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Le balai comme la moindre des choses

vendredi 12 avril 2013, par Frédéric Lordon

Seuls ceux qui portent sur la politique le regard scolastique des logiciens auront du mal à comprendre qu’on puisse dire d’un même événement — comme l’affaire Cahuzac — qu’il est à la fois secondaire et principal. Péripétie fait-diversière et crapoteuse, bien faite pour attraper le regard et le détourner des choses importantes (accord sur l’emploi « ANI » [1], austérité, chômage, etc.), la bouse soudainement posée n’en a pas moins le mauvais goût de tomber au plus mauvais moment — il est bien vrai que le spectacle de la cupidité déboutonnée, lors même que le corps social en bave comme jamais, donne quelques envies de coups de fourche. Elle y ajoute surtout un effet de révélation potentiellement dévastateur si l’on en vient à considérer que les « péripéties », loin d’être des exceptions locales sans signification globale, sont en fait les expressions d’un système, et qu’il n’est peut-être pas fortuit qu’on retrouve identiquement cette passion de l’argent dans tous les gouvernements qui se succèdent pour garantir sa continuité à l’austérité ainsi qu’à toutes les politiques conduites chaque jour plus visiblement d’après les intérêts du capital.

Lire aussi Martine Bulard, « Social-défaitisme à la française », avril 2013.

Bien sûr il restera toujours un François Chérèque pour chialer ses grands dieux, pleurer Mendès et crier Delors que c’est toute la « gauche responsable », celle qui « pense qu’il est juste de mettre fin aux dérives des finances publiques car elles créent de l’injustice » [2], qui se sent « humiliée » par le « traître » Cahuzac — puisque c’est l’évidence à crever les yeux que sabrer dans les salaires des fonctionnaires, réduire leurs effectifs (à l’école, dans les tribunaux, à l’inspection du travail, etc.) ou ratiboiser les prestations sociales sont les gestes mêmes de la justice en marche. On s’en voudrait d’ajouter au sanglot de Chérèque, mais il faut quand même lui signaler que pour d’autres que lui, dont le nombre devrait croître, l’événement Cahuzac, de secondaire, pourrait bien devenir principal, jusqu’au point de vouloir se débarrasser non seulement de la péripétie mais du système qu’elle exprime — et des formes de « justice » que Chérèque persiste à y voir.

Sans doute passablement plus embarrassant que les diversions militaires du Mali ou sociétales du mariage pour tous, l’épisode Cahuzac n’en a pas moins — à quelque chose malheur est bon — la vertu superficielle d’occuper les esprits à penser à autre chose — autre chose que le réel des politiques économiques et sociales dont les historiens du futur regarderont comme une insondable énigme qu’elles aient pu être proposées au suffrage sous le titre « le changement, c’est maintenant ». Sauf vocation à épouser l’Europe libérale, la raison en cercle et le socialisme de gouvernement jusqu’au bout de l’austérité, à l’image de Libération par exemple, c’est bien l’impressionnante continuité de la politique économique qui frappe n’importe quel regard, à commencer bien sûr par la reconduction telle quelle des grandes contraintes européennes — objectif insane des 3 % en pleine récession et pacte budgétaire européen (TSCG) négocié-Sarkozy ratifié-Hollande —, mais complétée par le déploiement intégral du modèle compétitivité-flexibilité, simplement rêvé par le prédécesseur, enfin réalisé par le successeur.

1983, 2012 : d’un basculement l’autre
(de la « politique de terrain » à la « politique de service »)

Sans vouloir empiler les paradoxes, il se pourrait pourtant que cette continuité-là recouvre un « changement qui est maintenant », bien réel celui-là, un changement non pas d’orientation de la politique publique — puisque de ce point de vue, c’est bien le même qui prolonge le même ! —, mais un changement plus profond et plus lourd, qui précisément rend possible que la « gauche » poursuive la politique de la droite à ce point d’indistinction : un changement d’alliance de classes. Sans doute l’issue d’une trajectoire historique de long terme qui l’aura vu se déporter tendanciellement, et irréversiblement, vers la droite, le socialisme de gouvernement, après avoir abandonné la classe ouvrière pour se vouer aux dites « classes moyennes », puis « moyennes-supérieures », mais, formellement, toujours « dans le salariat », a maintenant fait, un cran plus loin, le choix de l’alliance… avec le capital.

Peut-être faudra-t-il le recul du temps pour prendre la mesure du basculement historique qui s’est opéré pendant l’automne 2012, quatre mois décisifs inaugurés avec l’invraisemblable ambassade d’un premier ministre « socialiste » à l’université d’été du MEDEF, et clôturés (sans doute très provisoirement) avec l’accord national interprofessionnel (ANI), en passant par la pathétique affaire des pigeons et le rapport Gallois, tous éléments dont la séquence, remarquablement cohérente, se compare aisément à ce que fut le tournant de 1983, et même davantage. Car si 1983 ouvre une longue période où, par simple reddition idéologique, les politiques socialistes se trouvent dévaler la pente néolibérale, 2012 marque une rupture d’un tout autre format : celle de l’entrée dans la collaboration délibérée avec le capital.

Non plus seulement donc des politiques qui se trouvent servir indirectement les intérêts du capital — indirectement puisque médiatisées par les grandes abstractions macroéconomiques des années 1980-1990 (la désinflation compétitive, la monnaie unique, l’indépendance de la banque centrale, etc.), dont la généralité permettait de masquer les effets particuliers, au moins aux malvoyants ou aux réfugiés de la cécité volontaire. Mais des politiques désormais très ouvertement passées du côté du capital, pour entrer avec lui non dans un compromis mais dans une authentique alliance, puisque tout rapport de force a disparu de cette relation-là. 1983 annonçait une politique de terrain, entendre par là aménagement général du parc à thème néolibéral (Europe de la concurrence, mondialisation, normalisation des politiques économiques), aux bénéfices (en apparence) simplement collatéraux pour le capital. 2012 voit une politique de service avec satisfaction directe et immédiate de ses injonctions.

Au moins la « politique de terrain » permettait-elle de maintenir une distance de décence avec le capital et de continuer la pantomime de la justice sociale, unique position de repli du « socialisme pleurnichard » (façon Chérèque) consistant à verser de chaudes larmes sur le triste sort des chômeurs, des précaires, des fins de droit, des pauvres et des inégalités… tout en continuant d’aménager le terrain qui ne cesse de les réengendrer. La « politique de service » n’a plus de ces prudes réserves : elle colle au capital dont elle s’est fait une stratégie ouverte d’épouser tous les desiderata. Elle s’est même « théorisée » (paraît-il), en tout cas donné un nom : le « socialisme de l’offre ». Dans le langage châtré de la science économique, « offre » veut dire le côté du capital. Voilà donc, très explicitement nommé, le nouveau « côté » du socialisme de gouvernement.

Les contresens du « socialisme de l’offre »

De même que Churchill promettait aux munichois, qui espéraient avoir évité la guerre au prix du déshonneur, d’avoir et le déshonneur et la guerre, le socialisme de collaboration — vrai nom du « socialisme de l’offre » — aura l’échec en plus de la honte. Car tout est faux de A à Z dans ce petit calcul de paniqué (ou de vendu), aussi bien les détails techniques que les considérations stratégiques. On ne mesure d’ailleurs jamais si bien l’ampleur d’une conversion qu’à l’incapacité du converti à saisir les rationalités élémentaires qui lui permettraient de maintenir avantageusement ses positions antérieures — en l’occurrence : il ne manque pas d’arguments de la rationalité économique pour soutenir une position politique de gauche, mais le socialisme de gouvernement n’est plus capable d’en voir aucun. Ainsi le rapport Gallois et l’accord ANI dit de « sécurisation de l’emploi » — qui ajoute l’ignominie de son appellation à l’ignominie de ses contenus — se retrouvent-ils dans le parfait contresens économique.

Impasse de la « compétitivité »

Il faut en effet tout le pouvoir de distorsion de la vue néolibérale du monde pour persister à voir dans la situation économique présente une crise d’offre, et à perdre de vue les enchaînements, pourtant massifs, qui nous ont menés là où nous sommes. La crise qui suit un choc financier comme celui de 2007-2008 n’est pas une crise d’offre, mais une crise de demande par contraction du crédit, une crise d’effondrement cumulatif de l’investissement et de la consommation par incapacité des agents à renouveler leurs financements ordinaires (spécialement les entreprises), à plus forte raison quand l’irrationalité des politiques publiques se ligue aux désastres de la finance privée pour ajouter de la récession à la récession. Dans les promesses, décidément abondantes, de sidération rétrospective des historiens du futur, il est certain que l’acharnement européen dans l’austérité collective, en dépit même du spectacle évident de ses catastrophiques effets, occupera une place de choix. Organisant eux-mêmes la contraction de leurs demandes internes, les Etats européens s’imaginent trouver le salut dans les relais de « croissance externe » — raison d’être des stratégies Gallois de « compétitivité » — , au prix d’une double erreur tragique.

En premier lieu, le commerce extérieur des Etats européens étant essentiellement intra-européen, la demande extérieure des uns est surtout fonction de la demande intérieure des autres… et tous s’entraînent collectivement dans la même déveine en s’appliquant une austérité à échelle continentale bien faite pour maximiser ses synergies négatives. En second lieu, il semble que les élites européennes n’aient toujours pas accédé à cette idée pourtant élémentaire que les stratégies de compétitivité sont des stratégies non-coopératives, puisqu’elles visent à la constitution d’un avantage unilatéral, des stratégies différentielles donc, par là vouée à la nullité quand elles sont appliquées simultanément par tous — par construction, elles ne créent alors plus aucune différence !

Bien sûr « nullité » ne s’entend pas pour tout le monde puisque entre temps les entreprises engrangent méthodiquement les avantages (les régressions) qui leur ont été concédés sous couleur d’une « compétitivité » dont l’amélioration est en fait totalement étrangère aux données réelles du problème. On n’en revient donc pas de l’énormité des conquêtes patronales, aux frais de la collectivité (des contribuables et des salariés), quand on les rapporte à l’inanité du diagnostic fait en leur nom. Et l’on ne sait plus quoi penser de cette légèreté intellectuelle qui adosse à des justifications aussi ténues, en fait aussi fausses, des transferts aussi coûteux, consentis en pure perte, sinon qu’elle témoigne du dernier degré de la décomposition idéologique de « socialistes » abandonnés aux injonctions du capital, dont plus aucune réaction immunitaire ne les protège.

Impasse de la « flexibilité »

C’est le même genre d’effondrement politique et mental qui rend possible au gouvernement présent de donner son débonnaire patronage à un accord minoritaire (l’ANI) voué à simplement ratifier le rapport de force capital-travail dans sa configuration la plus défavorable au travail (en situation de chômage de masse), pour tout accorder ou presque au capital, émouvant spectacle du tête-à-tête complice de la CFDT et du MEDEF, conclu comme il se doit dans la concorde et avec la bénédiction des socialistes, trop heureux de s’abandonner au « contractualisme » des « partenaires sociaux », c’est-à-dire d’être exonérés de la responsabilité de légiférer pour remettre droit ce que les rapports de force ont nécessairement tordu. Lacordaire ne rappelait-il pas qu’« entre le fort et le faible, le riche et le pauvre, le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit » ? Mais nul ne sait plus de quand date l’oubli socialiste de la loi comme unique moyen de défaire les asymétries du capitalisme. En tout cas Franck Lepage, qui ne cesse d’attirer l’attention sur les pièges politiques enfermés dans les mots les plus innocents d’apparence, et souligne notamment tout ce qu’emporte de rassembler patronat et syndicats sous l’irénique appellation de « partenaires sociaux » — dénégation même du conflit intrinsèque, central et indépassable du capitalisme —, aurait tort dans le cas présent : de ces deux-là, MEDEF et CFDT, on peut bien dire sans aucun abus de langage qu’ils sont partenaires

À l’image du rapport Gallois en tout cas, l’ANI ajoute l’inepte à l’ignoble — entendre l’inefficacité économique à la démission politique. Les entreprises ne manquent pas de flexibilité, elles manquent de demande ! Et toutes les flexibilisations du monde n’y pourront rien. Le crédit d’impôt du rapport Gallois commettait déjà le même contresens en se figurant que rendre 20 milliards d’euros aux entreprises améliorerait leurs investissements en améliorant leur profitabilité — le néolibéralisme patronal, qui n’a pas exactement la cohérence intellectuelle chevillée au corps, ne voit d’ailleurs aucun problème à cette étrange conception de la profitabilité fiscalement subventionnée. Cette ânerie de force 7, connue depuis les années 1980 sous le nom grotesque de « théorème de Schmidt », s’est révélée incurablement fausse pour ignorer ce mécanisme élémentaire que les entreprises n’étendent leurs capacités de production qu’à la condition d’anticiper une demande suffisante (pour le reste, elles procèdent à des investissements de rationalisation qui augmentent la productivité mais en détruisant de l’emploi). On peut les laisser empiler du profit autant qu’elles le veulent : pas de demande, pas d’investissement.

Les laisser flexibiliser à outrance ne changera pas davantage cet état de fait — comme l’atteste d’ailleurs l’immensité des gains de flexibilisation engrangés par les entreprises depuis trois décennies sans jamais avoir pu remettre l’économie sur la trajectoire d’un régime d’accumulation durablement créateur d’emplois — et l’état de délabrement doctrinal de ce gouvernement se mesure à sa capacité de gober tous les discours de l’offre au cœur d’une crise historique de demande !
[N.B. : Il est peut-être utile à ce point de faire deux précisions : 1) on ne saurait faire dire à ce propos qu’il n’y a que des crises de demande en économie ; 2) on ne saurait davantage lui prêter que la crise présente n’est qu’une crise de demande : envisagée dans le très court terme, elle est une crise de demande, en profondeur elle est une crise structurelle du régime d’accumulation néolibéral.]

L’ANI promet pourtant d’avoir des effets bien réels ! Mais terriblement négatifs. Et qui en disent long sur cette incapacité des Etats à l’apprentissage qu’Hegel déplorait déjà en son temps, à moins que ce ne soit sur la capacité de l’Etat colonisé à persévérer au service des intérêts de ses colonisateurs. C’est qu’il faut le faire de mettre à bas avec tant d’application les mécanismes qui nous ont retenus jusqu’ici de transformer la récession en grande dépression ! A savoir : 1) le maintien des prestations sociales, revenus de transferts déconnectés de la conjoncture, donc amortisseur idéal de ses fluctuations ; mais surtout, en l’occurrence : 2) des mécanismes de formation des salaires non concurrentiels, vertu incomparable pour enrayer les effets de plongeon cumulatif propres aux mécanismes procycliques : que les salaires réagissent trop vivement à la conjoncture et à la montée du chômage, comme dans les années trente, et le revenu salarial, en effet, se met à baisser dans le sillage immédiat de la croissance, donc à sa suite la consommation, la demande adressée aux entreprises, et pour finir… la croissance ! Et c’est reparti pour un tour.

La déflation, c’est-à-dire la baisse des prix et des salaires nominaux, a été la plaie des années trente, dont les institutions salariales du fordisme nous auront vaccinés en opérant la déconnexion de leur formation d’avec la conjoncture, seul moyen de réintroduire des forces de rappel, donc de la stabilité macroéconomique quand tous les ajustements procyliques du néolibéralisme ne font qu’amplifier les chocs et produire de la divergence. En dépit des attaques répétées, tout n’a pas été démantelé de cet acquis institutionnel du fordisme, et c’est à cela seulement que nous devons de ne pas avoir sombré dans la spirale dépressionnaire.

Raison pour quoi sans doute le gouvernement n’a rien de plus pressé que de laisser l’ANI démanteler ce qui nous a à peu près protégés ! En effet l’ANI prévoit explicitement la possibilité pour les entreprises d’imposer des baisses de salaire — au nom de la « protection de l’emploi »… — c’est-à-dire de réarmer localement les mécanismes procycliques que les conquêtes fordiennes étaient parvenues à neutraliser. Que ces ajustements viennent à se généraliser et c’est l’économie tout entière qui se verra de nouveau contaminée par l’instabilité, au terme d’une magnifique expérience en vraie grandeur de reconstitution des années trente !

Il aurait fallu ne pas avoir basculé tête première, et c’est vraiment le cas de le dire, dans le camp du capital, pour résister un peu à ses arguments fallacieux, et garder à l’esprit ce que la théorie économique pas trop bornée appelle un sophisme de composition, à savoir qu’une propriété désirable à l’échelle individuelle ne se convertit pas d’elle-même en propriété désirable à l’échelle collective. En d’autres termes, s’il est rationnel pour une entreprise isolée de vouloir la flexibilité maximale, cette rationalité ne se transporte pas telle quelle au niveau macroéconomique : car, de la flexibilité généralisée pour tous les producteurs individuels résultent de multiples interactions qui produisent non pas une série de « bons » ajustements locaux mais de l’instabilité globale — soit des effets au niveau macro qualitativement différents de ceux du niveau micro.
[N.B. : exactement de la même manière que la rationalité capitaliste individuelle qui cherche à minimiser les salaires versés (et pourquoi pas les annuler) ne produit aucune rationalité capitaliste collective, puisque si aucun capitaliste ne verse de salaire, aucun capitaliste ne vendra quoi que ce soit…]

De la panique à la reddition sans condition :
la nouvelle alliance de classes du PS

Ni le rapport Gallois, ni l’ANI ne produiront le moindre bénéfice — autres que les commodités livrées sur un plateau au capital. Mais l’automne 2012 n’est pas que celui des contresens techniques, il est aussi celui des abandons symboliques et des retournements stratégiques.

Symbolique — quoique coûteuse également — la lamentable passe d’armes avec les « pigeons », mouvement revanchard d’un quarteron d’entrepreneurs, occupés à persuader l’opinion qu’ils ne sont mus que par la passion d’entreprendre quand la passion de s’enrichir est la seule chose qui les mette réellement en mouvement. La « passion d’entreprendre » n’a pas supporté en effet l’idée que les plus-values de cession puissent être ramenées au droit commun de la fiscalité, celle du travail, et non celle, dérisoire, des revenus du capital — et visiblement nos chers entrepreneurs ne sont tenus à leur œuvre que par la perspective de la culbute phénoménale qu’ils effectueront lors de la cession ou de l’introduction en Bourse.

Mais ce n’est pas tant ici l’obscénité des pulsions cupides entièrement libérées, soustraites à toute régulation de la décence, et qui croient pouvoir légitimement hurler au scandale en apprenant que des gains qui se chiffrent en général en dizaines de millions pourraient être taxés, oui, jusqu’à des taux globaux de 60 % et non de 25 %, qui est en question, plutôt l’incroyable reddition en rase campagne d’un gouvernement décomposé de panique au premier haussement de voix des « entrepreneurs ». En une semaine l’affaire est entendue et le pouvoir, pourtant installé depuis quatre mois à peine, a tout cédé.

S’il a tout cédé, et si vite, c’est qu’il avait déjà pris son parti. Le parti du capital. Car derrière les concessions sans fin de l’ANI et du rapport Gallois, derrière la retraite sans combattre face à l’agitation médiatique de quelques « entrepreneurs » — sans la moindre tentative de construction d’un rapport de force, ni la première contestation de leurs arguments —, il y a malheureusement une ligne. Une ligne terrorisée, qui prenant conscience de la gravité de la situation économique, mais incapable de penser le moindre affranchissement du carcan européen, s’imagine n’avoir plus pour planche de salut que de se jeter dans les bras des entreprises. Contre les forces adverses de la macroéconomie, les entrepreneurs vont nous sauver, voilà l’ultime refuge de la pensée socialiste à l’époque de la crise historique du capitalisme néolibéral.

Au mépris de toute logique, politique aussi bien qu’économique, le gouvernement socialiste, rendu au dernier degré de l’intoxication intellectuelle, a donc pris pour ligne stratégique de s’en remettre en tout, et pour tout, à la fortune du capital, sans doute sur la base des allégations répétées, et désormais prises pour argent comptant, que « seuls les entrepreneurs créent des emplois », proposition pourtant doublement fausse : d’abord parce que c’est la conjoncture d’ensemble qui détermine l’emploi — et les entreprises ne font qu’opérer (localement) des créations d’emploi en fait déterminées au-dessus d’elles ; ensuite parce que, depuis trente ans, les « entrepreneurs » ont bien davantage démontré leur capacité à détruire des emplois que leur capacité à en créer…

En vérité on peut bien accorder à nos pauvres socialistes une asymétrie réelle voulant que si les entreprises n’ont nullement le pouvoir à elles seules de sauver l’économie, elles ont bel et bien celui de lui nuire. C’est même le propre du capitalisme comme système que l’appropriation privée des moyens de production y donne l’initiative aux appropriateurs, et fait de la validation de ceux-ci le point de passage obligé, nécessaire — mais pas du tout suffisant — de toute stratégie de croissance. Le capital est alors en position d’imposer ses conditions selon l’état d’un rapport de force déterminé par la configuration générale des structures économiques — celles de la mondialisation, par exemple, lui offrant une mobilité et des opportunités d’arbitrage d’où résulte un pouvoir de négociation sans précédent. « À nos conditions ou rien », voilà les termes de l’alternative auxquels le capital reconduit tous les gouvernements à l’époque de la mondialisation — d’où notamment les invraisemblables contorsions de « l’attractivité du territoire », lutte permanente des nations pour être à la hauteur de ces « conditions »… dont le niveau d’exigence est sans cesse relevé ; et le capital aurait tort de se gêner puisque en face, non seulement il n’y a aucune résistance, mais tout lui vient avec une déconcertante facilité.

Les prises d’otage du capital

Submergé par la panique d’une crise dévastatrice, dont il s’est privé par ailleurs de tout moyen de contrôle (notamment du côté européen), et remettant alors son destin entre les mains du capital, désormais tenu pour l’unique et providentiel sauveur, le gouvernement s’engage dans une alliance inouïe, jetant par là, mais très involontairement, une lumière crue sur le fond de la lutte des classes. Quand Jean-Marc Ayrault se rend, tel le bourgeois de Calais, à l’université d’été du MEDEF pour livrer au patronat les clés de la cité, il ne fait pas qu’avouer le tréfonds de son désarroi et la solution de désespoir qui lui tient lieu désormais de ligne, bredouillant face au patronat l’excellence de ses dispositions à son endroit, le degré auquel il a compris que ce sont bien « les entreprises qui créent les emplois », son vœu très cher par conséquent d’une collaboration pleine et entière — toutes choses que le capital comprend parfaitement comme une supplication, c’est-à-dire comme une reddition sans condition —, il révèle par la même la vérité ultime du capitalisme comme prise d’otage de la société par le capital.

Ce sont les moyens de la vie matérielle collective, ni plus ni moins, que le capital prend en otage puisqu’il n’y aura de la croissance et de l’emploi que sous la condition nécessaire (mais pas suffisante) de son bon vouloir. Pour que les salariés trouvent l’emploi et le salaire, c’est-à-dire les conditions minimales d’une vie décente dans une économie marchande à travail divisé, il faut, même s’il ne suffit pas, que le capital l’ait voulu. Pour que le capital condescende à investir ici plutôt que là, il faut qu’on l’en ait « convaincu », c’est-à-dire qu’on l’ait « bien disposé ». À défaut de quoi, Mittal, par exemple, peut menacer de laisser en plan toute la sidérurgie française — et les sociétés en sont réduites à se rouler par terre pour obtenir les faveurs de ceux auxquels elles ont remis sans aucune restriction l’intégralité de leur vie matérielle. Rendu à cet état de fait, il n’y a à tout prendre que deux attitudes possibles. La première valide la situation d’ultimatum et livre au preneur d’otage tout ce qu’il demande : Ayrault au Medef, débâcle « pigeons », rapport Gallois, ANI, en attendant la suite. La seconde voit la prise d’otage, et décide qu’elle a assez duré. Disons les choses assez simplement : c’est cette attitude-là qu’on attendrait d’un gouvernement de gauche.

« Gauche » et « droite », termes normalement transparents d’un débat devenu — logiquement — d’une parfaite confusion depuis que ce qu’on tenait pour une réalisation de la « gauche » (le Parti socialiste) est devenu de droite. Entretenu par une caste d’éditorialistes sociologiquement inclinés à accompagner, dans un mélange de sentiment d’appartenance élitaire et de racisme social, l’abandon des classes ouvrières où se jouait l’ancrage à gauche de la « gauche » [3], le brouillage des cartes politiques, dont on ne trouverait pas d’exemple plus typique que le gros titre « De gauche ! » dont Libération fit sa une à la suite du meeting du Bourget [4], le brouillage des cartes politiques, donc, appelle sans cesse à refaire les catégories et à retracer leurs lignes de partage. S’il est bien certain qu’on ne peut plus se fier aux revendications de la partie majoritaire de la « gauche », le PS, pour savoir ce que c’est que la gauche, il faut alors en produire le concept, ou les critères, en toute généralité.

On pouvait déjà trouver l’un de ces critères dans le rapport au « cadre » constitué par les structures de la mondialisation, soit : le plain-pied concurrentiel du libre-échange international ; la déréglementation financière ; l’orthodoxie de la politique économique sous surveillance des marchés de capitaux ; la droite se définissant alors comme le renoncement à contester le cadre et le choix de se soumettre à ses contraintes, la gauche comme projet alternatif de refaire le cadre, ou bien d’en sortir.

La bascule de l’automne 2012 et la nouvelle alliance du socialisme de gouvernement suggèrent une autre ligne de partage, tracée d’après les positions face à la prise d’otage du capital : validée ou contestée ? Validée, et tout est fait pour donner satisfaction au capital, c’est-à-dire consentir à un état des choses qui fait jouer le jeu de l’économie à ses conditions — c’est la droite. Contestée, et la capture privative du bien collectif en quoi consistent les conditions de la vie matérielle de la société est jugée intolérable en principe, les structures économiques sont modifiées pour en contrecarrer les effets, éventuellement les annuler en visant une sortie du capitalisme, en tout cas identifier comme seul objectif politique pertinent de rendre du pouvoir au grand nombre contre le petit — c’est la gauche.

Le PS, ou la droite complexée

Que ce soit sous le critère du « cadre » ou celui de la « prise d’otage », il est bien clair que le Parti socialiste n’est plus de gauche. On dira que ce constat était acquis depuis longtemps en fait, dès l’époque de la « politique de terrain » — qui avait choisi l’intérieur du cadre. Mais la bascule dans la « politique de service » (le « socialisme de l’offre ») — qui choisit le côté du preneur d’otage — porte ce déplacement à une intensité sans précédent, et rend non seulement analytiquement impossible, mais politiquement scandaleux, que le gouvernement présent, et la majorité dont il procède, puissent encore être dits « de gauche ». Une fois n’est pas coutume — et probablement sans suite —, on peut ici retenir de Camus que « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », et qu’en effet, persister à nommer « gauche » le Parti socialiste n’a pas cessé d’ajouter au malheur politique de notre monde : en barrant longtemps la possibilité d’une (vraie) gauche.

Il est donc à craindre que la pleine advenue de cette vraie gauche demeure impossible tant que n’aura pas été accomplie une sorte de révolution symbolique qui aura converti les regards portés sur le Parti socialiste, et produit comme une évidence politique, contre la force d’inertie des étiquetages médiatiques paresseux, que ce parti (dans sa ligne majoritaire présente) n’a plus aucun titre à être considéré comme de gauche — un peu de la même manière que l’idée d’un quelconque radicalisme du parti radical ne suscite plus depuis longtemps que de l’hilarité. Il est certain en tout cas que le corps social prendrait une vue sensiblement différente sur la compétition électorale qu’on lui vend comme « démocratie », à partir du moment où il verrait clairement qu’elle n’a pour enjeu que de départager la droite et la fraction modérée de la droite. Encore qualifier le Parti socialiste de « fraction modérée de la droite » demeure-il sujet à discussion si l’on considère que les avancées du rapport Gallois et de l’ANI vont au-delà des ambitions de la droite sans complexe, comme l’atteste le succès parlementaire que rencontre, auprès même des députés UMP, le projet de loi transcrivant l’accord sur l’emploi. Voilà donc peut-être comment il faudrait dire les choses plus justement : l’alternance UMP-PS n’est rien d’autre que celle de la droite décomplexée et de la droite complexée.

La révolution des balais ?

Cahuzac, dont les accointances droitières deviennent moins incompréhensibles sous cette perspective — entre droites, on peut bien se parler —, n’est donc pas une péripétie puisqu’il est fatal que certains finissent par convertir en manières personnelles les manières politiques de leur groupe de passer avec armes et bagages du côté de l’argent.

On pourrait ici, métaphoriquement bien sûr, se référer à une théorie mathématique très puissante, la théorie dite des catastrophes [5], dont l’une des thèses les plus fortes énonce qu’une structure s’exprime entièrement dans ses singularités. En d’autres termes, il est des accidents locaux qui ne sont pas des erreurs adventices de la structure globale mais bien l’expression de sa nécessité. Ca n’est donc pas seulement, comme on dit parfois, que « le poisson pourrit par la tête », le corps primitivement sain n’étant gagné que par après, mais que la pourriture de la tête révèle la malfaçon de l’ensemble. C’est pourquoi on ne saurait davantage faire erreur, comme malheureusement Christian Salmon [6], en ne voyant dans les appels au « coup de balai », qu’une éruption moralisatrice quand, à la lumière de cette « théorie des singularités », ou des « péripéties », ces appels sont en fait entièrement rattachables à une analyse profondément politique. Pour y accéder cependant, encore faut-il délaisser un instant le plan fait-diversier de l’épisode, et même celui de la politique de surface qui, sans surprise, n’appellera pas d’autre réponse que les indigentes propositions à base de transparence, de déclaration de patrimoine et de solennelles promesses de ne plus être avocat d’affaire en même temps que député — soit le contournement parfait des enjeux fondamentaux qui s’expriment dans l’affaire Cahuzac. Changer une structure globale, oui c’est l’affaire d’un coup de balai, d’un grand coup de balai même.

Evidemment ça n’est pas là exactement un langage fait pour complaire aux becs fin et aux museaux délicats. Il est vrai que ceux-là ont si profondément partie liée au système à balayer qu’on ne saurait s’étonner que la proposition du balai les scandalise. Editorialistes confits, journalistes installés, experts grassement payés, supplétifs conscients ou inconscients de l’ordre social, tous sont bien d’accord que « la violence est le dernier moyen de régler les problèmes politiques ». On pourrait sans doute prolonger avantageusement à la caste de ces publicistes les analyses de Bourdieu, qui montrait comment le rapport scolastique au monde, permis par l’ignorance des urgences matérielles, telles les nécessités concrètes de boucler les fins de mois ou les angoisses d’un avenir trop incertain, comment ce rapport rend possible la distance au monde du lector, universitaire ou éditorialiste, qui tient sa position de recul pour l’effet de sa vertu intellectuelle, et le calme qui l’accompagne pour celui de sa vertu morale. Aux affranchis de la nécessité, tous les emportements, tous les éclats de voix ne sont que lamentables violences. Leur dénonciation peut alors se donner la hauteur de vue des grands principes, agrémentés comme il se doit de la condamnation « des populismes », cet asile de l’ignorance médiatique [7], et les précepteurs autoproclamés, qu’aucune urgence n’assaille jamais, se répandre en leçons de maintien démocratique : « la violence, le dernier des moyens bla bla… ».

Ils tomberont certainement de leur chaise si on vient leur dire, au contraire, que dans certaines situations de confiscation des pouvoirs au bénéfice exclusif des dominants et de blocage institutionnel patenté, le retour à une certaine forme de violence, lorsque toutes les solutions politiques « froides » sont vouées à demeurer inopérantes, à l’image des pantomimes électorales qui ne donnent à choisir qu’entre Jospin et Chirac, Royal et Sarkozy, Sarkozy et Hollande, le retour à une certaine forme de violence, donc, pourrait être le premier des moyens, en fait le seul restant, de faire sauter quelques verrous. Grands dénonciateurs de la corruption (des autres — car entre les ménages des vedettes des médias et les jetons de présence des experts, l’hôpital ne cesse de se foutre de la charité), la conséquence est, de toutes leur vertus intellectuelles manquantes, celle qui leur manque le plus. Libération, par exemple, à qui il arrivera de penser que « le néolibéralisme est vraiment trop injuste » ne saurait pousser l’enchaînement de ses idées jusqu’à considérer que le néolibéralisme vraiment trop injuste est un ordre de domination, qu’on n’a jamais vu les dominants quitter d’eux-mêmes leurs positions de domination, et qu’un vœu conséquent de justice sociale ne peut exclure qu’il faille les pousser dehors — car ils ne rendront pas les clés spontanément.

Aussi les inconséquents demeurent-ils scandalisés par les images de balai — eux préfèrent épousseter à la pince à épiler —, et « la violence » les horrifie. Enfin certaines violences plutôt que d’autres — qui les laissent de marbre. La violence évocatrice du balai est abominable, mais celle qui conduit quelques désespérés à s’immoler devant Pôle emploi en revanche ne laisse pas de trace plus d’une journée, celle des suicidés de la valeur actionnariale, à Orange ou ailleurs, pas davantage, quant à la misère des vies brisées par les temps partiels, les reclassements à cinquante kilomètres du domicile ou les horaires tournants, elles n’existent même pas. L’austérité : pas violente. Les baisses de salaire imposées à des gens qui survivent à peine : pas violentes. La flexibilisation qui rend les salariés corvéables à merci : pas violente. Les plans de licenciement boursiers, les propositions de reclassement en Roumanie à 200 euros le mois : pas du tout violents.

Ainsi chacun juge-t-il de la violence selon sa position sociale et, comme toujours, ses jugements de violence en disent plus long sur lui que sur les « violences » jugées. Ils en disent long sur des satisfactions d’existences totalement ignorantes du malheur d’existences autres que les leurs — hormis quelques oblats verbaux caractéristiques du « socialisme pleurnichard » —, mais aussi sur le mélange de dénégation et d’inconséquence que ces satisfactions déterminent. Car il faut être aveugle, borné ou totalement crétin pour imaginer encore que la moindre modification significative du système néolibéral puisse venir du jeu normal des institutions politiques présentes où, précisément, le système en question a trouvé un inexpugnable refuge.

La question, en forme d’alternative, du « soulèvement ou du Parlement » ne se pose pas, ou ne se pose plus : la « voie parlementaire » a eu tout le temps de faire ses preuves — et elles sont faites : depuis deux décennies ici, et dans tous les pays de l’Europe austéritaire. La chose parodique que, dans une entreprise de correction du langage décidément impérative, on ne devrait plus nommer « démocratie », mais, par exemple à la manière d’Alain Badiou, « capitalo-parlementarisme », cette chose a plus qu’abondamment démontré quels intérêts elle servait indéfectiblement quand le pouvoir n’est plus disputé qu’entre la droite décomplexée et la droite complexée. Sauf mutation endogène de la droite complexée — évidemment impossible (sauf vers l’abandon des complexes…) —, la vraie gauche, telle qu’elle a déjà émergé mais telle qu’elle ne cesse de se heurter à tous les verrouillages du capitalo-parlementarisme, la vraie gauche doit se faire connaître, là où elle le peut. S’il n’y a plus que la rue quand toutes les autres avenues de la politique institutionnelle sont, non pas formellement, mais réellement bouchées, ainsi soit-il !

Les soulèvements aiment à se donner des signes, ils ont raison. La révolution tunisienne a eu le jasmin, comme jadis la révolution portugaise les œillets, et l’argentine... les casseroles ! Alors, oui, pourquoi pas le balai ? Comme appel au départ de la droite se faisant passer pour la gauche, mais aussi comme exigence de nouvelles institutions qui offriraient réellement sa chance à la vraie gauche. On rêve : un mouvement armé de balais, manière, pour l’heure toute symbolique, de narguer les gate-keepers satisfaits de l’espace médiatique, qui s’acharnent à disqualifier pour cause de violence verbale toutes les tentatives sérieuses d’en finir avec la violence sociale, une foule de balais rigolarde, non plus de République à Nation, mais devant l’Assemblée, rue de Solférino, et puis surtout sous les fenêtres des épouvantés : de Pujadas, de Libération, de Patrick Cohen et de Pascale Clark, du Nouvel Obs, d’Aphatie et de Canal, inspirée, quitte à faire une fois dans le contre-emploi, par Bernanos et sa réjouissante devise : « jamais nous ne nous lasserons d’offenser les imbéciles ».

Notes

[1] ANI : Accord National Interprofessionnel, signé le 11 janvier 2013 par le MEDEF, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC.

[2] François Chérèque, « C’est toute la gauche réformiste qui est humiliée », Le Monde, 4 avril 2013.

[3] Voir l’ouvrage de Bertrand Rothé, De l’abandon au mépris. Comment le PS a tourné le dos à la classe ouvrière, Seuil, 2013.

[4] Meeting du 22 janvier 2012 où, comme on sait, François Hollande a annoncé sa ferme intention de s’en prendre à « l’ennemi sans visage » de la finance...

[5] Plus exactement : la théorie des singularités des variétés différentiables — et qui n’a qu’un rapport très lointain avec ce que nous nommons communément des événements catastrophiques.

[6] Christian Salmon, « Son langage est devenu inquisiteur, négatif, culpabilisant », entretien Libération, 5 avril 2013.

[7] Pour une rectification méthodique des mésusages médiatiques du « populisme » et un rappel des significations véritables de ce terme, voir Annie Collovald, Le « populisme du FN » : un dangereux contresens, Editions du Croquant, 2004.

262 commentaires sur « Le balai comme la moindre des choses »

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  • permalien simplet :
    12 avril 2013 @21h14   »

    La boite à outils...

    ... de l’économie ménagère.

  • permalien Naqoyqatsi :
    12 avril 2013 @21h29   « »
    Coquille

    Coquille finale : Jamais "nous ne NOUS lasserons d’offenser les imbéciles" !

    À vous,

    http://naqoyqatsi.blog.lemonde.fr/

  • permalien chabian :
    12 avril 2013 @21h35   « »

    Hugues Lepaige vous éclairera sans doute sur le Balai et sur celui qui en a parlé, et cela dans une chronique sur son blog de la revue ’Politique’ qu’il dirige.

  • permalien Benj :
    12 avril 2013 @22h59   « »

    Waouw.
    C’est à chaque fois plus dur à lire, mais toujours plus satisfaisant quand on arrive au bout !
    Comme j’aimerais pouvoir ressortir ne serait-ce qu’un dixième de tout ça dans les conversations à la machine à café...

  • permalien Bouricot :
    12 avril 2013 @23h10   « »

    Chabian :

    Ce sont les comparaisons de Le Paige qui sont gênantes, pour ne pas dire puantes.

    Vous pourriez aussi avoir l’obligeance de laisser un lien vers vos insinuations, que l’on ait pas à s’emm...er à chercher ce que vous avez bien pu vouloir dire...

    Et le fait que Lordon réponde précisément (et assez cruellement) à ce type d’argument et à leurs auteurs dans son billet, et que cela soit même en parti l’objet dudit billet, m’amène à deux questions :

    _L’avez vous lu ?

    _L’avez vous compris ?

    Dans le cas d’une réponse affirmative aux deux questions précédentes, auriez vous une argumentation construite qui apporterait au débat des éléments vous permettant de contredire l’auteur ?

    Réponse qui vaut aussi pour le premier contributeur de ce fil.

    Ce genre de commentaire insinuants sans arguments, du genre "je dis rien mais suivez mon regard", sont inintéressants, minables, ne contribuent en rien au débat, et donne la fâcheuse impression que vous prenez vos lecteurs pour des imbéciles.

  • permalien Anièry :
    12 avril 2013 @23h12   « »
    La syntaxe intérieure du coup de balai !

    Votre argumentaire très pertinent me rappelle l’article d’Amira Hass :

    http://blogs.mediapart.fr/blog/joel...

  • permalien simplet :
    12 avril 2013 @23h27   « »

    Bouricot : Ce genre de commentaire insinuants sans arguments, du genre "je dis rien mais suivez mon regard", sont inintéressants, minables, ne contribuent en rien au débat, et donne la fâcheuse impression que vous prenez vos lecteurs pour des imbéciles.

    Vos commentaires sur les commentaires sont passionnants et très enrichissants sur vous-même, mais malheureusement ne nous éclairent pas vraiment sur vos réactions à la démonstration de Frédéric Lordon.

  • permalien mimi :
    12 avril 2013 @23h36   « »

    Foin de mediacratie vicelarde
    Ce"coup d’ balai !"est admirable ...

    Ni ordurier, ni "populiste",
    Mais Jaurésien, vrai Socialiste !

    http://www.politis.fr/Le-coup-de-ba...

  • permalien R. Zaharia :
    12 avril 2013 @23h40   « »

    Salut Frédéric !

    Pas tout lu encore... (je préfère garder mon gâteau... que le croquer !)

    Un truc me turlupine...
    Est-ce bien des pleurs de F. Cherèque que tu veux parler ? Ne s’agit-il pas plutôt de ceux de G. Filoche ?

    R. Zaharia
    http://tinyurl.com/raz2013

  • permalien Bouricot :
    12 avril 2013 @23h48   « »

    Simplet,

    Votre commentaire à vous, insinuant des parallèles avec des pamphlets d’extrêmes droites, est en revanche tout à fait explicite en ce qui concerne ce que vous pensez de l’article Lordon.

    Au même titre que celui du sieur chabian renvoyant à un article sur un blog, article illustré par une affiche politique de Léon Degrelle, qui figure un balai. Comme tout cela est finement pensé !

    Vous semblez très fort dans l’insinuation, le "je dis ça je dis rien", pourtant ma réponse ne semble pas vous avoir fait comprendre que j’approuve complètement l’auteur.

    N’ayant rien à ajouter à sa prose, je répond donc à ceux qui l’insulte, parce que vos commentaires sont sournoisement insultants.

  • permalien simplet :
    13 avril 2013 @00h11   « »

    @Bouricot,

    Ne vous déplaise, le "coup de balai" à une histoire, et il n’y a rien d’insinuant, d’insultant et de sournois à la rappeler... la "boite à outil" aussi d’ailleurs.

    Merci de bien avoir voulu nous informer que vous approuvez complètement l’auteur, contribuant activement ainsi "au débat". Il fallait le préciser car vous aviez dit ça et vous n’aviez rien dit.

  • permalien Jean-Luc T :
    13 avril 2013 @00h17   « »

    @R Zaharia

    Non Filoche ne chiale pas sur le trop de social conservé dans les entreprises, c’est tout le contraire, Filoche en tribune c’est du Méluche pur jus. Entre parenthèse, on se demande ce qu’il fait encore au P(s) celui-là !

  • permalien totoro :
    13 avril 2013 @00h23   « »

    Salut,
    droite complexée c’est un peu léger.... ; droite faux-cul me semble mieux approprié ; sinon super ! biz

  • permalien Nicks :
    13 avril 2013 @00h23   « »

    La stratégie du FdG qui n’est pas nommé mais dont l’initiative aura été reconnue, initiative d’ailleurs qui déborde largement le cadre de la gauche mais rejoint la préoccupation de la souveraineté citoyenne, la stratégie du FdG donc, est bien de faire apparaître le Ps pour ce qu’il est désormais, un parti de droite, qu’il faut donc battre électoralement, car il va à l’encontre de tout projet (éco)socialiste. Puisque toutes les pressions du monde n’auront pas infléchi l’abêtissement dogmatique des caciques du Ps, il faudra donc s’en démarquer le plus distinctement possible afin déjà, de ne pas couler avec lui, c’est à dire ne pas permettre que l’échec navrant de la législature ne puisse être imputé à la gauche mais à des politiques de droite, ce qui n’est que l’évidence. C’est précisément ce que dit Frédéric Lordon dans ce billet. Le 5 mai marquera sans doute une étape importante dans ce cheminement...

  • permalien Benj :
    13 avril 2013 @00h26   « »

    C’est exactement ce que je me disais en l’écoutant chez Mermet : mais pourquoi il est encore au PS celui-là !

    Simplet tu pourrais pas aller troller ailleurs steuple ?

  • permalien R. Zaharia :
    13 avril 2013 @00h41   « »

    Quel régal ! Merci Frédéric !

    Oui, en effet, entre la "droite décomplexée" et la "droite complexée", qui lui a succédé... il n’y a plus que la "Révolution des balais" pour ouvrir une perspective à ceux qui voient la violence là où elle se trouve réellement (et non pas là... où les "éditocrates" et les "in-con-sécants"... la situent) :

    Aussi les inconséquents demeurent-ils scandalisés par les images de balai — eux préfèrent épousseter à la pince à épiler —, et « la violence » les horrifie. Enfin certaines violences plutôt que d’autres — qui les laissent de marbre. La violence évocatrice du balai est abominable, mais celle qui conduit quelques désespérés à s’immoler devant Pôle emploi en revanche ne laisse pas de trace plus d’une journée, celle des suicidés de la valeur actionnariale, à Orange ou ailleurs, pas davantage, quant à la misère des vies brisées par les temps partiels, les reclassements à cinquante kilomètres du domicile ou les horaires tournants, elles n’existent même pas. L’austérité : pas violente. Les baisses de salaire imposées à des gens qui survivent à peine : pas violentes. La flexibilisation qui rend les salariés corvéables à merci : pas violente. Les plans de licenciement boursiers, les propositions de reclassement en Roumanie à 200 euros le mois : pas du tout violents.

    B R A V O !

    À l’image du rapport Gallois en tout cas, l’ANI ajoute l’inepte à l’ignoble — entendre l’inefficacité économique à la démission politique. Les entreprises ne manquent pas de flexibilité, elles manquent de demande ! Et toutes les flexibilisations du monde n’y pourront rien.

    À nos conditions ou rien », voilà les termes de l’alternative auxquels le capital reconduit tous les gouvernements à l’époque de la mondialisation — d’où notamment les invraisemblables contorsions de « l’attractivité du territoire », lutte permanente des nations pour être à la hauteur de ces « conditions »… dont le niveau d’exigence est sans cesse relevé ; et le capital aurait tort de se gêner puisque en face, non seulement il n’y a aucune résistance, mais tout lui vient avec une déconcertante facilité.

    On dit que bien poser un problème... c’est un pas décisif vers sa résolution... Il me semble que tu poses bien le problème :

    [...] il faut être aveugle, borné ou totalement crétin pour imaginer encore que la moindre modification significative du système néolibéral puisse venir du jeu normal des institutions politiques présentes où, précisément, le système en question a trouvé un inexpugnable refuge.

  • permalien Altaïr :
    13 avril 2013 @01h15   « »

    Je voulais simplement vous remercier pour cette analyse si juste que je partage et qui me conforte dans mes positions. Le 5 mai, je serai dans la rue équipé d’un balai pour aller dire "Ouste" !

  • permalien JJSU :
    13 avril 2013 @01h31   « »

    Merci pour ce texte formidablement éclairant. A nos balais !

  • permalien simplet :
    13 avril 2013 @07h46   « »

    Benj : Simplet tu pourrais pas aller troller ailleurs steuple ?

    Désolé de gâcher cette belle communion et de réveiller en vous le fantasme du plumeau.

    Seulement voilà, depuis les années 80 je vis dans un monde qui va de coups de balai en coups de balai.

    Incapable d’arrêter la surchauffe déclenchée par la "boite à outils du père Keynes", nos élus ont entamé un grand ménage :
    - coup de balai sur l’état
    - coup de balai sur l’administration
    - coup de balai sur les contrôle des changes
    - coup de balai sur le contrôle des échanges
    - coup de balai sur la protection sociale
    - coup de balai sur le système bancaire
    - coup de balai sur l’emploi
    - coup de balai sur l’éducation
    - coup de balai sur le système de santé
    - coup de balai sur la société civile
    - coup de balai sur les infrastructures

    - jusqu’à il y a trois jours coup de balai sur le code du travail, dans l’indifférence d’un citoyen révulsé par l’immoralité d’un Cahuzac ou l’immoralité des partisans du mariage pour tous ou pas. Ce que Frédéric Lordon nomme la « politique de service ».

    TOUT EST IMMORAL MAIS RIEN N’EST ILLÉGAL, parce ce que depuis 1983, le balai de la dérégulation n’a cessé de nettoyer à coup de "réformes" tout ce qui pouvait de près ou de loin évoquer une organisation collective (pour ne pas dire communiste) des ressources de notre planète.

    C’est maintenant que nos élus, le père Hollande en tête, nous refont le coup de la "boite à outils"... comme si la crise appelée curieusement "trente glorieuses" n’avait jamais existé... et comme du temps de Keynes, on nous vend ça comme une réparation passagère, une rustine sur un courant d’air, un emplâtre sur une jambe de bois... pourvu que ça repousse à plus tard une remise en question.

    Il est peut-être temps, justement, d’arrêter ce grand ménage.

  • permalien Gamaz pierre :
    13 avril 2013 @08h54   « »

    Cher frédo, vous le savez bien, nous sommes dans la cause toujours tu m’intérresses.C"est actuellement ce qu’il y la plus adaptée à la démoligarchie. Respect

  • permalien Polaire :
    13 avril 2013 @09h13   « »

    Cher Frédéric Lordon, Je pense qu’une partie de votre diagnostic sur la crise est erroné, et, en tant que vieux spinoziste, c’est sur l’expérience que je fonde cette affirmation. "La crise n’est pas une crise de l’offre, mais de la demande", je confirme. Par contre, la cause n’est pas la "contraction du crédit". telle que vous l’entendez, cad "par le haut : Les banques n’auraient plus d’argent pour prêter
    Il n’y a pas eu, au niveau des PMI/E de contraction du crédit en ce sens. En tant qu’ancien dir d’agence bancaire, je dirai que, côté Entreprise ce qui freine le crédit c’est le taux, et côté Banque, c’est le bilan. Or, comme ce n’est pas le niveau des taux, c’est l’état désastreux des bilans qui est la cause "par le bas" de la contraction du crédit. Il faut savoir que les "banquiers" de terrain (en concurrence) refusent un crédit à une E, la mort dans l’âme, car le crédit, c’est le dépôt... Les banques n’ont pas manqué de crédit pour financer les E !
    La cause ultime de la crise, c’est la déflation depuis 1983 ! L’inflation rembourse la dette de l’E qui peut ainsi accroître les salaires. Sans inflation, pas d’emprunt... et c’est le cercle vicieux !
    L’économie se résume à une guerre entre épargnants et emprunteurs.
    L’emprunteur, c’est celui qui ose, c’est le jeune, c’est la vie
    L’épargnant, c’est le trouillard, c’est le vieux, c’est la mort.
    Euthnasier les rentiers est urgent, même si je signe mon suicide !

  • permalien
    13 avril 2013 @09h38   « »

    "L’ennemi sans visage" n’avait pas non plus de candidat. Finalement, il a le visage d’un ministre. Et je suis d’accord : il avait aussi un candidat, qui est maintenant président.

  • permalien Nicks :
    13 avril 2013 @09h45   « »

    @Simplet

    Mais précisément, le coup de balai annoncé est souhaité pour évacuer une classe politique qui fonctionne en cercle fermé depuis trente ans. Le but est clairement de changer de système.

  • permalien vladimir :
    13 avril 2013 @10h20   « »

    Ce que vous decrivez date de 1983 ,depuis c’est un rideau de fumée que l’exasperation populaire dissipe par l’acceleration de la crise.

    L’urgence n’est pas dans les balais symboliques,vite rangés,le 5 mai au soir,que dans la construction d’un gouvernement du peuple par l’election de delegués revocables armés d’un programme revolutionnaire...

    Ce programme en gestation eparse peut surgir lors de la tenue d’assemblées publiques vraiement citoyennes ,ouvertes a toutes et tous ou seront debattues les diverses ebauches de constitutions,programmes parues sur le net....

  • permalien simplet :
    13 avril 2013 @10h51   « »

    @Nicks,

    Bien sûr, je ne suis pas non plus à un coup de balai près.

    Si le ménage est un antidépresseur reconnu, l’abus de ménage est un TOC, qui révèle une pathologie autrement préoccupante parce que possiblement incurable.

    Une fois notre état dépressif avéré, il serait peut-être intéressant d’en diagnostiquer les causes, quitte à garder nos boucs émissaires et les orienter vers l’intérêt commun comme çà a déjà été fait en 1936 et en 1945, au risque d’affronter une réaction comme celle de 1940-1945.

    Je ne suis pas un grand spécialiste, mais il me semble que lorsque une grande partie la production humaine part en accumulation de richesses nous sommes dans un phénomène qu’avait déjà décrit Aristote : la chrématistique.

    Nous avons peut-être un rôle à jouer, nous citoyens, pour encore une fois inviter nos élus à repenser le bien commun et à reconstruire un ensemble de règles visant à orienter la production humaine vers le bien-être de la majorité, et ainsi revenir vers l’économique.

    Aujourd’hui tout un ensemble de tabous sont brandis dès qu’on essaye un retour vers l’économique. Aux USA, Obama, se démène avec finalement peu de soutien pour imposer un minimum social et une implication des banques dans l’économie. Pourquoi ne pas profiter de ce frémissement et de la mondialisation des marchés, pour encourager nos élus à un peu plus d’audace, comme nous avons su le faire par le passé ?

    Un de ces tabous est le mot "confiscatoire". Il est brandi par un Conseil Constitutionnel sans aucune légitimité ni populaire ni juridique, et au service d’une idéologie en faillite.

    Rien n’empêche de faire de la confiscation des biens accumulés le principe d’une nouvelle législation planétaire, et pourquoi pas punir leurs auteurs en tant que criminels contre l’humanité, puisqu’il y a morts d’hommes dans cette histoire... et puis tant qu’à faire créer un véritable Conseil Constitutionnel avec un arsenal juridique.

    Voilà qui pourrait nous nous sortir pour un temps de notre dépression, en plus du ménage.

  • permalien Nathan :
    13 avril 2013 @11h22   « »

    Je note en passant que dans son article, Frédéric Lordon omet assez habilement de parler de la taxe de 75% sur les tranches supérieures décidée par le gouvernement car cela gênait sans doute sa démonstration selon laquelle droite et gauche se ressemblent comme deux gouttes d’eau (souvenons-nous du “cadeau aux riches” de Sarkozy). Je ne suis pas un expert en la matière mais il me semblait qu’une des recettes préférées de l’économie de l’offre était la baisse des prélèvements pour les particuliers et les entreprises. Nous en sommes loin, aujourd’hui.

    Par ailleurs, à part organiser une manif’ avec des balais, je ne vois toujours pas très bien ce que Lordon propose.

  • permalien Maxime :
    13 avril 2013 @12h17   « »

    Cher Monsieur Lordon,
    J’aime beaucoup ce que vous dites, et au moins autant la manière dont vous le dites, quelle que soit cette manière, d’ailleurs.
    En particulier, j’ai adoré joué le rôle du Président à 19 reprises avec mes petits camarades dans l’excellente pièce de votre cru, D’un retournement l’autre. Nous avons joué gratuitement, dans des salles communales devant 20 personnes comme dans de vrais théâtres, devant 200, 400 personnes (c’est trop). Partout le succès, on en redemande, militants ou non : ce théâtre nous est utile, ce théâtre est jouissif.
    Entre deux représentations, nous nous sommes essayé nous aussi, modestement, à l’écriture... et c’est précisément la raison pour laquelle je vous demande de récidiver (si vous voyez ce que je veux dire).
    Je précise au passage que nous avons joué après le 6 mai dernier : il suffit de remplacer "Toulon" par "Bourget", la rime souffre un peu, le comédien simule une boulette, le tour est joué...
    Mais il reste tellement à dire !
    D’avance, merci.

  • permalien ddn :
    13 avril 2013 @12h41   « »
    Encore une révolution ?

    Votre diagnostic sur la capitulation du PS face à l’ultralibéralisme et aux plus riches est assez juste, mais c’est vraiment très français (et très puéril) cette idée qu’une révolution va tout régler comme par miracle et surtout sans casse. A quoi ça sert d’avoir une démocratie si personne, que ce soit à gauche ou à droite d’ailleurs, n’a confiance dans ses mécanismes ? Si c’est pour se retrouver encore une fois avec un pseudo "sauveur" à la tête du pays, ça sera sans moi !

  • permalien Christian Salmon :
    13 avril 2013 @13h05   « »
    Le Jasmin oui pas le coup de balai !

    Avant de me ranger dans le camp des éditorialistes du pouvoir et des experts grassement rémunérés (à moins qu’un salaire de 2500 euros au CNRS soit considéré par Lordon comme le pris de la soumission au Capital) Je signale à son attention la mise au point que j’ai publiée sur Mediapart.
    Lire ici :
    http://blogs.mediapart.fr/blog/chri...

    Par ailleurs n’en déplaise à Lordon qui a tendance à adopter un ton de donneur de leçon en toutes circonstances (ton un peu daté d’ailleurs dans l’histoire politique), je persiste à ne voir dans les appels au « coup de balai », qu’une éruption moralisatrice pour reprendre ses termes et une facilité rhétorique qui puise dans la syntaxe de la "gauche morale" qui fut dans les années 1980 un formidable écran à la conversion du PS au néolibéralisme... On peut ne pas être d’accord avec mon analyse du langage politique, cela m’arrive assez souvent d’ailleurs à moi aussi, mais encore faut-il avoir d’autres arguments que celui du "tous pourris" appliqué aux "éditorialistes-qui font-le jeu-du-pouvoir".
    La « théorie des singularités », ou des « péripéties" qu’invoque Lordon pourrait utilement servir de base à une analyse de l’évènement politique à condition de souligner qu’un évènement se signale toujours par le surgissement d’un nouveau vocabulaire, un basculement syntaxique, l’éclosion d’images inédites et non par le recours à des "métaphores usées jusqu’à la corde" (Orwell) comme celle du "coup de balai" qui n’a que trop servi (même à la SFIO) et qu’on aimerait laisser au vestiaire des idées reçues et des objets trouvés du XX ème siècle. Le jasmin oui pas le coup de balai... Mais pour cela il faut se servir, non seulement de son cerveau, mais aussi de son oreille interne... Mélenchon n’est pas dépourvu de ce sens de l’acoustique politique comme il l’a prouvé pendant sa campagne de 2012 et, si j’en crois les appels reçus après mon itv dans libé, les responsables du Parti de gauche non plus. C’est ce qui semble manquer à F. Lordon ainsi qu’une certaine capacité à "faire crédit" aux autres de leur bonne foi... Nul besoin d’adopter un ton apocalyptique lorsqu’on a une discussion politique.... En guise d’entraînement je propose donc à Lordon un exercice auquel nous nous sommes souvent livrés par jeu avec Pierre Bourdieu, argumenter contre soi, exposer un désaccord profond avec soi même...

  • permalien nimbus3d :
    13 avril 2013 @13h07   « »

    @ddn
    Frédéric Lordon répond à votre question dans le bas de son article : Nous le laissons pas les mécanismes de la démocratie agir car nous ne sommes pas en démocratie, mais plutôt comme il le nomme Badiou le "Capitalo-Parlementarisme" (excellent néologisme que je vais adopter de ce pas !).

  • permalien goutelle lionel :
    13 avril 2013 @13h08   « »

    "Dans les promesses, décidément abondantes, de sidération rétrospective des historiens du futur, ill est certain que l’acharnement européen dans l’austérité collective, en dépit même du spectacle évident de ses catastrophiques effets, occupera un place de choix". Il est encore temps de ne pas apparaître aux historiens du futurs comme des collaborateurs de ce meurtre collectif sur les peuples commis en connaissance de cause. SIgnez et faîtes connaître la pétition suivante. Si elle fait du bruit, elle produira forcément des effets dans le bon sens (et ne s’oppose en rien à d’autres armes militantes comme la grève eou autres....) . Si elle reste minoritaire vous pourrez quand même la produire au jugement dernier des militants comme un certificat d’authenticité de votre combativité contre tout ça (Je plaisante. Même si j’aurai beaucoup de mal à ne pas comprendre pourquoi vous ne la signez pas. Si tel est le cas, n’hésitez pas à m’écrire pour me dire pourquoi, même en deux mots. J’aime bien comprendre la raison des comportements. C’est valable aussi bien sûr pour Frédéric Lordon au vu de ce qu’il écrit. Rire. Et aussi et surtout bien sûr parce qu’on serait très heureux d’avoir sa signature et son poids symbolique comme dirait l’autre dans notre pétition). Voici le lien

    http://www.petitionpublique.fr/Peti...

  • permalien Nicks :
    13 avril 2013 @14h04   « »

    @Simplet

    Non mais le coup de balai n’est que la première étape. Vous savez bien qu’il y a déjà un programme derrière. Mais il est assez clair désormais que les dirigeants actuels sont enfermés dans une idéologie et qu’ils n’en sortiront pas, phénomène que nos institutions permettent en entretenant le carriérisme politique et certaines proximités trop prononcés et trop exclusives.

    L’allusion de Lordon à l’idée lancé par le FdG est tout de même assez claire pour que vous l’ayez comprise. Dans ce cas, il vous suffit de vous renseigner pour prendre connaissance de ce que prépare cette manifestation : la sixième république, des institutions démocratiques, un nouveau système socio-économique.

  • permalien Nicks :
    13 avril 2013 @14h15   « »

    @Christian Salmon

    Je ne peux tout de même pas croire que vous pensiez que la sémantique de l’expression coup de balai soit à rapprocher d’un projet uniquement moralisateur quand il vient de la gauche assumée. L’approche est bien évidemment systémique et l’appel à une sixième république instituée après processus constituant va dans ce sens.

    Il n’empêche que dans un contexte totalement verrouillé, je ne vois pas bien comment faire évoluer les choses sans se libérer de la nouvelle aristocratie qui s’est constituée depuis une bonne trentaine d’année. Le mieux serait que nous nous en débarrassions par les urnes. C’est le principe de la révolution citoyenne. Mais il faut la préparer et l’accompagner.

    Pour le reste, vous avez raison d’insister sur votre intervention en réaction au traitement assez déplaisant de votre interview par Alliénation (ou Libé mais je ne sais plus trop...)

  • permalien Bekyar :
    13 avril 2013 @14h44   « »
    Une question, 1 commentaire

    Bonjour et merci.

    Ma question : j’ai un mal fou à faire la différence entre capitalisme néo-libéral et ploutocratie, au point que pour moi le capitalisme est une société dans laquelle le pouvoir est détenu par les détenteurs du capital (et il en résulte l’appropriation de tout etc). Je considère cette définition suffisamment opérationnelle pour nommer facilement à mes contradicteurs en quoi je suis anticapitaliste. Que voyez-vous comme limite fondamentale à cette définition ?

    Mes commentaires :
    un aspect négatif supplémentaire sur la création supposée d’emplois par les entrepreneur.e.s. Une création d’entreprise qui réussit à devenir pérenne demande aux entrepreneurs au minimum 80 heures de travail par semaine pendant 2 ans (d’après ce que je vois dans mon entourage, celles et ceux qui y ont passé moins d’énergie se sont planté.e.s). Cela détruit du relationnel, de l’humain, et donne une mentalité à ces personnes de type "moi j’en ai chié, j’ai droit à une compensation", ce qui également alimente les articles sur les success story, ce qui alimente le système capitaliste au niveau de ses valeurs (d’individualisme et de compétition), ce qui déplace le curseur médiatique vers le néo-libéralisme.

  • permalien angelo :
    13 avril 2013 @14h51   « »

    Droite décompléxée, droite complexée. Je crois qu’il ne faut pas trop se prendre la tête avec ça. Disons les néolibéraux sociaux et les néolibéraux conservateurs. Le tout ayant la qualité de mettre l’accent sur ce qui est essentiel, à savoir : la solidarité des points de vue concernant le néolibéralisme. Le reste - très raciste ou pas trop raciste, à regret avec entrain etc. - n’est que secondaire.

  • permalien Swank :
    13 avril 2013 @15h11   « »

    @Christian Salmon
    Vous étiez assez naïf pour croire que Libé n’allait pas détourner vos propos ? Personnellement, je ne comprends pas pourquoi certains gens de gauche continuent à donner un quelconque crédit à ce journal.

    Frédéric Lordon a le mérite de mettre les points sur les i : ce qui pourrit la gauche depuis près de 20 ans, ce qui empêche de penser une alternative au capitalisme néo-libéral, c’est précisément de vouloir absolument maintenir dans le camp de la gauche, des partis, des journaux, etc...qui se sont très clairement positionnés dans le camp du capital. Et ce n’est pas être extrêmiste que de dire ça (je ne suis pas d’extrême gauche), c’est simplement être honnête.

    Que les intellectuels de gauche, que ce qui reste de gens de gauche au sein du PS, prennent une bonne fois pour toutes leurs responsabilités et arrêtent de jouer aux faux naïfs. On ne vous demande pas de pleurer comme Filoche, on ne vous demande pas de venir vous plaindre parce qu’un journal de droite manipule vos propos. Ce flou artistique qui empêche toute pensée devient insupportable. Merci à Lordon d’être l’un des rares à oser le dissiper. Vous devriez prendre exemple sur lui plutôt que d’essayer d’être toujours du bon côté du manche. Je précise qu’avoir le courage de nommer les choses ne signifie pas l’abandon de toute pensée critique envers son propre camp et envers soi-même.

  • permalien FinaudGanzawake :
    13 avril 2013 @15h57   « »
    Question annexe

    Excellent travail de M. Lordon, mais je voudrais en profiter pour soumettre une question à la communauté voire à M. Lordon s’il en connaît un rayon. Je suis en train de travailler sur un sujet connexe le système de santé US et souhaiterais avoir des infos sur la ou les réformes autorisant la sélection des risques par les assureurs États-Uniens, notamment à l’ère Reagan. J’ai eu beau chercher wikiped et Cie ne m’on rien permis d’apprendre. Est-ce que quelqu’un aurait des infos ou un ou des liens ? On peut me contacter sur Twitter @FinaudGanzawake ou éventuellement ici même.
    Merci d’avance

  • permalien Tarthurffe :
    13 avril 2013 @19h39   « »
    Aux balais citoyens ! Formez les bataillons !

    Sans rire : imaginons-nous dans la rue, sortant de chez nous, allant au boulot, revenant à nos chaumière, mais... un balai à la main : le tout un balai à la main !

    Et pourquoi pas distribuer gratuitement dans la rue des balais à nos concitoyens avec dessus le lien vers cet article ou vers d’autres, histoire de médiatiser un peu les auteurs de valeurs noyés dans l’obscurantisme de la désinformation ? Pourquoi pas une armée de balayeurs, silencieux, pacifiques, qui se contentent de balayer leur chemin de temps en temps dans leur marche, dans un premier temps au moins...

    Car si vraiment un truc pareil prenait, il pourrait effectivement devenir le symbole fort d’une lutte juste. Et toutes les luttes ont effectivement besoin d’un symbole.

    N’attendons pas le 6 mai pour dégainer le balai sous les récupérations idéologiques de tel ou tel parti qui se croit moins hideux que ceux dont il dénonce ce qu’on ne saurait cependant appeler un brin de paille ! Prenons toute cette paille et faisons en des balais ! Courons chez le quincaillier nous procurer des balais ! Distribuons en à nos voisins ! Quel meilleur moyen pour retrouver l’occasion de discuter politique entre français, de relancer l’espace d’une véritable remise en question du système, tels une armée de Socrates sur l’agora pour accoucher nos âmes et les affranchir de la tutelle sophistique des preneurs d’otages de la démocratie ?

    Pour ma part, la chose est vite vue : je n’ai pas encore de balai, mais lui et moi serons inséparables dans les jours à venir, et je pense que nombre de mes accointances auront le balai facile..

  • permalien Harold Ohm :
    13 avril 2013 @20h24   « »

    Quel charlatanisme se cache encore derrière les quincailleries et les drogueries qui nous promettent l’efficacité du balai et du white spirit ?

    Le balai sans la pelle n’est qu’ un élan de poussière ; élan qui peut "révéler" la quantité de suif disponible. Ensuite ???

  • permalien red2 :
    13 avril 2013 @20h41   « »

    Bravo et Merci à Frederic Lordon pour ce texte. Et le 5 Mai, tous à vos balais !

  • permalien sidartha :
    13 avril 2013 @20h57   « »
    Balayer ? Jusque devant sa propre porte ?

    Comment dire ? Sans y mettre plus de colère que nécessaire !

    Oui c’est clair que le PS est un parti de droite (et depuis longtemps - au minimum, disons 1983), c’est juste de dire que 2012 montre qu’il va encore plus loin en faisant alliance avec le monde de la finance. C’est évident que si nous nous retrouvons dans les années à venir avec un gouvernement d’extrême droite nous le devrons au PS. Effectivement l’histoire Cahuzac est révélatrice d’un fonctionnement de système et pas d’un "dérapage individuel". Bien évidemment le discours de Chérèque se résume à une position de collabo, et d’accord aussi pour affirmer que si Filoche ne quitte pas ce navire pourri il signera un pacte qui le rangera dans la même catégorie (avec tout le respect que j’ai pour ce bonhomme). Oui il faut mettre fin à ce système y compris en dégageant cette masse de pseudos journalistes et de pseudos experts qui monopolisent les espaces médiatiques.

    Personnellement, je trouve que partager cette analyse, c’est déjà beaucoup. Alors se balancer des histoires de sémantique et d’historique de l’expression... C’est un peu léger non ? Mais je n’ai peut être pas tout saisi ni dans l’article de Frédéric Lordon, ni dans les commentaires.

    Tout de même, quelque chose me titille depuis quelques temps. J’aime bien Lordon, ce qu’il dit. D’autres aussi d’ailleurs. Mais il y un truc qui pose question. Quand je lis votre article monsieur Lordon, je dois faire des efforts, je fatigue (alors que j’en attend plutôt une sorte de rafraîchissement, un élan). Pas tant pour le sens, non plutôt parce que vous causez riche, avec des mots savants et des tournures compliquées. Avez vous simplement une idée de quel pourcentage d’individus peut lire ce que vous écrivez. Pas parce qu’ils sont bêtes, juste parce que au bout du compte vous utilisez des mots et des tournures, un style qui ne parle qu’aux intellectuels. Un truc de spécialistes. De la littérature, c’est très bien écrit.

    Alors il me reste une question. A quoi ça sert de causer entre soi, juste dans son monde, surtout si le but c’est quand même de changer tout ça. Il faut partager ses idées, pas juste avec les intellos et les aspirants intellos.

    Un des outils du pouvoir (je veux dire du pouvoir détenu par quelques uns) c’est le savoir, ou plus exactement le pseudo-savoir. Beaucoup de "corps" utilisent ça : la médecine, le droit...
    D’ici à ranger les intellectuels révoltés, les économistes atterrés dans la même catégorie et à en faire des laquais du pouvoir en place, il y a un pas. Mais tout de même ça mérite qu’on y réfléchisse, enfin, il me semble

    Cordialement

  • permalien Speculum :
    13 avril 2013 @22h28   « »
    Plus ça va plus ça me tombe des mains (mais pas parce que ce serait trop compliqué)

    Bien en avance jusqu’à la veille de Lehman Brothers, et jusque là des ouvrages comme "jusqu’à quand" très bons et utiles, mais désormais si fatigant de verbiage, propre à n’éblouir que ces générations à culture inexistante.
    Quelle absence de concept depuis un moment !

    Un texte Frédéric dont le seul mérite aura été de me remémorer ce passage ("spéciale dédicace") :

    "C’est donc la beauté jointe à la grâce qui fait l’objet principal de la sculpture ; aussi a-t-elle une prédilection pour le nu et elle ne tolère les vêtements que dans la mesure où ils ne cachent point les formes. Elle se sert de la draperie non comme d’un vêtement, mais comme d’un procédé indirect pour représenter la forme ; ce moyen d’expression fait beaucoup travailler l’esprit du spectateur ; car pour percevoir la cause, c’est-à-dire la forme du corps, on ne lui indique directement que l’effet, c’est-à-dire la chute des plis. La draperie est donc dans une certaine mesure, en sculpture, ce qu’est en peinture le raccourci. L’une et l’autre constituent des signes, non des signes symboliques, mais des signes tels que, s’ils sont bien réussis, ils amènent l’esprit à contempler l’objet signifié d’une manière non moins immédiate que s’ils étaient donnés eux-mêmes. Qu’il me soit permis d’intercaler ici en passant une comparaison qui s’applique à la rhétorique. Ainsi c’est le minimum ou l’absence complète de vêtements qui rend la beauté corporelle le plus facilement intelligible et visible ; par suite, un homme très beau, s’il a du goût et s’il a la permission d’en user, ira volontiers presque nu ou simplement habillé à la manière des anciens ; de même, toute belle et vraiment riche intelligence s’exprimera toujours de la manière la plus naturelle, la plus directe et la plus simple, toutes les fois qu’elle s’efforcera, si cela est possible, d’exprimer ses pensées aux autres et par là même de s’adoucir la solitude que l’on doit ressentir dans un monde comme celui-ci ; au contraire, l’esprit pauvre, confus et mal fait va se revêtir de l’expression la plus cherchée, de la rhétorique la plus obscure ; il essaiera ainsi d’envelopper dans une phraséologie lourde et pompeuse la petitesse, la niaiserie, l’insignifiance, la banalité de ses idées ; c’est comme celui qui manque de prestance et de beauté et qui prétend compenser ce défaut par la splendeur de ses habits : il cherche à dissimuler à force d’ornements barbares, d’oripeaux, de plumes, de collerettes, de falbalas et de manteaux la laideur et la petitesse de sa personne. Cet homme serait bien embarrassé s’il devait aller nu ; notre auteur ne le serait pas moins, si on le forçait à traduire en langage.clair le mince contenu de son obscur et pompeux ouvrage."

    Bien à toi...

  • permalien ALG :
    13 avril 2013 @22h39   « »

    Aujourd’hui, au détour d’une lecture, je suis tombé sur cette phrase d’Alexis de Tocqueville : "On est avant tout de sa classe avant d’être de son opinion." J’ai immédiatement pensé à Cahuzac. Le texte de Frédéric Lordon est un brillant prolongement de cette citation appliqué à la situation actuelle.
    Pfffiou, ça fait du bien de vous lire...

  • permalien ddn :
    13 avril 2013 @23h14   « »
    @nimbus3d

    Oui j’avais aussi noté cette expression "Capitalo-Parlementarisme" mais je ne suis pas d’accord avec ça. C’est sûr que le système parlementaire actuel ne permet pas de tout faire même en théorie (abolir la propriété, instaurer le communisme pour prendre des exemples radicaux), mais il laisse quand même une grande lattitude d’action pour le président et la majorité sortis des urnes. Sauf qu’en 2012 les français avaient la possibilité de voter pour des candidats proches des idées de F. Lordon et qui auraient pu changer beaucoup de choses, et pourtant peu l’on fait. Ils ont préféré voter pour le PS et F. Hollande, et aussi il ne faut pas l’oublier pour N. Sarkozy et M. Le Pen, plutôt que pour JL. Mélenchon par exemple (1ier tour présidentielle).

    Alors même si on est convaincu de la validité des idées de gauche, s’il s’agit à la faveur du fameux coup de balai de les imposer aux autres sans discussion, ce n’est pas acceptable, et ça ne marchera pas ! Il serait en revanche bon de se demander pourquoi la "vraie" gauche n’arrive pas à convaincre les français. Cette crise est quand même un démonstration grandeur nature de l’échec de l’ultralibéralisme, alors pourquoi les français se retournent vers la droite encore plus décomplexée (A. Juppé, N. Sarkozy et NKM en tête des sondages de popularité en mars) ? Comme disent plusieurs intervenants ici, il serait peut être temps de sortir des discussions entre soi et des guerres de clans (du genre PS contre PdG contre PC contre NPA contre LO...), et d’essayer de convaincre un peu plus efficacement au delà de la gauche, non ?

  • permalien Facetieux :
    14 avril 2013 @00h44   « »
    Vive le CNRS !!

    de Salmon : "un évènement se signale toujours par le surgissement d’un nouveau vocabulaire, un basculement syntaxique, l’éclosion d’images inédites"
    Il est vrai que les casseroles de l’Argentine étaient super inédites, depuis l’Algérie française ou le Chili de 1971. Tout comme les marches boliviennes ou vénézuéliennes.
    Mais visiblement, se servir de son cerveau, quand on travaille au CNRS, c’est, au moindre coup de sifflet, faire le malin en racontant des platitudes contre JLM dans un journal clairement anti-FdG depuis des années maintenant, puis pleurnicher et jouer à la victime d’une manipulation dans un blog.
    Outre qu’on attend de voir où Mélenchon a parlé de "socio-traitres" (certainement une manipulation de Libération, hein, M. le savant qui se sert de son cerveau ?), ce paragraphe est juste hallucinant :"La rhétorique du « coup de balai », la métaphore du nettoyage, de la purification, est en contradiction avec la société qu’on prétend défendre, une société du métissage, voire de l’impureté. ".........Un joli gloubi boulga mélangeant purification des insanités politiques, métissage de la société, société projetée, etc...........C’est du grand n’importe quoi.
    2 500 euros pour arriver à dire autant de nullités, c’est peut-être encore beaucoup non ?

  • permalien etienne :
    14 avril 2013 @01h11   « »

    « La vie dans sa complexité est étrangère à cet homme. Il ne connaît pas les couches populaires. Il n’a jamais vécu avec le peuple, mais il a appris, dans les livres, comment faire se cabrer les masses, comment surtout exciter furieusement les instincts des foules. La classe ouvrière est pour Lénine ce que le minerai est pour l’ouvrier métallurgiste. Est-il possible, étant donné les circonstances, de fabriquer avec ce minerai un état socialiste ? Tout donne à penser que non. Ceci dit, pourquoi ne pas essayer ? ».

    Voilà ce qu’écrivait M. Gorki à propos de Lénine dans sa revue Novaïa Jizn en 1917.

    Au delà de la petite provocation - cf mon post précédent sur le papier "En sortir" et ses accents de "Que faire" - et sans vouloir entrer dans des débats historiographiques qui n’intéressent personne, je voudrais partir de là pour réfléchir à la question de la "violence" politique, puisque F. Lordon nous y invite explicitement. Or la question n’est pas simple.

    Je précise tout de suite qu’en "lordonnien" convaincu, il ne s’agit pas de discuter du "fond" de son papier que je partage entièrement, mais uniquement de ce sujet précis et complexe - puisqu’il convoque notamment A. Badiou dans l’histoire : autrement dit mon propos est de penser la question de la violence politique non pas « contre » F. Lordon mais avec la "boite à outils" - pour reprendre une expression en vogue - de F. Lordon.
    Rien à voir donc avec les provocations misérables de certains commentaires en début de fil.

    F. Lordon reprend à juste titre la dénonciation par P. Bourdieu de l"illusion scolastique" propre aux intellectuels, qui consiste simplement à ignorer les déterminations socio-économiques de tout discours politique ou proto-politique - biais que l’on retrouve aujourd’hui dans la spécialité bien française des "sciences politiques" - un champ entier de la recherche qui recouvre sous les habits de la science une idéologie.

    Or on retrouve cette dénonciation sous une autre forme chez G. Orwell lorsqu’il dénonce les "intellectuels qui s’emparent du fouet", en particulier chez les "staliniens" britanniques à qui il s’opposait (je renvoie aux divers papiers de J-J Rosat dans la revue Agone à ce sujet). Et c’est peu de dire que G. Orwell n’est pas tendre avec ces intellectuels "révolutionnaires".

    Car au-delà d’une "révolution des balais", qui serait, comme le dit F. Lordon, pour l’instant "toute symbolique" - ce qui sous-tend au passage que si la manoeuvre ne produisait aucun effet, il faudra bien passer à d’autres moyens, aux effets bien réels ceux-ci - c’est bien d’une situation insurrectionelle dont il est question à la fin de son papier, et d’autres qui ont précédé d’ailleurs. Et c’est là où intervient l’"ouvrier métallurgiste" de Gorki, qui se livrerait à toutes sortes d’expériences politiques pour la bonne cause.

  • permalien etienne :
    14 avril 2013 @01h16   « »

    Autrement dit que fait un intellectuel, relativement protégé des violences économiques, sociales et symboliques, lorsqu’il glose sur la "violence" et les possibilités de l’instrumenter à des fins politiques ?
    Car la "violence" en politique, c’est un peu comme l’inflation en économie : on connaît à peu près les moyens de la provoquer, mais s’il est un processus procyclique c’est bien celui-là (!), et quand le cycle est lancé, c’est une autre histoire que de le contrôler dans des proportions raisonnables :).

    Familier des thèses de F. Lordon sur ce blog et ailleurs, j’ai été saisi dans un premier temps par l’argument de la "disponibilité des affects" concernant les dérives de la finance, et l’opportunité qu’il ouvrait à donner aux sentiments d’injustice et de révolte potentielle, exprimée par un "tous pourris" mal dégrossi, des débouchés politiques. Or F. Lordon nous refait le coup ici avec l’affaire Cahuzac, et la possibilité de développer un programme politique articulé allant au delà du fait-divers, à partir des seuls affects du ras-le-bol populaire. Il se trouve que je me questionne de plus en plus à ce sujet.

    En effet, la crise de la finance date de plus de quatre ans ans, et force est de constater qu’en dehors de cercles restreints, cette colère na pour l’instant pas trouvé de débouchés politiques puissants - dans le sens où nous serions concrètement face à des possibilités réelles de transformer rapidement l’ordre existant. Les gens ont conservé leur compte en banque malgré les appels d’un ex-footballeur que tout le monde a déjà oubliés, et la démocratie "représentative" continue à confisquer la souveraineté populaire - avec ou sans affaire Cahuzac. Et pour cause : les gens n’ont pas le choix face à un systême qui les place en position de subordination totale.

    Je comprends bien la dimension stratégique, ou plutôt proprement politique, non pas d’en appeler à la "violence", mais de souligner à juste titre que notre société est déjà violente, et qu’il est parfaitement légitime d’opposer une violence à une autre, encore faut-il savoir précisément de quoi l’on parle.
    Je rejoins parfaitement F. Lordon lorsqu’il vise à démontrer que les cris d’orfraie des éditocrates face à la violence "populiste" ne sont que des jappements de chien de garde. Mais je ne suis pas certain qu’il croie lui même entièrement ce qu’il dit en écrivant : "S’il n’y a plus que la rue quand toutes les autres avenues de la politique institutionnelle sont, non pas formellement, mais réellement bouchées, ainsi soit-il !"

  • permalien etienne :
    14 avril 2013 @01h20   « »

    Je n’arrive pas vraiment à me satisfaire de cette fatalité feinte qui résonne dans cet "ainsi soit-il !".
    Car cela permet un peu tout. Ainsi, pourquoi ne pas avoir écrit au pire moment de la crise des subprimes :"Si les banques doivent tomber, et que la chute générale du systême bancaire et financier est la seule condition pour ne pas reconduire un systême intrinsèquement injuste, oppressif et inefficace, alors ainsi soit-il ?"

    Car je crois déceler plusieurs contradictions.

    Premièrement, l’assertion spinoziste qu’il n’existe pas de puissance intrinsèque d’une idée vraie devrait suffire en elle-même à éteindre les espoirs de F. Lordon de trouver un débouché politique à l’exposition des faits économiques tels qu’ils sont : il peut - et la plupart des économistes raisonnables avec lui - démontrer à longueur de papiers l’absurdité des politiques austéritaires en Europe sans que cela ne fasse plus d’effet que de pisser dans un violon.

    Le fait qu’il existe des "affects disponibles" créant des conditions favorables pour que soient entendus et compris les arguments irréfutables de F. Lordon et de bien d’autres économistes sur les politiques économiques menées en Europe et ailleurs ne garantit en rien la mise en oeuvre de politiques économiques tirant les leçons de ces démonstrations. Et ça peut durer des années comme cela.
    Personnellement, je ne suis absolument pas convaincu que l’affaire Cahuzac puisse produire plus d’effets que l’affaire Madoff, pas plus que la révélation du patrimoine des élus ne fera plus de vagues que celle des bonus des traders, en dehors du renforcement d’un sentiment fataliste chez nos concitoyens, régulièrement HABITUES à ce genre d’affaires.

    En outre, espérer qu’une majorité y comprennent, à travers l’exemple métaphorique de la "théorie des catastrophes", que ces évènements locaux sont le résultat nécessaire d’une configuration systémique me parait bien ambitieux, sinon relevant d’un parfait irréalisme quand aux possibilités concrètes de nos concitoyens de se saisir de problématiques complexes - ne serait-ce que pour une question de temps, j’entends par là le temps de loisir et de réflexion que le capitalisme offre aux producteurs ordinaires après une journée de travail - je me contente ici encore de reprendre des arguments formulés par F. Lordon lui-même.

    En cela, l’inspiration marxo-spinoziste de F. Lordon contribue logiquement à dévaloriser de fait la puissance du discours politique, et j’aimerais bien savoir comment il se débrouille avec ça :)

  • permalien etienne :
    14 avril 2013 @01h22   « »

    Deuxièmement, F. Lordon nous a systématiquement répété qu’il fallait absolument sauver le systême bancaire après la débandade de 2008, pour éviter concrètement l’arrêt complet de l’économie - et un cortège de conséquences assimilables à celles d’une guerre. En ce sens, il s’oppose clairement aux positions gauchistes les plus caricaturales consistant à souhaiter le pire pour que le meilleur en sorte, à travers cette idée typique de certains intellectuels révolutionnaires persuadés qu’il suffit de précipiter les conditions insurectionnelles pour que la révolution advienne.

    Or il y a là à mon avis une position intenable à propos de cette histoire de "violence".
    Car de deux choses l’une : soit on en appelle effectivement à des défilés bien gentillets de bobos armés de balais en bas de l’Elysée, qui ne produiront pas plus d’effets que le trajet "Bastille-Nation" dont par ailleurs F. Lordon souligne l’insignifiance, et il ne se passe absolument rien de plus que ce que l’on connaît déjà ; soit on franchit le pas de la violence politique - bien dure celle-là, avec pavés, voitures et trams brulés - et l’on met le doigt dans l’inconnu - celui de toutes les révolutions, y compris le "printemps arabe", avec son cortège de désorganisations sociales et économiques dont les effets potentiels sont alors comparables à ceux de la chute du systême bancaire - "patates dans la baignoire" comprises, contre laquelle F. Lordon nous mettait justement en garde.

    Outre le fait que l’insurrection - que F. Lordon euphémise par le changement par "la rue" ne se décrète pas - ce qui me gène le plus est qu’une fois qu’on entre dans ces considérations, il y a un moment où il faut choisir. Or je ne comprends pas entièrement où se situe F. Lordon dans l’histoire...

  • permalien Claude :
    14 avril 2013 @04h34   « »

    Où l’on voit que plus « le changement, c’est maintenant », plus c’est la même chose !
    Rendez vous le 5 mai à Paris avec nos balais !

  • permalien jgn :
    14 avril 2013 @08h18   « »

    Intéressant, surtout la dernière partie, qui se donne enfin les moyens de ses mots.

    Pour autant, reste que la socialisme faux-cul ne date pas de 2012, loin s’en faut. Et cela relève de la gymnastique intellectuelle - la première partie de ce texte - que tenter de le faire croire.
    Le socialisme comme parti de gouvernement du capitalisme parlementariste est, en soi et pour soi, un fausse bannière, laissant l’illusion qu’il serait possible de discuter avec des escrocs, armés qui plus est.
    Il n’y a pas une droite qui serait décomplexée quand l’autre n’aurait pas franchi ce pas ; il y a des situations historiques qui laissent aux dominants - aux escrocs armés - le choix ou non de régner en toute quiétude.
    Quand Bush a commis de tels ravages qu’il convenait de le remplacer par son clone, on a mis Obama, qui poursuit la MÊME politique, mais sous les atours d’un prix Nobel de la paix. N’en fallait pas moins pour consacrer le "changement". Diriez-vous qu’Obama est "complexé" ?
    C’est bien plutôt le contraire, me semble-t-il, et l’usage des drones contre des populations désarmées témoignent au moins de ceci : quand le mensonge n’est plus opérant, les armes parlent.

    Il n’y aucune illusion à se faire à ce propos et il serait dangereux de prétendre que ce que vous nommez "droite complexée" n’est pas, plutôt, le dernier stade avant la parole laissée aux canonnières. Toutes les ridicules pantalonnades de rue auxquelles se livrent aujourd’hui la dite "droite décomplexée" en sont comme le signe et la répétition, et il faudra alors des balais brosse à poils durs pour donner la réplique, n’en doutons pas.

    Mais enfin, en attendant, de gentils petits ballets devant quelques fenêtres, pourquoi pas ? Ne sont-ils pas amateurs de spectacle, ces guignols ?

  • permalien jcharron :
    14 avril 2013 @09h03   « »

    @etienne :
    Je crois que vous posez (enfin sur ce blog...) les bonnes questions. Notamment celle du hiatus, pour ne pas dire du gouffre, qu’il y a entre les idées (des économistes "hétérodoxes" dont Lordon et bien d’autres) et l’influence effective (sur les politiques menées), donc la question des médiations institutionnelles qui font des idées quelque chose d’agissant. Ce travail sur les instances de légitimation, qui va bien au-delà de ce dont on parle le plus sur ce blog (la politique institutionnelle, les médias) n’est pas assez fait. Personnellement sur ces dernières années je trouve intéressant et positif ce que font l’Afep (sur la reconnaissance institutionnelle d’une réflexion économique ancrée dans les sciences sociales) ou Financewatch (sur l’expression d’un point de vue d’"intérêt général" sur la régulation financière) mais il y aurait beaucoup d’autres choses à faire, on peut en discuter.

  • permalien Caroline :
    14 avril 2013 @16h12   « »
    point de balai, mais des propositions moins symboliques

    Comme si souvent, une analyse hautement intéressante et pertinente de Frédéric Lordon, et, heureusement que j’ai lu également les commentaires, quelques bémols tout aussi intéressants et pertinents, notamment Etienne qui me semble poser les bonnes questions ... comment agir ? ce n’est pas en balayant qu’on changera quelque chose, mais en faisant des propositions concrètes, et en voici une de proposition concrète qui pourrait se révéler la seule valable étant donné la nature humaine, mais qui risque hélas d’être tellement combattue par les politiciens qu’elle risque ne jamais voir le jour. C’est celle de la sociologue Monique Poinçon-Charlot : "Un des moyens de lutter efficacement contre les fraudes serait d’avoir une assemblée plus représentative de la population française, et plus seulement des personnes issues du même milieu favorisé, en connivence avec les milieux financiers. Pour cela, il faudrait une transformation en profondeur du système électif, avec le vote obligatoire et la limitation du nombre de mandats des élus pour en finir avec les carrières politiques. Avec des députés ouvriers, employés, universitaires, élus pour un temps court, on éviterait les petits arrangements entre amis." On peut rêver.

  • permalien Malbrouck :
    14 avril 2013 @16h56   « »

    Oui "du balai" est un slogan qui me parle, à moi issu de l’éducation populaire ça me parle !
    J’attends cependant qu’on lui donne une cohérence d’ensemble à ce fameux coup de balai et pour l’heure, ni vous, ni grand monde à gauche n’évoque la nécessité d’abolir le salariat s’il s’agissait sérieusement de changer en profondeur le système, la société !
    Je serais curieux de savoir quelle place pourrait prendre dans votre analyse l’abolition du salariat (au moins l’idée de dissocier l’activité et le revenu) ?

  • permalien Castafiori :
    14 avril 2013 @16h56   « »

    Balai ? Pourquoi pas le coup de karcher tant que’ on y est ?
    Quand la rethorique des uns rappelle à celui des autres...

  • permalien Kiko Boy :
    14 avril 2013 @18h28   « »

    @Harold Ohm, @Castafiori : Si je vous lis bien, ou bien vous filez la métaphore du coup de balai pour montrer son inefficacité, ou bien cyniquement vous montrez sa proximité avec le Karcher de Sarkozy.

    Le mot d’ordre "Du Balai !" est une injonction à partir, quitter le pouvoir, changer de République. Je vous prie de ne pas prendre les Balayeurs du 5 mai pour des naïfs : le balai n’est pas un programme politique technique. C’est un symbole.

    Un balayeur du 5 mai

  • permalien Michel Berdagué :
    14 avril 2013 @20h11   « »

    C’ est surtout le coup de balai dans les conseils d’ administration privés et publics , qu’ il faudrait nettoyer tellement que la crasse pour ne pas dire les cinq lettres sont tellement évidentes dans les détournements des 100 milliards par an sortant de l’ Hexagone au nez et à la barbe du fisc et de la maréchaussée : une vraie rigolade . Et pourtant ces mécanismes et forfaits sont connus de tous les services en particuler du TGI rue des Italiens à Paris , où les dossiers poussièreux s’ accumulent dans les placards kommandés par les politiques aux ordres des aristocraties financières et groupes industriels entremêlés pour la pire des casses , celle du monde du travail . Que la rue soit fleurie de balais que nous sommes toutes et tous devant ces puissants empereurs le 5 Mai , après le 1 er Mai du muguet et international , et 3 jours avant le 8 Mai , est une chose de mobilisations et d’ ouverture d’ une perspective d’ une République libre et fraternelle remplaçant ce coup d’ état permanent prèsidentiel et, complètement dépassée et à bout de souffle cette cinquième où les majorités de godillots de pied droit et gauche marchaient au pas du capital mondialisé et à cette Europe ultra de droite ou de gôche droite ultra à en avoir le tournis très grave maladie spatio-temporelle à s’ égarer et ne plus voir la résurgence du pire. Bon tout ça pour dire qu’ il n’ y a que deux choix : soit vous cirez les bottes des pompes à phynances ( toutes privées ) , soit vous venez fleurir les 1er Mai , le 5 , et le 8 de se souvenir et se mémoriser le C.N.R. en relisant le Préambule de 1946 qui est la sève dans tous ses Articles du Programme élaboré dans la Résistance réunie contre la barbarie en pleine forme en 2013 et ayant pignon sur rue . La classe ouvrière de PSA montre l’ exemple et ils sont toujours en quête d’ un courageux médiateur , le Sapin s’ est défilé , Moscovici aussi ( c’ est beau ça rime ) , et à la prochaîne action du fait des enseignements qu’ils tirent de tant de lâchetés de ces "élites" , le prolétariat fort de son imaginaire symbolique et réel a des savoirs faire , une grande maîtrise d’ actions, de prendre en main la gestion , l’ embauche , la direction , la stratégie d’ entreprises avec tous les cadres et de s’ assoir dans ces conseils libérés du privé propriétaire pour installer en élections tous les droits des salariées -és et de la citoyenneté au sein même des entreprises créatrices des richesses . Là une République des Egaux en droits : un nettoyage du printemps.

  • permalien Wilmotte Karim :
    14 avril 2013 @22h17   « »

    @Nathan :

    "l’économie de l’offre"

    Vous confondez économie de l’offre et Socialisme de l’offre.
    Relisez ?

  • permalien Helios :
    14 avril 2013 @22h35   « »

    Le même jour arrivent deux textes. " Le balai comme la moindre des choses" et celui de J. Sapir, "VIème république ou Souveraineté ?"

    http://russeurope.hypotheses.org/11...

    que je vois comme un complément indispensable et qui montre ce qui manque à ce qui se définit actuellement comme "la vraie gauche".

  • permalien Marat :
    14 avril 2013 @23h21   « »
    @ C. Salmon

    Vous êtes bien susceptible, il semble que votre réponse dépasse largement la teneur du propos de Lordon, qui ne fait qu’énoncer son désaccord aves vos propres propos.
    Votre commentaire sent le règlement de compte, et la haine recuite... dire qu’il ne vous a même pas reprocher d’hurler avec les loups !

  • permalien Jean-Pierre ANDRE :
    14 avril 2013 @23h52   « »

    En Belgique, avant la guerre, un certain Degrelle a eu bcp de succès en utilisant le symbole du balai et le "tous pourris" ; ses sympathisants utilisaient des balais dans les manifs pour nettoyer l’ Etat. Puis il y eut la guerre et notre homme rallia Hitler jusqu’à combattre pour lui sur le front de l’ Est... !

  • permalien Malbrouck :
    15 avril 2013 @01h36   « »

    Très drôle de ne lire aucune réaction quant à la nécessaire et urgente abolition du salariat ;-)
    Lorsqu’il s’agit de parler de solution concrète on n’a plus grand monde au portillon !
    J’ai souvent dit que de l’extrême droite à l’extrême gauche tout ce beau monde défend comme cadre de référence le salariat, moteur du libéralisme et de la société de consommation !
    A gauche on aime conspuer la société de consommation, la pollution mais alors sans jamais vouloir en changer les fondements bien entendu !
    Quel monde pathétique !
    Tout changement sérieux ne pourra s’imposer QUE sans notre accord, par un principe de réalité aussi implacable que celui qui consiste à observer que c’est bien par une bande de barjots réactionnaires que viendra "le mouvement" ! Le 5 mai prochain la gauche ne sera jamais qu’un suiveur bénéficiant comme bien souvent d’un heureux concours de circonstances ! Nous sommes les abonnés absents de "révolutions" qu’on a l’art et la manière de s’attribuer ! La vie est une blague plus ou moins courte ;-)

  • permalien Martial :
    15 avril 2013 @09h50   « »

    Merci pour ce propos éclairant !

  • permalien Diogène :
    15 avril 2013 @10h52   « »

    Je préfère le Lordon à ASI qui explique les mécanismes de la crise, comment on en est arrivé là, au Lordon qui règle ses comptes avec Chérèque ou Mauduit, ou qui voue HOLLANDE aux gémonies. On n’en a rien à foutre de tout ça.
    Lordon s’il ne l’a pas compris, est en passe de jouer le même rôle qu’a joué Bourdieu dans l’élection présidentielle de 2002 qui nous a offert de choisir entre un démagogue d’extrême droite et un politicien véreux.
    Or, il en est de la France comme de n’importe quelle démocratie. L’offre politique nous est donné à priori. Ça ne sert à rien de pester contre le fait qu’il soit ce qu’il est. Et en répétant urbi et orbi que Jospin n’était pas différent de Chirac, ce qui en soit était imbécile, Bourdieu a joué un sale tour à la démocratie, même si ce n’était pas son intention.
    Et bien, pardon, je ne crois pas que Hollande et Sarkozy soient les mêmes. Dussé-je passer pour un indécrottable crétin.
    Et Lordon-Spinoza, c’est mieux que Lordon-Robespière .

  • permalien malthus :
    15 avril 2013 @11h20   « »

    Droite comme gauche , ils sont tous en panique . Pourquoi les usa , et les anglais sont allés en Irak , pourquoi la France est allée en Lybie , au Mali , pourquoi participe t elle à l’agression de la Syrie . Il n’y a pas 36 solutions . Soit on rationne tout le monde , nombre d’enfant que vous pouvez procreer , quantité d’energie et de biens que vous pouvez consommer , soit on laisse la situation en l’état avec un gros ecart type dans la redistribution des richesses fournis gratuitement par mère nature . Mais comme le gateau ne peut plus croitre ( contrainte energétique et environnementale ) alors même que la taille de population continue de s’accroitre , l’ascenseur social ou plutôt l’augmentation du niveau de vie par individu n’etant plus possible pour tous le monde , cette situation et les mensonges necessaires pour la maintenir en l’état deviennent plus "délicats" . C’est une forme de rationnement sans le dire sans l’assumer mais uniquement pour la France (ou autre pays ) d’en bas ( raffarinade) , pendant que l’oligarchie et les classes supérieures font tout pour maintenir leur part d’un gateau qui commence à retrecir .
    Il y a un débat sur la transition energétique qui a commencé , comme l’explique bien jean marc jancovici , le pas de temps necessaire pour la transition est de 50 ans , alors que les politiques sont jugés tous les 5 ans ... sans un concenssus sur la marche à suivre et surtout sans un programme qui fait rever tous les Français , c’est probablement le chaos dans pas longtemps . Le pic pétrole conventionnel date de 2006 ,la crise des subprimes au usa comme la crise de la dette en Europe étant une conséquence directe de ce dernier , le pic pétrole tout liquide ( conventionnel + non conventionnel ) est prévu entre 2015 et 2020 . Accrochez bien vos ceintures ça va secouer fort !

  • permalien Mehdi :
    15 avril 2013 @11h29   « »

    Je viens de voir que cet article a été posté, je vais le lire en détail, mais je rejoins le commentaire de Sidharta sur la forme d’écriture, si le but est de passer un coup de balai, il me semble qu’une des étapes indispensables est de faire passer le message en masse (sans sacrifier au fond de l’analyse).

    Sur ce point la forme pêche toujours, les articles de monsieur Lordon sont toujours enrichissants mais en venir à bout demande toujours un grand effort. Chaque fois que j’en ai partagé avec des proches, j’ai systématiquement eu la même réaction : "Intéressant mais j’ai lâché au bout de 5 paragraphes".
    Du coup, comment être surpris que ce genre de débat reste restreint à une minorité de gens d’ores et déjà convaincus. Le but est-il de rester juste entre soi et en étant d’accord sur quasiment tout ?

    Allez, je vais maintenant lire l’article en détail, c’est clair qu’on gagne toujours à lire monsieur Lordon, mais tant qu’il ne réfléchira pas à la forme de ses écritures, nous en serons encore dans 5 ans au même point : un autre article brillant mais que lirons une minorité d’avertis.

  • permalien Claude :
    15 avril 2013 @13h29   « »

    @Diogène 
    Que les socialistes n’aient pas encore compris 11 ans plus tard que la défaite de 2002 est de leur propre faute et de celle de personne d’autre est déjà passablement insupportable.
    Mais que quelqu’un vienne rendre Bourdieu mort d’une grave maladie en janvier 2012 responsable des résultats de l’élection d’avril 2002 est proprement ignoble.

  • permalien malthus :
    15 avril 2013 @13h51   « »

    @claude .

    si la gauche était la seule responsable de la défaite de 2002 il n’y aurait pas eu un second tour fn /ump . Certes la gauche a une part de responsabilité dans cette defaite , mais les evenements du 11/09/2001 et du climat d’insécurité savamment entretenu dans nos sociétés occidentales expliquent pour une large part la victoire de la droite en 2002 et 2007 . il a fallu presque 10 ans pour que les peuples se reveillent (en europe comme au usa ) , pointent du doigt l’arnaque et les degats de ces guerres contre le terrorisme et expriment dans les urnes leurs ras le bol en sortant les équipes qui jettaient de l’huile sur le feu ,histoire de respirer un peu . . . sans trop d’illusion non plus sur l’avenir .

  • permalien Jean Kakal :
    15 avril 2013 @14h16   « »

    Et si le PS était finalement de gauche, au sens de cette avant garde bourgeoise de 1789, faisant mitrailler la foule et inventant le concept de citoyens passifs ? Au sens des thermidoriens en attendant Brumaire ou comment la haute finance s’adjoint les services d’un petit capitaine pas encore empereur ? Au sens des républicains convertis par Tiers, de ce que leur magot sera meilleur au chaud sous une république des gens de biens (qui en ont aurait ajouté H Guillemin) ?
    Bref, le PS est donc bien de cette gauche là...

  • permalien Mista Dikkenek :
    15 avril 2013 @14h48   « »

    Il est semble-t-il entendu que si Hollande paraît souvent très gauche, la politique conduite est bel est bien de droite.

    Mais j’ai aussi l’impression qu’il existe à droite des gens portés par certaines valeurs que partage la "véritable" gauche, et surtout, guidés par une véritable rigueur (bouh le gros mot) intellectuelle : renseignez-vous sur les positions et propositions de Nicolas Dupont-Aignan. Voilà quelqu’un de rare dans le paysage politique français. Pensez donc, énarque ET honnête !

  • permalien Alain R. :
    15 avril 2013 @16h19   « »

    Bonjour,

    Citer la célèbre maxime de Lacordaire, disciple de Lamennais, grand libéral devant l’Eternel, m’a surpris dans un tel contexte. Il me semble que Lacordaire, lorsqu’il parle de la "loi" qui affranchit le plus faible, fait référence à la loi divine, et non à la loi humaine. Ce religieux prônait l’enseignement libre et considérait la propriété privé du capital de production comme écrite dans les Evangiles. Par dessus tout, il se méfiait beaucoup de tout pouvoir et droit humain passant devant le droit divin.

    est-ce un contresens, ou bien aviez-vous quelque chose en tête ?

    A.

  • permalien jojo :
    15 avril 2013 @18h06   « »

    théorème de Schmidt ( chancelier allemand du début des années 90

    les profits d’aujourd’hui,

    sont les investissements de demain

    et les emplois du futur

    25 ans plus tard on voit le résultat

    en fait le patronat commence à vendre la mèche : Sophie de Menton patronne ultra libéral, l’autre jour , a dit de Roosevelt qu’il s’était totalement trompé .......

    la réalité, c’est que depuis Roosevelt , un travail de fond a été fait et a fini par payé dans les années 80 : il s’agit pour les possédants de récupérer sur les peuples occidentaux tout ce qui avait été arraché par la peur de 1929 .... et des rouges.

    car la politique de Roosevelt n’a été possible que par la peur des rouges.

    les staliniens ayant tué l’idée qu’au autre lmonde est possible, il ne reste plus qu’aux jeunes générations à reconstruire un mouvement de l’émancipation sociale, qui ne peut s’appueyr que sur les 2 jambes suivantes :
    la lutte sociale
    des alternatives concrètes

    le nouveau monde ne peut naitre qu’a l’intérieur de l’ancien !

  • permalien Ydjer :
    15 avril 2013 @18h09   « »

    Diogène
    Dédès de Bourdieu le 23 janvier 2002. Erreur de frappe !!
    À rappeler à ceux qui l’ignorent.

  • permalien Jordi Grau :
    15 avril 2013 @23h51   « »

    A F. Lordon

    Bonsoir,

    Et merci pour cet article. Je vous trouve très convaincant dans l’ensemble, sauf quand vous semblez dire que le PS renie ses convictions profondes par lâcheté, sous la pression du pouvoir économique. Je pense, par exemple, à ce passage où vous comparez le premier ministre à un bourgeois de Calais.

    Ne serait-il pas plus simple de considérer qu’une grande partie du PS - et en particulier les cadres dirigeants - n’a pas de réelles convictions socialistes, et qu’elle ne fait que défendre ses intérêts de classe ? Il me semble - mais je peux me tromper - qu’il faut moins parler de pressions subies par le PS que de connivences entre ce parti et les dirigeants économiques de la France et de l’Europe. Les socialistes ne sont pas victimes d’un chantage odieux du grand capital : ils sont plutôt complices d’un système oligarchique auquel ils adhèrent depuis longtemps. Ce point de vue vous paraît-il trop cynique ?

  • permalien Julien :
    16 avril 2013 @02h34   « »

    Le 5 mai tous derrière l’imposteur Mélenchon : le type qui a voté des deux mains pour Maastricht et l’Acte unique, a adhéré pendant 31 longues années au Parti socialiste avant de découvrir comme par enchantement qu’il était néolibéral, le type qui fut membre il y a dix ans (pas vieux) d’un gouvernement dont le Premier ministre d’alors affirmait haut et fort que son programme n’était pas socialiste, et qui accessoirement revendique son appartenance à une franc-maçonnerie expressément dénoncée par l’ensemble des mouvements et théoriciens marxo-trotskistes dont il prétend dans le même temps, tout à fait abusivement, être l’un des héritiers...

    Dédicace à M. Mélenchon, sénateur socialiste pendant 20 ans, et membre du parti socialiste pendant plus de 30 :

    http://www.humanite.fr/cactus/les-s...

    Voir les mêmes imposteurs feindre de déplorer les effets de leur inconséquence et de leur médiocrité conceptuelle est le summum de la duplicité et de la manipulation orwelienne.

    Quand on a le cul merdeux et qu’on morve à grosse goutte comme les sociaux-libéraux du PS - et l’ensemble de la gauche réunie, gauche radicale incluse (comprendre : radicalement utile à l’oligarchie euro-mondialiste) - qui ont tout permis du déploiement effectif de la mondialisation et préalablement de son cadre idéologique sans-frontiériste, tout cautionné de ses dérives délétères anti-nationales (« le nationalisme c’est la guerre »), théorisé sans vergogne le dépassement d’un cadre (cher à Lordon) perçu comme suranné, promu le fédéralisme européen (Acte unique, Maastricht, Lisbonne, TESG, etc...), le dumping fiscal tout azimut (harmonisation interdite de fait par les traités), le libéralisme-libertaire (encore récemment incarné par la rupture d’un consensus historique concernant le mariage), il semble que ces « citoyens du monde » soient très mal placés pour verser aujourd’hui dans les leçons de protectionnisme et autre patriotisme économique !

  • permalien Julien :
    16 avril 2013 @02h37   « »

    Sur les incohérences criantes du programme du FdG, il y a pléthore.

    L’internationalisme consubstantiel à la pensée trotsko-mélanchonnesque est incompatible de facto avec la défense des intérêts les plus immédiats du prolétariat français. D’où précisémment l’incapacité insurmontable de Mélenchon et de ses alter ego à introduire (réintroduire plus exactement) l’idée de protectionnisme aux frontières. Double incompatibilité d’ailleurs car :

    1/ La simple notion de frontières géographiques est insupportable aux oreilles de nos trotskistes d’opérette, idiots utiles objectifs de l’oligarchie apatride et prédatrice, puisqu’elle discrimine de facto entre les autochtones et les allochtones, entre les nationaux et les étrangers, entre les usufruitiers et les invités de bonne grâce. Alors que selon nos éminents théoriciens, dans cette perspective désincarnée discriminer est interdit, nous sommes bien évidemment tous frères, et en nécessaire communion... ; réductibles à ce seul critère unidimensionnel qu’est la condition sociale, et absolument pas influencés par les idéologies diverses, non plus d’ailleurs que par nos sentiments d’appartenance religieux, nationaux, ethniques, géopolitiques etc...

    2/ Pourquoi en effet vouloir réguler les effets de la mondialisation des échanges, fusent-ils objectivement désastreux pour les salariats occidentaux, alors qu’elle profite tant aux prolétariats des pays émergents ?! C’est auto-contradictoire dans les termes, et à tout le moins avec le corpus idéologique de nos trotsko-franc-maçons.

    Sur le fédéralisme européen et la question induite de l’Euro, Mélenchon et ses sbires se ridiculisent puisqu’ils croient toujours, malgré les déculottés de ces deux dernières décennies, à l’avènement de l’Europe sociale, progressiste et solidaire, comme au temps de sa profession de foi de 1992.

  • permalien Julien :
    16 avril 2013 @02h41   « »

    Pour la postérité :

    « Si j’adhère aux avancées du Traité de Maastricht en matière de citoyenneté européenne, bien qu’elles soient insuffisantes à nos yeux, vous devez le savoir, c’est parce que le plus grand nombre d’entre nous y voient un pas vers ce qui compte, vers ce que nous voulons et portons sans nous cacher : la volonté de voir naître la nation européenne et, avec elle, le patriotisme nouveau qu’elle appelle (applaudissements sur les travées socialistes). » - Jean-Luc Mélenchon, intervention au Sénat lors du projet de loi constitutionnelle préalable à l’adoption du Traité de Maastricht, 9 Juin 1992.

    « En tant qu’homme de gauche, je souhaiterais me tourner un instant vers certains de nos amis (l’orateur se tourne vers les travées communistes) pour leur faire entendre que Maastricht est un compromis de gauche (protestations sur les travées communistes, applaudissements sur les travées socialistes). » - Jean-Luc Mélenchon, intervention au Sénat lors du projet de loi constitutionnelle préalable à l’adoption du Traité de Maastricht, 9 Juin 1992.

    La comparaison est fort peu flatteuse avec ce grand homme - cet homme d’Etat - qui avait tout compris bien avant nos tartuffes de gôche, caution intellectuelle de la mascarade, du faux clivage et alternance gauche-droite UMP-PS :

    « Sous le prétexte d’établir une monnaie européenne unique et une unité politique, on veut, sans le dire expressément au peuple, engager de façon irréversible un processus de mise en place d’une Europe fédérale sous l’autorité de la Commission bureaucratique de Bruxelles. (…) Il s’agit là d’une véritable conspiration contre les peuples et les nations d’Europe, et d’abord contre le peuple français et la France. Pour remettre celle-ci et son destin à des banquiers apatrides, on arrache à notre pays des pans entiers de souveraineté, et j’insiste - François Mitterrand l’a avoué lui-même - d’une manière irréversible. » - Jean-Marie Le Pen, discours au Palais-Royal, 1 Mai 1992.

    « Réunis en ce haut-lieu sacré de la patrie, symbole de sa fondation, de son enracinement, et de sa pérennité, nous jurons de défendre les libertés des citoyens, nous jurons de défendre l’intégrité de notre territoire, nous jurons de défendre la souveraineté nationale de notre patrie, et d’exiger, pour ceux qui auront trahi, le jugement et le châtiment de leurs actes. » - Jean-Marie Le Pen, « serment de Reims », 6 Septembre 1992.

    Le 5 mai tous derrière l’imposteur Mélenchon, sur ordre implicite d’un Lordon très bon vulgarisateur économique, mais décidément piètre politologue !

  • permalien Jordi Grau :
    16 avril 2013 @09h27   « »

    A Julien

    Il y aurait beaucoup de choses à dire sur votre discours. Je me bornerai à trois ou quatre remarques.

    - Tout le monde peut se tromper. Mélenchon (comme Lordon, d’ailleurs) était jadis pour Maastricht. Il en est revenu depuis. Vous me direz qu’il a mis du temps pour faire son mea culpa. Oui, sans doute. Mais que dire du FN, dans ce cas ? Les options économiques de votre cher parti ont été ultralibérales jusqu’à une époque très récente. Reagan était le modèle de Jean-Marie Le Pen. C’est depuis seulement trois ou quatre ans que le FN a changé son discours économique. Si on a quelques raisons d’être méfiant envers Mélenchon, on a encore plus de raisons de l’être envers le FN. Mélenchon a évolué progressivement d’une posture de centre-gauche vers la gauche radicale. Le FN a brusquement viré de bord (sauf sur la question des étrangers, qui est son obsession de toujours), et il est probable que ce revirement idéologique n’a pas pu convaincre tous ses militants.

    - J’ai lu le livre de Mélenchon (Qu’ils s’en aillent tous !) et celui de son conseiller économique Jacques Généreux (Nous, on peut !) et je n’y ai pas trouvé l’idée qu’il faudrait une disparition des frontières. Citez-moi vos sources, s’il vous plaît. Par contre, Mélenchon et Généreux prône une politique très courageuse vis-à-vis de l’Europe. Ce qu’ils disent, c’est qu’il faut d’abord négocier pour changer les fondement de l’Union européenne. Mais ils vont plus loin : pour eux, si la négociation échoue (ce qui est probable), la France doit prendre l’initiative de rompre le consensus et de mener une politique intérieure ambitieuse sur le plan économique et social. J. Généreux explique par quels moyens il est possible de le faire.

    - L’obsession xénophobe du FN détourne les gens des vrais problèmes. Les capitalistes français ne sont pas plus soucieux de l’intérêt général de la France que les capitalistes étrangers. Quant aux travailleurs étrangers, ils sont des boucs émissaires faciles, alors qu’ils ne sont en rien responsables des problèmes économiques de la France. Ce qu’il faut, c’est s’attaquer à toutes les entreprises qui, d’une manière plus ou moins légale, utilisent des étrangers pour faire une concurrence déloyale aux travailleurs français. Ce qu’il faut aussi, c’est donner une formation aux Français (notamment aux chômeurs) de manière à ce qu’on soit moins obligé de faire appel à des étrangers dans certains domaines.

    - Le plus grave, avec le FN, c’est que la xénophobie ne se dirige pas seulement vers les gens qui n’ont pas la nationalité française, mais vers tous ceux qui sont censés ne pas être assimilés ou assimilables ethniquement. En témoigne notamment cette obsession anti-islam, qui stigmatise une bonne partie des citoyens français.

  • permalien zezef :
    16 avril 2013 @10h13   « »

    Merci de ne pas nourrir les trolls du FN...

  • permalien Julien :
    16 avril 2013 @10h15   « »

    @ Jordi Grau,

    Il y aurait également beaucoup à dire.

    Soutenir comme vous le faites que le Front national serait prétendument ultra-libéral est une pure hérésie : le Front national et ses dirigeants en récusent en effet une part essentielle des soubassements idéologiques. Votre assertion est donc au mieux une incompréhension formelle de ce que recouvre le néolibéralisme mondialisé.

    Pour preuve, le FN a toujours été contre le libre-échange sous sa forme actuelle totalement débridée ; par conséquent a toujours été contre la totale liberté d’établissement des marchandises, capitaux (dans une logique souverainiste), et... « travailleurs » (chômeurs pour être exact, selon les chiffres mêmes de l’Insee qui pointent un taux de chômage des allochtones du double au triple, en fonction de leur âge, de celui des autochtones) qu’il suscite et encourage ; a toujours été contre et l’un des plus virulents (et seul vrai) opposant à l’Europe institutionnelle, qui fut et est toujours le vecteur N°1 du néolibéralisme et de ses corollaires, dont l’Euro, qui est la monnaie des rentiers et des spéculateurs financiers par excellence.

    La contradiction apportée est donc ici massive, et, vous m’en voyez désolé, imparable.

    Sur le "protectionnisme c’est la guerre" et le "patriotisme c’est la xénophobie", vous semblez donc ignorer que là sont les viatiques et dogmes inlassablement ressassés par l’ensemble des mouvements trotsko-maoistes composant l’extrême-gauche, la gauche radicale, la gauche de la gauche, la vrai gauche, la seule gauche - la gôche entonnoir - et qui fondent leur corpus idéologique même ? Je réitère donc tout à fait légitimement que nos gauchos sont donc extrêmement mal placés pour donner des leçons de protectionnisme et de patriotisme économique - idées tout à fait et fort logiquement nauséabondes (selon l’expression désormais consacrée par la novlangue) pour nos thuriféraires internationalistes.

    Vous dites avoir lu des livres, mais le programme présidentiel du FdG, l’avez-vous lu ? Si tel est le cas, j’attends avec une impatience non-dissimulée que vous trouviez l’occurrence protectionnisme une seule fois (aidez-vous de la recherche pdf). Je peux déjà vous donnez la réponse : il n’apparait nul part, à aucun moment.

    Ce qui confirme totalement la perception selon laquelle nos gauchos sont extrêmement mal à l’aise avec l’idée de protection, et plus encore avec celle de frontière. Encore une fois l’intérêt de Mélenchon et consorts n’est pas de protéger en priorité le prolétaire français, mais l’ensemble des prolétaires où qu’ils soient et d’où qu’ils viennent. Dans ces conditions il ne faut pas venir se plaindre que Marine Le Pen écrase Mélenchon parmi l’électorat ouvrier, et chez toux ceux en première ligne des ravages occasionnés par la libéralisation des échanges.

  • permalien Julien :
    16 avril 2013 @10h19   « »

    @ zezef,

    Vous êtes au maximum là ? La réalité vous donc si mal pour que vous soyez obligés de démontrer toute l’étendue de votre tolérance à l’opinion d’autrui ? Comme l’on dit : ce sont toujours les cordonniers les plus mal chaussés...

  • permalien Jordi Grau :
    16 avril 2013 @10h39   « »

    A zezef

    Rassurez-vous, je ne compte pas discuter indéfiniment avec Julien. Il est probable en effet que ce dialogue va vite arriver à une impasse, car nos positions sont très éloignées.

    Si je prends la peine de répondre à ces attaques contre Mélenchon, c’est parce qu’elles sont bien écrites et - apparemment - bien argumentées. Les gens qui lisent les articles de F. Lordon et les commentaires qui suivent pourraient donc se dire : "Té ! Il parle bien, ce Julien. Au fond, il a peut-être raison : la vraie politique sociale, ça pourrait bien être chez le FN qu’on va la trouver, et non dans le Front de Gauche". C’est pourquoi je pense qu’il ne faut pas laisser sans réponse cette propagande, sinon les gens qui nous lisent pourraient penser que nous n’avons aucun argument à leur opposer.

    Pour terminer, je précise que je n’ai pas une confiance aveugle en Mélenchon. Simplement, cela m’énerve beaucoup de le voir taxer d’imposture par un parti qui est expert en la matière !

  • permalien Julien :
    16 avril 2013 @10h39   « »

    @ Jordi Grau toujours,

    La position du FdG sur l’euro est aussi assez cocasse, dans la mesure où Mélenchon ne fait à cette occasion que démontrer :

    1/ son incompréhension dramatique du rôle structurant de la monnaie, qui ne peut que correspondre aux aspirations et intérêts d’un peuple et d’un seul. Or n’y a pas de nation ni de peuple européen, il ne peut donc y avoir que des monnaies nationales. Cqfd. Sa perception de l’Allemagne dans ce rapport de force est d’ailleurs hautement grotesque, comme parfaitement mis en évidence par Sapir :

    http://russeurope.hypotheses.org/1102

    2/ sa soumission intégrale au politiquement correcte et à l’idéologie dominante, malgré ses vitupérations surjouées sur des épiphénomènes sans grande importance. Sur les enjeux fondamentaux il prisonnier de ses utopies mortifères qui façonnent sa vision politique (si tant est que l’on puisse parler de vision) : internationalisme, fédéralisme, immigrationnisme, antiracisme, qui sont toutes compatibles - j’insiste - avec le mondialisme le plus prédateur et destructeur.

    En réalité, et je comprend que cela vous gène aux entournures, nos gauchos, souvent incultes et donc manipulables, ont été les cautions idéologiques inespérées - et ce faisant les parfaits idiots utiles - du grand Capital apatride, et ont précisément permis le déploiement effectif de ladite mondialisation en le légitimant déjà idéologiquement dans le champ intellectuel, et qui est un préalable absolument indispensable avant son application politique concrète. Dans ces conditions il convient de rappeler Bossuet : « Dieu rit de ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ».

    Leur problème est souvent très simple à comprendre : ils ne savent pas raisonner par les structures macro-économiques, ni comprendre la rationalité intrinsèque à la mondialisation, et croient ainsi naïvement qu’en augmentant les salaires de façon autoritaire et sans contre-partie protectionniste (qui pour le coup n’apparait pas dans le programme du FdG) ils amélioreront les conditions des travailleurs. Ils ne feront que ruiner le peu d’avantage comparatif et de compétitivité qu’ils nous restent, et ce à cause de l’euro-mark, et jetteront instantanément des millions de travailleurs au chômage. C’est bien pour cela que la hausse des petits salaires ne peut s’accompagner dans un premier temps que par une baisse des charges des entreprises, financée elle-même par une mesure protectionniste : une taxation aux frontières en rétablissant des droits de douane modulés en fonction du change monétaire. Cela afin de rétablir un équilibre macro-économique minimal permettant dans un premier temps de nous réarmer dans la mondialisation.

  • permalien Julien :
    16 avril 2013 @10h43   « »

    Mais il est vrai, encore une fois, que tout cela s’accorde très mal de mesures protectionnistes (et l’on comprend pourquoi le FdGa tant de mal à y faire référence), dans la mesure où si effectivement elles permettent de sauver les emplois et salaires des travailleurs français (le mot important est français en l’occurrence), cela se fera au prix d’une moins-value sociale et économique des pays en voie de développement, et de leurs « prolétaires en haillons ».

    Voilà qui est propre à mettre définitivement à mal la vision internationaliste puérile de nos idéalistes bornés, de nos croyant en l’intérêt supra-national d’une multitude de prolétariats, de la communion à l’échelle mondiale de l’ensemble des travailleurs, et qui est une révoltante aberration tant géopolitique, historique, qu’anthropologique.

    L’ "humain d’abord" ne signifie strictement rien dans sa transcription politique concrète, et ne peut représenter en aucun cas un cris de ralliement crédible pour les masses de travailleurs français en déshérence, victimes du cadre imposé à la fois par la droite mondialiste, libérale et prédatrice, et par son parfait pendant à gauche : internationaliste, libertaire et naïvement utopiste. Le "Français d’abord", çà cela veut dire quelque chose à son oreille. Croyez-bien qu’à l’avenir la dynamique n’est pas du côté des premiers, totalement inaudibles sur cette question pourtant fondamentales.

    Lorsque vous aurez enfin compris que pour des sincères patriotes, l’intérêt supérieur de la patrie transcende les clivages partisans, et jusqu’à la lutte des classes (dont il n’est pas ici question de nier l’existence), qui plus est en période de menace absolue de la voir se désintégrer sous les coups redoublés des mondialistes de tout bord, alors vous aurez fait un grand pas vers la réalité des rapports de forces internes aux nations.

  • permalien Nathan :
    16 avril 2013 @10h58   « »

    Ce que je vais dire est probablement idiot mais ne peut-on avancer qu’il y a une impasse logique - une aporie - qui n’est jamais vraiment clairement affrontée ?

    Le capital et le travail, c’est comme un couple, lié pour le meilleur et le pire. Sans capital, il n’y a pas de travail. Sans détendeurs de capitaux qui investissent, il n’y a pas d’entreprises, donc pas de travail. Par conséquent, j’ai du mal à voir comment on se passerait de capitaux et de capitalistes.

    Le socialisme, les socialistes, quel que soit leur couleur, du rose pâle au rouge vermillon, sont les témoins impuissants (au sens de martyres) de la nécessité structurelle de ce couple infernal.

  • permalien Jordi Grau :
    16 avril 2013 @11h01   « »

    A Julien

    Effectivement, le mot "protectionnisme" n’apparaît pas dans le programme du Front de Gauche. Mais cela ne fait pourtant pas de ce mouvement un bras armé de la mondialisation. J’ai au moins trouvé trois citations du programme qui le montrent :

    - p. 18 : "Nous récusons le modèle d’une économie de services que nous assigne la division internationale du travail pilotée par les financiers. Nous voulons développer et rétablir le potentiel industriel de la France. Parce que l’urgence écologique implique de relocaliser l’économie et que l’urgence sociale commande de lutter contre le chômage ouvrier, nous refusons de limiter notre ambition industrielle à quelques secteurs de pointe et voulons reconstruire un tissu industriel diversifié."

    - p. 28 : "La France mettra son veto au projet de Grand Marché transatlantique qui consacrerait la vassalisation de l’Europe par les États-Unis."

    - p. 29 : "Nous combattrons les principes d’austérité du FMI et du libre-échange de l’OMC pour les changer profondément ou pour créer de nouvelles institutions internationales." Au passage, je remarque que cette phrase n’est pas très bien écrite : on pourrait croire qu’il s’agit de changer les principes, alors que le programme propose de changer le FMI et l’OMC selon des principes tout à fait différents.

    Dans un prochain message, je vous donnerai quelques citations concernant le Front National.

  • permalien Jordi Grau :
    16 avril 2013 @11h19   « »

    A Julien

    Je me permets de renvoyer à un article que j’ai écrit il y a deux ans et publié sur le site AgoraVox.

    J’y citais le site du FN. Malheureusement, depuis ce temps-là, le texte en question a disparu du site.

    En 2009 encore, on pouvait trouver ces lignes sur le site du FN :

    « Les baisses d’impôts mettront dans la poche des contribuables des milliards supplémentaires, qui seront utilisés à la consommation pour un pourcentage énorme, ce qui rapportera des recettes de TVA supplémentaires. En outre, cette relance de la consommation accroît la production, et donc l’embauche : l’État récupère alors des recettes grâce aux taxes perçues sur les nouveaux salaires.

    C’est ainsi que dans les années 1980, la politique volontariste de réduction d’impôt de Ronald Reagan a finalement augmenté les recettes fiscales ! Le principe se résume à la formule : « trop d’impôt tue l’impôt ». A partir d’un certain montant, les prélèvements obligatoires incitent les contribuables, soit à réduire leur activité, soit à frauder. A l’inverse, en diminuant des impôts trop élevés, on encourage le travail, on augmente ainsi la production, et on augmente la masse imposable, d’où des recettes fiscales plus importantes. »

    Je vous rappellerai également ce que disait Jean-Marie Le Pen en 2002 : « Socialement je suis de gauche, économiquement de droite et, nationalement, je suis de France. »

    Suite au prochain message....

  • permalien Jordi Grau :
    16 avril 2013 @11h31   « »

    A Julien

    Voici la dernière citation, celle qui résume toute la politique du FN. Elle est extraite de votre dernier message :

    Lorsque vous aurez enfin compris que pour des sincères patriotes, l’intérêt supérieur de la patrie transcende les clivages partisans, et jusqu’à la lutte des classes (dont il n’est pas ici question de nier l’existence), qui plus est en période de menace absolue de la voir se désintégrer sous les coups redoublés des mondialistes de tout bord, alors vous aurez fait un grand pas vers la réalité des rapports de forces internes aux nations.

    Voilà donc la solution : l’Union sacrée ! Cette même Union sacrée qui a conduit les socialistes français et allemands à trahir les ouvriers en 1914 au nom de la défense de la patrie. Vous dites qu’il ne s’agit pas de nier la lutte des classes, mais vous proposez de la mettre entre parenthèses... Le problème, c’est que les "vrais patriotes", ce n’est pas tellement du côté des grands patrons ou des actionnaires qu’on va les trouver. Ces gens-là se fichent pas mal de l’intérêt de la France, du moment que leur portefeuille gonfle régulièrement. Donc, cette union sacrée que vous nous proposez ressemble fort à un marché de dupes. C’est un truc qui permet de détourner la colère des pauvres et des déclassés contre un bouc émissaire commode (les étrangers, les musulmans, la finance "apatride"), alors que de bons Français bien blancs et bien catholiques sont parmi les premiers responsables de la débâcle économique, politique et écologique actuelle.

    Pour finir, les gens qui sont vraiment à gauche ne disent pas qu’il faut promouvoir la mondialisation parce que cela permet l’enrichissement des pays pauvres. Ce discours-là, c’est celui des libéraux. La gauche radicale, pour ce que je connais d’elle, dit au contraire que la mondialisation crée des ravages partout, y compris en Inde, au Brésil et dans les autres pays émergents. L’augmentation générale du PIB de ces pays ne signifie pas qu’elle profite à tout le monde. Même quelqu’un de très modéré comme Stiglitz le dit. Donc, arrêtez de dire que le FN est le seul rempart contre la mondialisation.

  • permalien Nathan :
    16 avril 2013 @11h35   « »

    Julien : 16 avril @10h39

    C’est bien pour cela que la hausse des petits salaires ne peut s’accompagner dans un premier temps que par une baisse des charges des entreprises, financée elle-même par une mesure protectionniste : une taxation aux frontières en rétablissant des droits de douane modulés en fonction du change monétaire.

    Vous allez taxer à la frontière les produits des pays européens importés en France, (UE = 60% de nos importations et exportations), ce qui vous vaudra des représailles similaires des autres pays européens. Et le tout avec un retour au franc qui sera inévitablement dévalué par rapport au mark et au dollar (qui sert de référence au prix du pétrole et des matières premières).

    Bonne chance !

    J’aimerais aussi savoir comment on va calculer le prix d’un Airbus, qui est, comme tant d’autres produits, le fruit d’une collaboration étroite entre pays européens.

    Au fait, est-ce que vous avez calculé le coût de la sortie de l’euro ? Pas en suçant votre pouce. Avec de vraies simulations, en tenant compte autant que possible des effets systémiques sur l’économie mondiale.

  • permalien Jordi Grau :
    16 avril 2013 @11h47   « »

    A Nathan

    Votre discours ressemble un peu à la fable des membres et de l’estomac racontée, je crois par Tite-Live. Pour apaiser la plèbe, un patricien aurait raconté que les riches sont aussi nécessaire à la vie sociale que les pauvres. Si les membres refusaient de nourrir l’estomac sous prétexte qu’il se contente de digérer alors qu’ils font tout le travail, alors l’organisme tout entier mourraient. C’est ainsi que, d’après la légende, les malheureux plébéiens auraient accepté leur misérable condition, pensant que les patriciens jouaient un rôle social en consommant les biens produits par les pauvres.

    Mais qui peut croire à une telle légende ? L’estomac fait un véritable "travail" dans l’organisme : sans lui, les autres organes n’auraient pas d’énergie. Mais les pauvres n’ont aucunement besoin des riches, pas plus que les commerçants victimes de racket n’ont besoin de la mafia. Ils peuvent très bien consommer la richesse qu’ils produisent.

    Vous me direz que je suis hors sujet, et que vous n’avez pas parlé du rapport riches/pauvres, mais du rapport capital/travail. Soit. Je me suis peut-être un peu égaré. Reprenons votre argumentation. Ce qu’il y a de vrai, dans ce que vous écrivez, c’est que les travailleurs ont besoin d’un financement (notez bien que je n’ai pas écrit capital) pour pouvoir travailler et recevoir une rémunération (notez bien que je n’emploie pas le mot de salaire). Mais pourquoi ce financement devrait-il nécessairement provenir du bon vouloir des capitalistes ? Et pourquoi devrait-il servir à engraisser des gens qui ne travaillent pas ? On peut très bien envisager une socialisation ou une nationalisation de l’entreprise. Dans le premier cas, les travailleurs deviennent collectivement propriétaires de leur entreprise. Dans le second cas, c’est la collectivité nationale qui est propriétaire et qui finance l’entreprise. On peut aussi envisager des solutions mixtes. De fait, des expériences ont été menées dans ce domaine. Tout cela est parfaitement possible.

    La vraie question n’est donc pas de savoir si les travailleurs ont besoin des capitalistes, mais si le système capitaliste est plus efficace qu’un système socialiste. Pour ma part, je suis persuadé que la deuxième solution est la bonne, à condition bien entendu que le socialisme n’ait rien à voir avec la dictature féroce et bornée d’un parti unique.

  • permalien Helios :
    16 avril 2013 @11h57   « »
    euro ou pas euro

    @Nathan

    Les effets d’une éventuelle disparition de la zone euro sont étudiés ici

    http://russeurope.hypotheses.org/987

    Et d’ailleurs que faut-il comparer ? Sortie de l’€ et maintien dans l’€ ?

    Ou plutot sortie de l’€ maintenant et sortie plus tard ? Car beaucoup considèrent que l’euro est voué à une mort certaine, et pas que des gens de gauche (cf. par exemple des Américains comme Mike Shedlock, qui ont prévu avec une grande clairvoyance les catastrophes successives en Europe).

  • permalien fc :
    16 avril 2013 @12h43   « »

    Holà,
    Les quincaillers vont-ils enfin bientôt être en rupture de balais, classiques ou à chiotte ?!
    Chômage ’de masse’, salaires ’de mouise’...Vivement le revenu de base pour tous !

    FC

  • permalien Nathan :
    16 avril 2013 @13h05   « »

    Helios : 16 avril @11h57

    Les effets d’une éventuelle disparition de la zone euro sont étudiés ici

    http://russeurope.hypotheses.org/987

    Merci. Dans la mesure où j’y comprends quelque chose, je lirai votre article, qui a au moins le mérite d’être un peu concret. Cela dit la référence à la Russie dans le titre du blog ne me dit rien qui vaille. On ne peut tout de même pas décemment dire que les expériences d’économie dirigiste qui se sont déroulées dans ce pays furent un grand succès. Je me demande d’ailleurs si les économistes d’inspiration marxiste sont en mesure d’apprécier à sa juste mesure le niveau d’interdépendance qui existe dans une économie globalisée comme la nôtre. N’en sont-ils pas encore restés aux vieux paradigme mécaniste action-réaction du piston et de la machine à vapeur ?

  • permalien Julien :
    16 avril 2013 @14h52   « »

    @ Jordi Grau,

    Lorsque vous dites que tout le monde peut se tromper, c’est exact, SAUF lorsqu’il s’agit d’un responsable politique qui demande la confiance du peuple français afin d’obtenir la magistrature suprême et appliquer son programme (conformément à son corps de doctrine) ; et alors même que ce type s’est trompé sur l’essentiel pendant 20 ans !

    Combien d’années - de décennies ! - au PS avant de se rendre compte qu’il lui serait impossible de le réformer idéologiquement de l’intérieur ?

    Et c’est le même qui réclame aujourd’hui inlassablement, la gueule enfarinée, qu’on lui fasse confiance car il croit possible de réaliser à l’échelle du continent européen ce qu’il n’a pas pu, su - ou voulu - faire à l’échelle de son parti ?! Pour qui n’a pas vocation à être endoctriné, la contradiction crève les yeux.

    Je suis désolé mais ce type est notoirement incompétent, et même pire : incapable, car déjà incapable de réformer son corps de doctrine pro-fédéraliste européen (qui ressort magistralement de sa profession de foi à l’Assemblée lors du vote sur Maastricht, ou encore de ces dernières prises de position à ce sujet), pro-Euro qui étrangle pourtant structurellement notre économie, pro-internationaliste, anti-frontières, immigrationiste forcené (discours du prado), par conséquent nécessairement anti-national, géopolitiquement aveugle car utopiste (positionnement onusien intenable lors de l’ingérence armée des forces de l’OTAN en Libye), très réservé sur le protectionnisme qui n’apparait nul part (comme il a été démontré) dans son projet politique ; et malgré cela, malgré ces faits rédhibitoires, vous voudriez que des individus qui ont dépassé le stade de l’adolescence politique lui fassent confiance ?

    Vous plaisantez aimablement.

    Tous derrière l’imposteur Mélenchon le 5 mai !

  • permalien Julien :
    16 avril 2013 @15h11   « »

    Je rajouterai au risque de me répéter qu’il faut en effet être véritablement endoctriné pour croire que l’on pouvait bâtir hier à 12 la fameuse "Europe Sociale" que l’on prétend aujourd’hui construire à 27 (et bientôt 29), Europe sociale tant vantée par les mêmes qui nous disent à présent qu’ils ne faudrait surtout pas sortir ni de l’Union européenne, ni de l’euro !

    L’Europe sociale, vous la sentez tous bien j’espère, hein... ?

    Et pourquoi ce déni et cet aveuglement ? Je vais vous le dire, et qui est réductible à de la petite politicaillerie : par crainte d’être identifié à de sombres individus aux velléités nationalistes, par effroi absolu d’être confondu idéologiquerment à eux, quand bien même se serait-on lourdement trompé soi-même en prévision et prospective politique, économique, monétaire, institutionnelle et démocratique.

    Et ce alors qu’il n’y avait absolument aucune fatalité à cela, encore fallait-il avoir l’honnêteté - et le courage surtout - de revisiter son imaginaire. Pour preuve, les souverainistes de tout bord politique (de Seguin à Chevènement en passant par Le Pen) ont eu raison de façon constante eux, tant sur le fond que sur la forme, contre Chirac, contre Mitterrand, contre Mélenchon donc.

    Au lieu de le déplorer et verser des larmes de crocodiles les humanistes bien pensants, les idolâtres de la communion planétaire des peuples, les apologues d’un universalisme totalitaire (et il y aurait beaucoup à dire sur cet universalisme laïcard), les croyants internationalistes devraient plutôt penser à refonder leur cadre de pensée non pas en fonction de présuposés idéologiques éminemment critiquables (vu qu’ils ont été systématiquement démentis empiriquement), mais en fonction précisément des faits et du réel.

    Par exemple :

    - Pas de nation ni de peuple européen = pas de monnaie unique.

    - Pas de consensus possible à 12 Etats-membres et encore moins à 27 = pas d’harmonisation fiscale ou sociale possible = pas d’Union politique et institutionnelle souhaitable.

    - Pas d’intérêts géostratégiques convergents au sein d’un espace européen fixé arbitrairement = pas d’Europe de la défense envisageable.

    - Pas de convergence macro-économique mondiale entre des nations ayant intrinsèquement des compétitivités forts différentes (liées à la nature et histoire de leurs appareils socio-productifs respectifs, dont il est vain d’appeler à leur transfiguration même à moyen terme) = retour du protectionnisme aux frontières nationales.

    Voilà ce qu’on appelle du pragmatisme, de l’adaptabilité gage de la protection et survie de sociétés vivantes et qui souhaitent le demeurer. Très loin des chimères discursives de nos intellos trotskistes.

  • permalien parkway :
    16 avril 2013 @15h44   « »

    réponse au commentaire d’Etienne :

    qu’est-ce que risque un citoyen lambda d’œuvrer pour une 6ème république ???

    Qu’est-ce qu’on risque à suivre le FDG ???

    Ce sera pire qu’avec l’UMPSFN ???

    Alors Frédéric a raison : on ne risque rien à vouloir changer cette merde de république, tant pis si ça pète un peu...

  • permalien Stéphane :
    16 avril 2013 @15h48   « »

    A l’attention du modérateur.
    Est-il bien nécessaire de laisser se répandre sur votre site la propagande d’extrême droite ? D’autant plus que dans le cas présent, ça relève de l’incontinence verbale !
    Cordialement.

  • permalien Julien :
    16 avril 2013 @15h49   « »

    @ Nathan,

    Outre qu’Hélios a posté un lien instructif concernant la sortie de l’euro, faisons remarquer déjà que les arguments que vous employez sont exactement ceux, à la conjonction près, de ceux systématiquement usités par les médiatocrates qui saturent l’espace public au profit exclusif de la ploutocratie bancaire et financière. Et ce n’est sans doute pas le moindre de vos paradoxes.

  • permalien Julien :
    16 avril 2013 @15h51   « »

    Nier (ou alors négliger) le caractère et le rôle éminemment structurant de la monnaie est une penchant typique du courant monétariste néolibéral, comme d’ailleurs de celui des pro-fédéralistes européen à la Mélenchon.

    Or le premier de ses critères n’est-il pas précisément d’agir sur le taux de change, c’est à dire la parité monétaire entre les différentes devises afin d’ajuster (par une action sur les taux directeurs principalement) la valeur de la monnaie en cela qu’elle est chargée de refléter le plus fidèlement possible les capacités réelles de production de la zone sur laquelle elle s’applique ?

    Nos illusionnistes ignorent également (ou feignent d’ignorer) certaines conditions objectives que doit nécessairement recouvrir ce que les économistes nomment une "zone monétaire optimale" (Mundell), conditions qui une fois atteintes permettent, en fonction du degré qualitatif de l’intégration monétaire, d’aggraver ou d’atténuer la probabilité de chocs asymétriques.

    Or c’est seulement lorsque ces conditions sont remplies que l’on peut normalement envisager une monnaie unique chapeautant des économies convergentes et non plus disparates. Nous avons fait en Europe exactement l’inverse ! Croire que la crise, qui accentue dangereusement ces divergences qui préexistaient, va permettre par effet d’opportunité (et de surcroit en un laps de temps très court) de faire converger ces économies est purement déraisonnable.

    Remarquons également que catastrophisme ambiant qui entoure la sortie de l’euro - elle n’est d’ailleurs plus souhaitable de ce point de vue : elle est mécaniquement inéluctable - est toujours le fait de nos spécialistes financiers et autres experts, très souvent auto-proclamés d’ailleurs. Aussi du fait de rapports alarmants de quelques banques d’affaires qui ont tout intérêts, croient-elles, à que subsiste un tel "machin".

    Ce sont d’ailleurs souvent les mêmes qui n’ont pas vu venir la crise, et pire, qui l’on suscité, par leurs délires d’accumulation à outrance (pulsion morbide dirait Max Weber), ou la spirale des dérèglements macro-économqiues induits par l’ouverture intégrale des frontières (occasionnant phénomène concomitant d’insuffisance structurelle de la demande puis recours massif au crédit et à l’endettement pour la compenser, et donc sauver la "croissance"), ce sont les mêmes donc qui sont à la racine de ses débordements et déviances, qui seraient aujourd’hui les plus en pointes pour proposer des stratégies de sortie de crise... ?

    Mais qui se moque-t-on ! Est-on suffisamment aliéné au discours de l’idéologie dominante pour donner invariablement prime à l’incompétence la plus crasse, ou au cynisme le plus abouti ?

  • permalien Julien :
    16 avril 2013 @15h57   « »

    @ Stéphnane,

    Sans doute la résurgence incontrôlée de vos penchants totalitaire ?

    Toujours très drôle de constater comment nos preux révolutionnaires de salons sont toujours les premiers à appeler la police (la tchéka ?) lorsqu’ils sont à court d’arguments.

    Utilisez la saine et grande Raison qu’il disait !

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