Le Monde diplomatique
Accueil du site > Défense en ligne > Soldats indésirables à Marseille

Soldats indésirables à Marseille

vendredi 7 septembre 2012, par Philippe Leymarie

Des militaires dans les quartiers, en France ! L’appel au secours de Samia Ghali, la sénatrice (PS) des Bouches du Rhône, le jour même du dix-neuvième règlement de comptes à la kalachnikov dans un des quartiers nord de Marseille, avait provoqué – à juste titre – des cris d’orfraie dans la classe politique… et rencontré beaucoup de discrétion dans les rangs de la défense. Mais aussi incité le gouvernement à se préoccuper du rétablissement d’une sécurité minimum dans la deuxième ville de France, avec pour la première fois un conseil interministériel (dix ministres) sur une ville et l’annonce (classique) de renforts en policiers, gendarmes, magistrats, éducateurs, etc. Faute de pouvoir traiter le mal à la racine : la pauvreté, le chômage, qui ont fait du trafic de drogue une économie de survie pour certains quartiers de la ville.

« L’armée n’a pas sa place pour contrôler les quartiers de notre république », avait déclaré le président François Hollande, pourtant en déplacement en Espagne, le jour même de l’appel de Samia Ghali. « Il n’y pas d’ennemi intérieur à Marseille (…) L’armée n’a pas sa place dans les quartiers », avait affirmé pour sa part Manuel Valls, le ministre de l’intérieur. Tandis que son collègue de la défense, Jean-Yves Le Drian, confirmait que « le concours de l’armée n’est en aucun cas envisagé dans le maintien de l’ordre public à Marseille ».

Cette prompte mise au point relevait d’un « républicanisme » fortement ancré à gauche (même s’il fait également partie de l’arsenal idéologique d’une grande partie de la droite), et qui consiste à distinguer l’activité policière, en liaison avec la justice, pour ce qui relève de l’ordre et la sécurité intérieure, et le rôle des armées, chargées de la sauvegarde des frontières maritimes et aériennes, ainsi que de l’action extérieure (les « opex », comme disent les militaires). Et les vaches seront bien gardées !

Militarisés de fait

Mais ces propos effarouchés, essentiellement politiques, ne peuvent faire oublier que le traditionnel partage des rôles n’est plus aussi évident qu’il a pu l’être :

- depuis plus de quinze ans, au titre du plan antiterroriste Vigipirate, des soldats patrouillent dans les gares, aéroports ou lieux fréquentés par le public, même si leur efficacité est souvent mise en cause ;
- les gendarmes, militaires par leur statut, leur culture, leur formation, et leur disponibilité, sont déjà présents dans certains quartiers urbains : la vieille clé de répartition territoriale – la police dans les villes, la gendarmerie dans les campagnes – ayant été sérieusement écornée ces dernières décennies ;
- les compagnies républicaines de sécurité (CRS), unités du ministère de l’intérieur de statut civil, sont militarisées de fait (grades, discipline, armement, etc.) ;
- les gendarmes mobiles – dont l’équipement est souvent plus impressionnant que celui des soldats – peuvent être appelés en intervention dans les quartiers, comme ils l’ont été bien sûr lors des émeutes en Seine-Saint-Denis en 2005.

On remarquera au passage que ce n’est pas le problème du moment à Marseille, où la « paix sociale » n’est pas en cause, au contraire de certaines cités ou quartiers ailleurs en France. Pour certaines mauvaises langues, cette relative « paix » – hors des dangereux règlements de comptes entre dealers, au milieu de la population – tient aussi au fait que la police évite de trop mettre son nez dans les quartiers « difficiles »…

On ajoutera que la tendance à la « militarisation » de la police (qui s’opère en mixage avec la gendarmerie, puisque les deux corps relèvent depuis 2010 du même ministère de l’intérieur) correspond aussi à une escalade dans la puissance de son armement, pour faire face à l’utilisation croissante d’armes dites « de guerre » dans le milieu criminel. C’est ce qui avait principalement motivé l’appel de Samia Ghali : « Aujourd’hui, face aux engins de guerre utilisés par les réseaux, il n’y a que l’armée qui puisse intervenir », avait-elle lâché.

Usage legitime

Si, pour le gouvernement, l’armée n’a pas le droit de cité à Marseille, il en est de même apparemment pour beaucoup de militaires. On relèvera l’argumentation de l’ancien commandant de la Force d’action terrestre, le général Jean-Claude Thomann, [1], pour qui l’envoi de l’armée dans les quartiers, pour y restaurer l’ordre, rencontrerait de nombreux obstacles.

- Il est certain qu’avec l’expérience accumulée au cours des dernières décennies, du Liban à l’Afghanistan, en passant par Sarajevo ou Abidjan, nos forces ont acquis une remarquable expérience du contrôle de zone urbaine ( le « contrôle de foules »).
- Mais ce savoir-faire a toujours été pratiqué dans des circonstances de faillite générale de l’Etat de droit (nous n’en sommes heureusement pas encore à ce stade).
- Même dans les situations exceptionnelles qui prévalent dans nos opérations extérieures, nous avons, chaque fois que cela était possible, associé des détachements de la gendarmerie, qui est la force de sécurité militaire, à l’action des forces terrestres confrontées à des émeutes (comme à Mitrovica, au Kosovo).
- Face aux assauts de foules manipulées, nous avons développé un concept d’intervention mixte armée-gendarmerie qui respecte le rôle et le mandat respectif des deux composantes : ainsi la gendarmerie est en première ligne aussi longtemps qu’elle n’est pas confrontée à des violences qui relèvent d’actes de guerre, impliquant tirs et assauts caractérisés.
- Le fait que les soldats ne possèdent pas la qualification d’officier de police judiciaire (OPJ) est le premier obstacle, légal, à l’emploi de forces terrestres dans des tâches de police ou gendarmerie : le maintien de l’ordre face à des civils nécessite la présence de personnels qualifiés judiciairement pour faire un « usage légitime » de la force, en répression de crimes et délits.
- Le lien armée-nation est de plus en plus ténu avec l’absence de conscription, la disparition du militaire de l’environnement familier, la méconnaissance généralisée de l’institution militaire, les interrogations sur la nécessité d’un outil d’action extérieure, l’absence de menace militaire à nos frontières.
- L’image de nos armées est bonne parce qu’elles ne dérangent guère ; mais les déployer dans nos cités changerait totalement cette donne. Or, quel qu’en soit le bien-fondé, un contrôle de zone efficace par les forces armées est une affaire des plus pesantes pour tous ceux qui le subissent, innocents comme coupables.
- N’oublions pas à ce propos les leçons de notre histoire : que ce soit pour mater les vignerons du Languedoc en 1907 ou les mineurs en 1947, l’usage de forces des armées sur le territoire national pour le maintien de l’ordre a toujours généré des vagues durables d’antimilitarisme.

Ultime recours

Bref, conclut le général (en retraite), les militaires doivent rester « l’ultime recours, comme le prévoient d’ailleurs la Constitution et “l’état d’urgence”, quand tous les autres moyens ne permettent plus à l’État d’assumer ses responsabilités ».

En attendant, l’armée s’entraîne… au combat urbain. Ainsi , du 17 au 19 septembre 2012, nous apprend aujourd’hui le ministère de la défense, le 1er régiment de spahis se déploiera dans toute la ville de Valence (Drôme) pour un exercice opérationnel de grande envergure : pas moins de 800 hommes et de 120 véhicules de tous types viendront manœuvrer en pleine ville.

Le scénario répond à un objectif de préparation opérationnelle en vue des différentes projections du régiment en opérations extérieures et permettra également de renforcer l’entraînement et le savoir-faire du régiment en zone urbaine et de l’entraîner au procédé d’évacuation des ressortissants. Enfin, un exercice de « neutralisation des belligérants » permettra aussi l’entraînement des réservistes de la brigade. « Cet entraînement, en temps réel, se fera grâce au soutien et à la coopération de la ville de Valence », explique le communiqué des militaires.

Notes

[1] « L’armée et l’ordre dans les cités », tribune dans Le Figaro, 3 septembre 2012.

12 commentaires sur « Soldats indésirables à Marseille »

  • permalien Un partageux :
    7 septembre 2012 @22h05   »
    Pauvreté indésirable à Marseille

    Voici un article intéressant sur le thème du maintien de l’ordre.

    Qui se maintiendrait tout seul ou presque — qui ne souhaite vivre en paix avec son voisinage ? — si l’on traitait "le mal à la racine : la pauvreté, le chômage". C’est là que le bât blesse, comme le dit le chapeau, mais c’est là que la volonté politique est violemment absente. Gageons que si tout un chacun pouvait trouver un emploi assorti d’un revenu à peu près décent, les guignols à kalash se sentiraient bien isolés...

    http://partageux.blogspot.com

  • permalien snorri :
    8 septembre 2012 @10h12   « »

    A Marseille, ce n’est pas une question d’ordre public. S’il faut donner des moyens à quelqu’un, c’est principalement à la brigade des stup’, mais pas aux CRS ou aux gendarmes mobiles.

    Les militaires (hors gendarmerie), il me semble, ne peuvent pas être armés. Autant dire qu’il tire à blanc. Voyez la mort des militaire de l’infanterie de marine en Guyane, il y a quelques semaines. Il n’étaient pas armés, car il n’en avait pas le droit. L’armée (hors gendarmerie) est armée à l’extérieur de nos frontières. Déjà sur ce point, la question des militaires à Marseille doit doucement faire (tristement) rigoler (je doute qu’un jeune homme s’engageant dans la légion, l’infanterie de marine ou les commandos de marine, s’engage pour faire la police des les cités de Marseille ou de banlieue parisienne ... mais ce n’est pas la question ; ces mêmes unités sont actuellement très sollicitées sur les différentes opérations extérieures (nouveau nom pour les bonnes vieilles "guerres") ... Afghanistan, Kosovo, Afrique, côtes somaliennes ... la guerre de Libye a mis en lumière les limites des capacités d’intervention de l’armée française, déjà à l’extérieur des frontières .. et que dire alors que la Syrie annonce peut être comme une nouvelle intervention, dans l’avenir).

    Lutter contre les trafics de stupéfiants n’est pas une question de force but(al)e, mais de moyens techniques, humains, juridiques, d’indics, d’écoutes, d’infiltration, de surveillance, etc. Certes, souvent de la "basse" police. C’est ce qui a été fait dans les années 70 pour lutter contre les familles du trafic d’héroïne. Avec un succès certain.

    Enfin, quand l’armée (hors gendarmerie) commence à intervenir comme force de police, cela n’annonce rien de bon en terme de liberté publiques et de contrôle civil et parlementaire.

    (suite à venir)

  • permalien snorri :
    8 septembre 2012 @10h13   « »

    (suite et fin)

    La question du trafic de drogue est une question qui se pose à toute la société. Quel mal de vivre, quel malaise, pourquoi notre société devient-elle aussi insupportable pour que des gens ordinaires, des "common (wo)men" (pour reprendre d’expression de George Orwell) en viennent à prendre marijuana, cocaïne ou plus pour supporter leur vie ? A-t-on déjà dépasser l’aspect strictement "festif" des drogues ? L’impératif de la performance, au travail, en famille, dans le couple, entre amis, etc ? l’intolérance de l’échec, au travail, etc ? l’obligation de donner un contenu festif et joyeux à des pans entiers de la vie sociale, peut être pour dissimuler des conditions de vies sociales, économiques, morales de plus en plus insupportables ?
    Cette question dépasse largement la simple pauvreté dans les cités marseillaises, car les dealers trouvent des clients. Qui sont ces clients ? Nous toutes et tous ! Bien au-delà des "happy few", des "VIP" à la Delarue (paix à son âme), ce sont nous qui avons considérer que fumer un joint était "cool" en soirée pour "planer" ou "brancher une fille", que la ligne de coke idéal pour "s’éclater en boîte" et avoir du courage pour draguer et ne pas "rentrer seul de soirée". Ce sont nous, pour supporter les cadences d’un petit chef, pour rester tard au boulot, etc. Ce sont nous pour nous trouver un "paradis artificiel", bien loin de vie réelle dérisoire et morbide. Là est le plus important. Tout les policiers du monde et les meilleurs limiers des stup’ du monde ne répondront jamais à la question "Pourquoi la société moderne a-t-elle un besoin vitale des drogues (j’inclus le tabac, l’alcool, la marijuana, la cocaïne, etc) ?"

    Bref ...

    L’armée à Marseille serait plus une comédie, car elle n’a pas la possibilité d’intervenir sérieusement.
    Que cette même armée est très sollicitée sous d’autres latitudes et à l’extérieur des frontières.
    Qu’une lutte efficace contre le trafic de drogue passe surtout par des moyens donnés à la police en général et à la brigade des stup’ en particulier.
    Enfin, un problème moral (j’assume pleinement ce terme) et collectif ... pourquoi nous droguons nous ?

    Salutations.

  • permalien Abiram :
    8 septembre 2012 @10h51   « »

    Je trouve intéressant de comparer ces propos avec ceux de Georges Moreas sur son blog à http://moreas.blog.lemonde.fr/2012/...

    Notamment, à propos des armes de guerre : « si l’on s’en tient au département des Bouches-du-Rhône, sur 265 armes d’épaule saisies en 2011, il n’y avait que 22 Kalachnikov (8 en 2010). Sur un total de 534 armes récupérées durant l’année (près de 4000 au plan national). Pour la petite histoire, on estime à environ cent millions le nombre de kalaches qui circulent sur la planète. Comme quoi, il faut se méfier des pourcentages [note : passer de 8 à 22 est présenté comme une augmentation de 113%] - et surtout de l’effet loupe des médias. »

    Quant à la différence essentielle qui demeurera toujours entre armée et police (même avec une organisation hiérarchique de type militaire — mais on la retrouve aussi dans les grands restaurants par exemple), elle tient dans des missions fondamentalement différentes. Ce n’est pas un hasard si on parle pour les dernières de « forces de l’ordre » car leur mission est d’assurer sécurité et tranquillité pour leurs concitoyens.

    Les militaires quant à eux ne font pas face à des concitoyens mais à un ennemi (et la remarque de Valls était sur ce point très judicieuse) dont ils n’ont pas à assurer la sécurité mais la défaite. De plus, les militaires n’ont pas la même attitude « philosophe » face à la riposte. Pour eux, c’est tuer pour ne pas être tué. C’est pourquoi, il n’est jamais bon de leur désigner leurs concitoyens comme cible.

  • permalien Johan :
    9 septembre 2012 @09h59   « »

    J’ai vécu dans ces fameux "quartiers Nord". Cette histoire d’armée ça fait pas juste écho aux règlements de compte. Ça traduit l’exaspération face à la violence qui existe dans cette ville depuis des dizaines d’années.

    Et je suis sûr que la proposition de cette élue a eu son petit effet là-bas. Même si chacun imagine qu’il s’agit plus de créer un électrochoc. Et pas que chez des frontistes ou des UMP. Les quartiers dont elle vient c’est des quartiers très à gauche, pauvres, avec une majorité de gens d’origine immigrée.

    Et ce sont eux qui demandent plus d’autorité, de sécurité, d’ordre. Des mots qui rendent mal à l’aise certains militants de gauche. Car ils ont peur pour eux, leurs proches et leurs biens. Et constatent que la police est souvent absente ou débordée. Et que les institutions n’arrivent pas à prévenir le comportement d’une minorité de jeunes très violente. Qui ne peut être "expliquée" et justifiée uniquement par le contexte économique difficile.

    Alors voilà l’absence d’émeute, le mélange interculturel, le soleil, la soit disant décontraction, ça leur fait une belle jambe quand ils se font insultés, frappés, rackettés, volés dans le métro ou au pied de leur propre immeuble. Et que la police semble désespérément absente. Quand il y a Vigipirate les gens sont contents, car ils savent que ça signifie que des tas d’espaces leur sont "rendus" à nouveau. Qu’ils peuvent s’y balader quand ils veulent, comme ils veulent.

  • permalien jcpres :
    9 septembre 2012 @17h11   « »

    Le banditisme a toujours sévi à Marseille ; ville dont les annales relatent des faits de haute criminalité depuis le début du siècle dernier, plus particulièrement. Comment endiguer un phénomène qui appartient aux schèmes méridionaux développés autour d’un port ? Autrefois plaque tournante de la drogue, l’achalandage des marchandises illicites étaient monnaie courante. C’est méconnaître et mésestimer le grand banditisme que de vouloir éradiquer ce fléau qui s’est accentué avec l’effondrement des barrières de l’Europe ! La complexité de cette ville repose dans ses infrastructures tentaculaires qui s’épandent du Nord au Sud en traversant les quartiers chaux du centre ; sans oublier les banlieues arts comme celles situées aux alentours d’Aix en Provence. La vente des armes y est permanente et facilitée par les réseaux européens. La drogue atteint des taux de consommation avec des produits banalisant le cannabis, réduit au simple terme de palliatif. la police constituée quantitativement de personnel insuffisant ne peut mathématiquement agir promptement avec efficacité. Les indicateurs de police et les liens tissés avec la population ne suffisent pas à appréhender les opérations d’élimination et raquette qui sont pratiquées en permanence. Comment remédier à un phénomène qui s’est définitivement institué dans ce paysage politico social de cette population avertie ! L’intervention des politiques est banales et s’inscrit dans leur rôle consistant à manifester l’autorité de l’état, le cas échéant. Il ne s’agit point de causes liées au chômage ou bien encore à une crise qui ne touche pas le Milieu ; bien que le Milieu au sens où Francis Le Belge et Consorts l’entendaient, n’existe plus. L’anarchie est désormais totale dans le crime exécuté. Le but pour ces nouveaux maîtres du banditisme de la citée phocéenne est la prise du pouvoir sur le marché des drogues ! Et tout contrevenant à leur plan en paie l’addition ! L’intervention des militaires ridiculiserait et l’armée et la police contrairement à d’éventuels résultats escomptés. On comprend que le Politique veuille intervenir sur une situation qui repose plus sur le manque d’effectif général de Flics, préposés à cette tâche ; plutôt que de vulgaires interventions sur des citoyens qui saturent au niveau des contrôles en tout genre... La politique du chiffre à exacerbé le citoyen et appauvrie les ressources judiciaires qui ne peuvent mener à terme des enquêtes infructueuses ! J. C. Ancien prisonnier de droit commun, incarcéré aux Baumettes en 1987...

  • permalien Shanaa :
    9 septembre 2012 @18h30   « »

    Déjà à l’époque, madame de Sévigné, dans ses lettres, lui trouvait "un air un peu canaille" !
    En Europe, les médias, les politiques essentialisent pour stigmatiser une certaine population !

  • permalien Somchai :
    11 septembre 2012 @14h42   « »

    1ère partie :

    La guerre contre la drogue est un échec.
    La prohibition est un échec.
    Tous les pays qui ont des politiques durs vis-à-vis des drogues sont dans l’échec.
    États-Unis, Brésil, Iran, France, 4 pays forts sur 4 continents différents qui à eux 4 représentent à peu près l’ensemble de l’arsenal coercitif envers trafiquants et consommateurs.
    Résultat les U.S.A sont les plus grands consommateurs de drogues illicites aux mondes et ont "co-créé" un monstre qui est en train de devenir un narco-état, le Mexique.
    Il existe dans toutes les grandes villes américaines des ghettos comparables aux quartiers nord marseillais, des zones de non-droit.
    Et concrètement un consommateur qui veut acheter son produit peut se le procurer aussi facilement que s’il était en vente libre, et ce malgré la CIA, la DEA, le FBI et autres super organisme et ce malgré les centaines de milliards mis dans la lutte antidrogue et cela malgré le fait que des états ont la peine de mort ou pratique la réinsertion de manière quasi paramilitaire, bref il faut être aveugle et sourd pour nier que cette politique coercitive et un échec flagrant.
    Regardons donc l’Iran pays aux lois et à la justice extrême, pays où l’interprétation de la religion musulmane est des plus rétrogrades, pays donc ou a priori il ne fait pas bon d’être toxicomane au vu des risques encourus qui vont très facilement jusqu’à la peine de mort pour consommation.
    Eh bien il se trouve que c’est un des pays qui comptent le plus d’héroïnomanes au monde, sa géographie explique facilement la prédominance de ce produit.
    Mais là encore, l’état et sa politique sont dans un échec absolu.
    La même démonstration peut-être faite avec le Brésil ou la France, tous ses pays ont choisi la voie de la prohibition sans compromis, chacun avec un arsenal répressif considérable, chacun en y mettant des sommes énormes.
    Résultat les consommateurs consomment ce qu’ils veulent quand ils veulent, les narco-trafics sont en train de devenir plus puissant que des états( quand ils ne deviennent pas des états, Mexique, Colombie...), les dégâts en matière de santé publique sont énormes du fait de l’adultération des produits qu’engendre la prohibition, les dégâts sociaux sont visibles de tous...
    Bilan ça fait un siècle que cette politique prohibitionniste existe et il est incompréhensible de continuer à appliquer des politiques qui viennent de prouver leurs échecs.
    Il serait temps de reposer la réflexion sur le rapport aux drogues dans nos sociétés.
    N’oublions pas que l’histoire est longue et que de tout temps les citoyens de notre planète se sont drogués, quelles que soient les périodes, les religions...
    Il y a encore peu nos arrières grands-parents se soigner avec de l’opium ou ses dérivés très puissants comme le laudanum, Freud prescrivait de la cocaïne à ses patients, la France avait des comptoirs d’opium....

  • permalien Somchai :
    11 septembre 2012 @14h46   « »

    2ème partie :
    Les lois correspondent à un moment dans une société, la temporalité des lois prohibitionnistes issues du 20ème siècle a vécu, il est normal de reposer le débat et d’arrêter une chasse aux sorcières dignes de l’inquisition.
    Le cannabis semblent être le produit idéal pour essayer de nouvelles politiques dignes du 21ème siècle, de par son nombre de consommateurs considérable, de par sa faible toxicité.
    comparativement à l’alcool, cocaïne et autres drogues durs, de par le fait que chaque pays peut produire sa consommation, ce qui permet de ne pas s’alimenter auprès des grossistes actuels.
    Au point de vue sanitaire, cela ne pourrait être que bénéfique car il y aurait un contrôle de la qualité des produits ainsi que de leur taux en Thc( la substance active...),de la réelle possibilité de prévention et de dialogue médicale que la loi de 1970 restreint, puis du point de vue économique des créations d’emplois très
    nombreuses et pérennes, des nouvelles entrées pour l’état, du point de vue sécuritaire, la fin des supermarchés du shit, un vrai frein à l’expansion des néo-mafia des cités.
    Au bien sur cela ne résoudra pas tout et les cités vendront certainement les drogues dures, mais cela déconnectera la grande majorité des consommateurs de cannabis de
    l’illégalité.
    Et les consommateurs de drogues dures sont factuellement beaucoup moins nombreux, donc moins d’argent pour les mafias et plus de facilité a géré le " parc dealer-toxicomane " pour les forces de l’ordre.
    Si on regarde les pays qui ont essayé des voies différentes on ne peut que constater que ce n’est pas l’Armageddon.
    La Hollande se plaint du narcotourisme mais si on regarde la consommation de cannabis chez les Néerlandais, elle est stable et beaucoup plus modéré que chez les français qui rappellent le sont les 1ers consommateurs européens, les Néerlandais
    ont un excellent niveau socioculturel, un PIB qui n’a rien à nous devoir, etc, ce
    n’est pas un peuple d’apathique...
    En terme local, c’est une réussite sanitaire, les problèmes engendrés sont dus au fait que la Hollande doit s’insérer dans les lois européennes, ce qui crée des déséquilibres, narcotourisme et achat de gros illégaux à cause de la législation
    mondiale.
    Avec une harmonisation des lois allant vers le système hollandais, le narcotourisme disparaît de faite et l’achat en gros devient un commerce comme un autre.
    La République tchèque, l’Espagne, Le Portugal ont aussi pris des voies différentes, chacun jugera, mais dans aucun de ces pays les nouvelles politiques essayées ont engendré pire que nos narcos-cités et leurs dérives.

  • permalien Jeg :
    14 septembre 2012 @11h51   « »

    10 ans de politique sécuritaire UMP à Marseille.
    Beau résultat !

    Tous les petits voyoux de la cité marseillaise rigolent encore de la promesse du "nettoyage au karcher".

    Il faut dire que concilier les politiques brutales de réduction des effectifs de la fonction publique, et la protection des citoyens les plus modestes est un exercice quelque peu compliqué.

    Globalement en 10 ans l’UMP n’aura fait que de l’esbrouffe, et les trafics en tous genre ont prospérés sans la moindre entrave supplémentaire.

    Finalement, vu que l’UMP a passé son temps à sabrer les effectifs de la police nationale je me dis que, si j’étais un voyou, JE VOTERAI A DROITE.

    Le parti des bisounours illuminés qui s’imaginent qu’on gère la politique sécuritaire d’une nation comme on protège son bout de jardin individuel autour de son pavillon Bouygues......

    Mais pour sur on pourra plus encore compter sur la bourgeoisie de Saint-Cloud, qui du haut de sa colline règlera les problèmes de sécurité des crasseux populaires, grace à Mme Le Pen confortablement installée dans son hotel particulier.

  • permalien droitdereserve :
    19 septembre 2012 @13h05   « »

    que ce soit armée ou police, en cas de confrontation directe, ce qui fait la différence, ce sont les règles d’engagement.
    Soit on fait dans la légitime défense réglementaire et on se fait cartonner, soit on applique la violence nécessaire pour dominer et on cartonne.
    La police est pro pour l’enquête, l’armée est pro pour détruire des objectifs, ce n’est pas le même métier.
    De plus envoyer dans les quartiers, où les cacous narguent la république, les camarades retour d’Afgha, serait des plus risqué, pour les cacous...

  • permalien dissertation help :
    25 septembre 2012 @21h08   «

    Thanks for imterestring information ! i m impressed

Ajouter un commentaire