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Copé, le MRAP et le racisme anti-Blancs

mercredi 26 septembre 2012, par Alain Gresh

Lors de son congrès du 30 mars-1er avril, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), une organisation qui avait été tout au long de son histoire à l’avant-garde du combat contre les discriminations, adoptait un texte surprenant :

« Promouvoir des identités artificielles et “uniques”, qu’elles soient nationales, religieuses, ethniques ou raciales, conduit inéluctablement au racisme. Ces enfermements identitaires émanent des groupes dominants, mais se reproduisent dans les groupes dominés : le racisme anti-blanc en représente un avatar. Le MRAP le condamne à ce titre d’autant plus qu’il apporte une inacceptable et dangereuse non-réponse aux méfaits et aux séquelles de la colonisation. »

Cette référence au « racisme anti-Blancs », une première pour l’organisation, suscitait une réponse sur le site Rue 89, « “Racisme anti-blanc” : le texte du MRAP “préoccupant” ». Les signataires notaient :

« L’emploi de manière a-critique d’une telle notion, comme si elle allait de soi, soulève en effet nombre de problèmes. Sans en faire la généalogie, comment toutefois ne pas tenir compte des conditions dans lesquelles elle est apparue en France dans le lexique politique, portée par les mêmes personnalités qui n’ont eu de cesse depuis quelques années de stigmatiser l’immigration et les populations des quartiers populaires ?

Comment ne pas voir que la notion de “racisme anti-blanc” a émergé dans le débat politique français pour inverser les rapports de responsabilité : la “victime” ne serait plus l’immigré ou le descendant d’immigrés mais le Blanc, inversion que l’on peut exprimer d’une autre manière ; si l’hostilité à l’immigration progresse, c’est la faute aux immigrés, ou encore : si les immigrés vivent et travaillent dans de terribles conditions, eh bien, c’est de leur faute. »

Le MRAP répondait dans une tribune « Non à la racialisation de la société française ! » :

« Si le MRAP ne fait qu’évoquer le racisme anti-Blancs comme l’une des composantes du racisme, les signataires du texte font, par contre, de la “non-existence du racisme contre des blancs” un élément déterminant de leur pensée.

Ce qui implique, selon leur logique, que seul le blanc peut être raciste et seuls les non-blancs peuvent être victimes de racisme. C’est là une réécriture raciale du racisme et cela entre en contradiction avec les fondamentaux du MRAP qui lutte contre tous les racismes. »

Cette argumentation du MRAP est pour le moins curieuse. Qu’il existe, dans tous les groupes de la société, des préjugés à l’égard de l’Autre n’est pas nouveau ; que puissent dominer des visions essentialistes plus ou moins dangereuses, plus ou moins répandues (les juifs sont riches ; les Bretons sont têtus ; les Auvergnats sont avares ; les roms sont des voleurs, etc.) non plus. S’il faut combattre ces préjugés, on ne peut les mettre sur le même plan qu’un système organisé d’oppression d’une catégorie de la population.

Le MRAP s’est illustré au cours de l’histoire, notamment durant la lutte contre la ségrégation aux Etats-Unis. Aurait-il été imaginable, à l’époque, qu’il dénonce « le racisme anti-Blancs » chez les Noirs ? Bien sûr, il existait à l’époque des visions racistes aussi chez les Noirs.

Le MRAP s’est aussi illustré dans la lutte contre l’apartheid. Aurait-il été imaginable, à l’époque, qu’il dénonce « le racisme anti-Blancss » qui existait dans les townships ?

Il ne s’agit pas, quand on dénonce le racisme dans tel ou tel pays, d’évoquer les préjugés des uns ou des autres, mais un système de domination et d’oppression. C’est ce que le MRAP semble avoir oublié.

Ce thème du racisme anti-Blancs est celui de l’extrême droite, suivie désormais par la droite traditionnelle. L’article de Wikipedia consacré au sujet offre quelques informations intéressantes :

« En 1983, l’écrivain Pascal Bruckner avait déjà utilisé le terme de “racisme anti-Blancss” dans son livre Le Sanglot de l’homme blanc. Mais selon le Dictionnaire de l’extrême droite du psychosociologue Erwan Lecoeur, la notion de “racisme anti-Blancs” aurait été introduite à l’origine par l’association d’extrême-droite, l’AGRIF, au côté de termes comme “racisme antifrançais” et “racisme antichrétien”. D’après cet ouvrage, l’emploi de ces notions s’inscrit dans une stratégie de “retournement victimaire” contre l’antiracisme pour “sortir du piège de l’accusation récurrente de racisme” et “la retourner par tous les moyens possibles”. La notion a été largement propagée et instrumentalisée par l’extrême droite (notamment dans le sillage de la nouvelle droite), en réponse à l’émergence du thème de l’antiracisme. Jean-Marie Le Pen le leader du FN affirmait à ce propos :

“L’antiracisme, instrument politique d’aujourd’hui, comme le fut l’antifascisme avant guerre n’est pas un non-racisme. C’est un racisme inversé, un racisme antifrançais, anti-Blancs, antichrétien” »

Mais, le plus inquiétant, est que certains intellectuels aient aussi rejoint ce combat.

« Un certain nombre de personnalités de gauche comme Ghaleb Bencheikh, Alain Finkielkraut, Bernard Kouchner et Jacques Julliard ont lancé, le 25 mars 2005, un Appel contre les “ratonnades anti-Blancss”, appel soutenu et relayé par le mouvement sioniste de gauche Hachomer Hatzaïr et la radio communautaire juive Radio Shalom. L’appel formulait le problème en ces termes :

[A]ujourd’hui les manifestations lycéennes sont devenues, pour certains, le prétexte à ce que l’on peut appeler des “ratonnades anti-blancs”. Des lycéens, souvent seuls, sont jetés au sol, battus, volés et leurs agresseurs affirment, le sourire au lèvres : “parce qu’ils sont Français”. Ceci est un nouvel appel parce que nous ne voulons pas l’accepter et parce que, pour nous, David, Kader et Sébastien ont le même droit à la dignité. Écrire ce genre de textes est difficile parce que les victimes sont kidnappées par l’extrême droite. Mais ce qui va sans dire, va mieux en le disant : il ne s’agit pas, pour nous de stigmatiser une population quelle qu’elle soit. À nos yeux, il s’agit d’une question d’équité. On a parlé de David, on a parlé de Kader mais qui parle de Sébastien ? »

C’est là le plus grave. Désormais, ce concept de racisme anti-Blancs a largement dépassé les frontières de la droite et gangréné une partie de la gauche. Le texte du MRAP reflète cette dérive.

Cette vision reçoit un appui de poids avec Jean-François Copé qui décide, à son tour, de « briser un tabou » (« Copé et le “racisme anti-blanc” : Hortefeux et NKM parlent de “tensions””, lemonde.fr, 26 septembre).

« Jean-François Copé, candidat à la présidence de l’UMP, a anticipé la polémique : il dit lui-même vouloir “à dessein” “briser un tabou” en dénonçant l’existence d’un “racisme anti-blanc” dans certains quartiers difficiles, dans son livre Manifeste pour une droite décomplexée (Fayard), dont Le Figaro Magazine, à paraître vendredi, publie des extraits. »

L’Université populaire sur le Proche-Orient et le Maghreb redémarre

Organisée par l’Iremmo et le blog Nouvelles d’Orient.
Révolutions, révoltes... deux ans après.

Samedi 6 octobre 2012
5/7, rue Basse des Carmes 75005 Paris
Bilan provisoire du "printemps arabe"

Programme :

Séance 1 (10h30-12h30) : Printemps arabes, automnes islamistes, hivers occidentaux ?, avec Alain Gresh, journaliste au Monde diplomatique et animateur du blog Nouvelles d’Orient.

Séance 2 (14h-16h) : Révolutions arabes : d’où vient-on, où en est-on, où va-t-on ?, avec Gilbert Achcar, Professor of Development Studies and International Relations, SOAS, Université de Londres.

Séance 3 (16h15-18h15) : Où en est la Syrie ?, avec Bassma Kodmani, directrice de l’Arab Reform Initiative et ancienne membre du Conseil national syrien (CNS).

Prochains cycles :

Samedi 10/11/2012 : Quel avenir pour la Palestine ?

Samedi 1/12/2012 : Où en est Israël ?

Samedi 12/01/2013 : Les islamistes au gouvernement

Samedi 9/02/2013 : Les femmes dans le monde arabe et méditerranéen

Samedi 2/03/2013 : L’Algérie, le Sahara et la géopolitique du Maghreb

Samedi 6/04/2013 : Culture(s) en Méditerranée et dans le monde arabe

Samedi 18/05/2013 : Jeunesses arabes et musulmanes

Samedi 8/06/2013 : La politique des grandes puissances en Méditerranée et au Moyen-Orient

Intervenant(e)s :

Gilbert Achkar, Zahra Ali, Benjamin Barthe, Akram Belkaid, Laurent Bonnefoy, François Burgat, Myriam Catusse, Sonia Dayan-Herzbrun , Jean Pierre Filiu, Yves Gonzales-Quijano, Alain Gresh, Marc Hecker, Bernard Hourcade, Karine Lamarche, Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou, Géraud de la Pradelle, Dominique Vidal…

1236 commentaires sur « Copé, le MRAP et le racisme anti-Blancs »

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  • permalien Iblis :
    28 septembre 2012 @08h52   « »

    Les résidents, français ou non, qui s’appellent Mohamed, eux,

    Pour les Français, s’appeler Mohamed à la 3éme voir 4émé génération montre une volonté de non intégration qui ne doit pas s’étonner des conséquences.

    La France n’étant plus chrétienne, si tu frappes la joue droite ne pense pas qu’on te tendra la joue gauche, il est donc normal qu’en ayant une attitude agressive il y ait un certain raidissement qui est d’ailleurs fort mesuré, des populations de souche.

  • permalien Françoise :
    28 septembre 2012 @09h05   « »

    A Maurice

    Il est question dans votre message de "la haine de plus en plus palpable qu’expriment les jeunes, essentiellement maghrébins, contre les "blancs"."

    Je ne conteste pas que cette haine soit réelle chez certains jeunes, mais vous ne semblez pas vous demander ce qui l’a provoquée.
    Elle n’est pas congénitale puisqu’elle n’est pas partagée par les maghrébins plus âgés. Ne vient-elle pas de leurs conditions de vie, de leur place, ou de leur non-place dans la société.

    Je viens de passer quelques jours à Londres et j’ai vu, beaucoup plus souvent qu’en France ou dans mon pays, la Belgique, des groupes"mixtes" de jeunes : blancs, noirs, asiatiques, qui étaient bien ensemble.

  • permalien gloc :
    28 septembre 2012 @09h10   « »

    Iblis : Pour les Français, s’appeler Mohamed à la 3éme voir 4émé génération montre une volonté de non intégration qui ne doit pas s’étonner des conséquences.

    ... comme David, Abe, Daniel, Ariel, Deborah, Judith... ou Nathan, à la Nième génération.

    La diaspora juive s’est pourtant étonnée des conséquences.

    Mais vous le saviez déjà, n’est-ce pas ? Ça fait partie de votre triste labeur de troll fétide.

  • permalien Iblis :
    28 septembre 2012 @09h21   « »

    Gloc,

    Les juifs sont en France depuis la conquête de la Gaule par Rome, Mohamed ne peut pas se prévaloir d’une telle antériorité.

    Il n’y a pas de fétide, il y a des faits et les faits vous dérangent.

    De plus, les juifs n’ont jamais été des envahisseurs contrairement au musulmans.

    La première période de peuplement musulman en France se fait dans le sud de la France par des populations issues de l’Espagne musulmane voisine suite à conquete Omeyyade. Ce peuplement a duré du VIIIe siècle au XVe siècle. L’islam n’est alors que la religion d’un des peuples qui envahissent la France, et donc les premiers contacts entre habitants de la France actuelle et islam sont des confrontations guerrières.

  • permalien Ph. Arnaud :
    28 septembre 2012 @09h31   « »

    Sta

    - Ah bon, je ne sais pas de quoi je parle ? Je dois donc en déduire, fort logiquement, que l’Afrique du Sud de l’apartheid était caractérisée par le "racisme anti-blanc" des populations de Soweto, contre lequel devaient se défendre les pauvres Afrikaners...

    - Je suppose aussi que c’est pour se défendre contre le "racisme anti-blanc" des Noirs agressifs que, dans les Etats du sud des Etats-Unis, les inconsolables de la Confédération se sont organisés pour fonder le Ku Klux Klan.

    - Tout le monde sait, en effet, que l’Afrique du Sud de 1948 à 1991, tout comme les Etats du sud des Etats-Unis sont marqués par le racisme "anti-blanc". Il est de notoriété publique que les Blancs, aux Etats-Unis, garnissent les couloirs de la mort et qu’avant 1991, les Blancs autour du Cap ou de Pretoria vivaient dans des ghettos et ne pouvaient se déplacer sans un "pass" délivré par les Noirs...

  • permalien gloc :
    28 septembre 2012 @09h42   « »

    ... et en plus vous insistez Iblis !

    Si c’est seulement la troisième génération qui vous pose problème, rassurez-vous, les Mohameds sont Français depuis 1830, ce qui les met à la 6ième génération.

    Quant aux Gastons, leurs ancêtres sont venus d’Afrique depuis environ - 1 000 000 av JC.

    ... il ne faut dans ces conditions que Copé "s’étonne des conséquences".

    Vous êtes la démonstration, que le racisme est imperméable à toute forme de raisonnement... c’est que d’la tripe tout ça.

  • permalien Ph. Arnaud :
    28 septembre 2012 @09h51   « »

    Iblis

    - J’aimerais que vous nous citiez l’article de la Constitution ou la loi qui stipule que l’on est moins Français en s’appelant Mohamed, Rachid ou Mouloud qu’en s’appelant Jacques, Pierre ou Robert.

    - J’aimerais aussi connaître les textes (Constitution, lois ou décrets) qui établissent des degrés dans la nationalité ou la citoyenneté en fonction de l’ancienneté de l’implantation de ses ancêtres sur le sol français.

    - La dernière fois qu’il y a eu de ces degrés entre les résidents du territoire français, c’était, me semble-t-il, en Algérie, lorsque le gouvernement avait établi le Code de l’Indigénat, qui faisait que si les résidents musulmans étaient bien Français par certains côtés (parce qu’ils avaient, par exemple, l’avantage d’aller se faire tuer à Verdun), ils ne l’étaient pas par d’autres - et, notamment, par le droit de décider à parité avec les "Français-de-souche" résidant en Algérie, de décider du sort du pays.

    - J’aimerais aussi que vous me communiquiez les références des registres d’état-civil d’époque carolingienne établissant la présence significative de noms musulmans, entre le 8e et le 10e siècle, sur les territoires correspondant aux actuelles régions Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

  • permalien Jordi Grau :
    28 septembre 2012 @10h03   « »

    A Iblis

    Désolé de faire à mon tour de faire un commentaire, mais ce que vous écrivez est vraiment très drôle :

    Pour les Français, s’appeler Mohamed à la 3éme voir 4émé génération montre une volonté de non intégration qui ne doit pas s’étonner des conséquences.

    La France n’étant plus chrétienne, si tu frappes la joue droite ne pense pas qu’on te tendra la joue gauche, il est donc normal qu’en ayant une attitude agressive il y ait un certain raidissement qui est d’ailleurs fort mesuré, des populations de souche.

    Si je suis votre logique, il faudrait considérer comme non intégré tous ceux qui portent des prénoms d’origine chrétienne (comme moi, par exemple), puisque la France a cessé d’être chrétienne. Seuls des noms neutres, qui n’évoquent aucune religion, devrait être acceptés comme typiquement français. Peut-être "Iblis" pourrait-il faire l’affaire ?

  • permalien Sarah :
    28 septembre 2012 @10h11   « »

    Iblis : Pour les Français, s’appeler Mohamed à la 3éme voir 4émé génération montre une volonté de non intégration qui ne doit pas s’étonner des conséquences.

    Encore une foutaise !

    Les afro-américains qui avaient noms et prénoms anglo-saxons,qui parlaient parfaitement l’anglais,qui étaient complètement "assimilés",n’étaient pas moins victimes de ségrégation et de toutes formes de discriminations.

    D’ailleurs,au milieu du dix-neuvième siècle lorsque les vagues de migrants pauvres originaires du Sud de l’Italie et de l’Irelande sont arrivés aux USA,ils étaient moins éduqués,moins alphabétisés,moins "intégrés" à la culture américaine que les afro-américains,cela n’a pas empêché la société américaine de mieux les accueillir que les afro-américains, pourtant plus proche d’elle sur le plan culturel.

    De toutes façons,toutes les victimes du racisme ont toujours entendu se dire que si elles étaient victimes,c’était de leur faute,de leur comportement,de leur religion,etc.

  • permalien Shiv7 :
    28 septembre 2012 @10h16   « »

    Yacedjaz :
    J’ai beaucoup apprécié votre texte, autant dans la forme que dans le fond, je me risque néanmoins à quelques remarques.

    Qu’est-ce que le racisme ? C’est le discours insane que tiennent les oppresseurs pour farder la vérité de l’exploitation bourgeoise de l’homme, de la femme et de tout enfant, pour dissimuler l’oppression et leur déni absolu de justice.

    Comme dans toutes dialectiques ont peut inverser les antagonismes et dire par exemple que l’oppression farde la vérité du racisme, car finalement le rapport oppressé/oppresseur ne participe t-il pas d’une vision élargie du racisme ?

    Le riche et le pauvre se détestes mutuellement tout comme peuvent se détester un blanc et un noir.

    Jeter la lutte des classes dans les oubliettes, c’est le but du racisme, ce discours d’oppresseurs qui atteint bien toute sa grande efficacité lorsqu’il structure l’esprit des dominés.

    Là également on peut faire une hypothèse inverse ou tout au moins complémentaire.
    Car si l’oppresseur structure l’esprit des dominés, le dominé lui, structure également l’esprit de l’oppresseur, car pour qu’il y ait un oppresseur il faut qu’il y ait un opprimé qui accepte de l’être.

    Ce n’est pas parce que la place de l’opprimé n’est naturellement pas du tout enviable qu’elle n’est pas évitable, la lutte en est une version, la mort peut en être un aboutissement.
    Mais précisément les individus et les peuples qui place plus haut la liberté que la mort refusent cette dialectique de l’oppresseur et de l’oppressé. (un peuple qui est exemplaire dans ce refus est le Pashtoune)

    Suite

  • permalien Shiv7 :
    28 septembre 2012 @10h18   « »

    Quand des opprimés agressent une personne (ou même plusieurs) et qu’ils motivent cette violence-là par des discours —racistes (couleur de peau, religion, sexe, quartier, etc.), ils sont racistes, car ils reflètent bien le racisme comme une image dans un miroir, lui donne toute sa fausse raison d’être ; ils confirment la lutte des races, des sectes, des clochers, des clubs, des gangs, des sexes, etc. ; ils fortifient le règne de la division. S’ils ne sont certes pas les auteurs du racisme ni ses bénéficiaires (ils ne renversent pas l’ordre oppressif), ils en sont de bons propagandistes par le fait, ils participent à leurs oppressions en chantant la fable raciste.

    Si la lutte des races, des sectes, des clochers, des clubs, des gangs, des sexes, etc. ; fortifie le règne de la division qu’en est-il de la lutte des classes ?

    La division ne naît pas des différences ou singularités, mais de l’incapacité de saisir l’unité dans la diversité ou sous un autre point de vue de confondre unité et uniformité.
    (je ne dis pas cela pour absoudre toutes oppressions, je pense que vous le comprenez, mais simplement pour définir une certaine réalité devant laquelle tous les rêves et illusions révolutionnaires seront toujours impuissants)

    Quand à la dialectique oppresseur/oppressé nos sociétés modernes (qui d’une certaine façon ont réalisé l’idéal révolutionnaire, même si c’est très imparfaitement) l’ont court-circuitée, l’oppressé étant son propre oppresseur, ce qui est la forme la plus aboutie de l’oppression dans la mesure que plus aucune luttes ni échappatoires n’est possible..
    (on peut aussi dire l’inverse, toutes les luttes sont possibles, c’est pour cette raison qu’aucunes n’est efficientes..)

  • permalien Shiv7 :
    28 septembre 2012 @10h31   « »

    Iblis :

    Pour les Français, s’appeler Mohamed à la 3éme voir 4émé génération montre une volonté de non intégration qui ne doit pas s’étonner des conséquences.

    Savez-vous que le principe démoniaque (que votre pseudo nomme) est le revers contre soi ?

    Dans ce contexte votre phrase ci-dessus prend tout son sel..

  • permalien Nathan :
    28 septembre 2012 @11h02   « »

    Je suppose que pour Ph. Arnaud, le massacre des 3 enfants juifs dans une école française - une "anecdote" assurément - n’est pas un crime raciste, car les enfants étaient des "dominants" tandis que l’assassin avait l’avantage d’être un "dominé".

    D’ailleurs, on est même en droit de se demander si c’était un crime tout court. Après tout, Merah ne faisait que venger ses "frères" Palestiniens. Si l’on suit la logique aberrante de Ph. Arnaud, cet acte était parfaitement légitime car, comme il le dit : "Les comptes sont loin d’être soldés".

    À propos de dominants et de dominés, je signale que la plupart des enfants de cette école sont issus de familles juives d’Afrique du Nord. Certaines sont d’origine algérienne comme leur assassin. Comparons le destin de ces immigrants, qui n’ont certainement pas eu la vie facile quand ils ont débarqué en France après avoir fui l’Algérie, avec celle de leur assassin. Je n’insiste pas. C’est édifiant. Et la question qu’on est en droit de se poser est la suivante : en quoi ces familles étaient-elles plus "dominantes" que celle de l’assassin ?

  • permalien sta :
    28 septembre 2012 @11h06   « »

    @Ph. Arnaud
    Je ne parle aucunement de "racisme anti-blanc" dans le contexte de l’Afrique du sud de l’Apartheid ou pour le Sud américain après la guerre de Sécession.
    Vous mélangez tout.
    Sur le sujet qui nous occupe, je vous conseille d’abord de lire des ouvrages qui vous feront toucher la complexité des sujets que vous voulez aborder.
    Désolé d’être direct mais vos propos ne rendent service à personne.

  • permalien Deïr Yassin :
    28 septembre 2012 @11h11   « »

    Hormis toute récupération idéologique - par Copé ou d’autres ici - les sciences sociales ont tenté de définir le racisme, même si cela n’est pas aisé.

    Journal des anthropologues : Races et Racisme
    - http://jda.revues.org/2619

    Etinne Balibar : La construction du racisme
    - www.cairn.info/revue-actuel-...

    L’article de Larousse/Encyclopédie n’est pas mal :
    - www.larousse.fr/encyclopedie...
    Il relève le caractère pluridimensionnel du racisme :
    - les attitudes individuelles
    - les pratiques sociales
    - le fonctionnement institutionnel

    Celui d’Encyclopedis Universalis, par contre, est écrit par Albert Memmi, et la bibliographie montre bien son Judéocentrisme.
    Je relève quand même sa définition condensée :

    "le racisme est la valorisation, généralisée et définitive, de différences biologiques, réelles ou imaginaires, au profit de l’accusateur et au détriment de sa victime, afin de justifier une agression"

    On pourrait changer ’racisme’ par ’sionisme’, et la définition reste valable, et pourtant Memmi est sioniste.

  • permalien Deïr Yassin :
    28 septembre 2012 @11h18   « »

    Et Nathan qui se ramène avec ses trois enfants juifs encore et encore. Cela devient pathétique et pathologique.
    S’il pourrait en plus s’abstenir de mélanger la Palestine à ça !

  • permalien Protométèque :
    28 septembre 2012 @11h23   « »

    @ Iblis

    Vos propos rappellent évidemment ceux d’Eric Zemmour, ici, et d’ailleurs le personnage a l’heure de plaire à certains... Mais comme le dit justement Zemmour, sans pour autant qu’il en tire les conclusions, "jusque dans les années ’70..." et depuis le monde a changé.
    Est-ce une "attitude agressive" de nommer son fils Kevin après le succès de "Dance avec les loups" ? Ce n’est pourtant pas très français comme prénom...
    Est-ce une "attitude agressive" de nommer son fils Nathan ? un prénom hébreux... (voir ici le classement de prénom)
    Est-ce une "attitude agressive" de nommer sa fille Sarah, un autre prénom hébreux ?
    Est-ce une "attitude agressive" de nommer son fils Eric ? un prénom d’origine germanique, mais rendu célèbre par les Scandinaves... après tout ce que les Vikings nous ont fait subir ?

  • permalien Sarah :
    28 septembre 2012 @11h29   « »

    @ Nathan :

    Je ne vous ai toujours pas entendu sur le meurtre de Said Bourarach par six personnes de confession juive dont au moins deux appartenaient à l’organisation extrêmiste,LDJ.

    Ni sur la profanation de la mosquée avec des tags en hébreu.
    Ni sur les agressions antisémites commises par des Juifs à l’égard d’autres Juifs:comme la double agression de Jacob Cohen par la LDJ,ou encore celle d’un journaliste Juif réputé trop proche de la cause palestinienne,le passage à tabac d’Offer Bronchtien par des extrêmistes juifs lors d’un ressemblent pro-israelien.

    Sans doute,il ne s’agit ici que des actes de "légitime défense",comme lorsque l’IDF(Israeli defense Force)bombarde Gaza ?

  • permalien Chipon :
    28 septembre 2012 @11h46   « »
    Si l’on se résume

    Il me semble qu’il plane, sur l’article d’Alain Gresh comme sur certains commentaires, quelques confusions.

    On nous dit par exemple que le racisme ne peut être que le fait de groupes "dominants" sur des groupes "dominés". C’est en soi discutable : à la fin des années 20, puisque décidément cette période nous obsède, un prolétaire allemand farouchement antisémite n’est pas, vis-à-vis d’un patron de presse, d’un banquier ou d’un intellectuel juif, précisément un "dominant". Son racisme, pourtant, ne fait aucun doute.

    Une autre confusion consiste à croire mordicus qu’il existe, aujourd’hui en France, un racisme d’Etat comparable à celui qui a pu exister en Allemagne, aux Etats-Unis, en Afrique du Sud, ou encore dans les colonies. C’est avoir un train ou deux de retard. L’esprit du capitalisme mondial, dont la voix retentit chaque jour par la publicité, est tout ce que l’on veut... sauf raciste. Pour la simple, bonne et unique raison qu’un racisme d’Etat n’irait pas (ou plus) dans ses intérêts, lesquels priment avant tout, tout le temps, toujours.

    Ainsi l’esclavagiste d’hier devient, en quelques habiles pirouettes, le "tolérant" d’aujourd’hui, pour peu que le lui dictent ses intérêts bien compris. Et par là faut-il être bien aveugle pour ne faire aucune distinction entre un autobus affichant "interdit aux noirs" à sa porte et un autre le "come as you are" de Mac do à la sienne.

    Reste bien-sûr le sort social de la majorité des noirs et des arabes de France. Fruit de l’impitoyable hiérarchisation économique de notre société, qu’aucun Etat démocratique, fût-il "multiculturel", n’a jamais reniée ; fruit du racisme ordinaire de chacun ; et fruit de la délirante, pour le coup teintée du racisme notoire de quelques-uns, politique migratoire menée après-guerre.

    Il s’est agit à l’époque de fournir au patronat un surnuméraire bien commode, et pour cela n’a-t-on pas hésité, en bon marchands de bétail, à l’aller puiser dans les anciennes colonies, miraculeux vivier de "capital humain".

    Comprendre les problèmes de racisme actuels implique donc qu’on comprenne bien, une bonne fois pour toutes, de quoi l’immigration récente est le nom.

    Non pas de la perpétuation de quelconque tradition de "terre d’asile" ainsi que se plaisent encore à le croire, assez niaisement il faut le dire, certains. Mais tout simplement de la modification artificielle de la démographie française, au profit indéniable du patronat.

    (...suite ci-dessous...)

  • permalien Iblis :
    28 septembre 2012 @11h46   « »

    J’aimerais aussi connaître les textes (Constitution, lois ou décrets) ....

    Mais je suis entièrement d’accord avec vous qu’il n’y a en France aucun texte, directive, circulaire qui permet, incite, encourage la discrimination ou le racisme contre les allochtones, c’est plutôt le contraire qui se passe.

    La France n’est donc pas raciste, que certains soient xénophobes, il se peut. Je connais d’ailleurs personnellement un basque qui refuse de louer aux bretons, quelqu’un s’en émeut ?

    Par contre, le racisme anti-blanc est encouragé comme le prouve les déclarations de vos meilleurs alliés, le patronat :

    Anne Lauvergeon a déclaré :

    « A compétences égales, et bien. désolée, on choisira la femme ou on choisira la personne venant d’autre chose que le mâle blanc, pour être clair ».

    Le racisme anti-blanc est institutionnalisé en France à partir du moment ou il existe une discrimination positive, si certains sont avantagés, c’est que d’autres en pâtissent et sont discriminés.

    Donc jusqu’à preuve du contraire la discrimination positive est contre les autochtones.

  • permalien Chipon :
    28 septembre 2012 @11h47   « »
    Si l’on se résume (suite)

    Un certain snobisme consiste à oublier, pour le plus grand bonheur de la droite d’ailleurs, que les immigrés (mais ne devrait-on pas dire ici les "importés" ?) n’ont pas été les seules victimes de ce bouleversement. Quid en effet du prolétariat blanc, sommé du jour au lendemain de cohabiter avec un nouveau voisinage que se gardaient bien d’accueillir en leurs quartiers qui les industriels, qui les intellectuels parisiens...

    L’histoire ne manque pas de sel quand ces derniers se piquent de nous expliquer, tribunes après tribunes, que le prolo blanc se situe ontologiquement dans la caste des "dominants" ; que son seul racisme est inacceptable, celui des immigrés ou enfants d’immigrés n’étant somme tout qu’une "réponse" à" l’oppresseur".

    C’est là nier toute conception de la société en termes de rapports de classes. Un ouvrier/employé/chômeur arabe est, faut-il le rappeler, selon de tels termes, beaucoup plus proche d’un ouvrier/employé/chômeur "de souche" (fût-il raciste) que d’un BHL... ou d’un Alain Gresh.

    En quoi, oui, le racisme du petit blanc envers le petit arabe est-il à mettre tout à fait sur le même plan que celui du petit arabe envers le petit blanc.

  • permalien Ph. Arnaud :
    28 septembre 2012 @11h50   « »

    Nathan

    - Les seuls, en France, à être victimes de racisme, sont les sujets originaires du "Sud" (essntiellement pays musulmans et africains, plus, j’y insiste bien, les Français originaires des D.O.M.).

    - Un exemple patent de ce racisme est donné par le traitement infligé par la France aux harkis. Voila des pauvres gens qui ont combattu pour l’armée française contre leurs compatriotes algériens (souvent par fidélité d’armes de la Seconde Guerre mondiale, de la guerre d’Indochine, par attachement à un supérieur, ou par retournement - bleuite).

    - On sait le sort abominable qui a été réservé par le FLN à ceux qui n’avaient pas pu fuir. Mais on sait moins que, jusqu’à une date récente, dans la France qu’ils avaient servi, ils ont été parqués dans des baraques infâmes. Pour les Français, même s’ils avaient risqué leur peau, ce n’étaient que des "bougnoules".

    - Et cela a eu lieu sur tout le territoire français : où, quand et comment, des juifs ont-ils été victimes d’un tel traitement collectif, sur une si longue période et sur tout le territoire, depuis la fin de la guerre ?

  • permalien Noval :
    28 septembre 2012 @11h53   « »

    En complétement du message de Deïr Yassin du 28 septembre (11h11) :

    http://www.unesco.org/pv_obj_cache/...

    En 1950 l’ Unesco publiait une déclaration aux termes de laquelle un groupe d’experts sur les questions de race précisait que " les graves erreurs entraînées par l’emploi du mot " race " dans le langage courant rendent souhaitable qu’on renonce complètement à ce terme lorsqu’on l’applique à l’espèce humaine et qu’on adopte l’expression de " groupes ethniques ".

  • permalien Orangerouge :
    28 septembre 2012 @11h59   « »

    Chipon pourquoi accuser le prolétariat d’être raciste ???

    Moi en France, ce qui me saute aux yeux c’est le racisme des grands partis, du show bizz et des grands médias.

    La répartition ethnique dans ces catégories d’institutions reflète-t-elle la répartition ethnique dans la population française ?

    Absolument pas : certains ethnies sont considérablement surreprésentées aux dépens des autres.

    A côté de cela, quelques chiquailleries entre communautés pauvres et qui se battent pour survivre, c’est juste des artefacts montés en épingles par certains riches qui entendent bien en profiter.

  • permalien Sarah :
    28 septembre 2012 @11h59   « »

    @ Ph.Arnaud :

    Un exemple patent de ce racisme est donné par le traitement infligé par la France aux harkis.

    Très bon exemple que celui des harkis.
    Ces gens-là ont sacrifié leur vie pour la France,ils ont été plus royalistes que le roi,ils ont massacré du "bougnoule" pour espérer faire partie des "dominants".

    En retour ils ont été traités comme de la m.... par la France.

  • permalien Ph. Arnaud :
    28 septembre 2012 @12h01   « »

    Chipon,

    - Le racisme est souvent présent dans les classes "de souche" les plus défavorisées pour des raisons psychologiques aisées à comprendre.

    - Le "petit blanc" qui a tout raté à l’école, qui va de CDD en CDD, qui touche son RMI, trouve un réconfort psychologique à se dire que le Noir qui enseigne dans le lycée voisin est peut-être agrégé mais qu’in n’en est pas moins, génétiquement, un macaque...

    - Par ailleurs, la différence entre l’Arabe (ou le Noir) d’une part au bas de l’échelle et le "de souche" du bas de l’échelle, c’est que, quand il y a une bavure policière, celle-ci (comme par hasard...) se produit très majoritairement sur les Noirs ou les Arabes.

    - Même chose pour les contrôles au faciès : mes fils, de 18 à 25 ans sont souvent sortis en boîte avec des copains métis de Martiniquais. Comme le père était déjà métis et la mère blanche, ils n’étaient donc guère "foncés". Eh bien, dans ces sorties, qui les flics allaient-ils chercher ? Les Martiniquais...

    - Et pourtant ceux-ci n’avaient rien de vulgaires Arabes immigrés de l’année précédente, c’étaient des bien Français, sur le territoire national depuis le transport de leurs ancêtres d’Afrique en Martinique au 18e siècle ? A quel juif cela arrive-t-il ?

  • permalien Sarah :
    28 septembre 2012 @12h10   « »

    @ orangerouge :

    Moi en France, ce qui me saute aux yeux c’est le racisme des grands partis, du show bizz et des grands médias.

    En effet.

    Personnellement,je ne trouve pas particulièrement raciste le petit peuple français,lui aussi victime de "ses dominants".

    A remarquer qu’aujourd’hui l’islamophobie est très largement diffusée par les classes dominantes,les médias,les hommes politiques,qu’au niveau local les choses se passent en général assez bien.

    Si l’arabophobie , juste après la Seconde Guerre mondiale,était largement partagée et par les élites et par le peuple français,l’islamophobie actuelle est en grande partie construite,diffusée,propagée par les classes dominantes,au nom d’interêts bien compris.

    Combien de députés d’origine ouvrière à l’Assemblée Nationale ?

    Je crois qu’il serait malsain d’opposer les classes populaires,qu’elles soient blanches,arabes ou noires,entre elles.

    C’est ce que veulent nos dominants.

  • permalien Noval :
    28 septembre 2012 @12h15   « »

    Nathan - Message du 28 septembre 11h02

    Afin de vous éviter d’instrumentaliser à l’avenir ce qui en présence d’autres acteurs et en d’autres circonstances n’aurait représenté qu’un simple fait divers, sans plus, je vous recommande vivement la lecture de l’article suivant :

    http://www.ism-france.org/analyses/...

  • permalien Chipon :
    28 septembre 2012 @12h26   « »

    A Ph. Arnaud.

    Je ne conteste rien de ce que vous dites. Seulement… Veuillez constater que si d’un côté existe bien le racisme anti-basanés dont vous parlez, de l’autre existe aussi un racisme à l’encontre des blancs.

    Ne pas vouloir l’admettre a ceci de dégueulasse que ce dernier racisme touche prioritairement ceux qui vivent au jour le jour avec les Noirs et les Arabes, c’est-à-dire les prolos. Faites un séjour en prison et dites-moi, derrière les barreaux, qui est le Nègre de qui. Vous pouvez tant qu’il vous plaira dire que c’est bien normal, que c’est le juste retour des choses puisque les premières victimes du racisme sont les Noirs et les Arabes. Mais laissez-moi vous répondre que ces arguties sont assez faciles si ce « retour de bâton », précisément, vous ne le subissez pas vous-même. Et je doute que vous soyez masochiste au point de saluer chaudement le raciste noir de rencontre qui vous insulterait ou vous casserait la figure au prétexte que vous êtes blanc.

    Qu’un Blanc au RSA (le RMI, Monsieur, n’existe plus) traite de « macaque » un enseignant Noir, selon votre exemple, est certes inacceptable. Mais au prix de quelles contorsions arriverez-vous à me convaincre qu’un collégien Noir qui traite un collégien de même condition, mais Blanc, de « fromage » est dans son bon droit ? Et que les deux actes ne sont pas du même ordre ?

  • permalien Sarah :
    28 septembre 2012 @12h27   « »

    @ Ph.Arnaud :

    Certes,vous avez raison pour les contrôles au faciès,l’entrée dans les discothèques ou encore les discriminations à l’embauche.

    Mais ne pensez-pas qu’un ouvrier "blanc" reste, malgré tout, plus proche d’un ouvrier "noir," que que des "blancs"comme BHl, JF.Coppé ou Lilianne Bettencourt ?

    Ne pensez-vous que Coppé avec son racisme "anti-blanc" essaie justement de diviser les classes populaires selon des lignes ethniques ?
    Coppé, en faisant semblant de compatir avec le soit-disant racisme "anti-blanc" dont seraient victimes les "de souche",surtout les plus pauvres,ne tente-il pas justement de faire oublier que lui-même n’a pas presque rien en commun avec les ouvriers "blancs" ?Si ce n’est une couleur de peau.

    A noter que selon les associations anti-racistes,les discriminations anti-musulmanes sont en grande partie pratiquées par l’Etat français lui-même,et non par les particuliers(même cela arrive évidemment).

  • permalien Chipon :
    28 septembre 2012 @12h31   « »

    Orangerouge :

    Je ne dis pas le contraire.

    Le sujet étant le "racisme anti-blanc", je prétends juste rappeler qu’il existe, à quel endroit, et à quoi il est comparable. Cf. votre dernier paragraphe.

  • permalien Ph. Arnaud :
    28 septembre 2012 @13h21   « »

    Chipon

    - En prison, si les "Arabes" et les "Noirs" font la loi et imposent leur loi aux "Blancs" prisonniers, ils ne l’imposent pas en tant qu’Arabes ou que Noirs mais en tant que voyous. Il n’y a pas un gène de l’arabitude ou de la négritude qui pousserait à la délinquance ou au crime.

    - Je répète par ailleurs ce que j’ai dit : aux Antilles comme aux Etats-Unis ou au Brésil, il y a eu des révoltes serviles. Les Blancs capturés lors de ces épisodes avaient un tort atroce. Néanmoins, nul n’aurait l’idée de que le racisme, aux Antilles, est tous azimuths : il n’était - et il n’est encore qu’à un seul sens - des dominants (les Blancs) vers les dominés (les Noirs).

    - Le reste, les brimades ou cruautés en retour, vous leur donnez le nom que vous voudrez, mais pas celui de racisme. C’est tellement vrai, d’ailleurs, que les promoteurs de cette idée perverse sont obligés d’assortir le substantif d’un adjectif (antiblanc) qui en altère et en déforme le sens.

    - Je précise que je ne méconnais pas la réalité des violences (on m’a dit que, dans certaines prisons, le porc aurait été interdit). Mais ce n’est pas parce que quelque chose est grave qu’on peut le qualifier n’importe comment : un cancer, c’est un cancer. Mais celui qui a la maladie de Parkinson a une maladie différente.

    - Le racisme est un système, celui de la population dominante. Et rien n’empêche qu’un même individu participe des deux. Un prolo français peut être à la fois exploité par son patron comme le prolo marocain. Mais il peut aussi être raciste. Les tirailleurs algériens qui ont participé à la guerre d’Indochine dans les rangs de l’armée française étaient à la fois bourreaux et victimes.

  • permalien HN :
    28 septembre 2012 @13h28   « »

    Pour les Français, s’appeler Mohamed à la 3éme voir 4émé génération montre une volonté de non intégration qui ne doit pas s’étonner des conséquences.

    Et vous croyez que les expats en Afrique subsaharienne, ils appellent leur fils Moussa peut-être ?

  • permalien Chipon :
    28 septembre 2012 @13h34   « »
    Pour finir...

    Quant au fait que le MRAP intègre le "racisme anti-blanc" dans ses croisades... sans doute faut-il voir là l’acte de décès, alors que le corps déjà commence à sentir, de l’idée d’une France une et indivisible.

    La société qui vient, très anglo-saxonne au demeurant, sera un agrégat de communautés étanches et hostiles entre elles, beaucoup plus business-compatible que ne le serait la trop encombrante société de classes.

    Le MRAP vient dire à cette société nouvelle, dont il ne conteste en rien l’échafaudage : "Communautés, aimez-vous les unes les autres ! " Copé, pour sa part, attend son heure...

    Se livrer, alors, à la comptabilité idiote (quel groupe est le plus raciste ? ; qui est le plus méchant ? ) à laquelle se livrent d’aucuns, chez les "de souche" comme chez les "Blacks/Beurs", c’est tout simplement accepter le nouveau classement.

    Il y a le racisme, point. Qui doit être condamné. "Sale Noir" ne vaut pas plus, pas moins, que "Sale Bougnoule" ou "Sale Blanc".

    Et l’’essentiel est, à vrai dire, ailleurs...

  • permalien Chipon :
    28 septembre 2012 @13h46   « »
    ... et pour terminer...

    Ph. Arnaud

    Comme vous dites, les mots ont un sens. Vous décidez d’en associer un, tout personnel, au mot racisme, qui n’en demandait pas tant.

    J’avais pourtant cru comprendre que par "racisme", à l’origine, on entendait "théorie qui valide l’idée de "race" chez l’espèce humaine".

    Vous ne voulez, vous, entendre par "racisme" que "racisme officiel, ou d’Etat". Vous refusez l’emploi de ce terme à tout autre cas. Selon cette logique, un Noir décrèterait que les Noirs forment une race supérieure, que vous n’y verriez point de racisme. Il vous faut, pour cette forme de haine, un autre mot.

    Soit.

    Je propose "tabouret".

    Et l’affaire est réglée.

    Bonne journée.

  • permalien Sarah :
    28 septembre 2012 @14h21   « »

    Liberté d’expression ?

    J’étais au "Grand Journal" de Canal Plus : mon t-shirt Palestine, trop gênant ?

    http://leplus.nouvelobs.com/contrib...

  • permalien Deïr Yassin :
    28 septembre 2012 @15h09   « »

    @ Sarah
    J’avais lu le même article que vous, et vu la vidéo, et j’étais outrée, et pas trop étonnée.

    Après je suis tombée sur la réponse du rédacteur en chef du Grand Journal, et je trouve son explication plausible. Dans ce cas-ci, j’opte pour le bénéfice du doute :-)

    - http://leplus.nouvelobs.com/contrib...

  • permalien Sarah :
    28 septembre 2012 @15h36   « »

    @ Deir Yassin :

    Je veux bien laisser le bénéfice du doute pour cette fois-ci.

    Mais ce n’est pas la première fois que ce genre "d’incident" arrive.

    Le grand journal de Canal Plus est vraiment partiale en ce moment dans son traitement de la communauté musulmane française:ils n’ont cessé d’inviter Chalghoumi, qui maîtrise à peine le français,pour parler au nom des musulmans français.

    Disons que j’étais bien contente de trouver quelque chose à charge contre cette chaîne :)

  • permalien HN :
    28 septembre 2012 @15h51   « »

    @Iblis

    Et les romains, ils sont venus la fleur au fusil peut-être ??
    C’était pas des envahisseurs ??
    Et le christianisme, c’est pas eux qui l’ont imposé à tous les peuples païens d’Europe ??

  • permalien Minorité censurée :
    28 septembre 2012 @16h01   « »

    Si mes posts n’étaient pas effacés et censurés, certains auraient des réponses, mais à quoi bon dans ces conditions ?

    .I.B.L.I.S.

  • permalien HN :
    28 septembre 2012 @16h02   « »

    Hey Iblis, ça vous fait pas des sueurs froides de savoir que même le christianisme, ça vient quand même de contrées basanées vachement à l’Est.
    Jacques, Anne, Thomas, Michel, tout ça à la base, c’est des noms de bronzés, faut pas s’leurrer.
    Comment vous gérez votre quotidien ?

  • permalien Yacedjaz :
    28 septembre 2012 @16h36   « »
    La fable juridique de l’oppression

    Un cas d’école. Est-ce qu’un jeune arabe agressant un vieux juif, au seul motif qu’il est de confession juive, s’avère aussi raciste qu’un jeune juif agressant un vieil arabe au seul motif qu’il est d’origine arabe —en France en 2012 ? Est-ce le même racisme dans les deux cas ?
    Le racisme est la fable juridique de l’oppression et il se propage comme un reflet en image inversée chez certains opprimés qui vont considérer à tort certains caractères accidentels, réels ou imaginaires, de leurs oppresseurs comme l’essence de l’oppression dont ils subissent la férocité. Ainsi, ils sont le jouet du racisme en le reproduisant sous forme inversée, puisque les véritables causes de l’oppression leur restent cachées et hors de portée. Mais l’apparente ressemblance entre le racisme et son reflet ne permet en rien de poser une équivalence entre l’oppresseur (toujours raciste, par nécessité) et l’opprimé (parfois raciste, par erreur mimétique).
    De quelle oppression le racisme du jeune arabe est-il la fable juridique ? De quelle oppression le racisme du jeune juif est-il la fable juridique ? Les « Juifs » ne subissent aucune oppression en France en 2012 tandis que les « Arabes » en subissent une. En outre, le jeune arabe voit bien que les Israéliens oppriment les « Arabes » et que les « Juifs » les plus visibles soutiennent avec une mauvaise foi des plus ridicule l’oppression que les Israéliens exercent sur les « Arabes ». Il entend donc à longueur de journée deux racismes, deux fables plaider la cause de l’oppression qu’il subit et prendre fait et cause pour la férocité de cette dernière. Dès lors, son racisme est le reflet inversé du racisme des sionistes qui vient redoubler le racisme « français » ordinaire. Son racisme est une erreur mimétique d’un esprit peu lucide qui subit l’injustice.
    Par contre, le racisme du jeune juif, puisqu’il ne subit aucune oppression est bien la fable juridique d’une oppression. Les « Arabes » ne sont pas la classe dominante en France, l’hyper-bourgeoisie. Si le jeune juif est dominé, il ne se range pas du côté des dominés, puisqu’il ne tourne pas son racisme vers les dominants (« les Blancs » pour le jeune arabe), ce racisme n’est donc pas un reflet d’un autre racisme, mais l’original, c’est-à-dire la fable juridique d’une oppression : le sionisme en Palestine. Le racisme du jeune juif est donc l’affirmation de son parti-pris pour l’oppression envers les « Arabes », in fine pour l’injustice et sa tyrannie.
    Les deux actes de violence raciste à l’encontre de deux vieux innocents, recouvrent donc deux logiques sociales différentes, et bien antagonistes. L’idée de « racisme anti-blanc » est inconsistante, parce qu’elle se fixe sur le contenu du discours et non sur sa fonction sociale.

    Les chats trublions ne regardent pas les étoiles, mais voient ce que la sottise bourgeoise fait à l’homme.

    Yacedjaz, un prolétaire.

  • permalien Orangerouge :
    28 septembre 2012 @16h48   « »
    Canal plus de racisme comme tous les grands médias occidentaux

    Canal+ est hyperconventionnel. Amusant, mais surtout ne disant absolument rien de politique.

    Le positionnement à gauche de Canal est un positionnement marketing  : ses clients sont les gens de gauche urbains, qui ont les moyens de se payer un abonnement. C’est du marketing, à ne pas confondre avec la politique.

    Les médias français importants sont tous dirigés par ceux qui soutiennent un Israël réservé aux juifs. Les médias français sont profondément racistes :regardez l’ethnie des animateurs et des invités, cela n’a rien à voir avec la composition ethnique de la population française.

    Certaines ethnies ont clairement un immense espace d’expression, sans aucune proportion avec leur poids dans la population, d’autres ethnies bien plus nombreuses, ne sont évoquées pratiquement que négativement.

  • permalien Yacedjaz :
    28 septembre 2012 @17h25   « »
    En résumé.

    Il n’y a qu’un seul et unique racisme : la fable juridique de l’oppression. Le racisme est un discours, l’idéologie dominante de la classe dominante, qui vise à masquer l’illégitimité des privilèges que s’octroient les oppresseurs et l’illégitimité de l’oppression qu’ils exercent pour étendre leurs privilèges. Il dit toujours ceci. « J’ai tous les droits, et vous aucun ; car je suis supérieur et je suis supérieur, car c’est ainsi. » Pourquoi le mot « racisme » ? La théorie absurde de la supériorité d’une race sur toutes les autres est le parangon du racisme. Le racisme, comme idéologie dominante, vise donc à être adopté par les dominés pour être efficace. On a trois possibilités.

    1) Son rejet par les dominés, lucides et conscients de leur appartenance de classe. Ils se préparent à l’affrontement de classe, au renversement et de l’oppresseur et de toute oppression.

    2) La réaction mimétique, la rébellion sans lendemain. Le racisme se reflète en image inversée chez le dominé. Il structure le dominé, l’aveugle sur le sens de la lutte et le conduit à l’impasse. Au mieux, il peut espérer renverser l’oppresseur et prendre sa place, c’est-à-dire reproduire l’oppression, en changeant seulement le personnel aux commandes.

    3) Adoption totale du racisme par le dominé. Le dominé exerce le racisme sur les autres dominés. Il devient chien de garde des dominants et idiot utile. Il prend le parti-pris des oppresseurs en n’en tirant en général aucun grand profit.

    Cette initiative du MRAP tente de désamorcer le sens politique du racisme, pour en faire une espèce de pathologie partagée par tout le monde indistinctement. Aux oubliettes, la lutte des classes, l’exploitation bourgeoise de l’homme ! Aimez-vous les uns et les autres et tout ira bien ! Business is business.

    Les chats trublions ne regardent pas les étoiles, mais voient ce que la sottise bourgeoise fait à l’homme.

    Yacedjaz, un prolétaire.

  • permalien Ernest :
    28 septembre 2012 @17h35   « »
    Paupérisme et populisme

    LE MONDE ECONOMIE | 09.05.2012 à 09h05
    Par Thibault Gajdos, CNRS

    Gary King (université d’Harvard) et ses collègues ont analysé les élections qui se sont tenues en Allemagne entre 1924 et 1933 dans un article ("Ordinary Economic Voting Behavior in the Extraordinary Election of Adolf Hitler", Journal of Economic History, 2008). Ils ont montré que le parti nazi n’avait pas suscité le même degré d’adhésion au sein de tous les groupes sociaux.
    Les travailleurs pauvres indépendants (artisans, petits commerçants), dont le statut était menacé par la crise, ont massivement soutenu le parti nazi.

    En revanche, les chômeurs, tout aussi durement frappés par la crise, mais qui n’avaient plus rien à perdre, se sont largement tournés vers l’extrême gauche. Il se pourrait donc que l’adhésion à l’extrême droite soit motivée par la peur de perdre un statut fragilisé.

    LA MONTÉE DU FRONT NATIONAL

    Ces éléments fournissent une grille de lecture alternative du vote d’extrême droite. En effet, la menace de perdre son statut est d’autant plus grande que l’on risque de tomber bas dans l’échelle sociale. A cet égard, la montée du Front national est à rapporter à la dégradation de la situation des catégories de la population les plus fragiles depuis dix ans.

    Le filet de protection sociale ne parvient donc plus à remplir son rôle. A cela s’ajoute la stigmatisation des bénéficiaires de la solidarité nationale, rendant le déclassement social d’autant plus douloureux.

    D’autre part, la concentration des ressources sur les dispositifs incitatifs a bénéficié aux personnes qui étaient les plus proches du seuil où l’on sort de la pauvreté, au détriment de celles qui en étaient le plus éloignées. Il en est résulté une aggravation de la grande pauvreté. Seules les catégories bénéficiant de transferts ciblés ont échappé à cette évolution.

    Il s’agit donc d’un renoncement radical au caractère universel de la solidarité. Ces résultats sont conformes à ceux dont on dispose pour le RSA, et sont probablement valables, dans leur ensemble, pour la France.

    Faire reculer la grande pauvreté et rendre aux plus démunis la reconnaissance sociale dont ils n’auraient jamais dû être privés constitue le moyen le plus efficace d’enrayer la progression de l’extrême droite.

    Cela ne sera possible qu’à la condition de tourner le dos à la stratégie adoptée depuis quinze ans, et dont le RSA est l’avatar le plus récent.

    L’objectif doit être d’aider les pauvres, et non de les inciter à travailler : la lutte contre le chômage relève, elle, d’une autre logique, et requiert d’autres instruments. Cela passe, nécessairement, par une revalorisation significative des minima sociaux. C’est un impératif moral et un devoir démocratique.

  • permalien Ernest :
    28 septembre 2012 @17h46   « »
    La société française piégée par la guerre des identités

    Point de vue | Le Monde| 15.09.11 | 13h29 • Mis à jour le 15.09.11 | 16h51

    par Jean-Loup Amselle, anthropologue, professeur à l’EHESS
    La mise en oeuvre du multiculturalisme a, en effet, conduit à dresser l’un contre l’autre deux segments de la population : l’identité majoritaire et les identités minoritaires. Par une sorte d’effet boomerang, l’apparition au sein de l’espace public de minorités ethno-culturelles et raciales a provoqué, dans chaque cas, le renforcement d’une identité "blanche" et chrétienne. Il est d’ailleurs symptomatique que le Front national et les Indigènes de la République se soient référés tous deux, lors de l’affirmation de ce modèle, à des expressions proches pour désigner l’identité majoritaire : les "Français de souche" dans un cas, les "souchiens" dans l’autre.

    Ce racisme revêt deux formes : l’affirmation forcenée d’une identité majoritaire "blanche" et même catholique par la droite et l’extrême droite et l’affirmation, par la gauche multiculturelle et postcoloniale, d’identités minoritaires ethno-culturelles - " black" et "beur" notamment - qui constituent autant de "communautés de souffrance". Celles-ci s’estiment en effet fondées à être reconnues comme telles et à demander "réparations" pour les préjudices subis par leurs ancêtres lors de la colonisation et l’esclavage notamment, rapprochant en cela le multiculturalisme d’autres courants d’idées dans leur traduction civique comme le postcolonialisme désormais très présent sur la scène politique et médiatique.

    De sorte qu’il n’est pas illégitime de mettre en doute l’existence, en France, des communautés "noire", "juive", "musulmane" ou "maghrébine", autrement que dans les discours de porte-parole parfois nommés ou encore autoproclamés qui s’expriment "au nom" de ces communautés en prenant en quelque sorte leurs "membres" en otages. L’autodéfinition, à certaines périodes de son existence, d’un individu quelconque comme "juif", "noir", "maghrébin" ou "breton" n’implique pas ipso facto son appartenance pérenne à des "communautés" associées à ces différents labels identitaires.

    La culture, qu’on reproche à certains chercheurs en sciences sociales de minorer ou de nier, n’est pas seulement un héritage du passé, mais un élément qui se, qu’on se construit. La culture est en effet la somme d’actes d’identification accomplis par un individu au cours de son existence, somme dont on ne peut rendre compte qu’après sa disparition. On ne devient pas ce que l’on est, on est ce que l’on devient.

  • permalien Ernest :
    28 septembre 2012 @17h48   « »
    La société française piégée par la guerre des identités (bis)

    Nous entrons sur ce point en désaccord avec une démarche qui prétend enfermer les individus dans des mono-appartenances identitaires afin de défendre des intérêts particuliers. Transmuter le social en culturel, abandonner le terrain des luttes économiques au profit de l’affirmation d’identités ethniques et raciales, semble donc être une caractéristique majeure d’une gauche multiculturelle et postcoloniale qui risque à ce jeu d’occuper une position symétrique et inverse de la droite et de l’extrême droite "républicaine".

    De façon paradoxale, en effet, cette droite et cette extrême droite, en défendant la République et la laïcité sur des bases islamophobes défend par contrecoup des valeurs culturelles tout aussi ethnicisées, mais "bien de chez nous". La gauche et l’extrême gauche multiculturelle et postcoloniale, en abandonnant la défense de l’universalisme républicain à la droite et à l’extrême droite s’engagent dans la voie d’un choc des cultures qui fait les affaires de son adversaire.

    L’universalisme, contrairement à ce que prétendent les tenants des idées multiculturalistes et postcoloniales, ne se réduit en effet ni à la défense de la suprématie "blanche" ni à l’assimilation vue comme une sorte de rouleau compresseur nivelant les identités et les cultures.

    Car provincialiser l’Europe revient à diviser le monde en autant d’"aires culturelles" étanches, et donc à enfermer les continents géographiques et intellectuels dans des spécificités irréductibles. Pas plus que l’Europe des Lumières ne saurait être caractérisée par la "raison" (c’est aussi le siècle des "passions"), les autres continents ne sauraient être réduits à des caractéristiques culturelles intangibles (l’Afrique des "ethnies", l’Inde des "castes", le Moyen-Orient musulman "fondamentaliste", etc.), voyant ainsi déniée leur historicité propre.

    Construire du lien social, c’est passer à travers les continents géographiques et culturels, c’est postuler une universalité première et principielle entre les hommes et les femmes, pour réserver aux "cultures" le statut d’une production résultant d’un processus de singularisation.

    Postuler l’humanité de l’homme et de la femme, ce n’est pas vouloir assurer la domination de l’Occident sur le reste du monde, c’est affirmer la possibilité de communiquer avec les autres. Les "révolutions démocratiques" en cours en Tunisie, en Egypte, en Libye, et celles à venir, montrent que les droits de l’homme, loin d’être un carcan imposé par l’Occident au reste du monde, peuvent aussi être réappropriés par des peuples arabo-musulmans, en dépit de, ou grâce à, "leur" culture.

  • permalien Ernest :
    28 septembre 2012 @17h50   « »
    La société française piégée par la guerre des identités (ter)

    En définissant a priori la culture d’un peuple, ou son identité, a fortiori en la racisant, on prend le risque d’être démenti par l’historicité de cette culture, c’est-à-dire par sa capacité à intégrer une multitude d’éléments dont on avait postulé, par principe, qu’ils ne lui appartenaient pas.

    Culturaliser, ethniciser ou raciser les identités est le meilleur moyen, notamment, d’enfermer les jeunes des banlieues dans des ghettos, la meilleure façon de les maintenir sous la chape du pouvoir.


    Ouvrage : "L’Ethnicisation de la France" (Lignes, 136 pages, 14 euros).

  • permalien Pangloss :
    28 septembre 2012 @17h51   « »

    Il existe une définition légale du racisme ou au moins des racistes.
    La loi de 1972 introduit à l’art. 24 de la loi de 1881 la disposition suivante :
    "Ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée". La loi ne prévoit pas d’exception.
    Les explications moralistes tentant de justifier toute violence verbale ou physique contre des "français de souche", "bolosses" et autres "fromages blancs", du type "oui, mais c’est une réponse d’opprimés face à la violence sociale" sont très dangereuses car elles justifient en retour la haine des "français de souche", "bolosses" et autres "fromages blancs" envers ceux dont ils ont été victimes.
    Nier un problème réel ne le fait pas disparaître mais au contraire l’amplifie.

  • permalien jgn :
    28 septembre 2012 @17h57   « »

    Que nous dit M. Gresh dans son billet d’humeur ?
    Il y déplore la reprise par le MRAP - une avant-garde de la lutte contre le racisme, nous dit-il - d’un thème cher à la droite ?
    ("Il ne s’agit pas, quand on dénonce le racisme dans tel ou tel pays, d’évoquer les préjugés des uns ou des autres, mais un système de domination et d’oppression. C’est ce que le MRAP semble avoir oublié.

    Ce thème du racisme anti-Blancs est celui de l’extrême droite, (...)")

    Le thème, certes, mais non la réalité.
    C’est en voulant faire disparaître cette réalité là - devant pourtant être bien plutôt interrogée -, qu’un un commentateur, Ph. Arnaud, pousse ces prémisses à leur terme, jusqu’à torturer la réalité pour la faire entrer de force dans un système de sa représentation, en un mot dans une idéologie, au moins aussi pernicieuse en tant que telle que la récupération par la droite du thème du racisme.

    Qu’est-ce d’ailleurs que ce thème, sinon un retournement de sens, de bonne guerre en quelque sorte - de bonne guerre de classes, je veux dire -, quand la droite est systématiquement accusée de racisme - et souvent à raison, puisque c’est là sa raison d’être même, son portefeuilles d’actions. La classe possédante retourne l’argument, proposant SA vision du monde, toujours calée sur le fait que qui ne possède pas est nécessairement dangereux (cf. le thème des "classes dangereuses" au 19è).

    Le racisme est une IDÉOLOGIE, au service de la classe dominante, du système d’oppression, mais il N’EST PAS ce système d’oppression lui-même.
    En revanche il est intéressant de voir en sa diffusion au sein même des classes dominées, le fait de la perversion des consciences qu’aura réussie - au moins pour un temps - le capitalisme mondialisé, en permettant non pas "l’ethnicisation" des rapports de classe, mais une représentation de ces rapports de classe sous la forme de l’ethnicisation.
    C’est là la victoire d’un capitalisme mondialisé. Conséquence directe de la division mondiale du travail, elle est aussi bien sa dernière carte idéologique. Quand il apparaîtra clairement que la QUESTION SOCIALE NE SE TROUVE PAS DANS CETTE DIVISION APPARENTE, le capitalisme n’aura plus de cartouches.

    Oui ! le racisme anti-blanc existe.
    Comment saurait-il en être autrement ? C’est bien plutôt le contraire qui surprendrait, et même serait inquiétant : la haine contre l’oppression doit passer d’abord par des amalgames aveugles - critiquables en tant que tels, comme l’est toute négligence qui se retourne vite contre celui qui la produit.
    Ce n’est que dans un second temps que vole en éclats la prétendue responsabilité raciale pour apparaître sous son vrai jour de responsabilité des possédants.

  • permalien Ph. Arnaud :
    28 septembre 2012 @18h57   « »

    jgn (n° 1)

    - Quel est le problème, dans cette notion perverse (et, j’y insiste bien, intellectuellement non consistante) de "racisme anti-blanc" ?

    - Il est que le "racisme" est une notion idéologiquement et psychologiquement forte, qui dévalorise celui qui en est le porteur. [En France, ce porteur est l’extrême-droite et non la droite qui, jusqu’à un certain temps, savait se tenir. Or, il semble bien que la droite gaulliste, qui se voulait originale par rapport aux autres droites, soit en train d’être attirée par ce qu’il y a de pire].

    - L’extrême droite est raciste et, bien qu’elle paraisse le revendiquer, elle sait, elle sent que c’est une idée qui ne passe pas. Il lui faut donc la retourner, en se faisant passer, à son tour, pour une victime. D’où cette monstruosité conceptuelle du "racisme anti-blanc".

    - Or, le racisme, ce n’est pas seulement - et ce n’est pas, non plus, essentiellement - le mépris d’une catégorie donnée de la population : les Noirs, les Arabes, les Asiatiques...

    - Le racisme participe d’un état d’esprit plus général, qui est celui d’établir des hiérarchies partout, et de le faire selon des critères toujours fantaisistes (généralement superficiels).

    - Comme le disait Henri Mendras dans ses Eléments de sociologie, il est exceptionnel que le raciste s’en tienne à une hiérarchisation "Blanc-Arabe-Noir" (par exemple). A l’intérieur des "Blancs", il établit souvent une autre hiérarchisation, qui met tout en bas, par exemple, le "Blanc" (l’Andalou ou le Sicilien) qui par sa couleur de peau ou de poils, se rapproche le plus - dans son idée - de l’Arabe.

    - De même, c’est aussi souvent dans ces mêmes milieux que prolifère l’idée que "les femmes sont inférieures aux hommes", ou que "les femmes sont naturellement douées pour s’occuper des enfants". Et de, façon générale, le raciste efface l’individu derrière le groupe.

    - Alors que nous savons tous que les seules différences sont interpersonnelles, et qu’il n’y a pas plus de distance entre un "Français de souche" et un Chinois qu’il ne connaître jamais de sa vie et ce même "de souche" et son voisin de palier, le raciste, lui, établit des séparations nettes entre groupes humains, comme s’il s’agissait de chats et de canards.

  • permalien Matthias Sauvergeat :
    28 septembre 2012 @19h02   « »

    La France s’est faite grâce à l’immigration des celtes jusqu’à nos jours : nous savons que nos ancêtres étaient des nomades venus d’Asie centrale.

    Il y a une immigration de citoyens des anciens pays colonisés parce que la France avait besoin de main-d’oeuvre au XXème siècle et notamment d’Afrique subsaharienne.

    Peut-être que les citoyens français et Européens dans 200 ans auront la peau plus noire que maintenant : où est le problème ?..

    Ps : l’humanité s’est créée en Afrique il y a 10 millions d’années (squelette de Lucy en Ethiopie 3 millions d’années) puis s’est développée et a migré sur la Terre entière d’après les recherches génétiques actuelles : c’est pour cela que parler de "race" ou de "souche" est d’un misérable ridicule...

  • permalien Ph. Arnaud :
    28 septembre 2012 @19h05   « »

    jgn (n° 2)

    - Le raciste (mettons le modèle de base F.N.) ne pense pas seulement que l’Arabe est voleur, violeur et assassin, il pense aussi que le Noir est incapable de faire autre chose que courir des sprints ou, en musique, jouer du jazz.

    - J’ai eu affaire à des racistes sur des forums. L’une de leurs réflexions m’avait frappé. Alors qu’ils prétendaient que les Noirs, Arabes, Indiens (de l’Inde) étaient inassimilables, ils avaient été horrifiés lorsque je leur évoquais que, dans un proche avenir, on pourrait avoir, en France, des Angolais spécialistes de la musique de Rameau, des Chinois enseignant les poètes de la Pléiade, des Indiens dravidiens spcialistes de culture bourguignonne, etc.

    - En somme, contrairement à ce qu’ils revendiquaient, ce qu’ils redoutaient le plus, ce n’était pas que les étrangers extra-européens ne s’intègrent pas, mais, au contraire, qu’ils ne s’intègrent que trop... Pour un raciste, le Chinois peut être spécialiste de la peinture sur soie mais il n’est pas question qu’il le soit de la peinture de la Renaissance italienne.

    - Le racisme, ce n’est donc pas casser la gueule à quelqu’un de particulier, c’est avoir une vision du monde.

  • permalien Matthias Sauvergeat :
    28 septembre 2012 @19h07   « »

    Dans la mesure où la science est en mesure de reconstituée les flux de population historique bien sûr ?

  • permalien Matthias Sauvergeat :
    28 septembre 2012 @19h11   « »

    Le racisme cela commence dans les mots et cela finit dans les larmes (à Auschwitz par exemple)...

  • permalien Yacedjaz :
    28 septembre 2012 @21h10   « »
    Le racisme anti-raciste et le MRAP

    « Le racisme est une IDÉOLOGIE, au service de la classe dominante, du système d’oppression, mais il N’EST PAS ce système d’oppression lui-même. » (Jgn, 28 septembre @17h57)

    Non. Vous vous trompez ferme. Le racisme est l’idéologie dominante de la classe dominante. Et cette fable juridique n’a d’existence qu’en rapport à l’oppression qu’exerce la classe exploiteuse ; il n’a d’autre dessein que voiler ses privilèges et leur illégitimité absolue en divisant les dominés et les épuisant bien dans des luttes intestines pour l’égalité dans la servitude. Vous vous trompez alors, en parlant de « service », comme si le racisme était un vil mercenaire, au service du marchand le plus offrant. Il n’existe qu’un seul et unique racisme et il est consubstantiel à toute oppression.

    « Oui ! le racisme anti-blanc existe. Comment saurait-il en être autrement ? »

    Non. Il en est tout autrement. L’emploi de ce syntagme participe, au contraire, du racisme et de l’oppression bourgeoise, puisqu’il vise in fine à masquer le réel qu’il prétend montrer ou bien dévoiler. Dans la réalité, c’est le reflet en image inversée de ce racisme ou ce racisme lui-même que l’on peut constater chez certains dominés. Vous chercheriez en vain un quelconque autre racisme qui se distingue de la fable juridique de l’oppression bourgeoise. Votre image dans un miroir n’est pas une personne. Il n’existe qu’un seul et unique racisme et il est consubstantiel à toute oppression.

    Les chats trublions ne regardent pas les étoiles, mais voient ce que la sottise bourgeoise fait à l’homme.

    Yacedjaz, un prolétaire.

  • permalien Yvan :
  • permalien Georges Quinquis :
    28 septembre 2012 @23h10   « »

    C’est pourtant simple:le racisme, déformation de la pensée, raccourci pris par celui qui se croit victime des "autres" et ne veut pas voir son égoisme, sa bêtise et son renoncement à l’humanité est un poison violent.
    Le racisme des uns envers les autres produit beaucoup plus de racisme des autres envers les uns que d’antiracisme des uns et des autres.
    qui est en mesure de démontrer le contraire ?
    Tout honnête observateur, véritablement attaché à combattre LE Racisme, tout le racisme et non une partie seulement, se rendra compte que le racisme est une passion négative universelle.
    Et toutes les considérations historiques et sociales sur les dominants /dominés, aussi justes et pertinentes soient elles ne retireront hélas rien à cette réalité : le racisme est une passion négative universelle.
    Compte tenu de son pouvoir de nuisance historique, social, individuel, c’est donc le racisme, tout le racisme qu’il faut combattre et certainement pas le racisme anticeci ou anticela , qui ne fait en réalité qu’alimenter et perpétuer le racisme.

  • permalien jgn :
    29 septembre 2012 @08h21   « »

    Une "vision du monde", une "weltanschauung" diraient les Allemands, lesquels, à travers Hegel, en ont ainsi démontré le caractère essentiellement religieux, puisé dans les ténèbres d’une humanité se cherchant encore dans des groupes éparpillés et disparates, lesquels, pour bien se distinguer de tous "les autres", n’hésitaient pas à se qualifier d’"humain" - Nous (Us), les hommes" - renvoyant ainsi, sans ambages, tous les autres à la bestialité de bipèdes incertains dont le plus simple était sans doute de les supprimer.

    Pour les Grecs antiques, dont on fait les initiateurs de notre "civilisation", ce qui n’était pas grec ne pouvait être que "barbare". La "civilisation", donc, a continué de s’auto-rassurer sur son "humanité" en décrétant que tout ce qui ne résistait pas à ses grosses bottes ne pouvait être que bestial.
    En cela, cette "vision du monde", cette idéologie qu’est le racisme apparaît bien pour ce qu’elle est ; un instrument, un accessoire de la domination que celle-ci chausse quand IL LUI FAUT SE JUSTIFIER selon ce principe d’identité, d’identification qui lui est si cher ; identifier l’Autre, c’est en effet déjà se donner du pouvoir sur lui, le réduire en quelque sorte, le figer, lui interdire toute réponse dans un combat qui s’annonce. cette manœuvre est l’arme des faibles quand il s’agit de se rassurer. de telles lunettes ont un pouvoir de persuasion et sont comme un chant de guerre que l’on entonne pour s’assurer que les dieux sont bien de notre coté.

    C’est ainsi que le racisme peut - OU PAS - être chaussé. Il n’est nullement consubstantiel à la domination et, en tant que tel, nullement LA question centrale, bien qu’il PRÉTENDE - et précisément en tant qu’instrument, accessoire du théâtre que nous joue la domination - apparaître pour tel.
    Et, en effet, la victoire du capitalisme mondialisé pourrait être de LE FAIRE APPARAÎTRE comme la question centrale, celle dont la résolution importe avant toutes les autres quand la question centrale est celle de l’aliénation à la marchandise.

  • permalien cdm :
    29 septembre 2012 @08h35   « »

    Je ne comprends pas ce que ce papier viens faire dans les Nouvelles d’Orient : Copé parle de faits se déroulant en France .

    Je ne comprends rien non plus aux arguments.

    Beaucoup de racismes sévissent en France :
    racisme anti-noir, racisme anti-arabe, racisme anti-rom,
    racisme anti-blanc, racisme anti-asiatique, racisme anti-juif etc...

    Ils engendrent des souffrances chez les victimes.

    Dans tous les cas les faits de racisme devraient être poursuivis,
    qu’il s’agisse d’injures, de passages à tabac, de discrimination à l’embauche ou au logement etc...

    Que Copé essaye de faire un "coup" politique c’est évident,
    que le front National aie déjà parlé de racisme anti-blanc c’est certain.

    Cependant tous les citoyens doivent être protégés de manière égale contre les racismes.

  • permalien gloc :
    29 septembre 2012 @08h40   « »

    @cdm,

    C’est peut-être parce que l’islam est la deuxième religion de France...

    ... allez savoir !

  • permalien cdm :
    29 septembre 2012 @09h57   « »

    Pour Gloc : explication ??

  • permalien gloc :
    29 septembre 2012 @10h41   « »

    @cdm,

    explication :

    C’est dû au fait que la France colonialiste, a "importé", une nombreuse main d’œuvre, bon marché et docile du Maghreb, qu’à l’indépendance des colonies, certains ont choisi de rester Français, que dans la perspective de développer un "cheptel ouvrier" une politique active de regroupement familiale a été encouragée et qu’enfin pour renforcer son influeance au Proche Orient, Sarkozy avait initié le politique d’Union pour la Méditerranée.

    L’Islam en France : Copé favorable à l’enseignement de l’arabe à l’école - YouTube

    (l’arabe est une langue commune aux pays du Proche Orient hors Israël)

  • permalien cdm :
    29 septembre 2012 @10h59   « »

    Pour Gloc : désolé je ne vois pas le rapport.
    Faut-il identifier les arabes avec l’islam ?
    Justifier le racisme anti-blanc ?

  • permalien Shiv7 :
    29 septembre 2012 @11h07   « »

    Et, en effet, la victoire du capitalisme mondialisé pourrait être de LE FAIRE APPARAÎTRE comme la question centrale, celle dont la résolution importe avant toutes les autres quand la question centrale est celle de l’aliénation à la marchandise.

    Tout à fait car si l’aliénation à la marchandise tombe, le capitalisme tombe avec, tout comme le marxisme qui en somme n’en est que le miroir..

    Au reste l’on pourrait dire qu’aussi bien le capitalisme que le marxisme sont l’avers et l’envers du voile posé sur l’aliénation à la marchandise, aliénation qui finalement réduit le sujet humain à l’état d’objet.

    Ce qui du reste n’est pas étonnant, car l’homme à toujours tendance à s’identifier à ce qu’il vénère, l’homme n’est plus à l’image de Dieu (ou l’inverse selon les croyances), mais à l’image de l’objet marchand, chacun revendiquant la libre disposition de soi, c’est-à-dire la liberté de se vendre..

    Pour en revenir au racisme, qui finalement n’est qu’une version collective exacerbée de l’égoïsme individuel humain, il est bien entendu nécessaire de mettre des gardes fous à son expression et de combattre toutes velléités de son exploitations artificielles politiques ou autres, mais il faut aussi se rendre compte que ce genre de combat ne résout pas le mal à sa racine, ce n’est qu’un emplâtre sur une jambe de bois.

    Le racisme comme l’égoïsme ne sont pas des choses qui se résolvent par un combat extérieur à la personne, au contraire ce genre de combat à tendance à faire effet inverse et à renforcer chacun dans sa position, il n’y a que le développement interne de la personne vers une vision de l’unité de toutes choses qui puisse ce miracle.

  • permalien gloc :
    29 septembre 2012 @11h08   « »

    Quelle idée, cdm !

    Ça ne viendrait à l’esprit de personne (sauf bien sûr à ceux qui manquent d’esprit).

  • permalien cdm :
    29 septembre 2012 @11h13   « »

    Pour Gloc : pourquoi ne donnez-vous pas clairement votre opinion ?

  • permalien gloc :
    29 septembre 2012 @11h36   « »

    Je n’ai pas d’opinion à vous donner, je répondais à une de vos questions cons.

    Si le blog d’A. Gresh vous dérange ne vous forcez pas !

  • permalien cdm :
    29 septembre 2012 @12h06   « »

    Tout juste Gloc .

    Je n’ai rien à faire sur un forum si la majorité des participants est incapable d’un raisonnement cohérent et d’une politesse élémentaire.

  • permalien Protometeque :
    29 septembre 2012 @12h11   « »

    Un point de vue : Edward Said ...

  • permalien Matthias Sauvergeat :
    29 septembre 2012 @12h13   « »

    à cdm :

    Personne ne connait la destinée humaine : nous savons que nous allons mourir un jour c’est la seule chose dont nous soyons certains...

  • permalien Protometeque :
    29 septembre 2012 @12h16   « »

    Encore Edward Said : toujours l’humanisme !

  • permalien Matthias Sauvergeat :
    29 septembre 2012 @12h20   « »

    Le racisme c’est l’assassinat : nous sommes tous issus d’une famille ancienne depuis la création de l’univers (13 milliards d’années)...

  • permalien Matthias Sauvergeat :
    29 septembre 2012 @12h22   « »

    la vie sur Terre 4 milliards d’années...

  • permalien gloc :
    29 septembre 2012 @12h26   « »
  • permalien Matthias Sauvergeat :
    29 septembre 2012 @12h26   « »

    La vie est une lutte pour la survie comme dirait Darwin ou Marx...

  • permalien gloc :
    29 septembre 2012 @12h35   « »

    @Matthias Sauvergeat, Ni Marx, ni Darwin...

    Herbert Spencer - Wikipédia

  • permalien Deïr Yassin :
    29 septembre 2012 @12h53   « »

    @ Protometeque
    Haha, je viens de réaliser le sens (enfin, je crois) de votre pseudo.
    Puisque vous avez posté Edward Saïd, je profite de l’occasion de reposter ce beau documentaire de BBC (1998) :

    "In Search of Palestine - Edwars Said’s Return Home"
    (il y a surtout une scène où Edward Said se trouve face à des soldats israéliens qui est bouleversant, on sens son chagrin, sa colère et son impuissance).

    - www.youtube.com/watch ?v=ksTg...

  • permalien Deïr Yassin :
    29 septembre 2012 @12h57   « »

    Oh purée, je croyais que la photo était bien plus petite. Désolée.

  • permalien Matthias Sauvergeat :
    29 septembre 2012 @13h25   « »

    à Gloc :

    Tout le monde peut se rendre compte qu’il faut lutter dans la vie parfois (pas que Spencer)...

    Dans ma famille nous sommes des immigrés de père en fils et de mère en fille.

    Personnellement, j’ai immigré le 02 août 1977...

  • permalien Matthias Sauvergeat :
    29 septembre 2012 @13h27   « »

    ... immigré en France...

  • permalien Ph. Arnaud :
    29 septembre 2012 @13h29   « »

    A tous

    Pourquoi est-il illégitime –et même plus : contradictoire – de parler, en France, de « racisme anti-blanc » ? Simplement parce que le racisme, ce n’est pas traiter quelqu’un de « face de craie » ou de casser la gueule à quelqu’un en kippa. Ça, c’est de la broutille, c’est de l’anecdote.

    - 1. Le racisme, c’est la négation de l’Autre dans un groupe indistinct, où les caractères collectifs écrasent les caractères individuels : tous les Noirs se ressemblent, tous les Arabes s’appellent Mohamed, tous les Chinois sont fourbes, tous les juifs sont avares, etc.

    - 2. Le racisme, ce n’est pas seulement le classement de l’autre dans des caractères de « race » (différence physique superficielle), mais aussi dans toutes les catégories possibles : il est rare qu’un raciste ne soit pas aussi sexiste, homophobe, qu’il ne croie pas qu’il existe une hiérarchie dans les types d’intelligence, par exemple que les matheux sont plus intelligents que les littéraires, etc.

    - 3. Le racisme, c’est la croyance que les groupes ou les catégories ne se mélangent pas. Une des meilleures illustrations en est donnée par le monde de Tolkien où elfes, humains, nains, hobbits, orques, etc., sont dans des catégories radicalement étanches, non miscibles.

    - [3 bis. D’où, au passage, la haine du racisme pour tout ce qui est passage de ponts, mélanges, métissages, indistinction : d’où l’aversion des racistes pour l’homosexualité, la bisexualité, le métissage, l’ouverture des frontières, etc.].

    - 4. Le racisme est l’expression de la peur d’un groupe dominant menacé dans sa domination par la montée d’autres catégories. D’où son expression la plus achevée dans le monde occidental (Europe + Amérique du Nord) à partir du 19e siècle. Pourquoi ? Parce que ce monde, de 1850 à 1950, a été le seul – absolument le seul - à dominer et écraser le monde entier, à lui imposer ses lois, ses langues, ses mœurs, ses valeurs, ses vêtements, ses manières de consommer, sa culture…

    - D’où le racisme de ces contrées confrontées : aux Etats-Unis par l’émancipation des Noirs, en Europe par l’indépendance des colonisés, la promotion des femmes, l’acceptation des différences sexuelles, etc. D’où, aussi, la prégnance de ce racisme dans les catégories les plus populaires. Etant déjà écrasées par le capitalisme, leur seule défense est d’imaginer des inférieurs. [D’où, évidemment, l’intérêt de la droite à promouvoir le racisme pour étouffer toute solidarité de classe entre autochtones et immigrés].

  • permalien Matthias Sauvergeat :
    29 septembre 2012 @13h30   « »

    Pour répondre à l’affiche du FN : en France nous sommes tous Français.

    Question à Marine et à son père :

    Les chômeurs il faut les passer à la mitraillette ?

  • permalien slowfrog72 :
    29 septembre 2012 @13h41   « »

    Supposons donc que le racisme ne soit possible que de dominant à dominé.

    Qui se souvient de la puissance de l’empire mongol fondé par Gengis Khan ? De l’émerveillement de Marco Polo devant les fastes de la cour de Kubilaï Khan ? Du plus grand empire terrestre jamais fondé, des côtes de la Méditerranée à celles du Pacifique et de la Baltique au désert d’Arabie ?

    Les structures de domination sont-elles définitivement figées ? Les dominants d’une période de l’histoire sont-ils assurés d’une domination éternelle ? L’occident industriel, capitaliste, bourgeois et chrétien de Weber et/ou Marx (choisissez) est il assuré de maintenir sa domination in seculae seculorum ? Le Kapital ne peut-il élire domicile ailleurs que chez nous ? Notre groupe socio-économico-religieux aurait-il trouvé la recette du Reich de mille ans ?

    Hmmm...

    Détenir la dette d’un autre pays, décider d’y développer / entretenir / interrompre telle activité industrielle ou culturelle par le poids de son capital : n’est-ce pas un rapport de domination ? (Bien sur, "nous" aussi nous avons joué à ça).

    La certitude de posséder la seule Vraie Foi Révélée et d’être investi de la mission divine de convertir les infidèles ou de les soumettre à la Loi de Dieu, dans un rapport social défini par les Ecritures Saintes : n’est-ce pas un rapport de domination ? (Bien sur, "nous" aussi nous avons joué à ça).

    Les relations hiérarchiques sont mouvantes, et l’individu / groupe Alpha ne le reste que tant qu’il en est capable. Si nous n’avons pas les moyens d’assurer notre domination, il est inévitable que nous soyons un jour dominés ... et nous serons alors victimes du racisme.

    Dès à présent ? Et pourquoi pas ? Pourquoi certains n’auraient-ils pas l’impression de faire maintenant partie d’un groupe dominant exerçant entre autres prérogatives le racisme envers des dominés ?

    Ni Bien, ni Mal. Juste logique.

    Que Adolf, Jean-Marie et maintenant Jean-François exploitent les craintes des gens n’est pas surprenant, c’est leur fond de commerce. Cela ne doit pas nous empêcher de rester lucide.

  • permalien Jean-Paul Vincent Jeral :
    29 septembre 2012 @13h56   « »

    Bon, laissons tomber le terme "racisme anti-blanc" et mettons a la place "haine anti-blancs" !

    De cette facon les objections ideo-philo-theoriques au mot "racisme" sont eliminees et tout le monde est content. (Pauvre Sebastien).

  • permalien Ph. Arnaud :
    29 septembre 2012 @13h57   « »

    A tous

    - Le racisme se mélange très bien à toute pensée inégalitaire et, en particulier, à la pensée d’extrême-droite, voire simplement de droite. Mais il n’est pas confiné aux classes populaires.

    - Le racisme est également présent chez des gens instruits (ce qui ne veut pas forcément dire intelligents...), chez des gens avec de bons revenus - le Front National comporte des avocats, des médecins, des professeurs, parfois des magistrats (comme Serge Dalens), c’est-à-dire des gens qui ne sont pas menacés dans leur métier et qui ont une position enviable, donc qu’on ne peut soupçonner de chercher une compensation à un parcours professionnel raté.

  • permalien Ph. Arnaud :
    29 septembre 2012 @14h06   « »

    Jean-Paul Vincent Jeral

    - C’est qoi, un "Blanc" ?

  • permalien gloc :
    29 septembre 2012 @14h25   « »

    @Matthias Sauvergeat :

    Tout le monde sauf Marx, Darwin et quelques autres.

  • permalien jgn :
    29 septembre 2012 @14h44   « »

    « 4. Le racisme est l’expression de la peur d’un groupe dominant menacé dans sa domination (...) »

    "menacé" suggèrebien le besoin soudain ressenti par le groupe dominant de galvaniser les dominés en leur désignant une proie à leur portée.

    Aussi bien le racisme est-il d’abord une arme de guerre dirigée contre les dominés, - légitimant la domination, y compris dans la conscience des dominants qui se sentent plus forts (on constatera son usage dans des situations d’infériorité numérique, Afrique du Sud, Israël, ...) en naturalisant l’infériorité, la désignant comme une marque de la Providence (C’est le cas, par exemple de la colonisation et de l’instrumentalisation du concept juridique de Terra nullius (usé en Australie contre les peuples aborigènes).

    Comment, alors, comprendre un "racisme anti-blanc" ?

    1 - Comme une manipulation langagière certaine de la part du groupe dominant, lequel, dans la confusion ainsi générée, a beau jeu d’euphémiser le terme à l’aune de la réalité d’une pratique par tout un chacun ;

    2 - une évolution de la réalité quand, à la vue de tous, la "civilisation" occidentale s’est retournée en domination d’une race sur le reste de la planète. Ainsi apparaît-elle à la conscience abusée et c’est ainsi que la présente domination souhaite apparaître en organisant partout des conflits communautaires comme raisons de notre malheur."
    L’enfer c’est les autres !" aurait écrit Sartre. Voici donc cette imbécillité matérialisée dans les écrits de sang de la domination capitaliste.

    3 - La mise en question de cette domination selon l’idée qui commence de cheminer, chez les dominés, que "cette race pue la mort", laisse poindre le sentiment que l’Occident est en faillite, dans ses valeurs comme dans ses forces, ce qui n’était pas encore le cas à Watts ou Soweto. "Nous pouvons faire mieux que les Blancs" est bien évidemment la conclusion assez naturelle des faillites partout manifestes de l’Occident arrogant.
    Et comment ne pas y voir quelque réalité dans la faillite, en effet, de l’homme occidental, désormais affaibli au point de ne plus pouvoir vivre sans ses prothèses mécanisées ?

    Encore une fois, c’est la nature même de cette domination qui démentira ses propres mensonges et autres illusions, quand il apparaîtra - cela commence bien évidemment -, qu’un patron chinois ou indien est aussi crapuleux qu’un patron "couleur de craie". De nouvelles solidarités, alors, se dessineront, qu’essayent, pour l’heure, d’en retarder la naissance la présente domination.

  • permalien Merl mokeur :
    29 septembre 2012 @15h19   « »

    Est ce dans la piscine de l’homme d’affaires Takhiedine que Copé a découvert le "racisme anti-blanc" ?
    Est ce que les milliardaires, les patrons cachés de Copé et de la Droite sont uniquement d’une couleur ou de toutes ?

  • permalien Lucien Rouvère :
    29 septembre 2012 @15h40   « »

    Mélangez tout, tripotez tout, opposez tout, secouez vigoureusement et longtemps - c’est cadeau : vous collerez ipso facto tellement le foutoir dans les trois pauvres idées des citoyens que le système ne risquera plus alors d’être mis à mal par des critiques qui en ont, du coup, égaré leurs matériaux les plus utilement virulents.
    Le plus grand nombre ne sait plus dès lors ni quoi ni qu’est-ce. Pour les autres, les mots sont piégés et demanderaient à être désinfectés à chaque instant avant usage.
    But atteint.
    On le sait : c’est à ça que servent les hurleries talmurdiques, et depuis toujours.
    C’est donc sans surprise aucune que l’on retrouve le mini-bout copé, l’un des petits-bras armés du crijf, à la manœuvre dans cette énième entreprise de délayage/agitage/noyage de tout et n’importe quoi.
    Le racisme anti-blanc, lui, existe bel et bien, même s’il n’a (surtout) pas les significations que la gôche lui prête avec hypocrisie et gourmandise. Il est un des morceaux des haines fabriquées et entretenues par ces messieurs-dames du crijf, précisément (tiens, encore eux...). Pour la petite histoire, vous pouvez le voir, ce racisme, besogneusement propagé par les provos de cette officine, dans les lieux où sont, aujourd’hui, relégués des hommes qui, encore hier, servaient de béliers à ces délirants pour enfoncer les sociétés.
    Dernière chose : que, dans cette manip’, des alingraiche et autres janfraçoicane soient à la besogne ne devrait plus surprendre quiconque, et depuis lurette...

  • permalien Ernest :
    29 septembre 2012 @16h49   « »
    Racisme, idéologie et lutte des classes

    Racisme, idéologie et lutte des classes

    A. Gresh, décidément très prolifique sur les sujets les plus divers ces derniers temps, enfonce le clou de ses thématiques « orientalistes », faisant feu de tout bois. Peut être un peu trop pour les esprits avertis, concédant toujours une valeur à la distinction entre sophisme et tension vers la vérité.

    Le racisme est un sujet d’une complexité souvent insoupçonnée, et se prêtant donc très mal aux simplifications abusives. En même temps, il a acquis depuis une telle importance dans la vie sociale depuis une bonne trentaine d’année qu’il est devenu passionnel au plus haut point. D’où risques de dérapages incontrôlés divers et variés.

    Quelques points.

    1. Dans le temps court de quelques dizaines d’années, le développement du racisme est devenu une donnée majeure, et le symptôme probablement le plus inquiétant d’une régression politique, culturelle, intellectuelle majeure. Un seul exemple : la dernière présidentielle française, et ce qu’on a très justement caractérisé comme la « néo-pétainisation » de l’UMP mais, surtout, d’une partie très significative de l’opinion publique française. Maréchal, nous voilà !

    2. Les esprits pieux -et inévitablement manichéens, c’est une loi du genre religieux-en concluent qu’il faut choisir son camp (nostalgie, quand tu nous tiens !), et que pour ne pas désespérer Billancourt il faut dénier le racisme des dominés. Ce genre de pieuse fiction a le désagréable inconvénient de reposer sur un mépris de la vérité à des fins édificatrices, et d’abaisser encore un peu plus les prétentions à un raisonnement véridique.

    L’opposition entre humains et bestiaux, comme entre civilisés et barbares est un fait anthropologique bien universel, du côté de la Grèce antique comme des Navajos. Les élèves de 4e, c’est un fait d’expérience, ont une conscience aigüe de l’universalité des racismes, y compris dans ses aspects les plus inattendus, comme l’intégration symbolique du racisme dominant par ses victimes.

    Un seul exemple parmi tant d’autres : l’usage massif autant que dangereux des produits blanchissant la peau par les Noir(e)s en France. On pourrait parler aussi du principe de conservation de la violence sociale mis en avant par P. Bourdieu, qui pourrait par exemple expliquer le niveau quelque peu inquiétant de l’antisémitisme des Sémites. Le même mécanisme pourrait aussi expliquer, dans une combinaison un peu différente, le racisme anti-Noir très violent des Italo-américains, si pressés d’intégrer la catégorie WASP… ou l’antisémitisme des Afro-américains, trop heureux de trouver quelqu’un sur qui taper. M’enfin tout de même, tout cela est archiconnu. Passons…

  • permalien Ernest :
    29 septembre 2012 @16h51   « »
    Racisme, idéologie et lutte des classes (bis)

    3. Le racisme est comme toutes sortes de comportements sadiques, il doit se protéger par un camouflage idéologique pour prospérer à l’abri d’explicitations par trop encombrantes. La propagande autour du thème du « racisme anti-blanc » est bien sûr un de ces camouflages, permettant de justifier un déferlement de racisme anti-arabe et anti-noir en France.

    4. Le mouvement de communautarisme croissant en France comme partout en Occident, mais pas seulement, est une des modalités les plus délétères du racisme. Il peut avoir une acceptation très large, en commençant par la prolifération des résidences fermées, l’étalage de signes de richesse comme marque de fait de mépris des pauvres (« racisme de classe », pourrait-on dire, lui aussi bien universel), jusqu’à la pratique de tous types de signes d’appartenance grégaires.

    5. C’est ici que les choses se compliquent quand il s’agit des affirmations culturelles des dominés. Affirmer sa dignité culturelle et « identitaire » (attention, attention…) est probablement un des ressorts inévitables du combat anti-raciste (cf Black is beautiful).

    Ce qui n’empêche pas le moins du monde, sur les modes régressifs que l’on connaît trop bien actuellement, l’enfermement dans des ghettos « identitaires » qui sont autant de prisons, psychologiquement, socialement autant que politiquement. Si l’on veut bien faire l’effort de dépasser la réaction urticaire à la rhétorique politicienne dominante, on pourra constater combien la division des prolétaires entre communautés biberonnées à la paranoïa est du pain bénit (si j’ose dire) pour l’ordre dominant. Un pas de plus conduirait peut être à voir à quel point les différents clergés continuent à jouer actuellement ce à quoi ils ont toujours servi dans le passé : celui de police des esprits pour les différents appareils d’Etat, soit locaux, soit exotiques mais néanmoins réactionnaires en diable.

  • permalien Ernest :
    29 septembre 2012 @16h53   « »
    Racisme, idéologie et lutte des classes (ter)

    6. Louis Althusser a produit quelques réflexions pas inintéressantes sur la question de l’idéologie comme mécanisme de « reconnaissance/méconnaissance de soi », après Lacan… et Karl Marx. Autrement dit, plus on affiche bien haut et fort son appartenance identitaire, plus on crie son ignorance de soi-même, sa dépendance aux autres et à l’idéologie dominante.

    Les voies de l’émancipation préféreront sans doute une prise de distance critique et rationnelle à la réactivation des mythes des religions du Livre. Galilée au secours !

    7. Quels rapports entre l’idéologie raciste (même nouvelle école, façon culturaliste) et l’infrastructure socio-économique, déterminante en dernière instance ou pas ? K. Marx posait comme première exigence méthodologique du matérialisme et histoire de ne pas prendre à son compte ce que dit une société d’elle-même.

    Autrement dit, au-delà du racisme il y a une petite réalité de plus en plus enfouie dans les esprits benêts, qui s’appelle le capitalisme et les luttes de classe inhérentes. Non pas que le racisme soit mécaniquement « bourgeois » (le fantôme de Lyssenko plane toujours…), et encore moins le fruit d’une stratégie, même s’il y a des stratèges et des propagandistes. Il est dans le fond le fruit d’une régression idéologique qui est un fait objectif et qui n’épargne personne. Bref un « discours » au sens structuraliste du terme. Distinguer, avec Althusser, le niveau de l’idéologie et le niveau socio-économique est donc un enjeu de réflexion impérieux.

    Lénine aurait dit : l’apparence de l’essence.

  • permalien Matthias Sauvergeat :
    29 septembre 2012 @17h43   « »

    Disons que nous sommes tous des immigrés Français en France de familles d’ancêtres immigrés en France à une époque ou à une autre que certains en ont connaissance et d’autres non.

    Les archives familiales (à ma connaissance) me concernant s’arrête au XIXème siècle.

    Après c’est l’Histoire de France, de l’Europe, du monde : bref l’Histoire universelle...

  • permalien Ph. Arnaud :
    29 septembre 2012 @17h45   « »

    A tous

    - Lorsqu’un quelconque Copé (imitant un vulgaire Le Pen) parle de "racisme anti-blanc", il profère, ipso facto, un propos raciste, puisqu’il considère que l’espèce humaine est formée de "Blancs", de "Noirs", de "Jaunes", "d’Arabes", de "Peaux-Rouges" et je ne sais quoi.

    - Or, cette classification des humains est inepte, aussi inepte que celle de l’astrologie. Ce ne sont pas les "races" qui créent le racisme, c’est le racisme qui invente les races.

    - Lorsque, par ailleurs, les mêmes Copé ou Le Pen accolent couramment les expressions "racisme anti-blanc" et "racisme anti-français", c’est qu’ils considèrent que la France, normalement, n’est peuplée que de Blancs, ou qu’elle ne doit être peuplée que de "Blancs".

    - Celui qui parle de "racisme anti-blanc" en apprend donc moins sur les autres que sur lui-même, puisque, à son coprs défendant, il ne fait que prêtee aux autres la même vision du monde que lui, c’est-à-dire une vision raciste.

    - Or, je le redis, l’expression raciste la plus aboutie est, d’abord, une expression occidentale, étatsunienne d’abord (des Etats du sud), européenne ensuite, et c’est une expression des 19e 20e siècles, celles de peuples ayant dominé - écrasé, humilié - le monde, sentant que leur domination est menacée, et incapables d’imaginer aux autres une autre pensée (enfin, si l’on ose dire) que la leur.

  • permalien Matthias Sauvergeat :
    29 septembre 2012 @18h03   « »

    à Ph Arnaud :

    Nous appartenons tous au front national : d’un père et d’une mère qui ont une carte d’identité et une tête (un front) qui a réfléchit pour avoir ou pas d’enfants.

    Natio en latin veut dire naître, naissance (sauf erreur)...

  • permalien Matthias Sauvergeat :
    29 septembre 2012 @18h04   « »

    ... et nous sommes tous des adultes avec des cartes d’identité qui peuvent avoir des enfants...

  • permalien Protometeque :
    29 septembre 2012 @18h05   « »

    @ Deir Yassine, un hommage a Said par Angry Arab ici

  • permalien Matthias Sauvergeat :
    29 septembre 2012 @18h12   « »

    Le Pen (comme beaucoup) c’est la guerre (39 45) et l’armée (coloniale en Indochine Algérie) qui l’a politisé.

    Le problème s’est qu’il a amalgamé Résistance contre Hitler et racisme xénophobe.

    Il s’est accaparé le terme "front national" qui datait de la Résistance en France (terme qui regroupait l’ensemble des forces de résistance en France d’où son nom)...

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