Le Monde diplomatique
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L’austérité, mais dans le calme

mercredi 19 septembre 2012, par Frédéric Lordon

Le « jeu de la mauviette » (chicken game) est un jeu de con : deux voitures se précipitent l’une vers l’autre, le premier conducteur qui dévie de la ligne pour éviter la collision est la « mauviette ». Il existe cependant une version « Fureur de vivre » plus stupide encore : les deux voitures parallèles fonçant vers un précipice, le dernier qui s’éjecte de la voiture pour ne pas faire le grand saut a gagné. On notera que dans cette version-là, les deux voitures sont perdues à coup sûr et le cas échéant un conducteur (ou deux) avec – death without a cause.

C’est à cette merveille d’intelligence que la zone euro semble avoir décidé de s’adonner depuis trois ans – en tout cas jusqu’à la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) du 6 septembre. Les pays en détresse n’ont même pas à appuyer sur l’accélérateur, ils roulent tout seuls vers l’abîme et à tombeau ouvert. A leur côté, la BCE, qui peut les sauver, roule en parallèle mais en les regardant sans rien faire tant qu’elle n’aura pas la certitude que les « assistés » s’engagent irrévocablement dans un programme d’austérité – c’est-à-dire à souffrir mort et passion… A ce compte-là, les pays en difficulté entraînent toute la zone euro dans l’effondrement, le seul moyen qu’aient trouvé les institutions européennes de les « aider » les tuant plus sûrement. La BCE quant à elle ne bouge pas, tétanisée par les querelles byzantines de définition de son mandat, et prête à n’intervenir inconditionnellement qu’au tout dernier moment – c’est-à-dire trop tard. Pendant ce temps le bord du gouffre se rapproche gaillardement…

L’aléa moral ou le symptôme
de la Désunion européenne

« Aléa moral » est le nom technique donné à la méfiance interne qui ravage une Europe méritant chaque jour un peu moins le nom d’Union – à supposer qu’elle ait jamais pu le revendiquer. Car la dissociation est partout : entre les Etats, entre les institutions – et puis aussi, plus grave, entre les peuples (Allemands contre Grecs, Grecs contre Allemands, Finlandais ayant soupé de l’Europe et des Européens, extrêmes droites un peu partout… L’Europe demandait à être jugée à l’aune de la paix et de l’amitié entre les peuples, nous y sommes…) En tout cas, voilà maintenant les Etats dominants prisonniers du piège qu’ils ont eux-mêmes armé : l’Allemagne et ses affidés, s’appuyant sur la contrainte des marchés obligataires, mais autant de leur propres penchants, imposent à toute la zone euro des politiques d’austérité dont on pouvait savoir dès 2010 qu’elles iraient infailliblement à l’échec – c’est d’ailleurs cette catastrophe annoncée qui s’actualise comme au ralenti depuis deux ans, portée par l’implacable tempo de la macroéconomie.

Alignée sur l’Allemagne (à quelques détails près), la BCE ne redoute rien tant que les Etats aidés ne s’abandonnent à une molle langueur et cessent leurs « efforts » de « réforme » sitôt qu’on les aura allégés d’un peu de pression. Faire pression : voilà le maître-mot, l’obsession des Etats dominants et des institutions européennes à l’encontre des Etats en difficulté ; les maintenir sous pression, oui sous une saine pression, seul moyen de leur faire faire enfin un peu de « réforme » ; c’est pourquoi à la pression des marchés obligataires qui coupent l’accès au refinancement des Etats, on ajoutera la pression auxiliaire du secours européen refusé ou atermoyé, pour que, bien pris à la gorge, les « assistés » n’aient plus d’autre solution que de se jeter dans les pattes de la conditionnalité – et alors tout y passe : effectifs et rémunérations de la fonction publique, équarrissage de la protection sociale, notamment des retraites, déréglementations inespérées (des professions protégées, du marché du travail), privatisations à gogo, un régal. Il ferait beau voir dans ces conditions que la BCE intervienne tant soit peu en avance, au risque que les intéressés retrouvant un peu d’air n’aient plus le goût de l’apnée volontaire.

Mais voilà où la gestion malavisée de l’aléa moral rejoint – rejoignait ? – le chicken game (à la con) : 1) la BCE refuse d’intervenir car il n’y a, par construction, aucune conditionnalité accompagnant son action : la banque centrale ne noue pas de relation avec des Etats mais s’adresse à l’open market ou bien aux banques ; 2) plus la BCE tente de maintenir son bras de fer, plus les Etats fragiles se rapprochent du point de bail-out, c’est-à-dire du passage par la case FESF (le Fonds européen de stabilité financière [1])… précisément là où la BCE veut les envoyer, puisque le FESF, lui, dispose des armes de la conditionnalité ; or 3) si le FESF a su absorber les sauvetages grecs, irlandais et portugais, il en irait tout autrement si l’Espagne et l’Italie se présentaient au guichet ; 4) la BCE voit se rapprocher le bord du précipice mais ne veut pas sauter de la voiture en premier, elle attend le point de catastrophe, celui où tout explose pour de bon puisque tant qu’on n’y est pas totalement, il reste, par définition, une possibilité que les assistés potentiels s’avouent des assistés réels – et, réduits à toquer à la porte du FESF, se laissent saisir par la conditionnalité.

Evidemment, tout aurait été plus facile, et pour tout le monde, si la BCE était intervenue dès le départ pour racheter les dettes souveraines et éviter les envolées absurdes de taux qui ont précipité certains Etats dans des situations impossibles. Mais pour la BCE, bien d’accord en cela avec l’Allemagne, « plus facile », c’est toujours « trop facile ».

La BCE : survivre aussi

Comme on l’a fait remarquer dès le début, le jeu idiot a pour désagréable propriété de menacer jusqu’à l’intégrité du « gagnant ». La chose n’a pas échappé à la BCE qui s’est trouvée mise sous tension croissante à mesure de ses propres refus. Car abandonner les pays en difficulté, sous prétexte de les forcer à la vertu macroéconomique (en les contraignant à l’ajustement structurel), a eu pour unique résultat de répandre la pourriture dans la zone euro au point où l’existence même de la monnaie unique s’est trouvée mise en jeu. Qui eût cru il y a encore cinq ans que les dirigeants européens auraient à se fendre de déclarations solennelles pour jurer que « l’euro est irréversible » et que « tout sera fait pour qu’il en soit ainsi » ? Comme pour la vertu de la femme de César, il est à craindre qu’il ne soit trop tard quand la question est simplement posée. Or la BCE veut bien jouer au chicken game mais pas jusqu’au bout tout de même puisque, mine de rien, avec la survie de l’euro, il y va… de la sienne propre ! Plus d’euro, plus de BCE : c’est un argument que même la BCE comprend.

Et qui lui donne à penser. Davantage qu’à l’Allemagne, en passant, à propos de laquelle on pourrait assez facilement construire une rationalité d’abandon de la monnaie unique et de retour au mark – certes beaucoup d’exportations perdues à la clé, mais au moins le respect enfin garanti à nouveau des sacro-saints principes de la politique monétaire ; on propose d’ailleurs à ce sujet la conjecture suivante : si l’Allemagne se trouve un jour en situation de devoir faire un choix exclusif entre l’euro et ses principes, elle choisira ces derniers (c’est-à-dire un néo-deutschmark).

La BCE en revanche n’a à choisir qu’entre l’être et le néant… Or, comme toute institution – comme toute chose – elle aspire à persévérer dans son être. C’est pourquoi elle se trouve à gérer des compromis extraordinairement délicats entre 1) son désir de survie, 2) ses principes constitutifs, et 3) ses puissances tutélaires – essentiellement l’Allemagne. Il lui faut donc trouver l’étroit passage qui lui permettrait de sauver l’euro (et elle avec…) (objectif 1) ; tout en accordant le moins possible aux Etats en difficulté, mais un peu quand même, car à simplement prolonger la stratégie de ces dernières années, tout finira au chaos (objectif 2) ; accorder « un peu », donc, mais pas trop au risque que ce soit toujours trop pour l’Allemagne (objectif 3) qui, par Bundesbank interposée dit non à tout (et elle peut se le permettre sans risquer de cesser d’exister).

On en était là lorsque Mario Draghi a choisi de faire un pas plus résolu du côté de sa survie – c’était le 26 juillet et la déclaration qu’il était prêt à faire tout ce qu’il faudra pour sauver l’euro, « believe me », a suffisamment frappé les esprits. Il aura fallu tout de même un bon mois pour que la BCE joigne le geste à la parole et se décide, le 6 septembre, à annoncer un programme d’intervention illimité sur les marchés secondaires des titres souverains attaqués (dit OMT pour Outright Money Transaction). De cette sortie, promise à des effets retentissants et cette fois plus durables que le programme LTRO [2] en direction des banques, le commentariat européiste s’empresse déjà de chanter qu’elle a sauvé l’euro – Eric Le Boucher dans un élan de bonheur à la limite de l’humidité ne s’exclame-t-il pas : « Que de bonnes nouvelles venues d’Europe ! » [3] Du point de vue des populations malheureusement il y a matière à se demander ce qu’il faut vraiment penser de la « bonne nouvelle » et si, pourtant longtemps appelée, cette intervention de la BCE n’est pas en fait la pire des solutions : celle qui stabilise le système tout en maintenant intacts ses catastrophiques fonctionnements internes.

Une stabilisation pour le pire

A l’évidence le programme OMT a pour finalité de contrôler les taux d’intérêt souverains et d’éviter les embardées que leur imposent les paniques spéculatives autoréalisatrices. Mais sur quelles échéances et pour viser quelle valeur-consigne ? Seules les maturités entre un an et trois ans seront soulagées, manière de dire que les taux de refinancement souverains redeviendront humains pour un petit moyen terme seulement – il ne s’agirait pas que les Etats s’imaginent pouvoir sécuriser de la ressource financière bon marché à dix ans… Des taux « humains » mais de combien au juste ? Cela, on ne le saura pas. La BCE a refusé d’indiquer des valeurs-cibles auxquelles ramener les taux d’intérêt, une autre façon de maintenir le rapport de force dans la gestion de l’aléa moral puisque les Etats ne pourront jamais jouir d’avance d’un coût de ressource garanti, et que la BCE se réserve la latitude de les menacer de nouveau si jamais ils ne se tenaient pas à carreau – soit repartir pour une manche de chicken game

Disons également que cette incertitude a sa part de vertu quand elle s’exerce en direction des marchés financiers qui, ne connaissant pas les cibles de la BCE, se sentiront toujours exposés au risque de l’avoir dépassée et de se faire « taper » par une intervention blitz. Ceci mis à part, la BCE fait donc tout pour garder les Etats fautifs « dans sa main » – et pour avoir la possibilité de serrer à la moindre incartade. Elle fait même davantage encore puisque les interventions OMT ne se feront qu’à la condition d’expédier le pays bénéficiaire dans les pattes du FESF, c’est-à-dire de la Troïka et de ses humanistes. Comble presque esthétique de l’empapaoutage, du fait même du programme OMT on verra peut-être certains pays passer par la case « conditionnalité » mais sans toucher les euros du FESF ! – puisque la BCE « les aide déjà »…

Si l’on n’avait en tête la longue permanence de l’Allemagne dans ses obsessions monétaristes, on finirait presque par se demander quelle aberration a retenu si longtemps la BCE de jouer ce coup en fait assez efficace. Assez efficace, il l’est car il a la propriété d’opérer la pire des stabilisations possibles, la stabilisation du « système » seul, entendre par là l’attelage mi-conflictuel mi-complice des marchés et des politiques européennes orthodoxes – les populations n’entrent pas dans cette définition du système. Présumant que, même si elle ne le dit pas, la BCE doit avoir une petite idée des taux plafonds, la finance va cesser de s’emballer et revenir au calme ; de leur côté, persuadés que ces taux plafonds seront fixés suffisamment haut pour ne pas rendre la vie trop facile aux Etats bénéficiaires, le cartel orthodoxe est bien assuré que l’agenda néolibéral de l’austérité reste d’une inaltérable actualité.

Nous voilà donc entrés dans ce qu’on pourrait appeler un régime d’austérité sub-atroce, en fait le pire de tous, en tout cas du point de vue du « hors système » – les populations. Sub-, car à l’évidence, à objectif de déficit équivalent, la restriction est un peu moindre avec des taux d’intérêt de 4 % que de 7-8 % (ou plus). Mais -atroce toujours car, tout autant d’évidence, les programmes d’ajustement structurel ne connaîtront pas le moindre ralentissement significatif. Il devrait donc être bien clair que les contradictions profondes des politiques économiques européennes demeureront, parfaitement inentamées : la coordination des restrictions nationales continuera de produire sans coup férir la récession régionale. Mais dans un environnement financier (temporairement) déshystérisé par les stabilisateurs du programme OMT.

Non plus l’austérité, mais l’austérité dans le calme…

Combien de temps en durera l’effet sédatif, nul ne peut le dire avec certitude. Mais, avec une bonne probabilité, suffisamment longtemps pour désamorcer la dynamique d’explosion de l’euro telle qu’elle menaçait de devenir critique depuis cet été. Voilà donc le splendide résultat que va produire, un temps, l’intervention de la BCE : en lieu et place de l’austérité tout court, l’austérité dans le calme – dans le calme des marchés bien sûr. Dans ce petit moyen terme, les populations, qui n’avaient plus pour elles que les espérances paradoxales du pire, c’est-à-dire la perspective d’en finir avec leurs souffrances par l’effondrement endogène de la construction monétaire européenne, les populations, donc, vont replonger de plus belle dans l’ajustement structurel sans même le secours des contradictions européennes, temporairement contenues par la BCE, et dont la divergence constituait la seule manière de mettre un terme à leurs épreuves. Car c’est à cela qu’en étaient réduits les peuples européens : à attendre le soulagement de l’explosion générale ! radieuse perspective politique, on en conviendra. Même cette issue de désespoir est désormais fermée…

En tout cas pour quelque temps. Il est bien certain en effet que, pendant la période de stabilisation, la macroéconomie continue de faire son œuvre, et la restriction d’engendrer implacablement la récession. Même sachant la BCE dévouée à se charger de titres souverains, les marchés obligataires recommenceront à tiquer de voir les déficits se réduire aussi lentement, c’est-à-dire les ratios de dette continuer d’exploser, les objectifs troïkesques indéfiniment différés, etc. A ce moment là, de nouveau, il faudra inventer quelque chose, et le cartel orthodoxe se trouvera reconduit à ses contradictions fondamentales : car, sauf à être un patch de plus, le « quelque chose » en question supposera de détendre l’une des contraintes constitutives du cartel, soit, au minimum, jeter à la rivière les principes « allemands » pour adopter des politiques macroéconomiques enfin contracycliques et « neutraliser » d’une manière ou d’une autre le fléau des marchés obligataires, pour laisser à ces politiques le temps de faire leur travail dans le calme.

Pour l’heure, nous voilà dans cette épaisse mouscaille où la BCE a sorti le scotch extra-large pour empêcher l’euro de s’effondrer en pièces façon 2CV de Bourvil dans Le Corniaud (« elle va marcher beaucoup moins bien forcément »), où Hollande pense avoir honoré ses promesses en ramenant des cacahuètes de croissance d’un sommet bruxellois, se croit par là autorisé à faire ratifier hors de toute consultation populaire le traité concocté par son prédécesseur, et nourrit par là même le grief très bien fondé de l’indifférenciation UMPS, pour ouvrir des boulevards à la « différence » FN, et où, pour finir, le colmatage de fortune de la BCE laisse l’austérité pour seul horizon, avec d’autant moins d’appel qu’elle est maintenant présentée comme la contrepartie naturelle de cette insigne faveur…

En un raccourci politique saisissant qui dit tout de l’abîme creusé entre elles, l’oligarchie européiste reprend espoir au moment précis où les populations sont jetées au tréfonds du désespoir.

C’est pourquoi il va bientôt falloir passer à autre chose [4].

Notes

[1] Bientôt prolongé-remplacé par le MES, Mécanisme européen de stabilité.

[2] Long Term Refinancing Operations, programme qui a permis à la BCE (fin 2011, début 2012) de mettre à disposition des banques privées presque un trillion d’euros à trois ans, échéance extraordinaire pour une intervention de banque centrale.

[3] Slate, 15 septembre 2012.

[4] Dont on reparlera bientôt…

81 commentaires sur « L’austérité, mais dans le calme »

  • permalien
    19 septembre 2012 @17h21   »

    Sapir a fait une analyse interessante sur le point de la "sterilisation" qui limite de facto lintervention soit disant illimitee.

    http://www.laplumeagratter.fr/2012/...

  • permalien vladimir :
    19 septembre 2012 @17h35   « »

    Portugal : un million de révoltés dans la rue le 15 septembre 2012 contre la Troïka et le gouvernement

    18 septembre par Rui Viana Pereira

    Les médias internationaux ont fait l’impasse sur l’énorme mobilisation populaire qui a secoué la vie politique du Portugal le samedi 15 septembre 2012 : un million de manifestants (10% de la population) dans tout le pays dont au moins 500 000 dans la capitale. La plus grande manifestation depuis le 1er mai 1974 après la chute de la dictature de Salazar.......

    http://cadtm.org/Portugal-un-millio...

    Espagne : Le 25 septembre, encerclons le Congrès. Le 25 septembre, le peuple sera souverain !

    11 septembre par Plataforma “¡En Pie !”

    Nous sommes des personnes ordinaires, lassées de souffrir des conséquences d’un système conditionné et contraint par les marchés, système qui à tous les égards ne peut être soutenable et nous a rendu victimes d’une grande arnaque appelée « la crise ». Nous nous unissons pour rédiger ce manifeste et invitons tous les citoyens à se joindre à nos revendications.

    Nous considérons que la situation a passée toutes les limites du tolérable, et pensons être victimes d’une attaque sans précédent du pouvoir économique qui utilise la crise comme prétexte pour ruiner nos vies. Les coupables sont ceux qui, avec la complicité de toutes les forces politiques représentées au parlement, ont constitué cette oligarchie intouchable qui manipule tous les pouvoirs de l’Etat pour maintenir ses privilèges et son enrichissement démesuré et illicite.......

    http://cadtm.org/Espagne-Le-25-sept...

  • permalien arndebian :
    19 septembre 2012 @17h40   « »
    Vers la catastrophe mais toujours dans le calme

    Billet très clair sur l’actualité qui laisse peu de doute sur l’issue.
    Néanmoins :
    "Car c’est à cela qu’en étaient réduits les peuples européens : à attendre le soulagement de l’explosion générale ! radieuse perspective politique, on en conviendra. Même cette issue de désespoir est désormais fermée…"

    Pas si sûr, à chaque fois je vois tout mes billets de 1902 de ce cher empire Austro-Hongrois je me dit que peut être ce n’est pas une si bonne idée d’imprimer autant de fausse monnaie, pardon de vrai monnaie (la seule différence étant qui en bénéficie), surtout depuis que la FED à fièrement annoncé de la production monétaire à l’infinie pour 40 Milliard de $ par mois, en attendant un officiel QE3.

    http://www.zerohedge.com/news/guest...
    http://www.nakedcapitalism.com/2012...

    Espoir donc, la faim arrive ...

  • permalien trao :
    19 septembre 2012 @17h48   « »
    Le Corniaud

    "Le Corniaud"... enfin une référence à ma portée sur ce blog ! :-)

  • permalien trao :
    19 septembre 2012 @17h51   « »
    Suspense...

    Ah et sinon, à propos de la dernière phrase et de sa note... sacré talent pour faire saliver un auditoire ! On attend donc la suite.

  • permalien Nicks :
    19 septembre 2012 @18h06   « »

    La BCE bien qu’accrochée aux principes ordo-libéraux, a pourtant acté qu’une intervention massive était nécessaire pour sauver l’euro. C’est sur ce léger point de faiblesse dans le dogme qu’il convient d ’appuyer...

    Pour le reste, le rappel des conditionnalités conjugué à l’intervention a pour effet de ralentir le film, mais la chute n’est souvent que bien plus dramatique quand on a le temps de la décomposer.

    Que peut bien être la suite ? Parier sur une illusoire conversion des dirigeants, frappés soudainement par le bon sens, un éclair d’humanité ou la parole d’un sage sponsorisé ? Ou travailler à l’information sans relâche pour arriver à ce que le nombre fasse enfin basculer le rapport de force politique ?

    Suite au prochain épisode donc...

  • permalien dubitatif mais méfiant :
    19 septembre 2012 @18h22   « »

    Bien vu, mais peut-être incomplet :

    Je crois moins au "chicken game", malgré son pouvoir évocateur, qu’à un nouvel tour de cliquet resserrant un peu plus la corde autour du cou gracile de la démocratie représentative rèvée par les philosophes.

    Je crois plutôt à une nouvelle application de la "théorie du choc" si bien décrit par Naomie Klein, combinée à l’effet de cliquet autrefois recommandé par Milton Friedman : Chaque fois qu’on gagne sur un point, bloquer pour le rendre irréversible.

    Ceci, dans le contexte de l’après 2008 se décline en quatre étapes :

    1) saisir l’opportunité de la crise de 2008 pour assécher les finances des états de l’UE
    2) Donner un tour de cliquet en obligeant les états à vendre leurs plus beaux meubles (leur organisation sociale et communautaire) pour payer une dette inextingible.
    3) Leur faire abandonner tout espoir de s’en sortir en leur faisant accepter le couteau sous la gorge le "pacte budgétaire".

    Quelle va être la prochaine étape ? Faute de pouvoir rembourser leur dette et à fortiori en faire de nouvelle pour réinvestir, les pays européens vont-ils cesser d’entretenir leurs routes et leurs ponts, fermer leurs hôpitaux en ruine, renvoyer leurs enfants de l’école, abandonner tout ce sur quoi repose une civilisation ?

    Que nenni, les prototypes sont déja à l’essai avec par exemple le "pentagone à la Française" dans lequel un pays qui siège au conseil de sécurité de l’ONU va installer sa défense nationale "en meublé"dans des installations conçues, développées et entretenues par une entreprise privée ?

    on appelle encore ce système du "partenariat public-privé"

    Pour ne plus s’endetter, l’état devra bientôt confier ses choix d’investissements aux propriétaires qui voudront bien le loger, à ses conditions.

    L’état locataire, les populations sous-locataires sinon SDF : devinez qui sera le syndic de la propriété en lieu et place des politiques élus par les citoyens ?

  • permalien Alain :
    19 septembre 2012 @18h25   « »

    D’où il ressort que l’ironie et la rage font bon ménage. Merci, M. Lordon.
    Nous en reparlerons bientôt, et il s’agit de faire vite si nous voulons que le MES ne soit pas salué par nos représentants, si tant est qu’on puisse appeler ça représentants.

  • permalien Ana Sailland :
    19 septembre 2012 @19h57   « »

    Une autre image : Après James Dean, Sergio Leone :)

    Souvenez vous de la scène finale du film "le bon, la brute, le truand". Mais là c’est différent : tous les acteurs peuvent finir dans le trou. Un global collapse, ça n’épargne personne. Mais chut, ne le dites à personne, nous allons gagner, gagner la démocratie.

    Car le problème, ce n’est pas le traité de Maastricht, ni celui loupé (ouf !) de 2005, ni celui de Lisbonne, ni le MES, ninini ; le problème, c’est cette caste d’oligarques soi disant multicolores et pourtant si semblables, cette bande de fieffés coquins, menteurs, qui prétendent représenter les peuples, et pourtant contre l’intérêt commun les ont rédigés ou fait rédiger, ces traités, puis les ont proposés ou imposés, qui en ont fait la pub, et encore recommencent, et recommenceront encore et encore : tant que nous ne pulvériserons pas ce système de gouvernement autiste squatté par des élus plus prévisibles que s’ils étaient transparents, des élus insipides, sans saveur, inodores, et pourtant plus toxiques que le plus turpide des marigots ; ceux là, qui se prétendent compétents, et qui pour justifier leur présence, brandissent l’ignorance du peuple : ceux là sont en fait issus d’une monoculture monomaniaque qui leur interdit de voir loin, leur interdit l’imaginaire nécessaire à l’invention, leur interdit l’esprit évolutionnaire, dont pourtant ils se réclament, leur interdit la prise en compte de la devise républicaine, qu’ils sont censés défendre.

    En un mot, nous ne sommes pas en démocratie.
    Et c’est sur ce thème qu’il faut informer.
    Se battre.

    Car si le 30 septembre nous serons un nombre à six chiffres, voire plus, la belle affaire : quand bien même nous obtiendrions justice et victoire que le lendemain de leur défaite,"ils" se remettraient au travail, méticuleux, car ils sont programmés pour ça : pour obéir à l’ordre-établi.

    C’est sur ce problème là qu’un jour nous pouvons être un nombre à 8 chiffres.

  • permalien Ank :
    19 septembre 2012 @20h33   « »

    @ Nicks :
    Le neoliberalisme, c’est un de ces caracteres marquants, se definit par son action continuel et autoritaire pour maintenir la situation de marche. Il n’y a aucune contradiction.

  • permalien Nicks :
    19 septembre 2012 @20h47   « »

    A quelle contradiction faites vous allusion ? Le fait que la BCE finisse par agir blanc (cassé) alors qu’elle conditionne cette intervention au respect du noir absolu par les états ? Bien entendu que politiquement, l’objectif est clair mais malheureusement, la théorie économique elle, ne peut plus vraiment cacher qu’elle ne repose sur aucun substrat valide. Tôt ou tard, cela entrainera la chute du dogme...

  • permalien François L :
    19 septembre 2012 @20h59   « »

    Monsieur Lordon, j’attendais très impatiemment ce billet. Il est plus fin que je l’imaginais ou plus exactement plus précis et élaboré qu’attendu, rien que de très normal après tout, c’est votre métier que de nous éclairer et nous faire comprendre (et de quelle manière).

    Je me permets une observation en attendant le chapitre suivant.
    Rien en France n’est fait pour reconstruire un tissus industriel digne de ce nom et adapté aux conditions du monde à venir, rien, c’est hors sujet que de penser l’avenir en termes, social, industriel, agricole, énergétique, de défense etc.
    Donc la France mais aussi l’Europe, ne concevant pas leur avenir, nous savons que la cette France la, tout autant que cette Europe la, n’ont pas d’avenir. Quant à la BCE...est-ce intéressant ?

  • permalien Jordi Grau :
    19 septembre 2012 @22h18   « »

    Je rejoins tout à fait "dubitatif mais méfiant" : la crise de la dette publique, du point de vue de l’oligarchie économico-politique, est l’occasion rêvée pour pour faire plonger les peuples dans l’austérité et privatiser tout ce qui peut encore l’être. La référence à Naomi Klein me paraît très pertinente.

    C’est pourquoi, je ne suis pas très convaincu par ce que dit M. Lordon de l’Allemagne. Je ne nie pas qu’il puisse y avoir une rigidité plus grande qu’ailleurs chez les dirigeants allemands sur les questions monétaires. Mais cette rigidité arrange bien, sans doute, les dirigeants des autres pays, à commencer par ces hypocrites de socialistes français. C’est facile de dire : "Nous, on aimerait bien instaurer une politique de relance. On aimerait bien éviter l’austérité. Seulement, c’est les méchants Zallemands qui veulent pas." Il n’y a qu’à voir avec quelle complaisance F. Hollande a signé le traité budgétaire européen - au mépris de ses engagements lors de la campagne électorale - pour comprendre à quel point il est d’accord avec A. Merkel. Et pour ceux qui n’auraient pas encore compris, rappelons que le gouvernement a donné des consignes de vote quasi-militaires aux parlementaires de la majorité concernant le TSCG.

    A ce sujet, je recommande cette émission de France Culture. Contre Marie-France Garaud (au demeurant intéressante), Thomas Coutrot (économiste et co-président d’Attac) expliquait qu’il ne fallait pas exagérer les rivalités entre la France et l’Allemagne. En réalité, les dirigeants économiques de la France et de l’Allemagne sont sur la même longueur d’onde : ils veulent "faire baisser le coût du travail", privatiser à tour de bras, etc.

  • permalien Lulu :
    19 septembre 2012 @22h30   « »

    La rigueur = la saignée comme méthode thérapeutique. Bienvenue au moyen-âge

  • permalien Mat :
    19 septembre 2012 @22h46   « »

    Bonjour,

    Je suis novice dans l’apprentissage des outils qui me permettraient de me libérer de mon ignorante servitude. Pour le moment, je m’intéresse, et à chaque fois que j’approche une réalité inconnue jusqu’alors, que je m’en aperçois, mes points de références, mes croyances s’écroulent. Je persévère, mais le chemin est sinueux, parsemé de doutes, et de difficultés.

    Au delà de cet aspect existentiel, il me manque des cartouches, des éléments, des preuves, ou des débuts de fondements théoriques.

    J’en viens à l’objet de mon commentaire : pourriez-vous me conseiller des livres, des références, sur l’Economie en général ? pour commencer à partir de rien, et comprendre , en fondant par moi même, de par ma compréhension, mes bases et ne pas subir les querelles idéologiques ?

    Bref, une Biblio d’économie pour avancer sur ce qu’il faudrait que je sache, et être orienté aussi.

    Merci par avance.

  • permalien Morpheus :
    19 septembre 2012 @23h56   « »

    Dans un temps de pandémie de dissociation cognitive se répandant plus surement qu’une marée de zombies assoiffés de chaire fraiche, quoi d’étonnant à assister à pareil scénario ?

    On me dira cynique, j’entends bien, mais vous savez quoi ? ça me va ! Le système fonce à toute vitesse vers le précipice, et ça me va. Oh, certes, il y aura des conséquences. De terribles conséquences. Partout, et en particulier pour les laissés pour compte. Il y aura l’anomie (le chaos ambiant n’est rien à côté). Et pourtant, ça me va ! Faut-il que je sois un salaud pour dire cela. Et ça me va.

    Si tu attends suffisamment longtemps au bord de la rivière, tu verras le corps de ton ennemi descendre son cours. Bon, certes, il se pourrait que tu le vois parce que toi aussi tu descends le cours de la rivière, près de ton ennemi. Mais tout de même : ça me va !

    Imagines : le corps du Léviathan descendre le cours de la rivière, sans vie. Cela vaut bien une noyade. Après tout, qu’avons-nous entrepris pour vaincre le Léviathan ? Alors ne venons pas nous plaindre. Dire que j’entends déjà les voix des sirènes dans ma tête "Si tu veux te sauver, tu dois sauver Léviathan !".

    Et, les sirènes, écoutez-moi bien : allez vous faire ... chez les grecs !

    Anitcha

  • permalien Kiskrof :
    20 septembre 2012 @00h36   « »
    Des livres pour mat.

    Il y a beaucoup de livres à lire
    Dans la pas trop difficile et agréable à lire, on trouve :
    - . La Théorie du Choc de Naomi Klein est vraiment d’actualité
    .Quand le capitalisme perd la tête et la "grande désillusion "de Joseph Stiglietz (anciens ) ainsi que son livre plus récent sur la crise économique,
    - Pourquoi les crises reviennent toujours ? de Paul Krugman
    - "Crisis economics" de Nouriel Roubini (très à droite),
    - les livres de Jacques Sapir,
    - "Ou va l’argent" de Marie-Louise Duboin (vraiment important, sauf le dernier chapitre qui est absurde) et "L’argent" de Galbraith,
    - La Crise de 1929 de Galbraith est un must. C’est un vieux bouquin sur un vieil événement, mais c’est le plus actuel de tous.
    - Sur la politique des caisses vides de la Confédération helvétique pendant tout le XXème siècle, un brillant historien, Sébastien Guex, l’argent de l’etat.
    . La dette ou la vie, de Eric Toussaint.

  • permalien Citizen :
    20 septembre 2012 @01h07   « »
    Pour la théorie du choc de Naomie Klein

    Il faudrait plutôt voir du côté du billet précédent...

  • permalien Jordi Grau :
    20 septembre 2012 @08h05   « »

    A Mat

    Quelques titres de bouquins sur l’économie (en vrac) :

    - Introduction à l’économie, de Jacques Généreux

    - L’empire de la valeur, d’André Orléan (un copain de F. Lordon)

    - Petit bréviaire des idées reçues en économie, par Les Econoclastes

    - Dictionnaire révolté d’économie, par Raphaël Didier

    - C’est le marché, abruti ! - Traité d’économie impure - Franck Imbert

    - Une économie au service de l’homme, par ATTAC (association pour la taxation des transactions financières pour l’aide aux citoyens)

    - Les fondements philosophiques du libéralisme, de Francisco Vergara

  • permalien Mouscaillot :
    20 septembre 2012 @09h16   « »

    Cet article est très clair ,
    Mais concrètement que faudrait il faire pour sortir l’UE de l’ornière ?
    Une politique de relance , ce serait bien , mais comment faire pour qu’elle ne profite pas aux économies des pays à bas coût hors UE ?
    Merci de m’apporter quelques pistes de réponse ou à défaut quelques liens .
    Merci à F. Lordon et à vous tous .

  • permalien Makaevitch :
    20 septembre 2012 @09h24   « »

    Le fond du problème c’est l’épargne du public. Cette épargne c’est ce qui reste de votre revenu après avoir couvert vos dépenses et payer vos impôts. Tout le monde à un peu d’épargne mais les "riches" en ont plus que les autres (logique).

    Si vous aviez payé plus d’impôts, le solde du budget de votre Etat serait moins déficitaire mais vous auriez moins d’épargne.

    Si dans votre entreprise les ouvriers étaient mieux payés, il y aurait moins besoin de service sociaux mais votre revenu, en tant que "riche" serait moins élevé.

    Le bras de fer que nous vivons (austérité versus hair cute général et dévaluation relative de la valeur de l’euro) est un rapport de classe classique (riche/pauvre) mais aussi un rapport de classe d’âge (vieux/jeune). Que l’on pense au chômage des jeunes.

    Ceci dit, si l’on arrive au hair cute général, la question qui restera à poser est le rôle de la banque centrale. Sur quelle base déterminer une politique monétaire afin de protéger les épargnes, favoriser l’esprit d’entreprise tout en garantissant des conditions de travail correctes, limiter le déficit de l’Etat (pour ne pas retomber dans le même problème) tout en permettant à l’Etat de s’endetter en période difficile, assurer des conditions de vie décentes pour les plus modestes ?

  • permalien Julie :
    20 septembre 2012 @09h48   « »

    Encore un excellent article qui démontre à nouveau la volonté d’imposer des technocrates européens d’imposer le néo-libéralisme en Europe.

    Sur ce sujet je vous conseille également cet article : "La BCE veut l’euro et le néolibéralisme" sur ce lien : http://lespoir.jimdo.com/2012/08/13...

  • permalien Sorge :
    20 septembre 2012 @11h08   « »

    Je m’interroge quant à moi sur l’efficacité de cette n-ième "sauvetage de l’euro", compte tenu des limites du dispositif :

    - limité au montant que la BCE pourra détruire (en se faisant rembourser des prêts accordés par ailleurs), ce qui limite sérieusement la quantité de fonds mobilisables ; tout le contraire donc du caractère "illimité" annoncé ;

    - qui doit se réaliser par des achats des titres de dette sur le marché secondaire, c’est à dire auprès des investissereurs qui en sont détenteurs ; les Etats restent donc astreints à emprunter directement à taux d’usure aux marchés, la BCE espérant par ses interventions faire baisser lesdits taux...

    Or, c’est ce qu’elle pratiquait déjà auparavant, mais sans trop le dire ! En fait, elle avait suspendu ses interventions ces derniers trimestres pour "mettre sous pression" les Etats, mais devant l’accumulation des catastrophes sur le systéme euro-libéral, elle remet le couvert. Et cette fois-ci, avec effet d’annonce, sonnez haubois, résonnez trompettes..

    Sauf que ses interventions précédentes n’ont en aucun cas bloqué la spéculation sur les dettes souveraines, tout au plus l’ont-elles quelque peu ralenti.

    Il deviendra donc vite évident que les mêmes causes produisant les mêmes effets, les taux auxquels les Etats fragilisés empuntent vont reprendre leur remontée.

    Bref, un nouvel effet d’annonce qui fera pfout d’ici quelques semaines, voire quelques mois...

  • permalien Antigone :
    20 septembre 2012 @11h32   « »

    " le bord du gouffre se rapproche "... Pas pour tout le monde. C’est à cet endroit qu’il nous faut rechercher l’insistance maladive de plonger les sociétés dans la récession. Quels seront les avantages -et pour qui- de l’irruption de la déflation ou autre mécanisme d’appauvrissement de la majorité ?... Du défaut d’État par exemple (comme en Argentine) ?
    J’attends, là-dessus, une stricte analyse économique lucide et sans complaisance. Oui le cynisme des vainqueurs est à l’œuvre, dans le plus parfait mépris de la souffrance qu’il engendre pour la majorité.

  • permalien heloua :
    20 septembre 2012 @11h58   « »

    Un truc m’échappe, si quelqu’un sur le blog pouvait éclairer ma lanterne svp...

    Si j’ai bien suivi, la BCE s’engage à racheter des obligations souveraines de façon illimitée (sous réserve que les pays en question face appel au FESF / MES avec les "réformes structurelles" qui vont avec) mais sur le marché secondaire. Ca veut donc bien dire que les obligations en question seront bien toujours achetées en premier lieu par les banques, les fonds divers, etc... Je ne vois pas pourquoi ils ne continueraient pas à exiger des taux très élevés, empocher les intérêts tant qu’ils sentent que les pays en question tiennent encore le choc de la rigueur puis revendre ensuite les dites obligations à la BCE quand ils estiment que le patient est tout proche du "cliniquement mort" ?

  • permalien Mat :
    20 septembre 2012 @12h27   « »
    De l’inconditionnalité d’un mécanisme conditionnel...

    Le raisonnement prêté par l’auteur à la BCE - assurer la solvabilité des états et la survie de l’euro tout en imposant des politiques d’austérité - a une faille évidente.
    La seule annonce de la possibilité d’un rachat illimité des dettes par la BCE a fait chuter les taux italiens et espagnols, sans que les états concernés aient eu besoin au préalable de passer sous les fourches caudines du FESF et donc de s’engager dans un plan d’ajustement. Cela tient au fonctionnement des marchés financiers qui ANTICIPENT que si un état est réellement en difficulté, il pourra se tourner vers la BCE, ce qui réduit DES AUJOURD’HUI le risque de défaut et donc le taux d’intérêt qu’il doit payer. Mieux, cette baisse de taux diminue en elle-même la probabilité de voir un état frapper à la porte du FESF puisque l’emballement des taux est l’un des facteurs principaux de l’insoutenabilité de la dette.
    En d’autres termes, il se pourrait que malgré la conditionnalité de l’intervention de la BCE, le mécanisme annoncé par M. Draghi produise ses effets de manière... inconditionnelle ! Tant mieux.

    Par ailleurs, il n’est pas certain que la limitation du rachat (potentiel) des dettes souveraines aux titres courts représente une vraie contrainte. En effet, rien empêche un état de financer le remboursement de ses titres longs (non garantis par la BCE) en empruntant sur des titres courts (garantis de fait par la BCE), ce qui signifie que le mécanisme Draghi devrait amener une détente de l’ensemble de taux.

    Si ces raisonnements sont justes (et ils sont pour l’heure confirmés par l’évolution des taux italiens et espagnols), le mécanisme Draghi n’évite pas l’aléa moral dont la BCE voulait s’affranchir. Et c’est sans doute la raison pour laquelle l’annonce de Draghi n’est intervenue que lorsqu’il était devenu clair - en particulier en raison de la démission de F. Hollande fraîchement élu face à Merkel - que les états européens adopteraient la fameuse règle, qui n’a d’or que le nom.

  • permalien th M :
    20 septembre 2012 @13h10   « »
    à Jordi Grau

    Intéressante liste, mais vous oubliez tout ce qu’on peut trouver avec beaucoup moins d’effort sur son chemin, de librairies en journaux : Nicolas Baverez par exemple, et tant encore qui sont inféodés au système.

    Il me semble qu’il importe de les lire, pour mieux comprendre quelle idéologie les anime, et quelles failles on peut mettre à jour dans leurs discours...

  • permalien Citizen :
    20 septembre 2012 @13h31   « »

    Ajoutons au raisonnement plutôt exact de Mat que même si le marché considérait à raison qu’un pays n’est pas solvable, il trouverait quand même face à lui la BCE est ses fonds illimités. C’est tout le sens de la phrase de Draghi en juillet et de son "believe me".

    Autrement dit, qu’a clairement dit Draghi en juillet aux marchés ? Que ceux qui spéculaient sur la sortie de tel ou tel pays de la zone euro auraient la BCE contre eux...et qu’ils perdraient.

  • permalien Jordi Grau :
    20 septembre 2012 @13h57   « »

    A HN

    Vous avez parfaitement raison : je lis trop peu les économistes dominants. Je les écoute parfois à la radio, et ils m’exaspèrent assez pour ne pas me donner envie de les lire. C’est un tort, je l’avoue - d’une part parce que ces gens ne disent sans doute pas QUE des bêtises, et d’autre part parce qu’il est délicat de critiquer un auteur qu’on n’a pas lu dans le texte.

    Au sujet de Nicolas Baverez, j’ai une anecdote à la fois drôle et tragique. Un ou deux ans avant la crise financière de 2007-2008, je l’ai entendu expliquer sur France Culture que la France devait suivre le merveilleux modèle britannique : abandonner ce qui lui restait d’industrie et tout miser sur la finance. Et le plus drôle (mais aussi le plus tragique), c’est qu’on continue d’inviter cet incompétent monsieur. C’est peut-être ça, la France qui tombe...

  • permalien Jordi Grau :
    20 septembre 2012 @14h00   « »

    Correction  : mon message aurait dû être adressé à the M

  • permalien Laurent :
    20 septembre 2012 @14h14   « »

    La verve humoristique de Lordon nous ferait presque rire si le sujet n’était malheureusement pas aussi grave

  • permalien Laurent :
    20 septembre 2012 @14h20   « »

    Pour Mat, je lui conseillerai aussi le bouquin de Laurent Cordonnier dont le titre contient "Tombapiks", L’économie des Tombapiks je crois, qui raconte sous forme de conte ce qui arrive à un peuple qui passe de l’économie de troc au néo-libéralisme sous la férule "éclairée" d’un économiste FMiste bon teint. Eclaire sur les théories de base de l’économie avec humour et pédagogie.

  • permalien Zolko :
    20 septembre 2012 @16h00   « »
    survie

    Joli billet, merci. J’aime beaucoup la reconnaissance que la BCE joue avec la survie de l’€uro sa survie propre, ce qui signifie que la BCE ne travaille plus que pour elle-même. Mais surtout le :

    les populations, qui n’avaient plus pour elles que les espérances paradoxales du pire, c’est-à-dire la perspective d’en finir avec leurs souffrances par l’effondrement endogène de la construction monétaire européenne (...) Car c’est à cela qu’en étaient réduits les peuples européens : à attendre le soulagement de l’explosion générale ! (...) Même cette issue de désespoir est désormais fermée…

    Enfin quelqu’un ose le dire tout haut. Comme une sorte de "locked-in syndrome" européen, à attendre l’euthanasie. C’est triste. Et quand on connait l’Histoire Européenne, cela ne laisse plus aucun doute quant-à l’issue finale.

  • permalien épine :
    20 septembre 2012 @16h26   « »

    La Grèce va certainement devenir la Somalie de l’Europe j’ai l’impression que c’est ce qui est souhaité. Je lis très régulièrement le blog de Greek Crisis et je constate avec effroi ce qui nous attend. Que faire puisque rien n’y fait. Ce gouvernement ne changera rien il est d’accord et complice pour ceux qui savent mais j’ai des doutes sur une partie de ce gouvernement à comprendre les évènements. j’ai des doutes aussi sur les partis politiques style Front de gauche qui veulent rester dans l’euro. Le 30 septembre je n’irai pas à la manifestation pour un référundum sur le traité, ces manifestations me lasse. Ils nous laissent râler mais rigolent dans notre dos alors j’attends que le vent se lève.

  • permalien arndebian :
    20 septembre 2012 @16h32   « »

     » Un livre pour mat.
    S’il doit n’y avoir qu’un livre se serait :

    Le capital de K. Marx. 1872 (5 tomes) Rien que de l’arythmétique et de la logique pour expliquer la bête.

    Une des raisons pour un QE3 plus du QE à l’infinie :
    http://www.horizons-et-debats.ch/in...

    De l’optimisme enfin :
    http://www.leap2020.eu/GEAB-N-67-es...

    Naomi Klein a bien décrit un mécanisme qui fonctionne actuellement mais par l’ampleur même du phénomène implique plutôt une description du système actuel, de la destruction créatrice bien entendue ...

  • permalien Zolko :
    20 septembre 2012 @16h42   « »
    @ heloua

    Je ne vois pas pourquoi ils ne continueraient pas à exiger des taux très élevés, empocher les intérêts tant qu’ils sentent que les pays en question tiennent encore le choc de la rigueur puis revendre ensuite les dites obligations à la BCE quand ils estiment que le patient est tout proche du "cliniquement mort" ?

    ben ouais, t’as tout compris. Rapelle-moi, il travaillait où, Draghi, avant la BCE ? Et Monti, avant d’être 1er ministre de l’Italie ? Bingo !

  • permalien Zolko :
    20 septembre 2012 @16h48   « »
    @ Mouscaillot

    Mais concrètement que faudrait il faire pour sortir l’UE de l’ornière ?

    2 choses :

    - transformer la monnaie unique en monnaie commune, c.à.d. ré-introduire les monnaies nationales en parallèle d’une monnaie européenne, avec taux de change garanti mais révisable

    - restructurer les dettes de manière ordonnée, qui ne seront de toutes façons pas remboursées. Alternativement, laisser les banques faire faillite, et nationaliser les cadavres (c’est un peu plus cahotique, mais a l’avantage de ne pas avoir besoin de négociations)

  • permalien Gasbi :
    20 septembre 2012 @17h02   « »

    Persévérer dans leur être, tel est bien l’objectif des technocrates européens, incluant l’élite mondialisée des nations dont fait partie le gouvernement actuel, ayant simplement oublié les populations en marge du système concurrentiel de leurs propres sociétés.
    Face à leurs contradictions, plus question de rigoler : il faut survivre, quitte à "réformer" l’Europe avec violence.
    A lire sur l’Espoir : Les élites transnationales abandonnent les Peuples
    Merci Monsieur Lordon.

  • permalien martine bayard :
    20 septembre 2012 @19h39   « »

    Bonjour Frederic
    Responsable d’une association de libres penseurs je souhaiterais vous inviter à venir nous faire une conference autour du combat contre les dogmes économiques
    Pourriez vous avoir la gentillesse de me contacter ?
    Bien cordialement
    Martine Bayard

  • permalien Shanaa :
    20 septembre 2012 @19h48   « »

    La dette est devenue quasiment irremboursable dans la plupart des états européens. Premier coulé l’état grec ! L’austérité et son lot de privations ont entrainé du "mal être, des inégalités, des suicides, un durcissement idéologique. Donc, c’est sérieux ! Faut pas rire avec ce que cache le mot anodin, austérité.

    "Aristote fait la critique de la chrématistique, c’est-à-dire la critique du prêt à intérêt comme un moyen injuste, déshonorant et contre-nature de s’attribuer le bien d’Autrui."

  • permalien Mathieu A :
    20 septembre 2012 @23h37   « »

    M. Lordon,

    Je découvre avec grand plaisir le blog du diplo ainsi que vos articles que je trouve très pertinents.
    Cela me ravi vraiment d’enfin lire quelque chose de différent et d’éclairé ! Voilà qui change de la sempiternel soupe visant à chaque jour nous endormir ou abrutir un peu plus.

    Merci, un nouveau lecteur fidèle.

    ps : Le premier paragraphe m’a bien fait sourire, l’image est très bien trouvée : )

  • permalien Delcroix :
    21 septembre 2012 @10h08   « »

    Article simpliste et politisé. Dois-je rappeller à l’auteur que seuls les états se sont mis dans cette situation et non les banquiers ... Pour reprendre l’analogie de l’auteur, la BCE cherche à débloquer l’accelérateur et réparer les freins, l’achat des dèttes souvraines de tous les états reviendrai à mettre toute UE dans une seul voiture et aller vers un précipice un peu plus loin, rien à voir avec une solution.

  • permalien Dem :
    21 septembre 2012 @10h32   « »

    Très bon article, comme d’habitude. On verra combien de temps il faudra avant que le système se remette à trembler. Néanmoins, ce ne devrait pas être si long, car les déficits du sud (de toute l’Europe ?) sont en train de filer. On parle de entre 6 à 10% de déficit pour l’Espagne. Avec un tel déficit, le crédit illimité montrera rapidement ces limites.

    @Mat
    Ce n’est pas un livre, mais ce blog devrait te permettre de découvrir pas mal de bons articles (http://www.les-crises.fr/)

  • permalien Jordi Grau :
    21 septembre 2012 @11h30   « »

    A Delcroix

    Bonjour. Que l’article de F. Lordon soit "politisé" ne signifie pas qu’il soit faux ou purement subjectif. Il est d’ailleurs permis de penser - comme M. Lordon, justement - que l’économie ne peut jamais être détachée de la politique. Les théories dominantes (d’inspiration néo-classique) sont censées être scientifiques et exemptes d’arrière-pensée politique, mais elles répondent en fait à un certain projet politique. En tout cas, elles servent de justification idéologique aux politiciens, qui mettent en œuvre depuis une trentaine d’années des "réformes" visant à enrichir les plus riches et à affaiblir les classes populaires.

    Par ailleurs, je n’ai pas l’impression que F. Lordon s’en prenne à la seule BCE, comme en témoigne ce passage :

    Alignée sur l’Allemagne (à quelques détails près), la BCE ne redoute rien tant que les Etats aidés ne s’abandonnent à une molle langueur et cessent leurs « efforts » de « réforme » sitôt qu’on les aura allégés d’un peu de pression. Faire pression : voilà le maître-mot, l’obsession des Etats dominants et des institutions européennes à l’encontre des Etats en difficulté ; les maintenir sous pression, oui sous une saine pression, seul moyen de leur faire faire enfin un peu de « réforme »

    Cette citation montre bien que M. Lordon attribue un rôle déterminant aux États dominants. A ce propos, j’ajouterais pour ma part que les dirigeants des États en difficulté ne sont pas si contraints que cela par les "États dominants" : ils sont en grande partie complices des politiques d’austérité qu’ils imposent à leurs concitoyens.

    Enfin, il faut tout de même admettre que la BCE possède, sinon une indépendance totale, du moins une grande marge d’autonomie - voulue d’ailleurs par les États européens. Il est donc normal de la considérer comme largement responsable de l’aggravation de la crise.

  • permalien Delcroix :
    21 septembre 2012 @12h15   « »

    A Jordi Grau.

    Autonome donc responsable ? je ne vous suis pas. M.Lordon presente la BCE comme le méchant aux cotés de l’Allemagne, c’est pour ca que je trouve l’article simpliste. Personnelement je trouve la BCE pragmatique, elle arrive à gagner du temps pour permetre aux état de s’en sortir

    Souvent les gens critiquent l’austérité mais qui à élu les politiques qui on créé la dètte d’hier et donc l’austérité d’aujourd’hui ? il est tellement plus facile de trouver un/des coupable(s) que de se remetre en cause.

    Pour rappel, si la BCE était intervenu dès le départ pour la grêce, ca aurrait eu au minimum un éffet néfaste à moyen et long terme. Les pays n’auraient plus à s’inquiéter de leur dépenses puisque la BCE aurait été la, mais l’euro se serait dévaluer ( l’offre d’euro serait plus grande que la demande dans les échanges internationnaux) donc chaque europeen auraient vu son salaire/sa retraite baisser en valeurs... Les politiques n’aurait rien fait d’impopulaire mais le problème sous-jacent serait toujours présent agravant la situation d’année en année.

  • permalien Fabien :
    21 septembre 2012 @12h43   « »

    Il y a tout de même quelque chose qui me chagrine, en lisant vos articles M.Lordon j’ai l’impression que le problème est purement interne à l’Europe. Quelles sont les acteurs extra-européens qui interviennent et comment ? (Hedge Funds, Chine, Etats-Unis ?) Et plus généralement, dans cette crise mondiale, qui tirent leur épingle du jeu ? Car je ne pense pas qu’il n’y ait que des perdants... Serait-il possible que vous nous fassiez un état des lieux de l’économie mondiale, pour avoir un point de vue global ? Quels sont les chiffres d’avant la crise et ceux d’aujourd’hui, pour avoir plus de recul sur ce qui se trame ? (évolution des PIB, des montants des dettes, volume échangés sur les différents marchés, etc...) Car je trouve qu’on a trop la tête dans le guidon, à force de lire des informations tous les jours, on ne sait plus où nous en sommes. Je vous remercie d’avance (vous ou un lecteur du blog qui aurait l’amabilité de m’éclairer)

  • permalien Dem :
    21 septembre 2012 @14h19   « »

    @Fabien
    Je n’ai pas l’ensemble des données demandées, mais une partie se trouve sur des site tel que déjà mentionné plus haut, à savoir les-crises.fr
    Sachez néanmoins qu’il est très difficile d’obtenir certains de ces chiffres car il y a une couverture légale (ex : qui possède la dette ? qui est impliqué dans la spéculation des matières agricoles ?...)

  • permalien LoungeLezard :
    21 septembre 2012 @14h52   « »
    Spectaculaire

    Intéressante analyse qui éclairerait l’attitude actuelle de l’Espagne et de son gouvernement sous la direction de Mariano Rajoy, c’est à dire qu’elle attend pour le moment de demander de l’aide à la BCE (en souscrivant au MES).
    Donc, au jeu du poulet, nous avons dans cette manche, Mariano contre Mario et l’avantage serait pour Mariano puisque Mariano a un filet au cas où il tomberait avec Mario alors que Mario, lui, perdrait son joujou.
    Les paris sont ouverts...
    Je vois maintenant un peu mieux la sérénité de l’Espagne. Elle a moins à perdre.
    Ne nous trompons pas non plus, si cela se trouve Mariano fait partie de le même équipe que Mario, ou alors il est en train de négocier sa sortie.

  • permalien zorbeck :
    21 septembre 2012 @17h44   « »

    En réponse à Mat du 19 septembre @22h46

    Vous ne comprendrez pas grand chose à l’économie et encore moins à la finance si vous vous en tenez uniquement à la plupart des auteurs cités ci-dessus, surtout s’ils sont français.

    Si vous voulez vraiment comprendre qc à l’économie, je vous recommande de laisser les oeillères idéologiques de coté, c.a.d d’éviter les lectures tricolores dont la vacuité habituelle culmine dans le concept vide, constamment ressassé de "pensée unique" (forcément exogène ;-) et plutot d’aller chercher directement la compréhension du coté de la presse économique anglo-saxonne : The Economist, Financial Time, Wall Street Journal, voire FT Deutschland et pour la presse en ligne Bloomberg.com. Ce sont des sources d’information en général fiables qui vous éclaireront bien mieux sur les modes de pensée des gens qui nous dirigent vraiment, à savoir ceux qui sont dans les CAs des grosses entreprises, pétrole, armement, banques et autres hedge funds. Et quand vous vous rendrez compte que tous ces gens ne sont pas d’accord entre eux et ont des intérets divergents voire opposés, vous commencerez à mieux comprendre où sont les véritables rapports de force que le concept flou de pensée unique ne fait qu’occulter faute de les comprendre.

    Une fois que vous aurez compris comment fonctionne l’économie globale et raisonnent ceux qui la dirige, vous pourrez alors mieux savourer les particularités du capitalisme à la française, la consanguinité évidente entre les hautes sphères de l’Etat et les élus des CAs, et aussi ses exceptions, assez comiques vues de l’extérieur. Par exemple comment on en arrive à des situations où un CEO d’une banque française (Pebereau) dont le bilan est de la taille de l’Etat français, parvient à persuader un président (Sarko) de renflouer gratuitement (je veux dire aux frais du contribuable, cas unique en Europe) les banques françaises et de voir un zélé pourfendeur de la pensée unique (F Lordon) venir au secour de tout le montage quand l’ingérence étrangère, je veux dire la commission européenne, a eu le toupet de pointer l’anomalie du doigt...

    Pour la petite histoire, grand lecteur du Monde Diplo quand j’ai commencé ma carrière chez Dow Jones (la boite qui possède le WSJ et l’indice du meme nom) avant Murdoch, j’ai appris le fonctionnement des marchés financiers sur le tas, dans des salles de marché. Et c’est ainsi que j’ai compris que si vous voulez vraiment comprendre qc, le pragmatisme anglo-saxon est un outil bien plus performant que les insondables et stériles prédigérés du Monde Diplo, et ce meme si Lordon a l’immense mérite de comprendre beaucoup plus de choses que ses prédecesseurs (Ibrahim Warde mis à part). Le probleme de Lordon est qu’il se fait emporter par la foule de ses admirateurs et le poids de leur idéologie : il était plus pertinent et beaucoup moins conventionnel au début.

  • permalien
    21 septembre 2012 @18h49   « »
    J’ai bien fait d’arrêter...

    Eh bien dites donc, voilà qu’on apprend que la lecture assidue du monde diplo peut mener directement chez monsieur Dow Jones ! J’ai bien fait d’arrêter, sinon j’allais me retrouver dans une salle de marché au beau milieu de zombies plantés toute la journée devant des écrans à regarder des courbes et des chiffres et à pianoter sur un clavier avec l’iphone 37 vissé à l’oreille. Je l’ai échappé belle, même si à mon age avancé je ne risquais pas grand chose. Ouf !

    Pour Mat : laissez tomber les bouquins d’économie, l’essentiel n’est pas là. L’économie remplit aujourd’hui la même fonction que la théologie dans le passé.

  • permalien M :
    21 septembre 2012 @19h55   « »

    @zorbeck

    Mazette ! Chez Dow Jones ! Vous n’êtes pas n’importe qui ! (En plus grand lecteur du Monde Diplo : c’est dire...)

    Vous avez d’ailleurs parfaitement raison : quand (pour utiliser une analogie, avec les limites de cette figure évidemment) on veut comprendre qc à l’incendie, mieux vaut travailler chez l’incendiaire que lire le manuel du sapeur-pompier.

  • permalien zorbeck :
    21 septembre 2012 @19h59   « »

    A heloua 20 septembre @11h58

    C’est le mécanisme de l’offre et de la demande qui fixe la valeur des obligations et donc des taux d’íntéret qu’elles reflètent (C’est le risque pris par l’acheteur qui se retrouve dans le taux d’intéret : si le prix de l’obligation monte les taux baissent, et si le prix de l’obligation diminue ce sont les interets qui montent par le jeu offre/demande). Le fait que ceux-ci baissent pour les pays à risque vient précisément de la crédibilité de l’engagement de la BCE qui s’apprête à racheter les titres au cas où les investisseurs en possédant voudraient s’en débarrasser. En d’autres termes, l’ensemble des contribuables européens via la BCE se porte garant des obligations des états en difficulté. Le jour où la crédibilité de la BCE est mise en doute, ou bien si elle décide de ne plus se porter garant si par ex. les contribuables des pays riches renaclent pour de bon, ou bien si tout simplement l’euro éclate, les taux d’intérêt deviendront stratosphériques pour tous les états en difficulté, c’est ce que tous les économistes en herbe oublient de dire. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas l’ex de G.S., il a pris la bonne décision d’un point de vue global. Maintenant rassurez vous si l’euro éclate ce ne sera pas perdu pour tout le monde, car les riches s’en sortiront mieux que les autres, à commencer par les grand bretons ou autres ricains.

  • permalien Jordi Grau :
    21 septembre 2012 @22h12   « »

    A Zorbeck

    Dire qu’il y a une pensée unique - ou plutôt un courant de pensée dominant - ne signifie pas nier l’existence de rapports de force et de rivalités entre États ou entre entreprises.

    Ensuite, il me semble qu’il est un peu simpliste de vouloir opposer la pensée française (forcément nulle) à la pensée anglo-saxonne (forcément pragmatique et bien informée). Il faut d’abord remarquer que tous les économistes français ne pensent pas pareil. Il en va de même pour les économistes anglo-saxons. J’avoue que je ne suis pas du tout un spécialiste, mais il me semble qu’il peut y avoir plus de proximité entre un économiste français et un économiste américain qu’entre deux économistes français.

    Par ailleurs, la presse économique anglo-saxonne est-elle si bien informée ? Avant la crise de 2007-2008, avait-elle dit à quel point le système financier était fragile, et à quel point les États qui fondaient leur prospérité à un développement extrême du secteur financier étaient en danger ? Je peux me tromper, mais il me semble que non. En revanche, quelques économistes dissidents - dont certains étaient français - avaient vu la catastrophe venir. F. Lordon et les autres économistes hétérodoxes (qu’ils soient français ou non, peu importe) ont sans doute des défauts, mais je pense qu’on serait mal venu de les considérer avec condescendance.

  • permalien monpostdemocrate :
    21 septembre 2012 @23h00   « »

    Tout comme la convention internationale des droits des enfants a inventé la notion de "interet superieur de l’enfant" comme solution finale aux litiges intra familiaux transfrontières, le TSCG invente la solution finale pour les peuples européens en difficultés d’union "l’interet superieur des banques" autrement dit pour ceux qui ne sont pas versés dans le juridique, le TSCG est à la sécurité de l’industrie bancaire , ce que la protection sociale est à la sécurité du monde du travail , dans les deux cas c’est le même qui paye....le peuple.

  • permalien Zolko :
    21 septembre 2012 @23h15   « »
    @ zorbeck

    C’est le mécanisme de l’offre et de la demande qui fixe la valeur des obligations et donc des taux d’íntéret qu’elles reflètent

    vous êtes humoriste chez Dow-Jones ? Vous n’avez donc pas lu que ce sont les grosses banques (Barclays en tête) qui fixent les taux d’intérêts à travers des indices comme le LIBOR, et les manipulant à gros coups de mensonges ? A moins que vous nous preniez pour le même genre de billes que vous paraissez fréquenter quotidiennement.

    Et si vous voulez vraiment comprendre quelque-chose à l’économie, lisez plutôt ZeroHedge, vous en serez moins bête (et moins prétentieux).

  • permalien Citizen :
    21 septembre 2012 @23h39   « »

    le Libor c’est le taux de référence du marché interbancaire britannique, ça n’a pas grand chose à voir avec le marché de la dette souveraine.

    Et dans l’affaire du Libor, on ne me fera pas croire que l’autorité de régulation britannique n’était pas au courant des manipulations et à laisser faire. Et pour cause, ça les arrangeait bien d’avoir un taux Libor anormalement bas en pleine crise financière alors que les banques ne se prêtaient plus d’argent entre elles...

  • permalien Zolko :
    21 septembre 2012 @23h46   « »
    @ Citizen

    Je suis d’accord. C’était juste pour faire remarquer à ce prétentieux ignorant que les taux d’intérêts (quels qu’ils soient) ne sont pas le reflet de l’offre et de la demande, c’est tout.

  • permalien Zolko :
    21 septembre 2012 @23h55   « »
    @ Citizen

    euh, le LIBOR c’est un peu plus que juste "le taux de référence du marché interbancaire britannique", il me semble. C’est aussi l’indice de référence pour pleins d’autres échanges financiers (dans le fameux "shadow banking", inconnu et fantasmé), dont le volume total est supérieur au PIB mondial !

  • permalien javva :
    22 septembre 2012 @04h05   « »
    spéculation = jeu de la mauviette ?!

    En général, spéculer, ça signifie imaginer ce que l’autre pense.
    Le chicken game c’est ça aussi.
    Dans les deux cas, c’est le plus gonflé qui gagne sur le mode linéaire (i.e. tant qu’il n’y a pas de destruction du système), mais tout le monde peut perdre puisque c’est un système qui a aussi un mode de destruction réparti (i.e. la destruction du système ne sera due à personne en particulier ; la responsabilité sera répartie sur chacun en fonction de sa volonté de gagner).
    Ce sont des systèmes qui favorisent l’égoïsme, puisque pour chaque joueur, l’envie de gagner est en compétition avec l’envie de conserver le système.
    En fait, il y a pas mal de système qu fonctionnent sur ce principe.
    Les négociations sur la lutte contre les réchauffements climatiques fonctionnent sur ce principe, notamment.
    Une façon de sortir du cercle vicieux, c’est de rompre la symétrie du système, par exemple en remplaçant la compétition quantitative par une compétition qualitative, ou en remplaçant la négociation par l’innovation. Dans le cas des négociations carbone, ça signifie remplacer les discussions bourse/taxe, ou quotas absolus vs per capita, etc. par une compétition sur les moyens technologiques de réduction.

  • permalien zorbeck :
    22 septembre 2012 @10h47   « »

    A Jordi Grau 21 septembre @22h12

    Vos objections sont justifiées, la majorité des articles – mais pas tous – de la presse citée ont effectivement défendu l’idée mortelle du « self-regulating body ». Je suis loin de défendre cette idée et mon intervention était une réponse à la question de savoir comment s’orienter pour y comprendre qc, plutôt qu’en se dispensant de l’effort par la lecture d’une interprétation pré-digérée.

    Qui plus est, mon propos n’est pas de défendre l’indéfendable, mais d’inviter le lecteur à vraiment comprendre les mécanismes, et là dessus le pragmatisme protestant est d’un grand secours. Par ex, quand je rappelle que c’est le mécanisme de l’offre et de la demande qui fixe les taux d’intérêt, on m’objecte en me traitant d’humoriste que ceux-ci sont fixés frauduleusement à Londres.

    C’est à la fois se méprendre sur la base des taux d’intérêt, et sur la nature de l’arnaque commise à Londres, la première des deux méprises étant la plus grave car elle montre une incompréhension fondamentale du mécanisme de l’offre et de la demande qui fixe les taux. Si le prix d’un titre existant (bond aka obligation à taux fixe) diminue sur le marché, cela veut dire que le rendement attendu par la prochaine émission sera plus élevé, et donc que le taux monte. Si par contre le prix du titre augmente, cela implique une baisse du taux (à la prochaine émission), le rendement d’aujourd’hui étant meilleur que celui de demain. Quant aux taux LIBOR qui sont des taux interbancaires à court terme, ils ne peuvent diverger longtemps et significativement des taux fixés par les obligations (à court terme) vu les possibilités d’arbitrage engendrées. Si on ne comprend pas ca, il est impossible de ne pas tourner en rond.

    L’arnaque du LIBOR, accomplie avec consentement des autorités britanniques de supervision, a plusieurs origines. D’abord qu’est-ce qu’un taux LIBOR ? C’est une moyenne entre les taux auxquels les plus grosses banques prétendent pouvoir se financer entre elles, sans pour autant que ces taux reflètent des transactions réelles et vérifiables, première base de l’arnaque instituée à Londres sous couvert du « self-regulating body ». Cela permet aux banques de se montrer plus solides qu’elles ne le sont d’une part, mais cela permet surtout d’engranger des gains faramineux par les effets de levier des produits dérivés adossés aux taux publiés : il suffit que quelques traders avec les bons contacts dans les plus grosses banques se mettent d’accord pour influencer certains taux au jour J à quelques dixièmes de % et c’est le jackpot. Si Barclays a pu s’en tirer avec pas loin d’un demi-milliard de $ d’amende, vous pouvez imaginer les benefs qu’il y a derrière (et il reste 17 autres banques à clarifier). Je signale en passant que Barnier essaie de traiter le problème, reste à voir jusqu’où le lobby bancaire interviendra pour le contrer.

  • permalien arndebian :
    23 septembre 2012 @08h40   « »
    Vers le gouffre dans le calme et la joie

    Après $ 29 000 milliard de fond public en 2008, le foreclosure-gate, le libor, les CDS artificiellement gonflés à $ 700 000 milliard soit 10 fois le PIB mondial et j’en passe, il y aura toujours des zorbeck pour nous chanter la berceuse du marché libre, des louanges de la main invisible et des bienfaits de la libéralisation.
    Tout est "libre" et "libéré" (mais de qui, de quoi ?), on privatise les gains et on refile toutes les pertes à l’état, cela sent le nirvana à milliardaire.

    Ce qui nous montre que l’économie n’est certainement pas une science, ni même une discipline d’escrocs mais une propagande qui tourne à la religion servant les plus malhonêtes afin de voler sans risque ceux qui produisent la richesse, cad ceux qui "travail" au sens originel du terme.

    Tout ceux qui ne comprene rien en économie et encore plus en finance comprenent eux parfaitement bien la finalité de ce lavage de cervaux (FT, WSJ,...). Et voir F. Lordon "emporté par la foule de ces admirateurs et le poids de leur idéologie", pauvre garçon !
    Les fous guident les aveugles et le gouffre est devant nous.

    Finalement pour Mat, mieux vaux laisser tomber les livres quand on a la chance de vivre la catastrophe en direct, il suffit de profiter du spectacle.

  • permalien Citizen :
    23 septembre 2012 @13h56   « »
    @ Zolko

    Bon il faudrait arrêter de dire n’importe quoi, tu confonds tout. Le LIBOR est calculé quotidiennement sur les données fournis par un panel de 16 banques. Ces 16 banques n’ont rien à voir avec le shadow banking, puisqu’elles ont toutes reçu une licence bancaire délivrée par le régulateur britannique, la FSA.

    Les manipulations du Libor sont donc le fait d’établissements bancaires sensées être sous le contrôle de la FSA.
    L’affaire du Libor n’est pas un manque de régulation, mais un défaut du régulateur : la FSA a laissé faire !

  • permalien zorbeck :
    23 septembre 2012 @19h32   « »

    A citizen du 23 septembre @13h56

    Pour moi si justement : l’affaire du LIBOR est davantage le signe d’un manque que d’un défaut de régulation. Il est vrai que depuis 2007 au moins les autorités britanniques de tutelle savaient mais n’ont rien fait pour le contrer, pour des raisons assez bien expliquées par Lordon dans un billet précédent, à savoir pour éviter d’aggraver la crise et surtout pour ne pas mettre sur la sellette la place financière de Londres et ses pratiques. Il est probable que les principales victimes sont les fonds de pension qui eux n’ont pas la possibilité de manipuler les taux à leur avantage (seules les 18 plus grosses banques ont droit à la parole) mais ont du passer à la caisse chaque fois que les produits dérivés dont ils abusent se sont retournés contre eux au profit des banques.

    Ce qu’il y a d’inacceptable dans la pratique actuelle, c’est que tout repose sur la « bonne foi »des 18 banques qui publient leur taux (les 2 valeurs extrêmes étant mises de coté pour calculer la moyenne) auxquels elles prétendent pouvoir se financer quotidiennement : overnight, 1 jour, 2, 3, 1 semaine etc sur différentes monnaies. Il ne s’agit donc pas de taux réels vérifiables et ceci est le cœur de l’arnaque. Le problème qu’ont maintenant les autorités britanniques sont les centaines de milliards en produits dérivés et autres qui sont adossés aux taux LIBOR : si on arrete de les publier tout s’écroule à Londres, si pas ailleurs. Les remplacer par des taux réels est la seule solution à terme, mais le contre-argument utilisé est que trop peu de transactions voire aucune (?) ne couvriraient certaines échéances. Personnellement je trouve cet argument fallacieux, car il vaut mieux des taux réels incomplets que des taux purement inventés et invérifiables. Cela donnerait évidemment beaucoup plus de responsabilité à la BBA et apparemment ils n’en veulent pas car les litiges seraient objectivables, ce qui implique que les autorités de contrôle ne pourraient plus continuer à fermer les yeux comme ils l’ont fait si longtemps. A l’échelle européenne Barnier veut une legislation, il a raison et les Allemands sont pour, mais on peut compter sur les Britanniques pour faire capoter toute tentative d’ingérence européenne sur la City.

  • permalien Mat :
    23 septembre 2012 @20h04   « »

    Eh bien..

    Merci pour les conseils de lecture, les conseils tout court, les orientations, et le temps que certains ont pris pour répondre.

    Il me faut en effet des livres sur le fonctionnement du système..
    (D’un point de vue littéraire si possible : je ne connais pas bien le solfège mathématique).

    Je vais commencer par piocher dans vos suggestions.

    Merci encore. Vraiment.

  • permalien etienne :
    23 septembre 2012 @22h41   « »

    @heloua

    Je ne vois pas pourquoi ils ne continueraient pas à exiger des taux très élevés, empocher les intérêts tant qu’ils sentent que les pays en question tiennent encore le choc de la rigueur puis revendre ensuite les dites obligations à la BCE quand ils estiment que le patient est tout proche du "cliniquement mort" ?

    Je vais essayer de faire un peu plus simple que zorbek.

    Les obligations sont vendues à l’origine avec un intérêt nominal fixe et à un prix donné. En revendant massivement des obligations déjà émises, les agents spéculateurs font baisser la valeur des titres, ce qui fait augmenter mécaniquement le taux d’intérêt de ces titres, qui finissent par trouver des acquéreurs à un prix très bas, et donc à un rendement élevé, ce qui impose un taux d’intérêt de marché élevé.

    Lorsqu’un Etat met en vente de nouvelles obligations, il est donc obligé de s’aligner sur ce taux d’intérêt de marché : en effet qui voudrait acheter de nouveaux titres à un taux d’intérêt plus faible, alors qu’il suffit de se baisser pour ramasser des obligations déjà émises à un rendement beaucoup plus élevé ? Sans aucune intervention de la BCE, la valeur des titres chute indéfiniment, et les taux d’intérêts explosent.

    En menaçant d’acheter de façon "illimitée" (bien que cela ne soit pas exact) les titres de dette souveraine, dès lors que les taux d’intérêts dépassent un certain seuil que la BCE se garde de communiquer, elle empêche la valeur des obligations de chuter, et les banques accepteront d’acheter les nouveaux titres à un taux "raisonnable", sachant qu’il pourront toujours les revendre à la BCE en cas de baisse de leur cours.
    En ce sens, les banques ne pourront pas "exiger" des taux très élevés, puisqu’il existera toujours des preneurs pour ces titres à des taux raisonnables : la BCE en premier lieu, mais aussi tous les acheteurs de ces titres rassurés par le fait que la BCE "protège" ainsi le cours, et persuadés qu’ils achètent déjà des titres à leur rendement maximum, ce qui n’est déjà pas si mal.
    Le taux d’intérêt de marché étant ainsi stabilisé à une valeur-cible, bien en deçà des taux stratosphériques observés depuis 2 ans, mais pas trop bas non plus pour que ces Etats sentent passer la pilule quand même, ces derniers pourront alors "revenir" vers les marchés et émettre de nouvelles obligations alignées sur les taux d’intérêts du marché, en étant sûrs qu’ils trouveront preneur.

  • permalien etienne :
    23 septembre 2012 @22h44   « »

    Ce qu’explique F. Lordon est que ce systême est encore plus pervers que le précédent, puisqu’il permet à la BCE d’exercer une pression discrétionnaire et continue sur les Etats, ceci de façon complètement opaque. En effet, la non intervention de la BCE avait au moins le mérite de mettre à jour l’inanité du systême en rendant brutalement les Etats insolvables, ce qui nécessitait des procédures d’urgence du type FESF-MES ou encore des semi-défauts, les pays endettés se trouvant de fait asphyxiés. Cela faisait peser de lourdes menaces sur l’intégrité de la zone euro et sur la crédibilité de l’ensemble.

    Par analogie, le systême mis en place ressemble à s’y méprendre aux techniques de torture assistée médicalement, qui permettent aux tortionnaires de maintenir les suppliciés moribonds en vie. Puisqu’il est de bon ton d’user de métaphores cinématographiques, le tueur de "Seven" avait ainsi maintenu en vie un écorché (vous vous rappelez, les petits sapins désodorisants) ?
    Car ce que veulent les eurocrates et la BCE, ce n’est pas d’une Grèce, d’un Portugal ou d’une Espagne mortes - cela ferait disparaître l’eurozone...et la BCE elle-même du même coup - mais de maintenir ces Etats moribonds, afin d’exercer une pression maximale sur leurs politiques budgétaires. Avec des taux "raisonnables" de 4%, on maintient ces Etats en vie, mais, compte tenu de la récession dans ces pays et des faibles capacités de financement, on s’assure bien qu’ils restent sous pression des créanciers, publics comme privés.
    L’intention n’est donc pas de soulager ces pays, comme aurait pu le faire un financement direct à 0.5% par exemple, mais de s’assurer que les « mauvais élèves » subissent la damnation éternelle pour leurs supposés péchés passés. En langage eurocratique ordo-libéral, on appelle cela la « gestion de l’aléa moral ».

  • permalien yvan :
    24 septembre 2012 @10h44   « »
    L’austérité, ... semble de moins en moins calme...

    Bonjour Monsieur Lordon.
    Depuis les nouvelles dispositions de la BCE, je songeais à vous demander ce que vous en pensiez car peu de gens, voire, personne, n’analyse aussi finement et de façon neutre l’amusant de la situation.

    Au vu des montées de tension mondiale, j’aimerai aussi que vous nous fassiez un article sur la crise, mais en sortant de l’Europe.
    Juste une référence qui pourrait intéresser certains :
    http://criseusa.blog.lemonde.fr/

  • permalien Yannick :
    25 septembre 2012 @00h11   « »

    Lordon, Lordon ?! C’est en imitant le Lordonou que sa prose me parle ! Il faut voir comme ça réjouit mon auditoire !! Et ses concepts ne sont pas rébarbatifs. Plutôt récréatifs pour un esprit citoyen. Je suis prêt pour le tirage au sort.

  • permalien simplex :
    25 septembre 2012 @01h42   « »
    Mais qui paie alors ?

    Ben moi j’aimerais bien pouvoir croire à des alternatives, mais le budget de l’état coûte et il faut bien donc qu’il soit payé. Si on peut pas le payer nationalement, il faut que d’autres pays paient, ou pire on s’endette auprès d’eux. Et ces autres pays ne sont pas obligés de payer pour les autres, donc ils mettent des conditions.

    Les banquiers prétendent créer de la richesse par magie en compliquant les façons de prêter, alors qu’ils ne font que prendre l’argent à d’autres. M. Lordon prétend pouvoir créer de la richesse par magie en faisant payer la BCE, ou autres abracadabra enfumatoires - alors qu’en fait c’est bien d’autres européens qui paient.

  • permalien Jordi Grau :
    25 septembre 2012 @09h47   « »

    A Simplex

    La question "Qui paye ?" est évidemment très importante. Mais pour y répondre, il faut d’abord se demander d’où vient la dette publique. Le collectif pour un audit citoyen de la dette publique pose à ce sujet des questions pertinentes et propose quelques ébauches de solution.

    Une des pistes, ce serait de faire en sorte que les États ne soient plus obligés d’emprunter aux banques privées. Si la dette est si lourde, c’est en grande partie parce que les États doivent payer des intérêts élevés - et d’autant plus élevés qu’ils sont dans une situation économique difficile, ce qui crée un cercle vicieux. Une autre piste serait de taxer suffisamment les transactions financières - non seulement pour récolter de l’argent, mais pour ralentir la spéculation. Rappelons que la spéculation financière est une des origines principales de l’explosion de la dette publique. En effet, la crise financière de 2007-08 a considérablement ralenti l’activité économique, ce qui a constitué un important manque à gagner pour les États.

    Enfin, rappelons que les inégalités de revenus (et plus encore de patrimoine) ont explosé dans de nombreux pays du monde depuis la fin des trente glorieuses. Cela ne serait pas si grave si l’argent des plus riches était investi dans des activités utiles pour la société. Mais, pour une bonne part, elle est investie dans une catastrophique spéculation financière. Une fiscalité beaucoup plus égalitaire - si possible, pas seulement en France - permettrait donc des rentrées d’argent substantielles pour les caisses de l’État sans pour autant ralentir l’économie.

    Voilà quelques pistes, mais il y en a beaucoup d’autres... (Ex. : s’attaquer aux lobbies pharmaceutiques pour faire baisser le prix des médicaments).

  • permalien marco :
    25 septembre 2012 @10h19   « »
    La partie de poker menteur se poursuit.

    La partie de poker menteur se poursuit.
    La finance privée a décidé de mettre à genoux, voire de liquider les états pour s’approprier les biens communs.
    Aujourd’hui, l’organisme financier capable de mener, de diriger la partie semble bien être la banque Goldman Sachs. Telle une pieuvre aux multiples bras, elle a placé ses agents à des postes qui lui permettent de se saisir de sa proie. DG de la BCE Mario DRAGHI est un « ancien » de Goldman Sachs. Le ver est dans le fruit. Le fruit est mûr à point pour se faire dévorer.

  • permalien zorbeck :
    25 septembre 2012 @11h39   « »

    Autour du LIBOR

    Un complément d’information peché ce matin sur bloomberg : http://www.bloomberg.com/news/2012-...

    D’après l’article, et contrairement à ce que je prétendais ci-dessus, ce ne sont pas uniquement quelques traders mais bien le management de la banque qui était à la source du trucage (pour RBS dans ce cas-ci).

    Et le pompon, ce sont les dizaines de milliards injectés par le contribuable pour sauver cette banque là...

  • permalien
    25 septembre 2012 @17h04   « »
    Coluche...

    ...me semble aussi de grande actualité.
    "Dites de quoi vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passez."
    "Serrez-vous la ceinture, et après, vous aurez l’habitude."

  • permalien Jean-Michel Masson :
    26 septembre 2012 @19h11   « »

    Il est également intéressant de tout mettre en perspective : pas uniquement une politique d’austérité ici ou là, mais de faire apparaître ce qui risque de conduire, d’une manière plus générale à une dictature appelée parfois "corporatecracy" en Amérique :
    https://jmmasson.wordpress.com/2012...
    Insatiables, leurs lobbies instrumentalisent tout afin d’ assurer la rentabilité maximale pour les "investissements", le reste ne compte guère. Visiblement d’autres étapes se préparent.

  • permalien lanteri :
    25 décembre 2012 @11h28   « »

    les politiques manquent de courage et tout est vite vide vertigineux

    ils n’avoueront jamais leurs erreurs le tout est de cesser de leur déléguer quoique ce soit

  • permalien Valentin :
    19 mai 2013 @10h12   « »

    @ Mat, qui veut lire ; je conseille de plutôt se tourner vers les traités de chimie ; chapitre : Elaboration et maniement des nitrates et ozonides.

  • permalien Valentin :
    31 mai 2013 @00h17   « »

    Les "politiques" ont deux buts :
    1)- Se remplir les poches.
    2)- Donner leur nom à une loi.
    Ils se foutent et se contrefoutent de la politique, de l’économie, de la société, des droits de l’homme, de la démocratie et de notre gueule.
    Ce qu’il nous faut, c’est un coupeur de têtes, avec des gros bras et une hache dans chaque main.

  • permalien Valentin :
    6 juin 2013 @02h04   « »

    Voila que maintenant ils taxent les panneaux solaires.
    P...n. Mais comment on peut être aussi con ?????
    Hitler ! Reviens ! Pour gazer cette vermine.

  • permalien Delphine :
    26 novembre 2013 @09h59   « »

    L’austérité a fait place à de grands changements en Grande Bretagne par exemple et les débats entourant la réformes des services a tout simplement abouti à un arrangement auquel on pouvait s’y attendre, la prise en main de certains services par le secteur privé. Je ne suis pas totalement contre cette pratique ni à 100% pour car à mon humble il y a aura toujours des litiges et ce sont les honnêtes qui en paieront le prix pour ne rien y changer. en même temps je me dis quele gouvernement a ainsi plus de temps à consacrer à l’éducation, l’économie, le social, le chômage...

    Delphine de new york hotel de luxe

  • permalien Parquetor :
    9 décembre 2013 @19h30   « »
    Un artisan Francais dans la merde...

    Bonjour,
    je voudrais savoir si en rédigeant moi même une reconnaissance de dette et en l’envoyant en recommandé avec ar à mes créanciers, est-ce que cela est valable moralement (en tant que personne d’honneur) ?
    Car sinon je suis obligé de payé 125€ par lettre au trésor public pour validation, là il y a problème d’ordre financier ...
    Et combien de créancier par lettre ?
    Je suis obligé de vendre ma maison pour régler des crédits conso, donc je ne pourrais payer qu’à la vente...
    Merci de votre bienveillante aide.

  • permalien Parquetor :
    9 décembre 2013 @19h34   «
    Un artisan Francais dans la merde...

    chiaroni.nicolas@gmail.com

    Merci pour votre aide

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