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Egypte, une entente entre salafistes et opposition « libérale » ?

jeudi 31 janvier 2013, par Alain Gresh

Les islamistes contre les laïques, deux camps qui s’affrontent. Cette lecture des événements en Egypte prédomine dans la presse, en tous les cas depuis l’élection à la présidence de M. Mohamed Morsi, le candidat des Frères musulmans.

La condamnation à mort d’une vingtaine de supporteurs de l’équipe de football de Port-Saïd, accusés du massacre de dizaines de supporteurs de l’équipe Al-Ahly du Caire, le 1er février 2012, a mis le feu aux poudres. Ce verdict a suscité d’autant plus de colère que la sévérité du jugement contraste avec l’incapacité — ou l’absence de volonté — à juger les hommes forts de l’ancien régime, coupables d’avoir provoqué la mort de centaines de personnes lors de la révolution. Et aussi du fait que les policiers et les responsables politiques de Port-Saïd inculpés dans le massacre de l’hiver dernier n’ont toujours pas été jugés.

Les événements à Port-Saïd, au Caire et ailleurs ont aussi mis en lumière le rôle ambigu de la police, dont de nombreux membres et officiers sont ouvertement hostiles au nouveau président. Dans certains cas, les journalistes présents sur place ont évoqué la volonté délibérée de jouer la politique du pire. Le ministre de l’intérieur a même été contraint par les forces de l’ordre de quitter les funérailles des policiers tués dans les affrontements du 26 janvier (Fady Salah, « Minister of interior forced to leave police funeral », Daily News, 27 janvier).

Une des difficultés qui entravent la bonne compréhension des évolutions actuelles réside dans le fait que, contrairement à ce que peuvent faire croire nombre de médias, les Frères ne contrôlent pas l’appareil d’Etat (ni les institutions religieuses, ni même la presse officielle, où s’exprime une diversité qui était impensable sous le régime Moubarak). Ce n’est pas la « frérisation » du pouvoir qui menace l’Egypte (même si les tendances autoritaires et hégémoniques des Frères sont indéniables), mais une sorte de chaos.

Au demeurant, l’événement le plus intéressant, passé sous silence, est la rencontre entre la direction du parti salafiste Al-Nour et celle du Front de salut national, qui regroupe une partie de l’opposition démocratique (une importante composante de celle-ci, dirigée par Abdel Monem Aboul Foutouh, a refusé de rejoindre l’opposition qui s’est alliée avec Amr Moussa, un homme de l’ancien régime — un fouloul [qu’on on pourrait traduire par « ci-devant »], comme on dit. Les deux parties ont signé un texte commun appelant à la formation d’un gouvernement d’union nationale (Salafist Nour Party, « NSF call for unity government », Ahramonline, 30 janvier 2013).

Rappelons qu’Al-Nour a obtenu 25 % des voix aux élections législatives et qu’il a connu une scission importante, une fraction du mouvement s’étant rapprochée des Frères musulmans (sur la complexité du salafisme, notamment en Egypte, lire l’entretien avec le meilleur spécialiste de la question, Stéphane Lacroix, « Le salafisme, c’est “le dogme dans toute sa pureté” », Le Monde, 27 septembre 2012).

L’accord en huit points inclut : la formation d’un gouvernement d’union nationale ; la création d’un comité pour amender les points controversés de la Constitution ; l’affirmation du caractère non partisan des institutions de l’Etat ; la nomination d’un nouveau procureur général ; la création d’un comité juridique pour enquêter sur les récentes violences ; l’établissement d’un consensus pour empêcher qu’une seule faction ne domine la vie politique ; le rejet de toute forme de violence et la réaffirmation du droit à manifester librement ; l’établissement d’un code de bonne conduite entre les partis politiques.

L’attitude équivoque des salafistes à l’égard des Frères n’est pas nouvelle. Je l’avais déjà évoquée dans un reportage sur l’Egypte publié dans Le Monde diplomatique en novembre 2011, « Egypte, de la dictature militaire à la dictature religieuse ? » :

« La confrérie suscite un fort rejet dans de larges secteurs de la population — rejet qui, contrairement à ce que croient beaucoup de ses membres, n’est pas seulement le résultat d’une campagne de désinformation. Remarquablement structurés, disposant de militants dévoués qui ont souvent été emprisonnés, les Frères sont parfois considérés, y compris par des croyants pratiquants, comme cyniques, impliqués dans des combines politiques et plus soucieux des intérêts de leur organisation que de ceux du pays. Même les salafistes les critiquent durement, les accusant de vouloir “opprimer au nom de la religion ceux qu’ils méprisent”. Si leur rôle durant la révolution n’est pas contesté – bien qu’ils aient pris le train en marche –, leurs compromissions avec le CSFA [Conseil suprême des forces armées] tout au long de l’année 2011 leur ont valu bien des ressentiments. Leur décision de présenter un candidat à l’élection présidentielle, en violation de leurs engagements antérieurs, a encore avivé les méfiances. »

Des salafistes et des libéraux unis sur des objectifs communs démocratiques ? Quelle hérésie, diront ceux qui ne voient l’Egypte qu’à travers le prisme de l’islam. Et si, au contraire, on se réjouissait du retour de logiques politiques, d’alliances et de confrontations...

Les femmes dans le monde arabe et méditerranéen

Université populaire, organisée en collaboration avec le blog Nouvelles d’Orient

Samedi 9 février (10h30-18h)

Séance 1 (10h30-12h30)

Histoire et état des lieux de la condition des femmes dans le « monde arabe », avec Sonia Dayan Herzbrun, Professeure à l’UFR de Sciences Sociales de l’Université Paris Diderot-Paris 7. Elle est Directrice de la Revue Tumultes, revue interdisciplinaire sur les phénomènes politiques contemporains.

Séance 2 (14h-16h)

Femmes et féminismes en Iran, avec Azadeh Kian, Professeur de sociologie à l’Université Paris 7 – Diderot, responsable du Cedref et chercheur associée à l’UMR Mondes iranien et indien, CNRS

Séance 3 (16h-18h)

Qu’est-ce que le féminisme islamique ? , avec Zahra Ali. Engagée depuis de nombreuses années au sein de dynamiques musulmanes, féministes et antiracistes, elle est doctorante en sociologie à l’École des hautes études en sciences sociales (Ehess) et à l’Institut français pour le Proche-Orient (Ifpo). Elle est l’auteure de Féminismes islamiques (La Fabrique, 2012).

Contact et inscription : universite-populaire@iremmo.org

Participation : 20 euros pour la journée (12 euros pour les étudiants et les demandeurs d’emploi).

Horaires : Séance 1 : 10h30-12h30 Séance 2 : 14h-16h Séance 3 : 16h-18h

Lieu : 5, rue Basse des Carmes - 75005 Paris (Métro : Maubert-Mutualité)

Inscrivez-vous dès maintenant, pour l’année : 120 euros (80 euros en tarif réduit*).

141 commentaires sur « Egypte, une entente entre salafistes et opposition “libérale” ?  »

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  • permalien Orangerouge :
    31 janvier 2013 @19h46   »

    Merci !

    Il est tellement difficile, concernant l’Egypte ou n’importe quel pays pauvre, d’avoir accès en occident, à des informations fiables et à des analyses qui entrent dans la complexité des choses.

  • permalien Caligula :
    31 janvier 2013 @20h08   « »

    “L’accord en huit points inclut : la formation d’un gouvernement d’union nationale ; la création d’un comité pour amender les points controversés de la Constitution ; l’affirmation du caractère non partisan des institutions de l’Etat ; la nomination d’un nouveau procureur général ; la création d’un comité juridique pour enquêter sur les récentes violences ; l’établissement d’un consensus pour empêcher qu’une seule faction ne domine la vie politique ; le rejet de toute forme de violence et la réaffirmation du droit à manifester librement ; l’établissement d’un code de bonne conduite entre les partis politiques.”

    Concernant la formation d’un gouvernement national, pourquoi pas ? Il est peut-être plus simple de faire cela maitenant que la république est jeune. Même si elle implique un partie salafiste.

    Au-delà de ça, les sept autres points sont l’exacts opposés du gouvernement en place. Il n’y a rien de nouveau concernant les anciens dirigeants. Rien sur leurs procés. Si la coalition n’a rien de mieux à proposer que le detricotage du pouvoir en place...bon, en France cela à suffit à faire élire Flamby, alors pourquoi pas eux.

    Au fait, il est déjà enterré le gouvernement Morsi ?

  • permalien Shanaa :
    31 janvier 2013 @20h14   « »

    Ce sont donc des factions qui luttent pour le pouvoir quitte à contracter des alliances incompatibles, et à provoquer le chaos. Ici le mot "liberté" n’est qu’un prétexte. L’Egypte, le peuple, tout le monde s’en fiche. Tel est l’aveuglement du pouvoir.

  • permalien Shanaa :
    31 janvier 2013 @21h24   « »

    Dés le début de son élection Morsi a montré sa volonté d’ouverture sur le monde. Il continu... A mon avis, il n’a pas dit son dernier mot. Le virer alors qu’il vient d’être élu ? Le mieux c’est l’entente entre les parties.

    "Entre-temps, le président Morsi s’est entretenu à Berlin avec la chancelière Angela Merkel. Mme Merkel a indiqué à la presse lui avoir demandé de dialoguer avec "les différentes forces politiques", et "que les droits de l’Homme soient respectés".

    "L’Égypte sera un État de droit qui ne sera dirigé ni par l’armée ni par des religieux mais par un gouvernement dont la composition dépendra de l’issue des élections législatives, a promis le président égyptien."

    "L’Égypte est sur le point de parvenir à une saine gouvernance et de devenir un État de droit (...), le régime moderne et civil auquel nous aspirons tous, un État qui ne soit ni militaire ni théocratique, mais institutionnel et civil", a déclaré Mohamed Morsi.

    "L’étape parisienne de la mini-tournée européenne de Mohamed Morsi, prévue vendredi, a en revanche été reportée. Le président égyptien devait rencontrer François Hollande lors d’un petit déjeuner vendredi matin. Les deux hommes se sont cependant entretenus par téléphone en fin de journée, a-t-on appris de source proche de l’Élysée."
    - France24.

  • permalien Shanaa :
    31 janvier 2013 @21h41   « »

    "LE CAIRE - La justice égyptienne a annoncé jeudi l’arrestation d’un membre présumé du groupuscule obscur Black Bloc, qu’elle soupçonne d’être impliqué dans un projet israélien de sabotage.

    Dans le collimateur des autorités, le Black Bloc, dont les membres portent cagoules et capuches noires, est apparu ces derniers jours en Egypte lors de manifestations violentes hostiles au président islamiste Mohamed Morsi. Mais ses effectifs, son influence et sa structure demeurent un mystère."
    - Romandie.

  • permalien JMG :
    31 janvier 2013 @22h30   « »

    Je me réjouis de l’accord en huit points entre le FSN et Al-Nour pour la formation d’un gouvernement d’union nationale en Egypte.

    Alain Gresh : une importante composante de celle-ci [l’opposition démocratique], dirigée par Abdel Monem Aboul Foutouh, a refusé de rejoindre l’opposition qui s’est alliée avec Amr Moussa, un homme de l’ancien régime - un fouloul.

    Mais je suis en total désaccord avec ce passage : Abdel Monem Aboul Foutouh est un frère musulman dissident qui a été exclu de la confrérie pour avoir déclaré sa candidature à l’élection presidentielle (initialement les FM ne devaient pas présenter de candidat), mais il demeure un islamiste. Quant à Amr Moussa, il n’a jamais été membre du parti de Moubarak, il a quitté ses fonctions de ministre des affaires étrangères en 2001. C’est une personnalité estimable qui a toute sa place au sein de l’opposition laïque et démocratique aux Frères.

    A propos de la confrérie, un article éclairant sur Counterpunch : "Unmasking the Muslim Brotherhood".

    http://www.counterpunch.org/2012/12...

    Extraits :

    It is often argued that, though the historical record unequivocally shows the Brotherhood as intimately connected to Western intelligence, somehow the organization has changed, that it has become a peaceful force for political progress in the Arab world. As recent events in Egypt have shown, nothing could be further from the truth. With the undemocratic attempted power grab by Egyptian President Morsi, the scaling back of civil liberties, the rights of women, and religious and ethnic minorities, the Muslim Brotherhood has shown itself to be little more than a reactionary political force parading itself as a form of “progress”.

  • permalien Sarah :
    31 janvier 2013 @22h36   « »

    Tout le monde sait que les salafistes,en tout cas une parti d’entre eux,sont clairement sponsorisés par l’Arabie Séoudite et certaines pétro-monarchies pour affaiblir les Frères musulmans.

    A chaque étape importante de la transition démocratique en Egypte,les salafistes se sont opposés aux FM.

    Ceux qui croient que les salafistes et les Frères musulmans regroupés sous le nom générique "d’islamistes" sont des alliés vont être surpris dans les mois à venir ;ce sont des concurrents,et personnellement je suis pas du tout étonnée de cette alliance étrange entre "salafistes" et "libéraux"pour s’opposer au gouvernement actuel.

  • permalien Sarah :
    31 janvier 2013 @22h44   « »

    @ JMG :

    C’est une personnalité estimable qui a toute sa place au sein de l’opposition laïque et démocratique aux Frères.

    Pour vous peut-être.
    Quelqu’un qui a été ministre sous Moubarak à un post aussi important que celui de ministre des affaires étrangères ne peut être qualifié de démocrate.

    Je rappelle qu’il a ensuite été nommé secrétaire général de la Ligue Arabe,ligue qui est un instrument de l’Arabie Séouidite et des USA pour mener les politiques les plus destructrices dans la région.

    Sinon,je croyais que vous n’aimiez pas les "réactionnaires":je suis un peu surprise de votre soutien aux salafistes.

  • permalien Shanaa :
    31 janvier 2013 @23h01   « »

    Amr Moussa est une vraie carpette qui a fait ses preuves à la ligue arabe. De plus, il est trop àgé.

  • permalien K. :
    1er février 2013 @00h27   « »
    Egypte, une mésentente entre islamistes !

    La robe de Dolly Shahine, susurreuse libanaise invitée par le gouverneur d’une province égyptienne à animer une fête locale déclenche les passions.

    Le gouverneur est membre des Frères musulmans et les critiques sont salafistes. On avance, on avance..

    http://seenthis.net/messages/110588

  • permalien Odile.orc :
    1er février 2013 @02h00   « »

    Des membres ont quitté le parti Nour à cause de son dialogue avec les libéraux. La demande de changement de gouvernement n’est pas la demande du départ de Morsi mais du premier ministre et de ses minstres. Difficile d’avoir confiance dans l’avenir avec tant de combines et de mensonges. Je crains cependant que l’actuel gouvernement reste en place jusqu’aux législatves : il est là pour organiser la fraude et assurer le résultat aux élections. Rien d’autre n’a d’importance, et surtout pas le peuple égyptien.

  • permalien Shanaa :
    1er février 2013 @10h38   « »

    Les médias français n’hésitent pas à employer le mot : "Factions rivales". On voit la hargne de l’opposition hétéroclite qui n’hésite plus a attiser les manifestations violentes au lieu d’appeler au calme. De plus, les "révolutionnaires" du début, ceux qui ont chassé Moubarak, qui attiraient la sympathie, n’hésitaient pas à réparer les dégats, ceux là ont déserté la place Tahrir. A leur place, Al Ahram Hebdo avait signalé des gars louches, violents. On sait que des groupes, sortis de nulle part, ont fait leur apparition. Leurs signes les violences et la casse au péril de l’effondrement de l’état. On ignore tout de ces groupes qui usent de méthodes brutales tout à fait étrangéres à la culture egyptienne. La partie ne se joue pas avec le peuple qui assiste au spectacle, médusé, impuissant, gagné de lassitude. La partie se joue pour le pouvoir avec des groupes qui cassent et font des morts.
    Par ailleurs, le peuple egyptien n’est ni pour ni contre les FM, les salafis ou les laics. Ils peuvent cohabiter intelligement s’ils le voulaient. Mais, il se trouve que la soif de pouvoir aveugle. A ce stade, le peuple souhaite une personnalité qui est capable d’unir, de relever l’égypte, les défis, de parler de souveraineté, d’union des pays arabes humiliés. Or, les factions en course ont un discours teinté de leurs pseudo-convictions qui cachent à peine leur servitude. C’est à dire, que quelle que soit l’issue, la néo marionnette qui sera placée devra tenir comptes des forces exogénes et de leurs intérêts.

  • permalien gloc :
    1er février 2013 @11h16   « »

    Ce n’est pas la « frérisation » du pouvoir qui menace l’Egypte (même si les tendances autoritaires et hégémoniques des Frères sont indéniables), mais une sorte de chaos.

    Si on en croit l’accord en huit points, on comprend que la "frérisation", n’est plus une menace, elle appartient au quotidien. Qu’elle mène vers le chaos c’est une évidence, l’assassinat de Sadat en était les prémices. Qu’il faille la policer pour la faire passer est un minimum syndical... nécessaire, mais certainement insuffisant car les Frères ont montré un peu trop rapidement leur jeu et ont perdu beaucoup de leur crédibilité, y compris auprès de certains policiers qui semble-t-il sont partis pour une grève du zèle de quatre ans

  • permalien Shanaa :
    1er février 2013 @11h26   « »

    Le chaos n’a rien à voir avec une "frérisation", une déception quelconque d’une affaire égypto-égyptienne. Le chaos a été testé en Irak, en Libye, en Syrie. A ce stade, la majorité des égyptiens, qui sont trés politisés, se demandent ce qu’il y a réellement derriére ces changements de régime, ou "pritemps", c’est selon. Les sceptiques sont de plus en plus nombreux.

  • permalien Shanaa :
    1er février 2013 @11h29   « »

    Olivier Roy : On va plus vers l’anarchie que vers une nouvelle révolution. Les manifestants ne sont pas porteurs d’un vrai projet politique. L’Egypte s’est installée non pas dans une culture de la démocratie mais dans une culture de la protestation : on descend dans la rue dès qu’on n’est pas d’accord. Mais les leaders politiques de l’opposition ne dirigent en rien le mouvement de protestation ; comme la direction des Frères Musulmans (FM), ils s’installent dans la disqualification de leurs adversaires, à qui ils refusent toute légitimité. Si le régime Morsi tombe, ce ne sera pas au profit de la démocratie, en tout cas sur le court terme.
    En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/...

  • permalien Shanaa :
    1er février 2013 @11h49   « »

    Olivier Roy :
    Atlantico : De la Tunisie à l’Égypte, en passant plus récemment par la Libye, le "printemps arabe" semble avoir favorisé le développement de la démocratie dans les pays de cette région du monde. Peut-on aujourd’hui prétendre qu’une "démocratie musulmane" est en train de se développer ?
    Olivier Roy : Il n’existe pas de "démocratie musulmane", il y a des démocraties dans des sociétés musulmanes. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de spécificité musulmane de la démocratie. En Turquie, par exemple, la société est musulmane et il y a une démocratie. Le parti au pouvoir aujourd’hui se réclame de valeurs religieuses, comme le ferait un parti chrétien démocrate en Europe occidentale. Il était d’ailleurs précédé par des partis de centre droit et de centre gauche qui eux ne se réclamaient pas de la religion.

    La question importante est celle de l’acceptation de la démocratie par les partis religieux. Nous assistons aujourd’hui à une sorte de démocratisation de partis islamistes, qui se réclamaient jusqu’à récemment d’un État islamique et qui maintenant commence à penser le concept d’État islamique dans un contexte démocratique.

    En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/...

  • permalien K. :
    1er février 2013 @13h36   « »

    Mésentente entre frères et sœurs...

    Certaines rumeurs avancent que la confrérie va connaître une intifada féminine.

    ...

    « On aspire à renverser la structure classique des Frères », explique Riham, qui tente de mobiliser la Conférence générale des sœurs musulmanes dans les provinces à travers des ateliers, pour donner plus de chance de participation à la femme provinciale.

    ... et entre sœurs,

    Or, cet avis ne fait pas l’unanimité chez les sœurs. Selon Azza Al-Garf, ex-députée au Parlement représentant le Parti Liberté et justice et membre de l’assemblée constituante, cela va provoquer une crise. La femme est omniprésente au sein de la confrérie. Quand elle veut s’informer sur un sujet ou donner son avis, tout le monde est à son écoute, du chef de la confrérie au plus jeune membre.

    Un avis partagé par un leader au sein de la confrérie qui a requis l’anonymat. « Il ne faut surtout pas toucher aux principes de base de la confrérie qui n’est pas prête à tolérer la mixité entre les deux sexes », explique-t-il

  • permalien patrice :
    1er février 2013 @14h07   « »

    @Shanaa
    "En Turquie, par exemple, la société est musulmane et il y a une démocratie. Le parti au pouvoir aujourd’hui se réclame de valeurs religieuses, comme le ferait un parti chrétien démocrate en Europe occidentale"

    Apparemment, c’est de moins en moins vrai, à en juger par la multiplication des procès pour athéisme. Les chrétiens démocrates n’ont jamais imposé les précepte de la foi chrétienne. Qu’on en finisse une fois pour toutes avec cette comparaison aussi récurrente que fausse.
    Concernant l’Egypte, je suis d’accord avec vous. C’est bel et bien la démocratie qui est attaquée. L’alliance contre nature entre laïcs et salafistes démontre à quel point les intérêts personnels priment sur l’idéologie politique. D’accord également pour trouver très louches les violences perpétrées par des gens dont on ignore le positionnement politique.
    A noter cependant le fait que j’avais prévu ces violences (voir mes posts de la période précédent le référendum). L’adoption d’une constitution liberticide, bien que souhaitée par les deux tiers des habitants, posait en effet un énorme problème : Le tiers restant voyait ses libertés réduites à peau de chagrin. En fait, difficile de deviner ce qu’il serait advenu si Morsi n’avait pas opté pour la manière forte. L’exemple de Louis XVI prouve qu’il peut être dangereux de céder à la rue. Il n’empêche que je suis persuadé que la politique du compromis marche en général relativement bien. Une constitution laïque eût sans doute calmé le jeu, même si le risque de voir les salafistes la contester était non nul. Je suis aussi frappé de constater à quel point Morsi est (souvent, pas toujours) incapable de reculer, même quand le torchon brûle. Sa légitimité démocratique en pâtit. Peut être l’art du compromis n’est il pas encore entré dans les gènes des politiciens égyptiens ? En tous cas, vu de France, on a l’impression que cet individu n’est pas compétent pour diriger un pays démocratique, l’impression qu’une reculade est exhaustivement inenvisageable pour lui, sauf à avoir la tête posée sur le billot. Mais il se peut que je me trompe.

  • permalien Caligula :
    1er février 2013 @14h44   « »

    Les égyptiens ne se dirigent-ils pas , aux prochaines législatives, vers une cohabitation ? Ce serait, en l’état actuel des choses, sûrement pas se qui pourrait arriver de pire. Imaginons, en espérant que cela n’arrive pas, un gouvernement composé de salafistes, de libéraux, avec quelques sympathisants de Moubarak ; Morsi au-dessus de tout cela ; et en arrière fond : l’armée. Sans oublier la crise économique qui couve, et les agitateurs chers à Shanaa. Aïe.

  • permalien JMG :
    1er février 2013 @14h44   « »

    @ Sarah

    @ JMG :

    C’est une personnalité estimable qui a toute sa place au sein de l’opposition laïque et démocratique aux Frères.

    Pour vous peut-être.
    Quelqu’un qui a été ministre sous Moubarak à un post aussi important que celui de ministre des affaires étrangères ne peut être qualifié de démocrate.

    Pourquoi vous fatiguez-vous à me répondre ? Vous savez bien que "JMG n’en a rien à foutre des Egyptiens" puisque c’est vous qui le dites.

    "pour moi peut être" .... et pour les 2 588 850 égyptiens qui ont apporté leur suffrage à Amr Moussa à l’élection présidentielle de 2012.

    Et que faut-il penser d’un homme qui a été pendant 15 ans un permanent du PC à l’époque de Brejnev ? Peut-il être qualifié de démocrate ?

    Réfléchissez bien avant de donner votre réponse parce que l’homme en question n’est autre qu’un certain ... Alain Gresh.

  • permalien Orangerouge :
    1er février 2013 @15h54   « »

    L’article d’Olivier Roy sur atlantico aujourd’hui "Egypte : quelle réelle alternative à Morsi ?"

    posté plus haut par Shanaa est particulièrement pertinent.

    Les gens qui sont dans la rue ne représentent qu’une petite partie de la population. On peut supposer qu’il y a une majorité silencieuse qui en assez des troubles et voudrait que l’économie reparte. On peut aussi supposer qu’une grande partie des électeurs des Frères Musulmans sont déçus : ils n’ont pas voté pour la charia mais justement pour ce qu’ils croient être un parti de gouvernement, conservateur, non corrompu et efficace. Ce n’est pas le cas. Que vont faire ces électeurs déçus ? De toute façon les FM conserveront un noyau électoral stable, correspondant à leur base politique et idéologique, mais plus près des 20% que de leur dernier score. Bref ils ne sont pas exclus du jeu politique quoi qu’il arrive.

  • permalien Shanaa :
    1er février 2013 @16h23   « »

    A ce stade, la question n’est pas d’aimer ou pas les fréres musulmans. Îl faut se rendre à cette évidence : La confrérie est la seule force politique organisée. Comme le fait remarquer Olivier Roy, l’Egypte est passée d’une logique de la démocratie à une logique de la confrontation. Les excités sortent dans la rue pour la moindre contrariété. Si l’occident est rodé pour cadrer les émeutes, l’Egypte pas.
    De plus, les "révoltés" du début ont cédé la place à des groupes cagoulés, qui n’ont pas le courage de se montrer, qui veulent la violence pour la violence. Ces groupes s’inspirent, comme l’hooliganisme, d’idées totalement étrangéres à la culture égyptienne. On comprend que la France interdit la cagoule, et Morsi devrait en faire autant. Derriére, il y a forcément des agents provocateurs, des infiltrés dont on ignore l’origine. Le chaos est propice au pire.

  • permalien K. :
    1er février 2013 @16h23   « »

    Le journal d’opposition Tahrir :

    "Les Frères tentent d’islamiser l’armée"

    http://www.courrierinternational.co...

  • permalien Shanaa :
    1er février 2013 @16h36   « »

    Orange rouge, il y a bien une "majorité silencieuse" : Le peuple égyptien. Celui-ci assiste impuissant, médusé à des méthodes contraires au bon sens. Croyez-le bien, beaucoup d’égyptiens n’osent plus se rendre au travail, des commerçants, des sociétés ont fait faillite, d’autres ne peuvent plus payer leur loyer. Les gens qui travaillaient dans le tourisme sont au chômage forcé, vivent de la solidarité familiale.
    La majorité silencieuse regarde en boucle les infos, les images de ce qu’elle appelle "les cinglés" (magnoun), et attend la fin du calvaire.
    Remarque importante pour ce qui connaissent les égyptiens : Leur joie, leur humour se sont éffacés. Leurs visages sont soucieux : pour un moment on se croirait en Europe !

  • permalien Shanaa :
    1er février 2013 @16h46   « »

    K. "frériser" l’armée pendant qu’on y est ! L’armée est une institution bien ancrée. La remanier demande des décennies.
    De gràce, cessons de mettre "islamiser" à toute les sauces. Il y a des musulmans, des politiciens qui s’inspirent de l’islam ; il y a aussi quelques illuminés que l’on nomme "radicaux", des puritains que l’on nomme "salafis". S’il vous plait cessons d’alimenter, sans le vouloir, la stigmatisation des musulmans lambda qui n’ont jamais entendu parler "du clash des civilisations" ou de Samuel Huntington. Si vous voulez un ennemi pour remplacer le communiste pensez aux martiens.

  • permalien Shanaa :
    1er février 2013 @16h59   « »

    Vu de France, ce mec ne semble pas compétent ! Et vu d’Egypte, les affaires de la France ne regarde que son peuple.
    Morsi n’est pas seul au monde. Il doit tenir compte de la pression de l’étranger, du FMI, des courants de son pays, des excités qui descendent dans la rue pour le moindre mécontentement, alors que différentes phases sont nécessaires, graduelles pour redresser une situation chaotique. Il faut l’aider pas allumer le feu et détruire les infrastructures qui vont peser dans le budget.
    Un minimum d’éducation démocratique, et d’éducation tout court, aurait été de relever ses manches pour s’en sortir, d’utiliser des comités pacifiques pour surveiller la démocratie et sanctionner aux prochaines élections.
    Maintenant, les feux du chaos n’épargneront personnes, y compris ceux qui l’ont provoqué .

  • permalien Caligula :
    1er février 2013 @17h04   « »

    @ Shanaa,

    Selon tout ce qui a été publié sur le sujet, et qui est invérifiable ; mais bon on est pas à ça prés, les martiens, et autres ET seraient arrivés à un niveau social tel (enfin en se qui concerne les espèces spatiau-pérégrine) qu’ils seraient pacifistes. De là à en faire des ennemis de l’humanité...

  • permalien Damnatio memoriae :
    1er février 2013 @18h38   « »
    Echec politique des Frères Musulmans

    1. Il paraît à mon sens clair que les FM et M. Morsi sont incapables d’assurer une hégémonie politique un peu stable en Egypte.

    2. Je crois qu’il faut renoncer aux théories diverses du complot pour expliquer ce fait politique, mais aller à l’essentiel : le refus large par la population d’une confrérie par trop réactionnaire, sans doute incapable d’exercer le pouvoir même dans le cadre étatique conservateur actuel.

    Surtout pèse il me semble leur idéologie bigote et autoritaire, leur sectarisme organisationnel, leur propension visiblement assez débridée à qualifier de « mécréants » leurs critiques, d’instrumentaliser l’islam à leurs fins partisanes, leur hostilité contre les chrétiens, etc.

    Des arguments du type « votez pour nous, c’est voter pour l’islam », les violences des milices islamistes ont je pense le plus mauvais effet sur une société égyptienne en voie rapide de démocratisation.

    3.Sur le fond, ils ont été élus, de plus en plus mal, notons-le (certains dénoncent des fraudes massives pour le référendum constitutionnel et aux présidentielles Morsi été largement un pis-aller) car ils représentaient la seule alternative de masse, ancienne et implantée mais leur conservatisme profond est incompatible à plus long terme je pense avec l’ébullition politique actuelle en Egypte.

  • permalien Damnatio memoriae :
    1er février 2013 @18h40   « »

    4. A. Gresh, mais ce n’est pas la première fois, disons-le comme cela, est très magnanime avec M. Morsi, et passe carrément sous silence le fait qu’en s’étant donné des pouvoirs extraordinaires ce dernier est le premier et direct responsable de l’affrontement politique qui déchire l’Egypte depuis plusieurs mois. Comment dès lors accuser la police indépendamment de l’affrontement politique actuel ? Ceci n’empêche pas qu’effectivement ils ne contrôlent intégralement ni la police ni l’armée… mais s’appuient sur elles pour appuyer leur tentative, assez désastreuse, de pratique autoritaire du pouvoir. Il est donc limpide qu’il ne faut pas compter sur eux un seul instant pour dégager la société égyptienne de la tyrannie répressive policière.

    5. Les critiques allant dans le sens du danger du « chaos » politique me semblent bien mal avisés dans ce sens où, précisément, un processus révolutionnaire, pour peu qu’on prenne au sérieux ce terme, se caractérise par une très grande instabilité politique. Les conservateurs crieront naturellement à la « chienlit », au hooliganisme, invoqueront la sage « majorité silencieuse », etc., etc. Un point de vue un peu plus distancié y verra peut être autre chose : un processus de démocratisation politique et social, long, difficile, complexe mais néanmoins réel. Olivier Roy, aussi intéressant soit-il par exemple dans les articles cités par Shanaa me semble bien court dans son argumentation. La stabilisation politique ne peut être aussi rapide en Egypte que l’on soit en droit d’exiger, comme nombre de commentaires semblent le faire, des critères démocratiques classiques dans ce pays actuellement, avec son calme (et dormitif) rythme électoral.

  • permalien guy :
    1er février 2013 @19h33   « »

    Il n’est pas question du tout d’entente en Egypte mais de malentendus !Et d’un climat d’affrontements constants et de tensions diverses.
    Enfin les violences entre musulmans laissent un peu de répit aux Coptes pour préparer leurs valises et quitter le pays,la mort dans l’âme.Monsieur Gresh redescendez sur terre au lieu de vous complaire dans un monde imaginaire.

  • permalien Shanaa :
    1er février 2013 @19h37   « »

    Patrice, mon post. "vu de la France ce mec semble incompétent" s’adessait à vous.
    Pour en revenir à Louis XVI et la "rue". Tant de massacres, de violences bestiales, de têtes coupées étaient parfaitement inutiles. Suivirent de longues périodes d’instabilité, ponctuées de massacres, de guerres, de misére. Cet intervalle long est, en partie, le temps qu’il fallait pour récolter les fruits semés antérieurement par l’humanisme politique, puis les philosophes des lumiéres : Rousseau, Voltaire, Montesquieu, d’Alembert, Diderot. Les idées ont créé le terrain propice au changement, a l’idée d’égalité, au recul de l’absolutisme. Les armes et les profiteurs qui se sont servi du peuple ont aggravé la situation en voulant la précipiter afin récolter ce que les philosophes ont semé. Sans le chaos provoqué par la bourgeoisie, le temps de la stabilisation aurait été plus court.

  • permalien Shanaa :
    1er février 2013 @19h52   « »

    Damnatio memoriae, vos analyses sont trop abstraites et n’ont rien à voir avec la vraie vie. Celle que les égyptiens, "conservateurs" ou pas, vivent, tous les jours, la peur au ventre comme dans la Jungle. Parceque c’est cela le chaos, une jungle. Et si vous en doutez, demandez aux irakiens, aux libyens, aux syriens et, j’éspére pas aux égyptiens.
    Moubarak est tombé. Les gars qui avaient investi la place Tahrir à cette époque ne sont plus ceux d’aujourd’hui. D’ou l’emploi "d’hooliganisme", "d’anarchisme dévoyé", de "cagoulés", totalement étranger à l’univers mental des égyptiens. Ce qui accentue la stupeur. Recherchée, probablement. Ceci est la vraie vie. Dire que c’est du "complotisme" c’est vouloir un point de vue unilatéral : le sien !

  • permalien Shanaa :
    1er février 2013 @20h01   « »

    Caligula, les martiens et autres E.T. seraient "pacifistes". C’est une bonne nouvelle !
    Beaucoup d’humains sont aussi pacifistes. Nous le reconnaitrions si certaines mentalités pouvait se débarrasser de l’idée de "péché originel" et de la certitude que l’histoire se répéte. C’est, grosso modo, ce qui meut la sphére occidentale depuis des lustres.

  • permalien Bachrabb :
    1er février 2013 @22h59   « »

    "Des salafistes et des libéraux unis sur des objectifs communs démocratiques ? Quelle hérésie, diront ceux qui ne voient l’Egypte qu’à travers le prisme de l’islam. Et si, au contraire, on se réjouissait du retour de logiques politiques, d’alliances et de confrontations..."

    Pensez-vous un instant qu’il y ait du bon sens dans ces accords ?
    Rien que des ententes entre personnes et partage de pouvoir mais sans savoir faire ni savoir être !

    Le peuple égyptien et le peuple tunisien se retrouvent encore la farce du dindon !

    Si vous alliez faire un tour de 15 j dans ces pays (ce qui leur fera du bien) en ne rencontrant que des professionnels (aucun politicien ni activiste d’aucun bord) et vous saurez ce qui se trame réellement.

    Une farce monumentale ! Dont la facture reviendra aux générations à venir.

    J’aime votre journal et en suis un fervent lecteur. Le recommande essentiellement pour ses articles bien fondés s’appuyant sur de bonnes recherches.

    Là , je ne suis pas très rassuré et apprécie qu’on nous donne cet espace de ’retour’

    a+

  • permalien Arsenelupin :
    2 février 2013 @02h48   « »

    @K

    Mésentente entre frères et sœurs

    On se croirait dans une tenue de francs-maçons.
    Faudrait juste préciser l’obédience.

  • permalien Shahrzād :
    2 février 2013 @02h59   « »
    Le gratin cairote

    @K

    Mésentente entre frères et sœurs...

    Quelle obédience ces francs-maçons ?

  • permalien JMG :
    2 février 2013 @10h21   « »

    @ Patrice

    L’adoption d’une constitution liberticide, bien que souhaitée par les deux tiers des habitants, posait en effet un énorme problème : Le tiers restant voyait ses libertés réduites à peau de chagrin.

    Patrice, si on tient compte du faible taux de participation (32%) au référendum, seulement un égyptien sur cinq a approuvé le projet de constitution.

    Le non est majoritaire dans les grandes villes du nord, le oui est majoritaire de manière écrasante dans les zones rurales et en haute Egypte. C’est là aussi qu’il y a le plus d’analphabètes auxquels les FM ont fait croire qu’il s’agissait d’un référendum sur Dieu.

  • permalien JMG :
    2 février 2013 @10h33   « »

    @ Shanaa

    Sans le chaos provoqué par la bourgeoisie, le temps de la stabilisation aurait été plus court.

    Shanaa, vous êtes toujours aussi "fâchée" avec la Révolution française à laquelle vous ne comprenez toujours rien. Plutôt que de jouer les "femmes savantes", lisez un excellent bouquin comme celui d’Eric Hobsbawm "L’ère des révolutions" dont je vous ai donné la référence sur un autre fil (vous pouvez trouver l’édition originale en anglais).

  • permalien patrice :
    2 février 2013 @14h50   « »

    @Shanaa
    Si il est incontestable que la Révolution Française n’a su atteindre ses objectifs, puisqu’elle a débouché sur l’Empire, après une période, au sens littéral, assez "terrible", il convient quand même de préciser :
    - Que les idées proposées étaient parfaitement viables, puisqu’elles sont mises en pratique aujourd’hui avec succès.
    - Que cette révolution a été déclenchée "trop tôt", alors que les campagnes, (comme en Egypte), peinaient à se libérer du joug des prêtres, alors que la "nouvelle économie", dirigée de fait par la bourgeoisie, n’en n’était qu’à ses balbutiements, et alors que l’opposition aux idées démocratiques était omniprésente, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières de l’hexagone.
    - L’une des causes de la Terreur tient à la contre révolution orchestrée par les privilégiés, lesquels n’ont pas hésité à soulever la paysannerie avec le soutien actif des ennemis de la France. Louis XVI a été assez sot pour être incapable de trancher entre la répression et la collaboration active au mouvement révolutionnaire. N’ayant pas eu le courage de faire tirer sur la foule qui marchait sur Versailles, il ne lui restait plus qu’une option : Devenir l’instigateur des réformes. Mais il a préféré l’obstruction, puis une fuite beaucoup trop tardive. Précisons le fait que le malheureux devint roi par accident, sans y avoir été préparé.
    - Mais relevons le fait que, si la noblesse avait consenti à jouer le jeu de l’égalité, la Terreur eût été évitée. Idem pour les prêtres, qui se sont massivement ralliés aux émigrés.
    - Tout ça pour rappeler une évidence : Dans un conflit, il y a deux camps. Et ces deux camps sont responsables des violences. Je pense que, d’une manière générale, les concessions mutuelles évitent le pire. La Tunisie, par exemple, tente de suivre ce chemin, et s’en sort mieux que redouté. Morsi en arrive à un point où il a le choix entre épreuve de force et retour au pluralisme. Il semble avoir opté pour la première formule. Comme déjà indiqué, sa légitimité va en pâtir. Un président doit être un arbitre, pas le leader d’un parti contesté.

  • permalien patrice :
    2 février 2013 @15h45   « »

    @JMG
    "Plutôt que de jouer les "femmes savantes","
    Pensez vous vraiment que notre Shanaa soit prête à épouser Trissotin ?
    En fait, comme expliqué ci dessus, la Révolution, qu’on le veille ou non, a fait un bide complet : Ses principes fondateurs ont été rapidement bafoués, le peuple n’y a strictement rien gagné, et tout a fini en retour à la case départ. A noter que seuls les riches métayers ont profité des terres saisies au détriment de la noblesse et du clergé, et que ces derniers ont été de plus mauvais maîtres que les anciens seigneurs....
    Donc, décrire cette révolution comme un échec, pourquoi pas ?
    Seule l’idéologie qui la sous-tendait était au demeurant géniale. Et même fiable. Et même pas encore arrivée en Egypte, et je suis le premier à le déplorer.
    Il faudrait peut être commencer par guillotiner les imams, mais ce que j’en dis.

  • permalien gloc :
    2 février 2013 @16h28   « »

    Patrice : N’ayant pas eu le courage de faire tirer sur la foule qui marchait sur Versailles, il ne lui restait plus qu’une option : Devenir l’instigateur des réformes.

    « Le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d’ordinaire celui où il commence à se réformer. »

    Alexis de Tocqueville

    Ce sont les réformes du gouvernement de Turgot et leur sabordage par la noblesse qui ont conduit aux révoltes puis à la Révolution.

    Louis XVI s’inscrivait dans un mouvement initié par la mise en place du système de cour par Louis XIV visant à brider la noblesse.

    Il est intéressant de replacer la citation de Tocqueville en Syrie et d’une façon générale dans les révoltes du Proche Orient, où la prétention à vouloir de réformer à souvent précédé l’expression de peuples qui n’étaient pas habitués à des politiques de réformes.

  • permalien X :
    2 février 2013 @18h08   « »

    Lors de ses hearings devant le sénat us, le désormais secrétaire d’état a prévenu que la solution à deux états risque de ne plus être faisable si elle n’est pas implanté maintenant, et que ce serait alors une CATASTROPHE !!

    Quelqu’un (autre que Shanaa) sait il de quelle catastrophe il s’agit ?

  • permalien gloc :
    2 février 2013 @18h16   « »

    @x,

    L’Apocalypse : Israël : qui finance les colonies ? - L’EXPRESS
    ... rien d’autre.

  • permalien Shanaa :
    2 février 2013 @21h59   « »

    Patrice, Gloc, permettez-moi de vous dire, sans animosité, que vous êtes totalement à côté de la plaque.
    L’Egypte a 5OOO ans de culture. Aussi, vos comparaisons sont inadéquates.
    La politique mondialiste est celle du chaos et des guerres permanantes. L’occident va mal sur le plan économique. Il recolonise les mêmes sphéres.

  • permalien Shanaa :
    2 février 2013 @22h09   « »

    JMG, vous n’avez pas saisi le sens de mon commentaire. Comme beaucoup de personnes, vous surestimer de façon mythique la "révolution". En revanche, vous passez sous silence le rôle des philosophes, des penseurs, comme vous minimisez les tueries, les saccages, la longue période d’instabilité et les guerres qui s’en suivirent.
    De plus, je vous suggére de faire un constat sur la situation de pauvreté, d’inégalité, de chômage, de dette, de renaissance du bellicisme qui assaillent actuellement la France au lieu de mettre la loupe sur l’Egypte.

  • permalien Shanaa :
    2 février 2013 @22h27   « »

    Patrice, que vous soyez anti-clérical ne regarde que vous. De là a vouloir "guillotiner les imams" révélent que le fanatisme laic n’a rien à envier au religieux. Je vous saurais gré de préconiser ces méthodes dans leur sphére de naissance. Les egyptiens ne sont pas votre réplique culturelle. Ils pensent tout à fait autrement. Je vous rappelle, de mémoire, cette phrase, attribuait à Napoléon Bonaparte : "soldats, du haut de ces pyramides, quarante siécles de culture vous contemplent."
    Je rappelle cette phrase à tous ceux qui ne cessent de faire des comparaisons aux antipodes.
    Par ailleurs, je rappelle qu’il y a d’autres maniéres de changer que de zigouiller tout ce qui bouge :

    En Gréce, autre phare de la civilisation, à genou par la dette européenne, sur ce blog, un article original :

    http://blog.mondediplo.net/2013-01-...

  • permalien gloc :
    2 février 2013 @23h00   « »

    Shanaa : L’Egypte a 5OOO ans de culture. Aussi, vos comparaisons sont inadéquates.

    Vous pensez que la citation de Tocqueville n’est pas valable aussi pour les réformes d’Akhenaton ? Ou que les sept siècles de troubles qui ont accompagné la chute du Nouvel Empire sont d’ordre surnaturel ?

    J’aimerais bien savoir au nom de quoi ce que vous appelez "des comparaisons" seraient inadéquates. Croyez vous que pendant les "5000 ans" (2000 c’est déjà pas mal) de culture de l’Égypte antique, le monde attendait sa chute pour créer d’autres cultures ?

    Et surtout j’aimerais bien que vous nous expliquiez, pourquoi le développement d’une civilisation de bâtisseurs dans la vallée du Nil, mais aussi en Chine, en Amérique du Sud, en Mésopotamie, ferait que les habitants de l’Égypte moderne devraient échapper au lois naturelles communes à l’espèce humaine.

    Ceci dit sans animosité.

  • permalien Deïr Yassin :
    2 février 2013 @23h08   « »

    Shanaa (qui vient de nous ’souligner le caractère démocratique d’Israël’ il y a quelques jours, et si on s’en doute c’est Monte Cristo.... ou peut-être Montesquieu qui l’a dit) :

    "De plus, je vous suggère de faire un constat sur la situation de pauvreté, d’inégalité, de chômage etc etc... la France au lieu de mettre la loupe sur l’Egypte"

    C’est quand même incroyable, votre manie. Nous sommes sur un fil qui traite spécifiquement de l’Egypte sur un blog qui se nomme Nouvelles d’Orient.

  • permalien Caligula :
    2 février 2013 @23h21   « »

    @ Shanaa,

    “Songez que du haut de ces monuments quarante siècles vous contemplent”
    wiki, et plein d’autres.

    Redenons à Napoléon ce qui lui appartient. Il n’est pas question de culture dans cette phrase, ou alors il aurait sûrement fait référence au fait que l’Egypte était le grenier à blé de la région.

  • permalien Shanaa :
    2 février 2013 @23h32   « »

    Caligula, vos post font du bien aux zygomatiques ! Je crois que les grincheux m’assaillent. Et, du coup la police de la pensée. Tout cela pour un malheureux : "Israél à un caractére démocratique envers ses citoyens".

  • permalien Caligula :
    3 février 2013 @00h06   « »

    @ Shanaa,

    Depuis le temps que je suis (du verbe suivre,hein) ce blog, j’ai remarqué une chose :

    Pour éviter toutes levées de boucliers et autres réprimandes il vaut mieux éviter de faire apparaitre les termes démocratie et israël dans la même phrase. Il y a des association, comme ça, qui sont à proscrire. Et je suis (auxilliaire etre, cette fois) entièrement d’accord avec cette loi grammaticale.

  • permalien CdQat :
    3 février 2013 @10h53   « »

    @Shanaa re. :2 février @22h27

    Patrice, que vous soyez anti-clérical ne regarde que vous. De là a vouloir "guillotiner les imams" révélent que le fanatisme laic n’a rien à envier au religieux.

    Etrange qu’une blague vous fasse plus réagir que les véritables appels aux meurtres inscrits au cœur des corpus religieux.

    Par ailleurs, je rappelle qu’il y a d’autres maniéres de changer que de zigouiller tout ce qui bouge

    C’est une vision d’athée ceci. Les religions n’y croient pas (elles préconisent même l’extermination dans certains cas pour les "déviant")

    En Gréce (...) à genou par la dette européenne

    La dette grecque a pour origine la Grèce (et non l’Europe)

  • permalien CdQat :
    3 février 2013 @12h21   « »

    @Shanaa re. : 2 février @21h59

    La politique mondialiste est celle du chaos et des guerres permanantes.

    La définition de chaos, mot que vous semblez apprécier, semble assez large. Utiliser pour la Libye, l’Egypte, et maintenant le monde... Du coup on en perd le sens.

    L’occident va mal sur le plan économique.

     ??? le reste du monde aimerait aller aussi mal je suppose. Sinon, je serais curieux de savoir à quelle époque l’occident allait bien sur le plan économique à vos yeux ?

  • permalien pedro :
    3 février 2013 @14h57   « »

    Manifestement, l’auteur de l’article choisit son camp : islamistes ou islamistes ? islamistes, bien sûr !!!

  • permalien JMG :
    3 février 2013 @15h38   « »

    @ patrice

    @JMG
    "Plutôt que de jouer les "femmes savantes","
    Pensez vous vraiment que notre Shanaa soit prête à épouser Trissotin ?

    Patrice, de nos jours les femmes savantes peuvent parfaitement se passer de Trissotin : elles ont Internet à la place. Et désormais, grâce aux dernières "nouveautés" venues de Paris, elles peuvent même se marier entre-elles !

    En fait, comme expliqué ci dessus, la Révolution, qu’on le veille ou non, a fait un bide complet : Ses principes fondateurs ont été rapidement bafoués, le peuple n’y a strictement rien gagné, et tout a fini en retour à la case départ.

    En apparence seulement ! Car elle a durablement marqué les esprits et elle a eu un puissant effet de souffle. Après 1789, rien n’a plus jamais été comme avant dans l’histoire de l’humanité : des mots comme "liberté", "nation" ont pris un nouveau sens. Le principe d’égalité (des citoyens) a été posé. Hobsbawm compare les effets politiques et idéologiques de la révolution française à ceux d’une bombe nucléaire.

    Naturellement, il y aura toujours des personnes anti-progressistes pour n’y voir qu’une sombre période de chaos, une succession d’horreurs inutiles (décapitations, massacres) et la matrice des catastrophes ultérieures (guerre, goulag, extermination).

  • permalien Shanaa :
    3 février 2013 @15h42   « »

    Caligula, l’expédition de Bonaparte fait suite à la fameuse "révolution" française. L’Egypte était le terrain d’affrontement, alors qu’elle n’a rien demandé, de deux puissances coloniales rivales : L’empire britannique et la France. Ah, le calendrier grégorien : l’histoire se répéte indéfiniment !

    « La campagne d’Égypte est l’expédition militaire en Égypte menée par le général Bonaparte et ses successeurs de 1798 à 1801, afin de s’emparer de l’Égypte et de l’Orient, dans le cadre de la lutte contre la Grande-Bretagne, l’une des puissances à maintenir les hostilités contre la France révolutionnaire. »Wiki.

  • permalien JMG :
    3 février 2013 @16h04   « »

    Shanaa : De plus, je vous suggére de faire un constat sur la situation de pauvreté, d’inégalité, de chômage, de dette, de renaissance du bellicisme qui assaillent actuellement la France au lieu de mettre la loupe sur l’Egypte.

    C’est toujours la même rengaine : Français, retirez votre casque colonial et ne donnez pas de conseils au peuple égyptien qui se débrouille très bien tout seul. Occupez-vous plutôt de vos propres affaires qui ne sont guère brillantes.

    Mais je ne donne pas de conseils. Je dis simplement que la démocratie ne peut pas fonctionner sans un minimum de consensus national, social et politique autour d’un projet commun. Conditions qui ne sont pas actuellement réunies en Egypte.

    Et je me félicite de l’accord FSN- al Nour pour un gouvernement d’union nationale, seule manière de sortir de l’impasse actuelle (en espérant qu’il se concrétisera).

    A propos d’Al-Nour, un parti religieux franc du collier me semble préférable à une confrérie réactionnaire qui instrumentalise la religion à des fins politiques.

  • permalien Sakhra :
    3 février 2013 @16h07   « »

    Souria horra démocratia !

    Déclaration de l’opposition syrienne indépendante réunie à Genève
    Ci-dessous le communiqué final

    Profondément convaincu de la nécessité de protéger la Syrie, son peuple et son intégrité territoriale, et de faire face aux risques de délitement de la cohésion nationale du fait d’un régime dictatorial corrompu dont le pouvoir s’étend sur des décennies, la conférence des forces actives et des personnalités patriotiques démocratiques visant à sauver la Syrie de la situation catastrophique dans laquelle elle se trouve :

    - En vue de procéder à l’unification des forces de la société sur une base démocratique, pluraliste et égalitaire
    - Afin de s’assurer le soutien des forces arabes et internationales aux revendications justifiées du peuple syrien de manière à garantir l’édification d’un Etat civil démocratique, partant de ces précédentes considérations :

    1 – Considère l’accord de Genève comme une bonne base pour son exécution, avec en premier lieu, la cession simultanée de la violence

    2- S’engage à oeuvrer, au moyen de négociations entre l’opposition et le pouvoir, un processus politique visant à mettre en oeuvre l’accord de Genève afin de dégager une déclaration constitutionnelle, qui sert de fondement juridique à la constitution d’un gouvernement doté de la plénitude des compétences le mettant en mesure de diriger la période transitoire et à organiser des élections législatives et présidentielles honnêtes sous supervision internationale

    3-Réclamer la tenue d’une conférence Genève 2 qui prendrait en compte les exigences résultant des nouvelles réalités du terrain à charge que les résultats qui se dégageraient de cette réunion aient force obligatoire et leur mise en application soit placée sous la supervision du Conseil de sécurité, sous le chapitre VI de la Charte des Nations Unies.

    4- Entreprendre immédiatement des opérations de secours. OEuvrer en vue d’un retour à la normale pour l’ensemble des Syriens, réfugiés et déplacés. Favoriser leur retour au pays en leur assurant le gite adéquat. Soigner les blessés et les indemniser les victimes. Restaurer les institutions éducatives et sanitaires et se lancer dans la reconstruction du pays.

    5 – Prendre l’engagement de préserver l’unité de la Syrie, de son peuple et de son intégrité territoriale. Veiller à l’égalité complète entre tous les Syriens. Edifier un système représentatif des Droits de l’Homme et des peuples, les Libertés publiques, en conformité aux conventions internationales . Entrer dans la société de la modernité contemporaine, la société de la citoyenneté égalitaire.

  • permalien Sakhra :
    3 février 2013 @16h09   « »

    Suite,

    6 –En vue de mettre en oeuvre ce qui a été convenu, les participants ont décidé de constituer deux comités :
    - Un comité chargé de lancer le pôle démocratique civil en Syrie et de prendre contact avec les diverses composantes de l’opposition syrienne.
    - Un comité chargé de nouer des contacts avec les instances internationales et la société civile internationale, afin de contribuer à la réalisation des objectifs de la Révolution syrienne au plan de la liberté, de la dignité et de la souveraineté pleine et entière de la Syrie

    Genève 29 janvier 2013

    http://oumma.com/15650/declaration-...

  • permalien Shanaa :
    3 février 2013 @16h45   « »

    Caligula, pour "le grenier à blé" vous devez sûrement confondre avec l’Algérie.
    Pour la phrase attribuée à Napoléon, j’ai écrit "culture", comme j’aurais pu écrire "quarante siécles de civilisation".
    En réalité, Napoléon aurait dit : "Soldats, songez que du haut de ces pyramides quarante siécles d’histoire vous contemplent".
    Bon, c’était une autre époque. Des hommes cultivés, qui savaient reconnaitre les qualités de l’adversaire, à son contact direct.
    Aujourd’hui, ce sont des technocrates cravattés qui envoient d’autres technitiens bombarder aveuglément des civils qu’ils ne voient jamais.

  • permalien Caligula :
    3 février 2013 @17h06   « »

    @ Shanaa,

    “Caligula, pour "le grenier à blé" vous devez sûrement confondre avec l’Algérie.”

    Je n’ai rien contre l’Algérie, mais il est connu, et reconnu que l’Egypte antique était le grenier à blé du moyen-orient. Je ne vous rappellerai pas le rôle que jouait le Nil et ses crues annuelles. C’est cette richesse agricole qui lui à valu de nombreuse guerres.

    Voici quelques céréales cultivées dans la vallée du Nil :
    l’avoine,
    le blé,
    l’orge,
    le sorgho.

    Votre propos m’a fait repenser à une anecdote. Vous connaissez sûrement Ramses II, savez-vous ( mais si vous ne le savez pas, ce n’est absolument pas grave, cela fait partie des anecdotes et il n’y a que trés peu de personnes que ça interresse) que son surnom était, entre autres, le pharaon brasseur ? Il serait interressant de savoir se qu’en pensent les Fréres Musulmans.

  • permalien patrice :
    3 février 2013 @17h25   « »

    @Shanaa
    "Guillotiner les imams".
    Comme le souligne Cd Quat, il s’agissait d’une plaisanterie, mais non vide de sens.
    En effet, la religion est sans doute en Egypte le principal vecteur d’oppression, avec, celà va sans dire, l’armée. Schéma bien connu : Le sabre et le goupillon, les deux "états" privilégiés, dont l’objectif évident est de tenir le peuple. Croire que l’on accédera à une démocratie équitable en misant sur le clergé est aussi illusoire que de croire qu’une dictature militaire mettra fin à la corruption.
    D’où la nécessité d’en finir préalablement avec ces pouvoirs toxiques, sans chercher à les opposer dans le vain espoir qu’ils s’anéantissent mutuellement. Tel ne sera jamais le cas. L’opposition apparente entre Morsi et l’armée est une illusion. On a juste à faire à deux composantes d’un même pouvoir, celui là même que vous dénoncez : Celui des nantis d’un système libéral mondialiste qui n’a que faire des intérêts du peuple.
    Alors, au final, guillotiner les imams, c’est juste de la légitime défense contre un pouvoir qui ne tardera pas à exterminer les grévistes, les contestataires, et tout ce qui ressemblera de près ou de loin à une opposition anti libérale (au sens habituel de "anti capitaliste").
    Qui conteste la mondialisation au sein du clergé égyptien ? Qui propose le come back des lois agraires de Nasser, un salaire minimum, une imposition des grandes fortunes, une réelle liberté syndicale, des mesures sociales efficaces ?
    La vérité est que le clergé égyptien représente la droite la plus dure, avec, en plus, une sorte de légitimité sacrée qu’il serait temps de dénoncer. Mais comment y parvenir alors que l’ensemble de la population est manipulée par les religieux ?
    Les révolutionnaires français de 89 avaient eu le grand mérite de percevoir le problème. On peut critiquer leur méthode pour le solutionner, pas le bien fondé de leur analyse.

  • permalien patrice :
    3 février 2013 @17h28   « »

    @Caligula
    "Je n’ai rien contre l’Algérie, mais il est connu, et reconnu que l’Egypte antique était le grenier à blé du moyen-orient."

    ....Puis celui de Rome.

  • permalien Shanaa :
    3 février 2013 @19h44   « »

    Caligula : "..mais il est connu, et reconnu que l’Egypte antique était le grenier à blé du moyen-orient. Je ne vous rappellerai pas le rôle que jouait le Nil et ses crues annuelles. C’est cette richesse agricole qui lui à valu de nombreuse guerres."

    C’est tout à fait exact ! Pardonnez mon oubli ! Hum, rien de nouveau sous le soleil, n’est-ce pas ? Indécrotable, l’espéce humaine !

  • permalien Sakhra :
    3 février 2013 @19h47   « »

    @ Patrice et Caligula,

    "Je n’ai rien contre l’Algérie, mais il est connu, et reconnu que l’Egypte antique était le grenier à blé du moyen-orient."

    ....Puis celui de Rome.

    L’Algérie a été effectivement le "grenier à blé de l’empire romain, mais pas seulement l’empire romain ...Souvenez-vous que l’une des origines ou des causes de l’expédition coloniale française contre l’Algérie, était liée à une créance que l’Algérie détenait sur la France, et qui concernait les livraisons de blé algérien aux Français ....

  • permalien Shanaa :
    3 février 2013 @19h59   « »

    Patrice, en général, je suis assez d’accord avec vos propos. Mais, votre analyse sur l’islam, les imams, l’Egypte, est totalement fausse. Vous parlez de choses que vous ne connaissez pas de l’intérieur. Sans oublier les clichés, les généralisations abusives, les mauvaises définitions. Il y a de nombreux religieux, imams, fréres musulmans, qui sont trés éclairés, humains, prônant des idées épatantes. Et, croyez-le bien, s’ils n’existaient pas, je ne serais pas sur ce blog pour dire : Non, les choses ne sont pas comme vous dites. Cessez de généraliser, de stigmatiser. En Egypte, comme ailleurs, il y a des individus, des différences. Et, croyez-le bien, je sais de quoi je parle.

  • permalien Shanaa :
    3 février 2013 @20h05   « »

    Patrice, j’oubliais : il n’y a pas de "clergé" en islam.
    Je suis littéralement effondrée de tant d’ignorance, et d’amalgames révélateur d’ethnocentrisme qui brouille la compréhension d’autrui.
    Quand je pense que je suis une "fan" de la culture française. Entendre ces sornettes me désole.

  • permalien Caligula :
    3 février 2013 @21h29   « »

    @ Sakhra,

    Vous avez sûrement raison pour l’Algérie, pardonnez-moi, mais j’ai une connaissance un (petit) peu plus grande de l’Egypte. Peut-être aurez-vous remarqué que depuis la décolonisation française, il est un peu plus difficile de se procurer des ouvrages relatifs aux anciennes colonies. Par contre il y a pléthore de livres sur l’Egypte, et pas que sur les pharaons et autres momies. Serait-ce de la honte, de la jalousie, ou du je-m-en-foutisme ? Il faudrait peut-être le demander à BHL.

  • permalien JMG :
    3 février 2013 @23h03   « »

    @ Shanaa

    j’oubliais : il n’y a pas de "clergé" en islam.

    Primo, c’est inexact en ce qui concerne l’islam chiite où il y a bien un clergé hiérarchisé.

    Et secundo, en ce qui concerne le sunnisme et l’Egypte en particulier, on peut jouer sur les mots mais le Conseil des oulémas d’Al-Azhar représente le haut-clergé : c’est l’équivalent d’un collège de cardinaux. C’est parmi eux qu’est choisi le grand imam d’Al-Azhar qui est généralement considéré comme la plus haute autorité de l’islam sunnite.

  • permalien Shanaa :
    4 février 2013 @12h01   « »

    JMG, on peut toujours jouer sur les mots. Il semble que la différence fait peur. Raison pour laquelle on veut niveler les définitions, les cultures, les modes de vie, la nature. Tout doit être quadrillé. Cela rassure..

    "Dans le sunnisme, il n’y a pas de clergé à proprement parler, le mot d’ecclésiastique (qui vient du mot église) est donc impropre. Le chef, ou savant, religieux est appelé mufti, `alim ou encore cheikh." Wiki.

    "Dans le chiisme, le terme imam possède par contre des significations plus spécifiques et il ne peut être que le seul guide à la fois spirituel et temporel. La « guidance » spirituelle de l’imam ne saurait être assurée sans le lien direct avec Dieu." Wiki.

  • permalien JMG :
    4 février 2013 @12h09   « »

    @ Shanaa

    Quand je pense que je suis une "fan" de la culture française. Entendre ces sornettes me désole.

    Si on était méchant, on pourrait aisément vous retourner le "compliment". Je ne doute pas que vous soyez sincèrement "fan" de la culture française mais, malheureusement, vous n’y comprenez pas grand chose ce qui vous conduit à multiplier les contresens les plus fâcheux.

    Copier-coller des petits bouts de wikipedia n’a jamais permis de se forger une connaissance de l’histoire et de la culture d’un pays qui ne soit pas superficielle.

  • permalien JMG :
    4 février 2013 @12h29   « »

    @ Shanaa

    Comme beaucoup de personnes, vous surestimez de façon mythique la "révolution".

    Ne voir dans la révolution française que chaos et violence sans analyser ce qui a profondément changé dans les structures sociales et les mentalités, ce n’est pas démythifier la révolution, c’est la caricaturer pour mieux la dénigrer.

    C’est un peu comme quelqu’un qui ne ne verrait dans la religion qu’une imposture. Ce n’est pas entièrement faux mais on ne peut réduire la religion à cet aspect. Pour une compréhension plus fine du phénomène, il faut pousser plus loin l’analyse et, pour cela, il faut une méthode et des instruments intellectuels.

  • permalien Orangerouge :
    4 février 2013 @13h21   « »

    JMG , l’Islam a une organisation profondément différente de celle de l’Église catholique. Entre autres il n y ’a pas de clergé analogue à celui de l’Église catholique.
    Même les imams n’ont pas le même rôle que les curés, évêques etc ... parce qu’ils ne sont pas sous une autorité centralisée comme l’est le clergé catholique. Le clergé catholique est étroitement encadré dans un système de hiérarchie pyramidale sous l’autorité du Pape au sommet.

  • permalien Shanaa :
    4 février 2013 @13h22   « »

    JMG, la révolution française est une révolution bourgeoise. La bourgeoisie affairiste était au fait de la société industrielle à venir. Le capitalisme s’est ainsi développé sur la misére des mineurs, des ouvriers, hommes, femmes, enfants qui passaient 14Heures dans les manufactures et les mines pour deux ou trois sous. Les maladies, la sous nutrition, la pollution professionnelle faisaient des ravages. Une hécatombe ! Il suffit de lire Zola (Germinal) ou Hugo (les misérables).

    Quant à Wiki. c’est un dictionnaire, une encyclopédie. Je m’en sert intelligemment. Je ne vois pas ou est le souci !
    Par ailleurs, contairement à beaucoup de français (dont vous ?) , j’ai fait l’effort d’apprendre l’anglais et le français. Aussi, vous sous-entendus ne déstabiliseront que les sots !

  • permalien Shanaa :
    4 février 2013 @13h26   « »

    On a souvent dit que la bourgeoisie est à l’origine de la Révolution française. En effet, les bourgeois veulent une révolution politique afin que leur classe trouve sa place dans la société d’ordre ; par sa naissance, un bourgeois appartenait au tiers état, mais par son train de vie, voire sa fortune, il se rapprochait de la noblesse (un grand nombre de familles appartenant à la noblesse de robe étaient d’ailleurs issues de la bourgeoisie, car elles avaient les moyens d’acheter une charge anoblissante.
    - Wiki.

  • permalien Shanaa :
    4 février 2013 @13h54   « »

    Mineurs et bourgeoisie post-révolution :
    "C’était Maheu qui souffrait le plus. En haut, la température montait jusqu’à trente-cinq degrés, l’air ne circulait pas, l’étouffement à la longue devenait mortel. Il avait dû, pour voir clair, fixer sa lampe à un clou, près de sa tête ; et cette lampe, qui chauffait son crâne, achevait de lui brûler le sang. Mais son supplice s’aggravait surtout de l’humidité. La roche, au-dessus de lui, à quelques centimètres de son visage, ruisselait d’eau, de grosses gouttes continues et rapides, tombant sur une sorte de rythme entêté, toujours à la même place."
    - E.Zola

  • permalien Orangerouge :
    4 février 2013 @14h55   « »

    En Egypte, il reste à nettoyer une police qui a gardé les pratiques de l’ère Moubarak :

    Un activiste égyptien, tombé dans le coma plusieurs jours après sa détention par la police, est décédé aujourd’hui, ont annoncé le ministère de la Santé et son parti, suscitant un nouveau tollé contre les brutalités policières en Egypte.

    Mohamed al-Guindi, 28 ans, avait été porté disparu le 25 janvier alors qu’il participait à une manifestation à l’occasion du 2e anniversaire de la révolte qui a renversé le président Hosni Moubarak en 2011.

    Selon le ministère de la Santé, il a été conduit vers un hôpital du Caire par ambulance le 28 Janvier, trois jours après sa disparition, alors qu’il était inconscient et souffrait d’une hémorragie interne.
    Le militant a été emmené dans un camp de la police où il a été torturé, ont rapporté des activistes, détenus avec lui et libérés par la suite, selon le récit de sa mère, Samia, sur une chaîne satellitaire privée, Al-Nahar.

    "Il est mort des suites de la torture", a annoncé son parti, le Courant populaire, dans un communiqué. Selon un rapport médical préliminaire, cité par des activistes, Mohamed al-Guindi avait été battu avec des objets contondants et a eu des côtes brisées, et a subi des chocs électriques.

    Des photos du militant le montrant alité à l’hôpital, le visage meurtri, ont circulé sur les réseaux sociaux et des activistes l’ont présenté comme le nouveau Khaled Saïd, un Egyptien battu et tué par la police en 2010, et devenu depuis un symbole de la lutte contre les brutalités policières.

    Des images d’un manifestant dénudé et battu par des policiers anti-émeutes vendredi soir, lors d’une manifestation contre le président islamiste Mohamed Morsi dans le secteur du palais présidentiel, ont suscité l’indignation à travers l’Egypte et de vives critiques des pratiques policiè

    Dépêche AFP sur le site du Figaro

  • permalien JMG :
    4 février 2013 @21h21   « »

    @ Shanaa

    JMG, la révolution française est une révolution bourgeoise. La bourgeoisie affairiste était au fait de la société industrielle à venir. Le capitalisme s’est ainsi développé sur la misére des mineurs, des ouvriers,...

    Shanaa, ce sont les Anglais qui ont inventé la révolution industrielle, pas les Français qui n’ont fait que suivre le mouvement avec un certain retard. La misère du prolétariat anglais dans la première partie du 19ème siècle était bien pire qu’en France à la même époque.

    Ces chers Anglais, ces grands colonisateurs qui ne se sont jamais embarrassé d’une quelconque "mission civilisatrice". Bien leur en a pris : Dieu et mon droit !

  • permalien JMG :
    4 février 2013 @21h30   « »

    JMG , l’Islam a une organisation profondément différente de celle de l’Église catholique. Entre autres il n y ’a pas de clergé analogue à celui de l’Église catholique.

    Orangerouge, ce n’est pas parce que le clergé musulman (dans sa version chiite ou sunnite) n’est pas organisé sur le modèle de l’Eglise catholique qu’il n’existe pas !

    Le clergé chrétien orthodoxe est lui-même organisé de manière différente du catholicisme romain avec ses églises "autocéphales", ses patriarcats autonomes.

  • permalien Yasmina :
    5 février 2013 @10h05   « »

    Orangerouge, ce n’est pas parce que le clergé musulman (dans sa version chiite ou sunnite) n’est pas organisé sur le modèle de l’Eglise catholique qu’il n’existe pas !

    ce qui est sous entendu c’est qu’il n y a pas d’intermédiaire entre Dieu et ses créatures. Le lien est direct. Le "clergé musulman" n’est pas sacré. Il est faillible. La parole, pensées, casuistique, ecrits des imams et autres sheikhs de l’islam ne sont que productions humaines en fonction de situation historique donc appelé à changer en fonction des conditions historiques nouvelles. Certains( les radicaux, FM et autres "salafistes") devraient s’en souvenirs.........

  • permalien Shanaa :
    5 février 2013 @11h15   « »

    JMG : "ce sont les Anglais qui ont inventé la révolution industrielle, pas les Français qui n’ont fait que suivre le mouvement avec un certain retard."

    Tout à fait juste. L’Angleterre au XVIIIiéme, puis la France début XIXiéme, premiére vague, suivis par l’Allemagne, Japon, etc...

    "La misère du prolétariat anglais dans la première partie du 19ème siècle était bien pire qu’en France à la même époque."

    Hélas ! Il suffit de se souvenir de "Oliver Twist", ou de lire les ouvrages de J. Swift.

    "Ces chers Anglais, ces grands colonisateurs qui ne se sont jamais embarrassé d’une quelconque "mission civilisatrice". Bien leur en a pris : Dieu et mon droit !"

    J’en rajoute : Grands colonisateurs et grands massacreurs devant l’eternel !

  • permalien Salem L :
    5 février 2013 @14h29   « »

    En lisant ces articles concernant l’Egypte on se rend compte des dégats occasionnés sur la citoyenneté et le respect de la diversité des idées par les régimes corrompus qui ont toujours dresser les uns contre les autres et aujourd’hui certains croient avoir raison quand tous les autres ont tort ! Reproduire une dictature en l’habillant de l’idéologie salafiste, F M, libérale est un non sens car ces memes personnes aujourd’hui élues pour diriger ce pays ont oublié les procès expéditifs, enfermés dans des cages , face à une justice aux ordres ! Et si le destin de ce pays et des autres a déja échappé aux mains de ces nouveaux maitres et aux peuples et qu’il est entre les mains du colonialisme des temps modernes qui aime voire le chaos ! Jamais, le monde Musulman n’a été confronté à une situation aussi dangereuse qui menace son existence meme ! cette phase doit etre traitée avec intelligence et sagesse pour éviter les pièges tendus par les ennemis qui ne seront jamais nos amis ! Est -il si difficile que ca de placer les interets des pays Musulmans au dessus des interets de personnes, de groupes ou de puissances ! A t-on oublié que ce meme colonialisme dont on s’est cru libéré à peine quelques decennies ! Après les avoir sorti par la porte, les faire revenir par la fenetre !

  • permalien Shanaa :
    5 février 2013 @16h29   « »

    "Intervention militaire au Mali, prolifération des armes en Libye, guérilla urbaine en Egypte : deux ans après le printemps arabe, l’instabilité de la région reste extrême. Décryptage de Didier Billion, directeur-adjoint de l’Iris."
    http://www.lesechos.fr/economie-pol...

  • permalien Orangerouge :
    5 février 2013 @18h53   « »

    Très intéressantes, les analyses de Didier Billion, sur le site des Echos dont le lien est posté par Shanaa à 16h29.

    Didier Billion est directeur-adjoint de l’Iris, organisme dont le directeur est Pascal Boniface, l’un des rares intervenants pertinents, avec Alain Gresh, que la télévision accepte de diffuser, mais pas trop souvent, sur les thèmes des pays pauvres et du Moyen Orient.

  • permalien JMG :
    5 février 2013 @19h28   « »

    @ Shanaa

    "La misère du prolétariat anglais dans la première partie du 19ème siècle était bien pire qu’en France à la même époque."

    Hélas ! Il suffit de se souvenir de "Oliver Twist", ou de lire les ouvrages de J. Swift.

    Ou, mieux encore, lire "La situation de la classe laborieuse en Angleterre" de F. Engels (1ère éd. 1845) qui est la première grande étude sociologique des effets de la révolution industrielle.

    Pour en revenir à la nature "bourgeoise" de la révolution française :

    JMG, la révolution française est une révolution bourgeoise. La bourgeoisie affairiste était au fait de la société industrielle à venir.

    Si la révolution française n’avait été qu’une "révolution bourgeoise", elle se serait assez vite arrêtée au stade de la monarchie constitutionnelle (le régime souhaité par la bourgeoisie). C’est l’intervention du peuple (les femmes, les sans-culottes) qui lui a donné sa dynamique et l’a radicalisée.

    En Egypte, on observe aussi que les manifestations ont un effet de radicalisation sur le discours de l’opposition.

    http://www.rfi.fr/moyen-orient/2013...

  • permalien Orangerouge :
    5 février 2013 @20h37   « »

    Il est bon de tout lire mais les analyses de l’Iris sont considérablement plus informées et sérieuses, que celle des journalistes de RFI (propagandistes des intérêts occidentaux comme pratiquement tous les journalistes des grands médias).

  • permalien patrice :
    6 février 2013 @15h33   « »

    @Shanaa
    "Patrice, j’oubliais : il n’y a pas de "clergé" en islam. "
    Exact, mais nous comparions les rôles respectifs des catholiques et des musulmans dans les révolutions. D’où l’analogie. On a en effet dans les deux cas un système de croyances réactionnaire et des "maîtres à penser" virtuellement alliés aux pouvoirs en place, quels que soient les noms qu’on leur donne, et les principes hiérarchiques du groupe religieux considéré.
    Qu’on le veuille ou non, les imams donnent des conseils de vote cautionnés par Allah. A partir du moment où la religion se mêle de politique, la politique est légitime à combattre les religieux.
    Que chacun reste chez lui, et les chameaux seront bien gardés, comme on dit chez vous....Bon, ok, les 4X4...

  • permalien JMG :
    6 février 2013 @16h01   « »

    @ orangerouge

    Il est bon de tout lire mais les analyses de l’Iris sont considérablement plus informées et sérieuses, que celle des journalistes de RFI (propagandistes des intérêts occidentaux comme pratiquement tous les journalistes des grands médias).

    L’IRIS est un think tank géopolitique proche du Parti socialiste. Il produit des analyses sérieuses qui ménagent la chèvre et le chou. Rien de très palpitant.

    Les journalistes ont une autre fonction : diffusion de l’information (et de la désinformation en cas de guerre médiatique) auprès du grand public, interviews de dirigeants politiques et d’experts (économistes, sociologues, politologues, historiens, etc.).

    Le terme "grands médias" est une expression fourre-tout. Est-ce que Le Monde diplomatique qui est le journal français le plus diffusé dans le monde est un grand média ? Oui et non.

  • permalien JMG :
    6 février 2013 @16h28   « »

    @ patrice

    Contrairement à ce que pensent les musulmanes du blog, la question n’est pas de savoir si le clergé est "sacré" ou "infaillible" mais si la parole des muftis, oulémas, imams a une réelle influence sur les fidèles musulmans, par exemple quand ils émettent une fatwa à caractère politique ou qu’ils donnent une consigne de vote.

    Dans le Diplo de février (p. 21), Gilbert Achcar compare les Frères musulmans à des "trafiquants d’opium" (du peuple) qui font croire de manière démagogique que "l’islam est la solution". Il estime que les FM « conduisent l’Egypte vers une catastrophe économique et sociale ».

  • permalien Yasmina :
    6 février 2013 @19h12   « »

    Contrairement à ce que pensent les musulmanes du blog.........imams a une réelle influence sur les fidèles musulmans, par exemple quand ils émettent une fatwa à caractère politique ou qu’ils donnent une consigne de vote.

    la réponse c’est l’ignorance des fidèles et l’intégrisme des islamistes.

    Émettre une fatwa signifie étymologiquement : répondre à une question posée. En jurisprudence, Fatwa signifie, avis juridique qui appelle automatiquement un contre-avis qu’un autre juriste peut et doit émettre . Un autre imam peut donner une autre réponse. Et c’est même la bonne façon de procéder. une fatwa n’oblige personne.Par exemple il ya une fatwa emise par plusieurs savants pour declarer illicite le tabac. Croyez vous que c’est respecté par tous les fumeurs ? . Émettre une fatwa ce n’est pas comme lancer un anathème, pour les catholiques , par le Pape.

    personnellement, je n’ai jamais rencontré d’imam, ni suivi aucune consigne politique ou autre qui ne me convienne pas . Pour moi un imam c’est celui qui guide la prière collective. Ça peut être n’importe qui que le groupe choisi pour être devant. Bien sur, il y a des savants que j’écoute et lis leurs écrits mais c’est surtout pour m’instruire.

  • permalien CdQat :
    7 février 2013 @07h48   « »

    Petit retour sur les échanges concernant la responsabilité "de la rue" dans les évènements depuis quelques semaines suite au verdict de 21 peines de mort de Port-Saïd.
    En plus de ce verdict des plus contestables, on voit remonter des témoignages les plus précis sur les violences policières pendant ces mouvements (ce qui ne surprend que très peu de monde par ailleurs).
    Donc on voit ici un cocktail des plus classiques dans ce type d’évènement : une force publique violente, associée à un pouvoir inique, ce couple rejetant la responsabilité sur la populace.
    De droite ou de gauche, tous les pouvoirs autoritaires dont la légitimité est mise en cause proposent le même schéma.
    Or ce qui est surprenant, c’est que, quand cet Etat religieux hurle contre la populace et la délégitime, il y reçoive un soutien ici que Mubarak, pourtant dans les mêmes circonstances (politique inique + violence policière) s’était vu refuser assez logiquement il y a 2 ans.

    Il reste toujours aux croyants à porter un regard critique sur leurs institutions (très utopiste comme principe, car la fidélité n’est pas très compatible avec la réflexion.) !...

  • permalien Yasmina :
    7 février 2013 @10h02   « »

    CdQat7 février @07h48

    D’accord avec vous cdqat. Sauf qu’aujourd’hui comme hier c’est la parole intégriste qu’on entends. C’est Quaradaoui c’est à dire les FM dans leur deuxiéme version c’est à dire apres leur modelage intégriste en Saoudie (apres leur fuite et refuge en ce pays sous la presidence Nasser) et non un autre savant d’AlAzhar d’obedience Shafiiite, Hanafite pour qui le pouvoir en place n’est pas sacré et les législations ne sont pas imitations du passé. Pourquoi on entends pas les savants qui mettent en cause la politique d’endetement, le FMI, la monnaie etc ? Est ce parce que leur discours est véritablement révolutionnaire ? A défaut d’entendre ceuxlà, les media aux mains des oligarques mettent sous les projecteurs les integristes qui cautionnent le Système.

    Si vous observez bien les intégristes, FM et autres sont adossé à un pouvoir qui les instrumente

  • permalien CdQat :
    7 février 2013 @12h35   « »

    @Yasmina re. : 7 février @10h02

    Sauf qu’aujourd’hui comme hier c’est la parole intégriste qu’on entends.

    Je ne sais pas ce que vous entendez par "intégriste", mais c’est dans tous les cas une parole des plus réac que l’on entend du pouvoir égyptien.
    Pour le moment, je ne l’associerais pas encore à une parole intégriste à la saoudienne, tout du moins pas dans son contenu.

    Mais le pire est que cette parole puisse être reprise ici in extenso et sans aucun recul.
    Partout dans l’histoire, quand la rue a déploré des manifestants morts par dizaines sur plusieurs jours, les Etats ont toujours rejeté la responsabilité sur la rue, or, l’histoire a toujours retenu la responsabilité des pouvoirs. Quand vous avez 70 manifestants et 1 policier tués, pourtant, le bilan désigne les responsables de manière évidente.

    Mais sur ce blog, cela ne semble pas être le cas quand le pouvoir est religieux…

  • permalien patrice :
    7 février 2013 @14h47   « »

    @Yasmina
    "Bien sur, il y a des savants que j’écoute et lis leurs écrits mais c’est surtout pour m’instruire."

    Reste à savoir ce que les "savants" ont étudié : La mécanique quantique ? La théorie de la relativité ? Les aventures de Pif le Chien ?

  • permalien JMG :
    7 février 2013 @15h47   « »

    Une condamnation à mort au nom de la loi de Dieu a été émise contre les leaders du Front de Salut National par un prédicateur égyptien. On attend à présent avec impatience la contre-fatwa qui leur accordera la vie sauve...

    An online video clip of Egypt’s religious al-Hafez channel showed hardline Salafi Muslim cleric Mahmoud Shaaban saying leaders of the main opposition coalition, the National Salvation Front, would be condemned to death under Islamic law, or sharia.

    Shabaan said the NSF leadership wanted power and were "burning Egypt" to get it. "It is clear now their sentence in God’s law is death," he said in the video, which was posted on YouTube on February 2.

    The National Salvation Front leadership includes ElBaradei and former presidential candidates Amr Moussa and Hamdeen Sabahy. Shaaban named both Sabahy and ElBaradei in the video.

    "When the ’sheikhs’ issue fatwas on the necessity of killing in the name of religion without being arrested, say goodbye to the regime and the state. Oh, how many crimes are committed against Islam and in its name !" ElBaradei responded on Twitter.

    http://www.reuters.com/article/2013...

  • permalien CdQat :
    7 février 2013 @17h06   « »

    Yasmina re. : 7 février @10h02 (bis

    Pourquoi on entends pas les savants qui mettent en cause la politique d’endetement, le FMI, la monnaie etc ?

    Parce que peut-être que l e pb immédiat des égyptiens ne se trouve pas là ? Que leur problème est déjà de savoir s’ils ne vont pas se faire arrêter ?

    Est ce parce que leur discours est véritablement révolutionnaire ?

    Du discours de qui parlez-vous ?

  • permalien patrice :
    7 février 2013 @18h19   « »

    @Yasmina
    A propos des "savants" hanafistes...Désolé pour les guillemets, je lis dans Wikipédia, au chapitre "doctrine", vu que, à "publications scientifiques", on n’a rien :
    "Les sources sont, par ordre d’importance :
    Le Coran : c’est la source première et les sources suivantes sont vues sous l’angle de celle-ci. Elles ne peuvent contredire le livre saint de l’islam."
    Autrement dit, les "savants" qui vous "instruisent" en sont toujours au Moyen Age.
    Juste pour mémoire, il existe d’autres sources de savoir, de surcroît, accessibles aisément, et dans tous les domaines de la connaissance : Ethnologie, physique, philosophie, sociologie, etc, etc. Vos maîtres à penser gagneraient sans doute à l’étude des sciences étayées par des faits. Ca les rendrait sans doute un peu plus modestes, et un peu plus ouverts, mais ce que j’en dis.

  • permalien Yasmina :
    7 février 2013 @20h34   « »

    Patrice, laissez tomber. si vos connaissances sur l’islam viennent de wiki.... En plus d’être condescendant.

    si vous voulez un nom de mes auteurs favoris : Laleh Bakhtiar et

    Eva de Vitray-Mayerovitch

  • permalien Damnatio memoriae :
    7 février 2013 @20h45   « »
    Halte aux violences islamistes

    L’assassinat en Tunisie de Chokri Belaïd donne peut être matière à réflexion sur les violences qu’il n’est pas exagéré de qualifier de fascisantes des intégristes islamistes.

    Plusieurs articles dans la presse d’aujourd’hui mettent en avant le climat de terreur politique que les courants salafistes cherchent à imposer en Tunisie, par la violence politique.

    Il est au moins aussi intéressant de noter que le parti islamiste "modéré" Ennahda joue très probablement un double jeu, avec un discours démocratique de façade pour l’opinion publique internationale et une bienveillance plus ou moins explicite pour les lynchages de "mécréants", auxquels la base du parti n’est pas tout à fait insensible.

    Les militants laïcs, surtout ceux de gauche radicale, sont clairement dans le collimateur des brutes intégristes.

    Les informations postées par JMG concernant la situation égyptienne sont inquiétantes elles aussi.

    Dernier élément instructif, le rôle joué par les secteurs les plus populaires de la population, comme l’intérieur minier du pays, région-clé pour la révolution démocratique, et son opposition farouche au gouvernement réactionnaire islamiste... et à sa police, presque aussi brutale que sous la dictature.

    Décidément, difficile de séparer islam politique et violence politique réactionnaire, n’en déplaise à nos théoriciens postmodernes.

  • permalien Sarah :
    7 février 2013 @20h52   « »

    Halte aux violences islamistes

    Mais oui inspecteur Colombo n’a pas besoin de faire d’enquête,ni de procès pour savoir qui est à l’origine de l’assassinat de Belaid.

    C’est sûr les islamistes en plus de^tre des assassins sont très cons ;parce que assassiner un opposant au risque de faire chuter son propre gouvernement alors qu’il a été élu démocratiquement,c’est pas très futé.

    Sinon,à patrice,JMG et Demantio machin :

    L’islam semble être au centre de votre vie.
    Avez-vous déjà envisagé la conversion ?

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