’appliquer à mon existence. Mais nous parlons ici d’un débat public, et les enjeux dépassent de beaucoup les questions de destinées personnelles. Comme disait Kraus, déjà cité dans ce thread (ou bien Bouveresse à propos de Kraus, je n’ai pas retrouvé la citation) le temps n’est pas encore venu où on pourrait se passer de forcer le trait : il faut y aller franchement, sinon le message est inaudible ou incompréhensible.

    Et puis, je ne sais pas quel âge vous avez, mais j’en ai atteint un où le spectacle de la promotion systématique, partout où je suis passé, de l’opportunisme le plus vil contre la bonne volonté, de l’individualisme narcissique contre le souci des autres, et tout ce qui s’ensuit, a fini par me passer définitivement l’envie de faire un chèque en blanc à qui que ce soit. Les cuistres sont nombreux et visibles, les gens qui valent la peine d’êtres fréquentés rares et discrets ; je ne boude donc pas mon plaisir quand un des derniers taille un costard à un des premiers. Comme il ne s’agit que de discours, il sera toujours temps de s’excuser si quelqu’un est accusé à tort.

    En cherchant la citation de Kraus, je suis tombé sur celle-ci, qui s’applique merveilleusement à tout l’argument des medias dominants contre la critique de type Acrimed et Plan B : « ... c’est l’engeance qui aurait demandé à Hercule, une fois le travail accompli : dites-moi, je vous prie, qu’avez-vous exactement contre Augias ? »

  • permalien Gilbert Duroux :
    23 juillet 2012 @20h23   « »

    @ Nathan
    "La même attitude m’avait frappé chez le réalisateur du film “Les nouveaux chiens de garde” qui, invité dans l’émission de Frédéric Taddeï, avait préféré joué solo plutôt que d’affronter l’aéropage qui attendait patiemment son tour et au sein duquel trônait l’imposteur arrogant Jacques Attali. L’occasion de lui rentrer dans le chou était tout de même parfaitement propice et indiquée. Laurent Mauduit lui, n’a pas hésité à lui tailler taille un beau costard dans son dernier livre".

    C’est une vraie question ou une tentative de diversion ? Yannick Kergoat, le réalisateur des Nouveaux chiens de garde, a très bien expliqué pourquoi il ne voulait pas débattre avec Attali. Attali est l’un de ceux qui ont le plus d’espace dans TOUS les médias mainstream pour entonner sa ritournelle habituelle. Et il faudrait que celui qui a la possibilité de faire entendre un autre son de cloche, dans un temps réduit, partage son maigre temps de parole avec Attali ? C’est vraiment n’importe quoi comme réflexion.
    Est-ce que Mauduit, qui "taille un costard à Attali" dans son livre a offert un chapitre de son livre à Attali pour qu’il lui réponde ? Non, bien sûr. Donc votre comparaison avec un débat à la télé est débile.

  • permalien boulblou :
    23 juillet 2012 @22h47   « »

    Ah ah ah !
    Merci, merci, merci, et merci encore Frédéric Lordon pour ce claquage de fessier magistral.
    Instructif, poilant et sacrément défoulant pour un [ancien] abonné à Mediapart qui a eu le privilège (apparemment) de comprendre il y a longtemps où il avait malencontreusement mis les pieds. _ ;)
    super !
    :D

  • permalien zorbeck :
    24 juillet 2012 @07h35   « »

    en réponse à Quen_tin du 23 juillet @11h40

    "On se souviendra, dans 10 ans, que le Lordon de 2012 soutenait le copinage entre les patrons du CAC40, rempart à la grande finance internationale !!!"

    La-dessus j’aurais plutôt tendance à être d’accord avec FL meme si le propos devrait etre nuancé.

    D’un coté, je vous accorde que les participations croisées et la multiplication des mêmes dans les conseils d’administration du CAC40 sont le symbole du capitalisme à la française caractérisé par une consanguinité exceptionnellement élevée entre la classe politique, la haute fonction publique et les enarques de la finance. C’est indéniable.

    Mais d’un autre je ne vois pas ce que le pays aurait à gagner à voir les CAs gangrenés par des hedge funds anglo-saxons dont la rentabilité sur le court terme est le seul critère qui importe, agrémentée par des choix stratégiques qui sont systématiquement ceux de l’empire américain. Pour ne pas rester dans l’abstraction facile, voici un exemple tout proche qui exprime parfaitement ce que je veux dire. La fusion GM/Peugeot est passée comme une lettre à la poste et c’est bien dommage. Quand on y regarde d’un peu plus prêt on peut en mesurer les conséquences. Savez-vous quel est le pays où roulent le plus de Peugeot en dehors de la France ? Et bien c’est l’Iran. Et quelle décision vient d’être prise par Peugeot ? La suspension de toute livraison à l’Iran, et pas pour des raisons budgétaires. Je ne prétendrai pas que cette seule suspension a pour conséquence les milliers d’emplois perdus, mais la question de la rentabilité de la décision peut quand même se poser...

    C’est d’ailleurs là à mon avis une des faiblesses structurales de l’Europe qui permet le laissez-faire le plus total en ce qui concerne les participations non-européennes. Aux US, le Patriot Act et assimilés permettent au gouvernement américain de bloquer toute participation majoritaire étrangère, et ils ne se privent pas de le faire quand le nationalisme des actionnaires US n’a pas été suffisant (ca a été le cas quand des Chinois ont voulu racheter une entreprise d’équipements petroliers aux US ou quand des capitaux arabes ont voulu acheter une infrastructure portuaire US). Au niveau de l’Europe, on peut chercher mais on ne trouvera pas de protection équivalente et c’est un manque évident. Il est clair pour moi que la regle d’unanimité en matière fiscale et financière, promue par les intérets de la City avec acquiescement francais - pas d’ingérence européenne dans nos comptes si bien tenus - en est la cause première.

  • permalien pmjtoca :
    24 juillet 2012 @11h19   « »

    Le texte est chargé d’informations et de références... une histoire.
    Le texte a un style... quelle histoire. Le sujet est au coeur de nos "démocraties d’audiences"... cette histoire. L’auteur est l’un des rares honnête homme de ce siècle, il ressemble à ceux du XVIIème...

    Et je trouve, la mise en page de ce blog très belle, sobre, efficace et élégante.

    Merci, à Mr. Lordon, au LMD et à ses web-designers/programmeurs. L’ensemble fait ce qu’il y a de mieux aujourd’hui sur ce net, si je peux me permettre de porter ce jugement.

  • permalien To-tom :
    25 juillet 2012 @09h08   « »

    Merci Mr. Lordon !

    Lorque l’on voit un article de ce genre :

    http://www.lemonde.fr/idees/article...

    sur le site du monde, on comprend mieux...Même si il y a un peu de temps de décalage, je l’accorde. Je ne comprend pas trop les plaintes de Laurent Mauduit, on dirait vraiment un petit enfant de 5 ans qui pleurent dans son lit ! C’est triste.

    Mais encore une fois, on se retrouve devant ce qui caractérise à peu près toute cette classe dominante (politiciens, médias, société du CAC40, finançiers, justice, etc), à savoir l’hypocrisie générale et généralisée dans un système ou tu peux mentir, oublier, bafouer, sans jamais te remettre en question. La Raison est loin d’être une valeur à leurs yeux, à part celle qui protègent leurs intérêts, leurs images et leurs fantasmes !

    Lisez les commentaires sur le site de Mediapart, certains sont quasi-dégoutants, dignes des méthodes de déstabilisation sarkosienne sur chaque discours alternatif !

  • permalien Nicks :
    26 juillet 2012 @17h19   « »

    Au delà de la jubilation que provoque toujours vos articles, j’apprécie cette mise en avant, par la critique circonstanciée de certaines positions, de l’éthique de la conviction, qui gêne tellement les opportunistes et profiteurs en tout genre.

  • permalien jcpres :
    26 juillet 2012 @21h05   « »

    Il est heureux de constater que la consécration du journalisme théorise sur la désinformation des médias officialisés par le lectorat. Je me risquerai à citer Raymond Aron qui rappelait que "c’est le lecteur qui fait un journal." Présents à Lodève pour "les Voix de la Méditerranée", nous avons remarqué la gêne que notre petite structure (http://presselibre.fr/) provoquait chez les représentants de Médiapart, débarqué ici pour la deuxième année, tandis que nous y sommes depuis trois. Nous ne sommes pourtant pas des journalistes professionnels, bien que certains d’entre nous possèdent leur carte de presse ; mais, se mêler des affaires qui connotent des rentabilités médiatiques, nous valut un regard torve et quinteux ; toutes les portes ne s’ouvrent pas pour tout le monde, même si la clef est disponible... Cela nous le constatâmes à Visa pour l’Image, il y a deux ans. Toutes ces observations (eût dit Bourdieu ou plutôt Durkheim) ajoutent de l’énergie à notre volonté de continuer à exister et de nous faire une place à la mesure de notre capacité à traiter l’information... critique (voir Protagoras) ! Il est donc heureux, disais-je, de vérifier que l’assiduité de la lecture du Monde Diplomatique à laquelle nous nous adonnons depuis vingt-huit ans ! ait porté des fruits que nous cueillons pour un festin entre dissidents du journalisme. A titre indicatif, s’il fallait dispenser un satisfecit à une majorité de journalistes encartés qui s’affublent de ce titre, l’information rejoindrait les lignes du polar ou du roman à sensation... Jean Canal de http://presselibre.fr/

  • permalien sama :
    27 juillet 2012 @09h13   « »

    @ musée de l’europe :

    Le petit patron de livre de gauche est surtout bon à ça : défendre son petit commerce. Il faut dire que la gestion des ressources humaines de son entreprise (et la répartition des bénéfices) n’a rien a envier à ceux qu’ils critiquent et qu’il vaut mieux qu’il évite d’en parler sérieusement devant des militants... Son petit livre nul sur l’édition indépendante ne lui sert qu’à ça, tenter de prendre une posture avantageuse au sein du champ éditorial. Il n’y a qu’à voir les critiques laudatives de ses obligés pour comprendre que ça ne tourne pas vraiment très rond sous le capot de la belle voiture rouge. Mais je n’oublie pas que ses amis "journalistes" de l’époque sont aujourd’hui devenus patrons eux aussi (je pense à Charb et à Serge Halimi). Ne pas publier un livre au seul motif de sa rentabilité, un auteur sur le seul critère de sa notoriété, ne pas traiter un sujet en vertu de sa seule actualité... et bien ?

  • permalien keskizpass :
    27 juillet 2012 @12h46   « »

    Article monumental d’archivage ms surtout, drôle à mourir

    Le Pigasse goudron plumes, franchement, j’en pouvais plus, les extraits de Demorand... ptdr c ça qu’on dit ? !!

  • permalien Glaartal :
    28 juillet 2012 @13h11   « »

    Juste puisqu’il y a eu, notamment au long des premiers commentaires, une discussion très rafraichissante quant au procès en légitimité du présent article lordonnien et lordonnesque, je me permets une petite incursion (éventuellement pour l’incurver).

    D’un certain point de vue Frédéric Lordon a parfaitement raison de s’attaquer en s’attablant au cas Mauduit, si peu isolé. Non que rien ne soit possible tant que la place publique à large spectre sera jonchée de pareilles personnages, mais, sauf à croire en un sujet initialement substantiel, ce dernier est avant tout "produit", entre autres (dé)formé par ce qu’il capte du champ journalistico-intellectuel.

    La défense de la position consistant à défendre tous les ralliés, de quelque manière qu’ils s’y soient pris, dont ceux ayant mangé à tous les râteliers sans être passés par la case lucidité/amende honorable, se tient parfaitement, puisqu’après tout on peine déjà à compter les "hétérodoxes" de ce côté et que compte primordialement l’optique d’une certaine victoire. Ce prisme est cependant avant tout politique, relève de l’apanage de ceux souhaitant s’y engouffrer. Il faut sans doute soutenir la multidimensionnalité, et la tâche de F. Lordon, qui devrait faire tâches d’huile, consiste aussi et à juste titre en ceci que tout n’est pas égal ni permis, intellectuellement pareillement. En substance, le papier de l’auteur fait sens et, s’il ne découle peut-être d’aucune obligation de salubrité publique, trouve résolument sa place dans l’œuvre très largement autre par ailleurs, fait sens parce que le camp de base de F. Lordon n’est pas politique au sens de la politique et même partiellement du politique. [...]

  • permalien Glaartal :
    28 juillet 2012 @13h12   « »

    [...] Certainement le rôle de l’homme politique et du militant est d’œuvrer au rassemblement de toutes les forces qui creusent le sillon dans le même sens, gravitent (point trop loin) autour d’un même noyau dur. L’objectif, pour avoir la moindre chance un jour l’autre d’emporter (temporairement) le morceau, est que le lien, et non les tirs croisés dans les pattes, soit proéminent, au plus haut point visible et évident pour le plus grand nombre, quand l’exigence et l’honnêteté de la pensée presque imposent que des frictions désormais internes continuent leur bonhomme de chemin, non dans des cénacles à huis clos, car sur la place publique – tel ce blog… sauf que tous les protagonistes savent que les plateformes utilisés sont et doivent être de rayonnement amolli. Ainsi le regroupement des bonnes volontés s’opère sur fond d’ouverture en son sein même.

    De ce promontoire on peut soutenir que F. Lordon n’avait pas catégoriquement à s’atteler à la présente rédaction, mais était profondément légitime et légitimé à s’y employer. Peut-être d’autres raisons y ont présidé (comptes à régler, intérêt à l’endroit d’autres règlements que les comptes économiques, « plus-de-jouir », etc.) qui n’importent pas. Sûrement il faut naviguer entre béance (champ universitairo-intellectuel/champ politique), dissymétrie (ce qui est perceptible/ce qui l’est moins) et complexité (…).

    Bien à vous

  • permalien mina :
    29 juillet 2012 @22h39   « »

    Echanges passionnants, mais restant malgré tout essentiellement cantonnés sur le passé.
    Je regrette de constater que les "informations" délivrées par l’ensemble de la presse française sur la situation économique actuelle restent dramatiquement absconses et confuses, utilisant de sigles mystérieux, des titres sensationnels, alors que nous avons grand besoin de décrypter les enjeux, pour imaginer des issues. A se demander si les journalistes comprennent ce qu’ils écrivent...
    C’est consternant.

  • permalien Mimi :
    30 juillet 2012 @11h12   « »

    La France va de nouveau prendre en main la direction du gouvernement europeen au mois d’aout : qu’attendre de cette presidence et de ses attributions : C’est FAFA qui va s’y coller ! Pour faire bouger cette Syrie faut naviguer entre toutes les eaux, ne pas s’encombrer avec des compromis foireux - tirer dans le tas qu’on puisse quand meme mettre ce pays a la soumission et qu’on puisse faire nos petites affaires ! Mais surtout comprenez bien que nous n’avons rien a y gagner ! c’est les autres, M’sieur, c’est les autres ! Vous etes prets pour vous partager la reconstruction dossiers ficeles _ : qui l’eau, qui le Gaz, qui le Petrole, qui les mineraux precieux , qui le BTP, qui les reseaux routiers, la telephonie, le cable, l’eolien, qui les hangards sordides pour y coller les ouvriers de la telephonie, des RDV de nos professionnels de la medecine ... Etc sans compter la culture, les medias, les voitures complement fumees, il faut que les femmes puissent travailler !
    Heureusement, nous n’en sommes pas encore la ! Je dis ca, mais les plus au courant sont deja dans les starters, on depense vite son fric, dans des travaux, parce que tout va bientot etre englouti par le tiroir caisse us - plus de monnaies ... E hop les assurances, les placements, et puis le mois d’Aout c’est tellement calme

  • permalien Anne-Marie :
    30 juillet 2012 @16h05   « »

    Votre analyse de la capacité des hommes de média à brouiller sans cesse leur discours, à parler de droite, en se disant de gauche, donc à se vouloir humaniste, en défendant le néo-libéralisme, à se dire soucieux du bien-être humain, tout en défendant et bénéficiant des retombées du pouvoir économique et symbolique ultra-libéral, se retrouve chez les cadres dirigeants des grands groupes français, particulièrement ceux qui ont été ou sont en cours de privatisation - un processus qui dure très longtemps pour arriver au terme ultime visé -.

    La connivence de ces grands cadres/patrons avec les médias et le pouvoir politique permet de manipuler l’image externe de l’entreprise et d’en faire un lieu de réussite incontestable car basée sur des choix "nécessaires" (y compris sous-entendu "socialement") et par leur communication interne "brouillée" de pratiquer des techniques de manipulation psychologique pour maintenir dans la tête des travailleurs concernés l’idée d’une toute-puissance non contestable de leurs dirigeants. Manipulation indispensable car la réalité vécue par eux est à l’opposé. Je le sais, j’en suis :-)
    Merci de votre pensée décapante, nous en avons besoin.

  • permalien jc :
    2 août 2012 @08h37   « »

    Enorme !
    Merci

  • permalien Delphin :
    2 août 2012 @09h21   « »

    Continuité historique :

    "quelle a été la ligne du Monde de 1996 (date d’arrivée d’Edwy Plenel à la direction de la rédaction) à fin 2004, et, spécialement, quelle a été sa ligne économique sous la gouverne de Laurent Mauduit, chef du service Economie, pardon Entreprises, de 2001 à 2003, puis directeur adjoint de la rédaction à partir de 2003, enfin éditorialiste à partir de 2006 ? Quelles positions Le Monde et ses chefs ont-ils affichées et défendues, pour quoi se sont-ils battus ?"

    Des années 70 - essort industriel du nucléaire français - jusqu’à la réalité Fukushima, le "Monde" fut l’incorrigible zélateur de cette forme d’énergie.

    Le retournement s’opère sous nos yeux...

    Amicalement,

    Delphin

  • permalien Sophie :
    2 août 2012 @10h58   « »

    M.Lordon, quel talent !

  • permalien jc :
    3 août 2012 @13h32   « »

    Et Alain Minc a malheureusement raison..

    C’est du lourd quand même !

    J’espère que Laurent M vous rémunère grâcement pour cette psychanalyse poussée... et accessoirement pour la fessée s’il est masochiste

    Promis, moi j’vous aime bien et j’dis que du bien sur vous...

    Arvie !

  • permalien Jack Phonekeng :
    4 août 2012 @12h05   « »

    Bravo Mr Lordon,

    ceux qui ont cesse de lire le Monde quand Minc y est entre, trouveront merite a votre profonde analyse des mecanismes de domination de l’ultra liberalisme.
    Une demonstration extensive des complaisnaces qu’a evoque Bernard Maris a plusieurs reprises.
    Merci !

  • permalien Martine :
    6 août 2012 @10h49   « »

    Merci !
    Comme après chaque conflit, une part de nos résistants honorés avaient été nos meilleurs collabos.

  • permalien JiCé :
    7 août 2012 @13h18   « »

    Vous faites beaucoup d’honneur mon cher Frédéric à Messieurs Plenel et Mauduit en leur consacrant autant de pages. On sait depuis longtemps que ce sont des opportunistes et des girouettes. Vous perdez votre temps, parlez nous plutôt de la crise et dites nous où va la monde. Plenel et Mauduit on s’en fout. Aucun de vos lecteurs n’est dupe et ne tombe dans leur panneau.
    Amitiés

  • permalien louis :
    10 août 2012 @23h29   « »

    Quand on pense que le journal "Le Monde" a passé pendant longtemps
    pour le journal de l’honnête homme, censé représenter un ensemble de concepts culturels objectifs , indiscutables et vérifiables ,on frémit du constat qui des les années (1990 - ...) plaçait ce journal sur le terrain d’une complaisance économique vis à vis de l’économie anglosaxone de Tatcher et Reagan, ce que je n’hésite de qualifier d’ insupportable à propos d’ un débat intellectuel qui aurait pu exister et n’a pas eu lieu, une complaisance absolument surprenante pour la mondialisation, les sacrifices qu’on devait y consentir , la nécessaire réforme du marché du travail , la casse du droit du travail, l’impossible retour en arrière, l’évolution de la chine vers une nouvelle ère moderne ;
    bref un véritable discours de gens dopé au fric qu’on gagne facilement quelque soit les obstacles qui se présentent pour y arriver.
    pourtant dans un pays ou les intellectuels ne manquent pas, et ou un nombre importants d’étudiants sortent des grandes écoles on aurait pu s’attendre à ce que ce journal ouvre des débats et donne la parole dans le cadre d’une confrontation d’opinions sur ces sujets or on ne peut pas dire que sur la mondialisation, le rôle de l’actionnaire ou l’asservissement aux marchés financiers ce fut le cas ni que ces sujets sont pour autant des débats mineurs mais jamais rien de sérieux ; de temps en temps quelques contre-feux en pages ad hoc destinés à faire croire à une pluralité de façade .
    Colombani autre collaborateur de ce journal, n’avait il pas lui non plus des lunettes singulièrement fausses au moment du passage à l’ euro car à la différence du consommateur parisien moyen ce dernier avançait que la prétendue hausse des prix mise en évidence par de nombreux observateurs relevait plus d’une impression que de la réalité.
    autre collaborateur occasionnel du journal, on y a vu Fitoussi défendre la mondialisation par l’excuse de la misère, car dit il , çà permet au quart monde de sortir de la misère , par contre si c’est au prix du sacrifices de nos classes moyennes issues des trente glorieuses çà ne lui cause pas trop de problème de conscience pour quelqu’un qui vit de son métier en France , avec un contrat de travail stable et à vie et pas en Chine ou en Inde.
    je partage donc le diagnostic de Lordon , quoique étant toujours abonné au journal Le monde quoique depuis j’ai rajouté le Monde diplomatique.

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