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Comptes de Noël : les dépenses électorales de Nicolas Sarkozy

mercredi 2 janvier 2013, par Alain Garrigou

Le 21 décembre 2012, la Commission nationale des comptes de campagne et financements politiques (CNCCFP) a rejeté les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, président sortant... et battu (heureusement, faut-il ajouter, car on imagine mal un président élu dont les comptes seraient rejetés). Ce n’est pas la première fois qu’une telle mésaventure arrive à un candidat, puisque le Conseil constitutionnel — alors chargé de ce contrôle — avait infligé cette sanction à l’infortuné Jacques Cheminade, arrivé bon dernier en 1995.

Mais sanctionner ainsi un président sortant, c’est une première. Et pourtant, la CNCCFP avait-elle le choix ?

Depuis 2006, c’est la CNCCFP qui examine les comptes et évite au Conseil constitutionnel cette tâche politiquement très délicate. Dans sa décision du 21 décembre, elle a intégré dans les dépenses de Nicolas Sarkozy les frais de certaines manifestations antérieures à son début de campagne. Des voyages en province, notamment, considérés comme ceux d’un candidat et non d’un président (un reproche fait avant l’élection par ses adversaires). Dans son propre camp, des voix s’étaient élevées pour pousser M. Sarkozy à avancer son entrée en campagne. Il faut noter que rien n’empêchait le candidat-président d’intégrer une partie de ces dépenses, faites avant l’annonce de sa candidature, dans ses comptes de campagne. Il aurait ainsi manifesté une certaine bonne volonté, mais il est vrai que le plafond des dépenses en eut été franchi.

Il est aussi une question que certains jugeraient naïve sur l’ampleur des dépenses électorales. Est-il indispensable de dépenser tant et de frôler le plafond légal ? Plus de 20 millions d’euros, en trois mois, c’est beaucoup. La question est moins naïve quand les soupçons de financement illicite continuent de circuler avec insistance, sans preuve à ce jour. Les spécialistes restent perplexes, moins sur la manière de trouver l’argent illégalement que sur l’importance de ces financements. Plusieurs d’entre eux, évaluant les coûts de l’organisation des meetings, de l’affichage, des transports etc., arrivent à cette question : comment font-ils pour dépenser autant ?

Au-delà de la question des frais de déplacements, seule base retenue par la CNCCFP pour justifier son rejet des comptes, la commission aurait pu intégrer d’autres dépenses. Qui auraient encore accru le dépassement :

— Les rabais concédés par les sondeurs à partir de l’entrée en campagne, dont le montant a été énoncé explicitement par la Cour des Comptes dont on peut se demander si, en la calculant, elle ne suggérait pas d’intégrer la somme. On peut d’ailleurs s’étonner que ces rabais n’aient pas été immédiatement intégrés alors que la loi n° 95-63 du 19 janvier 1995 interdit les fournitures de biens, services, etc. à des prix inférieurs aux prix habituellement pratiqués.

— Les sondages liés à la future candidature de Nicolas Sarkozy et non à sa fonction présidentielle ont été communiqués à la CNCCFP, qui devait les présenter aux représentants de Nicolas Sarkozy. Encore manquait-il à cette liste les sondages de 2011 et 2012 qui n’ont toujours pas été communiqués par l’Elysée. La CNCCFP a donc statué sans disposer de toutes les pièces et, déjà fort lente à le faire, a considéré que le dépassement était déjà acquis et ne pouvait qu’augmenter.

Autrement dit, le crédit de la CNCCFP aurait été ruiné si elle avait validé les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy.

Conformément aux dispositions légales, l’équipe Sarkozy a déposé un recours devant le Conseil constitutionnel. Peut-on douter que ce dernier confirme le rejet ? Il sera difficile au Conseil de valider ces comptes sans renier les calculs de la CNCCFP. On sait le discrédit encouru par la validation des comptes d’Edouard Balladur en 1995 malgré l’avis des commissaires. On l’a d’autant moins oublié que l’affaire de Karachi a relancé les soupçons sur un financement par des rétrocommissions sur des contrats d’armements, qui expliqueraient les sommes en liquide que le candidat Edouard Balladur n’a jamais pu justifier. Même la situation de membre de droit du Conseil constitutionnel va se retourner contre l’ancien président. Nicolas Sarkozy va bien sûr se récuser. Il suffit cependant d’imaginer les réactions si le Conseil constitutionnel disculpait un de ses membres (la réforme de la Constitution aurait pu supprimer cette disposition en 2008, comme le proposait la commission Jospin). Enfin, les soupçons risquent fort d’être établis par l’instruction sur les sondages de l’Elysée que la Cour de Cassation a autorisée quelques jours plus tôt. Sachant qu’une procédure judiciaire est ouverte, les juges constitutionnels doivent prendre en compte l’inconnu.

En cas de rejet définitif des comptes de campagne, Nicolas Sarkozy sera privé du remboursement public de ses dépenses, soit plus de 11 millions d’euros, qui seront dès lors à la charge de son parti, l’Union pour un mouvement populaire (UMP), déjà en très mauvaise situation financière. Ce ne serait pourtant que la conséquence la plus légère de la sanction. Non seulement un candidat important, mais un président sortant verrait ses comptes rejetés. La décision serait positive pour le droit, et représenterait un coup de semonce pour tous les futurs candidats, indiquant qu’ils ne peuvent s’abriter derrière le suffrage universel pour gagner l’impunité.

La reconnaissance officielle qu’un président-candidat a triché n’est pas anodine. Ce n’est ni une question de méthode de calcul, ni une maladresse comme les défenseurs de l’ancien président l’ont immédiatement soutenu. Bien sûr, Nicolas Sarkozy a délibérément mené campagne avant de se déclarer candidat avec les ressources de la présidence. Il espérait seulement que son statut le protègerait des sanctions. Or c’est sans doute l’aspect le plus significatif d’une vieille dérive politique. Le financement public des partis politiques instauré par les lois de 1988 à 1995 [1], à la suite des scandales, avait pour contrepartie le contrôle des comptes de campagne. Si l’argent public a constitué une vraie manne pour les partis, cela imposait de renoncer aux financements illicites. Or, dès 1995, le financement de la campagne d’Edouard Balladur a montré l’insuffisance de la réforme. Faute de disposer des ressources du Rassemblement pour la République (RPR), contrôlé par son concurrent Jacques Chirac, le premier ministre Edouard Balladur a « pioché » dans les fonds secrets de Matignon. Quant à l’affaire de Karachi, les soupçons sont maintenant si précis que la conclusion judiciaire importe peu à cet égard. C’est à la fois un secret de polichinelle et une certitude quasi impossible à établir, étant donné la complexité des circuits de financement illicite. Or, le Conseil constitutionnel avait alors « couvert ». A nouveau, de graves soupçons pèsent sur le financement de la campagne de 2007, avec l’affaire Bettencourt et l’affaire libyenne. Il y a aujourd’hui prescription. Le rejet des comptes de Nicolas Sarkozy en 2012 ne fait donc que confirmer la force de l’illégalisme dans l’exercice du pouvoir en France. Seule partie déjà établie des violations de règles, l’affaire des sondages a montré comment le pouvoir continuait de se moquer du droit. Il est vrai que pour des gouvernants, le droit est d’abord un instrument et un obstacle, mais rien qui en impose comme à des gens ordinaires.

L’illégalisme politique semble procéder d’un calcul simple et ancien : si je veux le pouvoir c’est pour faire ce que je veux, et si je ne peux pas faire ce que je veux, à quoi sert le pouvoir ?

Notes

[1] « Argent et politique. Usages, frontières, régulations », Problèmes politiques et sociaux, La Documentation Française, n° 985, juin 2011.

26 commentaires sur « Comptes de Noël : les dépenses électorales de Nicolas Sarkozy »

  • permalien gloc :
    2 janvier 2013 @15h14   »

    Le ministre le d’Intérieur Sarkozy, n’a en réalité jamais cessé de faire campagne.

    Maintenant que le délit est établi, qui portera plainte auprès des tribunaux "au nom du peuple français" ?

  • permalien Yvan :
    2 janvier 2013 @17h10   « »
    d’une élection, l’autre


    Takieddine vise Sarkozy
    Le 19 décembre, Takieddine, de nouveau entendu par le juge Renaud Van Ruymbeke qui l’interrogeait à sa demande sur son éventuelle complicité dans le financement illicite de la campagne Balladur de 1995, a largué une petite bombe. Le régime libyen de Muammar Kadhafi, explique-t-il au juge, se serait montré particulièrement généreux envers la France. Son aide financière ne s’est pas limitée à la campagne du candidat Sarkozy, assure-t-il. Elle s’est poursuivie après l’accession de ce dernier à l’Elysée.

  • permalien Caligula :
    2 janvier 2013 @20h59   « »

    Dommage, le fait que trois des membres du conseil constitutionnel soit remplacés cette année interviendra trop tard pour changer la donne. Mais comme le dit A. Garrigou : “Il sera difficile au Conseil de valider ces comptes sans renier les calculs de la CNCCFP.”

    Cela dit, il y a trés peu de risques pour Sarkozy. Et puis, à raison de 200 000 euro par conférences il en a pas pour trés longtemps à rembourser. D’autant plus que son "idole" Clinton avait à quelque chose près les même dettes à la fin de son mandat (Blair Inc. le Diplo Nov 2012).

  • permalien JM Masson :
    3 janvier 2013 @09h57   « »

    Il y a un problème global de la démocratie à l’occidentale, et il ne se limite ni au financement, ni à l’hexagone :
    https://jmmasson.wordpress.com/2012...

  • permalien D. :
    3 janvier 2013 @12h41   « »
    orth’o graph

    ce serait plutôt l’affaire libyenne

  • permalien Shanaa :
    3 janvier 2013 @13h55   « »

    "L’illégalisme politique semble procéder d’un calcul simple et ancien : si je veux le pouvoir c’est pour faire ce que je veux, et si je ne peux pas faire ce que je veux, à quoi sert le pouvoir ?"

    Et le contre pouvoir, ça existe ou pas ? Cela sert à quelque chose ou pas ? Surtout quand on se pique, au nom de la "démocratie, d’aller semer le chaos dans un pays souverain et d’y exécuter son dirigeant en direct !!!

  • permalien Marcel MONIN :
    3 janvier 2013 @14h11   « »

    Les excellentes remarques du Pr Garrigou, suggèrent ces observations.

    Qu’un président de la République "profite" de ses fonctions pour en tirer un avantage privé (le financement de la poursuite de sa carrière personnelle) le met dans une situation de conflit d’intérêts.

    Or, la situation de conflit d’intérêts est contraire au principe d’égalité sous toutes ses modalités (devant la loi, devant l’impôt, …) à celui ( séparation des pouvoirs) selon lequel un pouvoir doit pouvoir arrêter le pouvoir. Et heurte de multiples autres principes particuliers qui régissent la société et que l’on trouve à la base de grandes lois de la République : désintéressement des agents publics, illégalité du détournement de pouvoir, prohibition des nominations pour ordre, incompatibilités, inéligibilités, …

    Ce sont les juges qui peuvent, sans modification d’aucun texte, sans vote d’aucun nouveau texte par la classe politique, s’en prendre aux conflits d’intérêts.
    C’est possible, s’ils rangent l’interdiction du conflits d’intérêts dans la liste des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. Ce qui est aisé à faire, compte tenu du nombre de lois qui sont allées (v. ci-dessus) dans ce sens et dans cette logique de l’élu et des agents publics « vertueux » et un raccourci non corrompus (qu’il s’agisse de la corruption réprimée ou de la corruption « blanche » autorisée, pratiquée et encouragée).

    La déclaration de nullité devrait emporter certaines conséquences, parmi lesquelles on pourrait ranger :
    - la cessation des fonctions de celui qui a profité du conflit d’intérêts
    - l’anéantissement des avantages ainsi obtenus : le juge pourrait ordonner la saisie des sommes ou des biens acquis par l’effet du conflit d’intérêt, quel que soit leur détenteur au moment où il se prononce et, éventuellement
    - La réparation des préjudices subis par la collectivité ou des personnes physiques
    - La saisine du juge pénal lorsque le conflit d’intérêt fait l’objet d’une incrimination.
    Pour éviter l’insécurité pour les tiers de bonne foi, le juge, après avoir prononcé la nullité, pourrait procéder à la détermination d’une situation de fait , à laquelle s’attacheraient des effets de droit protégeant les intérêts de ces derniers.

    Car la démocratie est tout compte fait préférable à la ploutocratie. Et la corruption, blanche ou non, n’est pas la technique la plus efficace pour l’évolution des sociétés.
    Marcel MONIN

    v. plus de détails sur "Avenirs Afrique Europe"

  • permalien l’équipe du site :
    3 janvier 2013 @14h33   « »

    orthographe corrigée, merci D.

  • permalien patrice :
    3 janvier 2013 @15h11   « »

    Juste pour mémoire, selon Le Canard, Sarkozy risque d’avoir à rembourser 360 000 Euros à titre personnel, le reste étant à la charge de l’UMP, ou de ce qu’il en reste, et qui doit déjà plus de 40 millions(!). A se demander si Coppé va vouloir rester chef d’une organisation en faillite, (comme dirait son concurrent), et qui va (peut être) voir sa dette grimper d’une dizaine de millions. Et là, plus moyen de taxer Kadhafi.
    Quant aux conférences de Sarko, il semblerait que les clients ne se précipitent pas au portillon. A ma connaissance, il n’en n’a facturée qu’une seule (environ 100 000 Euros). Problème : Comment taper dans le trésor de guerre planqué sans que ça se voit ?
    Selon Takkiédine, déjà cité par Yvan, Kadhafi aurait bien versé 50 millions d’Euros, comme le soutenait déjà le fils. Si on y rajoute (sans doute) plus d’un million versés par Mamie Zinzin, et la partie immergée de l’iceberg, Sarko aura surtout des problèmes de blanchiment. J’espère pour lui qu’il n’a pas placé le pognon à l’UBS. Ca serait ballot d’assister aux prochaines présidentielles depuis une cellule.
    Mais bon...Quand on regarde la composition du Conseil Constitutionnel, on est vite rassuré.

  • permalien patrice :
    6 janvier 2013 @13h55   « »

    Nouvelles déclarations de Takkiédine chez Ruquier, hier soir. Sarkozy &co auraient reçu...400 millions d’Euros de Kadhafi ! (8 fois plus que les 50M de la campagne 2007). Takkiédine dit posséder des vidéos, preuves écrites, et numéros de comptes prouvant ses dires, et serait prêt à les refiler à Van Ruynebecque.
    Difficile de deviner où il veut en venir, ou qui le téléguide.
    Mais il m’a paru qu’il se plaignait de ne pas avoir touché sa part, et d’avoir été écarté de certaines "négociations".
    Il a également rappelé le fait que Kadhafi a été exécuté par les services secrets français, ce qu’on savait déjà (cf l’article du Canard sur ce soupçon récurrent).
    Dernier point : Il a aussi dénoncé le rôle des qataris dans ce mic mac, ainsi que le nombre réel de morts en Libye, qui serait de 80 000 (ou 80 000 de plus ?).
    Bref, difficile de faire la part du vrai et du faux s’agissant de ce trafiquant qui rappelle sournoisement son "amitié" avec Coppé, et nie avoir bénéficié de rétro commissions, et même les avoir fait transiter sur son compte, ce qui est passablement gonflé au vu des preuves. En attendant, Sarkozy et Guéant doivent s’attendre à de gros ennuis dans les mois à venir. J’évoquais il y a peu sur ce fil "la partie immergée de l’iceberg". On y est.
    On disait de Giscard qu’il avait renfloué sa famille pour sept générations(?). Il a peut être trouvé son maître en la personne de Sarko, lequel n’aura peut être pas besoin de donner des conférences pour survivre. Question subsidiaire : Où est le pognon, si il existe vraiment ?
    Ceci dit, les gens sont médisants.

  • permalien Cana :
    7 janvier 2013 @11h02   « »

    Parler de la cupidité de tel Politique ou d’un autre avec des "médiateurs" commerciaux pour acheminer l’argent de leurs anciens alliés ( Kadafi ou un autre) permet de s’éloigner d’un examen du mariage moderne et "démocratique" du Politique avec la Finance . le Poltique étant soumis à la Finance.Mais au fait ,- question naîve- comment la Finance tient le Politique ?
    Dévoiler ces comptes invisibles est certainement utile. C’est l’arbre qui cache la forêt.
    Comme si c’était juste les pratiques de contrebande pour l’intéret personnel d’un Politique ou bien pour l’intéret de son parti, qui sont en jeu. N’agissent-ils pas comme ça - du moins pour leur parti et pour le pouvoir- parce que la Finance les tient au collet ?
    Alors quand le "médiateur" en question s’appelle "Takieddine", voilà une aubaine pour focaliser sur un "obscur" arabe.
    le cynisme du Politique peut aller beaucoup plus loin que ça .
    Les "amitiés franco économico-personnelles" avec Saddam puis Ben Ali puis Kaddafi et maintenant avec le Qatar qui s’installe dans la Finance en France, promettent un nouveau sort au 93- entre autres, un sort de soumission aux Pétro Dollars-" des monarchies du Golfe. bref une "démocratie" qui "vend" son peuple aux plus offrant.
    C’est une maquerelle. Non ?

  • permalien patrice :
    7 janvier 2013 @14h41   « »

    @Cana
    Vos remarques sont fort justes. En effet, d’une manière générale, la finance exerce surtout une pression sur le pays, contraignant les politiques à infléchir leurs décisions. Le financement illégal des partis n’est qu’un détail.
    Quoique.
    Aux USA, nombre d’élus démocrates ont voté des amendements visant à réduire l’impact de la loi de sécurité sociale, en échange du financement de leurs campagnes par les sociétés d’assurance privées. Toujours aux USA, il n’est pas impossible de faire l’hypothèse que la guerre d’Irak a eu comme cause principale le souci de Bush de faire gagner de l’argent à ses sponsors (Halliburton & co). A noter également les cadeaux aux banques, principales donatrices pour les campagnes des deux partis.
    Même si les choses sont moins claires en France, ou moins manifestes, comment expliquer le soutien sans contre partie aux banques par le gouvernement Sarkozy, alors que ce dernier aurait pu prendre des participations, et réaliser un bénéfice tout en solutionnant le problème. Et que dire de ces grosses sociétés qui payent 0 Euros d’IS, comme Total, ou de ces milliardaires taxés à moins de 8% (Bettencourt...Sans parler de Wildenstein et de ses droits de succession virtuels) ?
    Or, il se trouve que tous ces bénéficiaires de la politique de l’état UMP représentent au bas mot 100 milliards de "cadeaux". Et tous ces bénéficiaires soutiennent financièrement l’UMP, officiellement (les donateurs du premier cercle), et bien sûr officieusement.
    Même si cette prévarication récurrente n’est pas la première cause de la faillite du pays, elle est tout sauf négligeable. Et, dans d’autres pays, comme la Grèce, les USA, sans parler des dictatures du Maghreb, la corruption tend à devenir le problème n°1 du pays. On pourrait aussi parler de la Chine, menacée à terme de "décadence économique" pour cette raison, ou de l’URSS qui y a laissé sa peau.
    Quant à Takkiédine, ça n’est qu’un pion qui se rebiffe au motif évident qu’il ne veut pas être le seul à porter le chapeau. Pour mémoire, il n’est pas arabe, mais libanais, mais bon...

  • permalien Cana :
    7 janvier 2013 @18h29   « »

    @Patrice "pour mémoire , il ( Takieddine) n’est pas arabe mais libanais...".
    ce genre de propos a été le nerf de la guerre civile au Liban . Certains chrétiens phalangistes et du parti du criminel Geagea( les forces libanaises), au mépris de tout bon sens déclaraient qu’ils n’étaient pas arabes , mais phéniciens, ou même descendants des croisés. que la langue qu’ils parlaient c’était du libanais. Un déni complètement schizo concernant l’usage de leur langue , comprise par des égyptiens , tunisiens , palestiniens ,jordaniens et syriens et irakiens
    Vous tenez le même langage que ces gens-là. Serait-ce là vos sources ?
    Quant aux financements occultes des partis et des personnalités politiques.
    je vous rappelle le grand ami de Chirac : Rafic Hariri père, pourvoyeur de pas mal de pétro dollars.
    Bokassa et ses diamants ( cadeau à Giscard). Pour ne citer qu’eux.
    je ne saurais comme vous aller dans tous les sens , et analyser les financements des campagnes US.
    je me contenterai de la France.
    Il me semble qu’il y a un lien entre les investissements financiers qatari - permis- en particulier dans le 93 et la politique française depuis Sarko en Syrie et durant les "révolutions" arabes. Le choix pour appuyer et armer les "rebelles" dont tout le monde sait qu’ils sont des djihadistes , salafistes copains des qatari et cie montre à quel point on s’en moque de la démocratie . sauf à l’utiliser comme rhétorique pour perpétuer la domination occidentale.
    A mon sens c’est une manière de torpiller les révoltés syriens "laics" , en leur rendant la tâche insurmontable.
    pourvu que ce torpillage qui peut être le même ici( dans le 93) et là-bas ne démolissent pas complètement les luttes des pauvres pour une meilleure justice . Malheureusement ce qu’on avait entendu" que le père Noêl ne devait pas venir visiter les écoles publiques en France" ne peut qu’être en lien avec le fanatisme salafiste ( qatari).
    Ce fanatisme n’a d’égal que celui de la "laîcité"ne tolérant pas dans les écoles , les signes ostentatoires "musulmans"
    Et puis , puisqu’on est dans le cercle infernal de la Finance , dans cette chaotisation du monde , un commerce juteux des armes se profile , notamment les drones . Il suffit d’en donner quelques uns à ces djihadistes pour qu’ils fassent le sale boulot . Et en plus ça va rapporter gros.

  • permalien K. :
    7 janvier 2013 @19h55   « »

    @ Cana,

    C’est la formidable puissance du bruit de fond.

  • permalien Shanaa :
    7 janvier 2013 @19h57   « »

    Patrice : "il n’est pas arabe, mais libanais, mais bon..."

    Un malfrat ?

  • permalien patrice :
    8 janvier 2013 @14h12   « »

    @Shanaa
    Les libanais sont en général des gens charmants. Takkiédine n’échappe pas à la règle, Sauf que l’appellation "malfrat" lui convient assez bien, au vu du nombre de combines foireuses dans lesquelles il est impliqué avec ses ex amis de l’UMP.
    Ma remarque visait juste "l’arabe de service" cité par Cana. Ceci dit, il est exact que différencier les habitants du pourtour méditerranéen n’a guère de sens, s’agissant d’une zone de brassage ethnique et culturel intense. Celà est néanmoins particulièrement évident pour le Liban, qui fut occupé par les perses, les assyriens, les macédoniens, les romains, les byzantins, les arabes (tout de même), les croisés, les mamelouks, les ottomans, et les français. Accessoirement le Liban fut le berceau des phéniciens, grands navigateurs et marchands. Ces multiples influences ont fait de ce pays une région particulièrement ouverte sur "le monde extérieur" et très portée sur le commerce depuis la plus haute antiquité, sans doute plus que les autres pays arabes. Celà explique aussi le fait que l’on retrouve souvent des libanais dans les grandes tractations commerciales internationales. C’est tout sauf une critique, sauf quand il est question de marchands d’armes véreux comme Takkiédine.

  • permalien K. :
    8 janvier 2013 @14h19   « »

    N’empêche et pour revenir à l’affirmation de départ, dire que Takieddine n’est pas arabe parce qu’il est libanais est une affirmation très grossière.

  • permalien Cana :
    8 janvier 2013 @14h54   « »

    Décidément patrice , vous emmêlez pas mal les choses.
    vous me citez faussement à propos de
    " l’arabe de service"- je n’ai pas tenu de tel propos.
    Et comme si la logique des choses ne vous éclaire pas les esprits vous recommencez à taper sur Takieddine.
    probablement un besoin de taper sur un arabe dont vous niez l’origine arabe. vous tapez 2 fois dessus .

  • permalien Shanaa :
    8 janvier 2013 @17h10   « »

    Patrice, Cana,

    C’est un malfrat ! Peu importe son origine !
    Ce qui est choquant c’est sa "prestation" chez Ruquier ! Toute honte bue, détendu, faisant rire la galerie ! N’est-ce pas indécent pour une affaire aussi Grave ? Cette légéreté contribue, sans doute, à renforcer l’impuissance des citoyens !
    Dans le genre "lord of war", Nicolas Cage est plus classe !

  • permalien DouceFrance :
    8 janvier 2013 @17h18   « »

    La question est : A t-on les élites et les représentants que l’on mérite ? Il faut concéder que l’on a tendance à enchainer quand même...

  • permalien patrice :
    8 janvier 2013 @18h44   « »

    @ Cana, Shanaa
    "C’est un malfrat ! Peu importe son origine ! "

    La chose me parait évidente. Les révélations de cet individu ne doivent d’ailleurs être prises qu’avec d’infinies précautions. Il me paraît évident qu’il fait chanter Sarkozy & co, soit pour les empêcher de l’enfoncer, soit pour se faire payer ses tristes prestations. A part ça, un mec qui vend des armes à des tyrans, et achète des donneurs d’ordre pour conclure ses marchés peut être considéré comme aussi peu estimable que les gens qu’il sert, c’est à dire nos fabricants d’armes hexagonaux, entre autres.
    Mais je suis forcé de convenir du fait que son cynisme me fait sourire.

  • permalien patrice :
    8 janvier 2013 @18h54   « »

    @K
    "N’empêche et pour revenir à l’affirmation de départ, dire que Takieddine n’est pas arabe parce qu’il est libanais est une affirmation très grossière."

    Les libanais se revendiquent phéniciens, les espagnols, les corses, et les italiens du Sud européens...En réalité, ces populations ont à peu près la même origine ethnique. Mais si ça leur fait plaisir de se distinguer des autres peuplades du pourtour méditerranéen, je ne vois pas pourquoi on les en empêcherait. D’ailleurs, on distingue plus souvent ces peuples via leur religion. Dans tous les cas, le Liban est culturellement caractéristique comme expliqué précédemment. Juste pour mémoire, ni "arabe", ni "libanais" ne constituent des insultes à mes yeux. Hollandais, pas contre....

  • permalien K. :
    8 janvier 2013 @19h27   « »

    Les libanais se revendiquent phéniciens

    C’est décidément une règle : moins on sait plus on croit tout savoir.

    1- Certains Libanais se revendiquent Phéniciens, des chrétiens dans la quasi totalité des cas, ce qui ne veut pas dire tous les chrétiens.

    2- Les musulmans, la majorité de la population libanaise, se revendiquent arabes en quasi totalité.

    3- La proportion de Libanais arabisée d’origine non arabe ou, plus fréquemment je dirais, métissée, (phénicienne mais aussi perse, grecque, mongole, française etc..) doit être égale dans les deux religions.

  • permalien Shanaa :
    9 janvier 2013 @12h09   « »

    Patrice, peu importe qui se revendique quoi ! Ce sont des humains, point !
    En revanche, au regard de la gravité des accusations, vous devriez vous interroger sur le recul de la France, de sa perte d’équilibre et de rayonnement dans le monde !

  • permalien pins :
    20 janvier 2013 @22h43   « »

    et apres tout cela que faut t il faire ?.....

  • permalien Jacques Sprotchel :
    3 février 2013 @19h18   «
    Sarkozy-Rousseau...

    Suite à l’émission france-culture du 3/02/2013, le gai savoir, ou Raphaël Enthoven trouve que Nicolas Sarkozy est "rousseauiste" je me suis permis d’envoyer :

    Ah oui N.Sarkozy est rousseauiste, c’est vrai c’était un véritable philosophe "pragmatique", tout à fait tourné vers le bien être de l’ensemble de la population et pas du tout vers l’engraissement obscène d’une caste de nantis. C’était un promoteur de la libération de toute forme d’esclavage, chère à l’esprit des lumières. "Travailler plus pour gagner plus", est un merveilleux monument de simplification économique à l’usage des paresseux et des vacanciers communos-anarchistes qui corrodent la force de vente de notre belle nation. De même le chaleureux discours à l’usage des pauvres "peuples sans histoire", Emiles sauvages et incultes, qui à fait le tour du monde et révélé le talent de penseur, de poète et de mythologue du prodigieux Sarkozy est digne d’un de ces grands hommes du XVIIIème. Il n’a pas non plus fait la promotion d’un état ultra-sécuritaire ou nombre d’exactions policières quotidiennes aurait pu advenir ni n’a trahi aucun dictateur sanguinaire qu’il aurait précédemment invité à sa table pour en soutirer quelque mirobolant bakchich.
    Et quelle équipe de philosophes appliqués à t’il eu le génie de nommer dans son gouvernement :
    - L’ineffable MAM et ses « techniques qui ont fait leurs preuves », vivement saluée pour ces propos éclairés est spinoziste. (Et on ne le sait pas).
    - L’épicurien Hortefeux , ses « empreintes génitales », son fichier base élève et ses boutades saillantes est probablement Heideggerien, un véritable volksgeist en action.
    - Le savoureux Guéant son grandiose « toutes les civilisation ne se valent pas » véritable manifeste de la nation qui à domestiqué l’atome, crée la Safrane et envisage d’exploiter les gaz de schistes est un sévère mais juste Kantien.
    - Rachida Dati est nitzchéo-lacanienne.
    - Nadine Morano est wiggensteinienne.
    Non vraiment quelle chance avons-nous eu d’être guidés pendant cinq ans par toutes ces intelligences éclairées qui démentent les fielleuses attaques « la droite la plus bête du monde » générées et entretenues par l’Etranger.

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