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Mali, la victoire en chantant

vendredi 1er février 2013, par Philippe Leymarie

Il n’a pu s’en empêcher : François Hollande, en chef de guerre, a effectué une visite triomphale à Tombouctou et à Bamako le samedi 2 février au Mali, trois semaines après le déclenchement de l’opération militaire française « Serval », qui — avec ses 4 600 soldats (dont 1 100 sur les bases de soutien de Dakar et N’Djamena) — dépassait déjà, à la date du 31 janvier, ce qu’a été le plus fort de l’engagement en Afghanistan (4 000 hommes, fin 2011). C’est dire si l’exécutif français a « mis le paquet » dans cette opération typiquement dans ses cordes (militaires, politiques), en remportant facilement la « victoire » au cours d’une offensive-éclair, en terrain connu, avec très peu de combats, sans ennemis visibles, et d’ailleurs sans images. En tout cas, aucun bilan des pertes et destructions n’a été rendu public : une leçon de « rezzou » administrée à nos amis « terroristes » en fuite, une sorte de « rallye Paris-Dakar à l’envers ». Et pour l’essentiel, jusqu’ici, même si nécessité a fait loi, une « affaire de Blancs »…

Une guerre assumée « contre le terrorisme » . Chacun a noté le langage martial utilisé par le président François Hollande et son ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, pour qui la chute du Mali aux mains des djihadistes constituait une menace directe pour la sécurité de la France et de l’Europe. Le gouvernement socialiste a donc ses faucons [1]. Et il ne craint pas d’user d’une réthorique mise en forme par l’ex-président américain George W. Bush. Le président Obama l’avait abandonnée dès 2009, faisant remarquer qu’il était « stupide de faire la guerre à un mode d’action ». [2] Le recours à cette appellation globalisante a en outre le défaut d’ériger toute une catégorie en ennemie, de ne pas permettre d’opérer la distinction entre diverses sortes de combattants et donc de rendre plus difficiles les négociations qui ne manqueront pas de s’ouvrir avec certains d’entre eux, un jour ou l’autre. [3]

La « vocation à ne pas rester au Mali ». Cette vocation a été maintes fois rappelée par les gouvernants français ces dernières semaines, mais reste assez élastique. Les mêmes invoquent désormais les impératifs d’une « stabilisation durable » ou d’une « sécurisation suffisante » du territoire pour justifier le maintien des troupes françaises et se gardent de donner le moindre délai. De fait, pour profiter de leur avantage, les forces françaises ont poussé jusqu’au Nord profond, à Kidal, en pays touareg — là où, avait-on longtemps expliqué, il n’était pas question d’aller, puisque c’était la tâche réservée aux armées malienne et africaines.

Pourvu, se disait-on, que le président Hollande n’en profite pas pour aller cueillir sur place les fruits de « sa » guerre (comme Nicolas Sarkozy à Benghazi et Tripoli, en 2011), paradant au milieu de la foule malienne agitant des drapeaux tricolores… Là même où, il y a quelques semaines encore, on maugréait contre une France aux frontières trop fermées, soupçonnée en outre de faire les yeux doux aux combattants du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et de n’entrevoir le Mali qu’à travers la geste romanesque des touareg, les beaux « hommes bleus ». Mais donc, c’est raté ...

« Nous partirons rapidement ». C’est ce que déclarait encore ces derniers jours Laurent Fabius, le ministre français des affaires étrangères, dont les pronostics paramilitaires ont souvent été déjoués. Tout dépend de ce qu’on entend en effet par « rapidement ». D’autres estiment que les militaires français resteront sur place au moins jusqu’en juillet — date à laquelle des élections pourraient être organisées au Mali, ou jusqu’à la fin de la saison des pluies (août-septembre), lorsqu’une opération de « nettoyage » des massifs montagneux du Nord pourra être lancée par les armées malienne et africaines, éventuellement sous « mentoring » français.

La guerre-éclair du désert. Longues distances, axes bien dégagés, espaces vides. Avec des véhicules et du carburant, on peut aller vite : les rebelles l’ont fait ; les soldats français aussi. D’où cette sensation de guerre-éclair, et presque de « non-guerre », l’ennemi s’étant fait porter pâle… et restant sans doute imbattable pour ce qui est de la vitesse et de la connaissance des pistes. Mais « l’autre guerre » commence : celle qui consistera à « sécuriser » non plus seulement la douzaine de villes du Nord, dont ses trois « capitales » (Gao, Tombouctou et Kidal), mais également l’ensemble des villages, des campements, et surtout les parages désolés du massif montagneux de l’Adrar des Ifoghas ou encore de la forêt de Ouagadou (proche de la Mauritanie), où ont dû se replier une partie des anciens occupants du Nord. Lesquels n’ont peut-être pas dit leur dernier mot, militairement parlant. Reste un désert de 220 000 kilomètres carrés à contrôler.

Ni vu, ni connu. Les combattants rebelles ont-ils essuyé des pertes sérieuses ? Aucun chiffre n’est disponible. La semaine dernière, les militaires français avaient évoqué le chiffre de « plusieurs centaines ». Lors du point de presse du 31 janvier, le colonel Burkhard, porte-parole de l’état-major, a simplement évoqué — sans avoir l’air d’y croire — des « pertes importantes ». Egalement questionné sur ce point, le ministre Le Drian avait affirmé sur France Inter : « Les djihadistes ont subi de lourdes pertes : on ne le dit pas assez ». Mais, dans ce cas, pourquoi ne communiquer aucun bilan ? Actuellement, certains services en seraient réduits à estimer les pertes à la louche, en multipliant le nombre estimé de véhicules détruits par le nombre supposé habituel de combattants sur chacun d’entre eux…

Les « forces spéciales » au pinacle. Ces mystérieuses unités ont la faveur des gouvernants, en France comme dans l’ensemble des pays industrialisés. Elles sont le fer de lance des armées. Spécialistes du renseignement « dans la profondeur », de « l’entrée en premier », de « l’ouverture des théâtres », des actions commando. Des unités aguerries, motivées, super-équipées, et nimbées de secret : pas d’images, pas d’identité, des méthodes de travail parfois contestables… Leur sélection et leur entretien coûtent cher, alors que leurs effectifs sont limités (3 000 au total en France, dont un dixième déployé au Mali et dans les environs). Pourtant, leur utilisation semble bien pratique. Aux Etats-Unis, l’ancien secrétaire à la défense Donald Rumsfeld rêvait de faire de ces troupes d’élite semi-clandestines l’alpha et l’omega de « l’armée du futur » : rapide, efficace, secrète… Il aurait été décidé il y a dix jours que les sites miniers d’Areva au Niger — là où cinq des actuels otages français du Sahel ont été capturés — seront désormais protégés par des commandos des forces spéciales françaises, à charge pour la compagnie minière d’en régler les frais.

Les armées africaines en petite forme. Les armées africaines n’ont pas les moyens de se payer l’équivalent des « forces spéciales » occidentales : accaparées par les soucis de vie (ou de survie) quotidienne, souvent mal commandées, davantage tournées vers l’ennemi intérieur, etc. La Mission internationale de soutien au Mali (Misma), dont le « concept » avait été adopté par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) dès avril 2012, était loin d’être opérationnelle début janvier 2013 — ce qui a dû inciter les mouvements touaregs et les katiba djihadistes à utiliser cette « fenêtre » pour tenter un coup en direction du Sud.

Neuf Etats ouest-africains ont promis des troupes et accéléré leur mise en route. Toutefois, pour les acheminer sur le terrain, ils ont dû utiliser des avions américains, britanniques, espagnols et allemands. En outre, leurs qualités militaires sont très diverses par rapport au terrain : peu évidentes pour les Nigérians, Togolais, Béninois, qui viennent de zones tropicales ; plus convaincantes du côté des Nigériens, Burkinabes et surtout Tchadiens, qui ont une culture des zones extensives et désertiques.

La reconstruction de l’armée malienne. Elle s’ébauche, pour le moment, en cavalant aux côtés des militaires français, qui ont redonné des couleurs et de l’énergie à ceux de leurs collègues maliens engagés au Nord (soit 2 000 hommes, sur les 10 000 que comptent officiellement l’armée malienne). Mais les Français ont dû « mentorer » [4] des forces maliennes qui avaient accumulé les défaites l’an dernier et au début janvier. Cette scène à l’entrée de Gao l’illustre bien : quelques heures après un « ratissage » de la ville par ses hommes, un officier des forces spéciales françaises, au visage dissimulé, s’approche du 4x4 d’un colonel malien, appelé à prendre le commandement sur place : « La ville est à vous, mon colonel », lui dit le militaire français.

L’ensemble de la chaîne de commandement de l’armée malienne est ainsi à revoir ; elle est d’ailleurs doublée d’une chaîne clandestine, composée des partisans du capitaine Sanogo, l’auteur du putsch de mars 2012.

La mission européenne EUTM-Mali. Elle devrait former quatre bataillons de la nouvelle armée malienne, soit cinq mille hommes. Elle a tardé à se mettre en place et son timing a été bousculé par le déclenchement de l’opération Serval. Des réunions de « génération de forces » sont encore en cours à Bruxelles. Un élément précurseur pourrait être déployé sur le terrain à partir du 12 ou du 18 février et serait chargé d’expertiser la chaîne de commandement. A terme, l’opération de l’Union européenne (dont la France est la « nation-cadre ») devrait mobiliser quatre cents cinquante à cinq cents militaires, dont deux cents formateurs, les autres étant chargés de la sécurité des premiers... Déjà, la multiplication des acteurs — dans le domaine particulier de la formation, comme dans celui des opérations — fait redouter une dispersion ou une difficulté de coordination, avec autant de commandements spécifiques.

Un règlement politique de la question du Nord est-il en vue ? Tout en affectant de ne pas y toucher (c’est l’affaire des Maliens), le gouvernement français (par la voix de Le Drian, par exemple) affirme que le MNLA ou d’autres, pour passer du statut d’ennemi à partenaire politique, devront se prononcer clairement au préalable contre le terrorisme et abandonner toute velléité de scission du Mali. Le pouvoir transitoire malien vient de faire une ouverture, tandis que le Parlement adoptait une « feuille de route » politique pour l’après-guerre. Mais les institutions actuelles manquent de crédibilité. Sans doute faudra-t-il attendre les élections. En attendant, le MNLA (mouvement nationaliste touareg, sans connotation religieuse) sera-t-il associé à la sécurisation des « zones libérées », notamment dans son ex-fief de la région de Kidal, ou même à la poursuite des djihadistes dans leurs sanctuaires ? Là est bien la question.

Les drones américains arrivent. Longtemps annoncés, souhaités par certains, redoutés par d’autres, les drones ont mis du temps à se déployer. Ce sera chose faite dans quelques jours, le Niger ayant accepté lundi dernier d’héberger à Agadez, au nord du pays, une base de drones, dont les moyens — des Predator, pour le moment non-armés, paraît-il — seront sans doute prélevés sur ceux actuellement déployés à Djibouti. En outre, un drone d’observation de haute altitude et à longue endurance, Global Hawk, a patrouillé ces derniers jours au nord du Mali.

On rase gratis ?. Une enveloppe spéciale, intégrée depuis quelques années dans le budget de la défense, est destinée au financement des « opex », les opérations extérieures, comme celle de l’équipée malienne. Selon le ministre Le Drian, une cinquantaine de millions d’euros ont été consommés en trois semaines, essentiellement en frais logistiques. Les frappes aériennes ont été relativement peu nombreuses (comparées à la guerre en Libye, en 2011, qui aura coûté au total 330 millions d’euros), et les tirs au sol ont également été épars : la guerre-éclair aura au moins dans un premier temps été génératrice de quelques économies en ce domaine… Pour autant, il faudra provisionner les primes des quatre mille personnels de « Serval », qui doublent leur paie en « opex » et additionner les heures de vols et de maintenance de la centaine d’aéronefs mobilisés pour l’occasion.

Paris a annoncé qu’il réservait par ailleurs 40 millions d’euros pour la constitution, l’acheminement et le fonctionnement de la Misma et a indiqué qu’il laisserait au Mali du matériel destiné à l’armée nationale, « pour un peu moins de 7 millions d’euros », selon Laurent Fabius. Quant à l’Union européenne, à défaut d’agir, elle finance beaucoup : 172 millions au titre de l’urgence humanitaire, 50 millions pour la Misma, qui s’ajoutent aux 660 millions affectés ces cinq dernières années à des projets de développement dans la région du Sahel, mais aussi aux 167 millions consacrés aux questions sécuritaires (armée, police, justice, etc). Sans oublier le financement de l’opération de formation EUTM-Mali.

A lire, dans « Le Monde diplomatique » de février 2013

  • « Au Mali, l’inusable refrain de la guerre au terrorisme », Olivier Zajec, février 2013.
    La guerre déclenchée par Paris au Mali le 11 janvier 2013 reçoit un soutien international d’autant plus mitigé que les objectifs fixés restent flous. Comme les Etats-Unis en Afghanistan, et faute d’une vision stratégique, la France risque de s’enliser dans de vastes zones désertiques propices à la guérilla.
  • « Trafic de cocaïne, une pièce négligée du puzzle sahélien », Anne Frintz, février 2013.
    A mi-chemin entre l’Amérique latine et l’Europe, l’Afrique de l’Ouest est devenue une plaque tournante du trafic de cocaïne en provenance de Colombie, du Pérou ou de Bolivie. L’argent issu du commerce de la drogue contribue au délitement des Etats africains.

Notes

[1] « Jean-Yves Le Drian, un “hollandais” à l’offensive », Le Monde, 30 janvier 2013.

[2] Un mode d’action qui a d’ailleurs été utilisé, au fil du temps, par toutes sortes d’acteurs dont on dit plutôt du bien aujourd’hui. Lire « L’inusable refrain de la guerre au terrorisme », Le Monde diplomatique, février 2013.

[3] Taquin, Jean-Dominique Merchet, dans Marianne (19-25 janvier) faisait remarquer que « le mot terroriste traduit l’embarras de Paris, car les mêmes islamistes sont, peu ou prou, nos alliés contre le régime syrien du président Assad, dont la France est bien décidée à provoquer la chute, comme c’était le cas pendant la guerre de Libye en 2011 contre Mouammar Kadhafi ». Et de citer le juge Trévidic, qui — dans l’instruction de ses dossiers sur des cas de terrorisme présumé — se débat au quotidien au milieu de ces ambiguïtés : « Aller combattre le régime de Bachar El Assad, est-ce que c’est du terrorisme ? », demande-t-il, à propos d’une « filière djihadiste » vers la Syrie au départ de la France.

[4] De « mentoring », l’expression utilisée en Afghanistan pour qualifier l’action des conseillers militaires étrangers.

224 commentaires sur « Mali, la victoire en chantant »

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  • permalien Yvan :
    1er février 2013 @19h38   »

    « ? »

  • permalien Messager :
    1er février 2013 @20h58   « »

    Merci pour ce commentaire. J’ai vote pour FH. Ou plutôt contre NS. C’est dire que comme beaucoup de français je n’enattendais pas grand chose. Cela ne m’empêche pas d’être déçu.
    Ceci est grave car la démocratie n’a de sens que si il y a des choix différents proposes aux citoyens.
    DESESPERANT........

  • permalien K. :
    1er février 2013 @23h46   « »

    En amont,

    C’est quand il est trop tard, parce qu’on a tourné le dos à toutes les meilleures options, qu’on nous somme de choisir entre le mauvais et le pire.

    En aval,

    Mali is an opportunity to apply the foreign policy lessons of Iraq and Afghanistan and define ‘terrorism’ and ‘stabilisation’.

  • permalien venturii :
    2 février 2013 @06h17   « »

    La question touareg est déjà compliquée pour l’Algérie (pour qui ne serait-ce que la question kabyle est compliquée) et le Maroc (avec le Sahara espagnol) - sans parler des états subsahariens - alors on n’imagine pas tellement la diplomatie française jouer les Lawrence d’Arabie sur le sujet.
    Pour autant, on voit mal, dans un Sahara minier et pétrolier, quelle serait la raison d’être des touaregs. Le transport ne se fait plus par caravane, la piraterie du désert pour romanesque qu’elle soit n’a pas non plus de place dans ce nouveau Sahara.
    Les touaregs ne veulent pas être les laissés pour compte du boom minier et pétrolier, élever des chèvres à l’ombre des derricks.
    Est-ce qu’ils voudraient faire comme les bédouins qui ont fondé l’Arabie Saoudite ? Bâtir un pays riche de matières premières et hébergeant des expatriés qui font tourner l’économie ?
    Ça n’est sans soute pas viable aujourd’hui à cet endroit. Les pays qui se partagent les territoires touaregs ont des populations sédentaires avec de gros besoins de croissance urbaine (Algérie, Maroc, Libye, Niger, Mali), complètement opposés à ceux des touaregs. On voit mal comment des pays qui ont - bon an mal an - des projets démocratiques pour des populations sédentaires pourraient en 2013 laisser aux touaregs nomades l’opportunité de se développer sur le modèle de l’Arabie Saoudite des années 1930.

  • permalien jgn :
    2 février 2013 @09h26   « »

    "(...) des pays qui ont - bon an mal an - des projets démocratiques pour des populations sédentaires (...)"

    On voit mal QUI sont ces pays qui existeraient indépendamment de leur populations.
    Il est vrai que la démocratie est la loi du plus fort (du plus important), ce qui justifie, on l’aura bien compris, l’opération démocratique de la France au Mali, sans consulter le peuple, mais en grande considération des intérêts bien compris du pays, c’est-à-dire de ses groupes dominant son économie et, très naturellement, sa politique

  • permalien BM :
    2 février 2013 @09h36   « »

    Cette histoire de Mali est surréaliste.

    Faisons une petite expérience de pensée, pour voir :

    Imaginons que l’armée malienne intervienne en France pour "protéger les ressortissants maliens"... La légion (malienne) sautera-t-elle sur Montreuil ?

    Et puis, une fois l’armée malienne installée en France, le ministre malien de la défense irait faire la leçon aux autorités françaises sur le thème : "Il faut que les autorités françaises entament un dialogue avec les indépendantistes corses" !...

    Arrêtons là le délire burlesque.

    Il s’agit d’une intervention néo-coloniale, pour s’assurer des ressources du Sahel alors que les Américains et les Chinois fourrent de plus en plus leur nez dans l’ancienne "Françafrique"...

    Quant aux Maliens qui accueillent l’armée française comme le Messie (mais y en a-t-il autant que ce que nos médias nous disent ?), je ne leur jette pas la pierre, leur attitude est rationnelle : leur pays est dans une telle m... qu’il sont prêts à accueillir toute forme d’aide, y compris de l’ancienne puissance coloniale...

  • permalien lejournaldepersonne :
    2 février 2013 @13h20   « »

    Ce qui nous distingue les uns des autres, c’est surtout la culture. Satanée culture !
    Pour vous, le pion est un roi. Pour nous, le roi est un pion. Vous sacralisez à outrance. Nous désacralisons à outrance. Vous vous fiez aux cavaliers, on se défie des cavaliers.
    On se méfie des fous... vous, vous leur confiez votre destin. Vous avez des tours à construire. Et nous des tours à déconstruire.
    On veut gagner vite la partie... et vous, vous ne voulez pas la perdre. Nos intérêts sont donc convergents même si nos divergences sont manifestes.
    Donc, ni gauche, ni droite... ni haut... ni bas... mais un savant ou ignorant mélange des quatre.
    Un objectif : le paradis
    Comment y parvenir ?

    Il y a deux tendances :

    Les aveniristes : qui disent que le paradis est devant ( à construire de toutes pièces)
    Les passéistes : qui disent que le paradis est derrière (à retrouver de toute urgence)

    Progrès d’un coté. Regrets de l’autre. Révolutionnaires et réactionnaires qui croisent le fer.
    On le sait désormais, toute progression n’est pas salutaire...
    Elle peut même être catastrophique. Et toute régression n’est pas toujours un recul mais avant tout et surtout un retour vers les origines.
    Donc tout conflit en politique et il n’y a pas de politique sans conflit, se ramène à cette opposition entre un regard nostalgique qui regarde vers le passé et un regard utopique qui regarde vers l’avenir. Paradis perdu ou légende dorée...
    Là où ça se complique c’est lorsque viennent s’en mêler le haut et le bas.
    La verticale et l’horizontale

    On aura donc droit à une nouvelle subdivision :

    Les aveniristes qui voient le paradis devant et en haut : la cité de Dieu et les aveniristes qui voient le paradis devant mais en bas : la cité idéale.

    De l’autre côté, les passéistes qui voient le paradis derrière et en haut : le paradis perdu... et les passéistes qui voient le paradis derrière et en bas : l’âge d’or.

    Ça nous donne une idée de l’enfer en politique puisque toutes ces propositions sont indémontrables, on ne peut ni les prouver, ni les réprouver objectivement... scientifiquement... universellement.

    Mais et ce sera ma conclusion il y une cinquième saison : avec un paradis ni devant, ni derrière. Ni en haut... ni en bas... mais un paradis nulle part... donc de vérité nulle part : c’est la politique du pire qui ne croit plus au paradis et qui dit :
    Que tout est dit, donc qu’il n’y a plus rien à dire. Sinon que les hommes sont maudits et pour l’éternité.
    C’est ce que la France est venue vous dire au Mali.
    Un petit conseil : ne l’écoutez pas !
    Et comme le dit un proverbe africain : " Ne te laisse pas lécher par qui peut t’avaler."
    http://www.lejournaldepersonne.com/...

  • permalien lejournaldepersonne :
    2 février 2013 @14h07   « »
    Mali : Nous pas bouger !

    J’ai été nommée par le ministère amer de l’éducation nationale "comme enseignante" d’un jour pour faire cours à une délégation de jeunes maliens en visite à Paris pour créer des liens directs avec Tombouctou.
    Grâce à l’armée française on sait désormais où c’est !
    C’est un cours d’instruction civique et religieuse... c’est un intitulé qui fut longtemps le nôtre, aujourd’hui c’est le leur.
    Un lien entre le sacré et le profane... entre le civil et le religieux... entre le ciel et la terre. Ce qui sous-entend qu’il ne peut y avoir de politique en Afrique sans l’intrusion d’éléments surnaturels.

    La Gauche et la Droite ne sont que des figures muettes et désuètes... incapables de rendre compte de notre échiquier politique. Je vous rassure... tout de suite : il y a toujours des rois et il y a toujours des pions. Ce sont toujours les mêmes qui servent et les mêmes qui se servent. Rien de nouveau sur le soleil. C’est toujours le même.
    On peut s’en rapprocher pour changer de couleur ou s’en éloigner jusqu’à perdre ses couleurs. Parce que la nature a toujours son mot à dire.
    Ce qui nous distingue les uns des autres, c’est surtout la culture. Satanée culture !
    Pour vous, le pion est un roi. Pour nous, le roi est un pion. Vous sacralisez à outrance. Nous désacralisons à outrance. Vous vous fiez aux cavaliers, on se défie des cavaliers.
    On se méfie des fous... vous, vous leur confiez votre destin. Vous avez des tours à construire. Et nous des tours à déconstruire.
    On veut gagner vite la partie... et vous, vous ne voulez pas la perdre. Nos intérêts sont donc convergents même si nos divergences sont manifestes.
    Donc, ni gauche, ni droite... ni haut... ni bas... mais un savant ou ignorant mélange des quatre.
    Un objectif : le paradis
    Comment y parvenir ?
    ...

  • permalien lejournaldepersonne :
    2 février 2013 @14h07   « »
    Mali : Nous pas bouger !

    Il y a deux tendances :

    Les aveniristes : qui disent que le paradis est devant ( à construire de toutes pièces)
    Les passéistes : qui disent que le paradis est derrière (à retrouver de toute urgence)

    Progrès d’un coté. Regrets de l’autre. Révolutionnaires et réactionnaires qui croisent le fer.
    On le sait désormais, toute progression n’est pas salutaire...
    Elle peut même être catastrophique. Et toute régression n’est pas toujours un recul mais avant tout et surtout un retour vers les origines.
    Donc tout conflit en politique et il n’y a pas de politique sans conflit, se ramène à cette opposition entre un regard nostalgique qui regarde vers le passé et un regard utopique qui regarde vers l’avenir. Paradis perdu ou légende dorée...
    Là où ça se complique c’est lorsque viennent s’en mêler le haut et le bas.
    La verticale et l’horizontale

    On aura donc droit à une nouvelle subdivision :

    Les aveniristes qui voient le paradis devant et en haut : la cité de Dieu et les aveniristes qui voient le paradis devant mais en bas : la cité idéale.

    De l’autre côté, les passéistes qui voient le paradis derrière et en haut : le paradis perdu... et les passéistes qui voient le paradis derrière et en bas : l’âge d’or.

    Ça nous donne une idée de l’enfer en politique puisque toutes ces propositions sont indémontrables, on ne peut ni les prouver, ni les réprouver objectivement... scientifiquement... universellement.

    Mais et ce sera ma conclusion il y une cinquième saison : avec un paradis ni devant, ni derrière. Ni en haut... ni en bas... mais un paradis nulle part... donc de vérité nulle part : c’est la politique du pire qui ne croit plus au paradis et qui dit :
    Que tout est dit, donc qu’il n’y a plus rien à dire. Sinon que les hommes sont maudits et pour l’éternité.
    C’est ce que la France est venue vous dire au Mali.
    Un petit conseil : ne l’écoutez pas !
    Et comme le dit un proverbe africain : " Ne te laisse pas lécher par qui peut t’avaler."

  • permalien K. :
    2 février 2013 @15h03   « »

    Excellentes remarques sur RFI (Journal 02/02/2013 12h10 TU Tranche internationale) de Michel Gali de l’ILERI (Institut libre des relations internationales) concernant la "coopération" française au Mali (et ailleurs en Afrique francophone), qui, en guise d’aide au développement, a de tout temps été une « aide liée », un soutien au dévastateur “plan d’ajustement structurel” du FMI en Afrique, sans compter l’abandon de la formation des universitaires africains au nom de la politique de contrôle de l’immigration, les wahabbites du Qatar et de l’Arabie dite saoudite se chargeant de les accueillir.

    Il intervient à partir de 5 minutes et la partie concernée est à partir de 8 minutes 45 secondes.

  • permalien patrice :
    2 février 2013 @15h25   « »

    A propos des touaregs...
    Autant que j’aie compris le film, les touaregs sont ceux qui se font avoir à chaque fois. Et pour cause : Tout le monde s’en fout.
    Les jihadistes les ont utilisés, avant de les virer. Nul doute que l’armée française va les recruter pour faire la chasse à leurs anciens alliés, avant de les exterminer discrètement.
    En attendant, le Nord Mali regorge de pétrole. Pas question d’en faire profiter les maliens, ni les touaregs. Pendant que tous ces braves gens s’extermineront (jihadistes, touaregs, armée malienne, armée africaine), l’armée, la vraie, c’est à dire la nôtre, aura pour tâche de sécuriser les sites pétroliers, aurifères, ou autres. Le Mali, contrairement à ce qu’on nous répète à longueurs de JT, est l’une des régions les plus riches (potentiellement) d’Afrique. Et ce pays est au centre d’une région où nous avons de nombreux intérêts. La "menace terroriste" n’est qu’une mauvaise blague, et le restera, à moins que l’on ne demande au Qatar de faire du spectacle.
    Et les touaregs, dans tout ça ? Juste une bande de SDF montés sur des chameaux qui n’intéresseront, le moment venu, que les drones chargés de les éliminer, quand ils ne serviront plus à rien.

    Rappel : Toujours pas un seul journaliste français dans les zones de combat. On ne nous dit pas tout.
    Quant à Hollande, je le trouve de plus en plus normal. Il l’épouse quand, Carla Bruni ?

  • permalien Caligula :
    2 février 2013 @15h38   « »

    @ Patrice,

    D’accord avec vous pour les Touaregs, ils sont les dindons d’une farce occidentale. De toutes façons, les quelques peuples encore nomades ne déranges personnes, sauf si leurs territoires regorges de biens précieux (or, pétrole...). Les prochains sur la liste : les esquimaux. Effectivement, d’aprés ce que j’ai lu, les russes vont prospecter et sans doutes pomper les nappes pétrolifères situées en Arctique.

    Quant à Hollande, je le trouve de plus en plus normal.

    Sur ce point, par contre, je suis déçu. Je pensait qu’un président normal serait allé à Tombouctou à dos de chameau.

  • permalien Caligula :
    2 février 2013 @15h41   « »

    L’info sur l’Arctique et la Russie est ici : http://2000watts.org/

  • permalien gloc :
    2 février 2013 @16h44   « »

    Caligula : De toutes façons, les quelques peuples encore nomades ne déranges personnes, sauf si leurs territoires regorges de biens précieux (or, pétrole...).

    Ce n’est pas un question de biens précieux, mais c’est le lot de tous les peuples déclarés "inassimilables" par les états-nations.

    Les Touaregs sont aussi mal considérés, que les "gens du voyage", les Roms, les lapons, les amérindiens... et le juifs (disons : avant la création de l’état d’Israël).

    C’est l’état qui bouffe la tribu.

  • permalien Caligula :
    2 février 2013 @17h03   « »

    @ Gloc,

    C’est l’état qui bouffe la tribu.

    Certes, sauf si la tribut, ou peuplade, ou ethnie n’ennuie personne. Ces "primitifs"-cela dit sans méchanceté aucune, si on regarde leur mode de vie, ils se contentent de travailler pour se nourrir, une des seules différence avec les peuples dit civilisés étant qu’ils n’ont pas d’attaches et suivent leurs troupeaux-ne sont pas toujours parqués. Les Nenets par exemple, ou d’autres peuples migrants Mongols, arpentent des terres quasi vierges, leur impacte sur la nature est dérisoire. Ils sont quand même répertoriés, comptabilisés, ils ont la possibilité de faire des études, et même de travailler. On peut noter aussi que la tendance est à l’abandon de ce mode de vie par les nouvelles générations.

    Pour conclure, les états les laissent en paix, car ils se doutent bien que leur mode de vie est appelé à disparaitre de lui-même.

  • permalien gloc :
    2 février 2013 @18h07   « »

    @Caligula,

    La tribu ne signifie pas "nomade". La plupart des Touaregs sont sédentarisés, mais leur culture les rend imperméables toute identité en dehors de la tribu.

    C’est le cas de beaucoup d’Amazighen. Le Maghreb a développé une littérature romanesque assez conséquente sur ce sujet.

    Par exemple "Une enquête au pays" de Driss Chraïbi, qui avec un humour cruel raconte les déboires de l’administration marocaine avec des villageois rifiyen qui ne reconnaissent que leur géographie, et soumettent la police du Malik aux pires outrages en accord avec la tradition.

    Hollande n’a pas besoin d’aller à Tombouctou pour observer le phénomène, son prédécesseur (celui des Roms) les appelait "la racaille"... et parlait de "reconquête des banlieues".

    Dans la tradition coloniale A Amiens, Manuel Valls s’engage à rétablir « l’ordre républicain » - Libération

  • permalien venturii :
    2 février 2013 @18h23   « »

    Du point de vue des sédentaires, les touaregs ont une connaissance essentielle, c’est celle de la vie dans le désert. Dans la mesure où on prévoit une augmentation des déserts, c’est important de conserver cette connaissance humaine du désert.
    Ensuite, il faut voir quelle forme cette "conservation" peut prendre, tout le monde n’est pas forcément enthousiaste à vivre dans une "réserve", aussi vaste soit-elle.
    Il y a beaucoup d’autres choses que les touaregs à conserver dans le désert, des animaux, des peintures rupestres, tout ça peut disparaître à cause de l’exploitation minière et pétrolière.
    Les sédentaires autour du Sahara ne laisseront pas les touaregs développer un état bédouin/touareg sur le modèle de l’Arabie Saoudite, mais ce serait aussi une erreur de laisser le Sahara entièrement à la convoitise des sédentaires qui l’exploiteront sans savoir y vivre. D’une manière ou d’une autre, en vidant le Sahara de sa vie nomade on crée une zone "extra-terrestre", une zone où la vie devient une image de ce qu’elle serait sur Mars, avec un archipel industriel en zone aride inhabitée. C’est une régression en ce qu’on créée une zone où seul le droit industriel et économique a un sens ; puisqu’on a vidé la zone de sa population native, le droit social, politique, a perdu son sens. Ça n’est pas un cadeau à faire à l’Afrique.

  • permalien venturii :
    2 février 2013 @18h32   « »

    Caligula, les Russes exploitent évidemment les ressources de l’arctique mais ils ont au moins eu le mérite d’avoir aussi créé une université spécifique pour les peuples arctiques russes (Faculté des Peuples du Nord, à Saint-Pétersbourg, qui doit en grande partie son existence à Jean Malaurie). La Russie a beaucoup plus fait pour les nomades arctiques que les États-Unis (en Alaska), ou le Canada, ou le Danemark (au Groenland).

  • permalien Caligula :
    2 février 2013 @19h02   « »

    @ Gloc et Venturii,

    Merci pour vos précisions. En ce qui concerne les nomades Russes, il m’a toujours paru étrange, le fait que les gouvernements russes succecifs se soient interressés aux peuples du Grand nord. J’ai lu quelques articles la-dessus mais aucun n’a vraiment répondu à mes questions.

    Pour en revenir au Mali, entendu au début du speech de Flamby à Bamako : La France est intervenu sous couvert de l’U.E. et de l’ONU.
    Je rêve ou l’ONU avait juste donné son accord à la formation des troupes de la CEDEAO ?

  • permalien jgn :
    2 février 2013 @20h17   « »
    Petit papa Noël, quand tu descends du ciel ...

    Au nomadisme des touaregs, le nouveau "petit père des peuples" du Mali, "le Sauveur" descendu des Mirages vient de proposer une alternative, la sédentarisation de l’armée française.

    Son voyage aura été une manière de préparer, par la médiatisation forcée qu’il aura bien naturellement générée, les Maliens comme les Français à ce genre de leitmotiv déjà asséné à chaque fin de phrase : " Nous sommes au Mali pour longtemps !... ".

    C’est bien ainsi, en effet, que nous l’avions compris dès le départ d’une force de frappe aussi largement déployée. C’est ainsi que les entreprises coloniales ont démarré, avant de repartir la queue entre les jambes quelques milliers de morts plus tard, le chaos installé en plus.

    On se demande, au tournant de cette aventure, lequel est le plus faussement naïf, c’est-à-dire cynique : ce "représentant d’une démocratie" engagée dans une expédition coloniale au profit de grands prédateurs du capitalisme mondialisé sous couvert de civilisation, ou les Maliens, dont on nous montre à l’envi les bonnes bouilles et les hurrahs, agitant de bons petits drapeaux comme lorsqu’on les déplace pour fêter quelque sortie d’un satrape local, bons petits enfants du spectacle cher aux dictateurs de tous poils, applaudissant qui est venu les "sauver" des conséquences des agissements de cette même France en Libye, appelant l’ancien maître à les transformer en un laboratoire d’une présence durable qui ne s’énoncerait pas comme colonisation, mais comme "soutien"à la reconstruction d’un État totalement défaillant.
    On a vu ce qu’une telle "reconstruction" d’un État arasé par les bombes libératrices a donné en Irak.

  • permalien Shanaa :
    2 février 2013 @22h42   « »

    L’intervention française dans son ancienne colonie a bénéficié du même consensus médiatique que celle de Lybie. La même sémantique, la même communication, le même floue sur les réelles motivations. Le bilan des destructions est parfaitement occulté.
    Les mots ayant leur importance dans la propagande, l’emploi de "guerre" et de "victoire" sont surprenants. En effet, comme en Libye ou en Irak, le rapport de force est totalement assymétrique. On a un groupe désigné ou une armée d’un petit état du tiers monde contre des puissances coalisées. Dans ces conditions, n’est-ce indécent de dire "victoire" ? Mieux vaut : "mission accomplie".

  • permalien Shanaa :
    2 février 2013 @22h51   « »

    La volonté de sédentariser et de normaliser les différences date de l’époque coloniale. D’ailleurs, le mots "tribu", "tribal" a une connotation raciste et péjorative dans la bouche des occidentaux. Il suffit de lire les articles et les commentaires des médias pendant l’attaque sur la Libye.

  • permalien Shanaa :
    2 février 2013 @22h57   « »

    Il serait intéressant de se demander ce que cette intervention va changer dans la vie des français. Les salaires vont-ils grimper ? La pauvreté reculer ? les sans logis relogés ?
    Ou alors c’est uniquement les élites qui en profitent ? Si oui, espérons que les mineurs et travailleurs africains ont des normes de travail au standard européen.

  • permalien HTP :
    2 février 2013 @23h02   « »

    Vive le néo-colonialisme !

    Que ce soit le parti socialiste qui s’en charge n’est qu’un retour aux sources.

  • permalien gloc :
    2 février 2013 @23h12   « »

    Shanaa : D’ailleurs, le mots "tribu", "tribal" a une connotation raciste et péjorative dans la bouche des occidentaux.

    Mais pas tant que dans l’Égypte ancienne, quand les pharaons créaient la notion d’état, et combattaient les "inassimilables".

    Encore moins que dans l’islam quand le concept de oumma fut inventé et matérialisé par la reconstruction de la Kaaba comme un symbole fédérateurs de toutes les tribus.

  • permalien Shanaa :
    2 février 2013 @23h19   « »

    Gloc, "fédérer" n’est pas "assimiler" ou "uniformiser". La preuve c’est qu’il y a encore des tribus, des bédouins, des touareg en terre d’islam.

  • permalien Shanaa :
    2 février 2013 @23h24   « »

    JGN, votre post fait penser à certains passages dans "1984" d’Orwell :

    "Il ne s’agit pas de savoir si la guerre est réelle ou non. La victoire n’est pas possible. Il ne s’agit pas de gagner la guerre mais de la prolonger indéfiniment. Une société hiérarchisée repose sur la pauvreté et l’ignorance. Leur version devient vérité historique. Et rien d’autre ne peut avoir existé. Le but de la guerre est de maintenir la société au bord de la famine. La guerre est menée par l’élite contre ses propres sujets. Son objectif n’est pas de vaincre en Eurasie, en Asie, mais de garder sa structure sociale intacte."

    "Il y a partout la même structure pyramidale, le même culte d’un chef semi-divin, le même système économique existant par et pour une guerre continuelle."

    La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force.

  • permalien gloc :
    2 février 2013 @23h36   « »

    @Shanaa,

    Il y a aussi des musulmans, qui viennent au Maghreb pour expliquer aux musulmans, qu’avec toutes leurs bondieuseries, et autres maraboutages, ils sont de mauvais musulmans.

    Je crois que si vous percevez du mépris quand un "occidental" utilise le mot "tribu", ça vient peut-être plus de vos oreilles et de l’image que vous attachez à la notion de tribu (et à celle d’"Occidental"), que de la bouche l’"Occidental" lui-même, surtout que la plupart d’entre eux aux USA et en Europe du Nord, vivent dans des systèmes communautaires très proches de la tribu.

    D’une façon plus générale, j’ai remarqué que vous avez tendance à reporter sur autrui tout que ce qui vous choque en vous même... ceci dit sans animosité.

  • permalien venturii :
    3 février 2013 @05h36   « »

    Gloc, le mot tribu a spontanément un sens anthropologique quand il est employé par un citoyen du pays ayant édifié le Musée de l’Homme (celui avec la femme Hottentot, vous voyez ce que je veux dire) à l’endroit d’un citoyen d’un pays qui a autrefois fait partie des objets qui meublaient le même Musée de l’Homme.
    Par contre, le même mot tribu a un sens sociologique quand il est utilisé par un chroniqueur à propos d’un groupe social du même pays que ce chroniqueur, ayant adopté telle ou telle coutume technologique ou musicale ou vestimentaire.
    Ainsi va la vie et "L’ordre du Discours"
    D’ailleurs, les amérindiens nord-américains refusent le mot tribu et c’est le mot nation qui est employé - nation mohawk, nation cri, nation séminole, nation hopi, etc. - parce que ça représente leurs communautés comme des sujets de droit, et non pas comme des objets anthropologiques.
    L’anthropologie est longtemps restée asymétrique, ce n’est que depuis peu que les peuples objets premiers de l’anthropologie occidentale ont à leur tour produit des anthropologues (Cf. George Sioui, de la nation huron-wendat, "Pour Une Histoire Amérindienne de l’Amérique", thèse préfacée par Claude Levi-Strauss)
    Idéalement, il faudrait s’habituer à parler de nation touareg - même si elle ne siège pas à l’ONU - (et non plus de tribu) et envisager une Université du Désert quelque part entre Tombouctou et Niamey pour donner une consistance à la réalité touareg.
    Je connais un tunisien (Salah Souayek El Marzouki) qui a fondé un Musée du Sahara à Douz, sa ville natale, en hommage à sa mère, qui était bédouine. C’est une sorte d’éco-musée.
    Un musée, c’est bien, mais une Université, ce serait encore mieux.

  • permalien Gilgoss :
    3 février 2013 @06h37   « »

    Ce qui est choquant dans l’article et dans les commentaires c’est qu’on ne parle guère de la charia (imposée par un groupe ultra-minoritaire mais très bien armé et motivé) et des actes barbares qui en sont les conséquences (amputations etc...) .

    Le nouvel impérialisme est celui du Qatar et de l’Arabie Saoudite
    qui réussit à propager son idéologie moyen-âgeuse.

    Bien sûr l’intervention française ne règle pas tout, il faudra que des élections aient lieu au Mali, que les minorités aient des droits clairs, mais le pire (la prise de Bamako par les islamistes) a été évité .

    Il est vrai que les Touaregs ont été persécutés par les Noirs ces dernières années et je comprends leur ressentiment.

    Inversement les Touaregs sont les anciens esclavagistes (à ma connaissance ils n’ont guère fait acte de repentance) et je comprends le ressentiment des Noirs à leur égard.

    Le MNLA (mouvement touareg laïc) est particulièrement antipathique : ils ont fait alliance avec Ansar Dine (les Touaregs islamistes), ont été militairement écrasés par leurs alliés, et maintenant (par pur opportunisme) ils sont prêts à coopérer avec
    le pouvoir central malien ! Ce groupe semble avoir beaucoup de relais dans les médias occidentaux mais je le soupçonne d’être mal implanté sur le terrain...

    Mon opinion cependant est que c’est avec eux (ainsi qu’avec le MIA, un groupe dissident d’Ansar Dine) que Bamako devrait discuter,
    en leur demandant un rejet explicite et définitif de la charia, en échange d’une autonomie du peuple touareg...

  • permalien gloc :
    3 février 2013 @07h10   « »

    @venturii ,

    Le mode d’organisation tribal à précédé de plusieurs millions d’année l’invention de l’organisation en état-nation et de son outil de propagande l’ethnologie coloniale.

    De même que la destruction de l’état-nation ("le problème c’est l’état") a vu réapparaitre la notion de "tribu" dans les pays à état fort comme la France, sous l’influence de la colonisation anglo-saxonne depuis le début des années 80.

    Cette notion de tribu a commencé à apparaitre dans le marketing et la publicité. Le Tamtam© et le Tatoo© ("garde le contact avec ta tribu") étaient supposés relier les membres d’une même tribu. Il s’est développé avec l’apparition des "réseaux sociaux" et au travers des campagnes électorales d’Obama ou des techniques de recherche d’emploi, ou encore de mode de communication informel du Chef de l’État lui-même (ou de sa concubine).

    Curieusement c’est à l’apogée de ce mouvement néolibéral, en France,qu’est née l’idée d’un "musée de l’histoire", car l’état-nation appartient à l’histoire coloniale aussi surement que la tribu appartenait à l’ethnologie coloniale.

    Il n’empêche que l’ethnologie coloniale à su évoluer vers l’ethnologie, grâce au structuralisme et la génétique et est aujourd’hui en pointe pour combattre cette instrumentalisation politique de la science.

    Le Mali est là pour nous rappeler le sens de l’évolution. Si l’humanité est passée de la tribu, à la cité-état puis à l’état-nation, c’est bien la création d’état-continents (ou de super puissances) qui est en jeu aujourd’hui et qui apeure ceux qui se réfugient dans un tribalisme virtuel, dans lequel le racisme est devenu un élément de plus en plus inadapté.

    L’état malien, le bon élève du FMI est aujourd’hui incapable de défendre ou même de fédérer ses citoyens, tellement le traitement de l’état comme problème a été développé avec application... et l’Afrique ne pourra se défendre qu’en se fédérant au niveau continental, comme est venu le dire à Bamako François Hollande : Mais la France n’ayant « pas vocation à rester au Mali », ce sera bientôt aux forces africaines de prendre le relais et de poursuivre les combats au Nord-Mali, a répété François Hollande. Elle restera « le temps qu’il faudra, c’est-à-dire le temps que les Africains eux mêmes prendront (...) pour nous remplacer », a-t-il insisté, tout en assurant que d’ici là elle se battra « jusqu’au bout, jusqu’au Nord Mali » aux côtés des troupes maliennes.

  • permalien Juba :
    3 février 2013 @08h45   « »

    Ventirii !
    Votre commentaire n’a aucun sens car vous méconnaissez l’histoire de ces Berberes (Touaregs, Kabyles, Chleuhs ...) le royaume wahabbite est leur ennemi héréditaire et je ne vois vraiment pas en quoi ils seraient attirés par un tel régime ! Les Berbéres sont victimes de l’invasion islamique du 7 éme siecle et du colonialisme Francais qui les a disséminé à travavers des pays qui pronent le panarabisme comme fondement identitaire destiné à leurrer des populations qui savent d’ou elles viennent meme si elles ne savent pas ou veulent les mener ces régimes qui ont trahi meme le bon Dieu ! Ceux qui combattent les berberes sont cela meme qui hier allaient vers ces meme populations leur demander de les défendre contre la France, contre Hassan II en 1963 ! A bon entendeur salut !

  • permalien Dudu :
    3 février 2013 @09h40   « »
    Merci monsieur Gresh...

    ...pour ce riche point de situation et surtout de souligner l’importance des mots (regard vers la Palestine). Les commentaires sont aussi très instructifs, toute l’utilité des blogs et du Diplo !
    Mais quelles solutions, quelle politique et moyen proposez-vous, vous (auteur et commentateurs) ?
    Merci

  • permalien jgn :
    3 février 2013 @11h03   « »

    @ BM :2 février @09h36
    « (...) leur pays est dans une telle m... qu’il sont prêts à accueillir toute forme d’aide, y compris de l’ancienne puissance coloniale... »

    Leur en laisse-t-on le choix ? Imaginons l’ombre d’un instant - un délire en vaut un autre - que les Maliens se mettent à penser et surtout à agir selon leur bon vouloir, se disant qu’ils pourraient faire face à une double crise, celle, interne, d’une radicalisation - soudaine, autant que surprenante dans ce pays - d’une de leur religion ; celle externe, d’une intervention sur leur sol de bandes mercenaires armées par des fonds occultes et dépendant de politiques étrangères décidées à la bourse de Londres ou autres ...
    Patatras ... voilà mise à mal toute une politique plusieurs fois séculaire consistant à maintenir ces peuples sous une si « bienveillante » tutelle. De quoi inquiéter n’est-il pas ?
    Et « justifier », pour le moins, d’une intervention « en urgence » - PIN PON - pour « sauver un État partenaire en détresse », voire même « payer notre dette » - tiens donc ! ... Faut-il donc vraiment dire laquelle ?
    quand il s’agit de dissimuler que cet État n’en est plus un, leurre opportunément mis en place, tel un préfet diligenté quelques mois avant l’intervention pour donner le La à une opération de police telle qu’elle serait menée dans quelque quartier chaud de banlieue.

    Comme le dit un proverbe africain : " Ne te laisse pas lécher par qui peut t’avaler." (lejournaldepersonne :2 février @14h07)

    @Shanaa :2 février @23h24
    je vous remercie de rappeler ici quelques uns des intéressantes analyses telles qu’elle furent écrites par Orwell au feu d’une actualité espagnole, dans l’abandon à leur sort de la jeune république balayée sous l’œil chafouin des démocraties d’alors - y compris soviétique - si soucieuses de laisser les chiens de guerre en finir avec toute idée de communisme qui aurait pu prendre corps en Europe.

    «  La guerre est menée par l’élite contre ses propres sujets. Son objectif n’est pas de vaincre en Eurasie, en Asie, mais de garder sa structure sociale intacte."
    "Il y a partout la même structure pyramidale, le même culte d’un chef semi-divin, le même système économique existant par et pour une guerre continuelle.
     »

    Voir suite 2

  • permalien jgn :
    3 février 2013 @11h10   « »

    C’est pourquoi, en effet, la seule évocation de la charia est si importante - comme le souhaite Gilgoss :3 février @06h37 - comme l’ennemi qu’il s’agit d’invoquer, comme l’on invoque les puissances des Ténèbres qu’il s’agirait de combattre.
    Mobiliser une société non seulement brutalisée par le système d’exploitation qui la dresse, mais manifestement de plus en plus en passe de se passer de celui-ci, partout dépassé qu’il est par les forces qu’il a déclenchées.

    Voilà le seul véritable enjeu : ramener les peuples à la préhistoire, les y maintenir coûte que coûte, c’est le cas de le dire, comme ce fut le cas avec l’Irak - un État qui menaçait d’être trop puissant -, ou avec l’Iran ou la Syrie aujourd’hui, dont certains dirigeants annoncent sans vergogne qu’il s’agit bien de les ramener à l’âge de pierre.

    Et « la création d’état-continents (ou de super puissances)" dont gloc (3 février @07h10) fait un enjeu dans la suite d’une « évolution », pourrait bien être vue comme « évolution » de l’aliénation, poursuite du même jusqu’à devenir visible comme perte accomplie de tout contrôle par les hommes sur leur gouvernement.

    Cette « idée » de gouvernement mondial, dont l’Europe n’est qu’une étape, est la manifestation de cette séparation achevée, telle qu’en ce moment les Grecs peuvent en prendre la mesure in vivo, si l’on peut dire.
    Et quand l’Europe n’intervient pas au Mali, comme le déplorent certains, c’est bien plutôt là encore la persistance de vieux tics qui se manifeste, par lesquels l’Europe dit à la France que si elle veut jouer dans son pré-carré et garantir « ses » intérêts, qu’elle le fasse, mais avec SES contribuables, et non avec ceux de l’Europe qui pourraient ne pas bien saisir leurs intérêts en la chose en une période où, par ailleurs, on ne cesse de leur chanter les louanges de l’austérité. Gageons cependant que quelques In Amenas bien sentis pourraient aider à leur faire entrevoir la lumière.

  • permalien K. :
    3 février 2013 @12h04   « »

    Rosa Moussaoui

    À long terme, il est illusoire de penser que les bombes effaceront le phénomène djihadiste [et donc la "charia"] dans la région.

    Jamais le Mali n’aurait plongé dans un tel chaos si toute la région n’avait pas fait l’objet, sous la houlette du FMI et de la Banque mondiale, de traitements de choc libéraux qui ont détruit de fragiles États post-coloniaux, brisé les services publics, anéanti les politiques de développement, encouragé la corruption, marginalisé les populations.

    «  Au nord du Mali et au-delà, la question fondamentale reste celle du développement. Des populations pastorales et agropastorales, soumises aux changements climatiques et aux sécheresses, privées des ressources du tourisme, ont perdu tout moyen de subsistance et se sont trouvées dépassées par les trafics en tout genre  », analyse Jean-Yves Moisseron.

    Sans changement de paradigme et sans investissements massifs pour relever ce défi du développement, la région sahélo-saharienne, riche en ressources naturelles et énergétiques, restera pour longtemps une dangereuse poudrière.

  • permalien K. :
    3 février 2013 @12h38   « »

    Les conditions qui créent la nécessité vitale d’une intervention militaire sont elles-mêmes créées par ceux qui interviennent (et qui n’interviennent que pour les maintenir, sinon les renforcer.)

    Délivrer les peuples pour mieux voler leurs ressources

    La dynamique capitaliste est fondée sur l’extractivisme. Sans lui, ni productivisme, ni consumérisme, ni profits. Tant que ce système n’aura pas épuisé toutes les ressources naturelles ou que les peuples ne se seront pas dressés pour dire stop, des gouvernements poussés par leurs multinationales continueront leurs exactions. Ils feront tout, jusqu’à la guerre, pour maintenir les flux d’approvisionnement de leurs usines et les profits de leurs capitalistes, assurés par notre consommation gaspilleuse de toutes ces richesses naturelles.

    Dire qu’il fallait laisser les islamistes envahir la totalité du Mali, certainement pas. Mais tout a conduit à un gouvernement malien corrompu, faible ou tyrannique, avec une pauvreté galopante, une économie en quasi-faillite, une armée désorganisée. L’« aide » de la France en cas d’invasion extérieure était le passage obligé. Avec ses bases militaires au Tchad, en Centrafrique, au Gabon et en Côte d’Ivoire, elle était prête. Après cette victoire sans vraiment combattre, acquise grâce à la supériorité disproportionnée de ses armes, la France pourra rester l’acteur central au Mali.

    L’ignorance de la majorité des populations européennes et africaines, bien entretenue par nos médias disciplinés, est impressionnante. Qui connaît réellement ces mécaniques de corruption, de dettes, de complicités ploutocratiques des dirigeants de tous les pays de la région ? Qui comprend que l’on fait applaudir l’armée d’un pays qui sert une logique de domination et de pillage ?

    Car la France est ce « maître » qui, en coopération avec la Banque mondiale, le FMI et ses entreprises transnationales, les prive de leur indépendance politique et économique, tout en les sauvant d’un danger immédiat encore plus grand.

    Les sauver certes, mais aussi continuer de les soumettre à la logique extractiviste.

  • permalien Shanaa :
    3 février 2013 @12h46   « »

    Gloc, il me semble que c’est vous, et pas que vous, qui faites des "transferts" et des comparaisons comme si "l’autre" devait être necessairement la réplique exacte du modéle dominant, et être donc à la même heure de l’histoire partout. C’est ce que l’on appelle le totalitarisme globalitaire, dont les récalcitrants musulmans doivent se "normaliser" pour rentrer dans le marché planétaire. On l’a vu en Libye.
    Par ailleurs, le marché s’accommode parfaitement des régimes Chinois, indien, saoudien, quatari, tant que ces états adoptent l’économie néo-libérale.
    Contrairement à vous, je fais un distingo net entre les peuples et l’oligarchie.
    Quant à l’accusation de "rendre responsables les autres", elle est fausse. Je constate simplement que les agressions illégales et les bombardements font de nombreux morts civils dans les pays musulmans : Afghanistan, Irak, Libye. Je passe sur le sort ubuesque des palestiniens, et des irakiens qui continuent de mourir des suites de l’uranium appauvri. Dire cela, c’est constater des faits. Il y a aussi un fait à ne pas négliger : Ce sont toujours les mêmes qui déclenchent unilatéralement les guerres, et ce sont les mêmes qui subissent.
    Par ailleurs, ces vingt derniéres années, il n’y a aucun pays asiatique, africain, ou moyen-oriental qui a fait une guerre unilatérale ou en a envahi un autre.

  • permalien Shanaa :
    3 février 2013 @12h55   « »

    K, la question de savoir "si les conditions sont créées pour intervenir" peut se vérifier. On sait, qu’en Afghanistan, lors de la guerre de l’union soviétique dans ce pays, les américains ont entrainé et se sont appuyés sur des groupes armés pour chasser le communisme. On connait la suite. Revirement, aprés la chute du mur de Berlin et celle de l’URSS, ces groupes, jadis "amis de la liberté" se sont mués en ennemi. Aprés on ne comprend plus rien : Ils sont auxiliaires en Libye, terroristes au Mali, et on ne sait quoi en Syrie. Impossible de déméler un tel imbroglio.

  • permalien gloc :
    3 février 2013 @12h57   « »

    Shanaa : Gloc, il me semble que c’est vous, et pas que vous, qui faites des "transferts" et des comparaisons comme si "l’autre" devait être necessairement la réplique exacte du modéle dominant, et être donc à la même heure de l’histoire partout.

    Pouvez vous me rappeler en quels termes j’aurais proféré de telles imbécilités ?

    Ça ne me dérange pas que vous répondiez à des messages sans les lire. Mais je vous remercie de pas utiliser mon pseudo pour justifier la poursuite de vos diatribes contre les "autres" quels qu’ils soient.

  • permalien K. :
    3 février 2013 @13h39   « »

    Shanaa,

    K, la question [est ?] de savoir "si les conditions sont créées pour intervenir" peut se vérifier.

    Je n’ai pas écrit que "les conditions sont créées pour intervenir"

  • permalien Shanaa :
    3 février 2013 @13h54   « »

    « Les frappes aériennes, qualifiées « d’importantes » par l’état-major français, ont repris au nord de Kidal. Le chef de l’Etat, qui s’est rendu samedi au Mali, estime que l’action de la France « n’est pas encore complètement terminée ».

    « Les états-unis admirent l’initiative de la France. »
    - Lesechos.

  • permalien Shanaa :
    3 février 2013 @13h58   « »

    K."Je n’ai pas écrit que "les conditions sont créées pour intervenir"

    Sorry ! En gros c’est ce que j’ai crû comprendre.
    Armer des rebelles en Libye, puis qui fuient au Mali, puis encore on ne sait ? Ce sont de vrais " globe trotters" !

  • permalien Shanaa :
    3 février 2013 @14h23   « »

    Gloc, vous m’en voyez désolée ! Hum...j’ai "poussé le bouchon un peu loin ? Sorry ! Mais...En tant que pacifiste le mot guerre me fait muer en loup-garou, jour et nuit.
    De plus, "the french language".....hum !

  • permalien patrice :
    3 février 2013 @15h00   « »

    @Shanaa
    "Aprés on ne comprend plus rien : Ils sont auxiliaires en Libye, terroristes au Mali, et on ne sait quoi en Syrie. Impossible de déméler un tel imbroglio."

    Une amorce de réponse.

    http://www.leblogfinance.com/2012/0...
    "Dans un article intitulé « Notre ami du Qatar finance les islamistes du Mali », le Canard Enchaîné précise que la Direction du renseignement militaire (DRM), qui relève du chef d’état-major des armées françaises, a recueilli des renseignements selon lesquels « les insurgés du MNLA (indépendantistes et laïcs), les mouvements Ansar Dine, Aqmi et Mujao (djihad en Afrique de l’Ouest) ont reçu une aide en dollars du Qatar ».
    Le fin mot de l’histoire : l’impétueux volatile révèle que le Qatar aurait « des visées » sur les richesses des sous-sols du Sahel, évoquant « des négociations discrètes » qui auraient d’ores et déjà débuté avec Total, pour une exploitation prochaine du pétrole de la région à l’avenir "

    L’article entier mérite d’être lu et analysé. On y découvre une sorte de plan global de rapt du pétrole dans cette région de l’Afrique. Et l’on comprend qu’entre les intérêts de Total et ceux du Qatar, il y a convergence ...totale. Le "sponsoring humanitaire" des jihadistes par le Qatar n’a été qu’une étape. La France n’a d’ailleurs pas protesté, de même que le Qatar n’a condamné que très poliment l’intervention française. Mais il sera plus facile ultérieurement pour le pétrolier français de piller le Nord Mali dans la mesure où les alliés qataris seront aptes à contrôler AQMI...sous réserve d’être associés à l’opération. Un petit chantage amical. Je reconnais que le montage est compliqué et vicieux. J’ai d’ailleurs peiné à piger l’apparente inconséquence de Doha. A noter aussi le fait qu’AQMI s’est installé dans tous les sites pétroliers de la région, et seulement là. Bizarre, quand même.

  • permalien Sakhra :
    3 février 2013 @15h08   « »

    Le serval est un carnassier

    Le serval s’attaque peu aux grandes proies. Le serval joue souvent avec sa proie pendant plusieurs minutes avant de la manger. La plupart du temps, il défend farouchement sa nourriture contre les autres prédateurs.

    On peut ainsi lire dans La Voix de l’Amérique :
    Notre correspondant a constaté, à première vue, que Konna est « une ville cicatrisée, une ville martyrisée par les bombardements de l’aviation française. »

    « De la sous-préfecture en passant par le rond-point, sur le port de pêche, partout où nous sommes passés, on a trouvé que tous les lieux sont calcinés », rapporte Mamadou Bocoum.
    On nous dit quand même que les gens sont soulagés. C’est sûr que ça fait du bien qaund ça s’arrête !

    Ce sont en fait pas moins de 11 civils qui ont péri à Konna sous les bombes françaises le jour où le lieutenant Boiteux est mort en héros de la paix etc.
    Souleymane Maiga a déclaré à l’Associated Press que trois femmes et un enfant étaient décédés le 11 janvier lors de la destruction de leur arrière cour par un bombardement. Les enfants de l’une des femmes ont survécu à l’attaque.
    Le maire de Konna a confirmé qu’au moins 11 civils étaient morts durant l’opération.
    Parmi les "dommages collatéraux" qui accompagnent les destructions matérielles dans le village figurent quatre membres de la famille Maiga.
    Ils étaient sous un manguier dans la cour de leur maison, en train de préparer de la nourriture, quand un hélicoptère d’attaque a surgi à basse altitude au dessus de leurs têtes. Terrifiés, ils s’étaient précipités dans leur maison, mais des éclats d’obus traversèrent la mince épaisseur de la porte, prenant la vie de leur mère âgée de 42 ans, qui s’appelait aussi Aminata et de ses trois enfants, Zeinab, 6 ans, Alean, 10 ans et Ali, 11 ans.
    L’autre Aminata, c’était Aminata Jallo, 30 ans, tuée alors qu’elle était sortie de chez elle avec ses enfants pour les emmener dans un lieu qu’elle estimait plus sûr. Tuée sur le coup par un missile, son fils Saida âgé d’un an seulement qu’elle portait sur son dos a miraculeusement survécu.
    Il y a certainement eu d’autres civils tués par les bombardements de l’armée française. On voit déjà qu’on ne peut pas compter sur la presse hexagonale pour nous en parler.
    Mais peut-être qu’elle aussi fait son travail ?

    http://mounadil.blogspot.com/

  • permalien patrice :
    3 février 2013 @15h11   « »

    Suite.

    Tout le problème, étant pris en considération "les intérêts français", dont on nous rabâche les oreilles, est que Total ne paie pas d’impôts en France. Dans le même temps, je doute que les sociétés françaises implantées dans cette région du monde déclarent leur IS dans l’hexagone. En bref, on fait payer aux contribuables français une guerre qui va profiter aux multinationales sensées être hexagonales. Ca n’est guère nouveau. Mais on est en droit de douter des convictions socialistes de Hollande, qui dénonçait pourtant ce type de politique quand Sarkozy était aux manettes.
    On n’est pas loin de la politique bushiste, qui a ruiné l’Amérique tout en engraissant Halliburton et agonistes.
    Ni les français ni les maliens ne toucheront un sou de la manne à venir. En revanche, Total, le Qatar, et le PS vont se régaler.
    Les intérêts français ont bon dos.

  • permalien patrice :
    3 février 2013 @15h23   « »

    @Sakhra
    Merci pour ces quelques infos qui comblent un peu le vide abyssal de la télé hexagonale : Pas un mot sur les combats, pas une image, pas un seul témoignage en provenance des zones de combats. C’est du jamais vu. Le niveau de la censure est sans précédents en France, pire encore que durant l’intervention en Libye. On nous répète juste que les journalistes ne peuvent atteindre le front, même en embedded, sans que personne ne dénonce cette anomalie invraisemblable. Il faut dire que Hollande vient de nommer son âme damnée à la tête du CSA.
    Mitterrand gouvernait à droite, mais il respectait quand même au moins le droit à l’info. Avec Hollande, on a juste le droit de deviner. Ce type est le clone de Sarkozy.

  • permalien JM Masson :
    3 février 2013 @15h50   « »

    Rien de tel qu’une bonne guerre, ou qu ’un sujet de société comme le mariage pour tous pour faire passer au second plan d’autres sujets, sans doute " sans intérêt" comme les crises économiques, financières, environnementales, sociales et autres...
    Quelques super- "experts" et hop !... le tour est joué !
    http://jmmasson.wordpress.com

  • permalien kefrenes :
    3 février 2013 @19h01   « »

    je ne c est (lavictoire en chantant) je suohaite simplement que l on regarde du cote de la lybie ou la situation apres intervention de l albion et de sa cousine hitorique la france pour le meme peuple une grande division et de grande soufrance ,a cest deux gouvernement je leurs pause une question ? que faite vous pour ammelioree lasituation

  • permalien PrNIC :
    3 février 2013 @19h01   « »
    Mali, Tu pearles d’une victoire !!!

    75% des Français ( en réalité 75% des Sondés ) soutiennent l’intervention militaire au Mali. Enquête BVA 14 et 15 janvier . Publiée par Le-Parisien-Aujourd’hui en France.
    Ce qui laisse supposer que 25% ne la soutiennent pas ! Mais dans quels médias ces 25% ont ils la parole pour exprimer leur refus de cette guerre néo coloniale ????
    ( journalistes , ne vous précipitez pas à répondre , svp )

    Merci au diplo pour l’expression des "anti-guerre"
    http://www.petitions24.net/stop_gue...

  • permalien jgn :
    3 février 2013 @19h25   « »
    Croisade ? Quelle croisade ?

    "Rien de tel qu’une bonne guerre, ou qu ’un sujet de société comme le mariage pour tous pour faire passer au second plan d’autres sujets, sans doute " sans intérêt" (...)"(JM Masson 3 février @15h50(

    Bien d’accord avec vous.
    Et je m’interroge sur l’acronyme de GPA ( "gestation pour autrui"). Pourquoi les porte-voix de l’inhumain ne parlent-ils pas aussi de MPT ("mariage pour tous"). Auraient-ils quelque trace de pudeur ?

    Ce monde ne parle jamais que de lui-même, une forme de sa publicité - certains préféreront dire propagande -, en désignant les religieux comme des barbares, quand les religieux prétendent encore mettre l’Homme au centre du monde, bien qu’inversé.
    Voilà bien une inacceptable prétention quand l’Occident EST, du droit divin de la toute-puissance de ses canons, l’EXCLUSIF propriétaire de l’Humanité comme concept, développé à l’envi (on en reconnaîtra l’usage dans la forme juridique de « crime contre l’humanité », sorti d’une guerre, encore une.

    C’est bien pourtant cette société occidentale qui, par son mécanicynisme a poursuivi la forme la plus aboutie de la réification de l’homme, jusqu’à ne faire plus du vivant même - après l’évacuation de l’esprit comme quantité négligeable, intraitable jusqu’à récemment ; cela est en passe de changer -, qu’une mécanique recomposable à volonté, notamment par le biais de la médecine - première discipline du genre, avant la chimie qu’elle s’adjoint -, mais aussi bien de la publicité, du nourrissage, de l’urbanisme, ...

    Montrer les musulmans comme des bouchers est d’abord une manière de dire combien le TPI est une institution respectable, combien l’Occident et ses prétendues 40 « valeurs » - son « Progrès » sous l’égide de la bienveillante « science », de la « bienveillante » technologie, et, plus en amont, de sa divinité première, l’Économie - est l’UNIQUE humaniste et, à ce titre, ne peut qu’être l’UNIQUE modèle pour la planète entière afin qu’elle aussi puisse, enfin, se gaver à loisir, (oui ! les habitants du Bengladesh ont, eux aussi, le « droit » à 3 voitures, à la télévision en guise de montre, ... à l’huile de palme « génétiquement modifiée pour nourrir la planète ». Comment saurions-nous, humainement, leur refuser cet indicible bonheur ?).

    « Mobiliser » contre l’"obscurantisme" et ses monstruosités désignées complaisamment au public, tel est, D’ABORD, l’enjeu de toute croisade : CONVAINCRE ses propres populations - quand elles auraient toujours plus de raisons de douter du « bonheur insoutenable » qu’on leur vend - qu’il ne saurait y avoir d’autre humanité possible que celle que concocte dans ses laboratoires, protège et dissémine la bienveillante ET SACRO-SAINTE Économie, laquelle rapporte justement à ses grands-prêtres et moines-soldats le prix de leurs bons et loyaux services.

  • permalien Shanaa :
    3 février 2013 @19h33   « »

    Sakhra : "Il y a certainement eu d’autres civils tués par les bombardements de l’armée française. On voit déjà qu’on ne peut pas compter sur la presse hexagonale pour nous en parler.
    Mais peut-être qu’elle aussi fait son travail ?"

    En somme, un scénario à la libyenne dont on ne saura pas le bilan humain et matériel. Le consensus étant quasi total. A faire palir Gobbels.

  • permalien Shanaa :
    3 février 2013 @19h38   « »

    Patrice : "On n’est pas loin de la politique bushiste, qui a ruiné l’Amérique tout en engraissant Halliburton et agonistes.
    Ni les français ni les maliens ne toucheront un sou de la manne à venir."

    Tout à fait d’accord. Le capitalisme, enfin, je ne sais pas si c’est vraiment du capitalisme, a pris une tournure trés étrange.

  • permalien Tang Al :
    3 février 2013 @19h44   « »

    Une petite contribution sur le timing parfait et, bien entendu, "involontaire" de la visite éclair de notre président à Tombouctou :

    http://boufcemon.blogspot.fr/2013/0...

    Si vous la trouvez intéressante, n’hésitez pas à la diffuser.

  • permalien jcpres :
    4 février 2013 @01h09   « »

    Du courage politique pour un engagement qui s’oppose en son fond ! C’est vrai que les fondamentalistes de Gauche ont reçu la gifle de leur vie. Jaurès en eût fait un tour dans son cercueil... Contexte oblige, l’intervention militaire au Mali est une réponse à ceux qui auraient des intentions terroristes malveillantes à l’encontre de la France et de l’Europe. Le Mali où un autre pays ; l’important était de démontrer aux djihadistes qu’un pays socialiste est capable d’engager sa nation dans le combat ! C’est tout ! Les intérêts économiques demeurent intacts ; quant au néocolonialisme, il se confond avec le monde des affaires africaines, en l’occurrence. La France a toujours été présente en Afrique que ce fût officiellement ou bien de manière diplomatique avec les marchés. Tout le monde semble étonné d’un comportement tout à fait normal de la part du politique ! La critique journalistique aurait-elle perdu de vue l’essentiel de la politique ? A lire sur ce blog : http://jcpress.over-blog.com/ Jean Canal pour http://presselibre.fr/

  • permalien venturii :
    4 février 2013 @06h26   « »

    Juba, tenter d’expliquer la position "des touaregs" aujourd’hui en invoquant que "Les Berbéres sont victimes de l’invasion islamique du 7 éme siecle" c’est comme définir la politique actuelle de la France en parlant de Charles Martel à Poitiers en 732. À part le FN, on ne voit pas pour qui ce serait pertinent.
    La bataille de Poitiers en 732 n’a pas empêché la France de vendre récemment des armes ou des musées à l’Arabie Saoudite.
    Par ailleurs, au delà de l’histoire et du mythe touareg que vous invoquez pour votre propre démonstration, il y a au Mali ou au Niger un certain nombre de gens qui eux aussi invoquent cette histoire et ce mythe, et s’en revendiquent, pour des raisons très diverses.

  • permalien Juba :
    4 février 2013 @09h46   « »

    Venturii,
    On ne se revendique pas d’un mythe mais d’une réalité et les raisons sont connues ! ces pays que vous citez sont des créations artificielles du colonialisme qui se sont inspirés du modèle Français qui n’ jamais reconnu les langues et les cultures régionales , le breton se sent plus celte que Français ! il en est de meme des basques, des corses et des Alsaciens ! Si vous demandez à ces peuples ce qu’est la négation de leurs droits culturels, ils vous répondront ce que disent les Touaregs à leurs oppresseurs de l’Afrique du nord, du Sahel et d’ailleurs !

  • permalien jgn :
    4 février 2013 @10h24   « »

    @ jcpres :4 février @01h09

    « (...) une réponse à ceux qui auraient des intentions(...)
    démontrer aux djihadistes qu’un pays socialiste est capable d’engager sa nation dans le combat ! C’est tout ! (...)
    Tout le monde semble étonné d’un comportement tout à fait normal de la part du politique ! »

    Cette guerre au Mali, selon vous, ressort donc de la dite « guerre préventive », par laquelle les puissants en place assoient leur pouvoir - ad vitam æternam, ont-ils encore la prétention de penser, comme tous les empires qui se savent, de fait, finissants -, en éliminant sur leurs seules intentions leurs opposants potentiels !....

    Le beau « socialisme » que voilà ! En quoi est-il donc différent de son soi-disant adversaire idéologique en perpétrant ce genre de « guerre préventive » dans la plus pure tradition bushiste ? en engageant sa nation non pas dans une action défensive mais dans une guerre d’agression caractérisée - si ce n’est à supposer que le Mali soit encore un territoire français ?

    Vous voici donc à trouver tout cela parfaitement « normal », à l’instar, d’ailleurs, de tous vos confrères - petits robots bien huilés qui se contentent de répéter ce qu’on leur aura « conseillé » d’écrire puisque cela est en effet écrit partout en caractère gras et répété partout à l’envi ?
    QUI, dites-le nous donc, « s’étonne » de ce que la France, « pays socialiste » dites-vous - voilà un scoop bien peu fouillé de la part d’un journaleux -, défende ses « intérêts économiques ». Personne, et manifestement pas vous. Et il y aurait nul lieu de s’en « étonner » en effet, mais bien plutôt de s’en INDIGNER, car QUI prétend alors représenter « la France » ? Ceux qui conduisent « ses » affaires, c’est-à-dire, plus précisément - un peu de précision, quand même, ne nuit nullement à qui se prétend journaleux - celles des grands groupes multinationaux qui ne paient aucun impôt en France et qui, néanmoins, entendent que l’ensemble des contribuables français assument, payent et supportent les conséquences de la « défense de LEURS intérêts »

  • permalien jgn :
    4 février 2013 @10h30   « »

    À ce propos, à ce propos vous m’excuserez bien volontiers de préférer répondre à un interlocuteur qui me semble plus sérieux.

    @ Shanaa :3 février @19h38
    « Le capitalisme, enfin, je ne sais pas si c’est vraiment du capitalisme, a pris une tournure trés étrange. »

    Y a-t-il lieu de douter qu’il s’agisse bien toujours du même système de production qui nous enserre et dicte nos conduites selon ses seuls intérêts ?

    Certes, il « a pris une tournure très étrange. » Mais son développement le conduit simplement à toujours plus dévoiler sa véritable nature de système d’exploitation, qui n’a dès lors plus guère de limites si ce n’est lui-même quand il s’évertue, avec tant d’application et de constance, à scier la branche sur laquelle il prospère. Sa tendance de fond, faire de l’argent avec les formidables moyens dont il dispose désormais pour ce faire, a pour conséquence de ruiner ses propres sources et ce avec la brutalité d’un totalitarisme qui n’a plus rien à envier au nazisme qui ne fut pour lui, à cet égard, qu’un petit laboratoire de province.

    Même si ce genre de prospective, nécessairement réductionniste et unilatérale, reste largement critiquable, quelques points me semblent devoir être pris en considération glaner sur celle-ci :

    « Pierre-José Billotte, dans son livre Nous deviendrons immortels, a établi la continuité entre ces rêves germaniques de toute puissance et la mythologie hollywoodienne, (...).
    Il s’agit fondamentalement d’une perspective inhumaine. Elle consiste à préparer le remplacement de l’espèce humaine par une autre en utilisant ce que la science procure par le calcul et les manipulations génétiques.
    Certains estiment cette évolution inévitable. Elle prolonge l’industrialisation.(...) »

    http://reseaux.blog.lemonde.fr/2013...

  • permalien Shanaa :
    4 février 2013 @12h26   « »

    Jgn, merci pour le lien. C’est hallucinant ! A moins d’un imprévu (cygne noir). L’exploitation et la concentration des animaux à l’echelle industrielle devait-elle fatalement déboucher sur les méthodes nazies ?
    En réalité, les personnes éclairées devraient vulgariser les pratiques monstrueuses faites sur les animaux. Tôt ou tard elles se feront sur l’homme.

    "L’idée est la suivante : sous prétexte des besoins de l’homme, on réquisitionne la nature. Et pour réquisitionner la nature, on réquisitionne l’homme lui-même. D’où une formidable contradiction qui aboutit à dire que cette société, depuis le dirigeant jusqu’à l’exécutant, est comme « possédée », au sens des sorciers, par ce processus de réquisition."
    - Thierry Gaudin

  • permalien Shanaa :
    4 février 2013 @12h38   « »

    Que ce soit au moyen-orient ou en Afrique, la décolonisation n’a pas eu lieu. Les puissances coloniales ont mis d’autres outils et marionnettes pour maintenir le statu quo. 60 années plus tard, sur fond de recession, ces situations ont eu le temps de pourrir pour permettre des interventions et changements de régime.
    Quant à la France, elle a toujours agit en Afrique. Les français appellent cette méthode : la FranceAfrique. Pillages, putsh, conflits alimentés n’ont jamais cessé. La nouveauté, c’est le discours belliciste hyper décomplexé, des guerres, le chaos et, surtout, le mensonge et la simplicité des ficelles présentés au public. D’ou la difficulté à saisir la rationnalité de la politique.

  • permalien Shanaa :
    4 février 2013 @14h05   « »

    Ne soyez dupe de rien, ni des modes, ni du terrorisme intellectuel, ni de l’argent, ni du pouvoir. Apprenez à distinguer toujours et partout le Vrai du Faux !
    - Popper

  • permalien patrice :
    4 février 2013 @14h30   « »

    @JC Press
    " l’intervention militaire au Mali est une réponse à ceux qui auraient des intentions terroristes malveillantes à l’encontre de la France et de l’Europe"
    Lorsque différents envahisseurs intéresses se disputent les richesses d’un pays à la fois pauvre et riche, on assiste à des évènements bien curieux.
    - Pauvre et riche, car le Mali regorge de richesses, dont la population ne profite pas.
    - Différents envahisseurs : La France, l’Amérique, le Qatar, les jihadistes. Chacun joue son propre jeu, et noue et dénoue des alliances provisoires, avec le dessein de spolier les autres. L’Amérique a tenté d’avancer ses cartes, à "notre" détriment, et a échoué. Le Qatar en a profité pour foncer, avant de dealer avec la France.
    - Les djihadistes ne sont que les pions du Qatar, des pions assez difficiles à maîtriser, mais que l’émirat tient par le fric. L’armée malienne est tout aussi incontrôlable. Les américains l’ont appris à leurs dépends. A noter le fait que les djihadistes auraient échoué sans la complicité de l’armée malienne, aussi corrompue que les donneurs de leçons d’AQMI. C’est à ces militaires corrompus qui vivent du trafic de cocaïne que la France va rendre le pouvoir.
    - Dans le même temps, côté gens sérieux, on s’achemine vers un pillage du Nord Mali par les multinationales françaises, avec la complicité de la France et...du Qatar.

    Vous commencez à comprendre le film ? Les terroristes d’Aqmi sont les idiots utiles de cette conquête. Quant aux intérêts français, rappel : Hollande ne les défend pas. Il défend les intérêts de Total, qui paie 0 Euros d’IS en France.
    La guerre contre le terrorisme n’est qu’un prétexte vaseux à une guerre qui va faire la fortune de Total, Aréva, Bouygues, etc. Depuis 2001, la guerre contre le terrorisme a multiplié par dix le nombre des fous de dieu. Il y en avait quelques milliers. Il y en a désormais quelques dizaines de milliers, qui disparaîtraient rapidement si nos alliés qataris et saoudiens cessaient de les sponsoriser sans que quiconque n’y voit malice. Et pour cause.

  • permalien patrice :
    4 février 2013 @14h49   « »

    @JGN
    "C’est bien pourtant cette société occidentale qui, par son mécanicynisme a poursuivi la forme la plus aboutie de la réification de l’homme, jusqu’à ne faire plus du vivant même - après l’évacuation de l’esprit comme quantité négligeable, intraitable jusqu’à récemment ; cela est en passe de changer -, qu’une mécanique recomposable à volonté, notamment par le biais de la médecine - première discipline du genre, avant la chimie qu’elle s’adjoint -, mais aussi bien de la publicité, du nourrissage, de l’urbanisme, ..."

    Tout celà est fort bien exprimé, et je vous en remercie, mais...
    Il est coutumier chez les thuriféraires des "autres" civilisation de réhabiliter, ou tenter de réhabiliter, un mode de pensée anti matérialiste, voire en opposition avec les principes de la DUDH, au seul prétexte des dérives coupables du système économique y associé, à savoir le système capitaliste occidental.
    Sachez donc qu’il conviendrait tout d’abord de démontrer l’incompatibilité entre pensée matérialiste et souci de l’intérêt général...Qu’il conviendrait aussi de prouver la supériorité éventuelle du mode de pensée religieux sur le pragmatisme logique de la DUDH, en bref :
    On peut très bien organiser une société équitable en se basant sur l’intérêt général, tout en zappant tout ce qui relève d’anciennes croyances infondées pondues au Moyen Age...Ou, si vous préférez : Ne tombons pas d’une erreur à une autre erreur, au seul motif que le matérialisme et les principes d’intérêt général ont échoué à ce jour à susciter un monde meilleur. Le régime saoudien ne vaut pas mieux que le régime américain. Vu de mon balcon, il est même pire.

  • permalien jgn :
    4 février 2013 @17h17   « »

    @patrice
    "Il est coutumier chez les thuriféraires des "autres" civilisation de réhabiliter, ou tenter de réhabiliter, un mode de pensée anti matérialiste, voire en opposition avec les principes de la DUDH, au seul prétexte des dérives coupables du système économique y associé, à savoir le système capitaliste occidental."

    Je n’ai aucun goût pour l’odeur entêtante de l’encens. Si j’ai pu vous le laisser supposer, c’est que je me serais mal exprimé ... ou que vous n’aurez pas su me lire.

    Le matérialisme que l’on laisse croire baigner l’Occident est bien plutôt un spiritualisme de la matière : la matière y est le but avoué, mais l’argent, passage obligé, intermédiaire ouvrant toute porte, est tout l’Esprit de l’Occident.

    Vous parlez - comme s’il s’agissait de coupables, mais bien anodines erreurs de jeunesse -, des "dérives du système capitaliste", auxquelles vous prétendez opposer le vertueux sermon des "Droits de l’Homme".

    C’est là que nos matérialismes diffèrent : de mon point de vue, fondé sur des faits dont mon existence dégorge, le système capitaliste est coupable non de "dérives" mais intrinsèquement, en son cœur même, si je puis dire ainsi d’un monde sans cœur, de la réification de l’homme, de sa transformation en chose sans esprit, tandis que tout l’esprit de l’homme aura donné toute sa saveur à l’argent.

    Ce que vous observez comme "dérive" est bien plutôt la vraie nature du capitalisme, qui s’étale désormais sans pudeur, car non seulement il n’a plus les moyens de dissimuler quoi que ce soit de ses frasques et ravages, mais, de plus, pourquoi seulement le ferait-il quand tout ce qu’on prétend lui opposer est un vague sermon, façon religieux ?
    Si je prononce le mot, c’est qu’ils ne sont pas eux-mêmes sortis du spiritualisme. Rien d’une critique de l’aliénation religieuse - la première critique selon Marx - mais tout du guide encadrant les faits et gestes, à la manière d’un Coran. QUI dicte cela et en fait une loi universelle, une morale ? Les "droits de l’Homme" sont purement formels - c’est là l’esprit même du texte - et nullement soucieux de se donner les moyens de combler le vide entre le formel et le réel. Ces moyens ? la critique de l’essence du capitalisme, qui est une économie de guerre, de rapine, de prédation, et non seulement de ses "dérives".

    Pour le reste, je suis Ok avec vous.

  • permalien patrice :
    4 février 2013 @17h54   « »

    @Jgn
    Tout d’abord, compliments sur le style. On a beau dire, le pire argumentaire se trouve considérablement rehaussé par une formulation agréable à l’oreille de celui qui entend les phrases.
    Ma critique ne portera donc que sur la tolérance.
    Peut on, réellement, et sincèrement admettre une vision du monde basée sur des hypothèses fausses, manifestement fausses, même si on les conteste ?
    Peut on tolérer la rupture avec la base de la connaissance, à savoir, que toute théorie doit être basée sur des faits confirmés, et non sur des hypothèses dont il est facile de deviner l’origine ?
    Or, il se trouve que vous employez des mots qui évoquent "la rupture avec le spirituel", et qui tendent à démontrer que vous avez été ébloui, ou fasciné par une vision religieuse de la réalité.
    Je conçois la tentation, un mélange de tolérance (encore), et de réminiscences d’un enseignement religieux subi.
    Il n’en reste pas moins que le XXème siècle nous a apporté une nouvelle approche des choses, intelligente, au sens littéral, ou non, de la réalité : Toute affirmation doit être prouvée.
    En quoi l’assimilation de l’homme à une machine, que vous dénoncez, est elle contre productive, ou fausse ?
    Contre productive, peut être, mais fausse ?

  • permalien Shanaa :
    4 février 2013 @19h11   « »

    Jgn : "Le matérialisme que l’on laisse croire baigner l’Occident est bien plutôt un spiritualisme de la matière : la matière y est le but avoué, mais l’argent, passage obligé, intermédiaire ouvrant toute porte, est tout l’Esprit de l’Occident."

    D’ou peut-être le banissement du sacré dans la cité ? Le recul de la philosophie de la poésie ? Bref, tout ce qui inspire de l’émerveillement. Max Weber parlait de "désenchantement du monde". On peut aussi s’interroger sur les guerres menées contre la religion (non des guerres de religion). Les monotheismes ou les philosophies sont donc un obstacle pour démiurges autoproclamés.
    On raconte, qu’une espéce peut disparaitre du fait de son arrogance. Il y a un précédent..

  • permalien K. :
    4 février 2013 @22h18   « »

    GRAND JEU SAHÉLIEN
    Mali : les véritables causes de la guerre
    PAR EROS SANA (4 FÉVRIER 2013)

  • permalien jgn :
    4 février 2013 @22h24   « »

    @ patrice : 4 février @17h54
    Je ne pense pas devoir remercier pour vos éloges sur mon "style", cheval de Troie ... pour la prise de je ne sais quelle citadelle.
    Alors même qu’il me semblait être globalement en accord avec vos propos par ailleurs, me voici la cible d’un bien mauvais procès.

    Vous semblez me reprocher ma tolérance.
    Mais où donc trouvez-vous dans mes propos une quelconque acceptation « d’une vision du monde basée sur des hypothèses fausses, manifestement fausses. » Merci de me le faire savoir en toutes lettres, car, ainsi que vous le rappelez vous-même, « Toute affirmation doit être prouvée. »

    « Je conçois, me dites-vous, la tentation, un mélange de tolérance (encore), et de réminiscences d’un enseignement religieux subi. » !... Vous voici donc saisi de visions soudaines, ... pour nous faire, l’instant d’après, une leçon de rationalisme pur et dur :
    « (...) le XXème siècle nous a apporté une nouvelle approche des choses, intelligente, au sens littéral, ou non, de la réalité »
    Le 20è siècle nous a aussi apporté l’irrationalisme le plus accompli sous les chenilles de ses Panzer !

    « En quoi l’assimilation de l’homme à une machine, que vous dénoncez, est elle contre productive, ou fausse ? » me demandez-vous.
    Désolé ! je crois que nous ne nous comprenons décidément pas. Qu’ai-je à faire qu’elle soit « contre-productive » quand elle suppose l’obsolescence de l’homme, son anéantissement, le morcellement de sa totalité en de multiples fragments opposés les uns aux autres, son remplacement au profit d’un totalitarisme.
    Revêtu des oripeaux de la science dressant face à l’homme les aiguilles d’une technologie oppressive et, par essence, sans état d’âme, il a toutes les tares du religieux, dans le fétichisme qui le fonde et la bureaucratie intrusive qui le soutient, sans en présenter aucun des futiles attraits.
    Ainsi apercevons-nous, depuis deux décennies, au moins, cet étalage de toute-puissance de la technique face à ce qui, dans le scénario hollywoodien, n’a plus que la figure d’animaux (gentils) incapables de résister. On l’aperçoit dans le développement de ces guerres asymétriques, comme dans ces historiettes de la dissuasion : au hasard, La Guerre des étoiles, Soldier, Avatar,etc ...). Neo-vision du monde, avec ses neo untermenschen.

    Je l’ai déjà écrit ici, ce système ne parle jamais que de lui-même ; c’est de lui qu’il nous entretient dans l’ennemi qu’il désigne à notre haine. Choisi, non par hasard, non seulement comme « idiot utile », comme vous l’écrivez, mais d’abord comme son alter ego, « mauvais fétiche », religion à abattre car concurrente à la marchandisation du monde.

  • permalien jgn :
    4 février 2013 @22h44   « »

    @Shanaa : 4 février @19h11 « 
    « le banissement du sacré dans la cité ? »
    Du sacré dans la cité, mais il n’y a que cela ... Vous semblez négliger les centres commerciaux !

    « Le recul de la philosophie de la poésie ? Bref, tout ce qui inspire de l’émerveillement. »
    Il me semble, mais peut-être est-ce une simple « vision du monde » que l’émerveillement est d’abord l’effet que provoque la réalisation par l’homme de ses désirs. La communauté réelle, celle qui permet de tels accomplissements, voilà ce qui me semble source d’émerveillement, quand elles se trouvent à même de réaliser l’art et la philosophie. Tout le reste n’est, à mes yeux, du moins, qu’illusion.

    Les monothéismes ou les philosophies ne relèvent pas du même point de vue, à mon sens, mais il est certain qu’ils constituent un obstacle à la marchandisation du vivant, de l’homme, de la planète et que présentés tels qu’ils le sont, ils paraissent, bien évidement, EN TANT QUE TELS, comme des repoussoirs "obscurantistes" quand l’actuel système de domination se veut, quant à lui, "progressiste".
    Reste à savoir dans quel sens va cette "évolution" à laquelle nous voici soumis, dans laquelle nous voici embedded, que nous le voulions ... ou non.

  • permalien Caligula :
    4 février 2013 @23h49   « »

    Je viens d’apprendre que Flamby et Biden, ont décidé de refiler le bébé malien à l’ONU. Un contingent de casques bleus viendrait en appuie de la MISMA, ou alors, la dite MISMA serait reconvertie en casque bleu. Tout ceci pour maintenir la paix. Comme le dit Tieman Coulibali, "maintenir la paix oui, mais entre qui et qui ? Or de question de traiter avec des terroristes." Je rassure tout le monde, Gélatine a l’intention de laisser une force (farce ?) d’action rapide a Bamako. Ça plus la base pour les drones américains au Niger, les djihadistes peuvent numéroter leurs abbaties. Pardonnez-moi de ne pas vous mettre le lien, mais j’ai des gros problémes de connexions internet chez moué, et je suis obligé de passer par mon (vieux) téléphone portable.

  • permalien venturii :
    5 février 2013 @05h14   « »

    Juba, là, je vous rejoins tout à fait. Sur les Bretons, les Corses, les Kabyles, ou les Touaregs, on devrait tenir le même langage ethnologique car les problématiques sont beaucoup moins différentes qu’il n’y parait. Mais du coup, ça met en relief la difficulté à décrire le monde citadin dans un langage ethnologique ou anthropologique à égalité avec les Bretons, Corses, Kabyles, Touaregs.

  • permalien gloc :
    5 février 2013 @08h17   « »

    @venturii & Juba,

    Je ne crois pas que le tribalisme et le nationalisme s’excluent.

    Il se cumulent dans chaque individus.

    Si le tribalisme correspond aux lois naturelles, le nationalisme répond à une nécessité économique et relève autant de la contrainte par la guerre et l’éducation. Le passage de l’un à l’autre est d’abord gouverné par un besoin d’optimisation économique : la fin des luttes tribales stériles.

    Le répit engendré par la création d’états est d’autant plus court et illusoire que ces états de construisent souvent par la contrainte et qu’un des outils fédérateur de ces états est la lutte contre l’étranger pour construire un sentiment artificiel de sécurité partagée. L’état ne fait qu’accroitre les capacités de destruction et les recours à la guerre.

    Le désastre des conflits mondiaux du XXième siècle a conduit les états à se fédérer et a tenter ce que les conquêtes romaines, les guerres napoléoniennes, les invasions hitlériennes, mais aussi la construction d’empires coloniaux ont raté par la guerre, en s’essayant à la fabrication d’un consentement mutuel.

    En Europe cette construction piétine, parce que les citoyens pour passer du stade national au stade continental doivent accepter la destruction de l’état et accepter des conflits communs aux états contre l’étranger. Faute de mieux, l’Europe est Prix Nobel, pour sa paix interne (mais pas pour ses guerres externes dans le cadre de l’OTAN, comme "armée privée").

    La déconstruction des états-nations conduit à un sentiment d’insécurité tant que l’adhésion des citoyens aux nouvelles structures n’est pas acté. C’est la référence au tribalisme qui s’impose, parce que l’état n’est plus perçu comme protecteur. Ce nouveau tribalisme peut-être virtuel et explique le succès des réseaux sociaux.

    Alors le racisme redevient une valeur de référence, c’est le "poque" dans un monde cyber-métissé.

    C’est dans ce sens que l’intervention française au Mali était un double échec avant même sa conception. Elle consiste à imposer artificiellement un état-nation d’une autre époque à un continent en construction, et a été incapable de fédérer les états européens dans un conflit commun. Le manque d’enthousiasme des états africains à s’unir dans ce conflit n’a d’égal que l’étonnement amusé des états européens à l’initiative française.

    Les grands Etats centralisés sont un risque de guerre, par Tobias Salander, historien

  • permalien Juba :
    5 février 2013 @09h54   « »

    On parle d’organisation tribale et non de tribalisme et de la difficulté de vivre sous l’étandard de ces Etats nations qui ont été incapables de batir des nations pour le bien etre des peuples qu’ils confondent trop souvent avec leur bien etre et celui de leurs serviteurs zélés d’ou leur rejet. Si je ne trompe pas, la partition de l’ancienne Tchechoslovaquie est due sans doute au sentiment d’appartenance à une autre nation mais aussi pour une raison d’ordre économique puisque l’une des ethnies vivait dans une région plus riche que l’autre ! S’agissant du cas particulier de l’Afrique, qui n’a connu que des famines, des guerres civiles accentuées par un sous-développement latent alors on se tourne vers une forme d’affirmation de son appartenance tribale comme rempart contre l’injustice . cette forme de repli sur soi se développe en Europe avec l’avénement de l’extreme droite partout dont les programmmes politiques sont axés principalement sur les aspects raciaux que sur les problémes économiques ! S’agissant du Mali, toute victoire sur les forces du mal doit etre encouragée et la cerise sur le gateau serait l’aide de la France pour la construction d’un Etat démocratique ici et partout car son absence entrainera d’autres tragédies pour un continent fatigué !

  • permalien arndebian :
    5 février 2013 @10h45   « »
    Après le Mali, a qui le prochain ?

    Après l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie maintenant le Mali.

    Quelle sera la prochaine ?

    On parle beaucoup de l’Algérie en ce moment.

  • permalien Sakhra :
    5 février 2013 @10h46   « »

  • permalien Shanaa :
    5 février 2013 @11h35   « »

    "Reste à savoir dans quel sens va cette "évolution" à laquelle nous voici soumis, ..."

    Je ne crois pas à une "évolution", mais à un retour des vieux démons aprés un répit d’un demi siécle : La sphére occidentale en recession se remet aux guerres, aux pillages, aux massacres. Paralellement, d’autres démons assoupis se réveillent : militarisation du Japon, retour des revendications ethniques, religieuses, divisionnisme exacerbé.

    "...dans laquelle nous voici embedded, que nous le voulions ... ou non."

    Toute résistance semble difficile. En effet, avec la guerre au terrorisme, il devient difficile de distinguer le "résistant" du "terroriste". Pour illustrer : Certains disent que le "Hamas" est un groupe de terroristes. D’autres le considérent comme un mouvement de résistance. Le chaos est à tous les niveaux.

  • permalien Shanaa :
    5 février 2013 @11h37   « »

    Jgn, mon précédent post. s’adressait à vous.

  • permalien Juba :
    5 février 2013 @12h09   « »

    Arndebian,
    le peuple Algérien dans son écrasante majorité moins les opportunistes de tous bords souhaitent la fin du régime mafieux qui y sévit mais il y’a ce mais qui fait que nous considérons que l’Algérie ne mérite pas d’etre detruite à cause de ces énergumènes car ce serait leur donner raison ! les épreuves, ce pays en a connu les orphelins de ces criminels islamistes et de ce DRS, non moins criminel ! continuent de poser la question pourquoi leurs pères sont morts ? et puis faire une révolution pour mettre l’Algérie entre les griffes de ces laches illuminés après l’avoir oté à ces geux cela n’en vaut pas la peine ! le tour de l’Algérie ! L’Algérie a déja éte victime de la meme conspiration avec les memes acteurs et les memes arguments peut on lui reprocher d’avoir vaincu l’hydre intégriste islamiste ? Est ce un tort de l’avoir vaincu ? Si tel est le cas, alors rentrez chez vous et laisser faire car vous ne pouvez les combattre au Mali et les aider en Syrie et ailleurs car les memes causes produisent toujours les memes effets !

  • permalien patrice :
    5 février 2013 @14h00   « »

    @Juba
    "S’agissant du Mali, toute victoire sur les forces du mal doit etre encouragée et la cerise sur le gateau serait l’aide de la France pour la construction d’un Etat démocratique ici et partout car son absence entrainera d’autres tragédies pour un continent fatigué !"

    Tout d’abord, juste pour mémoire, ne pas confondre ethnie et tribu. La tribu est le groupe "naturel", comme la meute, à savoir l’ensemble des individus dont on a pu mémoriser le visage. Au delà, on rentre dans des structures générées par la civilisation, que l’on peut baptiser "états". Mais le sentiment d’appartenance à un état n’est pas instinctif.
    Fin du hors sujet.
    Je ne vois pas comment la France pourrait contribuer à instaurer un état démocratique au Mali, à supposer qu’elle le souhaitât. Les militaires au pouvoir sont illégitimes à gouverner et exhaustivement corrompus. Les élites qui pourraient se substituer aux militaires sont également corrompues. "Nous" allons donc être amenés à pousser en avant des gens prêts à nous brader le pays en échange du pouvoir et des avantages liés à ce pouvoir. Il n’existe pas au Mali de forces politiques cohérentes et structurées dotées d’un programme incluant, par exemple, des services d’état et une renégociation des accords avec les multinationales. Game over.
    Le Mali est juste un os que se disputent les prédateurs. Les français vont s’accrocher, les qataris, essayer de faire du chantage, les américains, tenter de revenir. Quant à l’Onu....

  • permalien patrice :
    5 février 2013 @14h03   « »

    @JGN
    J’avais, en effet, mal saisi votre propos. Il y a, certes, loin de la gadgetophilie à la science, à supposer que le terme gadgetophilie soit reconnu par l’Académie.
    Nous sommes donc d’accord, contre toute attente.

  • permalien gloc :
    5 février 2013 @14h05   « »
    Mali, la victoire en chantant...

    ... l’Hymne à la Joie

    A Strasbourg, Hollande plaide pour une défense européenne

    Fort du succès de l’intervention française au Mali, le président français a livré sa vision de l’Europe ce mardi devant le Parlement de Strasbourg, appelant les Européens à se doter d’une « défense européenne ». Sur le front budgétaire, qui s’annonce particulièrement compliqué, François Hollande reste prudent : « Un compromis est possible, mais il doit être raisonnable. »
  • permalien patrice :
    5 février 2013 @14h14   « »

    @Juba
    Complément d’analyse.
    Les guerres de décolonisation ont fait naître des mouvements politiquement et idéologiquement structurés qui visaient précisément l’affranchissement des colonies par rapport aux intérêts occidentaux. L’objectif de ces mouvements : récupérer la richesse nationale, et en faire profiter les indigènes. Puis, graduellement, ces pouvoirs révolutionnaires ont cédé aux avantages personnels conférés par la trahison. Ainsi est né le néo colonialisme, beaucoup plus rentable et beaucoup plus confortable pour l’ex colon.
    L’étape suivante a été celle qu’a généré la mondialisation. L’ex colon est devenu à son tour le colonisé des sociétés privées.
    Le tout est de savoir si Total désire le bien du peuple malien.
    Poser la question, c’est y répondre. Oubliez les forces du bien et les démons jihadistes dont on agite la silhouette pour faire peur aux niais.

  • permalien Salem L :
    5 février 2013 @15h15   « »

    Patrice,
    Les forces patriotiques qui ont libéré nos pays ont été supplantées par les forces atentistes qui n’étaient intéressées que par la fin des guerres pour s’accaparer le pouvoir comme les appelle Coluche " les flanqués de la guerre" Il s’agit d’indépendances inachevées et confisquées ! Aujourd’hui, l’Angola aide son ex puissance coloniale le Portugual pour sortir de la crise ! L’Agérie en fait peut etre de meme pour la France ! Le colonialisme a ceci de particulier et c’est valable partout " Se venger des forces patriotiques qui l’ont combattu "

  • permalien patrice :
    5 février 2013 @17h03   « »

    @Salem L
    J’ai bien peur que le patriotisme ne soit un concept dépassé. La mondialisation a réussi ce que les gauchistes ont échoué à réaliser, à un détail près : Ce ne sont pas les "travailleurs de tous pays" qui se sont unis, mais les multinationales qui se sont mises d’accord entre elles, de manière plus ou moins cohérente, pour dépouiller le blaireau, c’est à dire nous.
    C’est la vie.
    En attendant, mourir pour la patrie a toujours été très con. Il y a ceux qui déclenchent les guerres, et ceux qui les font. A la limite, je me sens plus proche de ceux qui les déclenchent. Au moins, ils réfléchissent.
    Mais bon...Juste un petit coup de blues.

  • permalien jgn :
    5 février 2013 @17h10   « »

    @patrice 5 février @14h03 «  »
    "(...) Il y a, certes, loin de la gadgetophilie à la science (...).
    Nous sommes donc d’accord, contre toute attente.
    "

    Le "contre toute attente" est sympathique !.... Un auteur que j’apprécie écrivait en substance : "quand quelqu’un se dit d’accord avec moi, je cherche où je me suis trompé".
    Pour ce qui est d’être "d’accord"....

    Votre terme de gadgetophilie inverse le rapport au monde de l’homme réifié, dont le malheur n’est pas son goût des gadgets, mais sa réification même, à laquelle ce qui reste de science en ce monde participe "en toute inconscience", détournée, retournée dans son propos qui n’est plus d’éclairer l’univers - dans lequel l’homme a à faire son petit nid douillet -, mais bien de l’obscurcir, de l’anéantir toujours davantage. Son monde lui échappe et se retourne contre lui, avec la bénédiction de la Science en un fétiche auquel il n’a guère d’autre choix que d’adhérer.

    Dans la question particulière qui nous occupe, cette guerre néo-coloniale, au prétexte d’une guerre aux islamistes, d’une guerre à l’obscurantisme, il ne s’agit nullement - comme on le prétend - d’une guerre de la modernité et de la Raison contre l’obscurité, d’une critique la religion - par le biais d’une guerre à ses effets barbares -, mais d’une guerre du point de vue d’une religion inavouable, celle de l’argent.
    En rien une critique de l’aliénation religieuse, mais une critique du fait que ces religieux ne consomment pas, tant il est vrai que leur religion pourrait n’être que ce qui leur reste après le passage de l’Attila occidental (voir le lien laissé par K. sur les raisons de la guerre), un substitut à la consommation du paradis marchand, quand le dit paradis n’est accessible que par ceux qui se trouvent posséder la grâce, c’est-à-dire l’argent.
    En tant que pauvre, l’islamiste est la figure parfaite d’une représentation de la lutte réelle contre la spoliation, mais une représentation aliénée.

    Le principe unitaire des monothéismes comble l’homme aliéné, mais ni plus, ni moins que l’homme occidental, quand son fétiche - la marchandise - ne dit rien d’autre qu’il ne saurait exister d’autre dieu que la marchandise et que l’argent est son prophète.
    L’homme à l’image de ses multiples facettes, l’homme fragmenté, n’est pas accessoirement gadgetophile. Il est, en tous les actes de sa vie, jusques sous la couette, dans ses pensées et ses rêves, un jouet de la marchandise, sa "créature", et l’économie est sa morale. L’écologie s’en révéle la digne successeuse. C’est validé par l’Académie "successeuse" ?

    Mais enfin, pour la tranquillité de chacun, bien sûr, je me rangerai à votre conclusion. Nous sommes d’accord, n’est-ce pas ? Comme quoi, on peut paraître d’accord sur des évènements, sans être d’accord sur l’essentiel qui est pourtant au cœur de ces évènements.

  • permalien jgn :
    5 février 2013 @17h36   « »

    @Shanaa :5 février @11h35
    « un retour des vieux démons aprés un répit d’un demi siécle » _ 
    « Un répit » ? Mais pour qui ?
    La guerre de pillage n’a JAMaIS CESSÉ. Elle est fondatrice du Capital. C’est par l’extorsion qu’il se constitue, et quand ce n’est pas de peuples exotiques, c’est toujours de ses propres concitoyens.
    SANS EXTORSION, PAS DE CAPITAL. La dite lutte des classes est d’abord et quasi exclusivelment jusqu’à nos jours, la lutte d’UNE UNIQUE CLASSE, celle des spoliateurs, organisée pour et par la spoliation.

    Le « changement", si l’on peut dire, consiste en ce que l’Occident, je veux dire ses peuples, sont obligés de prendre conscience que la guerre existe et de rapproche de leurs « abris », et ce au moins pour deux raisons :
    - La première est qu’après avoir tout pillé, le Capital doit à présent se tourner vers ce qui reste, à savoir là où a été en quelque sorte épargnée la pauvreté à la grâce - si je peux me permettre une telle stupidité - de deux guerres mondiales, dont l’une a marqué une rupture sans précédent : la bombe lancée sur deux villes, sans raison autre que l’expérience de leurs effets, a marqué pour un temps la supériorité sans pareille des armes de destruction massive de l’Occident, ce qui lui laissait en effet un répit, et c’est ce dont ont en quelque sorte « bénéficié » ses pauvres ;

    - La seconde est que le spectacle de la guerre et du chaos constitue lui-même une arme de dissuasion massive, c’est-à-dire une arme de gouvernement (domination) des pauvres de l’Occident, lesquels sont en passe, aujourd’hui, de critiquer ce monde absurde ; ils en ont les moyens ; il s’agit de les en dissuader absolument et de leur désigner un repoussoir, un « ennemi », une « menace » et dont la toute-puissance de l’Occident est censé les protéger, comme ce fut le cas, pendant un demi-siècle grâce à l’équilibre de la Terreur.

    « Toute résistance semble difficile. En effet, avec la guerre au terrorisme, il devient difficile de distinguer le "résistant" du "terroriste" (...) ».
    C’est là en effet l’enjeu de cette guerre de dissuasion menée par la classe dominante contre ses populations. Son maintien au pouvoir dépend D’ABORD de cette guerre dans les mots, d’une organisation délibérée de la confusion.

  • permalien patrice :
    5 février 2013 @18h35   « »

    @Jgn
    "Mais enfin, pour la tranquillité de chacun, bien sûr, je me rangerai à votre conclusion. Nous sommes d’accord, n’est-ce pas ? Comme quoi, on peut paraître d’accord sur des évènements, sans être d’accord sur l’essentiel qui est pourtant au cœur de ces évènements."

    Tout d’abord, je me dois de confirmer le fait que j’ai grand plaisir à vous lire, même si nous sommes d’accord, ce qui est navrant dans un débat.
    J’entendais par "gadgetophilie" ce travers de l’imbécile qui utilise les artéfacts du monde moderne sans comprendre leur fonctionnement, tout en vouant une sorte de culte au concepteur, et par extension, au système de pensée capable de concevoir les miracles du quotidien. Notons au passage le pouvoir démonstratif du gadget, et son corollaire : La manifestation mesurable d’incompétence de qui ignore tout des sciences, entre autres, le sous développé religieux, en dépit de son humanité et de son aptitude à la poésie.
    Vous critiquez, à juste titre, la "réification" de l’occidental, cet être qui a oublié une part de lui même, son feeling, ou son aptitude artistique (?). Difficile de s’opposer à cette vision des choses, même si l’art est condamné par ceux là mêmes qui sont asservis à son emprise, à savoir, les religieux.
    En résumé, pas trop d’objections à votre analyse, en attendant la contestation de ma reddition, mais peu importe. Ce sera un plaisir de vous lire.

  • permalien patrice :
    5 février 2013 @18h53   « »

    @Jgn
    Je note quand même le fait que la "réification" de l’homme, traduction : Vision matérialiste de l’univers, pas forcément bien comprise, incite quand même à une forme de pragmatisme qui inclut par construction le rejet du fanatisme.
    On pourra bien sûr m’opposer le "culte " technologique, version moderne d’un matérialisme mal compris. Il n’empêche que le principe même de la croyance recule dans les sociétés industrielles.
    J’entends par "croyance", l’acceptation d’affirmations non démontrées. La porte reste ouverte à la contestation, même si la science est confortée par l’argument d’autorité. Laisser la porte ouverte à la contestation me semble une assez bonne chose.
    C’était juste une réflexion en passant.

  • permalien Quitasueños :
    5 février 2013 @20h05   « »

    Je constate sans surprise que pour le Monde diplomatique et beaucoup de ses lecteurs la victoire rapide a des relents de gueule de bois. Allez juste un petit sourire...

  • permalien venturii :
    6 février 2013 @07h36   « »

    gloc, juba, j’essaie - à titre personnel - d’éviter d’employer hors d’un contexte purement ethnologique (ici c’est un blog politique) un mot comme tribu. En fait, je laisse plutôt les ethnologues l’utiliser, je trouve ce mot un peu trop chargé (de polémiques possibles) pour être à l’aise dans son utilisation.
    Mon avis sur le tribalisme, c’est plutôt que tribalisme et nationalisme s’opposent en ce que dans le nationalisme, on se définit par d’où on est (de ce village, de cette ville, région, pays, continent etc.) tandis que dans le tribalisme, on se définit par de qui on est, i.e. de qui on est fils, fille, frère, sœur, cousin, etc.
    Pour moi le tribalisme n’est pas un mode de vie, c’est une manière d’être qui donne la priorité aux structures de parenté, alors que la nationalisme donne la priorité à la localisation, ou par procuration, à un groupe (État, région) assimilé à un territoire.
    Dans le nationalisme, la parenté est privée. Dans le tribalisme, elle est la première structure publique. E.g. un douar, celui des Ould Cadi. Ould, walid, ouled, fils de.
    Ensuite, il y a des nuances. En Espagne par exemple, il y a trois nationalisme, le nationalisme espagnol qui est impérialiste ("el idioma del Imperio"), le nationalisme basque qui est ethnocentrique (centré sur des particularismes linguistiques, géographiques, voire même physiologiques - le groupe sanguin O), et le nationalisme catalan qui est universaliste.
    De même, le tribalisme amazonien est différent du tribalisme saoudien.

  • permalien venturii :
    6 février 2013 @08h11   « »

    Traiter de façon similaire les particularismes bretons, basques, kabyles, touaregs, ça ne signifie pas qu’aujourd’hui les problématiques bretonnes ou touaregs soient similaires. C’est plutôt qu’à des époques différents elles l’ont été.
    Mon impression - ce serait à des ethnologue de le dire - est que l’ethnologie française s’est développée au moment où la paysannerie française disparaissait, et qu’elle s’est développée en lien avec cette disparition autant qu’en lien avec la colonisation.
    L’éthnologie française est fondée par Marcel Mauss, 1872-1950, le gros de sa carrière en ethnologie à partir de 1901-1920.
    La Première Guerre Mondiale est un tournant pour la paysannerie en France, les hommes quittent les exploitations pour l’armée, les femmes vont travailler dans les usines. Pour couronner le tout, la Première Guerre Mondiale est aussi l’avénement de l’automobile (les Taxis de la Marne) et la disparition des chevaux et de toute l’économie rurale qui tournait autour des chevaux (notamment le halage des bateaux, les maréchals-ferrants, la gestion du fourrage).
    La paysannerie française ne se relèvera pas de la Première Guerre Mondiale (ni de la colonisation car que l’agriculture des colonies a eu un impact sur l’agriculture en métropole).
    La paysannerie française a vécu pendant la révolution industrielle ce que les particularismes vivent aujourd’hui dans les anciennes colonies. L’exode vers les villes. La destruction des structures rurales.
    En fait, l’éthnologie française est allée chercher et étudier dans les colonies une ruralité qu’elle a vu et laissé détruire sous ses yeux. Parce que la France est un État férocement jacobin et centralisateur, il n’était pas question de particularismes en métropole, c’était bon pour les bédouins. Et dans le cas des bédouins ou des dogons, c’était passionnant, ça justifiait un regard ethnologique.
    J’ai beaucoup aimé les livres de Griaule sur les Dogons, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que c’est un regard sur une ruralité par procuration.

  • permalien venturii :
    6 février 2013 @08h17   « »

    C’est pour cette raison aussi que je n’aime pas beaucoup l’idée de "vendre de la tribu urbaine" : c’est reporter sur la cause de la disparition de la ruralité (l’exode rural vers les villes né avec les villes) un discours ethnologique sur les tribus qui a été inventé précisément pour parler de ruralité coloniale par procuration quand on voulait éviter de parler - avec ce même langage ethnologique - de la disparition de la ruralité métropolitaine.
    C’est d’autant plus dérangeant de faire appel faussement à cette ruralité exotique pour décrire la ville que le matériel historique ne manque pas pour décrire l’évolution citadine. Il y a une sociologie citadine à Rome sous Auguste, à Florence sous les Médicis, à Pékin au temps de Marco-Polo.
    C’est la ville qui décide du langage interprétatif dominant -
    dominant car interprétatif, on est dans une société de l’information où "il faut définir ou bien être défini" (i.e. défini par un modèle dominant) - et c’est la ville qui décide de ce qui est sociologique (la ville) ou ethnologique (la ruralité). Et la sociologie de la ville s’offre même le luxe épistémologique de se vendre une image ethnique, avec des clubs de consommateur (ah oui, on dit des initiateurs de marché) qui jouent à la tribu.
    J’ai beau être 100% citadin, je trouve que c’est de l’abus de pouvoir sémantique caractérisé.

  • permalien jgn :
    6 février 2013 @13h01   « »

    André-Marie Pouya,

    (...)
    8- Le Mali et le Burkina Faso, des voisins, vivent un retour de bâton historique. Ces deux pays avaient été les premiers, à l’heure des "indépendances" de 1960, à exiger l’évacuation des bases de l’armée française de leurs territoires respectifs. Voilà, aujourd’hui, les Maliennes et les Maliens obligés d’accueillir, et dans l’enthousiasme, le retour de l’armée française sur leur sol ! Voilà le gouvernement burkinabé qui accorde, avec gêne et pudeur, l’autorisation à l’armée de l’ex-puissance coloniale d’y stationner soldats et matériels de guerre ! _ 

    9- Les islamistes auraient besoin de quelques cours de sciences politiques et d’études stratégiques : non seulement, dans leurs expéditions, ils courent vers une mort certaine, un suicide, mais encore, leurs actions, non pesées, produisent des résultats contraires à leurs objectifs initiaux. En effet, prétendant faire le djihad (Guerre sainte) à l’Occident, ils lui procurent une occasion en or de s’installer militairement dans leurs bases, pour un bail indéterminé. Ainsi, les États-Unis, qui avaient en vain cherché un pays africain pour abriter le Commandement de l’armée américaine pour l’Afrique (AFRICOM), se voient proposer, par le Niger, le droit de positionner leurs drones à sa frontière avec le Mali, l’Algérie et la Libye. A la barbe des islamistes…

    http://leplus.nouvelobs.com/contrib...

  • permalien patrice :
    6 février 2013 @15h09   « »

    @Jgn
    Lorsque, peu avant la première guerre du Golfe, Saddam a été poussé à envahir le Koweit, le but était sans doute l’installation à terme de multiples bases américaines en AS, dans les Emirats, et en Irak. Il s’agissait alors de "sécuriser" une région du globe vitale pour les économies occidentales. On pourrait dire que Saddam a été berné, mais pas seulement lui. La population d’Arabie a été bernée par ses dirigeants, sans doute complices des américains, et déjà à l’époque, des socialistes français.
    Sans doute révoltés par cette manœuvre, certains islamistes radicaux comme Ben Laden ont lancé leur jihad, jihad qui a instantanément été récupéré et manipulé par l’Occident, toujours dans le même but : Asseoir sa domination militaire.
    Le rôle des dirigeants saoudiens et qataris est intéressant à étudier et décrypter. Il paraît incohérent à première vue alors qu’il s’inscrit parfaitement dans un plan global, celui d’un complot au sein duquel ces dirigeants échangent leur participation contre leur sécurité personnelle, sans parler de leurs intérêts financiers.
    C’est pourquoi je pense que les djihadistes du Mali n’ont fait qu’obéir aux consignes du Qatar, du début à la fin. Ils auront désormais pour tâche de déstabiliser d’autres zones pétrolières, ou riches en minéraux. A noter au passage le fait que les américains ont été mis sur la touche, provisoirement, par le rusé Flanby, lequel semble contrôler la situation. Reste à parfaire la maîtrise des médias, qui sera difficile à justifier maintenant que le Nord Mali est sous contrôle....Cacher, par exemple, les exactions de l’armée malienne, laquelle a entrepris d’exterminer les touaregs.
    Ceci dit, rappel : Les touaregs, tout le monde s’en fout.

  • permalien Sakhra :
    6 février 2013 @15h17   « »

    Le regard de Boubacar Boris Diop sur la situation au Mali :

    Dans cette affaire, quels reproches très précis peut-on formuler aujourd‘hui contre la France ?

    Ici aussi, il suffit de remonter le fil des évènements. Après avoir assassiné Kadhafi dans les conditions scandaleuses que l’on sait, L’Etat français a cru le moment venu de confier la sous-traitance de la guerre contre Aqmi et le Mujao à la rébellion touarègue. Comme vient de le rappeler Ibrahima Sène dans une réponse à Samir Amin, Paris et Washington décident alors d’aider les Touareg présents en Libye à rentrer lourdement armés au Mali mais, détail important, pas au Niger où on ne veut prendre aucun risque à cause d’Areva. Les Touareg sont ravis de pouvoir concrétiser enfin leur vieux rêve d’indépendance à travers un nouvel Etat de l’Azawad, allié de l’Occident.

    Certains medias français se sont alors chargés de « vendre » le projet de ces « hommes bleus du désert » qui se préparent pourtant tout simplement à entrer en guerre contre le Mali. Il suffit de faire un tour dans les archives de France 24 et de RFI pour voir que le MNLA en particulier a été créé de toutes pièces par les services de Sarkozy. Ces stratèges savaient très bien que cela allait se traduire par l’effondrement de l’Etat malien et la partition de son territoire. Ça ne les a pourtant pas fait hésiter une seconde. Juppé s’est ainsi permis de minimiser l’égorgement collectif par les Touareg d’une centaine de soldats et officiers maliens le 24 janvier 2012 à Aguelhok et suggéré la possibilité d’un Azawad souverain au nord. Mais au bout du compte, le MNLA qui n’a pas été à la hauteur des attentes de ses commanditaires face aux jihadistes, s’est pratiquement sabordé, ce qui est d’ailleurs sans doute une première dans l’histoire des mouvements de libération. Dans cette affaire, la France est clairement dans le rôle du pompier pyromane. Tout laisse croire qu’elle va défaire les jihadistes, mais sa victoire coûtera aux Maliens leur Etat et leur honneur.

  • permalien Sakhra :
    6 février 2013 @15h21   « »

    Boubacar Boris Diop, Suite :

    Qu’entendez-vous par là ?

    Je veux juste dire que c’en est fini pour longtemps de l’indépendance du Mali et de sa relative homogénéité territoriale. Il faudrait être bien naïf pour s’imaginer qu’après s’être donné tant de mal pour libérer le Nord, la France va remettre les clefs du pays à Dioncounda Traoré et Maliens et se contenter de grandes effusions d’adieu. Non, le monde ne marche pas ainsi. La France s’est mise en bonne position dans la course aux prodigieuses richesses naturelles du Sahara et on la voit mal laisser tomber la rébellion touarègue qui reste entre ses mains une carte précieuse. Un épisode de cette guerre est passé inaperçu, qui mérite pourtant réflexion : la prise de Kidal. On en a d’abord concédé la « prise » à un MNLA qui n’a plus aucune existence militaire et quelques jours plus tard, le 29 janvier, les soldats français sont entrés seuls dans la ville, n’autorisant pas les forces maliennes à les y accompagner. Iyad Ag Ghali, patron d’Ansar Dine, discrédité par ses accointances avec AQMI et le MUJAO, est presque déjà hors jeu et son rival « modéré » Alghabasse Ag Intalla, chef du MIA, est dans les meilleures dispositions pour trouver un terrain d’entente avec Paris. En somme, les indépendantistes Touareg vont avoir après leur débâcle militaire un contrôle politique sur le nord qu’ils n’ont jamais eu. C’est un formidable paradoxe, mais l’intérêt de l’Occident, c’est un Etat central malien sans prise sur la partie septentrionale du pays. Les pressions ont commencé pour obliger Dioncounda Traoré à négocier avec des Touareg modérés sortis de la manche de Paris et on ne voit pas un président aussi affaibli que Dioncounda Traoré résister à Hollande. Que cela nous plaise ou non, le « printemps arabe » est en train de détacher définitivement l’Afrique du Nord du reste du continent et la « nouvelle frontière » c’est en quelque sorte le Nord-Mali. Cela correspond à un projet stratégique très clair, très cohérent, de l’Occident et il est en train de le mettre en œuvre.

  • permalien Sakhra :
    6 février 2013 @15h22   « »

    Le lien de l ’article cité :
    http://www.ndarinfo.com/Mali-Le-reg...

  • permalien Sakhra :
    6 février 2013 @17h12   « »

    Repères historiques / L’O.C.R.S. : Tentative de main mise Française sur le Saharahttp://www.maliweb.net/news/politiq...

    Avant l’occupation coloniale, des ententes tacites liaient sédentaires noirs et nomades blancs, dans le respect de leur intérêts mutuels.

    L’occupation coloniale créera les premières discriminations entre nomades blancs et sédentaires noirs. Les actuelles régions NORD ont souffert d’une sous-administration chronique : 4 cercles, 10 écoles dont 4 dites « régionales » (primaires au niveau des chefs-lieux de cercles), 10 dispensaires et infirmeries. Cette administration, géographiquement et culturellement à des années-lumière des préoccupations des habitants, se caractérisait par la séparation systématique des deux populations. Rien n’avait été entrepris en direction des populations nomades dans le domaine social et culturel. Seules les populations sédentaires étaient astreintes aux 10 jours annuels de prestations obligatoires pour l’entretien des routes et la construction de bâtiments administratifs. Seules elles étaient soumises, au recrutement pour I’école, l’armée et pour les corvées exigées pour les industries coloniales. Le résultat le plus négatif aura été que rien n’a été entrepris pour le bien-être physique ou culturel des populations nomades.

    L’un des pionniers de la scolarisation des populations nomades aura été le chef des Kel-Antassar de l’Ouest, Mohamed Ali Ag Attaher qui fit ouvrir des écoles sous la tente, pour sa tribu, et dont il faisait assumer les dépenses par les parents des enfants ainsi scolarisés. Ce fut l’origine des écoles nomades et des cantines scolaires dans les VIè, VIIè et VIIIè régions.

    II- L’O.C.R.S.

    La première, tant pour son antériorité que sa gravité, remonte aux dernières années de la présence coloniale au Soudan Français. Le projet de création de l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) ambitionnait de détacher des espaces territoriaux de l’Algérie, du Soudan Français (le futur Mali), du Niger et du Tchad, des zones réputées riches en ressources minières au bénéfice de la puissance coloniale. Le corollaire évident était d’obtenir l’adhésion des populations, de miroiter aux yeux des ethnies blanches, la promesse de ne pas subir le « commandement des anciens esclaves noirs ».

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