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La régulation bancaire au pistolet à bouchon

lundi 18 février 2013, par Frédéric Lordon

Ce sera sans doute la perle de la crise. Karine Berger, députée socialiste, rapporteure du projet de loi dit de « séparation » et de « régulation » des activités bancaires, reprenant la parole en commission des finances après les exposés de MM. Chifflet, Oudéa et Bonnafé, respectivement président de la Fédération bancaire française, président de la Société Générale et directeur-général de BNP-Paribas : « Vos trois exposés laissent paraître que vous n’êtes pas réellement gênés par ce projet de loi ; j’en suis à la fois étonnée et ravie » [1]…

Qu’elle en fût uniquement étonnée n’aurait trahi qu’une charmante simplicité d’esprit. Qu’elle en soit au surplus ravie ne laisse plus le moindre doute quant au côté où elle se tient. Pour notre part, plus rien ne nous étonne dans les rapports du socialisme de gouvernement et de la finance — quant au ravissement, évidemment… « I am not dangerous », s’était empressé de préciser François Hollande à l’adresse de la City qu’il était venu rassurer après l’avoir nommée « l’ennemi sans visage », sans doute dans un moment d’égarement, caractéristique du contact avec la foule des meetings. Heureusement vite rattrapé. La députée Berger et le ministre de l’économie et des finances Moscovici, eux aussi, poursuivent le minotaure au pistolet à bouchon — inutile de rentrer les enfants, on ne prévoit pas de bain de sang.

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Régulateur bancaire
« 68/365 I want a shiny toy gun », de ganesha.isis sur Flickr (photo en creative commons).

Ce sera donc du gâteau pour les historiens d’ici quelques décennies de se livrer à l’analyse comparée des réactions respectives à la crise financière des années trente et à celle de 2007, et l’on saura à quoi s’en tenir quant à la tenue des élites des deux époques, leur degré de compromission avec les forces de la finance et de servilité vis-à-vis des puissances d’argent. « La solution du rapport Liikanen est certes trop radicale… », déclare sur le ton de l’évidence Karine Berger, à propos d’une de ses dispositions (relative au traitement des opérations dites de « tenue de marché »). « Certes ». Fouetter les banquiers avec le plumeau du rapport de la Commission européenne, c’est en effet d’une insoutenable violence. Ne connaissant pas à Karine Berger de lien financier crasseux avec les institutions bancaires — à la manière de certains économistes en Cercle — nous savons donc maintenant qu’on peut être vendu(e) à la finance sans en toucher le moindre sou [2] ! Ce qui est peut-être pire encore… Un article de Benjamin Masse-Stamberger sur l’art et la manière du lobbying bancaire de vider un projet de régulation de toute substance [3], nous apprend (entre autres) que la vice-présidente (socialiste) de la commission des finances, Valérie Rabault, est l’ancienne responsable Risk Strategy des activités dérivés-actions de BNP-Paribas. « Loi de régulation bancaire », « commission des finances », « vice-présidente socialiste », « BNP-Paribas dérivés-actions » : inutile de jouer à « cherchez l’intrus » dans cette liste, dans le monde où nous sommes, il n’y en a plus. Bien sûr, dans un geste altier et pour ne pas donner prise à l’accusation de « conflit d’intérêt », Valérie Rabault, vice-présidente (socialiste) de la commission dérivés-actions de l’Assemblée nationale, a décliné d’être rapporteure du texte de loi. Il faut bien admettre que le cran juste au-dessus aurait consisté à faire rédiger le texte directement par Michel Pébereau, et ça aurait fini par se voir.

Mais au fond de quoi s’agit-il ? Trois fois rien : la race des seigneurs de la finance globalisée a perdu aux alentours de 2 000 milliards de dollars dans l’une des crises les plus retentissantes de l’histoire du capitalisme ; les banques françaises, pas feignantes, ont tenu à figurer dignement et à prendre toute leur part du bouillon. Car, pour toutes ses fanfaronnades, le système bancaire français aurait purement et simplement disparu sans les concours massifs de la Banque centrale européenne (BCE) et les aides d’Etat apportées par véhicules ad hoc interposés [4]. Sans doute les montants mobilisés en France sont-ils moindres qu’aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni — il a fallu tout de même que ces véhicules lèvent 97 milliards d’euros [5] pour nos chères banques. Les banquiers se croient dégagés de tout arriéré au motif qu’ils ont remboursé les aides d’Etat. On leur rappellera donc d’abord que les contribuables français et belges plongent — pour l’heure — de 12 milliards pour le compte de Dexia. On leur rappellera surtout que le remboursement en question ne les exonère de rien du tout, et notamment pas de l’effondrement de croissance qu’ils ont laissé derrière eux, où nous sommes encore pour un moment, avec les dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires qui vont avec.

Dans Le Monde diplomatique de février, en kiosques : « Notre solution pour l’Europe », d’Alexis Tsipras et « Comment contourner l’impôt sans s’exiler » d’Alexis Spire. Il était question d’historiens à l’instant, gageons qu’un de leurs motifs d’ébahissement tiendra à l’extravagante indulgence dont le groupe social de la finance aura pu jouir relativement à l’ampleur de son pouvoir de destruction avéré. Car cinq ans après le désastre : rien ! — et la « loi de séparation et de régulation bancaire » est à peine mieux que rien. L’idée de départ était pourtant simple : les marchés sont intrinsèquement instables, les activités de marché sont donc intrinsèquement déstabilisantes. Pas seulement pour elles-mêmes mais pour l’économie tout entière quand l’accident franchit des seuils critiques. Par conséquent, de deux choses l’une : ou bien l’on en prend son parti et l’on s’habitue par avance à devoir régulièrement repasser par des épisodes semblables, avec récession et mobilisation du corps social tout entier pour sauver la finance ; ou bien on choisit d’y mettre un terme, c’est-à-dire de cantonner la nuisance au cordon sanitaire. Dans un mélange de candeur et de parfaite sûreté de soi, Frédéric Oudéa, le patron de la Société générale, en effet « pas gêné » (au sens de Karine Berger), a cependant fini par lâcher le morceau en avouant que la loi de « séparation » n’allait le séparer que de 1,5 % du total de ses activités…

Pour avoir, donc, quelque chose qui ne soit pas rien, il aurait fallu au texte de loi, en dépit de toutes ses dénégations, ne pas se laisser complètement intoxiquer par les jérémiades de l’industrie financière qui jure que chacune de ses opérations, même des plus scabreuses, est une « contribution au financement de l’économie ». Mais les esprits socialistes ont été dévastés par l’idée que le financement par le marché est d’une incontestable modernité — « et donc » toutes les activités connexes qui vont avec : couverture, fourniture de liquidité, financement du shadow banking system etc. Reste 1,5 %.

Tout au marché

« Quand certaines entreprises comme Vinci, ont besoin, pour financer des projets à dix ou quinze ans, de plusieurs centaines de millions d’euros, elles se tournent non pas vers des banques commerciales mais vers des banques d’affaire, qui pratiquent là des activités de marché non pas spéculatives mais utiles à l’économie concrète », proteste Karine Berger pour rejeter un amendement qui demandait plus que la simple filialisation des activités de marché. Mais rien n’établit que le coût total du financement obligataire soit beaucoup plus compétitif que celui d’un crédit bancaire classique. En revanche, on sait avec quelle brutalité une entreprise en difficulté peut se voir refuser tout accès aux marchés — ironie du sort, elle n’a plus alors qu’à trouver une banque secourable qui acceptera de lui sauver la mise avec du bon vieux crédit à la papa. Les banquiers français glapissent que, empêchés de conduire ces opérations de marché, ils perdraient clients, chiffre d’affaire et profit. S’agissant de leur chiffre d’affaire, de leur place dans la hiérarchie mondiale des plus grandes banques, et de leur profit, la collectivité doit d’emblée affirmer clairement qu’elle s’en fout ! Le corps social n’a aucun intérêt à jouer au jeu infantile de la plus grosse qui passionne les capitalistes (plus encore les financiers), il aurait même l’intérêt exactement contraire. Il s’en aperçoit désagréablement au moment de ramasser les morceaux en prenant conscience qu’un secteur bancaire qui pèse (en actif total) jusqu’à quatre fois le produit intérieur brut (PIB), comme c’est le cas en France, lui laisse entrevoir l’ampleur possible de la facture — et que la « grosse » lui laisse le fondement un peu douloureux.

Que les banques ne soient pas trop grandes, mais ternes et sans attrait, qu’elles fassent des profits modestes qui ne leur donnent pas le délire des grandeurs et n’engraissent pas les actionnaires (ou les traders), c’est exactement l’objectif à poursuivre. Quant à leurs grands clients, ces derniers comprendront assez vite que, supposé un coût supérieur du crédit bancaire (par rapport au financement de marché), celui-ci paiera bien la continuité d’une relation partenariale qui ne les abandonnera pas au premier tournant — là où les marchés les éjecteraient à la moindre difficulté sérieuse. Il y a donc peu de chance pour que Vinci ne confie plus ses destinées qu’à Goldman Sachs.

Mais la manie des marchés qui habite les socialistes français va maintenant jusqu’à souhaiter d’y plonger les petites et moyennes entreprises (PME). On sait assez que les relations de ces dernières avec les banques ne sont pas une allée semée de pétales de rose… Mais l’idée de les rendre modernes en les envoyant se faire voir au marché est une trouvaille où l’ineptie le dispute à l’entêtement idéologique. Car de deux choses l’une : ou bien seule la crème des PME y aura accès et alors, par construction, la chose demeurera marginale ; ou bien l’on y envoie gaiement le gros de la troupe, soit des milliers d’entreprises, et l’on se demande bien comment les analystes financiers ou les agences de notation pourront avoir quelque suivi sérieux d’un nombre aussi élevé de débiteurs, là où les réseaux d’agences bancaires, au contraire, ont une connaissance locale et fine de leurs clients — attendons-nous donc aux ratings à la louche façon subprime.

« Les activités de marché
comme le cochon (tout est bon) »

Bien sûr l’élite bancaire ne se reconnaît pas entièrement dans la métaphore charcutière, mais c’est quand même un peu l’idée. Ou plutôt le sophisme : si la forme supérieure du financement de l’économie est à trouver dans le marché, alors tout ce qui contribue à la belle activité du marché est peu ou prou désirable. Sous une forme un peu plus sophistiquée, l’argument se décline le plus souvent sous la thèse increvable de la liquidité : pour que des agents de l’économie réelle émettent avec succès des titres sur les marchés, il faut qu’ils trouvent preneurs, et pour que les preneurs acceptent de souscrire, il faut qu’ils soient certains de ne pas rester « collés » et de pouvoir sortir à tout instant du marché. Il importe alors que le segment de marché considéré connaisse une activité permanente suffisante pour que chaque vendeur soit assuré de trouver acheteur (et réciproquement). La liquidité, voilà donc la justification ultime de la spéculation qui en finirait presque par se présenter comme un service public : foin des appâts du profit — du tout, du tout — les spéculateurs, certes en première instance, étrangers à l’économie réelle, n’en sont pas moins ses fidèles desservants puisqu’ils s’offrent à être contreparties pour tous les autres agents qui ont besoin d’entrer ou sortir du marché, assurant finalement qu’il tourne bien rond, donc permettant qu’il finance efficacement… les agents de l’économie réelle, quod est demonstrandum.

Dire « spéculateur » est par conséquent inutilement blessant : préférer « teneur de marché ». Certes la « tenue de marché » révèle de fortes accointances avec la recette du pâté d’alouette car — étonnamment — on observe en général dix fois plus d’opérations spéculatives que d’opérations à finalité « réelle » — pour sûr le marché est bien tenu… La plus charitable des interprétations conclurait que le « service public de la liquidité » est fâcheusement entropique — et en fait, pur prétexte à la pollution spéculative. La liquidité serait aussi bien assurée avec… neuf fois moins d’opérations de « teneur de marché », et encore par beau temps seulement. Car, en cas de coup de tabac, les « teneurs », pas fous, font comme tout le monde : ils fuient le marché à tire-d’aile, laissant la liquidité s’effondrer, au moment où on en aurait le plus besoin.

Ce sont pourtant ces opérations de teneur de marché que la loi de « séparation » tient beaucoup à ne pas séparer — à l’inverse de la Commission européenne (rapport Liikanen), qui cède visiblement à tous les vents mauvais du populisme. Evidemment n’importe quelle opération spéculative pour compte propre peut, sur simple demande, être requalifiée de « tenue de marché » — c’est bien pratique. En résumé, tout et n’importe quoi sur les marchés est tenue de marché : toute offre puisqu’elle permet à un acheteur d’acheter, et toute demande puisqu’elle permet à un vendeur de vendre… Il suffisait d’y penser ! Puisque n’importe quoi contribue à tenir le marché et que le marché est ce-qu’il-nous-faut-pour-financer-l’économie, il faudrait être idiot, inconscient ou de mauvaise foi pour séparer quoi que ce soit — puisque tout sert. La commission des finances française s’est rendue sans hésitation à cet argument de simple bon sens — moyennant quoi, en effet, 1,5 % et Oudéa pas gêné.

Ne pas rompre avec nos amis les « hedge funds »

C’est une direction tout à fait semblable, et en fait identiquement argumentée, que prend le texte de loi en matière de relation des banques avec les hedge funds. Fléaux avérés, les hedge funds, dont c’est constitutivement le principe que de prendre des positions risquées et très leviérisées, devraient être isolés dans l’équivalent financier de léproseries, et en tous cas interdits de toute relation avec le système bancaire — après tout, que les héros du marché se débrouillent pour trouver leur financement sur les marchés. Mais, se dit le ministre Moscovici, les hedge funds sont des éléments de ce shadow banking system, dont nous savons qu’il détient maintenant quelque 20 % du total des actifs financiers — interprétés, toujours par le même contresens, comme « 20 % des contributions au financement de l’économie » —, c’est donc très important — parce que très utile à l’économie. La conclusion s’ensuit comme déroulé de papier à musique : il ne faut surtout pas empêcher les banques de financer les hedge funds qui financent l’économie. Bravo ministre ! Une objection élémentaire lui signalerait pourtant que les banques pourraient financer directement l’économie au lieu de passer par la case hedge funds… qui en fait Dieu sait quoi. L’objection pourrait d’ailleurs être généralisée à tout le shadow banking system, ce trou noir agglomérant les entités financières les plus obscures et les moins régulées, et qui a pris cette importance uniquement parce que le crédit bancaire s’est laissé évincer au nom de la modernité. Que les banques universelles cessent de financer par crédit ce système de l’ombre, et ce serait simultanément le meilleur moyen d’en piloter l’attrition relative, et pour elles-mêmes de se protéger de la vérole que ce système ne cesse de répandre — rappelons que la catastrophe Bear Stearns commence avec la fermeture de ses deux hedges funds les plus « sophistiqués », que BNP-Paribas avait dû fermer inopinément trois des siens à l’été 2007, et que la grosse catastrophe tourne vraiment au vilain avec la fermeture des money market funds à l’automne 2008. Personne ne pourra soutenir qu’un financement sain des entreprises et des ménages ne pourrait être pris en charge par le simple crédit bancaire et ne pourrait être assuré que par ces entités.

Mais non ! Les banques universelles pourront continuer de prêter aux hedge funds et d’exposer à leur risque les dépôts du public. « Nous avons pris toutes les précautions », se défendent les promoteurs du texte, voyez seulement l’alinéa 10 de l’article premier : les banques ne pourront avoir d’exposition non sécurisée vis-à-vis des fonds à effet de levier. Et puisque ne seront autorisées que les transactions « sécurisées », n’est-ce pas que la sécurité règnera ? Mais en quoi ces sécurisations consistent-elles au juste ? En cette pratique extrêmement commune de la finance spéculative dite de la « collatéralisation » : une entité emprunte auprès d’une autre en déposant en gage un actif d’une valeur équivalente à celle du prêt contracté. Or rien n’est sûr dans cette affaire ! On notera pour commencer que toutes les opérations de prêt à des hedge funds sont déjà collatéralisées (« sécurisées » au sens Moscovici-Berger) — c’est simplement l’actuelle pratique ordinaire en cette matière ! Et l’on comprendra alors que le texte de loi ne produit rigoureusement aucun changement, donc aucune restriction sous ce rapport.

Les illusions « collatérales »

Mais surtout les actifs apportés en collatéral peuvent voir leur valeur s’effondrer, précisément à l’occasion d’une crise — les collatéraux sont supposément des papiers de « très bonne qualité », mais l’épisode de 2007-2008 a suffisamment montré que le réputé triple-A parfois ne valait pas tripette... Le débiteur est alors prié de compenser par de nouveaux apports, mais en une conjoncture de crise où très probablement ses positions sont en train de se détériorer à grande vitesse, et où sa liquidité se trouve mise sous haute tension. En d’autres termes, le fonds débiteur doit se procurer un supplément d’actif collatéralisant, et pour ce faire, d’abord de la liquidité, au moment précis où celle-ci lui manque le plus — parfois au point de voir tous ses accès aux financements de marché brutalement interrompus. Comme on sait, ce sont ces tensions ingérables sur la liquidité qui ont électrocuté tout le système financier par les circuits de la collatéralisation (et des appels de marge) en 2007-2008.

Du côté des créanciers qui reçoivent ces collatéraux, les choses ne sont pas plus sûres. Compte non tenu des problèmes soulevés à l’instant, les opérations de collatéralisation ne rempliraient vraiment leur office de back-up que si les collatéraux étaient rigoureusement conservés dans des comptes sanctuarisés. Mais qui peut croire qu’une banque pourrait ainsi mettre soigneusement de côté, en s’abstenant d’y toucher, les actifs qu’elle reçoit en collatéralisation de ses crédits ? Lorsque ceux-ci sont de bonne qualité (ou supposés tels), ils constituent une ressource financière qu’aucune banque ne consent à laisser oisive. Aussi la banque va-t-elle se défaire sans tarder du collatéral qui normalement la couvre, soit pour à son tour collatéraliser une de ses propres opérations quand elle se trouve du côté débiteur, soit pour retourner au cash en le vendant dans le marché. Il est désormais toute une partie des marchés monétaires, dite « Repo » (pour Repurchasing), qui procure de la liquidité à court terme contre collatéraux — et où ceux-ci circulent hardiment. Et lorsque vient le coup de grisou, i. e. le défaut d’un débiteur, par exemple d’un hedge fund, où est le collatéral ? Parti depuis belle lurette pour servir à prendre d’autres positions, dont certaines seront très probablement devenues perdantes en temps de crise — évidemment, tout comme la liquidité, la collatéralisation fait partie de ces « sûretés » qui fonctionnent très bien… quand elles n’ont à protéger de rien.

Comme souvent en matière de finance, le diable est dans les détails, ou plutôt dans d’obscurs recoins techniques, à l’image, par exemple, de la question des exigences de marges dans les transactions sur dérivés — dont on jugera a contrario du caractère stratégique à la manière dont les velléités du Dodd-Frank Act en cette matière ont été soigneusement annihilées par le lobbying bancaire des Etats-Unis. La « gestion des collatéraux » en fait tout autant partie. C’est en effet par ce genre de canaux que se propagent les spasmes de la finance. Au lieu de se gargariser avec l’illusion des « transactions sécurisées », le législateur socialiste s’il avait deux sous de volonté régulatrice, réformerait drastiquement les dispositions relatives au traitement des collatéraux — ou plutôt en instituerait, puisque en ce domaine, les opérateurs financiers font exactement ce qu’ils veulent. On mesurera d’ailleurs l’inanité du socialisme de gouvernement à ce fait qu’il réussit même à être en retard sur l’autorégulation de la finance ! Car les banques elles-mêmes, pour le coup conscientes de ce qui a failli les tuer, commencent à se préoccuper sérieusement de modifier leurs pratiques en matière de collateral management [6] — jusqu’au point d’envisager de réserver les collatéraux pour leur faire jouer pleinement leur rôle de sécurité.

Malheureusement, l’autorégulation bancaire est affligée d’une lamentable inconstance. Sous le coup d’une peur bleue, les banquiers jurent qu’ils ont retenu la leçon et qu’on ne les y prendra plus… L’expérience montre pourtant que leurs bonnes résolutions s’évanouissent avec le temps qui les éloigne du traumatisme, pour être complètement oubliées quand revient l’euphorie de la bulle d’après. Ce que le législateur socialiste n’a visiblement pas bien compris, c’est la force de la loi, ou du règlement, seuls à même de tenir des autorégulés dont la « constance » est entièrement gouvernée par leurs affects du moment. Parmi toutes les œuvres utiles que ce texte de loi aurait pu accomplir, il y avait donc l’institution d’une stricte obligation de mise sous séquestre des actifs reçus en collatéral — et déjà l’on aurait entendu Frédéric Oudéa commencer à couiner. Proposition tout à fait générale et qui n’excluait en fait nullement d’interdire purement et simplement toute transaction des banques avec les hedge funds et le shadow banking system — après tout, on verra bien comment ces jolis messieurs se débrouillent privés de crédit bancaire.

Quelle séparation ?

Non seulement la matière séparée, à force d’exemptions et de validation des pratiques ordinaires, est-elle tendanciellement inexistante (1,5 %), mais la forme même de la séparation a tout du concubinage prolongé. De ce point de vue, la « Volcker Rule », les rapports Vickers et Liikanen, ainsi que le projet Moscovici ont au moins en commun le même entêtement dans le contresens, et la même illusion de la « capitalisation séparée », alias : on range les activités « à problème » dans une filiale soumise à des ratios de capital (Tier-1) « plus exigeants », et nous voila parés contre tout inconvénient.

C’est n’avoir toujours pas compris que les ratios de solvabilité sont parfaitement secondaires dans ces processus de crise financière qui n’explosent que par le retournement brutal des jugements sur une classe d’actifs et la constriction foudroyante qui s’ensuit de la liquidité du segment de marché correspondant, puis de tous les segments latéraux, atteints de proche en proche par les effets de report de la ruée vers le cash [7]. On rappellera donc pour la énième fois que Bear Stearns et Lehman Brothers se sont effondrés avec des Tier-1 très au-dessus des minima réglementaires les plus exigeants. Après cinq années laissées à la méditation soigneuse des mécanismes et des conséquences de la crise financière, on est un peu consternés que les apprentis régulateurs n’aient toujours pas saisi que les plus belles capitalisations séparées ne protègeront jamais une banque de marché du désastre.

En réalité, la seule mesure faisant quelque peu sens en cette matière est celle proposée par Goodhart et Persaud de rendre les ratios de solvabilité contracycliques [8] : plutôt que d’être fixées une fois pour toutes, les exigences de fonds propres croîtraient proportionnellement aux prix de marché d’une certaine classe d’actif suspecte d’être en proie à une bulle, et des encours de crédit qui s’y déversent. Encore faut-il ne pas se méprendre sur l’effet véritable de cette mesure, qui a moins, comme on le répète à satiété, pour propriété principale d’épaissir le « coussin de capital permettant d’absorber les pertes », que de resserrer progressivement la capacité des banques à accorder des crédits dans le segment de marché considéré, donc de ralentir le développement de la bulle. En d’autres termes, les ratios de capital contracycliques ne participent pas tant, comme on le croit le plus souvent, d’une politique prudentielle que d’une politique monétaire (mais poursuivie par d’autres moyens), puisqu’il s’agit moins de renforcer la base de capital des banques que de réguler leur offre de crédit.

Misère de la filialisation

Les contresens de principe n’excluant pas ceux d’exécution, le recours à la filialisation, par opposition au bank split en bonne et due forme, vient porter la complaisance régulatrice à son comble. Karine Berger s’exclame en commission des finances qu’en cas de pépin, la filialisation laisserait intacte à coup sûr la maison-mère — dépositaire des encaisses monétaires de la clientèle des particuliers. Car le texte de loi stipule que la filiale de marché doit être traitée par sa holding comme une entité extérieure, en conséquence de quoi lui sera appliquée la directive « grands risques » qui interdit à une banque de concentrer plus de 10 % de ses fonds propres dans des engagements risqués sur une seule entité. La banque holding ne pourrait donc se livrer à un éventuel renflouement de sa filiale au-delà de cette limite, en foi de quoi Karine Berger croit pouvoir conclure qu’« à [son] sens c’est la garantie d’une étanchéité absolue en cas de faillite d’une filiale vis-à-vis de la maison-mère » [9]. Il est cependant possible que « son sens » ne soit pas celui auquel il faille se confier aveuglément, et pour de nombreuses raisons.

En premier lieu, l’« étanchéité absolue » est tout de même autorisée à laisser passer 10 % des fonds propres… En second lieu, le règlement n°93-05 de la Banque de France, relatif au contrôle des « grands risques » [10], indique que le volume de risques sur une seule entité s’entend comme « risques nets pondérés », ce qui signifie que le volume brut de crédit de secours apporté par la holding à la filiale pourrait aller bien au-delà du seuil des 10 % de fonds propres. C’est bien ce volume brut qui importe en situation de crise, où comptent avant tout les ressources mobilisables pour faire face à une crise majeure de liquidité. On peut donc gager que la holding fournirait tout ce qu’elle peut à sa filiale pour la sauver, jusqu’au point où ses engagements bruts sur cette dernière excèderaient significativement 10 % de ses fonds propres — 10 % tout ronds, pour BNP-Paribas, ça fait tout de même déjà 7,5 milliards d’euros, une paille si la filiale venait en bout de course à faire défaut pour de bon. Mais comme toujours dans cette affaire, le danger n’est pas tant de manger les fonds propres que de se trouver face à des besoins urgents de liquidité impossibles à satisfaire. Or, précisément, en situation de crise, la liquidité est LE problème, et pour tout le monde. Qui peut imaginer que le spectacle d’une holding contrainte d’apporter dans la précipitation des concours à sa filiale, donc qui exprimerait des besoins de liquidité massifs, laisserait les opérateurs de marché indifférents, et qu’en serait-il alors de la possibilité effective pour cette holding de les financer ?

C’est en général à ce moment que la question de la solvabilité, objectivement secondaire, n’en fait pas moins retour, mais sous la forme vicieuse d’un accélérateur de panique. Car, pour tous leurs défauts de pertinence, les ratios de solvabilité n’en sont pas moins scrutés par les opérateurs des marchés de gros du crédit [11], où ils sont interprétés comme un signal sur la qualité des débiteurs… même pour la fourniture de liquidités de court terme [12]. C’est tout le charme de la finance de marchés que la croyance y fait loi : il suffit donc que le jugement des opérateurs se cristallise sur un indicateur quelconque pour que celui-ci acquière une importance, et un pouvoir d’entraîner des effets, qu’il ne possède nullement par lui-même. Si les opérateurs se mettent — et c’est le cas en situation de crise ! — à considérer que les débiteurs doivent être jugés d’après leurs ratios Tier-1 et que seuls les meilleurs auront accès à la liquidité, malheur à celui qui vacillera en cette matière : ses sources de financement se fermeront les unes après les autres, jusqu’à l’apoplexie finale… semblant donner raison à la « théorie » qui se sera en effet révélée « vraie »… mais pas du tout pour les raisons qu’elle croit. En tout cas voilà aussi ce qui pendra au nez de la holding encombrée d’une filiale de marché en train de prendre l’eau : car la holding devra consolider les pertes de cette dernière… et voir ses propres ratios de solvabilité prendre sérieusement de la gîte. Avec menace subséquente sur sa propre capacité à maintenir la continuité de ses financements… au moment où ils devraient être le mieux garantis pour venir au secours de la filiale en perdition.

Pour une loi d’apartheid bancaire

A part ça, Karine Berger voit dans la (fausse) séparation par filialisation « une garantie d’étanchéité avec la maison-mère ». « A [son] sens ». Mais tout est faux, « au sens » de n’importe quel autre regard tant soit peu décidé à tirer les conséquences de ce qui s’est passé, dans les invraisemblables préventions dont ce texte de loi fait preuve à l’égard de ce qu’on présenterait sans exagération comme le plus grand pouvoir de destruction sociale — mais celui-ci est en costume trois pièces, en vertu de quoi il passe rigoureusement inaperçu… en tous cas aux yeux de ses semblables. Pour qui pourtant veut bien se donner la peine de simplement s’y pencher, l’histoire économique, et sur tous les continents ou presque, regorge d’épisodes attestant la nocivité des marchés de capitaux libéralisés. La moindre des réponses à la crise présente, sans doute l’une des plus graves de toute l’histoire du capitalisme, ne pourrait viser en dessous de la ségrégation complète des activités de marché, dont il faut redire, et là encore attestation historique en main, qu’elles ne rendent aucun service important, ou presque, que le simple crédit bancaire ne saurait rendre («  et la Bourse des actions ! », s’écrient alors éperdus les amis de la finance de marché, même sous le fordisme il y en avait une — c’est qu’il n’était pas allé assez loin et ne s’était pas aperçu qu’on peut carrément s’en passer [13]).

Par une indulgence en fait coupable, on pourrait tolérer qu’il demeure des activités de marché. Mais sous l’interdiction formelle faite aux banques de dépôt d’avoir le moindre contact avec ceux qui s’y livrent. Comme on pouvait s’y attendre, la première protestation apeurée (bien à tort) des banquiers français est allée au rappel de ce que le modèle de banque n’était pour rien dans cette affaire, qu’on avait vu de pures banques de marché, comme Bear et Lehman, aller au tapis, et que les banques universelles « à la française » s’était très honorablement comportées. Sauf vaine discussion sur les points d’honneur de la profession bancaire, et le « comportement » réel des banques françaises à l’épreuve de la crise, on appréciera davantage le culot de ces messieurs. Qui sont touchants de candeur de nous enseigner que, oui, être assis sur le tas des dépôts aide bien à amortir les gamelles ! On en est donc arrivé au point où il faut leur rappeler que l’argent du public n’a pas exactement pour vocation de les aider à tenir plus confortablement le choc de leurs pertes spéculatives — on mesurera d’ailleurs l’arrogance innocente de la finance qui, pour se défendre, ne voit même plus le mal à consentir l’aveu qu’elle compte exposer les dépôts aux risques de ses turpitudes spéculatives, et qu’elle est même bien contente de les avoir sous la main !

Même le banking split complet [14], en lieu et place de la filialisation et des conceptions passablement Titanic que Karine Berger se fait de « l’étanchéité », ne suffirait pas à apporter une réponse satisfaisante. Il faut couper absolument toute connexion entre les institutions de dépôts et les banques de marché, non seulement, évidemment, tout lien capitalistique du type holding-filiale, mais tout lien de crédit ou de contrepartie avec n’importe quel acteur spéculatif, puisque c’est aussi par ce genre de canaux que les dépôts finissent par se trouver exposés. Ceci signifie qu’une banque commerciale ne pourra en aucun cas être impliquée dans une relation de crédit avec une banque de marché — en tous cas du côté créancier. Laquelle clause suppose alors d’instituer deux marchés interbancaires séparés. Voilà ce qui suit de prendre au sérieux l’idée de séparation bancaire : séparation dans tous les domaines ! Séparation des institutions bancaires elles-mêmes ; séparation de leurs conditions réglementaires (ratios de capital, leviérisation, etc.) ; séparation des marchés interbancaires ; et comme on l’avait proposé il y a quelque temps déjà [15], séparation des taux d’intérêts de la banque centrale pour les refinancements respectifs des banques commerciales et des banques de marché [16].

Si le socialisme de gouvernement n’était pas complètement colonisé de l’intérieur par la finance, s’il lui restait quelques audaces et s’il avait pris un tant soit peu la mesure des désastres que la finance de marché a infligés au corps social, ça n’est pas cette indigente loi de « séparation » qu’il lui imposerait. Mais une loi d’apartheid.

Notes

[1] Compte-rendu n°60, commission des finances, séance du mercredi 30 janvier 2013, p. 7.

[2] Un internaute, Veig, fait remarquer à raison que si Karine Berger ne touche plus, elle a touché, et même considérablement puisqu’elle était économiste chez Euler-Hermès, société d’assurance-crédit

[3] Benjamin Masse-Stamberger, « Réforme bancaire : des lobbys très investis », L’Expansion, 5 décembre 2012.

[4] La SFEF (Société de financement de l’économie française) pour les crédits de secours et la SPPE (Société de prise de participation de l’Etat) pour les apports en (quasi) fonds propres.

[5] Dont 77 milliards au titre des prêts de la SFEF et 20 milliards au titre des prises de participation de la SPPE.

[6] Voir Anuj Gangahar, « Default protection : collateral management grows in strength », Financial Times, 19 septembre 2011.

[7] Voir « L’effarante passivité de la “re-régulation financière” », in Les Economistes Atterrés, Changer d’économie, Les Liens qui Libèrent, 2012.

[8] Charles Goodhart, Avinash Persaud, « How to avoid the next crash », Financial Times, 30 janvier 2008.

[9] Compte-rendu n°63, commission des Finances, séance du mercredi 30 janvier 2013, p. 10.

[10] Périodiquement sujet à révision, la dernière datant du 23 novembre 2011.

[11] Pour éviter toute confusion, il est utile de préciser que, en dépit de leur appellation, les « marchés de gros du crédit » ne produisent pas stricto sensu du crédit, opération de création monétaire dont seules les institutions bancaires sont capables, mais offrent des financements obligataires.

[12] Tandis que la solvabilité est typiquement un indicateur de robustesse financière de long terme.

[13] Pour une exposition détaillée de cette proposition, voir « Et si on fermait la Bourse », Le Monde Diplomatique, février 2010.

[14] C’est-à-dire l’extraction de toutes les activités de marché, placées dans une nouvelle entité n’ayant aucun lien capitalistique avec la banque d’où elles ont été sorties.

[15] « Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières », 23 avril 2008.

[16] L’idée étant de pouvoir tuer une bulle au début de sa formation en portant les refinancements des banques de marché à des taux d’intérêt meurtriers sans nuire par ailleurs au prix du crédit à l’économie réelle.

145 commentaires sur « La régulation bancaire au pistolet à bouchon »

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  • permalien Nicolas :
    18 février 2013 @22h17   »

    Merci pour ce texte, très clair et percutant, et qui fait du bien quand on commençait à craquer de voir Karine Berger fanfaronner qu’elle avait fait la plus grande loi de régulation depuis Roosevelt ! Quel culot !
    Sur le fond, c’est toujours aussi désolant de voir que le socialisme reste le meilleur ami de la finance, même si c’est tout sauf une surprise. Vous aviez vous même très clairement rappelé (notamment dans cette excellente émission avec Halimi et Cusset) comment tout a basculé autour de 84-86, avec les lois bancaires et de dérèglementation Delors et Bérégovoy. 30 ans plus tard, ils en sont au même point, malgré les crises à répétition, donc je pense qu’il faut faire une croix une fois pour toute sur le fait que le PS pourrait remettre en question le capitalisme financiarisé. Qui alors ? Le Front de gauche sans doute, mais encore faudra t-il parvenir au pouvoir...
    Merci encore en tout cas.

  • permalien Veig :
    18 février 2013 @22h49   « »

    Ne connaissant pas à Karine Berger de lien financier crasseux avec les institutions bancaires — à la manière de certains économistes en Cercle — nous savons donc maintenant qu’on peut être vendu(e) à la finance sans en toucher le moindre sou !

    C’est oublier un peu vite que Karine Berger, après un passage à l’INSEE et à la direction du Budget, est recrutée en 2008 par Euler Hermes, majoritairement détenue par le groupe Allianz, et qui passe pour être le numéro 1 mondial de l’assurance-crédit.

  • permalien Nimbus3d :
    18 février 2013 @23h08   « »

    Petite erreur au début de votre article sur les titres des 3 compères. Frédéric Oudea n’est pas le pdg de la BNP-Paribas... :-)
    Mais cela n’enlève rien à votre brillante démonstration ! Merci !

  • permalien Olivier Berruyer :
    19 février 2013 @01h30   « »

    Du très grand Lordon, bravo !

  • permalien Tom :
    19 février 2013 @04h37   « »
    Salut

    Salut, ceci est une page web très intéressante et j’ai apprécié la lecture de nombreux articles et messages contenus sur le site, suivre le bon travail et j’espère lire un contenu plus intéressant à l’avenir. Je vous remercie beaucoup.

  • permalien driiiiiiisss :
    19 février 2013 @05h10   « »

    "vas y on fout un EMP à la city" !

  • permalien Un partageux :
    19 février 2013 @10h01   « »
    Le grand retournement du pistolet à Lordon

    Qu’il me soit permis de faire ici un peu de réclame à tendance publicitaire. N’hésitez pas, s’il vous est loisible de le faire, à aller voir Le grand retournement, ébouripoustouflant film réalisé d’après l’œuvre théâtrale de notre hôte. Vous passerez assurément un bon moment et apprendrez à faire rimer quelques mots avec d’autres auxquels vous n’auriez guère songé de prime abord.

    http://partageux.blogspot.com

  • permalien Bert :
    19 février 2013 @11h21   « »

    Tout dans le marché, rien hors du marché, tout pour le marché...Ca me rappelle quelque chose...

  • permalien Rita :
    19 février 2013 @11h45   « »

    Très bon article qui laisse une nouvelle fois songeur. On se demande en effet comment l’oligarchie au pouvoir s’y prendrait si l’idée lui venait de faire exploser le corps social, elle ne pourrait pas faire mieux ! Ces micro-mesures ne vont pas empêcher les excès à venir de la finance (et déjà en cours) et donc un prochain gros effondrement.

    Peut-être que ces oligarques ne mesurent pas ce qu’ils font car le champ de forces qui les entrainent est trop puissant (argent+pouvoir+visibilité) et donc il brouille leur entendement. L’argumentation rationnelle ne semble plus avoir de prise sur eux, c’est carrément l’hubris.

    Malédiction de la politique : les représentants politiques ne représentent plus qu’eux mêmes et les intérêts de leurs proches. En Espagne, il n’y a pas si longtemps, des foules se réunissaient et occupaient les places publiques en exigeant une démocratie réelle.

  • permalien b :
    19 février 2013 @11h57   « »

    Vous vous trompez, le monde de la banque et de la finance a peur, la preuve :
    http://tinyurl.com/a9uvqhx

    Pour ce qui est du film inspiré du livre de Frédéric Lordon, on peut aller le voir en effet. J’émettrais une réserve cependant : les acteurs. J’aurais préféré voir uniquement des comédiens amateurs et inconnus au moins aussi doués que - pour certains, pas tous - des kadors du show-biz, qui s’en serviront à bon compte pour se faire un vernis de gauche (certains ne sont d’ailleurs pas très éloignés des cercles bé-achelo-botuliens...)

  • permalien Bert :
    19 février 2013 @12h00   « »

    Oui mais désormais, en Espagne, le simple fait de manifester est devenu un délit !
    Voila la réponse ! Policière et judiciaire à la contestation populaire, elle est au contraire confiante et libérale envers le monde de la finance.

    Nos dirigeants, qui se disent socialistes, se donnent une bonne conscience en voulant croire que favoriser la finance, c’est indirectement favoriser l’"emploi"...
    Les plus fortunés n’ont absolument aucun intérêt pour les souffrances populaires, les risques futurs qu’entraînent leurs décisions et les effets néfastes de leur mode de vie et d’existence sur le reste du monde. Ils profitent du confort et du luxe, et selon les cas, expliquent l’injustice et les inégalités par des causes religieuses, morales, le hasard, l’histoire...Bref, eux ne font que profiter d’un système dont ils se lavent les mains...

    Alors nos socialistes de pouvoir, ben, c’est au choix ! Ils sont déjà très riches, et veulent le rester, ils se verraient bien devenir riche à leur tour, ou au moins de profiter de la richesse des autres (la majorité) et sinon sont assez vaniteux pour penser qu’ils sont là pour mettre en place le "socialisme du 21ème siècle", à savoir une ploutocratie sécuritaire à tendance réactionnaire, beau programme pas étonnant pour des "sociaux démocrates" ! IL a toujours été celui là !

  • permalien Herbert :
    19 février 2013 @12h48   « »

    Pourquoi une loi "d’apartheid" ? Une loi de nationalisation suffirait, c’était ça le socialisme....

  • permalien Julien Goy :
    19 février 2013 @13h12   « »

    Article aussi brillant qu’intéressant, merci !

  • permalien lionel goutelle :
    19 février 2013 @13h15   « »
    deux réflexions

    Premièrement. On ne peut qu’être frappé par l’extraordinaire complexité du monde de la finance (dérivés latérales, etc...) Il semblerait que dans ce monde très particulier, il y a toujours de nouveaux recoins cachés et de nouveaux mécanismes détournés qui se mettent en place à la vitesse de la lumière, mais qu’on ignore, et où se jouent les choses les plus déterminantes pour notre monde....Cette manière de "fonctionner" est pour le moins incompatible avec un contrôle démocratique...qui pis est par le citoyen landa s’il n’a pas le loisir d’acquérir cette culture exotique, passionnante j’en conviens pour étudier combien les affects gouvernent ce monde qui se voudrait rationnel.....
    Alors normalement "nos" représentants sont là pour justement prendre un main ce monde et nous protéger de ses méfaits. Et c’est là ma deuxième réflexion très courte celle là : Quand je lis Lordon j’ai envie de tuer (au moins) un "socialiste" ...vite que le monde psychiatrique fabrique une nouvelle pathologie "lecteur de Lordon".

  • permalien Jean-Michel Masson :
    19 février 2013 @13h45   « »

    Bravo pour cette analyse claire et nette.
    Même si je n’aime pas le mot "apartheid", il me semble qu’il faudrait en tirer des conclusions comme :’’ A finances publiques, banques publiques, à finances coopératives, banques(vraiment) coopératives" : le reste au ’’privé’’ et pas plus d’un tiers de l’activité. Pour les deux premiers secteurs : interdiction absolue de spéculer, y compris sur les ’’commodities"( comme les céréales). Pour le dernier secteur : un cahier des charges avec sanctions énormes pour le maison-mère si une branche quelconque est prise à spéculer alors qu’il y avait une séparation de la maison-mère. Pour une économie plurielle, il faudrait donc une finance plurielle. Si toutes les sommes englouties dans les sauvetages bancaires avaient été investies dans les secteurs bancaires alternatifs... ils auraient déjà une certaine assise.
    Comment se fait-il que le ministre de l’ESS ne propose pas de pistes de ce genre ?
    Enfin, en anglais sur le site de George Monbiot, du Guardian, je lis aujourd’hui un article brillant sur le lobbying des superriches dans les pays anglo-saxons. C’est comment ici ?
    http://jmmasson.wordpress.com

  • permalien Michel Charpentier :
    19 février 2013 @15h14   « »

    Dans le système économique en vigueur en France, ce sont les banques privées qui sont devenues responsables de la création monétaire à travers les systèmes de crédit. Ce ne fut pas toujours le cas, et aux plus beaux jours des banques centrales nationales, cette fonction était régalienne, c’est-à-dire assumée par l’État. Battre monnaie fut jusqu’à la moitié du dix-septième siècle indiscutablement le fait du Roi, du pouvoir en place, de l’État, au même titre que le droit de lever une armée, d’organiser une police ou de légiférer.

    Pourquoi nos politiques ont-ils cru pouvoir déléguer ce pouvoir aux banques privées, puis défaire l’État de toute possibilité de créer lui-même sa monnaie (comme cela se passe encore en Chine ou aux USA par exemple) ?

    Aujourd’hui, l’État ne bat plus monnaie, c’est la banque centrale qui s’en charge : quand celle-ci est à ses ordres, pas de problème... ce n’est hélas plus le cas avec la BCE !

    La théorie économique démontre sans équivoque que la création de monnaie est assujettie à la création de crédit. C’est de là, entre autres, que vient le pouvoir économique des décideurs des marchés financiers. Seule une autorité politique peut les égaler, voire les gérer. Hélas, l’État, en Europe à tout le moins, est devenu de ce point de vue une entité économique au même échelon qu’une société nationale ou multinationale.
    La responsabilité régalienne de la monnaie n’est plus.

    Mais cela n’enlève rien au rôle moteur fondamental de la monnaie dans nos économies de marché, un rôle non seulement économique mais aussi, surtout peut-être, social. Une fonction aujourd’hui contrôlée par des établissements privés sous contrôle de la BCE elle-même sous le contrôle de.. qui au fait ? PERSONNE. Il faut lire ses statuts pour tomber sur le c... Elle ne doit de comptes à aucun représentant élu de quelque nation européenne que ce soit, mais elle est dirigée par des collectifs de personnalités issues pour la plupart du monde de... je vous le donne en mille : la banque privée évidemment !

    Et qui dit "privé", naturellement, dit "intérêt", rendement, profitabilité, rentabilité, marge, etc. C’est normal puisqu’on est dans un système de prêt privé. Ce qui est moins normal c’est justement que nos politiques aient cru que ce système privé était bon pour des financements publics.

    C’est ce rôle social économique des banques que devraient avoir à l’esprit nos politiques et bien entendu nos gouvernants actuels en France.
    Peut-être seraient-ils alors motivés à réguler ces décideurs désignés par des actionnaires, comme Monsieur Artus, économiste en chef de Natixis qui passent son temps à expliquer dans Challenges que le travail est trop cher en France (au fait, combien gagne-t-il lui qui m’a fait perdre plus de 80% de mon petit pécule placé en actions Natixis en 2007... 5000€ 2007=790€2013... ouaouh !!!

  • permalien Dédou :
    19 février 2013 @16h00   « »

    Après la défiance des marchés viendra celle des peuples. Bientôt les seuils de tolérance seront atteints et les peuples européens prendront la rue. Ce qui se passe en Grèce ne sont que les prémisses de ce qui va se passer chez nous dans deux ou trois ans au maximum. L’histoire nous a appris que quand c’est trop c’est trop. Beaucoup on voté socialistes contre Sarkozy, dans l’espoir que des changements s’effectueraient, ce n’est pas le cas, c’est une trahison.

  • permalien Marco Gabutti :
    19 février 2013 @16h10   « »

    Merci pour cette démonstration documentée et argumentée. Comme quoi même les articles longs peuvent être lus sur le net, pour peu qu’ils soient captivants.

    J’aimerais avoir l’opinion éclairée de Frédéric Lordon sur l’idée exposée par Anatole Kaletsky dans l’International Herald Tribune du 8 février 2013 "Let it rain money on the people" et qui suggère de soutenir l’économie en versant directement aux habitants les sommes habituellement destinés au soutien du système bancaire.

  • permalien angelo :
    19 février 2013 @16h29   « »

    quelle connerie ce terme, apartheid. Faut se faire relire de temps à autre. Mais quelle connerie !

  • permalien alain :
    19 février 2013 @16h45   « »

    Merci Karine
    Ils sont tellement pervertis (par l’idéologie et autre)qu’il n’y aura que la catastrophe qui nous débarrassera d’eux.
    On ne peut casser les marchés, eh bien qu’ils se cassent eux- mêmes.
    Ce sera là qu’il faudra être prêt...et le travail de F . Lordon nous y aide

  • permalien Sylvain :
    19 février 2013 @18h04   « »

    Où donc ai-je lu que si le CV de Tim Geithner se lisait comme une litanie d’échecs ce n’est surement pas par hasard ?

    Ordoncques, la jeune et inexperimentée députée PS Axelle Lemaire, idoinement promue au rang de "rapporteur" sur la loi de separation et de gnagnagna, commence son rapport en retracant par le menu la prise en otage opérée par les banques sur les finances publiques, puis elle rappelle l’imperatif de separation des roles de financement de l’économie des activités spéculatives. Tout ce qu’il faut de responsabilité affichée, de serieux autoproclamé.
    Pour conclure ce rapport d’une infinie sagesse, elle déclare que ce projet comporte un ensemble de mesures qui contribueront, "comme le président de la République s’y est engagé", à remettre la finance au service de l’économie réelle. Puissance de la fonction performative du language.
    http://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-cloi/12-13/c1213037.asp

    Encore un petit effort cérébral et les socialistes finiront par faire le lien entre licenciements boursiers et impact social, donc economique. Et alors ils n’auront plus qu’à décréter un objectif "réaliste" vers un "horizon" de lendemains d’improbable croissance, en nous laissant entre temps sur le carreau d’un "new normal" d’hyper-tension sociale fliquée. Il ne s’agirait pas de lacher quoique ce soit maintenant. Le retournement cathartique approche, et pas qu’à grands vers ;-)

  • permalien Jacques talli :
    19 février 2013 @18h41   « »
    La régulation banKster
  • permalien Gaëtan CALMES :
    19 février 2013 @19h02   « »

    Ce qui se passe est effectivement effarant.

    Que les gens de la finance perdurent dans leur comportement ne surprend pas outre mesure. Il vivent en communauté ressérée et fonctionnent à court terme. Enfin ils mesurent la santé de l’économie à l’aune de leur propre épanouissement, à l’abri de la mythologie néo-libérale.
    Mais on peine à comprendre l’attitude de l’équipe au pouvoir. Sont ils contraints ? incapables ? pire, complices en groupe ou individuellement ?
    D’autant que la crainte d’un conflit avec les monde de la finance et/ou avec telle ou telle instance internationale n’est pas une justification à cette forme de résignation. Nous sommes déjà en conflit. Pire, nous pouvons considérer que nous sommes d’ores et déjà en pays conquis payant tribu à la caste triomphante et passant par sa censure avant de décider quelqu’action d’importance.
    Cette situation de quasi occupation (feutrée mais réelle) est une situation de conflit. Aussi on peut penser que l’affrontement n’eut pas été pire. Mais au moins aurait-il donné un sens aux sacrifices et contraintes qui pèsent et pèseront encore plus à mesure que nous continuerons à nous affaiblir.
    Car ils ne lâcherons pas d’abord à raison de leurs intérêts économiques bien compris à court terme fort bien décrits ici par F Lordon mais encore à raison d’éléments motivationnels de caste. Il semblerait que nous soyons condamnés de manière cyclique à souffrir des menées d’aristocraties. Voir sur ce thème "Les financiers sont aussi des hommes" sous http://goo.gl/bvOGO

  • permalien Patrick J :
    19 février 2013 @21h02   « »

    Bonjour,

    J’ai trois questions pour Mr Lordon.

    - Après un gouvernement de droite, un gouvernement de gauche est à son tour colonisé par la finance. Dans ces circonstances, ne faut-il pas parler d’un Etat colonisé ?

    - Un Etat qui va devoir emprunter sur les marchés plus de 150 milliards d’euros en 2013, (Déficit budgétaire + roulement de la dette), peut-il faire plier les banques ?

    - Faut-il voir dans la formule « socialisme de gouvernement » une allusion au socialisme qui n’est pas au gouvernement, c’est-à-dire une allusion au pittoresque Mélenchon ? Dans ce cas, je vous rappelle le discours prononcé le 22 avril 2012 à 20h : « A cette heure, il n’y a rien à négocier… » Et maintenant, toujours vent debout ?

    Je pense que vous souffrez des mêmes limites qu’Emmanuel Todd. Vous refusez de prendre en compte quelques vérités qui dérangent…

    Cordialement,

  • permalien Sylvient :
    19 février 2013 @21h36   « »

    Vos questions trahissent le fait que vous n’avez pas pris le temps (la peine peut-etre) de regarder le detail du programme melenchonnien. Et oui. il faut connaitre ce à quoi on cherche à nuire. Je vous mets sur la piste : 6eme republique, eco-socialisme... (j’allais dire "Lordon à Bercy", mais je ne crois pas que ce soit son truc...)

  • permalien Patrick J :
    19 février 2013 @22h12   « »

    Bonsoir Sylvient,

    Vous conviendrez avec moi que la 6ème république implique forcément une révision de la constitution… Le problème est-il notre constitution alors qu’elle est violée en permanence ?

    Deux exemples :

    -  Article 3 : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par voie du référendum… » Article violé notamment lors de la ratification du traité de Lisbonne.

    -  Article 4 : « Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage …/… Ils doivent respecter les principes de la souveraineté et de démocratie… » Article violé par les traités européens.

    Je connais le programme de Mr Mélenchon. Je le critique certes, mais en connaissance de cause. Je ne suis pas convaincu par la 6ème république car je considère qu’il s’agit d’un faux problème. Si nous avions exigé des responsables politiques le respect de la constitution, nous n’en serions pas là.

    Cordialement,

  • permalien Guy Flury :
    19 février 2013 @22h39   « »

    Ce n’est pas parce que Karine Berger a fait une bonne présentation de la loi que cette loi est bonne et pertinente pour autant car son comportement hautain et prétentieux démontre un autisme inquiétant. C’est vrai qu’elle n’est pas passée par la Banque mais très proche, en revanche la vice présidente, si bienveillante aussi avec les banques lors des auditions, je parle de Valérie Rabault, était responsable de Stratégie des dérivés actions chez BNPP ; çà laisse des traces et c’est un peu gênant en termes d’indépendance sans aller jusqu’au conflit d’intérêt.

  • permalien Guy Flury :
    19 février 2013 @22h45   « »

    Commentaire complémentaire : pour qui a pris conscience à travers les films, les lectures, les témoignages de ce qu’était l’apartheid, l’utilisation de ce terme dans cet article avec lequel je suis d’accord sur le fond aurait pu être évité. C’est plus qu’une maladresse.

  • permalien clorouk :
    19 février 2013 @23h03   « »

    Je suis un lecteur assidu de Frédéric Lordon qui m’a révélé 1-que la finance pouvait être comprise par tous, et que 2-en parler pouvait être d’une irrésistible drôlerie. Cet article est remarquable à tous égards, et le terme d’apartheid, tout à fait à sa place, ne peut choquer que des esprits chagrins, qui riront de bon coeur d’une histoire belge, corse ou auvergnate, mais se fermeront comme des huîtres si l’histoire évoque même de loin et en toute innocence, un noir ou un juif. J’adhère sans restriction au projet de réforme radicale de la banque et de la finance que l’auteur précise livre après article, et je ne suis pas —du tout— un électeur de gauche !

  • permalien NC (non mâle) :
    19 février 2013 @23h49   « »

    J’adore mon Frédéric, y’a pas à dire, mais, à nouveau, un intéressant constat : bien qu’on ne puisse jamais réellement savoir qui se cache derrière un pseudo, tous les commentaires sont signés par des pseudos à consonance masculine.

    Le jour où ce sera plus que des mecs qui s’expliquent entre eux comment y z’ont tout trop super compris l’économie, ça commencera à donner quelque chose... d’autre.

  • permalien narodniki :
    20 février 2013 @01h37   « »

    Ouai ok Lordon, t’es un bon, tu t’exprimes bien et finalement assez souvent dans les médias "alternatifs" (somme toutes des médias) et commerciaux. Mais sans avoir lu ton article (pas de temps à perdre, j’ai une famille à nourrir) mais seulement le dernier paragraphe, je me permets un rappel historique : La question du réformisme a été tranchée, non seulement dans l’Internationale mais surtout par Rosa Luxembourg (Reformisme ou révolution) alors arretes stp de parler au nom de la classe ouvrière...
    Certes ton avis est interessant, je ne le nie pas, mais tu parles au nom de gens que tu ne comprends pas. La classe ouvrière sait que son salut viendra de la révolution, aussi peu cultivée soit-elle, mais elle n’entend que votre discours formaté et réformiste (vous êtes plusieurs dans ce cas). Pris dans d’autres circonstances, on pourrait même dire révisionniste... Alors par pitié, rappelez vous de ces mots :

    "Quiconque se prononce en faveur de la voie des réformes légales, au lieu et à l’encontre de la conquête du pouvoir politique et de la révolution sociale, ne choisit pas en réalité une voie plus tranquille, plus sûre et plus lente, conduisant au même but, mais un but différent, à savoir, au lieu de l’instauration d’une société nouvelle, des modifications purement superficielles de l’ancienne société […] non pas la suppression du salariat, mais le dosage en plus ou en moins de l’exploitation."
    Rosa Luxemburg - 1870-1919 - Réforme sociale ou révolution ? - 1899

    Puis-je par ces mots vous demandez dans votre humble grandeur d’intellectuel imbu de son savoir de bien vouloir fermer sa gueule et/ou de réfléchir un peu à l’objectif à atteindre...

    Cordialement... ou pas...

  • permalien Lepromeneursolitaire :
    20 février 2013 @06h33   « »

    Un tel entêtement dans l’erreur relève d’un dogmatisme d’ordre quasiment religieux. Il est d’ailleurs intéressant de voir comment la construction du discours néolibéral se fonde sur les mêmes procédés qui fondaient autrefois la superstition religieuse. A cet égard, la lecture de Spinoza, comme pour beaucoup d’autres thèmes, est tout à fait éclairante.

    http://contratsocial.wordpress.com/...

  • permalien bacon :
    20 février 2013 @07h34   « »

    Merci encore merci de cet éclairage tehnique...

    La nouvelle trouvaille consiste à se pâmer devant la virtuosité technique de Karine Berger
    au sujet de la loi bancaire (Le Monde daté du mercredi 20 février 2013). Et si ce n’était qu’ un indice de plus du naufrage de la démocratie ?
    En effet l’ingénierie financière a le talent de complexifier les circuits en permettant ainsi à quelques uns de maitriser leur usine à gaz

    Peu importe le fond , l’essentiel étant de bien « comprendre » les mécanismes, et en la matière Karine Berger , « économiste, passée par les bancs de Polytechnique, de l’ENSAE et de Science Po »à tous les « mérites » requis. Le représentant du peuple ne peut que rendre les armes devant ce cursus impressionnant n’est ce pas ?

    Or ce qui nous préoccupe en la matière c’est que les spéculateurs ne viennent pas « faire joujou » avec notre argent, petit exercice qui rappelons le est à l’origine du désastre actuel au niveau de l’économie réelle. La filialisation est à ce titre un cache sexe qui permettra aux spéculateurs de continuer à s’adonner à leur passe temps favori déconnecté du réel : faire de l’argent avec de l’argent. On accusera ensuite le trop grand nombre de fonctionnaires, les politiques sociales trop « généreuses » et le tour sera joué. Et certains grossiront leur patrimoine en vendant du vent !Avec la complicité des Moscovici et consort !

  • permalien Régis Hulot :
    20 février 2013 @10h09   « »

    Nous (du moins, certains d’entre nous) avons commis la maladresse de porter au pouvoir ceux qui se disaient nos amis ; ils n’ont pas fini de nous le faire payer.
    Pour ma part, je n’ai pas de regrets d’avoir voté Joly (une femme, plus très jeune, pas belle, d’origine étrangère, avec un affreux accent... mais propre) au premier tour de la présidentielle, et nul au second, en me disant qu’il aurait été plus facile aux forces de gauche d’imposer à la pire des droites un barrage efficace, qu’aux mêmes forces de gauche (ou ce qu’il en reste) d’obtenir de ces socialistes de droite une politique qui ne soit un acte quotidien de servilité vis à vis de ces puissances d’argent qui les fascinent.
    Car, quand on a des amis comme cela, on n’a vraiment plus besoin d’ennemis.

  • permalien Raymond Biré :
    20 février 2013 @10h28   « »

    20 février 2013

    Monsieur Lordon,

    Votre article du 19 février est excellent.
    Je m’adresserai uniquement à la problématique actuelle de la crise bancaire française.

    De quoi s’agit-il ?

    1) Les crédits normaux à l’économie ne sont pas suffisamment provisionnés ; les chiffres de référence sont :
    i) pas plus de 6 % de crédits douteux par rapport au total du portefeuille,
    ii) les crédits douteux devraient être provisionnés à 100 % ; on est loin du compte chez les 4 grandes banques françaises.
    Bien sûr l’ACP ne réagit pas.

    2) les instruments financiers représentent aujourd’hui en volume 113 % des crédits à l’économie ; quand on sait que ce sont des instruments de spéculation purs et simples, ex : nombre de jours d’ensoleillement / de pluie dans un mois donné, c’est de la folie.

    Les instruments financiers ne devraient exister qu’en soutiens de transactions économiques réelles ce qui bien sûr n’est pas le cas : opérations pour propre compte.
    Et encore pas n’importe lesquels, ceux qui ont une nature clairement spéculative devraient être interdits.
    Bien sûr l’AMF ne fait rien ; alors qu’elle reconnait la dangerosité de certains instruments financiers elle ne les interdit pas pour autant ; c’est Kafkaéen.

    3) Les bonus
    Le différentiel en France entre les plus gros revenus et les € 900 reçus par + de 8 millions de français est de 1 à 500 (en Suède de 1 à 5).
    Jamais les bonus des patrons des banques / traders ne devraient excéder 75 % du fixe.
    L’Europe planche aujourd’hui sur une limite de 100 % ; je ne suis pas d’accord.

    4) Les horreurs bancaires
    Les € 5, 5 milliards apportés récemment à Dexia ont été totalement inutiles et n’empêcheront pas le naufrage final.
    Les patrons de cette banque relèvent de la justice pour avoir été la cause d’innombrables injustices financières.

    Je suis à votre disposition pour parler plus en profondeur des composantes de ce problème majeur aujourd’hui pour notre pays.

    Meilleurs sentiments

    Raymond Biré
    bire.raymond@gmail.com

  • permalien Lecouvreur :
    20 février 2013 @21h38   « »

    Un petit "s" à chiffre d’affaires.
    Surtout dans le cas des banquiers !!

  • permalien Aldjia Sheherazade kerbadou :
    21 février 2013 @00h54   « »

    ... ou quand le Réel doit se soumettre au fictif.

    "Economie réelle" !

    Donc,

    le reste :
    la "finance" qui se fait... financer grâce à ses calculettes sophistiquées, ses pipelettes impressionnées, ses esclaves dopés, affranchis embastillés, ses intermédiaires sulfureux ou patentés, ses meneurs, vampires moribonds invisibles, ses clients, serviteurs subjugués, ses techniciens, charlatans de la probabilité, sa science du modélisme sur écran plat qui interdit le sens de la PERSPECTIVE, etc., etc... n’est qu’ économie FICTIVE ! Virtuelle (pour faire moderne) ou Spéculation, pour être plus juste.

    Rien d’étonnant que le monde ait si mal aux bourses, que des générations crèvent toute sorte de faim, que les peuples attrapent la rage après s’être fait violer.

    Les Néo Néron ne brûlent pas la nouvelle Rome pour jouir de leur puissance qu’il savent bâtie sur du vent derrière des enceintes bien gardées. Ils démantèlent le réel grâce à 2.0 pour imposer leur "virtual reality" basée sur le VOL, le RACKET, la CAPTATION, l’ IMPOSITION forcée.
    Pour l’exemple, ils ont déshabillé la Grèce pour se couvrir d’ (E)uro

    A New Normal, faux calculs et très mauvaise économie.

  • permalien Louise Michel :
    21 février 2013 @00h54   « »

    @ Narodniki qui me comprendra aisément, mais plus encore aux tenants du Parti de Gauche et du "providentiel" Mélanchon qui se sont exprimés avant moi, je souhaiterais qu’ils n’oublient jamais cette parole de Nestor Makhno :

    "C’est à ces requins qui abrutissent et soumettent le monde actuel, qu’ils soient gouvernants de droite ou de gauche, bourgeois ou socialistes étatistes, que la grande idée d’anarchisme ne plaît en aucune sorte. La différence entre ces requins tient en ce que les premiers sont des bourgeois déclarés - par conséquents moins hypocrites -, alors que les seconds, les socialistes étatistes de toutes nuances, et surtout parmis eux les collectivistes qui se sont indûment accolés le nom de communistes, à savoir les bolcheviks, se dissimilent hypocritement sous les mots d’ordre de "fraternité et d’égalité". Les bolcheviks sont prêt à repeindre mille fois le société actuelle ou à changer mille fois la dénomination des systèmes de domination des uns et d’esclavage des autres, bref à modifier les appellations selon les besoins de leurs programmes, sans changer pour autant un iota de la nature de la société actuelle, quitte à échaffauder dans leurs stupides programmes des compromis aux contradictions naturelles qui existent entre la domination et la servitude".

  • permalien BA :
    21 février 2013 @08h42   « »
    La régulation bancaire au pistolet à bouchon, banques françaises, banques grecques, banques chypriotes, banques zombies.

    Mardi 12 février 2013 :

    François Leclerc écrit :

    "Une deuxième porte est en train d’être fermée, avec pour ferme intention de continuer à faire porter le poids de la crise bancaire sur des États sommés de réduire leurs déficits. Ernst & Young éclaire cette perspective en rendant publique une étude selon laquelle le montant des actifs douteux détenus par les banques de l’Union européenne a atteint 920 milliards d’euros fin 2012, en progression de 80 milliards d’euros sur l’année passée, prévoyant comme avenir pour ces actifs de se retrouver dans des bad banks, dont le poids financier reposera sur les États, peut-on rajouter."

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=50000

    Quoi ?

    Fin 2012, les banques de l’Union Européenne ont dans leurs livres 920 milliards d’euros d’actifs pourris ?

    Quoi ?

    Ce chiffre inimaginable est en hausse de 80 milliards d’euros par rapport à l’année précédente ?

    Quoi ?

    Les banques de l’Union Européenne sont devenues des banques-zombies ?

    Et pourquoi pas du cheval roumain dans mes lasagnes ?

  • permalien Leslie-keeryan O’Cankly :
    21 février 2013 @09h45   « »

    Bonjour "Louise Michel" :
    Un vif merci d’avoir cité fort à propos Nestor "Batko" Makhno ! Pourriez-vous me donner la source exacte de cette citation ?
    Je vous salue avec amour au nom de l’anarchie,
    Leslie-keeryan O’Cankly
    warriorovulster@yahoo.com

  • permalien Nicks :
    21 février 2013 @12h20   « »

    Un article une nouvelle fois lumineux et d’une fluidité qui devrait plaire aux ronchons qui déplorent la difficulté de lecture du style Lordon.

    A l’attention des ouvrièristes qui me font souvent penser par leur autisme et leur rigidité, aux libertariens et plus classiquement aux néolibéraux ultra-dogmatiques dont le Ps fait aujourd’hui partie, je conseillerais de lire le programme du Front de Gauche et d’oeuvrer pour que la révolution ne soit que la dernière des dernières extrémités. Qu’ils soient rassurés quand son temps sera venu, elle adviendra et ils n’y seront strictement pour rien. Inutile donc de s’agiter en avance.

    Pour le reste, on ne peut que souligner l’étrange impunité de la finance et le rôle de la majorité des élites politiques dans cette protection pusillanime. A ce sujet, la sixième république est bien pertinente, car c’est le système électoral actuel, entre autres certes, qui produit, du moins facilite, cette émancipation du corps politique de la volonté citoyenne. Sans tomber dans l’utopie de la démocratie réelle, il y a de belles marges de manoeuvre pour qu’elle soit plus effective, cette démocratie. C’est le travail que pourrait mener une assemblée constituante.

  • permalien lbm :
    21 février 2013 @16h21   « »

    Ce qu’il fallait dire.
    La séparation avantageuse n’est pas que dans le couple !

  • permalien Economiam :
    21 février 2013 @20h49   « »
    Le role des marchés dans une économie moderne

    Merci pour cet article encore une fois très fouillé même si je ne partage pas certains de vos points de vue.

    Concernant le shadow banking, je crois que les finalités des money market funds et des hedge funds sont très différentes. D’un côté on trouve un véhicule qui fournit du financement de très court terme (source importante de liquidité au secteur bancaire, mais aussi de nombreuses entreprises) de l’autre on trouve, pour caricaturer, un compte épargne spéculatif de golden boys.

    Ensuite il me semble qu’il existe un juste milieu entre le "tout au marché" et "le tout bancaire". On le sait (cf The Economist récemment) les entreprises européennes sont extrêmement dépendantes des banques. Pas terrible en période de crise bancaire !
    Par ailleurs le rating ne fait pas tout ! A l’investisseur aussi de faire son boulot, à moins d’y perdre sa chemise...

    Troisièmement, votre point sur l’optimisation du collatéral est très important. Ce phénomène, la "rehypothecation", est un vrai problème qui ne reçoit pas l’attention qu’il mérite, en particulier de la part des régulateurs.

    Par ailleurs, je suis d’accord avec vous que la volonté d’unir dépôt et marché tient souvent de la mauvaise foi bancaire. On l’a vu, l’annulation du Glass Steagal Act au début des années 2000 était clairement dirigée vers et pilotée par Citigroup...
    Cependant, je suspecte (je n’ai pas de chiffres) que l’accès direct aux marchés pour les institutions de dépôts abaisse leurs coûts de transaction, ce qui se répercuterait soit en profit, soit pour le client. Cependant, la vraie question est la suivante : est ce que ce gain pour la société surpasse le coût d’une grave crise bancaire tout les 30 ans... Probablement que oui, mais je souligne ici le manque de quantification des effets de vos propositions (dans ce post comme dans d’autres d’ailleurs).

    Enfin, je ne peux m’empêcher de réagir à cette affirmation : "des activités de marché, dont il faut redire, et là encore attestation historique en main, qu’elles ne rendent aucun service important, ou presque, que le simple crédit bancaire ne saurait rendre." Je retournerais ceci : comment nier que la finance de marché a permis et permet encore de satisfaire les besoins en financement d’une économie moderne et mondiale ? Quelques exemples : le change, rouage essentiel du commerce international ; les matières premières, qui permettent tout simplement aux compagnies aériennes de fonctionner ; sans parler des marchés action et obligataires. Enfin, la titrisation, celle que Fanny Mae a opéré pendant 30 ans avant que la machine ne s’emballe, a permis l’accession à la propriété à bon marché à des millions de familles américaines.
    Les marchés de financement de gros ne se résument donc certainement pas à "n’importe quel acteur spéculatif".

    Blog Economiam
    (Toutes les opinions exprimées ici sont purement les miennes.)

  • permalien BA :
    22 février 2013 @12h32   « »
    La régulation bancaire au pistolet à bouchon, banques zombies, créances irrécouvrables, faillites bancaires.

    Vendredi 22 février 2013 :

    Zone euro : Bruxelles prévoit une récession en 2013.

    Pas d’amélioration de la croissance en 2013, au contraire, prévoit Bruxelles. La Commission européenne a en effet annoncé vendredi qu’elle table désormais pour 2013 sur une nouvelle baisse de l’activité économique dans la zone euro, qui touchera notamment les pays les plus vulnérables de la région.

    L’exécutif communautaire prévoit une contraction de 0,3% du produit intérieur brut (PIB) des dix-sept en 2013, après - 0,6% l’année dernière, alors qu’en novembre il prévoyait encore une hausse de 0,1% pour cette année.

    La Commission européenne prévoit notamment une baisse de 1,4% du PIB en Espagne, une baisse de 1,9% du PIB au Portugal, une baisse de 3,5% à Chypre, et une baisse de 4,4% en Grèce.

    En Allemagne, première économie de la zone, la croissance devrait en revanche atteindre 0,5%. Quant à la France, elle ne devrait afficher qu’une croissance de 0,1% cette année , nettement inférieure à celle de 0,8% prévue jusqu’à présent par Paris.

    Pas d’amélioration non plus sur le front du chômage. Selon la Commission, le chômage va encore s’aggraver dans la zone euro cette année et devrait dépasser les 12% de la population active. En 2012, il s’est établi à 11,4% de la population active. Il devrait grimper à 12,2% cette année, et se stabiliser à 12,1% en 2014, avec des pointes à plus de 25% en Espagne et en Grèce.

    http://www.lesechos.fr/economie-pol...

  • permalien blues51 :
    22 février 2013 @12h55   « »

    Le système bancaire "lobby et/ou mafia" ?
    "Si les lobbies sont discrets, les mafias le sont encore plus. C’est la condition de leur survie" (http://www.automatesintelligents.com).
    Le total des actifs bancaires domestiques en 2010 représentait 320% du PIB pour la France.
    A qui profite le crime ?!

  • permalien fafoua :
    22 février 2013 @20h25   « »
    Apartheid ?

    Frédéric Lordon vous préconisez l’emploi du terme apartheid en place du mot séparation. Tant que vous y êtes, pourquoi pas suggérer la remise en route des fours crématoires pour carboniser les produits dérivés ? A quand l’eugénisme, que dis-je, l’épuration ethnique des activités bancaires ?

    La frustration de ne pas réussir à changer les choses n’excuse rien, car si le cours de l’Histoire fige certains mots dans une signification précise, il est hasardeux de prétendre en jouer par effet de style.

  • permalien boun0479 :
    22 février 2013 @23h20   « »

    Dans le Lordon, tout est bon...

  • permalien BA :
    23 février 2013 @08h50   « »
    La régulation bancaire au pistolet à bouchon, les banques, la construction européenne.

    Samedi 23 février 2013 :

    En France, 38 % des sondés considèrent la construction européenne comme une source d’espoir. Dans un sondage de 2003, ils étaient 61 % !

    Les classes populaires et les classes moyennes commencent à comprendre ce qu’est réellement la construction européenne : c’est une construction de riches, faite par des riches, pour des riches.

    Lisez cet article :

    Sondage : l’Europe, on n’y croit plus.

    Une enquête BVA montre le désenchantement des Français à l’égard de la construction européenne. Notamment chez les ouvriers et les plus faibles revenus.

    C’est un sondage qui fera certainement mal au cœur à tous ceux qui défendent encore ardemment l’idée européenne.

    Alors que la crise économique s’accroît et que les plans d’austérité se succèdent dans les 27 pays de l’UE, les Français n’ont jamais été aussi désenchantés vis-à-vis de l’institution bruxelloise.

    Ils sont seulement 38% à considérer la construction européenne comme une source d’espoir, selon une enquête exclusive BVA réalisée pour l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris*). Alors qu’ils étaient 50% fin 2011 et même 61% en 2003 !

    Qui connaît son président ?

    Une dégringolade qui touche surtout les catégories les plus modestes. Car une fracture nette se dessine entre les « gagnants » de la construction européenne (cadres, seniors, urbains, hauts revenus…) et ceux qui se considèrent comme les « perdants » (ouvriers, employés aux revenus modestes, ruraux).

    L’Europe, qui se voulait protectrice face aux dangers de la mondialisation, est désormais vécue comme une entité anxiogène. D’ailleurs, les Français s’accordent massivement — ils sont 75% ! — pour considérer que l’UE a été inefficace ces dernières années. Un constat qui peut paraître sévère au vu des plans successifs d’aide pour sauver la Grèce de la faillite ou des instruments de régulation mis en place comme le mécanisme d’union bancaire.

    Incapable de se mettre d’accord pour aider la France engagée contre les jihadistes au Mali, l’Europe n’est guère incarnée au niveau politique. Qui connaît son président, le Belge Herman Van Rompuy ? Ou celle qui est censée incarner la politique étrangère de l’Union, la Britannique Catherine Ashton ? Evidemment, cela n’aide pas…

    http://www.leparisien.fr/politique/...

  • permalien Jacques Kremser :
    23 février 2013 @12h01   « »

    Tout ceci est bougrement instructif et décortiqué de belle manière par Frédéric Lordon, qu’il en soit remercié. On se doutait bien que le PS comme la majeure partie de la classe politique était gangréné par la finance car depuis l’aube des temps ces gens là se soutiennent entre eux comme la corde soutient le pendu, chacun d’eux jouant les deux rôles simultanément.
    Mais cette fois il y a le feu au lac, d’un commun accord les décideurs éperonnés par les financiers imposent l’austérité aux peuples et l’anéantissement des protections sociales.
    Alors, on fait quoi maintenant ? Retirer nos économies des banques ?

  • permalien lanteri :
    23 février 2013 @14h22   « »

    c’est devenir irrespirable . je ne supporte plus de devoir e^tre pliée par cette crise et d’en porter avec mes camarades les conséquences d’irresponsables fainéants.Il faut nationaliser les actifs et non pas les dettes des banques

  • permalien Annie Stasse :
    24 février 2013 @11h43   « »
    Les citoyens dupes

    Le plus désolant est que les citoyens "ordinaires" ne s’intéressent pas à l’économie qu’ils doivent trouver trop compliquée pour eux. Ils ont tord. C’est compliqué certes, et ce qu’on rabâche sur tous les médias parait "plus simple". Mais ils sont dupes, c’est le grave de l’histoire, ils se font enfariner volontairement, et on va tous aller au trou, eux avec. Par contre les mots de MLP leur paraient plus simple… bientôt la guerre.
    quant au film le grand retournement : pas joué dans ma ville préfecture de l’Indre, pas plus que les chiens de garde.

  • permalien jcharron :
    24 février 2013 @12h58   « »

    On peut, comme le fait ici Frédéric Lordon, défendre le financement par crédit bancaire par opposition à la finance de marché, mais il y a aussi une autre option : expliquer comment un financement de marché pourrait ne pas être spéculatif (et donc déstabilisant pour l’économie en général) en faisant établir les prix des actifs financiers par une instance extérieure au marché et en obligeant les échangistes à se conformer à ce prix. Je m’en explique brièvement dans un article paru dans la World Economic Review (accessible ici : http://wer.worldeconomicsassociatio...) et j’espère m’en expliquer plus longuement ailleurs.
    Autre remarque en passant : Minsky était contre la séparation des activités bancaires, et contre la loi Glass-Steagall en particulier. En fait il était pour des banques universelles, mais (et c’était le point essentiel) de petite taille. Des PME qu’on empêcherait de trop grandir par des règles anti-concentration. Rappelons que son directeur de thèse était Schumpeter...

  • permalien Biglou :
    24 février 2013 @15h44   « »

    Naïveté extraordinaire de Monsieur Lordon qui démontre à travers ses exemples, l’ardoise de Dexia, la banque des collectivités locales et le remboursement total des prêts temporaires par les banques commerciales, que le risque réel est plutôt le défaut d’états (maintenant soutenus par la BCE et les impôts des contribuables) et d’organismes publics et pas la soi-disante spéculation irresponsable qu’il dénonce.
    Merci pour cette démonstration bienvenue, mais alors, pourquoi ne pas le dire clairement ?

  • permalien yvan :
    24 février 2013 @20h02   « »
    NON plutôt DIX FOIS QU’UNE !!!!

    Pourquoi, mais POURQUOI avoir fait bénéficier de ce texte sur un blog qui a pour "soutien" : lagarde et attali (entre autres ... (automodération)) ???

    Vous délirez, là, Lordon !!

    Vous ont-ils AU MOINS PAYE ???

    Avez-vous reçu des menaces de mort ???

    Votre femme a-t’elle été enlevée ??? (auquel cas je la retrouve mais elle voudra rester avec moi)

    EXPLIQUEZ-MOI !!

  • permalien yvan :
    24 février 2013 @20h41   « »
    Non, Lordon.

    Là, vous aviez déjà frayé avec jorion, soutenu OUVERTEMENT par ataly, et psychopathe notoire de la finance. (les deux, je précise).

    Mais REFAIRE une MEME erreur, vous vous êtes pommé où, mon gars..??

    Ressaisissez-vous, nom de dieu...

    Le CNRS va AUSSI être privatisé..??

  • permalien zorbeck :
    25 février 2013 @14h26   « »

    Entre ceux qui ne comprennent rien par paresse ou parti pris (l’économie ça parle d’argent et pour un chrétien ou un marxiste c’est forcément très sale) et ceux qui croient avoir compris en comprenant tout de travers, il ne reste plus grand monde…

    Et pourtant, les choses sont ici expliquées clairement, avec force, verve et méthode...mais ca n’a pas l’air de déranger grand-monde. Ce que Lordon ne dit pas, c’est que la réforme bancaire proposée ici par la France est un sommet (du ridicule ou d’hypocrisie, j’hésite encore) et a des conséquences politiques beaucoup plus graves que ce qu’il en dit au niveau de l’échiquier européen : on en arrive à une situation où un pays qui parade volontiers comme le grand redresseur de tors quand il s’agit de généralités ailleurs, se montre totalement myope sur les enjeux véritables chez lui.

    Le modèle français – ou plus généralement européen – de banque dite universelle est le mécanisme fondamental de privatisation des profits et de socialisation des pertes et c’est ce que l’Etat français vient de graver dans le marbre dans l’indifférence générale. Même les US ont été plus loin (Glass-Steagall, Dodd-Frank), même les Anglais vont plus loin (commission Vickers) et même la commission européenne va plus loin avec le projet de réforme Likkanen que la France ne mettra donc pas en pratique, pour ne pas donner un bon exemple j’imagine. Par contre on peut être certain qu’aux prochains soubresauts de la crise, toute la gauche bien pensante entonnera à l’unisson « c’est la faute à l’Europe, c’est la faute aux marchés » en oubliant bien entendu son silence complice et sa propre cécité sur cette loi scélérate.

    Quand on sait que de l’aveu même de la commission les aides au secteur bancaire représentent annuellement 10 % du PIB européen, on peut se demander où sont passées les couilles du gouvernement. Ce que cette loi permet, c’est que les banques françaises continuent à jouer au casino (produits dérivés) avec l’épargne des Français et avec la garantie d’Etat en prime. A comprendre cela, on pourrait se dire que ça ne pourrait pas être pire.

    Et bien si ! La justice française l’a fait ! Elle a poussé le vice à condamner très sévèrement des lampistes J Kerviel (SocGen) et Boris Picano-Nacci (Caisse d’Epargne) comme si un individu isolé pouvait à lui seul évaporer des centaines de millions si pas des milliards d’€ sans qu’il n’ait de comptes à rendre à personne et sans que ça se remarque… Il est notoirement évident que si la hiérarchie n’est pas capable de mettre en place les moyens de contrôle nécessaire, la seule conséquence financièrement admissible est de faire perdre à la banque sa licence bancaire.

    Dans ce sens, la lacheté des juges a été fidèle à la lacheté du gouvernement et l’unicité de la Nation est ainsi garantie, en quelque sorte.

  • permalien BA :
    25 février 2013 @19h58   « »
    Italie.

    Lundi 25 février 2013 :

    Silvio Berlusconi prône la sortie de l’euro.

    Beppe Grillo prône la sortie de l’euro.

    Ces deux hommes ont réuni plus de 50% des suffrages.

    Vers 19h20 :

    L’Italie submergée par une vague populiste.

    Submergée par la vague populiste, voilà l’Italie telle qu’elle se présente d’après les résultats du dépouillement au Sénat. Les voix des berlusconiens et des « grillini » - les partisans de l’ancien comique Beppe Grillo - atteignent ensemble plus de 50% des suffrages. Ils prônent l’un et l’autre la sortie de l’euro. Il faudra bien sûr attendre les résultats de la Chambre pour avoir une idée définitive mais on devine d’ores et déjà que la situation italienne ne pourra qu’être jugée inquiétante par le reste de l’Europe.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/mond...

  • permalien nicks :
    25 février 2013 @20h45   « »

    @Biglou

    Votre pseudo montre un souci d’honnêté mais je pense que vos verres ne sont plus adaptés. Un rendez-vous chez l’ophtalmo s’impose...

  • permalien marco :
    26 février 2013 @10h45   « »
    UNE QUESTION ?

    Pouvons nous raisonnablement dire ou écrire que les cordons des finances Européennes sont tenus par la banque Goldman Sachs avec le soutien actif du FMI ?
    Merci par avance pour la ou les réponses.

  • permalien zorbeck :
    26 février 2013 @13h51   « »

    Mauvaise question !

    Pourquoi aller chercher ailleurs une explication au probleme qui est devant nos yeux : le gouvernement se montre incapable de légiférer sur ses banques qui ont un bilan du meme ordre de grandeur que le pays. Nous sommes en France et c’est le pouvoir de nuisance des banques françaises qui devrait nous occuper puisque ce sont elles qu’il s’agit de renflouer.

    GS c’est le probleme du gouvernment et contribuable US. Ici lisez l’article et vous comprendrez que le probleme est local avant d’etre mondial.

  • permalien joel :
    26 février 2013 @16h04   « »

    Excellent aticle.

    Peut-etre, pourriez-vous aussi vous tuer l’ame et le Saint Esprit a expliquer aux banquiers experts cites dans votre article la nature meme de leur "business". Prenons un exemple :

    Frederic Oudea – PDG Societe Generale
    Declaration faite le 14 juin 2011 devant la Commission des affaires Economiques
    “Nous ne pouvons creer de l’argent. Il nous faut le collecter a travers les depots des particuliers et des enterprises ainsi que par des emissions sur les marches”

    M. Oudea ne comprendrait-il pas la difference entre creation monetaire et prise de risque ?

  • permalien Valentin :
    26 février 2013 @18h36   « »

    Qui n’élimine pas les rats déplore la perte de son grain.
    Qui n’élimine pas les moustiques se grattera jusqu’au sang.
    Qui n’élimine pas la vermine politico-financière se verra réduit à la misère et à la mort.
    Il n’y a pas d’alternative. narodniki, tu n’est pas seul.

  • permalien BA :
    26 février 2013 @19h04   « »
    La régulation bancaire au pistolet à bouchon, la journée noire pour les banques européennes.

    Mardi 26 février 2013 :

    L’Italie provoque la panique dans les Bourses européennes.

    À l’instar des autres marchés européens, la Bourse de Francfort a flanché mardi, perdant plus de 2 % face aux inquiétudes d’un réveil de la crise de la zone euro à cause de l’incertitude politique régnant en Italie à l’issue d’élections serrées. Nettement dans le rouge toute la journée, l’indice vedette Dax s’est encore davantage enfoncé en fin de séance, pour clôturer en baisse de 2,27 % à 7 597,11 points.

    La Bourse de Paris a plongé elle de 2,67 % mardi, dans un marché effrayé par l’impasse politique qui se profile en Italie et ses conséquences économiques potentielles pour l’ensemble de la zone euro. À la clôture, l’indice CAC 40 a perdu près de 100 points (99,41 points) pour s’inscrire à 3 621,92 points, dans un volume d’échanges nourri avec plus de 4 milliards d’euros échangés.

    Du côté de la City, la Bourse de Londres a clôturé mardi sur une forte baisse de 1,34 %, toujours pour les mêmes raisons, l’indice FTSE-100 des principales valeurs a reculé de 84,93 points par rapport à la clôture de lundi, à 6 270,44 points.

    À Madrid, la bourse termine en baisse de 3,2 %.

    C’est en Italie que la baisse est la plus forte : la Bourse de Milan a connu une journée noire mardi, s’effondrant de près de 5 %. L’indice vedette FTSE Mib a clôturé en baisse de 4,89 % à 16 552 points.

    http://www.lepoint.fr/economie/l-it...

  • permalien BA :
    27 février 2013 @07h14   « »
    Italie.

    Mercredi 27 février 2013 :

    L’impasse politique en Italie ravive le spectre de la crise en zone euro.

    Les places financières européennes ont violemment décroché hier. Avec le risque italien, c’est tout l’édifice de soutien à la zone euro qui se trouve fragilisé.

    Confusion extrême en Italie, vent de panique sur les marchés, appel au calme des autorités européennes… La zone euro a renoué avec ses vieux démons au lendemain des élections italiennes.

    L’impasse politique dans laquelle est plongé le pays, ingouvernable à l’issue d’un scrutin marqué par une forte poussée du vote anti-austérité, a brutalement ramené les investisseurs à la réalité. L’accalmie qui régnait depuis des mois sur les marchés, notamment grâce à l’action de la Banque centrale européenne (BCE), a vite cédé la place aux craintes et aux doutes sur la solidité du dispositif anticrise dans la zone euro. « Le scrutin italien a débouché sur l’un des pires résultats possibles pour les marchés », résumaient en choeur les économistes.

    Les autorités européennes ont demandé à Rome de continuer sur la voie des réformes et des efforts de désendettement. Mais elles semblent avoir pris conscience de la fragilité de tout l’édifice de soutien à la zone euro - le mécanisme de stabilité, le plan de rachat de dettes de la BCE, l’union bancaire…

    « La mise en oeuvre des réformes institutionnelles nécessaires, surtout l’union bancaire, aurait été très difficile quoi qu’il arrive. Mais y parvenir avec des gouvernements ayant peu de légitimité le sera encore plus. Un gouvernement italien faible sera un poids de plus au passif de l’Europe », notent les analystes d’UBS. Il n’y avait guère qu’une bonne nouvelle à retenir hier. A 1,30 dollar, l’euro a effacé ses gains de l’année. De quoi réjouir ceux qui le trouvaient trop fort.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-...

  • permalien Ydjer :
    27 février 2013 @16h37   « »

    Malgré des prévisions mondiales de croissance peu réjouissantes, Hollande et son gouvernement persistent dans leur obstination d’équilibre financier et signent pour toujours plus d’austérité. Sapir dénonce l’entêtement infantile de nos dirigeants : http://russeurope.hypotheses.org/919.
    Pour filer la métaphore de l’animal politique, quel animal dans le bestiaire symbolise l’entêtement ? ... Et oui, il est bien vrai que les peuples ont les gouvernants qu’ils méritent.

  • permalien Mada :
    27 février 2013 @22h33   « »

    Merci à Nicolas pour le lien vers les émissions "là-bas si j’y suis" consacrées aux années 80.

    L’archive d’"Apostrophe" où Minc donne sa définition du "libéral de gauche" est une pépite.

    Très éclairant.

  • permalien BA :
    28 février 2013 @10h04   « »
    Italie, Allemagne.

    Rejet de l’Europe.

    Dans l’entourage de Pier Luigi Bersani, on accusait en revanche le coup porté par les partis de Beppe Grillo et de Silvio Berlusconi qui, chacun à sa façon, ont exprimé un rejet de l’Europe. « Si ces résultats sont confirmés, alors de 55% à 60% des électeurs italiens auront voté brutalement contre l’euro, l’Europe, Merkel et l’Allemagne, a commenté le secrétaire général adjoint du Parti Démocrate, Enrico Letta. C’est le début d’une semaine très difficile pendant laquelle un gouvernement stable aurait dû être formé pour guider le pays vers une sortie de la crise. Au lieu de cela, nous pourrions avoir un gouvernement complètement instable. »

    Fin de citation.

    A propos des élections en Italie, le commentaire le plus révélateur a été la une du journal allemand "BILD".

    En une du "BILD", il y avait les deux photos de Silvio Berlusconi et de Beppe Grillo. Surtout, il y avait ce titre de une :

    "Ont-ils désormais brisé notre euro ?"

    "Machen sie jetzt unseren Euro kaputt ?"

    http://www.bild.de/politik/ausland/...

    Ce qui est révélateur, c’est l’utilisation du mot "notre".

    "Ont-ils désormais brisé notre euro ?"

    En clair : l’Allemagne considère que l’euro, c’est sa monnaie, et la monnaie de personne d’autre.

    L’euro, c’est la monnaie de l’Allemagne.

    La politique monétaire européenne, c’est la politique monétaire adaptée à l’économie de l’Allemagne, adaptée à la démographie de l’Allemagne, décidée par l’Allemagne, imposée par l’Allemagne.

    Que les peuples du sud s’appauvrissent à cause de cette politique monétaire n’a strictement aucune importance pour l’Allemagne.

    L’Allemagne n’en a rien à foutre des peuples du sud.

    Aujourd’hui, les élites allemandes pensent : "Ces cueilleurs d’olives sont en train d’affaiblir NOTRE euro"

  • permalien Paul K :
    28 février 2013 @12h10   « »

    Merci Mr Lordon pour cet excellent article, clair documenté et plein d’humour, qui met le doigt sur les insuffisances et le laissez aller des gens qui nous gouvernent.
    Il est dommage que la plupart des medias n’aient pas parlé de cette loi de regulation financiere, pourtant si importante, qui n’a pas fait l’objet d’un vrai debats et que le gouvernement a vidé de toute substance.

    De façon générale, quel dommage que vos articles ne soient pas plus largement mediatisés.On en a un peu assez des economistes à gages qui monopolisent la presse.

    La zone euro et ses institutions actuelles sont un veritable boulet pour un pays comme la France.N’avez vous pas l’intention de vous exprimer sur ce sujet, je suis persuadé que comme , moi de nombreux lecteurs vous en seraient reconnaissants.

  • permalien BA :
    1er mars 2013 @12h03   « »
    Le naufrage de tout un continent.

    Vendredi 1er mars 2013 :

    Les chiffres du chômage en Europe viennent d’être diffusés par Eurostat pour le mois de janvier 2013.

    "Le chômage atteint 11,9% dans la zone euro, un nouveau record.

    Le taux de chômage de la zone euro s’est établi à 11,9% de la population active en janvier, un niveau record, selon les données publiées vendredi par l’office européen de statistiques Eurostat."

    http://www.liberation.fr/economie/2...

    1- Médaille d’or : la Grèce. Chômage de 27 %.

    2- Médaille d’argent : l’Espagne. Chômage de 26,2 %.

    3- Médaille de bronze : le Portugal. Chômage de 17,6 %.

    4- Slovaquie : 14,9 %.

    5- Irlande et Chypre : 14,7 %.

    7- Lettonie : 14,4 %.

    8- Lituanie : 13,3 %.

    9- Bulgarie : 12,4 %.

    10- Italie : 11,7 %.

    11- Hongrie : 11,1 %.

    12- France et Pologne : 10,6 %.

  • permalien Crapaud Rouge :
    1er mars 2013 @22h28   « »
    Deux poids deux mesures

    rezo.net signale un article fort instructif : "Allemagne-Grèce : deux poids, deux mesures - Voici 60 ans, l’annulation de la dette allemande" (http://cadtm.org/Allemagne-Grece-de...). Le résumé pourrait se dire ainsi : quand on veut aider un pays à redresser son économie, on sait ce qu’il faut faire, et quand on veut le couler, il suffit d’exiger le contraire.

  • permalien BA :
    2 mars 2013 @09h57   « »
    Royaume-Uni.

    Vendredi 1er mars 2013 :

    Résultat de la dernière élection législative partielle du Royaume-Uni.

    C’était la circonscription de Eastleigh : les souverainistes arrivent ... deuxièmes !

    Mike Thornton (Libéraux Démocrates) 13 342 voix (32.06%, -14.48% par rapport à la dernière élection)

    Diane James (UKIP, souverainistes) 11 571 voix (27.80%, +24.20% par rapport à la dernière élection)

    Maria Hutchings (conservateurs) 10 559 voix (25.37%, -13.96% par rapport à la dernière élection)

    John O’Farrell (travaillistes) 4 088 voix (9.82%, +0.22% par rapport à la dernière élection)

    http://www.guardian.co.uk/politics/...

    - Cette semaine, au Royaume-Uni, en Italie, les partis pro-européens viennent d’être laminés.

    - Les partis pro-européens vont continuer à baisser, partout en Europe.

    - Les partis anti-européens vont continuer à monter, partout en Europe.

    - Nous entrons dans une nouvelle période : l’Europe de l’ouest va subir ce que l’Europe de l’est a subi il y a 22 ans.

    - Si vous avez aimé la dislocation de l’URSS, vous adorerez la dislocation de l’Union Européenne.

  • permalien BA :
    2 mars 2013 @12h07   « »
    Italie.

    Samedi 2 mars 2013 :

    Beppe Grillo veut renégocier la dette italienne.

    Beppe Grillo, leader du mouvement Cinq Etoiles (M5S), qui a réuni 25,5% des suffrages lors des législatives en Italie, veut renégocier la dette de son pays, a-t-il indiqué à "Focus".

    "Si la situation financière de l’Italie ne change pas, elle quittera l’euro", estime l’ancien comique.

    "Nous sommes écrasés, non pas par l’euro mais par notre endettement. Quand les intérêts atteignent 100 milliards d’euros par an, on est mort. Il n’y a pas d’alternative" à une renégociation de la dette, a déclaré M. Grillo dans l’hebdomadaire allemand Focus.

    Il a comparé les obligations d’états avec des actions d’entreprises : "quand j’achète une action d’une société, et qu’elle fait faillite, ce n’est pas de chance. J’ai pris un risque et j’ai perdu", a-t-il ajouté.

    Il affirme également que la situation est si précaire en Italie que "dans six mois, on ne pourra plus payer les retraites et les salaires du service public".

    En Allemagne, des voix se sont déjà fait entendre dans la frange euro-sceptique de la coalition gouvernementale de la chancelière Angela Merkel, pour réclamer une sortie de l’Italie de la zone euro si un gouvernement prêt à continuer les réformes structurelles n’est pas mis en place.

  • permalien Valentin :
    2 mars 2013 @22h41   « »

    Je rappelle que bien avant les italiens ( 2005 ) les français ont dit NON à l’Europe. Vous vous souvenez ?

  • permalien Kaz :
    5 mars 2013 @13h09   « »

    Excellent article comme toujours. C’est-à-dire toujours aussi impossible à saisir dans sa globalité avant la dix-septième lecture (au moins y a-t-il quelque chose à lire). Le dernier numéro de Fakir en date consacre justement un dossier sur "L’Europe", où il est question de régulation.

    Sinon, le seul truc qui m’a choqué dans cet article, c’est le "rapporteure". J’ai toujours du mal avec ces barbarismes, mais bon...

  • permalien BA :
    6 mars 2013 @12h03   « »
    Le naufrage de tout un continent.

    Union Européenne : quatrième trimestre 2012 :

    Portugal : baisse du PIB : - 1,8 %.

    Chypre : baisse du PIB : - 1 %.

    Slovénie : baisse du PIB : - 1 %.

    Danemark : baisse du PIB : - 0,9 %.

    Italie : baisse du PIB : - 0,9 %.

    Hongrie : baisse du PIB : - 0,9 %.

    Espagne : baisse du PIB : - 0,8 %.

    Allemagne : baisse du PIB : - 0,6 %.

    Finlande : baisse du PIB : - 0,5 %.

    France : baisse du PIB : - 0,3 %.

    Royaume-Uni : baisse du PIB : - 0,3 %.

    République tchèque : baisse du PIB : - 0,2 %.

    Pays-Bas : baisse du PIB : - 0,2 %.

    Autriche : baisse du PIB : - 0,2 %.

    Belgique : baisse du PIB : - 0,1 %.

    http://epp.eurostat.ec.europa.eu/ca...

  • permalien minary :
    8 mars 2013 @11h59   « »

    Cher Monsieur Lordon,
    Pourquoi tant de depense d’energie et de temps, aussi brillante
    soit-elle pour aborder une non reforme ?
    La veritable "reforme" ne serait-elle pas dans le renflouement
    interne des "too big to fail", mort assuree de notre "model social".
    Cette reforme n’est-elle pas une pierre de plus au Grant Marche
    Transatlantic avec droits et procedures uniformises US/UE
    dans cette "resolution"
    Garantie des etats : jusqu’ou ?
    L’omerta doit etre levee, il y a debat aux US
    En 2008- 2009, circulait une video de vous dans la rue en train
    de tracter et de crier : nationalisons les banques !
    Votre courage sera le notre.
    Avec mes respectueuses salutations

  • permalien BA :
    8 mars 2013 @13h54   « »
    Irlande.

    En 2008, la crise bancaire avait explosé les banques privées irlandaises. L’Etat irlandais avait alors choisi de payer des dizaines de milliards d’euros pour sauver de la faillite les banques privées irlandaises.

    Conséquence : l’Etat irlandais s’était retrouvé en faillite. L’Etat irlandais avait appelé à l’aide. Fin 2010, le FMI, l’Union Européenne et la BCE avaient prêté en urgence 85 milliards d’euros sur trois ans à l’Etat irlandais.

    Problème : aujourd’hui, trois ans après, l’Etat irlandais est incapable de rembourser ces 85 milliards d’euros.

    Mais attention ! Quand c’est un pays anglo-saxon qui est en défaut de paiement, il ne faut pas le dire !

    Il ne faut pas dire : "L’Irlande est en défaut de paiement".

    A la place, il faut dire :

    "Il ne s’agit pas seulement de l’allongement de la maturité des prêts, on peut vraiment penser à d’autres mécanismes possibles, mais cela inclura certainement l’extension de la maturité"

    L’Irlande a déjà annoncé à la BCE qu’elle remboursera la BCE en 2053 si tout va bien.

    Et aujourd’hui, l’Irlande vient d’annoncer au FMI qu’elle remboursera le FMI ... un jour.

    Vendredi 8 mars 2013 :

    Irlande : le FMI "ouvert" à un ajustement du programme d’aide (Christine Lagarde).

    Le FMI est "ouvert" à un ajustement des termes du programme d’assistance financière à l’Irlande afin d’aider le pays à en sortir et à faire son retour définitif sur les marchés, a indiqué vendredi à Dublin sa directrice générale, Christine Lagarde.

    "Nous avons l’esprit ouvert sur de nombreuses questions, de nombreux termes et conditions de la stratégie de sortie (du plan d’aide) jusqu’à un ajustement des prêts", a déclaré devant la presse la patronne du Fonds Monétaire International, lors de sa première visite dans l’un des trois pays de la zone euro placés sous assistance financière internationale, avec la Grèce et le Portugal.

    "Il ne s’agit pas seulement de l’allongement de la maturité (des prêts), on peut vraiment penser à d’autres mécanismes possibles, mais cela inclura certainement l’extension" de la maturité, a-t-elle ajouté.

    Les ministres des Finances européens se sont mis d’accord de leur côté mardi 5 mars sur le principe de rallonger les prêts accordés à l’Irlande et au Portugal et devraient annoncer une décision définitive lors de leur prochaine réunion en avril.

    Plombée par ses banques, l’Irlande avait appelé le FMI et ses partenaires européens à l’aide fin 2010 et obtenu un plan de sauvetage global de 85 milliards d’euros au prix d’une cure d’austérité drastique.

    Le pays, qui a retrouvé une croissance fragile et a entamé son retour sur les marchés l’été dernier, veut sortir à la fin de l’année de ce plan d’aide.

    http://www.romandie.com/news/n/Irla... ?

  • permalien BA :
    8 mars 2013 @15h02   « »
    L’Allemagne et l’Italie.

    Vendredi 8 mars 2013 :

    Allemagne : un allié de Merkel évoque une sortie de l’Italie de la zone euro.

    L’un des principaux dirigeants des libéraux allemands, partenaires de gouvernement d’Angela Merkel, a déclaré jeudi soir que l’Italie devait choisir entre un abandon de l’euro ou la poursuite d’une cure d’austérité drastique.

    Les élections législatives des 24 et 25 février en Italie n’ont pas dégagé de majorité en raison notamment de la percée du "Mouvement 5 Etoiles" de Beppe Grillo, virulent détracteur de la politique de rigueur mise en oeuvre depuis novembre 2011, à l’incitation de ses partenaires européens, par Mario Monti. Ce dernier a en revanche essuyé un échec électoral.

    "La décision de s’ajuster à la monnaie unique est une décision que l’Italie doit prendre pour elle-même, ce n’est pas à nous de la prendre. Si l’Italie ne veut pas le faire, elle doit en tirer les conséquences", a déclaré Rainer Brüderle, chef du groupe parlementaire du Parti libéral (FDP) au Bundestag, à l’antenne de la ZDF.

    http://fr.reuters.com/article/frEur...

  • permalien BA :
    8 mars 2013 @20h57   « »
    Italie.

    Vendredi 8 mars 2013 :

    Italie : Fitch abaisse d’un cran la note du pays à BBB+, perspective négative.

    L’agence de notation Fitch a abaissé vendredi d’un cran la note souveraine de l’Italie, à "BBB+" contre "A-", assortie d’une perspective négative, devenant la première agence à dégrader la note du pays, plongé dans une impasse politique à la suite des élections législatives de février.

    "Le résultat peu clair des élections législatives italiennes des 24-25 février rend peu probable la formation d’un nouveau gouvernement stable dans les semaines à venir. L’incertitude politique croissante et le contexte peu propice à de nouvelles réformes structurelles représentent un choc supplémentaire pour l’économie réelle, alors que sévit déjà une profonde récession", explique l’agence Fitch.

    Les statistiques du 4e trimestre 2012 confirment que la récession en Italie est l’une des pires d’Europe, souligne Fitch qui table sur une contraction de 1,8% du PIB en 2013, dans la foulée du recul de 2,4% de 2012.

    Quant à la dette publique de l’Italie, elle devrait atteindre près de 130% du PIB en 2013, estime l’agence, qui rappelle qu’elle tablait sur 125% à la mi-2012.

    "Un gouvernement faible pourrait être plus lent et moins à même de répondre à des chocs internes ou externes", estime Fitch.

    "La note italienne pourrait être à nouveau abaissée, notamment si la récession s’avérait encore plus longue et profonde que prévu, et en venait à peser sur les efforts budgétaires du pays et à accroître les risques pour le secteur bancaire", souligne Fitch.

  • permalien BA :
    12 mars 2013 @17h00   « »
    La démocratie est morte ? Vive l’oligarchie !

    Mardi 12 mars 2013 : mort officielle de la démocratie en Europe.

    Mardi 12 mars 2013 : naissance officielle de l’oligarchie en Europe.

    Strasbourg entérine le contrôle communautaire des budgets nationaux.

    Le Parlement européen a approuvé mardi 12 mars deux nouveaux règlements sur la gouvernance économique de la zone euro, dont l’un accorde un pouvoir de contrôle accru à la Commission européenne sur l’élaboration des budgets nationaux.

    Les gouvernements devront transmettre leur projet de budget 2014 avant le 15 octobre à la Commission européenne, qui veillera à ce qu’il respecte les critères de l’UE, notamment en termes d’endettement et de déficit.

    La Commission européenne pourra formuler des recommandations qui ne seront pas contraignantes, mais les gouvernements qui n’en tiendront pas compte s’exposeront à des sanctions.

    Les membres non-élus de l’oligarchie, qui ont le pouvoir, qui ont le vrai pouvoir, sont les suivants :
    José Manuel Durão Barroso
    Catherine Ashton
    Viviane Reding
    Joaquín Almunia
    Siim Kallas
    Neelie Kroes
    Antonio Tajani
    Maroš Šefčovič
    Janez Potočnik
    Olli Rehn
    Andris Piebalgs
    Michel Barnier
    Androulla Vassiliou
    Algirdas Šemeta
    Karel De Gucht
    Tonio Borg
    Máire Geoghegan-Quinn
    Janusz Lewandowski
    María Damanáki
    Kristalina Georgieva
    Günther Oettinger
    Johannes Hahn
    Connie Hedegaard
    Štefan Füle
    László Andor
    Cecilia Malmström
    Dacian Cioloş

  • permalien Valentin :
    13 mars 2013 @01h24   « »

    Et ben...On est mal barrés.
    Peut-être que ces arabes qui veulent tout faire péter ne sont pas si loin de la vérité.
    Dommage que soient des "petits bras" animés par la bétise.
    Il n’y a plus qu’une explosion de centrale nucléaire qui peut encore nous sauver, pour peu qu’elle soit bien située.

  • permalien BA :
    13 mars 2013 @19h34   « »
    Italie.

    Mercredi 13 mars 2013 :

    Pour Beppe Grillo, l’Italie est déjà hors de la zone euro.

    L’Italie peut déjà être considérée comme étant sortie de la zone euro, a affirmé Beppe Grillo, le leader du Mouvement 5 Etoiles (M5S), dans un entretien publié mercredi en Allemagne. "L’Italie est de facto déjà sortie de la zone euro", a déclaré M. Grillo au quotidien économique allemand Handelsblatt.

    "Le pays est K.-O. debout", poursuit-il. Dans le même entretien, il prédit que "l’Italie ne va pas connaître de croissance dans les cinq à dix ans à venir".

    Le nouvelle figure politique italienne, qui a cristallisé le vote contestataire aux législatives, se défend d’être anti-européen. "J’ai simplement dit que je voulais un plan B pour l’Europe, dit-il. Nous devons nous demander : qu’est-il advenu de l’Europe ? Pourquoi n’avons-nous pas de politique d’information commune ? Pas de politique fiscale commune ? Pas de politique commune d’immigration ? Pourquoi seule l’Allemagne s’est enrichie ?"

    "L’EUROPE DU NORD VA NOUS LAISSER TOMBER".

    Il indique également vouloir incorporer davantage les citoyens européens dans le processus de décision sur l’Europe : "Je ferais un référendum en ligne sur l’euro, sur la directive Bolkenstein, sur le traité de Lisbonne – tous ces sujets où notre Constitution a été laissée de côté."

    Beppe Grillo se dit convaincu que l’Europe du Nord soutiendrait l’Italie le temps qu’il faudrait "pour récupérer les investissements de leurs banques dans les obligations italiennes". "Après, ils vont nous laisser tomber", prédit-il.

    Pendant la campagne électorale avant les élections des 24 et 25 février, le mouvement de Beppe Grillo prônait notamment la sortie de l’euro, s’attirant des critiques de "démagogie et [de] populisme".

    Le M5S est finalement arrivé en troisième position en termes de nombre d’élus, derrière la coalition de gauche guidée par Pier Luigi Bersani et celle de droite menée par Silvio Berlusconi.

    Devant le blocage politique, le M5S a proposé de prendre la direction du prochaine gouvernement. Il est toutefois peu probable que les autres partis acceptent la formule d’un gouvernement piloté par le mouvement de Beppe Grillo. D’abord en raison de divergences sur les programmes mais aussi parce que le M5S dispose au final de moins de sièges au Parlement que les alliances de centre gauche et de centre droit.

    http://www.lemonde.fr/europe/articl...

  • permalien BA :
    15 mars 2013 @10h47   « »
    Espagne.

    Vendredi 15 mars 2013 :

    Espagne : nouveau record de la dette publique à 84,1% du PIB à la fin 2012.

    La dette publique de l’Espagne a fortement progressé au cours du dernier trimestre 2012, pour atteindre un nouveau record historique, à 84,1% du PIB, en raison d’une hausse tant au niveau de l’administration centrale qu’au niveau des 17 régions autonomes, a annoncé vendredi la Banque d’Espagne.

    Dette publique de l’Espagne :
    2007 : dette publique de 36,3 % du PIB.
    2008 : dette publique de 40,2 % du PIB.
    2009 : dette publique de 53,9 % du PIB.
    2010 : dette publique de 61,5 % du PIB.
    2011 : dette publique de 69,3 % du PIB.
    2012 : dette publique de 84,1 % du PIB.

    http://www.google.com/publicdata/ex...

  • permalien MikeJ :
    15 mars 2013 @11h20   « »

    Bravo et merci pour cet article. Juste un bémol : le dernier § fait un peu yakafauquon. Pourquoi n’avoir pas évoqué la véritable séparation prônée par nombre d’économistes dont Fisher et Allais : qu’on l’appelle 100% monnaie, nationalisation de la monnaie, réserves intégrales, la séparation qui compte, comme le montre une bonne part de votre article, c’est entre les banques de dépôt et les établissements de crédit, la séparation entre ceux-ci et les banques d’affaires est certes importante, comme le montre le reste de l’article, mais annexe.

  • permalien BA :
    15 mars 2013 @19h45   « »
    Italie.

    Vendredi 15 mars 2013 :

    Pour sauver de la faillite les Etats européens surendettés, les neuneus ont créé le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF). Mais ce Fonds est alimenté par des dizaines de milliards d’euros que doivent payer ... les Etats européens surendettés !

    Par exemple, en janvier 2013, la contribution de l’Italie au FESF a atteint 43 milliards d’euros. Du coup, la dette publique de l’Italie a battu son record historique : 2022,7 milliards d’euros !

    Le Fonds de Stabilité ne stabilise rien du tout : au contraire, il aggrave la catastrophe !

    Lisez cet article hilarant :

    Italie : la dette publique atteint un nouveau record historique : 2022,7 milliards d’euros.

    La dette publique italienne dépasse le seuil des 2000 milliards d’euros, marquant un nouveau record historique en Janvier à 2022,7 milliards d’euros, soit une augmentation de 34 milliards d’euros par rapport à décembre, augmentation en grande partie due à la contribution de l’Italie au Fonds Européen de Stabilité Financière.

    LA DETTE - En Janvier 2013, le soutien de l’Italie aux pays de la zone euro en difficulté (ce qui correspond à la part de l’Italie dans les prêts du FESF) s’est élevé à 0,4 milliard d’euros : la contribution totale de l’Italie au FESF créé pour lutter contre la crise de la dette en Europe a atteint 43 milliards d’euros. La dette du « gouvernement central », explique le rapport, a donc augmenté de 34,5 milliards d’euros par rapport à décembre, la dette des « administrations locales » a diminué de 0,5 milliards d’euros.

    En Espagne, la dette a atteint le niveau record de 84% du PIB à la fin de 2012, soit une augmentation de 14,8% par rapport à 2011.

    http://www.corriere.it/economia/13_...

  • permalien BA :
    16 mars 2013 @14h04   « »
    Bank-run à Chypre.

    Samedi 6 mars 2013 :

    Bank-run à Chypre.

    Samedi matin, à Chypre, des dizaines de Chypriotes et d’étrangers, très nombreux sur l’île, étaient visibles devant les banques pour retirer de l’argent des distributeurs automatiques.

    Les ministres des Finances de la zone euro se sont mis d’accord dans la nuit de vendredi à samedi sur un plan d’aide de 10 milliards d’euros pour Chypre.

    Les banques devront y participer via une ponction de 9,9% sur les dépôts, a annoncé un responsable de la zone euro.

    "C’est fait", a indiqué ce responsable européen, qui a précisé que les dépôts inférieurs à 100 000 euros ne seraient ponctionnés qu’à 6,75% et que les intérêts des dépôts seraient aussi taxés.

    Lisez cet article :

    Chypre/aide : colère des épargnants.

    Ces prélèvements sur les dépôts des épargnants, censés rapporter 5,8 milliards d’euros, seront appliqués à toutes les personnes résidant sur l’île méditerranéenne, des employés chypriotes aux oligarchies russe.

    Des tweets de gens en colère se multipliaient samedi sur la Toile même si l’accord n’était pas à la Une de la presse, en raison de sa conclusion tard dans la nuit à Bruxelles.

    Juste après l’annonce de l’accord, des dizaines de Chypriotes et d’étrangers, très nombreux sur l’île, étaient visibles devant les banques pour retirer de l’argent des distributeurs automatiques.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/20...

  • permalien BA :
    16 mars 2013 @21h20   « »
    Bank-run à Chypre.

    Les ministres des Finances de la zone euro se sont mis d’accord dans la nuit de vendredi à samedi sur un plan d’aide de 10 milliards d’euros pour Chypre.

    Les banques devront y participer via une ponction de 9,9% sur les dépôts, a annoncé un responsable de la zone euro.

    "C’est fait", a indiqué ce responsable européen, qui a précisé que les dépôts inférieurs à 100 000 euros ne seraient ponctionnés qu’à 6,75% et que les intérêts des dépôts seraient aussi taxés.

    Samedi matin, à Chypre, des dizaines de Chypriotes et d’étrangers, très nombreux sur l’île, étaient visibles devant les banques pour retirer de l’argent des distributeurs automatiques.

    Lisez cet article :

    "C’est une catastrophe", a dit un Chypriote de 45 ans venu retirer de l’argent.

    "Cela va nous donner envie de sortir de l’euro", dit un autre, un retraité.

    "On essaie tous de retirer un maximum d’argent — mais cela ne marche pas très bien, on ne sait pas si les comptes sont bloqués ou les distributeurs vides, a dit à l’AFP Joseph, employé de banque chypriote. Personne ne s’attendait à cela — et les banques n’étaient au courant de rien".

    Les agences bancaires étaient fermées pour le week-end, et jusqu’à mardi matin, lundi étant férié sur l’île.

    Ces retraits ne vont toutefois pas empêcher la ponction sur les comptes de toute personne résidant sur l’île. Les montants correspondant à la taxe "sont déjà bloqués et ne peuvent plus être transférés", assure Marios Skandalis, vice-président de l’Institut des comptables publics de Chypre.

    http://www.lemonde.fr/europe/articl...

    Conclusion : un Etat est capable de tout.

    Un Etat peut mentir, un Etat peut tromper, un Etat peut aller voler l’argent des épargnants dans les coffres des banques privées, etc, etc.

    Un Etat peut tout faire.

  • permalien BA :
    17 mars 2013 @09h53   « »
    Chypre, Italie, Espagne.

    Dimanche 17 mars 2013 :

    A Chypre, le gouvernement va voler 6,75 % des dépôts de tous les épargnants.

    Si un épargnant chypriote possède plus de 100 000 euros, le gouvernement va lui voler 9,9 % de son épargne.

    Bon.

    D’accord.

    La question la plus importante est la question que pose Lars Christensen, de Saxo Bank :

    "Maintenant, l’Italie et l’Espagne vont-elles à leur tour confisquer 10 % des dépôts des épargnants ?"

    "Will Italy and Spain also face 10% confiscation on bank deposits ?"

    http://www.romandie.com/news/n/Will...

  • permalien BA :
    17 mars 2013 @21h31   « »
    Chypre, Grèce, Espagne, Italie.

    Dimanche 17 mars 2013 :

    Après avoir analysé la situation désespérée de la Grèce, l’économiste Jacques Sapir analyse la situation de Chypre : pour Jacques Sapir, Chypre risque entraîner une réaction en chaîne.

    Lisez cet article :

    Dans ce contexte survient le samedi 16 mars l’annonce de l’accord sur Chypre, et de ses conséquences. Le gouvernement de Nicosie, pour obtenir le soutien de l’Union Européenne, a dû mettre en œuvre une mesure extrêmement dangereuse : un prélèvement direct sur les comptes bancaires. Les effets de cette mesure ne se feront probablement pas attendre dans les autres pays. En effet, à Chypre même, des queues se formaient devant les banques pour retirer l’argent des comptes, mais sans effets car le gouvernement avait gelé la veille les montants. Mais ce qui est arrivé aux Chypriotes va servir de leçon pour les autres pays. Une telle mesure est parfaitement envisageable en Grèce, en raison de l’effondrement des recettes fiscales. La logique de la situation serait que l’on assiste à un « bank run », une panique bancaire en Grèce, puis probablement en Espagne et en Italie.

    Concrètement, la situation de la Grèce a connu une nouvelle aggravation, dont les effets seront manifestes d’ici à juillet prochain. Mais la combinaison de cette situation et du faux-pas des autorités à Chypre risque de confronter les autres pays en crise ouverte, l’Espagne, le Portugal et sans doute l’Italie, à la perspective de paniques bancaires qui, même si elles ne sont pas justifiées, seront extrêmement difficiles à contrôler. La TROÏKA veut continuer de voir couler le sang de la Grèce par ses veines grandes ouvertes, mais ce sang ne va pas tarder à nous éclabousser.

    Jacques Sapir.

    http://russeurope.hypotheses.org/1028

  • permalien BA :
    18 mars 2013 @08h42   « »
    Chypre, Grèce, Italie, Espagne.

    Dimanche 17 mars 2013 :

    Dernière heure (ajout du 17 mars à 23h30)

    Tard, dans la soirée, on apprenait d’une part que le gouvernement chypriote cherchait à renégocier l’accord avec Bruxelles devant l’ampleur des protestations que celui-ci avait provoqué, et que certaines sources, en Allemagne mais aussi à la BCE, envisageaient d’appliquer cette méthode de la confiscation des dépôts à l’Italie et à l’Espagne. La première proposition fait sens, à la condition qu’elle n’entraîne pas un taux de confiscation supérieur à 12% pour les tranches de dépôts les plus élevés. Compte tenu de la structure des dépôts dans les banques chypriotes, il est actuellement difficile de dire si une solution allant dans ce sens pourra être trouvée.

    La seconde idée est elle une folie pure. Commencer à évoquer la possibilité d’une confiscation fiscale de l’ordre de 15% sur les dépôts en Italie est exactement ce qu’il faut pour provoquer dès demain un bank run massif dans la péninsule. Quels que soient les démentis qui seront apportés, il est à craindre que le mal ne soit déjà fait car l’information circule actuellement très vite sur les réseaux sociaux (Twitter et Facebook). Nous avons ici la preuve de l’inconscience des bureaucrates de Berlin, Francfort et Bruxelles.

    Jacques Sapir.

    http://russeurope.hypotheses.org/1038

  • permalien BA :
    18 mars 2013 @19h06   « »
    La régulation bancaire à Chypre : les banques resteront fermées jusqu’à jeudi !

    Lundi 18 mars 2013 :

    Chypre : les banques de l’île vont rester fermées jusqu’à jeudi.

    Lisez cet article :

    Le Parlement chypriote a reporté à mardi son vote sur le plan de sauvetage européen très impopulaire sur l’île, dont la clause sans précédent prévoyant de prélever une taxe sur tous les dépôts bancaires fait trembler les marchés financiers.

    Malgré ce report, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés devant le Parlement en milieu d’après-midi, clamant : "non à l’euro", ou encore : "L’Europe existe pour ses peuples, pas pour l’Allemagne".

    Pour éviter une ruée aux guichets, les banques de l’île vont rester fermées jusqu’à jeudi, selon un responsable de la Banque centrale.

    http://www.romandie.com/news/n/Chyp...

  • permalien BA :
    19 mars 2013 @17h57   « »
    La régulation bancaire à la bombe atomique : comment détruire les banques de Chypre.

    Qui est responsable du chaos à Chypre ?

    Qui a pris la décision de voler les épargnants de Chypre ?

    Réponse : "C’est pas moi, c’est pas moi, c’est l’autre !"

    Lisez cet article :

    Qui a eu l’idée de taxer les dépôts bancaires à Chypre ? Plusieurs responsables européens se renvoient la balle. Face à la colère des Chypriotes et à l’inquiétude des marchés, la zone euro a replongé dans la cacophonie lundi.

    selon le Financial Times daté de lundi, un haut responsable européen aurait confié au journal qu’initialement les bailleurs de fonds internationaux souhaitaient que seuls les dépôts supérieurs à 100.000 euros soient taxés, et ce, à hauteur de 15,6%. Des dépôts qui sont détenus en grande partie par des Russes, rappelle le quotidien britannique.

    "Avec le FMI, les Allemands ont voulu taxer les déposants à Chypre jusqu’à 40%", a de son côté précisé une source diplomatique européenne sous couvert d’anonymat. "Il y a eu des mises en garde mais ils n’ont pas voulu écouter. Le comble maintenant est qu’ils n’assument pas."

    Deux jours à peine après avoir difficilement ficelé l’accord, l’Allemagne, la France et la Banque centrale européenne (BCE) affirmaient ainsi ne pas être à l’origine de la proposition de taxer l’ensemble des déposants. Et dès dimanche, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, avait affirmé que Berlin s’était prononcé en faveur d’une protection des petits épargnants. Le gouvernement allemand, tout comme le FMI, a proposé une solution qui "respecte la garantie des dépôts", a déclaré Wolfgang Schaüble.

    Tout comme l’a fait Pierre Moscovici de son côté, ce lundi. "J’ai plaidé l’exemption des dépôts sous 100.000 euros depuis le départ", a-t-il affirmé à la presse au lendemain d’une nouvelle réunion, téléphonique, avec ses homologues de la zone euro, pour rectifier le tir après l’accord très critiqué sur l’aide à Chypre.

    Pour le ministre des Finances allemand, la faute revient au gouvernement chypriote, à la Commission européenne et à la BCE. Ce sont "eux qui ont choisi cette solution et ils doivent maintenant s’en expliquer auprès du peuple chypriote".

    http://www.latribune.fr/actualites/...

  • permalien BA :
    19 mars 2013 @19h37   « »
    La régulation bancaire à coups de bombes atomiques sur la tronche !

    Mardi 19 mars 2013 :

    Coup de tonnerre à Chypre !

    Attention, attachez vos ceintures !

    Les députés rejettent le plan européen : 0 député pour, 36 députés ont voté contre, 19 députés se sont abstenus.

    Le Parlement chypriote rejette le projet de loi sur la taxation des comptes bancaires.

    http://bourse.lesechos.fr/infos-con...

  • permalien BA :
    19 mars 2013 @22h47   « »
    "Nous savons que ça va être difficile, mais nous sommes prêts à accepter les sacrifices pour sauvegarder notre dignité"

    Le Parlement chypriote a rejeté mardi le plan de sauvetage européen pour l’île après le tollé provoqué par la taxe sans précédent sur les dépôts bancaires qui y est prévue, replongeant la zone euro dans une crise aux conséquences incertaines.

    A Nicosie, le président du Parlement Yiannakis Omirou a annoncé que 36 députés avaient voté contre le texte, et 19 s’étaient abstenus - tous du parti Disy du président de droite Anastasiades. Le plan n’a obtenu aucun vote positif.

    "La réponse ne peut être que Non au chantage. Cette décision n’est rien qu’une razzia sur les fonds bancaires", a-t-il estimé. "Ce plan doit être renégocié".

    L’annonce du rejet a été accueillie par une énorme explosion de joie devant le Parlement où des milliers de manifestants s’étaient réunis pour dire Non au texte.

    "Chypre appartient à son peuple", a scandé la foule.

    "Parce que nous sommes petits, ils ont cru qu’ils pouvaient faire ça avec nous. Mais Chypre ne veut pas être un cobaye pour l’Europe", a dit Stefanos Angelidis, un chômeur de 28 ans.

    "Nous savons que ça va être difficile, mais nous sommes prêts à accepter les sacrifices pour sauvegarder notre dignité", a affirmé Maria Hadjisawa, une traductrice de 30 ans.

    http://www.boursorama.com/actualite...

  • permalien BA :
    20 mars 2013 @14h00   « »
    La soi-disant "Union Européenne".

    Mercredi 20 mars 2013 :

    Moscou traîne des pieds pour aider Chypre.

    Pour l’heure, les tentatives du gouvernement chypriote pour obtenir l’aide financière de Moscou ne semblent pas aboutir. "La Russie et Chypre ne sont pas parvenus à un accord sur l’octroi d’un prêt à Nicosie mais poursuivront leurs négociations sur ce sujet", a déclaré mercredi matin le ministre chypriote des Finances Michalis Sarris en visite à Moscou, cité par l’agence russe Ria-Novosti.

    Fin de citation.

    De toute façon, l’Union Européenne sait que Chypre ne remboursera jamais sa dette, donc ça ne sert à rien de continuer à jeter des milliards d’euros dans le tonneau des Danaïdes.

    Le triste destin des Etats européens surendettés, c’est de vendre leurs richesses et de vendre leur patrimoine aux nouveaux riches : Chine, Qatar, Russie, etc.

    Par exemple, la Grèce vend ses ports à la Chine. La Grèce vend le sol de ses îles au Qatar. Ithaque était l’île dont Ulysse était le roi dans la mythologie grecque, et c’est le Qatar qui rachète le sol ! Lisez cet article désespérant :

    http://www.france24.com/fr/20130307...

    Autre exemple : Chypre va vendre ses gisements d’hydrocarbures à la Russie, et en échange la Russie va prêter quelques milliards à Chypre, comme on jette quelques pièces à un mendiant.

    La Grèce, Chypre, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, la France, etc, toutes ces vieilles nations européennes ont cru que s’unir dans une grande construction de 27 pays était une promesse de prospérité.

    Mais ce n’est pas la prospérité qui est arrivée : c’est la faillite.

    Toutes ces vieilles nations européennes se retrouvent aujourd’hui complètement ruinées, en faillite totale.

    Toutes ces vieilles nations européennes se retrouvent aujourd’hui face à l’absence de dons financiers venant d’Allemagne, venant d’Autriche, venant des Pays-Bas, venant de Finlande, etc.

    Les pays européens riches refusent de donner de l’argent aux pays européens pauvres pour les sauver de la faillite.

    La soi-disant "Union Européenne" est un échec total.

    La soi-disant "Union Européenne" est morte.

  • permalien BA :
    20 mars 2013 @14h25   « »
    La situation est en train de dégénérer.

    La Banque centrale européenne (BCE) a prévenu qu’elle cessait d’alimenter en liquidités les banques chypriotes tant que Nicosie n’accepte pas le plan de sauvetage.

    Aussi policé soit-il, Mario Draghi sait employer la force lorsqu’il le juge nécessaire. C’est la méthode qu’il a choisie, à Chypre, pour forcer le gouvernement à accepter le plan de sauvetage de l’UE et du FMI, rejeté par le parlement chypriote mardi.

    Après avoir « pris acte » du rejet du plan d’aide par Nicosie, la BCE a sorti son arme de dissuasion massive : le blocus monétaire. Elle a prévenu qu’elle n’alimenterait plus les banques chypriotes en liquidités, tant que le plan de sauvetage UE-FMI ne serait pas accepté.

    « Les liquidités d’urgence de la BCE ne sont disponibles que pour les banques solvables, or les banques chypriotes ne sont pas solvables tant qu’elle ne seront pas recapitalisées rapidement », a indiqué Jorg Asmussen, l’un des membres du directoire de la BCE.

    Jamais la BCE n’avait encore brandi une telle menace. Du coup, le ministre des Finances chypriote et le gouverneur de la banque centrale de l’île n’ont pas d’autre choix que de laisser les banques fermées jusqu’à nouvel ordre...

    Eviter des émeutes « comme en Argentine ».

    « S’ils ouvrent les banques, alors que la BCE bloque l’accès aux liquidités, ce sera la ruée sur les guichets, et des émeutes comme en Argentine ! », prévient Gilles Moec de la Deutsche Bank.

    « Les déposants ne pourraient plus retirer du cash, faute de billets suffisants, et ceux qui voudraient faire des virements à l’étranger se verraient répondre que c’est impossible car la banque n’’est plus autorisée à le faire par la BCE… », poursuit Gilles Moec, spécialiste des questions monétaires européennes.

    En attendant, les distributeurs automatiques de billets fonctionnent toujours à Chypre. Ils sont alimentés par les réserves de la banque centrale chypriote. Combien de temps cela va-t-il durer ? Nul ne le sait. Cela dépendra des réserves en « cash » de la banque centrale locale qui, selon les pays, peuvent permettre de « tenir un siège » d’après les experts ...

    Plus grave encore : les entreprises, notamment les compagnies aériennes chypriotes ne pourront bientôt plus payer leurs factures de kérosène, faute de pouvoir faire des virements à l’étranger... Si la situation se prolonge, le blocus monétaire peut très vite se transformer en blocus économique. Du jamais vu dans l’Union européenne !

  • permalien BA :
    20 mars 2013 @16h06   « »
    Le blocus de Chypre vient de commencer.

    Le blocus de Chypre vient de commencer.
    Les masques tombent.
    L’Union Européenne révèle son vrai visage.

    La Banque Centrale Européenne révèle son vrai visage.
    La BCE n’est qu’un gang de maîtres-chanteurs.
    La BCE affame les Chypriotes jusqu’à ce qu’ils cèdent.
    La BCE arrête de fournir des billets en euros aux banques de Chypre jusqu’à ce que les Chypriotes cèdent.

    Les masques tombent.
    L’Union Européenne n’est qu’une dictature.
    Ni plus, ni moins.

    Ceux qui soutiennent cette dictature n’ont aucune leçon à nous donner.
    Aucune.

    Le blocus de Chypre me rappelle le blocus de Berlin. (Le 24 juin 1948, à l’issue d’une longue dégradation des relations entre les quatre occupants de l’Allemagne, l’Union soviétique bloque les voies d’accès terrestre à Berlin-Ouest. Commence alors le « blocus de Berlin », qui dure jusqu’au 12 mai 1949.)

    Ceux qui soutiennent l’Union Européenne sont comme ceux qui soutenaient l’URSS au moment du blocus de Berlin.

    Ceux qui soutiennent l’Union Européenne ont oublié que le blocus de Berlin n’a pas empêché l’effondrement de l’URSS quarante ans plus tard.

    Les dictatures peuvent faire tous les blocus qu’elles veulent : à la fin, les peuples finissent par les détruire.

    Les 15 peuples qui étaient réunis dans l’URSS ont fini par reprendre leur indépendance : aujourd’hui, l’URSS est morte.

    De la même façon, les 27 peuples qui sont réunis dans l’Union Européenne reprendront leur indépendance : demain, l’Union Européenne mourra.

    L’Union Européenne rejoindra l’URSS dans les égouts de l’Histoire.

    Lisez cet article :

    "L’Europe organise le blocus monétaire de Chypre" (article reproduit dans le message ci-dessus)

  • permalien Caligula :
    20 mars 2013 @16h44   « »

    @ BA,

    Le blocus de Chypre me rappelle le blocus de Berlin.

    Vous avez oublié celui de Monaco en 1962 par de Gaulle. Mais cela n’avait aucune mesure avec l’actualité, puisqu’il avait été surnommé "le mur du ridicule" à l’époque.

  • permalien BA :
    20 mars 2013 @20h54   « »
    Le blocus de Chypre.

    Mercredi 20 mars 2013 :

    Je vous suggère de lire cet article très important :

    Chypre : Draghi use du Blocus monétaire.

    Le « blocus monétaire » de Chypre qui vient d’être mis en œuvre par la BCE est un acte d’une extraordinaire gravité, dont les conséquences doivent être soigneusement étudiées.

    La décision de M. Mario Draghi porte sur deux aspects : tout d’abord la BCE n’alimente plus la Banque Centrale de Chypre en billets (point qui n’est semble-t-il pas essentiel car les réserves de « cash » semblent importantes) et ensuite la BCE interrompt les transactions entre les banques chypriotes et le reste du système bancaire de la zone Euro. C’est cette dernière mesure qui est de loin la plus grave.

    D’une part, elle condamne à court terme les banques chypriotes (mais aussi les entreprises basées à Chypre, qu’elles soient chypriotes ou non) car désormais elles ne peuvent plus faire de transactions avec le reste de la zone Euro. D’autre part, elle équivaut à un « blocus » économique, c’est-à-dire dans les termes du droit international à une action qui équivaut « acte de guerre ». C’est donc dire la gravité de la décision prise par Mario Draghi. Elle pourrait d’ailleurs se prêter à contestation devant les cours internationales. C’est donc dire la responsabilité prise par Mario Draghi qui pourrait, à ce compte, se retrouver un jour devant un tribunal, international ou non.

    Sur l’interruption des relations entre banques chypriotes et la zone Euro, l’argument invoqué est le « doute » sur la solvabilité des dites banques chypriotes. C’est à l’évidence un pur prétexte car des « doutes » il y en a depuis juin dernier. Tout le monde sait qu’avec les conséquences du « haircut » imposé sur les créanciers privés de la Grèce, on a considérablement fragilisé les banques de Chypre. La BCE n’avait pas réagi à l’époque et ne considérait pas le problème de la recapitalisation de ces banques comme urgent. Elle se décide à le faire au lendemain du rejet par le Parlement chypriote du texte de l’accord imposé à Chypre par l’Eurogroupe et la Troïka. On ne saurait être plus clair.

    Le message envoyé par Mario Draghi est donc le suivant : ou vous vous pliez à ce que NOUS avons décidé, ou vous en subirez les conséquences. Ce n’est pas seulement un message, c’est un ultimatum. On mesure ici que toutes les déclarations sur le « consensus » ou l’« unanimité » qui aurait présidé à la décision de l’Eurogroupe ne sont que des masques devant ce qui s’avère être un Diktat.

  • permalien BA :
    20 mars 2013 @20h54   « »
    Le blocus de Chypre, suite.

    Mais il y a un message dans le message. Mario Draghi vient, d’un seul geste, de faire sauter la fiction d’une décision collective au sein de la BCE, car le Président de la Banque Centrale de Chypre n’a pas donné son accord. Les règles n’ont ainsi même pas été respectées. Il vient, ensuite, d’affirmer au reste du monde que les décisions ne sont pas prises par l’Eurogroupe ou l’Union Européenne mais par lui et lui seul, fonctionnaire désigné et non élu, irresponsable au sens le plus politique du terme.

    La nature profondément tyrannique des institutions mises en place dans le cadre européen se révèle pleinement dans cet incident. Les grands discours sur la coopération et sur l’expertise cèdent la place au froid rapport des forces et sentiment de puissance.

    Il met un terme au concours d’hypocrisie auquel s’étaient livrées les différentes instances européennes parlant d’un accord décidé à l’unanimité (avec le pistolet sur la tempe). Il en va de même avec le “respect du vote” du Parlement chypriote, dont on voit bien que Mario Draghi se moque comme d’une guigne. Désormais les choses sont claires et, en un sens, c’est tant mieux. Mais il ne faudra plus s’étonner si les partis, souvent qualifiés de “populistes”, qui sont opposés aux institutions européennes montent rapidement dans les sondages. De même ne faudra-t-il plus s’étonner si la violence contre les institutions européennes et leurs représentants monte rapidement dans les pays les plus touchés par la crise. Car il est dans la nature des choses que la Tyrannie appelle la violence.

    Les conséquences de cette décision seront, quoi qu’il advienne, dramatiques. Il est possible que le Parlement chypriote se déjuge sous la pression, mais ce faisant il ouvrira une crise ouverte avec son peuple. La tradition de violence politique que l’on a à Chypre ne doit alors pas être négligée. Il est aussi possible que l’on aille jusqu’au bout de cette crise et que Chypre soit de facto expulsée de la zone Euro du fait de la décision de Mario Draghi. Le précédent ainsi établi aura dans ce cas des conséquences profondes pour l’ensemble des autres pays. Nous aurons des indications sur le cours que les événements vont prendre d’ici 48 heures.

    Jacques Sapir.

    http://russeurope.hypotheses.org/1065

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