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Menaces sur la transition politique en Egypte

jeudi 6 décembre 2012, par Alain Gresh

Pour bien des médias, la cause est entendue. Nous avons affaire en Egypte à une tentative de prise de pouvoir par les Frères et le peuple se soulève contre un nouveau Moubarak, qualifié par certains de pharaon. Rien n’a changé, dit-on en substance, depuis la chute de l’ancien président, si ce n’est le nom de celui qui occupe les plus hautes instances de l’Etat. Cette grille de lecture est d’autant plus tentante qu’elle correspond au schéma sur l’hiver islamiste qui succède aux printemps arabes.

Pourtant, à y regarder de plus près, cette vision schématique est fausse et, de plus, dangereuse, car elle pousse les protagonistes à l’affrontement.

Tout d’abord, rappelons que nous avons en Egypte, pour la première fois dans l’histoire, un président élu dans le cadre d’élections démocratiques, certes avec une faible majorité, mais avec une majorité quand même. Politiquement, même si les Frères musulmans ont sans doute perdu de leur influence, ils restent une force importante qui représente, avec les salafistes, environ la moitié de la population. Le scénario auquel on risque d’assister n’est pas celui d’un peuple qui affronte un dictateur, mais celui d’une guerre civile, dont ne pourraient profiter que les restes de l’ancien régime ou, en dernière instance, l’armée — encore que celle-ci s’est discréditée dans les quelques mois où elle a exercé le pouvoir à travers le Conseil suprême des forces armées (CSFA). D’ailleurs, quand le président Morsi a mis le CSFA sur la touche en août 2012, son initiative avait recueilli l’appui de la grande masse des Egyptiens et de la plupart des forces politiques.

C’est la déclaration constitutionnelle adoptée par Morsi le 22 novembre qui a mis le feu aux poudres. Elle octroyait au président tous les pouvoirs judiciaires, alors qu’il cumulait déjà les pouvoirs législatif et exécutif. N’était-ce pas un pas vers la dictature des Frères ?

Rappelons que la dissolution du Parlement élu, le premier dans l’histoire de l’Egypte, avait été imposée par le pouvoir judiciaire. Quoi qu’on pense de la légalité de la décision, elle n’était pas du fait des Frères et elle transposait au pouvoir exécutif — d’abord le CSFA, ensuite Morsi — l’ensemble des pouvoirs législatifs (lire « Egypte, de la dictature militaire à la dictature religieuse ? », Le Monde diplomatique, novembre 2012).

Par ailleurs, l’Assemblée constituante travaillait depuis des mois à la rédaction d’une nouvelle version de ce texte fondamental. Avec des hauts et des bas, avec des démissions et des retours, cette Assemblée avait, en novembre, bien avancé.

Pourquoi, dans ces conditions, le président Morsi a-t-il adopté cette déclaration constitutionnelle alors qu’il ne restait que quelques semaines avant la fin des travaux ? La raison première est que le pouvoir judiciaire menaçait de dissoudre cette Assemblée (et aussi le majliss al-choura, la chambre haute), ce qui risquait de prolonger la transition pour une période indéterminée. Et, paradoxalement, de renforcer encore plus le pouvoir du président.

Mais un autre facteur a pesé sur la décision du président. Malgré ses discours selon lesquels il voulait être le président de tous les Egyptiens — discours qui se sont traduits en partie dans la nomination de conseillers venant d’autres horizons politiques —, il a eu tendance à suivre de plus en plus les directives des Frères (et même pas celles du Parti de la liberté et de la justice, qu’ils avaient créé après la chute de Moubarak). Dans l’ombre, c’est le majlis el-irachad, le « bureau politique » de l’organisation dirigée par l’homme d’affaires Khayrat Al-Chater, qui prend les décisions que Morsi se contente alors de suivre.

Il faut ici dire un mot sur l’expérience politique des Frères et leur conception de la politique. Ayant vécu l’essentiel de leur existence depuis les années 1950 dans la clandestinité ou dans une semi-légalité, ils ont développé une vision paranoïaque du monde politique et de leurs ennemis. Et ils ont du mal à s’adapter à un monde plus ouvert, au débat démocratique, à la contestation de leurs idées. C’est pour cela qu’ils voient dans toute critique, dans toute contestation, un vaste complot pour les éliminer. Bien sûr, il existe des forces de l’ancien régime — notamment dans l’appareil judiciaire — qui voudraient le faire, mais de là à interpréter toute contestation comme un complot, il y a un pas.

Ceux qui évoquent le risque d’une dictature des Frères oublient un autre élément : si Morsi a été élu président, il est loin de disposer de tous les pouvoirs. Non seulement les Frères sont minoritaires dans le gouvernement, mais ils n’ont la main ni sur la police, ni sur l’appareil sécuritaire, ni sur l’armée — avec laquelle ils semblent avoir conclu un pacte qui est davantage de non-agression que stratégique. On peut noter, dans ces conditions, l’écart avec le régime de Moubarak, notamment au niveau de leur incapacité à utiliser l’armée et la police contre les manifestants, et l’appui sur leurs propres militants et sur les salafistes pour essayer de venir à bout de la contestation.

D’autre part, la société n’est plus celle d’avant la révolution. Ainsi, l’université Al-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite, a demandé au président de retirer sa déclaration constitutionnelle, tandis que l’Eglise copte quittait l’Assemblée constituante pour protester. Rappelons que ces deux institutions avaient appuyé le président Moubarak durant les événements de janvier-février 2011.

Le comportement et la violence des milices des Frères sont inqualifiables. Mais les affrontements ne peuvent être réduits à cela. D’une part, plusieurs sièges des Frères ont été brûlés à travers le pays, ce qui sort du cadre des manifestations pacifiques. Ensuite, il est sûr que des éléments de l’ancien régime jettent de l’huile sur le feu. D’autre part, l’opposition, ou plutôt les oppositions, ne sont pas sans porter une responsabilité dans l’impasse actuelle. Leur mobilisation contre la déclaration constitutionnelle s’est transformée au fil des jours en une volonté de délégitimer un président élu, en posant des conditions impossibles à tout dialogue avec le pouvoir.

De plus, une partie de l’opposition a renoué avec des membres de l’ancien régime — comme l’ancien secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa —, ce qui a donné prise aux accusations des Frères leur reprochant de trahir la révolution. Ce Front de salut national qui regroupe Hamdin Sabbahi, Mohammed Al-Baradeï et Amr Moussa notamment, se présente comme un front anti-islamiste, ce qui favorise, en retour, l’alliance entre les Frères et les salafistes que de nombreux points divisent : en coupant l’Egypte en deux, ces regroupements poussent à la guerre civile.

Le seul homme politique à avoir pris une position réaliste est Abdel Moneim Aboul Foutouh, arrivé en quatrième position à l’élection présidentielle. Il a condamné la déclaration constitutionnelle, mais rejette toute alliance avec les membres de l’ancien régime. Il refuse de remettre en cause la légitimité de Morsi et appelle au dialogue.

Un dernier point important concerne la Constitution, qui a été approuvée à la sauvette et qui devrait être soumise à référendum mi-décembre. L’opposition refuse d’accepter ce fait accompli. Le texte lui-même a soulevé bien des discussions. Quoi qu’en aient dit les médias en France, un consensus large parmi les forces politiques régnait pour garder l’article 2 de la Constitution, qui stipule que la charia est la source principale de la législation. Les seules forces à avoir bataillé à son encontre étaient les salafistes, qui voulaient une référence plus contraignante.

Analysant le texte (« Egypt : New Constitution Mixed on Support of Rights »), l’organisation Human Rights Watch explique qu’il « prévoit des garanties de base contre la détention arbitraire et la torture tout en défendant certains droits économiques, mais ne met pas fin aux procès militaires de civils et ne protège ni la liberté d’expression ni la liberté de religion ».

Une des difficultés tient à la réticence de toutes les forces à faire des compromis et à adopter un texte qui satisfasse les divers courants de la société égyptienne, qui permette de mettre un terme à la transition et de définir le cadre légal dans lequel pourront se poursuivre les combats politiques et sociaux nécessaires, notamment contre les politiques libérales du gouvernement et pour l’élargissement des libertés d’organisation, en particulier syndicales.

Le président Morsi s’est finalement adressé à la nation le 6 décembre. Sans rien céder sur le fond, il a appelé à un dialogue national samedi. Dans le même temps, les violentes attaques des Frères contre les représentants de l’opposition, comme l’incendie du siège des Frères au Caire, laissent mal augurer de la suite.

579 commentaires sur « Menaces sur la transition politique en Egypte »

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  • permalien Yvan :
    6 décembre 2012 @21h56   »
    Egypte, menaces sur la transition politique


    Le Moyen-Orient de tous les dangers et de l’espérance | Tariq Ramadan Le 3 décembre 2012
    L’Egypte traverse une crise grave et la situation est critique. Afin de neutraliser les pouvoirs militaires et/ou juridiques qui l’empêcheraient d’appliquer sa politique, voire remettraient en cause son propre statut en appelant à de nouvelles élections, le président Muhammad Morsi a anticipé et s’est octroyé des droits “temporaires” qui rappellent curieusement les prérogatives singulières de Mubarak. Il est vrai que les oppositions et les interférences institutionnelles multiples rendaient impossible la gestion politique du gouvernement égyptien. On saura très vite s’il s’agit de mesures réellement temporaires permettant de faciliter la transition ou d’une dérive qui ramènerait le pays à l’ère de la dictature.


    Cette période de transition est bien celle de tous les dangers et de toutes les contradictions. Il faudrait du temps et le temps manque pourtant ; il faudrait une dynamique régionale concertée alors que les politiques sont nationales et nationalistes.


    Penser de nouveaux rapports au pouvoir, à la référence religieuse, à la liberté ; tirer profit du nouvel ordre économique multipolaire, célébrer la créativité culturelle et artistique et prendre au sérieux le bien être et les intérêts supérieurs des peuples. Cela commence par vivre une libération, une vraie révolution intellectuelle et psychologique, qui consiste à sortir de l’obsession de la reconnaissance par l’Occident (et par les puissants en général) : comme si, même libérés, il fallait encore, sur la scène internationale, être adoubés, légitimés, tolérés.

  • permalien K. :
    6 décembre 2012 @22h24   « »
    Egypte, menaces sur la transition politique

    Finalement Morsi a parlé.

    http://www.tv5.org/cms/chaine-franc...

  • permalien Shanaa :
    6 décembre 2012 @22h26   « »
    Egypte, menaces sur la transition politique

    L’opposition egyptienne a laissé les manifestations dégénérer, faisant des morts, détruisants les quartiers ! Elle vient de prouver son manque d’organisation, de discipline, de déficit évident de communication !
    Morsi vient de gagner des points en invitant au dialogue, en s’exprimant devant les égyptiens ! Il se montre ferme en maintenant le référendum, à tort ou à raison. L’avenir le dira !

  • permalien Sakhra :
    6 décembre 2012 @22h31   « »
    Egypte, menaces sur la transition politique

    Finalement, Morsi a fait son discours :

    Ce discours a déçu l’opposition :
    -maintien du projet de la Constitution et de la date du référendum /

    - il propose à l’oppostion un "dialogue" (débat) fixé à samedi, après midi .iIl a rappelé qu’il n’avait pas utilisé jusqu’à ce jour la déclaration constitutionnelleet son art 6 ;

    Il a été très ferme, et plein d’assurance dans sa condamnation des violences et a accusé des membres de l’ancien régime d’être derrière ces violences , et a également accusé des parties étrangères, qui aurait financé les auteurs des violences .Et bien sûr la promesse que ces crimes ne resteront pas impunis .

    - Il a rappelé à l’opposition, que la règle démocratique c’est que la minorité doit accepter la décision de la majorité .

    - Egalement , très fermement et très "Président", il a affirmé que l’ancien régime ne reviendra pas en Egypte (ni par son biais , ni par le biais des "foulouls")

    C’est approximativement, ce que j’ai pu retenir .Mais, c’est son attitude qui m’a impressionnée.

  • permalien Shanaa :
    6 décembre 2012 @22h39   « »
    Egypte, menaces sur la transition politique

    Sakhra, en quoi Morsi vous a-t-il impressionné ?

    "S’il a agi ainsi, c’est aussi "parce que le calendrier politique, mis en place par les militaires au pouvoir après la chute de Moubarak, a placé l’Egypte dans une situation de blocage institutionnel", explique à L’Express Sophie Pommier, spécialiste de l’Egypte. Alors que le processus de transition s’éternise", près de deux ans après la chute de Hosni Moubarak, la situation économique de l’Egypte se dégrade. "En ce sens, on peut donc comprendre que Morsi ait cherché à débloquer la situation". Mais "c’est la brutalité avec laquelle le chef de l’Etat a agi qui a secoué l’opinion". Il a voulu tirer profit de l’aura que lui a valu sa médiation pour un cessez-le feu à Gaza, ajoute la politologue. "
    - Le Vif

  • permalien Sakhra :
    6 décembre 2012 @22h41   « »
    Egypte, menaces sur la transition politique

    Mon message n’est pas passé ...
    Je commentais le discours de Morsi que j’ai suivi .

    Le ton très ferme, et une attitude très "Président " ; impressionnant .
    En plus de ce que K a posté,

    Morsi a accusé les membres de l’ancien régime d’être derrière les violences,de m^me qu’il a accusé des parties étrangères derrière ceux qui ont commis ces crimes . Il a promis que ces crimes ne resteront pas impunis .
    Il a également rappelé que la minorité doit respecter le choix de la majorité, et que c’est une règle de la démocratie .
    Enfin, il a assuré que l’ancien régime ne reviendra pas en Egypte ( ni par son biais, ni par celui des "fouloul")

  • permalien Shanaa :
    6 décembre 2012 @22h45   « »
    Egypte, menaces sur la transition politique

    « J’appelle tous les partis politiques à un dialogue le samedi 8 décembre au palais présidentiel », a déclaré le président islamiste, précisant que les discussions devraient porter sur l’élaboration d’une loi électorale et sur une feuille de route à suivre après le référendum.

    Dans un discours au ton offensif, M. Morsi a cependant assuré que ce référendum sur le projet de Constitution qui divise le pays se tiendrait comme prévu le 15 décembre et qu’après le scrutin, le peuple devrait « suivre sa volonté ».

    « Nous respectons la liberté d’expression pacifique, mais nous ne laisserons jamais personne participer à des meurtres et à des actes de sabotage », a déclaré le président, alors que le pays traverse la crise politique la plus profonde depuis son élection en juin.
    - Libération

  • permalien K. :
    6 décembre 2012 @22h46   « »
    Egypte, menaces sur la transition politique

    Il me semble que plus important que le fait de maintenir le Référendum est de savoir s’il va maintenir tel quel le texte de la constitution après la rencontre de samedi avec l’opposition.

    Le sort du fameux article 6 est des plus bizarres. Par définition non constitutionnel avant le référendum, et pourtant destiné, selon Morsi, "de toute façon à disparaître après la tenue du référendum."

  • permalien Sarah :
    6 décembre 2012 @23h17   « »
    Egypte, menaces sur la transition politique

    Rappelons pour les bisounours que le Général De Gaulle pour sauver la République" contre le putchistes d’Alger a utilisé l’article 16 de la constitution française qui accorde les pleins pouvoirs au chef de l’état en cas de circonstances exceptionnelles(pouvoir judiciaire,exécutif,législatif).

    Que Poutine a mis plusieurs années avant de redresser la Russie, tombée aux mains des oligarques ultra-libéraux et pro-américains,et que pour cela il a du parfois employer la "méthode forte".

    Que l’AKP et Erdogan n’ont pu faire de la Turquie une puissance régionale et la dix-septième économie mondiale qu’après dix ans d’exercice du pouvoir.
    Que ce n’est que récemment qu’ils ont pu se débarrasser des militaires "trop interventionnistes" dans la vie politique du pays.

    Il n’y a aura pas de démocratisation dans le monde arabe,si les acteurs politiques de l’opposition jouent sans cesse le jeu du pire,de l’affrontement,de la polarisation extrême.

    Dans ces conditions,il n’y a pas de possibilité pour un débat apaisé et constructif,seul à même de répondre aux vrais enjeux économiques,sociaux,régionaux.

  • permalien Sakhra :
    6 décembre 2012 @23h38   « »
    Egypte, menaces sur la transition politique

    @ K,

    Non, Morsi a précisé qu’il n’y aura pas de débat sur le texte projet de la Constitution . Le débat qu’il propose est celui sur l’art 6 de la déclaration constitutionnelle .

    @ Shanna,
    Oui Morsi m’a impressionnéé ; Pour la première fois il était dans "l’habit" d’un Président légitime, et sa légitimité, il la tient du peuple, et non d’un coup d’Etat, ni d’une auto-désignation .Sûr de lui ...C’est mon impression personnelle.

    Pour revenir à l’’art , c’est évident que les éléments de l’ancien régime ont jeté de l’huile sur le feu . Quand, on voit un Amr Moussa, déclarer que Morsi doit partir, car il n’a plus de légitimité, c’est assez hallucinant
    On a envie de lui demander d’où il tient lui une" légitimité" pour ouvrir sa g....

    Ce qui est plus décevant, c’est aujourd’hui, la position de Salehi, qui hier encore et à juste titre demandait à ses troupes, de ne pas scander le slogan "Morsi Irhal ", car Morsi a été élu démocratiquement, a changé d’avis et considère que Morsi porte la responsabilité des morts , et qu’il n’a donc plus de légitimité ! C’est quoi cette "démocratie " pour eux ? Il y a des principes, qu’il faut respecter, valables pour tous , non ? : Que l’Etat en tant que personne morale soit responsable de la sécurité des citoyens, d’acc, mais qu’on fasse porter la responsabilité à un homme, c’est du n’importe quoi . Morsi a-t-il donné des ordres aux auteurs des crimes ?
    Autre chose, l’accusation portée contre des parties intérieures et des parties étrangères , est assez grave, Morsi devrait présenter un peu plus de détails , pour être crédible .

  • permalien Sakhra :
    7 décembre 2012 @00h14   « »

    @ Sarah,

    Rappelons pour les bisounours que le Général De Gaulle pour sauver la République" contre le putchistes d’Alger a utilisé l’article 16 de la constitution française qui accorde les pleins pouvoirs au chef de l’état en cas de circonstances exceptionnelles(pouvoir judiciaire,exécutif,législatif).

    C’est tout de m^me un peu différent .De Gaulle a utilisé l’art 16 de la Constitution de 1958, mais la Constitution avait été auparavant votée et adoptée par le peuple français .Ce qui n’est la cas pour Morsi .

  • permalien Ismail :
    7 décembre 2012 @00h20   « »

    @ Sarah

    Je vous salue et partage tout ce que vous dites.

    Je voudrais seulement tirer l’attention sur une seule ’décision’ qui sera très chère à payer du Président Moursi : c’est qu’il a accepté de signer des accords avec l’IMF... Je pense que, non pas les quelques polémiques autour de l’autorité gouvernementale mais, ce qui paisera le plus dure sur le pays (l’Egypte) c’est les dettes et les engagements faites à l’IMF. Par-ce qu’ils vont avoir déjà dans les quelques mois à venir des effets néfastes et très lourd sur le peuple. Et c’est ainsi que les partis politiques vont se mettre à l’abris et ne pas accepter la responsabilité de gérer un pays en pleine crise économique... Il faudra sérer encore plus les ceintures..
    Les jours à venir ne sont pas facile pour les Egyptiens...

    Salutations.

  • permalien Sakhra :
    7 décembre 2012 @00h40   « »

    Sur la page facebook d ’al mayadeen tv, le Procureur Général a démenti l’information donnée il y a quelques jours, concernant une procédure judiciare contre Salehi et Baradei ... ?

    Autre chose, il y a quelques jours j’ai lu un papier relatif à l’organisation à Dubai d’une cellule ayant pour but le renversement de Morsi . Y serait impliqués, les émirats, l(Arabie séoudite et quelques militaires remerciés par Morsi, dont Tantaoui . Comme le sitee qui l’a publié est un site pro-islamiste , c’est sous toute réserves .

  • permalien gloc :
    7 décembre 2012 @06h02   « »
    Comparaison n’est pas...

    @Sarah,

    Après 60 ans d’article 16, il est possible que certains Bisounours, aient pu espérer en Égypte.

    Ce n’est pas la Constitution qui a donné les pleins pouvoirs à De Gaulle, c’est De Gaulle qui a imposé la Ve République, après 5 ans d’occupation allemande et 12 ans de "chienlit" parlementaire, dans un premier temps pour "pacifier" l’Algérie.

    Ça n’a pas empêché les Bisounours de protester dès les premières secondes de la Ve République et de continuer à le faire 54 ans après... et de jamais lâcher le morceau tant que la France continuera à être une verrue monarchiste dans le système démocratique des nations européennes.

    Les tyrans agissent toujours dans une urgence qu’ils ont souvent créée eux-même. Les démocrates ont besoin de temps, et Morsi n’a pas besoin de "singer" les "démocratures occidentales" pour faire le bonheur des Égyptiens. La richesse historique de l’Égypte devrait lui permettre de développer, des solutions plus adaptées aux besoins de l’Égypte.

  • permalien gilgoss :
    7 décembre 2012 @09h36   « »

    Une bonne partie des Egyptiens étant analphabètes et vu l’implantation des Frères il est probable que
    Morsi gagnera son référendum .

    Si en France on votait pour interdire toute immigration musulmane la réponse serait peut-être oui, est-ce acceptable ?

    En Egypte la question est du même ordre.

    La position d’Alain Gresh ne me surprend pas : il soutient souvent les ennemis de la liberté.

  • permalien Ibrahim :
    7 décembre 2012 @10h12   « »

    Taux d’alphabétisation EGYPTE : definition : age 10 and over can read and write
    population totale : 70,3%
    hommes : 77,6%
    femmes : 62,7% (2006 est.)

    Source : CIA World Factbook - Version du Mars 11, 2012

    De rien ;)

    Faire voter une constitution après une dictature par référendum est tout ce qu’il y’a de plus classique. Il n’y a rien a voir avec des motions populistes comme le fait de s’en prendre à une minorité pour étouffer les problèmes économiques.

  • permalien Thomas Demada :
    7 décembre 2012 @10h23   « »

    C’est tout de même un peu différent .De Gaulle a utilisé l’art 16 de la Constitution de 1958, mais la Constitution avait été auparavant votée et adoptée par le peuple français .Ce qui n’est la cas pour Morsi .

    Mais Morsi a été élu par le Peuple justement, quant à l’établissement de la Ve République, elle ne fût rien moins qu’une conspiration politico-militaire visant à ramener de Gaulle au pouvoir. Quand bien même "le général" s’est joué ensuite des conspirateurs.

    Il est quand même aberrant que certains contributeurs en viennent à l’équation referendum=populisme.

  • permalien anne :
    7 décembre 2012 @12h20   « »

    La question de la tenue du référendum n’a pas été évoquée. 260 diplomates ont signé une déclaration refusant la supervision du référendum à l’étranger qui doit débuter demain dans les ambassades. Certaines ambassades auraient également demandé de repousser le vote, craignant des heurts ou débordements. De plus, un peu plus de 2000 juges ont indiqués qu’il refuseraient de se rendre dans les bureaux de vote le 15 décembre.
    Morsi peut bien employé un ton sévère, il n’a aucune autorité sur son pays et doit comprendre que le compromis doit venir de lui. Or dans son discours il n’en est rien. Qu’il soit islamiste ou non, un président a le devoir de rassembler son pays, non pas de le diviser. Un très mauvais discours qui ne calmera pas les esprits malheureusement et fera davantage couler le sang. Les felouls existent, comme les collabos en leur temps. Le temps de la reconciliation est venue, sans réconciliation pas d’apaisement possible.

  • permalien Shanaa :
    7 décembre 2012 @13h21   « »

    Sakhra : "Oui Morsi m’a impressionnéé ; Pour la première fois il était dans "l’habit" d’un Président légitime, et sa légitimité, il la tient du peuple, et non d’un coup d’Etat, ni d’une auto-désignation .Sûr de lui ...C’est mon impression personnelle."

    Tout à fait juste ! C’est l’impression qu’il m’a donné aussi !
    L’opposition est faite de gens qui ont peur irrationnellement des fréres musulmans (la gauche, les églises, les nantis). Or, il n’y a vraiment pas de quoi avoir peur ! Il suffit d’un peu de patience et de respect pour le vote !

  • permalien K. :
    7 décembre 2012 @13h23   « »

    ... l’opposition refuse de participer au dialogue proposé par Morsi

    http://www.romandie.com/news/n/_ALE... ?

  • permalien Vitigis :
    7 décembre 2012 @14h59   « »
    "Prendre" le pouvoir

    Ainsi, il suffit qu’un président égyptien promulgue un décret pour "prendre" des pouvoirs. C’est un mécanisme institutionnel un peu rudimentaire.

  • permalien Frantz :
    7 décembre 2012 @16h07   « »
    La démocratie tout de suite !

    Ce coup de force anti-démocratique de Morsi et des Frères (pleins pouvoirs "provisoires" et constitution rétrograde bâclée) doit être radicalement dénoncé. La révolution égyptienne demande la liberté, le pain, la justice sociale. Que font-ils ? 7 morts, pleins pouvoirs, référendum dans les 15 jours (comment peut se faire le débat ?), dispositions liberticides (femmes, minorités, etc.). Morsi dégage !

  • permalien Caligula :
    7 décembre 2012 @16h32   « »

    @ Frantz,

    La révolution égyptienne demande la liberté, le pain, la justice sociale.

    En combien de temps ?
    Que je sache, Hollande a été élu il y a 7 mois, mais il n’a pas résorbé la crise financière, résolu les problèmes dans les banlieues, ni relancé l’emploi. Par contre il a fait le ménage dans la police, est revenu sur des lois (les retraites par exemple), etc etc. Personne ne demande sa demission. D’ailleurs y’a pas grand monde qui voudrait ètre à sa place.

    Morsi a été élu lui aussi, il doit tout reprendre à zéro et il faudrait qu’il le fasse vite, et en contentant tout le monde ! A situation exceptionelle mesures antipathiques. Dans un pays multiculturel comme l’Egypte ne pas empiéter sur les libertées de chacun cela risque d’être dur. Moubarak n’est plus là, certes, mais il a encore plein de sympathisants à haut niveau ; qu’ils s’estiment déja heureux d’etre encore en vie. D’aucun les auraient déja emprisonnés, à tout le moins.

    De plus il est bien question d’un référendum, non ? Démocratie oblige, ceux qui ne sont pas d’accord, n’ont qu’à aller voter contre.

    Attendre, il n’y a que ça à faire. En plus je vois mal un futur dictateur musulman diriger l’Egypte, où se situe le canal de Suez (trés important pour l’occident) et en plus se vanter d’avoir obtenu un cessez-le-feu entre Israel et l’Etat Palestinien.

  • permalien patrice :
    7 décembre 2012 @17h04   « »

    @Franz
    La population égyptienne est libre de voter contre le projet. Analphabète ou pas, le peuple est désormais informé des défauts inhérents au projet, puisque je pense que ses opposants en font spectaculairement état.
    A noter au passage le fait que, contrairement à ce qu’expose l’article, les religieux ne représentent pas "la moitié de l’électorat", mais pas loin des deux tiers.
    Si l’opposition est si violente, c’est bien au motif que cette constitution va être approuvée par la majorité des votants.
    Et même la comparaison avec la constitution de la Cinquième république française est impropre, car cette constitution fut votée sous la menace d’un coup d’état, ce qui n’est pas le cas en Egypte.
    En résumé, c’est le peuple qu’il faut convaincre, pas Morsi.

  • permalien Shanaa :
    7 décembre 2012 @18h22   « »

    Morsi risque d’avoir du pain sur la planche pour unir et réunir une partie du peuple atteinte de "schizophrénie culturelle" via l’influence, depuis des decennies, de la mondialisation !

    "Contrairement aux apparences, l’islamisme contemporain n’est pas le symptôme d’un repli sur le passé et les traditions, il est au contraire celui d’une ultramodernité, ou plutôt d’une contre-modernité qui se pose en modèle alternatif à celui de l’occidentalisation. Mais l’idée même de modernité est un produit de la pensée occidentale que les islamistes d’Iran et d’ailleurs prétendent rejeter. D’où la « schizophrénie culturelle » de ces cultures à la fois opposées à l’Occident et fascinées par lui. Ce paradoxe, qui est particulièrement marqué au sein des élites intellectuelles, est analysé de l’intérieur, dans cette étude classique précédemment parue sous le titre Le Regard mutilé (Albin Michel, 1989)."

    - Daryush Shayegan.
    Qui connait cet auteur ?

  • permalien K. :
    7 décembre 2012 @18h22   « »

    C’est un cauchemar... Qu’on me dise que c’est faux, par pitié,

    Al-Masry Al-Youm goes inside the Brotherhood’s torture chambers

  • permalien Odile.orc :
    7 décembre 2012 @19h21   « »

    Beaucoup de ces commentaires sont écrits par des gens qui vivent en démocratie, où les décomptes des voix sont en général fiables, ce n’est pas encore le cas de l’Egypte. J’ajouterais qu’un des reproches faits à Morsi est d’être président pour les Frères Musulmans et non pour tous les Egyptiens. Il est vrai qu’en plus il ne doit pas s’aliéner une droite salafiste qui l’a porté au pouvoir. Je conseillerais, si je peux me le permettre, de lire un article tout à fait intéressant et qui aide à avoir une vision d’ensemble : http://www.nybooks.com/articles/arc... ?

  • permalien Orangerouge :
    7 décembre 2012 @21h08   « »

    à Odile.orc,

    On a tout à fait le droit de critiquer Morsi. Mais pas de raconter absolument n’importe quoi.

    Morsi a été élu démocratiquement, et il n’a absolument pas été porté au pouvoir par les salafistes (qui sont un mouvement diversifié en Egypte).

  • permalien Djazaïri :
    7 décembre 2012 @21h39   « »

    Pourquoi c’est Frédéric Encel qui était invité sur France-Inter vendredi soir pour parler d’Egypte et pas vous ?
    Que connaît Mr F Encel de l’Egypte ?

  • permalien Sarah :
    7 décembre 2012 @21h44   « »

    @ Sakhra :

    C’est tout de m^me un peu différent .De Gaulle a utilisé l’art 16 de la Constitution de 1958, mais la Constitution avait été auparavant votée et adoptée par le peuple français .Ce qui n’est la cas pour Morsi .

    Certes,la constitution de 1958 avait été votée par référundum mais De Gaulle,lui,n’avait pas été élu au suffrage universel direct par le peuple,mais par un collège de grands électeurs.

    Car si je ne me trompe pas ,le chef de l’état en France n’est élu directement par le peuple que depuis 1962.

    Donc,la légitimité de Morsi,élu au suffrage universel direct,est plus grande que celle de De Gaulle en 1958 lorsqu’il a mis en application l’article 16 de la constitution.

  • permalien K. :
    7 décembre 2012 @22h05   « »

    Abdel Moneim Aboul Foutouh vient lui aussi de déclarer qu’il ne participera pas au “dialogue” de demain.

  • permalien K. :
    7 décembre 2012 @22h11   « »
  • permalien K. :
    7 décembre 2012 @22h20   « »

    En espérant que la nuit ne sera pas sanglante :

    Conflicting reports on whether MB activists are staying put by Raba’a Al-’Adawiyya mosque or marching to presidential palace.

  • permalien gloc :
    7 décembre 2012 @22h21   « »
  • permalien Sakhra :
    7 décembre 2012 @22h41   « »

    K :

    C’est un cauchemar... Qu’on me dise que c’est faux,

    Si, c’était vrai, ce serait très grave .

    Mais, en ce moment les informations les plus contradictoires circulent en Egypte . La m^me presse avait rapporté que le Procureur Général avait saisi la Cour de Sûreté de l’Etat (Juridiction d’exception )contre Baradai , Salehi... pour des faits complètement farfelus (espionnage, ...)

    Or Le Procureur a du intervenir et démentir cette information ...Donc, la prudence est de mise .Pour "justifier" leur désir de "faire tomber Morsi", il y a des parties qui sont prêts à aller très loin .

    C’est tout, sauf des comportements démocratiques .

  • permalien Sakhra :
    7 décembre 2012 @23h45   « »

    Mohamad Hassanein Haykal, le célèbre écrivain et journaliste Egyptien (Nassérien) a fait une déclaration hier , rapportée par alquds el arabi :

    que je vais essayer de traduire :

    Heykal, contre le slogan , qui demande le départ du pouvoir et met en garde contre "un Etat sans aucune notion de l’Etat".

    Heykal a insisté sur la légitimité du Président Morsi, qui doit terminer son mandat présidentiel .
    Il déclare, qu’il a été choqué par le projet de constitution , et fait remarquer que l’absence de l’Eglise et des intellectuels au sein de la commission de rédaction est grave, quant à la déclaration constitutionnelle, c’est un saut dans le noir(l’inconnu).

    Il ajouté ,"nous sommes en face d’une situation révolutionnaire qui ressemble à un accouchement dans l’air "Nous sommes en train de construire un Etat, sans aucune notion de l’Etat .

    Ce demande Heykal, ce n’est pas que Morsi revienne sur ses décisions , car l’institution présidentielle ne le lui permet pas, mais qu’il donne le délai des 2 mois comme il était prévu, afin que les citoyens puissent prendre connaissance du contenu du projet de constitution .
    http://www.alquds.co.uk/index.asp?f...

  • permalien Sakhra :
    8 décembre 2012 @00h50   « »

    Egypte : Qui a envoyé les Frères musulmans à la rue ?

    http://english.al-akhbar.com/conten...

  • permalien Damnatio memoriae :
    8 décembre 2012 @06h54   « »

    Quelques réflexions, à titre d’hypothèses :

    1. la nature autoritaire de la Constitution présentée, rejoignant le caractère réactionnaire des Frères musulmans et de leurs alliés/concurrents de l’extrême-droite salafiste. Elle semble renforcer plutôt que diminuer les discriminations contre les femmes et les minorités religieuses. Selon une dirigeante syndicale égyptienne, Fatma Ramadan, « Morsi est clairement en train de préparer une répression systématique contre le mouvement ouvrier égyptien, contre le droit de grève, contre le droit de s’organiser, ainsi que contre le pluralisme syndical ». (http://www.europe-solidaire.org/spi...)

    2. la continuité géopolitique (alliance/subordination vis-à-vis des E-U et Israël), politique et sociale du pouvoir islamiste, leur alliance de fait avec l’armée, vrai maîtresse de l’Egypte, ayant la mainmise sur l’économie.

    Cette nature de classe du pouvoir islamiste, dont A. Gresh ne dit pas un mot, est à mettre à mon sens en parallèle avec la situation en Tunisie où le nouveau pouvoir islamiste utilise le vieil appareil de répression haï contre les syndicats et les classes populaires de Siliana (tirs de chevrotine sur les manifestants notamment). Le gouvernement islamiste tunisien dénonce des « paresseux » en la personne des chômeurs manifestant. La répression en Egypte est très dure aussi depuis plusieurs jours, avec plusieurs morts notamment. Au-delà des illusions idéologiques islamistes, il y a la répétition prévisible d’un pouvoir de classe, des vieilles structures répressives contre la population.

    Le fait que la répression soit moins un peu moins sauvage n’est pas à mettre au crédit des nouveaux pouvoirs mais de la révolution populaire, ce qui n’est pas tout à fait la même chose…

    3. le bonapartisme de Morsi, qui tente de s’élever en pouvoir semi-autoritaire au-dessus de l’antagonisme entre partisans de l’ancien régime et révolutionnaires.

    D’où la stratégie a deux faces, Janus bifrons de la révolution égyptienne : un coup contre les partisans de l’ancien régime (ainsi la mise à l’écart de la vieille génération d’officiers supérieurs) et un coup contre les révolutionnaires, les droits démocratiques de la population. Bonapartisme dans le sens où c’est la stratégie de ce type de pouvoir (ainsi Napoléon lui-même : contre les royalistes, contre les révolutionnaires ; on pourrait aboutir à de Gaulle effectivement : contre les jusqu’au-boutistes de l’Algérie française, contre le PC et les syndicats).

  • permalien Rouzbeh :
    8 décembre 2012 @13h17   « »

    Quotidien « Hamshahri »

    Le célèbre penseur égyptien, Mohamed Hassanein Heikal, a délaré lors d’une interview télévisée que l’Arabie saoudite ne voudrait pas aider les Egyptiens, mais plutôt anéantir la révolution d’Egypte. Il a déclaré au journaliste de la chaîne CBS que l’Egypte se trouvait actuellement sous d’intenses pressions internationales. « L’Arabie saoudite ne souhaite qu’à mener à l’échec la révolution du 25 janvier, pour décevoir les Egyptiens de leur mouvement révolutionnaire. Il a conseillé au président Mohamed Morsi d’entamer immédiatement un dialogue avec les groupes politiques, notamment avec les représentants des jeunes, pour contrôler les tensions actuelles, et de proroger la tenue d’un referendum sur le projet de la Constitution.

    http://french.irib.ir/info/iran-act...

  • permalien K. :
    8 décembre 2012 @14h08   « »

    Deux très bons et très mesurés articles sur les évènements actuels en Egypte.

    http://www.merip.org/five-notes-egy...

    http://www.merip.org/liberalism-vs-...

  • permalien Damnatio memoriae :
    8 décembre 2012 @14h13   « »
    M Morsi et le bonapartisme (suite)

    4. le recours au référendum, figure classique du bonapartisme (ou du gaullisme). Morsi mise probablement sur la lassitude et le conservatisme idéologique d’une partie importante de la population égyptienne pour remporter le scrutin. C’était le raisonnement de de Gaulle pour les législatives qui ont suivi Mai 68.

    On peut objecter que le peuple égyptien a bien le droit d’aspirer à la stabilité politique après deux années de révolution et d’instabilité forte. Personne ne le conteste. Mais il y a stabilisation et régression politique, tout le problème est là me semble-t-il. Encore une fois, c’est une régularité historique très contraignante : après une révolution vient une période de réaction politique. Je pense que les révolutionnaires égyptiens sont lucides dans leur combat.

    5. comme tout pouvoir bonapartiste, il tente de s’élever par coup de force, par l’épreuve et le quitte ou double. Il n’est pas certain de remporter complètement cette épreuve, tant la contestation paraît puissante.

    6. il y a un caractère sur lequel Morsi en tant que représentant des FM est en position de faiblesse, c’est celui de la laïcité dans un pays qui connaît une forte régression islamiste depuis des années, mais en même temps une forte résistance laïque, des militants démocrates et féministes, et une minorité chrétienne inquiète. M Morsi ne pourra échapper au soupçon logique d’être l’exécutant d’une organisation bigote et réactionnaire. Il y a là me semble-t-il une confusion qui le met structurellement en porte-à-faux.

  • permalien Damnatio memoriae :
    8 décembre 2012 @14h26   « »
    @ K

    Merci pour vos liens vers les deux articles en ligne sur l’Egypte, qui sont effectivement remarquables à mon avis.

  • permalien K. :
    8 décembre 2012 @14h36   « »

    David Ignatius, à défaut d’être mesuré, ne fait pas dans la demi-mesure.

    Our man in Cairo

    http://www.washingtonpost.com/opini...

  • permalien patrice :
    8 décembre 2012 @14h52   « »

    @Damnatio Memoriae
    Merci pour cette analyse très pertinente qui rejoint d’ailleurs celle du Canard de cette semaine, qui dénonce également les flous d’une constitution dont certains paragraphes autoriseront les normes islamiques de la famille (tout un programme), ou la répression syndicale. Le Canard dénonce aussi les pouvoirs pharaoniques que s’attribue Morsi, à titre prétendument provisoire.
    En attendant, il semblerai que Morsi commence à reculer, tandis que les manifestants ne réclament plus la réécriture de la Constitution, mais la démission du chef de l’état.
    A noter au passage la rupture entre la place Tahrir et les campagnes plus conservatrices. L’allusion à la "machine arrière toute" de 68 est bien vue.
    Autres composantes à prendre en compte : L’armée, qui est en train de reprendre le contrôle, les américains et leur pognon, les pays du Golfe et leur pognon. Qui est prêt à soutenir financièrement la gauche laïque, très minoritaire, et temporairement alliée aux libéraux et aux anciens thuriféraires de Moubarak ?
    C’est pourquoi je commence à me demander si on ne s’achemine pas à terme vers un compromis entre le sabre et le goupillon, au détriment des laïcs, des pauvres, et de la gauche progressiste. Cette alliance contre nature entre opposants de gauche et opposants de droite ne fera pas long feu, car, plus le désordre gagnera, plus l’armée aura son mot à dire.

  • permalien K. :
    8 décembre 2012 @15h33   « »

    Une coalition de treize partis et mouvements islamistes égyptiens (...) insistent pour que le référendum sur la Constitution ait lieu à la date prévue (15 décembre ndlr), sans modification ni report, selon un communiqué lu à la presse par le numéro deux des Frères musulmans, Khairat Al-Chater.

    Le communiqué est signé par le mouvement des Frères musulmans et son bras politique, le parti de la Liberté et de la Justice (PLJ), ainsi que par le parti Al-Nour, principale formation fondamentaliste salafiste d’Egypte.

  • permalien Odile.orc :
    8 décembre 2012 @16h07   « »

    A Orangerouge :
    Je voulais dire que l’électorat salafiste, dans sa diversité, a été déterminant. Il me semble que c’est indéniable.

  • permalien Tristan :
    8 décembre 2012 @18h07   « »

    @Odile.orc

    Morsi est d’être président pour les Frères Musulmans et non pour tous les Egyptiens

    Bien venu en démocratie !!!

    Oui, un président, contrairement à un monarque ou une autre personne disposant un charisme particulier (terme religieux), est pour son parti.

    Et, pour pouvoir gouverner, est bien obliger de jongler avec les autres partis, en particulier ceux qui représentent une partie assez importante de l’électorat.

  • permalien Orangerouge :
    8 décembre 2012 @18h20   « »

    Merci K pour ces deux articles équilibrés sur la situation politique égyptienne.

    http://www.merip.org/liberalism-vs-...

    http://www.merip.org/five-notes-egy...

    Ce que j’en tire en très gros :

    - Il serait absolument nécessaire que les Frères musulmans et Morsi ne se laissent pas griser par leur réelle position majoritaire dans le pays et par l’élection légitime de Morsi. Ils ont les moyens d’écraser leur opposition. Il faudrait qu’ils résistent à la tentation de l’abus de pouvoir. Il serait intelligent de leur part de prendre en compte une partie des revendications des formations minoritaires. En tout cas il est de leur devoir d’éviter que ceux dont les les opinions sont minoritaires ne soient pas complètement écrasés. Pour l’instant ça n’en prend pas tout à fait le chemin.

    - Il est tout autant nécessaire que l’opposition ne remette pas en cause le résultat des élections. Traiter Morsi de fasciste est irresponsable, appelez à sa chute c’est ne pas respecter le résultat du vote et en bafouant la démocratie, ouvrir éventuellement vers un retour à un autre régime non démocratique (il y a aussi des membres de l’ancien régime parmis les opposants, même s’ils y sont minoritaires).

    - Il faut que l’opposition travaille d’abord sur les mentalités des Egyptiens de toute l’Egypte, ruraux comme urbains, cultivés comme analphabètes, pour obtenir que le développement des contre pouvoirs indépendants qui font vivre une démocratie, puisse être autorisé.

  • permalien K. :
    8 décembre 2012 @18h32   « »

    Loi martiale en Egypte ?

    http://www.nytimes.com/2012/12/09/w...

  • permalien Sakhra :
    8 décembre 2012 @19h19   « »

    Baradai avec le "boucher de Sabra et Chatila " l’ignoble Sharon

  • permalien Sakhra :
    8 décembre 2012 @20h13   « »

    Et un autre "démocrate", qui demande à Morsi ,élu démocratiquement et en toute trnsparence ,de partir..Que n’avait-il demandé à Mourabek de partir ? Oui...Moubarek le protégeait contre ....le peuple "obscurantiste ;, avec lequel il n’a rien à voir !

  • permalien Sarah :
    8 décembre 2012 @20h38   « »

    En effet,quelle escroquerie que de voir quelqu’un comme Amr moussa,ancien ministre des affaires étrangères de Moubarak et ancien Président de la Ligue arabe(sous contrôle américain)demander à Morsi,le premier président démocratiquement élu de l’Egypte,de quitter le pouvoir !

    J’espère que le peuple égyptien ne tombera pas dans ce genre de piège !

    Comment faire confiance,comment dialoguer avec une telle opposition pourrie ?

  • permalien Sakhra :
    8 décembre 2012 @20h42   « »

    La chaine libanaise al mayadeen .tv, il a quelques minutes :

    1_ Le président Morsi va publier une nouvelle déclaration constitutionnelle, après avoir modifié certains articles . .

    2- Le chef du gouvernement annonce qu’après le dialogue national d’aujourd’hui, il y a eu consensus pour mettre sur pied une commission juridique, chargée d"étudier le report de la date des élections c :/ leprojet de Constitution.

  • permalien intien :
    8 décembre 2012 @20h52   « »

    @ K,

    Il ne s’agit nullement d’une loi martiale : c-à-d, confier les opérations de maintien de l’ordre à l’armée , avec toutes les conséquences : juridictions d’exception etc....Ce qu’il s’est proposé de faire,’( il n’a encore rien décidé) c’est que la police, dans sa mission de maintien de l’ordre soit aidée en cas de besoin , par l’armée .C’est différent .Alors attention, les mots sont importants, comme dirait l’autre ..

  • permalien K. :
    8 décembre 2012 @20h59   « »

    Aussi bizarre que cette constitution, le choix d’une chaîne privée pour cette annonce.

    M. Morsi a chargé six personnalités, qui ont participé à une réunion avec lui samedi, de modifier la déclaration constitutionnelle controversée, a dit M. Qandil sur la chaîne privée al-Mehwer.

    Ce groupe d’experts est composé de juristes et de personnalités politiques.

    Ils sont réunis pour rédiger un nouveau texte qu’ils pourraient avoir terminé ce soir (samedi) ou demain (dimanche) matin, a souligné M. Qandil.

    Le président a aussi demandé de trouver une solution juridique qui permette de reporter le référendum sur un projet de Constitution lui aussi très critiqué par l’opposition, prévu le 15 décembre, a-t-il ajouté.

    http://www.romandie.com/news/n/_Egy...

  • permalien K. :
    8 décembre 2012 @21h01   « »

    Attention rien du tout.

    Je ne faisais que retranscrire avec un point d’interrogation les mots du New York Times.

  • permalien Sakhra :
    8 décembre 2012 @21h08   « »

    Le post adressé à K est de Sakhra.

    @ Sarah,

    Je suis ce qui se passe en Egypte , et ayant vécu la période des élections législatives en Algérie et les conséquences désastreuses qui ont suivi,avec le coup d’Etat et les "manifestations des "démocrabes" , qui refusaient que les "gueux " contrôlent le Parlemntet , dont les traumatismes sont encore là, , je ne peux m’empêcher de voir certaines similitudes ...J’avoue qu’il y a un grand danger, et si les "Démocrates" continuent ,dans leurs demandes stupides de faire tomber Morsi, c’est vers l"Algérianisation du conflit qu’ils s’acheminent. La responsabilité d’un tel recul , ils l’ auront sur la conscience .

    Voilà un Président de la République, choisi par une majorité du peuple souverain, dont on conteste aujourd’hui, la LEGITIMITE .

    Comme l’a déclaré Heykal, avec indignation, ceux qui croient pouvoir faire" dégager Morsi" n’ont rien compris , et ne savent pas ce que veut dire un Etat, et la différence entre L’Etat et le pouvoir, qui est donné par le peuple , qui peut changer d’une élection à l’autre .

    Heykal précise encore, que 18 millions d’Egyptiens, qui ont voté pour Morsi, iront jusqu’à la guerre civile s’il le faut .

    Dieu fasse qu’ en Egypte , on n’en arrive pas à la situation qu’a connu l’Algérie .

  • permalien Sakhra :
    8 décembre 2012 @21h13   « »

    Toujours sur al mayadeen :

    Ahmed Chafiq demande maintenant que tout le pouvoir dans son ensemblesoit changé ! ? Il demande un coup d’Etat ?

  • permalien K. :
    8 décembre 2012 @21h20   « »

    Why the Anti-Mursi Protesters Are Right
    by Ahmad Shokr

  • permalien Sarah :
    8 décembre 2012 @21h47   « »

    @ K :

    Vous approuvez les méthodes scandaleuses de l’opposition égyptienne qui demande à un président élu démocratiquement de quitter le pouvoir ???

    Et qui refuse le dialogue pour conduire l’Egypte tout droit vers une situation à l’algérienne ou à la syrienne ?

  • permalien K. :
    8 décembre 2012 @22h02   « »

    Je ne veux délégitimer personne, ni Morsi, ni ceux qui ne contestent pas sa légitimité tout en s’opposant à lui.

  • permalien Marius :
    8 décembre 2012 @22h05   « »

    Morsi s’octroie les pouvoirs judiciaires, législatif et exécutif, il monte un conseil constitutionnel, que les oppositions ont quitté cause de mainmise des islamistes, conseil qui pond une constitution clairement réactionnaire à approuver à la sauvette en 15 jours, il nomme les "savants" d’Al Azhar comme juges de l’interprétation des lois en fonction de la charia.
    Voir http://www.humanite.fr/monde/les-is...

    Le tout sous la violence des milices islamistes qui reprennent le role répressif et antipopulaire des nervis de Moubarak, une petite entrevue de ce que l’Egypte risque de devenir sous le flicage des polices et milices islamiques.

    Les islamistes montrent leur vrai visage.

    Des milliers de supporters du président Mohamed Morsi s’en sont violemment pris aux opposants qui protestaient pacifiquement devant le palais présidentiel. Plusieurs jeunes ont été molestés. Le pays est au bord du chaos.

    Le Caire (Égypte), envoyé spécial. Les Frères musulmans ne supportent pas la contestation, même si elle est pacifique  ! Les quelques centaines d’opposants au président Morsi qui campaient depuis la nuit précédente devant le palais présidentiel (ils avaient été des dizaines de milliers dans la soirée) ont été violemment délogés par des hordes islamistes déchaînées. Au cri d’«  Allah Akbar  » (dieu est grand), ils ont détruit les tentes de fortune et frappé des jeunes gens alors que des pierres volaient de chaque côté. Les affrontements se sont poursuivis dans les rues avoisinantes et font craindre le pire alors que pro et anti-Morsi appellent à se rassembler devant le palais d’Itihadiya, à Héliopolis, riche banlieue du Caire.
    http://www.humanite.fr/monde/les-fr...

    Et tout va bien madame la marquise ?

    Que dirait-on si une chose pareil se passait en Europe ou aux EU ?

    Mais non, on ne sait pas au nom de quoi ni de qui, on ne lit que des analyses très distancées au contraire de ce que les contacts d’Alain Gresh craignaient depuis longtemps.

    Mais non tout va s’arranger, ne vous inquiétez pas !

    L’ami de Genève nous dit de rester tranquilles.

  • permalien Marius :
    8 décembre 2012 @22h09   « »

    @ Sarah

    Vous approuvez les méthodes scandaleuses de l’opposition égyptienne qui demande à un président élu démocratiquement de quitter le pouvoir ???

    Ils l’ont voté pour faire un coup d’état islamiste ?

    Combien de ceux qui l’ont voté l’ont fait par dégout de Moubarak, ont voté en se pinçant le nez, "tout sauf Moubarak" ?

    Et si on revotait demain Morsi recevrait les mêmes votes ?

  • permalien K. :
    8 décembre 2012 @22h15   « »

    Ceci dit Marius, 5 des 6 morts étaient des membres des Frères Musulmans.

    @ Sarah et Sakhra,

    Baradei, Sabahi, Abdel Foutouh ont-ils appelé Morsi à démissionner ?

  • permalien elbé :
    8 décembre 2012 @22h28   « »

    A Gloc,

    Vous ne portez pas de Gaulle, dans votre coeur, dites donc !
    On ne peut pas parler proprement de putsch lors de son arrivée au pouvoir puisqu’il a été appelé légalement à gouverner. Certes, il a joué de ses atouts et laisser faire ceux qui souhaitaient son retour aux affaires. Ses partisans et les pieds-noirs (alors qu’ils furent dans leur grande majorité pétainistes), ont beaucoup fait pour qu’il apparaisse comme LE recours. Il aurait du refuser leur concours ?
    Il fut celui qui institua l’élection du président français au suffrage universel.
    Drôle de monarchiste !
    Bien sûr, il a toujours pensé que trop de démocratie tue la démocratie, qu’un trop grand éparpillement des pouvoirs (comme sous la 4ème république) constitue un frein aux prises de décision ; Trop de concertations peuvent nuire aux résolutions des problèmes d’un pays. Qu’un seul homme doit être responsable à la tête d’un pays, pour éviter les discussions sans fin qui aboutissent trop souvent à la paralysie.
    On peut ne pas être en accord avec cette pensée (surtout quand le pouvoir est aux mains d’un Sarko ), mais de là à faire de de Gaulle un quasi-dictateur...

  • permalien gloc :
    8 décembre 2012 @22h45   « »

    elbé : "il a été appelé légalement à gouverner.

    ... par qui ?

  • permalien Sakhra :
    8 décembre 2012 @22h55   « »

    @ K,

    Oui Baradai et hier vendredi, Salehi a dit que Morsi n’était pas légitime .

    Seul Abdel Foutouh a fait un communiqué, respectant la démocratie : en disant, qu’il était contre les décisions de Moris, ce qui est son droit, mais q’il n’était pas question de le déligitimer .
    Je suis la presse arabophone et les chaines arabophobes.Je trouve qu’elles plus d’informations .

    Personne ne contexte le droit de s’opposer aux décisions de Morsi .J’ai été la première à critiquer sur le plan des principes la façon de faire de Morsi . C’est sur la base de ces m^mes principes, que je considère que Baradai’ qui ne répugnait pas à négocier avec Sharon, mais refuse tout débat avec Morsi ), Amr Moussa, et Salehi, qui m’a beaucoup déçue appellent au départ d’un Président élu par le peuple .

    Quant à "Attention", c’était une façon de parler, rien de plus !

  • permalien K. :
    8 décembre 2012 @23h00   « »

    Les FM jouent là un très sale jeu :

    http://storify.com/SaraLabib/an-exa...

  • permalien Orangerouge :
    8 décembre 2012 @23h04   « »

    à Marius ,

    On a le droit de critiquer vivement un Président légalement élu. Et Je pense que Morsi et les Frères ont vraiment tort de ne pas faire quelques concessions pour apaiser les libéraux et de ne pas faire des gestes forts pour rassurer pleinement les Coptes.

    Mais demander le départ d’un président élu quelques mois après son élection, c’est refuser les principes démocratiques, cela déstabilise le pays et cela peut finir par faire arriver un nouveau dictateur.

    Tous les Egyptiens ne sont pas nécessairement d’accord avec ceux qui manifestent place Tahir. Même si les médias occidentaux ne se préoccupent pas trop de l’opinion de ceux qui ne manifestent pas.

  • permalien Marius :
    9 décembre 2012 @00h32   « »

    @ Orangerouge

    Il y a un principe de représentativité qui a été violé, ailleurs on aurait parlé d’empeachment, en Egypte il lui disent simplement de se casser.

    Je ne cautionne ni condamne la demande de démissions demandées par l’opposition.

    Par contre ce que je remarque c’est qu’ils expriment leur malaise face à un coup d’état et une prise de pouvoirs dictatoriaux, droit que la majorité des intervenants sur ce forum ne veut pas reconnaitre aux anti Morsi.

    Morsi, c’est à dire les islamistes, sont en train de mettre une chape de plomb sur la société égyptienne.

    Les belles promesses de Morsi ont été jetées dans le caniveau avec le semblant de représentativité de la société, encore un point que la plupart des intervenants ne veut pas comprendre ni admettre.

    L’armée craignant une opposition qui pourrait toucher à ses intérêts économiques appuie les réactionnaires FM et leurs alliés salfistes.

    Morsi et ses alliés se conduisent comme les patrons de l’Egypte, des nouveaux pharaons, n’ayant rien à cirer de l’opposition. Quand Morsi dit en bref que la majorité commande et que la minorité elle peut la fermer, il rejette toute conception d’état moderne, il se conduit simplement comme un chef de parti, sinon de bande. Comme un roi qui n’en a que pour son clan.

  • permalien Thomas Demada :
    9 décembre 2012 @00h37   « »
    Menaces sur l’objectivité

    comme tout pouvoir bonapartiste

    Pour relever du bonapartisme, il faut déjà bénéficier du soutien des forces armées... C’était le cas de de Gaulle pour son retour au pouvoir, mais c’est radicalement le contraire pour le président Morsi : lui a muselé les militaires !

    Quant aux diplomates et aux juges qui manifestent contre lui, ils doivent pour la plupart leurs carrières à l’ancien régime !

    L’analyse de classe n’est pas pertinente ici : aussi bien les cadres des frères que les intellectuels qui s’opposent à eux relèvent de la plus haute bourgeoisie. Leurs soutiens populaires respectifs s’affrontant dans la rue.

  • permalien Sarah :
    9 décembre 2012 @00h44   « »

    @ Marius :

    Ca va on a compris votre "point de vue".

    Pour vous Morsi,élu ou pas,représente le diable sur Terre,parce qu’il serait "réactionnaire",islamiste,"chef de bande",bla bla bla

    Votre discours ressemble étrangement à celui de la faussaire,Caroline Fourest.

    Une amie à vous ?

    PS:le principal danger pour l’Egypte aujourd’hui,dans cette phase délicate de son histoire,c’est une polarisation extrême de la scène politique qui ferait échouer toute réforme,et qui ouvrirait la voie aux partisans de l’ancien régime,toujours puissants.

    Je précise que je ne soutiens pas forcément les positions de Morsi concernant le référundum ou le projet de constitution,mais je ne suis pas idiote au point de ne pas voir quel genre de personnage se cache derrière un discours qui utilise les expressions anxiogènes comme "coup d’état islamiste","chef de bande",etc.

  • permalien Thomas Demada :
    9 décembre 2012 @00h46   « »

    Morsi et ses alliés se conduisent comme les patrons de l’Egypte

    Mais enfin il ne sort pas du fès d’Hassan el-Banna. Morsi a été élu parles Egyptiens, élu pour gouverner !

    Quand Morsi dit en bref que la majorité commande et que la minorité elle peut la fermer, il rejette toute conception d’état moderne

    C’est une plaisanterie ? Vous devez savoir que dans notre "moderne état" français les élus représentent entre 30 à 40% seulement des suffrages exprimés. Vous trouvez les minorités bien représentés dans nos assemblées ? Il y a combien de smicards au sein de notre "représentation nationale" ?

  • permalien Marius :
    9 décembre 2012 @00h51   « »

    Pour remettre les pendules à l’heure.

    Morsi et sa bande de réactionnaires, ne sont rien d’autre que les néo-cons du moyen orient.

    Trouver que Morsi a une tenue "présidentielle" face aux caméras, revient à dire que son équipe de com connait son métier. Même Reagan avait une allure de grand président, alors qu’il n’était qu’un acteur aux ordre des grands groupes économiques.

    Les islamistes sont pour une vision "conservatrice", lire réactionnaire, des relations sociales et personnelles, ils sont pour une économie néo libérale, ils ont le plus grand mépris des institutions démocratiques, sinon quand ça les arranges pour arriver au pouvoir, enfin ils veulent qu’une institution privée, non élue et extrèmement partisane, Al Azhar, décide sur la bonté des lois selon l’infame article relatif à la fonction de la charia.

    Ils sont le résultat électoral du ras le bol contre le régime militaire, ils le savent et ils veulent vérouiller au plus vite la société, avant que le peuple ne leur demande des comptes.

    Ne pas dénoncer ces dérives autoritaires revient à cautionner leur projet de "normalisation" de la société.

    Ce n’est pas parce que Baradei a serré la main à Charon que tout d’un coup Morsi et ses alliés d’extrème droite salafistes peuvent faire ce qu’ils veulent et que tout le monde doit la fermer.

  • permalien Sarah :
    9 décembre 2012 @00h59   « »

    @ Marius :

    enfin ils veulent qu’une institution privée, non élue et extrèmement partisane, Al Azhar, décide sur la bonté des lois selon l’infame article relatif à la fonction de la charia.

    Pour écrire de telles âneries,il ne faut rien connaître à l’histoire de l’Egypte,ni connaître l’importance d’une institution comme Al Azhar,le rôle qu’elle a joué dans la formation des élites islamistes et nationalistes de l’Egypte moderne.

    Je crois,Marius,que tu t’es trompé de peuple:que tu le veuilles ou non le peuple égyptien est majoritairement musulman,et tient à garder ses traditions et il n’a pas envie de faire table rase du passé pour faire plaisir aux révolutionnaires de salon.

  • permalien Thomas Demada :
    9 décembre 2012 @00h59   « »

    Ce n’est pas parce que Baradei a serré la main à Charon que tout d’un coup Morsi et ses alliés d’extrème droite salafistes peuvent faire ce qu’ils veulent et que tout le monde doit la fermer.

    On a l’impression à vous lire que les opposants se terrent en Égypte... Je les trouve pour ma part plutôt loquaces et offensifs (au point de brûler plusieurs permanences de la confrérie).

    Il y a là-bas un bouillonnement d’énergie, un trop plein qui s’exprime, y compris par la violence. C’est tout mais alors tout sauf le glacis d’une dictature...

    Encore une fois on ne juge pas un gouvernement au bout de quelques mois ! Un peu de patience !

  • permalien Marius :
    9 décembre 2012 @01h01   « »

    @ Sarah

    ,mais je ne suis pas idiote au point de ne pas voir quel genre de personnage se cache derrière un discours qui utilise les expressions anxiogènes comme "coup d’état islamiste","chef de bande",etc.

    Quel genre de personnage ? Dites-le moi SVP, j’attends votre diagnostique avec impacience.

    Sinon vous pouvez aller jetter vos invectives à la figure des journalistes de l’Humanité, ils ne sont ni néo-con ni autre chose et ils sauront vous répondre mieux que moi.

    Anxiogènes ?
    C’est la réalité, quand on prend tous les pouvoirs, ça s’appelle un coup d’état, dans ce cas islamiste, et ce n’est pas parce que De Gaule en aurait fait plus ou mons autant qu’on devrait la fermer. Ça vous déplait ? Je n’y peut rien.

    On dirait au contraire que vous voulez endormir tout le monde.

  • permalien Sarah :
    9 décembre 2012 @01h08   « »

    @ Marius :

    Quel genre de personnage ? Dites-le moi SVP, j’attends votre diagnostique avec impacience.

    Le genre de personnage extrêmement sectaire,laicard, pour qui dès que le mot "islam" est prononcé,il devient très agressif,et relaye tel un perroquet la propagande islamophobe la plus crasse,digne de l’extrême droite européenne.

    Le genre de personnage qui n’imagine le salut des sociétés musulmanes que sans l’islam et sans la majorité des gens qui la composent,c’est à dire des musulmans.

    Je vous le dis:c’est dommage,mais vous vous êtes trompé de peuple.

  • permalien Thomas Demada :
    9 décembre 2012 @01h10   « »

    Quel genre de personnage ? Dites-le moi SVP, j’attends votre diagnostique avec impatience.

    Pour ma part je dirais Une bonne conscience occidentale. Mais pas le genre BHL ou Fourest, c’est à dire ralliée à l’économie de marché, plutôt le type "vieille gauche". Je me trompe ?

  • permalien Marius :
    9 décembre 2012 @01h27   « »

    Je crois,Marius,que tu t’es trompé de peuple:que tu le veuilles ou non le peuple égyptien est majoritairement musulman,et tient à garder ses traditions et il n’a pas envie de faire table rase du passé pour faire plaisir aux révolutionnaires de salon.

    Si tu parles de ceux qui ont fait la révolution de la place Tahir, je pense qu’ils sont beaucoup moins "révolutionnaires de salon" que les intervenants de ce blog, toi y comprise.

    Qu’ils soient musulmans ne veut pas dire qu’ils ont envie que Al Azhar décide pour eux ce qui est bon ou pas, à moins qu’on accepte la position de

    Attia Mahmoud, membre de l’Appel des salafistes, expliquait ainsi  : «  C’est comme un réfrigérateur qui arrive avec un manuel d’utilisation. Quand Dieu nous a créés, notre manuel était le Coran et la Sunna (les enseignements du prophète – NDLR). C’est ce que nous devons suivre pour que ça marche (sic)  !  »
    http://www.humanite.fr/monde/l-affr...

    .

    Sinon tu serait du même avis si le conseil des évêques décidait de la bonté des articles de loi en France ?

    Et encore ce que tu dis semble sortir de la bouche des identitaires quand tu affirme " le peuple égyptien est majoritairement musulman,et tient à garder ses traditions".

    Pour écrire de telles âneries,il ne faut rien connaître à l’histoire de l’Egypte,ni connaître l’importance d’une institution comme Al Azhar,le rôle qu’elle a joué dans la formation des élites islamistes et nationalistes de l’Egypte moderne.

    Et c’est parce qu’on est allé à l’école des curés qu’on doit se laisser faire par eux ?

    Ca rime à quoi ces affirmations générales à effet ? L’histoire de l’Egypte, je pense que ceux qui ont renversé Moubarak, qui sont à la place Tahir en savent plus que toi. Mais bon pour critiquer les "révolutionnaires de salon" tu dois avoir passé de longues journées dans les rues du Caire à lutter contre les milices de Moubarak ! Bien sûr.

    A te relire je me rends compte que au fait tu ne dis rien, tu ressasse des imprécations et des lieux communs, juste pour donner l’impression que tu dis quelque chose.

    Tu n’as jamais répondu au sujet de la prise de tous les pouvoirs par Morsi.

    Et si demain Hollande disait que les électeurs de l’UMP, de Mélenchon et de le Pen pouvaient la fermer parce qu’ils ont perdus ? Et qu’il fait ce qu’il veut, et que le think tank du PS allait prendre la place du conseil constitutionnel pour décider si les lois sont conformes à leur vision des choses ?

    Pas de réponse parce que c’est là que le bat blaisse

  • permalien Sakhra :
    9 décembre 2012 @01h30   « »

    Sinon vous pouvez aller jetter vos invectives à la figure des journalistes de l’Humanité, ils ne sont ni néo-con ni autre chose et ils sauront vous répondre mieux que moi.

    Je me disais aussi, que ce genre de prose, je l’avais déjà entendue _ : ah les journalistes de l’Humanité ! ces révolutionnaires, qui en 1992, ont eu le m^me discours concernant les élections algériennes ! Ces mêmes journalistes ont glorifié le putch, ben, les généraux parlaient français ...Ces journalistes qui ont crié que les généraux ont sauvé la démocratie .Depuis quand une armée sauve-telle la démocratie ?

    Mais, c’est plus profond que ça : les "journalistes de l’Huma lors des massacres de Sétif, n’avaient trouvé pour justifier ces massacres, rien de mieux que de raconter que les Algériens qui manifestaient le 8 mai 45,pacifiquement , n’étaient que des faschistes, qui voulaient "séparer les masses populaures arabes de la France’ (la mère patrie )et donc que les massacres étaient justifiés .(le ministre de la défense de l’époque est était membre du parti communiste )....

    Et en 1956, ces gens-là ont bien voté les pleins pouvoirs à Guy Mollet, pour la répression pleine et entière contre les " Arabes" Algériens ....

    Et ça se permet de donner des leçons ...Le monde musulman, les cocos continuent à le voir à la "coloniale" ..Alors, gardez vos conneries, les Musulmans et les Arabes n’ont que faire de vos analyses, complètement stupides, vu que vous ne connaissez ni le monde musulman ni le monde arabe, sauf à travers des clichés éculés ..Taisez-vous donc !

  • permalien Marius :
    9 décembre 2012 @01h31   « »

    On a l’impression à vous lire que les opposants se terrent en Égypte... Je les trouve pour ma part plutôt loquaces et offensifs (au point de brûler plusieurs permanences de la confrérie).

    Ca ne dérangeait personne quand ils ont brulé des ministères aux temps de Moubarak ?

  • permalien Sarah :
    9 décembre 2012 @01h41   « »

    Cher Marius :

    Quand je parlais de "révolutionnaire de salon",je ne faisais certainement pas référence aux gens en Egypte place Tahrir,mais à vous.

    Dites-moi Marius,quel a été le score de vos amis "libéraux" aux dernières élections présidentielles en Egypte ?

    Quant à la question identitaire,sachez que ça ne m’aurait pas du tout choquer qu’on fasse référence dans le projet de constitution européenne aux "racines chrétiennes de l’Europe" comme cela avait été envisagé.

    Quant à comparer la situation actuelle en France avec ce qui se passe en Egypte,pays en situation révolutionnaire,ce n’est pas très pertinent.

    A la limite on peut faire une comparaison entre la fin de la quatrième République et le début de la Cinquième,et je vous ai donné l’exemple du grand "dictateur" De Gaulle...

  • permalien Marius :
    9 décembre 2012 @01h49   « »

    Au fait quelles sont vos références mis à part A. Gresh et son copain T. Ramadan ?

    Face à l’opposition vous avez le même reflex de Moubarak, "manifestants agents des étrangers".

    Personne, mais personne ne répond sur le prise de pouvoir absolue de Morsi.

    C’est bien plus facile intenter des procès de "laïcard" et autres imbécilités du même genre.

    C’est bien grâce aux "laïcard" qu’il y a aujourd’hui la liberté de religion en France, sinon, si on en était resté aux "frères chrétiens" la situation serait un peu différente et ce blog n’existerait pas.

    Donc s’il vous plait, ne crachez pas dans la soupe, surtout quand elle est gratos.

    Bien, félicitations, ça doit être l’avangarde intellectuelle des FM.

    Et dès qu’on n’est pas totalement extasiés qu’un régime théocratique, catho ou islamiste, prenne le pouvoir, on est du coup des fachos.

    Si votre vision du monde est tellement binaire, ce n’est pas de ma faute, c’est votre affaire.

  • permalien patrice :
    9 décembre 2012 @01h50   « »

    @Marius
    Etant du même bord que vous, c’est sans la moindre malveillance que je vous rappelle les faits :
    - Morsi vient d’être élu démocratiquement. Aucune triche déterminante n’a été signalée. Le chasser du pouvoir manu militari constituerait un déni de démocratie.
    - Sa constitution sera prochainement soumise à référendum. La population égyptienne est désormais informée des points litigieux du fait de l’écho des manifestations qui ensanglantent la capitale.
    - Certains articles de la constitution vont être revus, et il est probable que le référendum sera retardé. Les électeurs auront donc le temps de discuter.
    - Les manifestations ont eu au moins le mérite de souligner les pièges inscrits dans le texte. C’est assurément une bonne chose. En revanche, une éventuelle éjection de Morsi amorcerait un processus de rupture avec le système démocratique, avec comme conséquence inéluctable le retour d’une dictature militaire.
    - Et, pour conclure : "La démocratie, c’est le droit des imbéciles à mettre au pouvoir leurs semblables". Les intellectuels de la capitale sont sûrement plus pertinents que les paysans des provinces, mais c’est la majorité qui décide. Ensuite, les minorités peuvent toujours protester pour peser sur le gouvernement élu, mais pas renverser ce dernier, sauf à agresser l’électorat. A trop vouloir avancer, il arrive qu’on régresse. N’oubliez pas que les musulmans "durs" représentent les deux tiers de l’électorat.

  • permalien Sarah :
    9 décembre 2012 @01h55   « »

    @ Sakhra :

    .Le monde musulman, les cocos continuent à le voir à la "coloniale"

    Tout à fait.

    Il suffit de comparer l’attitude de la gauche latino-américaine avec la gauche occidentale pour voir que le facteur colonial est encore très présent.

    Il ne viendrait jamais à l’idée des partisans de la gauche vénézuelienne,brésilienne,bolivienne,de demander aux partis politiques du monde musulman d’enlever "l’article infame" sur la charia,de dénoncer au préalable le Hamas ou le Hezbollah,d’interdire le voile,etc.

  • permalien patrice :
    9 décembre 2012 @01h56   « »

    @Marius
    "Personne, mais personne ne répond sur le prise de pouvoir absolue de Morsi."

    On touche là aux limites de la démocratie. Si la population vote pour la dictature, au nom de quoi pourrait on contester ce choix ?

  • permalien Sarah :
    9 décembre 2012 @02h08   « »

    @ patrice :

    Ca me fait bizarre de défendre les FM depuis le début de ces "événements" vue que j’ai plein de choses à leur reprocher,et que je pense qu’ils ont commis des erreurs,mais Morsi a précisé que ses pouvoirs étaient temporaires.

    Laissons lui le temps de faire ses preuves.

    Que ses opposants manifestent,pas de problème(dans le calme évidemment),mais qu’ils refusent le dialogue et que surtout ils lui demandent de quitter le pouvoir alors qu’il vient d’être élu,c’est inacceptable.

    Autre point que je reproche à l’opposition c’est d’avoir en son sein des partisans de l’ancien régime ,des gens qui ont soutenu Moubarak jusqu’à la fin et qui maintenant semblent tout à coup découvrir la "démocratie".

  • permalien patrice :
    9 décembre 2012 @02h08   « »

    @Sarah
    "Quant à la question identitaire, sachez que ça ne m’aurait pas du tout choquée qu’on fasse référence dans le projet de constitution européenne aux "racines chrétiennes de l’Europe" comme celà avait été envisagé."

    Cette proposition émane du Front National et de la Droite Forte, organisations racistes, homophobes, et ultra libérales. Accessoirement, pour un musulman, mieux vaut avoir à faire à Caroline Fourest qu’à ces charmants individus.

  • permalien Marius :
    9 décembre 2012 @02h13   « »

    patrice :
    @Marius
    "Personne, mais personne ne répond sur le prise de pouvoir absolue de Morsi."

    On touche là aux limites de la démocratie. Si la population vote pour la dictature, au nom de quoi pourrait on contester ce choix ?

    Est-ce que Morsi et les siens ont déclaré dans leur campagne électorale qu’ils allaient s’octroyer tous les pouvoirs ?

    Si oui, SVP, montrez-le moi !

    Est-ce que les élus qui s’en mettent plein les poches sont légitimés parce qu’élus ?

    Et si demain le FN gagne les élections ? Tous le monde la ferme ? Vous allez condamner les actes de résistance ?

  • permalien patrice :
    9 décembre 2012 @02h13   « »

    @Sarah
    Tout arrive. 100% d’accord avec votre dernier post. Peut être les égyptiens ne sont ils pas encore habitués à la démocratie, d’où leur défiance manifeste. Accessoirement, je commence à penser que les réactions de la rue dissuaderont Morsi de conserver et d’exercer les pleins pouvoirs. Le destin de Moubarak a quand même de quoi faire peur.

  • permalien Sarah :
    9 décembre 2012 @02h18   « »

    @ patrice :

    Cette proposition émane du Front National et de la Droite Forte, organisations racistes, homophobes, et ultra libérales. Accessoirement, pour un musulman, mieux vaut avoir à faire à Caroline Fourest qu’à ces charmants individus.

    C’est faux !

    De nombreuses personnalités de gauche,humanistes,chrétiens,soutenaient une telle proposition.

    Parmi elles,un "chrétien de gauche",Jacques Delors,européen,chrétien et humaniste convaincu.

    Je vous rappelle que quelqu’un comme Jacques Chirac,homme de droite, s’était opposé à cette idée.

    Comme quoi,les choses ne sont pas aussi simples et binaires que ce qu’on croit.

    Par ailleurs,l’idée même de cette référence aux racines chrétiennes de l’Europe ne venait pas du tout du FN.

  • permalien patrice :
    9 décembre 2012 @02h24   « »

    @Marius
    "Est-ce que Morsi et les siens ont déclaré dans leur campagne électorale qu’ils allaient s’octroyer tous les pouvoirs ?

    Si oui, SVP, montrez-le moi !

    Est-ce que les élus qui s’en mettent plein les poches sont légitimés parce qu’élus ?

    Et si demain le FN gagne les élections ? Tous le monde la ferme ? Vous allez condamner les actes de résistance ?"

    - Rappel : Un référendum est prévu dans 15 jours (ou 2 mois, à la demande de l’opposition). Les électeurs sont maintenant informés de ce qui les attend.
    - La constitution n’autorise pas la corruption. Les FM doivent d’ailleurs leur succès à leur prétention à pouvoir solutionner ce problème. Et les électeurs comprendront vite, si la démocratie perdure, que la mainmise du pouvoir sur la justice et la censure favorisent ce type de dérapage.
    - Si le FN venait à gagner les élections en France, il subirait le même sort que les partis d’extrême droite qui ont triomphé récemment en Europe : Échec, et retombée à 2 ou 3%. Inutile de prendre les armes tant que les élections ne sont pas supprimées.

  • permalien Marius :
    9 décembre 2012 @02h35   « »

    - La constitution n’autorise pas la corruption. Les FM doivent d’ailleurs leur succès à leur prétention à pouvoir solutionner ce problème. Et les électeurs comprendront vite, si la démocratie perdure, que la mainmise du pouvoir sur la justice et la censure favorisent ce type de dérapage.

    Et est-ce que la constitution autorise la prise de tous les pouvoirs ?

    Elle est bonne celle-là, personne ne veut y répondre, car c’est bien là le péché original des islamistes de Morsi, un coup d’état.

    Mais vous avez bien dit si la démocratie perdure, personellement j’en doute, d’autant plus à cause de la mainmise d’Al Azhar dans l’interprétation des lois.

    Et est-ce que les promesse électorales parlaient de cette mainmise d’Al Azhar dans l’état ?

  • permalien patrice :
    9 décembre 2012 @02h46   « »

    @Sarah
    La notion même de lien entre une religion et un, ou des états est en contradiction absolue avec les valeurs républicaines laïques défendues par la gauche. Le fait que cet abruti de Delors, monétariste libéral et mondialiste, ait défendu cette ineptie ne m’étonne guère. Mais difficile de classer cet apparatchik du PS mou dans la case "gauche".
    En revanche, le FN défend ce lien depuis toujours, et c’est dans le but de piquer des voix aux fachos que Sarkozy a relancé ce slogan en Avril 2012, sur les conseils de Buisson (ex FN), et suivi par Peltier (ex FN) et son clone Didier, sans parler de l’immonde Coppé, qui récupère tout ce qui peut séduire les marinistes.
    Par rapport à ces gens là, Chirac est presque un gauchiste.
    Et j’ajouterai que la vraie gauche, assez bien représentée par le FG, critique très violemment un tel projet, entre autres du fait qu’il agresse les musulmans français, qui sont aussi français que les chrétiens français. Parler de racines chrétiennes, c’est transmettre aux juifs et aux musulmans un message clair : Vous n’êtes pas chez vous. Ben si.

  • permalien patrice :
    9 décembre 2012 @02h56   « »

    @Marius
    Encore une fois : Le référendum tranchera. Les électeurs qui ont éventuellement été trompés par les promesses de Morsi pourront rectifier leur position en connaissance de cause.
    Une action violente ne sera justifiée que si le référendum est truqué, ou, ultérieurement, si Morsi supprime les élections.
    Ce que vous reprochez à Morsi, c’est au peuple égyptien qu’il faudrait le reprocher. Les électeurs ont massivement voté :
    - Pour les FM, grands vainqueurs
    - Pour les salafistes
    - Pour le parti de Moubarak
    - Pour des formations libérales (droite mondialiste)

    Les religieux ont capté plus de 60% des voix. L’opposition laïque de gauche fait un score pitoyable. On n’y peut rien.

  • permalien Tristan :
    9 décembre 2012 @02h59   « »

    @Sarah

    Il ne viendrait jamais à l’idée des partisans de la gauche vénézuelienne,brésilienne,bolivienne,de demander aux partis politiques du monde musulman d’enlever "l’article infame" sur la charia,de dénoncer au préalable le Hamas ou le Hezbollah,d’interdire le voile,etc.

    Vous savez, on a aussi, en Amérique du Sud, une grande gauche de salon, hypercolonialiste, de purs fils-à-papa, tous universitaires incultes, trotskistes pour la plupart, qui croyent mieux savoir que les paysans qu’ils méprisent, comment mettre en place un gouvernement paysan-ouvrier (par une révolution sanguinaire, évidemment). Lula et Morales ont droit à toutes les insultes, venant de leur part, du genre "réactionnaire", "rétrograde", ect...

    Bon, avec les amis, on en rigole beaucoup, parce que depuit le temps (plusieurs générations), leurs partis sont toujours au stade embryonnaire, ne dépassant que difficilement les murs de leurs universités.

    Par contre, ce qui fait très mal, c’est qu’ils sont souvant alliés objectifs des fascistes, en faisant sortir un maximum d’étudiant dans les rues, pour tout et n’importe quoi.

    Comme ici, par exemple, ce qui, heureusement, n’a pas dégénéré en affrontements villes-campagnes, même si c’était l’idée (il y avait aussi une assemblée constituante très critiquée, à ce moment là, et la volonté de faire tomber le président)

  • permalien gilgoss :
    9 décembre 2012 @07h19   « »

    Beaucoup de commentateurs insistent sur le fait que tout référendum voté majoritairement par le peuple doit être respecté.

    Ils ont raison !

    Les Suisses ont voté majoritairement l’interdiction de la construction des minarets cela doit être respecté.

    Si demain un référendum a lieu en France pour savoir s’il faut interdire l’immigration en France de tout étranger musulman, le résultat quel qu’il soit doit être respecté !

  • permalien gloc :
    9 décembre 2012 @08h11   « »

    La question à laquelle répond l’article 2, est celle du choix entre l’imam et le cadi.

    Dans ce projet de Constitution, l’interprétation des lois est confiée à des religieux plutôt qu’à des juristes, à Al Azhar plutôt qu’à un conseil constitutionnel.

    Par cette formulation, cette Constitution impose la référence à la charia comme la référence à une "justice révélée", plutôt qu’à un code pénal.

    Pour faire une analogie, c’est comme si en France l’interprétation du Code Napoléon était l’exclusivité du Grand Séminaire.

  • permalien Marius :
    9 décembre 2012 @09h15   « »

    @ gloc

    Exactement.

    Le conseil constitutionnel est le reflet du pouvoir politique, qui change au grès des élections, tandis que Al Azhar est une institution nombriliste qui s’autoperpétue, sans aucune référence externe.

    @ gilgoss
    Je ne sais pas s’il s’agit d’une boutade, mais j’ai comme l’impression que le résultat d’un tel référendum serait conspué et condamné.

    Souvenez-vous de la réaction des biens pensants suite au référendum de 2005 sur la constitution européenne "on les fait revoter jusqu’ils ne vote pas ce qu’il faut" et l’annulation du référendum en Angleterre et dans le reste de l’Europe.

    Sans parler de la tolé sur un détail architectural en Suisse.

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