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Pour une monnaie commune sans l’Allemagne (ou avec, mais pas à la francfortoise)

samedi 25 mai 2013, par Frédéric Lordon

Tel le radeau de la Méduse, la Droite Complexée (DC, ex-Parti socialiste [1]) s’accroche maintenant aux hypothèses les plus ténues pour éviter de sombrer corps et âme dans la honte historique. Une vaillante escouade de « responsables du PS français et du SPD allemand » a, par exemple, enfin cerné l’origine du « mal européen » dont elle redoute, à raison, d’avoir à pâtir : c’est « l’alliance néolibérale et conservatrice majoritaire [2] » — comprendre Angela Merkel et David Cameron. Que David Cameron soit premier ministre d’un Etat qui n’appartient pas à la zone euro sera considéré en première approximation comme un enrôlement admissible puisqu’il s’agit de démontrer que, fût-elle sous la bienveillante tutelle de toutes les DC européennes, la monnaie unique aurait le visage progressiste et riant qui résulterait de l’inversion trait pour trait de sa sale gueule austéritaire présente. Bernard Guetta, intellectuel organique de la DC européenne, ne dit pas autre chose et nous montre même la lumière au bout du tunnel : « L’Union européenne n’est pas génétiquement de droite. Elle est conjoncturellement à droite, ce qui n’est pas du tout la même chose car ce que des élections ont fait, d’autres élections peuvent le défaire. Il faut, autrement dit, que cesse la fausse et mortifère identification de l’Europe à ses politiques du moment [3] ».

L’Europe constitutionnellement (ordo)libérale…

On va dessiller Bernard Guetta — et ses amis Complexés avec lui — quitte à ce que la lumière au bout du tunnel finisse par lui apparaître comme les phares du train qui arrive en face. En matière économique, l’Union européenne n’a pas de politique, au sens très précis d’une possibilité discrétionnaire d’initiative. L’Union européenne n’a pas de politique « conjoncturelle », c’est-à-dire de la politique dont les orientations sont déterminées par les partis « conjoncturellement » au pouvoir, car toute la politique économique européenne a été irrévocablement fixée dans des textes à valeur quasi-constitutionnelle. L’Union n’a donc d’autre politique que de la politique « structurelle », ou pour mieux dire de la politique constitutionnelle, c’est-à-dire de la politique mise sous la forme de règles inscrites dans les traités — et par là même vouées à fonctionner indépendamment de toute donnée proprement conjoncturelle. Les désastreuses politiques d’austérité présentes ne sont en rien l’effet de quelque « décision conjoncturelle » que ce soit. Elles sont le résultat du fonctionnement mécanique des dispositions du traité de l’UE et du pacte de stabilité. Il n’y a pas de politique conjoncturelle car aucune donnée conjoncturelle ne saurait ajouter quoi que ce soit quand tout a déjà été écrit. Lorsqu’on a organisé l’indépendance de la Banque centrale européenne (BCE), il n’y a plus rien à lui demander puisqu’on lui a donné constitutionnellement pour mission de ne pas répondre [4]. Lorsqu’on a insisté pour graver dans le marbre des traités (Maastricht, Nice, Lisbonne) et de leurs pactes additionnels que les déficits devaient rester inférieurs à 3 % du PIB et les dettes à 60 %, il n’y a plus qu’à s’exécuter puisqu’il n’y a plus rien à discuter — et sous la surveillance renforcée de la Commission.

Lire « Les croyants », Europe, droit d’inventaire, Manière de voir n°129, juin-juillet 2013.

C’est le propre de la construction monétaire européenne que la politique économique des Etats-membres y est devenue une pure et simple affaire de pilotage automatique. On reconnaît là d’ailleurs l’empreinte ordolibérale, voulue par l’Allemagne au premier chef, mais ratifiée par les autres pays, notamment par la France, à l’image de toute une époque qui a décrété que la souveraineté était la pire des choses, le règne de l’arbitraire et de la déraison, le fléau à neutraliser à tout prix, fût-il celui — acquitté sans ciller — de la démocratie. On peut donc bien mettre Pierre, Paul ou Jacques à la tête de l’Etat, la chose est parfaitement indifférente — comme l’atteste assez d’ailleurs la parfaite continuité de l’austérité Sarkozy et de l’austérité Hollande.

Bernard Guetta a-t-il remarqué que (faux) socialistes et vraies droites se succèdent les uns aux autres en un joyeux manège au Portugal, en Grèce, en Italie, en Espagne, sans que rien n’y change d’un iota ? Non, il n’a pas — il est vrai qu’il n’avait pas remarqué non plus qu’un des motifs de scandale du TCE [5] de 2005 (comme de tous les traités antérieurs !) résidait précisément dans cette aberration consistant à avoir constitutionnalisé des contenus substantiels de politique publique (la fameuse partie III), c’est-à-dire à les avoir soustraits à la politique ordinaire, la politique démocratique, qui est, par définition, une exigence permanente de remise en jeu et de réversibilité.

Guetta et la DC peuvent donc attendre longtemps un retournement « conjoncturel » : la chose susceptible de se retourner n’existe pas : elle a été supprimée. Il n’y a pas de retournement possible de la « politique conjoncturelle » quand il n’y a plus de « politique conjoncturelle ». Et voilà le train d’en face pour ce pauvre Guetta, victime de ses propres antiphrases : l’Europe n’est pas conjoncturellement de droite : elle l’est bel et bien constitutionnellement.

On pourrait alors avoir l’envie de faire de la « politique constitutionnelle » — entendre par là de refaire les règles. Les Etats-membres l’ont d’ailleurs ! Malheureusement ils ne l’ont… que pour automatiser davantage encore la cybernétique économique qui s’est substituée à la politique démocratique. Le « two pack » et le TSCG [6] — l’un validé sous Sarkozy, l’autre voté sous Hollande, c’est dire la puissance de l’« alternance conjoncturelle »… — font indiscutablement de la « politique constitutionnelle »… mais pour le pire, c’est-à-dire : 1) en durcissant la contrainte des règles (les 0,5 % de déficit structurel s’ajoutant aux 3 % de déficit courant) ; 2) en étendant leur champ d’application (les réformes d’ajustement structurel après les obligations financières) ; et 3) en en renforçant les dispositifs de surveillance et de sanction (« semestre européen », validation préalable par la Commission des budgets nationaux) — formidables progrès, assurément.

…parce que constitutionnellement allemande

A part Guetta, Quatremer et les idéologues organiques de la DC européiste, tout le monde connaît parfaitement l’origine de cette anomalie démocratique — sans équivalent sur la planète — d’une neutralisation intégrale des instruments souverains de la politique économique, évidemment sans la moindre ébauche de leur reconstitution au niveau supra-national : c’est l’Allemagne. Légèrement inquiets de mises en cause qu’ils voient faire leur chemin dans les opinions européennes, l’idée, d’une subtilité éléphantesque, leur est venue de « sauver » l’Allemagne (puisque : Allemagne = couple-franco-allemand = Europe…) en chargeant sa chancelière — « conjoncturelle » en effet, elle. Aussi vont-ils répétant maintenant que « c’est la faute à Merkel », puissante analyse de laquelle nous sommes invités à tirer les conclusions que : 1) sitôt Merkel congédiée l’austérité ne sera plus qu’un souvenir ; à plus forte raison lorsque 2) nous aurons définitivement triomphé des petits inconvénients transitoires d’un fédéralisme inachevé et que l’« Europe politique » sera faite.

Ni l’alternance ni le dépassement fédéral ne règleront pourtant quoi que ce soit au problème congénital de la construction monétaire européenne, problème d’une participation allemande originellement placée sous le signe de l’ultimatum : « à mes conditions ou rien ». Malheureusement pour nous, ces conditions ont consisté précisément en la neutralisation constitutionnelle des possibilités de la politique conjoncturelle… Or les conditions de l’Allemagne n’étaient pas négociables au départ ; elles ne le seront pas davantage en cours de route, car elles sont la part d’elle-même que l’Allemagne s’est promis de ne pas abandonner : l’adoption pure et simple de son modèle ordolibéral de politique économique et d’organisation monétaire a été posée dès le début comme le sine qua non de son entrée dans la monnaie unique. La France a dit oui. Le reste s’en est suivi.

Cette donnée est infiniment plus puissante que les alternances électorales en Allemagne, auxquelles d’ailleurs elle donne leur cadre, et se trouverait transportée à l’identique dans tout projet de « dépassement fédéral » qui inclurait l’Allemagne, l’ultimatum originel se trouvant logiquement reconduit à chaque nouvelle étape. C’est pourquoi imaginer qu’il soit possible de revenir de sitôt là-dessus tient du rêve éveillé. Car la résolution allemande en cette matière n’a pas faibli, peut-être même a-t-elle gagné en force avec les déconvenues de la crise et les obligations de sauvetage où elle s’est trouvée entraînée. Mais l’obsession monétaire allemande est devenue le point de cécité volontaire européiste qui n’a plus le choix qu’entre la dénégation ou bien faire comme si de rien n’était — comme si l’indépendance de la banque centrale, l’exclusivité de ses missions anti-inflationnistes et l’orthodoxie budgétaire, entrées dans « la nature des choses », n’avait jamais rien eu de spécifiquement allemand.

Que les autres pays, France socialiste néolibérale en tête, s’y soient ralliés, éventuellement avec réticence puis, le temps passant, avec enthousiasme, la chose ne fait pas l’ombre d’un doute. Elle n’ôte pourtant pas une once de sa portée à l’argument généalogique qui rappelle que ces clauses-là étaient allemandes à l’origine, qu’une hypothétique Europe sans Allemagne aurait pu en être exonérée, et qu’une Europe avec Allemagne est condamnée à y demeurer rivée.

Parce qu’elle voulait sanctuariser ses propres principes de politique économique, l’Allemagne a trouvé la solution simple de les faire inscrire dans les traités. Et parce que ces principes prohibent toute action discrétionnaire au profit d’une automatique de la « stabilité », tous les Etats-membres de la zone euro sont entrés dans un régime inédit de « politique économique par les règles ». Aussi faut-il répéter à l’usage des malentendants, ou bien des menteurs, que l’anomalie démocratique qui constitutionnalise des règles intangibles de politique économique, et annule par là toute possibilité de « politique conjoncturelle », c’est-à-dire l’ouverture, par le jeu des alternances électorales, de choix de politique économique opposés offerts aux corps sociaux, cette anomalie doit beaucoup, si ce n’est tout, à l’idiosyncrasie allemande.

La « germanophobie »,
ou l’asile de l’aveuglement européiste

C’est généralement le moment où les grandes consciences entrent en scène. De plain-pied avec l’Histoire par leur hauteur de vue et leur pensée altière qui embrasse le monde, personnellement responsables de la paix sur le continent — on pense irrésistiblement à Oriane de Guermantes : « La Chine m’inquiète... » —, ces autorités morales pensent apercevoir distinctement que critiquer l’Allemagne c’est faire revenir la figure du Boche dont on fait les guerres mondiales. Et toute l’armée des demi-sels de faire chorus, qui répète mécaniquement la parole des autorités… et dirait probablement l’exact contraire si la « parole » changeait de sens — en fait, on peut d’ores et déjà l’annoncer, qui dira le contraire quand la « parole » changera de sens, exactement comme elle a déjà dit le contraire en 2008, au moment où il est devenu permis de crier haro sur la finance après en avoir encensé la modernité pendant deux décennies, et comme elle dira peut-être bientôt le contraire à propos du protectionnisme après avoir crié avec la « parole » Lamy qu’il était la xénophobie même. Pour l’heure en tout cas, les autorités campant et n’ayant pas encore donné le signal, L’Expansion s’indigne de « polémiques (…) pathétiques dans ses relents antigermaniques » [7], visiblement sans grande conscience du pathétique de sa propre stéréotypie — et en fait de son pur et simple psittacisme.

Sans grande conscience non plus que ce qui fait revenir le plus sûrement les nationalismes par les temps qui courent est davantage à chercher dans les effets combinés de la dépression austéritaire et de la dépossession de souveraineté, c’est-à-dire dans l’expression même, politique et économique, de la construction monétaire européenne en son architecture à l’allemande. Car c’est sans doute l’une des plus fameuses réussites de cette Europe, et un réel progrès de la paix et de l’amitié entre les peuples, qu’on y voie désormais le chef d’Etat allemand représenté en officier nazi dans tous les cortèges des pays dévastés par l’austérité, comme on y voit le déferlement de mépris quasi-raciste d’une partie de la presse et des élites allemandes pour les « arriérés » de la « périphérie ».

Voyant comme toujours l’infamie dans les mots sans jamais la voir dans les choses, les « consciences », qui s’y entendent depuis des décennies pour interdire les débats, ont donc décidé de renvoyer à la « germanophobie » toute mise en cause de ce que l’Union monétaire doit à l’Allemagne, et toute analyse de ce qui s’en suit comme effets. Parmi elles, les demi-habiles, sans doute persuadés d’être au comble de la sophistication intellectuelle, ont trouvé l’argument de haute volée de l’« essentialisme » comme réplique supposément fatale à toute objection en cette matière. Dire « l’Allemagne ne peut pas s’empêcher de faire cela », ce serait la fixer dans une indépassable essence, abominable assignation dont sont nourris tous les racismes. Pour ces esprits déliés, mais pas trop quand même, il y a à un bout l’essentialisation naturalisante et racialiste, à l’autre la liberté de la culture [8] capable de tout si elle le veut, mais rien entre les deux. Aucune place en particulier pour l’idée qu’il y a dans les sociétés des invariants symboliques de longue période, exprimés dans ce que plusieurs auteurs ont très justement nommé « l’esprit des institutions » [9], « longue période » signifiant ici qu’il est permis de penser et la pleine appartenance de ces « invariants » à l’ordre des faits de culture et leur inertie historique relative, en tout cas l’impossibilité, non pas d’en changer tout court, mais d’en changer comme de chemise.

La France a les siens — la force de l’idée égalitaire (aussi bafouée soit-elle dans les faits), l’attachement à la puissance tutélaire de l’Etat social. L’Allemagne également. Le grand mythe collectif allemand de l’après-guerre est monétaire — point d’investissement de substitution d’un sentiment national interdit d’expressions patriotiques chauvines après la défaite. Objet de fierté, et objet de trauma aussi, du moins selon l’histoire que se raconte — à tort — le roman national allemand, en cela sujet aux mêmes distorsions délirantes que le roman familial des psychanalystes. Car le roman allemand tient l’hyperinflation de 1923 pour la matrice du nazisme, alors qu’il faudrait bien davantage la chercher dans la Grande Dépression de l’austérité Brünning — en effet 1931 est plus près de 1933 que 1923… Mais peu importe le bien-fondé de l’histoire que se raconte la société allemande : elle se la raconte, et c’est là la seule réalité symbolique qui compte. Or la force du trauma allemand a rendu non négociables ses propres obsessions monétaires, et soumis les autres pays européens à l’ultimatum de devoir les partager ou bien rien.

Aux intellectuels européistes qui omettent systématiquement de poser la question, à moins qu’ils ne l’ignorent carrément, il faut rappeler que cette fixation monétaire allemande, telle qu’elle a conduit à introniser Hans Tietmeyer, le dernier président de la Bundesbank ante-euro, dans l’église Saint-Paul de Francfort ! — on excusera du peu et on prendra peut-être la mesure de la chose —, la fixation monétaire donc, dessine le seul cadre légitime du débat démocratique allemand, en délimite l’épure, hors de laquelle nulle position n’a la moindre chance d’être significativement entendue. S’imaginer dans ces conditions que le SPD, hypothétiquement revenu aux affaires, pourrait infléchir plus que marginalement les commandements qui découlent mécaniquement de la croyance monétaire allemande est un rêve de singe, et ceci précisément parce que cette croyance fait l’objet d’un très puissant consensus transpartisan, au point d’ailleurs de sortir purement et simplement la politique économique (monétaire et budgétaire) de l’orbite des choses discutables (à des différences marginales près).

On dira que nulle croyance n’est jamais rigoureusement unanimitaire ni ne peut exclure d’être un jour renversée, pas plus la croyance monétaire allemande qu’une autre. Et ce sera exact — car même les invariants symboliques de longue période sont travaillés par l’histoire, et finissent par passer. Mais la question, comme toujours toute pratique, est : quand  ? Il y a sans doute dans la société allemande des ferments de dissensus, des opinions prêtes à envoyer par-dessus bord le dogme monétaire et toute son orthodoxie avec. Mais où, et surtout combien ? S’il faut attendre le temps long de la tectonique des plaques symboliques et que le corps social allemand fasse gentiment son chemin pour réviser ses vues monétaires, alors la réponse est non. Des peuples crèvent en Europe et le temps de la patience est terminé, celui de « l’Europe sociale », cette sinistre farce de la Droite Complexée française, comme celui du grand aggiornamento monétaire de l’Allemagne.

La monnaie commune…
avec ou sans l’Allemagne (comme elle voudra)

Le temps de la patience est terminé, mais celui de faire autre chose est venu ! Autre chose avec l’Allemagne si d’aventure le spectacle de cette autre chose lui fait venir la tentation d’en être et hâte ses propres révisions. Et sinon sans. Disons les choses honnêtement : pour l’heure, l’Allemagne voyant dans sa propre domination la confirmation quasi-expérimentale du bien-fondé de ses vues, l’hypothèse « avec » n’est pas la plus probable… « Sans » donc, vraisemblablement, et ainsi soit-il !

Seul le mythe du couple franco-allemand s’y oppose encore pour l’heure, avec il est vrai toute la force propre d’un mythe dont les croyants préfèrent périr conformément à ses injonctions que se sauver contre elles. Mais ce mythe est essentiellement français — il ne faut pas douter un seul instant que l’Allemagne, si nécessaire, est parfaitement prête à faire de nouveau cavalier seul et, renouant avec le Sonderweg, à lâcher la France au premier virage. Et, comme mythe « français », il est en fait essentiellement celui des élites, c’est dire qu’à part les effets de la propagande européiste et ses efforts d’intimidation, pour ne pas dire de terrorisme intellectuel — combien de fois la guerre n’a-t-elle pas été prophétisée pendant la campagne référendaire de 2005 ?... —, il ne fait pas fondamentalement partie de la grammaire symbolique du corps social. La banque centrale indépendante, l’obsession de l’inflation, l’orthodoxie budgétaire et le refus mystique de la politique contracyclique, toutes ces salades ne sont pas matière dans le corps social français à éprouver les frissons du sacré, comme en Allemagne. Et, à l’inverse de l’Allemagne, elles appartiennent de plein droit au domaine des choses politiquement discutables — à l’inverse aussi de ce que l’Union monétaire européenne s’est elle-même efforcée de prohiber.

On peut donc dire synthétiquement que détruire la construction européenne présente, pour la refaire autrement, avec qui voudra, n’a pas d’autre enjeu que de se mettre en règle à nouveau avec le principe démocratique, principe de la souveraineté populaire, qu’aucun européiste n’a tiqué de voir continûment bafoué pendant deux décennies, principe voulant que tous les choix de politique économique — ses orientations et les formes institutionnelles de son organisation — font irréfragablement partie du domaine de la délibération collective.

Mais on peut dire davantage encore. Et notamment que, par delà la satisfaction des principes formels de la démocratie, il n’est pas interdit d’en appeler à d’autres contenus substantiels, ceux par exemple qui auraient le bon goût de nous tirer de l’effroyable situation présente. C’est un problème qu’on n’attrape qu’après avoir tiré le constat premier de l’impossibilité d’une monnaie unique sans une construction politique authentique et complète, puis le second de l’impossibilité de cette construction politique à brève échéance, la seule échéance qui compte dans l’extrême urgence de la crise — redisons que les aimables appels à la patience indéfinie ont désormais épuisé tout leur crédit.

Si la monnaie unique n’est pas possible, il reste dans tous les cas les monnaies nationales. Il faut répéter que cette solution demeure entièrement praticable, qu’elle a pour elle la disponibilité d’institutions politiques et symboliques déjà établies, susceptibles d’être réarmées instantanément, et finalement que 90 % des pays de la planète vivent avec une monnaie nationale sans visiblement que cette condition fasse leur irrémédiable infortune. Mais on peut aussi ne pas abandonner toute idée d’une Europe monétaire et continuer d’en explorer des voies possibles. Pas celle de la monnaie unique à l’évidence, mais celle de la monnaie commune. L’idée n’est pas entièrement neuve [10], Jacques Sapir l’évoque régulièrement à côté de celle du retour à la monnaie nationale, donnant la préférence tantôt à l’une [11], tantôt à l’autre [12]. Or c’est une idée qui mérite qu’on en parle davantage, alors que le dégel du débat à gauche en Allemagne, pour si bienvenu qu’il soit enfin, n’évoque que des réactivations du SME [13] … quand il n’évoque pas, mais à droite, le retour au deutschemark [14] !

Entre monnaie unique et SME rénové :
le meilleur des deux mondes

Entre l’impossible monnaie unique et les monnaies nationales sous SME, la monnaie commune restaure la possibilité d’ajustement de change — exclue par construction de la monnaie unique — en évitant l’instabilité d’un système de monnaies nationales séparées. Mais pas dans n’importe quelle configuration. En effet la monnaie commune ne produit tous ses bénéfices que sous une architecture :

• qui institue une monnaie européenne (l’euro) mais en en laissant exister des dénominations nationales — il y aurait ainsi des €-Fr, des €-Lire, on peut même dire, pour le plaisir de l’imagination, des €-DM, etc. ;

• les dénominations nationales sont chacune exprimées selon une certaine parité fixe avec l’euro, qui lui-même serait convertible sur les marchés contre toutes les devises externes, les dénominations nationales trouvant ainsi leur parité externe via l’intermédiaire de l’euro ;

• le point stratégique est alors le suivant : 1) les dénominations nationales sont convertibles entre elles (évidemment), mais uniquement au guichet de la Banque centrale européenne [15], qui fonctionne comme une sorte de bureau de change. Par conséquent, la convertibilité directe entre agents privés est interdite et il n’y a pas de marchés des changes intra-européens ; 2) les parités fixes des dénominations nationales par rapport à l’euro (donc les taux de change des dénominations nationales entre elles) peuvent être ajustées mais selon des processus politiques, complètement soustraits aux influences (déstabilisantes) des marchés des changes — puisque, par construction, ceux-ci ont été supprimés à l’intérieur de la zone.

Ce sont ces dispositions complémentaires qui produisent en quelque sorte le meilleur des deux mondes. La monnaie commune a la même propriété fonctionnelle que la monnaie unique de faire écran entre l’intérieur et l’extérieur de la zone, en l’occurrence en protégeant les dénominations nationales des marchés des changes internationaux (extra-européens). La convertibilité « de guichet » (à la BCE et à taux fixe) des dénominations nationales y ajoute la suppression des marchés de change intra-européens, d’où résulte un effet de stabilisation monétaire interne équivalent à celui que produit la monnaie unique. Mais, à la grande différence de la monnaie unique, le système monnaie commune / dénominations nationales offre des possibilités d’ajustement de change intra-européen par construction exclues de l’euro actuel… et ceci, à la différence d’un SME rénové, dans un environnement monétaire interne tout à fait stabilisé. La plaie (l’une des plaies) de la monnaie unique tient à l’impossibilité constitutive de dévaluer/réévaluer. La plaie d’un SME réside dans la difficulté de maintenir les changes fixes et/ou d’ajuster les taux-pivots sous les forces spéculatives déstabilisantes des marchés de change. La monnaie commune prémunit de l’une aussi bien que de l’autre.

Dévaluer dans le calme

Elle a donc pour vertu principale de restaurer la possibilité de réajuster dans le calme les changes intra-européens, possibilité dont l’exclusion par la monnaie unique a précipité le malheur des économies du Sud européen. Dans l’erreur d’un bout à l’autre de ses attendus, le projet de monnaie unique était parti de la prémisse que l’euro allait être en soi un opérateur de convergence économique et structurelle — par quel mécanisme, ou plutôt quel miracle, la chose n’a jamais été précisée, il était simplement demandé d’y croire. C’est évidemment l’exact inverse qui s’est produit, les effets de polarisation spatiale (notamment sectorielle) accompagnant généralement les processus d’intégration régionale, en approfondissant la division intra-régionale du travail bien plus qu’elle ne l’« égalise ». Aussi les différentiels de productivité et de coût n’ont-ils cessé de se creuser entre les économies de la zone… mais sans qu’à aucun moment ils ne puissent être accommodés, comme par le passé, par des ajustements de change. Ne laissant plus alors que la seule possibilité de l’ajustement « réel » — par les salaires (à la baisse) et le chômage (à la hausse) —, délicatement rebaptisé « dévaluation interne »…

Il ne faut sans doute pas s’exagérer les pouvoirs de la dévaluation (externe) — dont aucun de ses partisans sérieux n’a jamais dit d’ailleurs qu’elle « faisait l’affaire » à elle seule. Mais encore faut-il ne pas les minimiser non plus ! L’ajustement de change est le degré de liberté indispensable, seul à même, en l’absence de transferts budgétaires puissants et de mobilité de la force de travail, d’accommoder les divergences que recrée sans cesse l’intégration régionale… et dont l’absence fait connaître ses conséquences à grand spectacle en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Italie… peut-être bientôt en France. La monnaie commune n’a alors pas seulement la vertu de restaurer cette indispensable possibilité, mais surtout de la restaurer dans d’excellentes conditions de stabilité. Car la suppression des marchés des changes intra-zone rend le processus d’ajustement à la délibération politique européenne. De même que les parités de départ entre les dénominations nationales sont fixées au terme d’un accord politique (à la manière dont l’avaient été les parités d’entrée dans l’euro), de même sont-elles révisées par des mécanismes politiques. Nulle tempête spéculative ne vient en perturber l’opération ni la mettre sous ces intenses pressions qui font les week-ends d’urgence intergouvernementale.

Sans doute n’est-il pas question de dire qu’il ne se passe rien, en régime de monnaie commune, à l’approche d’un réajustement des parités. Car bien sûr tout le problème de ce genre d’opération tient au jeu des anticipations, qui ramènent dans le présent immédiat un événement futur contingent dès lors que son occurrence est considérée comme suffisamment probable — et lui font alors produire ses effets en avance. Tout comme dans n’importe quel système de change, les agents économiques non-résidents voudront fuir la monnaie dont la dévaluation est anticipée pour que leurs actifs (par exemple en €-Fr) ne prennent pas de perte de valeur exprimée dans leur monnaie nationale (par exemple en €-DM). Ces agents n’auront cependant pas d’autre solution que le « guichet », c’est-à-dire la BCE qui convertira leurs €-Fr en €-DM au taux fixe en vigueur et pas à un autre — alors qu’évidemment le taux Fr-DM commencerait à plonger dans un système de type SME, le gouvernement français s’escrimant d’une part à dénier toute dévaluation, et d’autre part à tenter de maintenir le cours-pivot à coup de hausses de taux d’intérêt, au détriment de l’économie réelle, et ceci… jusqu’au moment où le pivot cèdera emporté par les forces de la spéculation.

La BCE assure donc la conversion jusqu’à la révision (politique) des parités, en créant la monnaie demandée — ici de l’€-DM. Inutile de hurler au péril de la création monétaire : celle-ci est annulée terme à terme par la destruction monétaire consécutive à l’achat par la BCE de la monnaie offerte en contrepartie des demandes de conversion. Ajoutons que la BCE est tout à fait souveraine dans cette affaire, en d’autres termes, qu’elle a la possibilité de valider ou non les demandes de convertibilité qui lui sont faites. Ne pas les valider équivaudra à infliger des pertes de change aux agents dira-t-on. Et alors ?

On entend d’ici les glapissements qui prophétiseront l’insupportable atteinte à la libre allocation de l’épargne internationale, dissuadée d’investissements non-résidents si elle se sait exposée à de pareilles pertes. On va pourtant laisser glapir : les agents prennent régulièrement des pertes dans les marchés, et l’on ne sache pas que ça les décourage si peu que ce soit d’y revenir. Mais l’idéologie néolibérale a fini par installer dans les têtes que les pertes infligées par des institutions ou des mécanismes hors-marché sont intolérables — et connaîtront les représailles de la grève de l’investissement —, quand les pertes issues du jeu « normal » du marché sont, elles, tout à fait « naturelles »… La BCE donc décidera souverainement d’honorer ou non les demandes de conversion selon la manière dont elle appréciera l’opportunité de laisser s’effectuer les transferts intra-zone de masse monétaire qui résulteraient de ces demandes, transferts au demeurant rigoureusement équivalents à ceux qui s’effectueraient par le jeu du marché des changes. On peut parier qu’elle appréciera favorablement le plus souvent, sachant que les transferts en question restent des événements rares, et de toute façon fortement réversibles sitôt passé l’événement du réalignement des parités.

Il est vrai cependant qu’il résulte également de tous ces mouvements des effets sur les taux d’intérêt, puisque fuyant la monnaie du pays dévaluateur, les investisseurs non-résidents se dégagent de ses actifs, dont les prix connaissent alors une chute, notamment les actifs obligataires, privés comme publics — et les taux d’intérêt prennent la trajectoire inverse : à la hausse. Par un autre truchement que les mécanismes de la défense des taux-pivots dans un système de type SME, les taux d’intérêt sont donc affectés également par une anticipation de dévaluation en régime de monnaie commune. Mais dans ce dernier cas ce sont les taux d’intérêt de marché qui encaissent le choc, en se découplant des taux d’intérêt de la politique monétaire qui eux peuvent rester inchangés (ils n’ont plus d’ancrage de change à défendre…).

La parade (structurelle) à cet effet pernicieux résiduel est donc assez évidente, qui consiste en le « déplacement » du financement global de l’économie réelle, et plus précisément en un vaste mouvement de réintermédiation bancaire — il va sans dire vers des banques désintoxiquées de leurs addictions spéculatives, dûment re-régulées et remises autoritairement au turbin sur leurs vraies missions. Les financements par crédit bancaire sont, par construction, moins sensibles aux sauts de carpes des taux d’intérêt dans les marchés obligataires [16]. Aussi seraient-ils immunisés de toutes les perturbations induites dans les marchés d’actifs par l’anticipation d’une dévaluation.

Pour une « politique des balances courantes »

La neutralisation des turbulences financières — celles des marchés des changes (supprimés) et celles des marchés obligataires (à voilure réduite dans le financement de l’économie réelle) — rend aux ajustements de change la sérénité qui permet de les réinscrire dans des processus proprement politiques. Ce sont les Etats-membres eux-mêmes qui, par la négociation, passeront de nouveaux compromis de parités, prenant acte des divergences économiques à accommoder. Ce sont bien des compromis de cette nature qui, à chaud, scandaient la vie du SME, conduisant d’ailleurs le plus souvent à des partages d’effort entre telle monnaie à dévaluer et telle autre à réévaluer. C’est bien cette voie-là qu’il faut emprunter de nouveau, et même de manière passablement plus décidée qu’à l’époque du SME.

Car il est bien certain que toute renégociation de change doit toujours surmonter les réticences du pays excédentaire, désigné à la réévaluation alors qu’il n’a rien envie de changer à son niveau de parité, puisqu’il lui permet précisément d’entasser des surplus de balance courante ! A l’image de l’International Clearing Union envisagée par Keynes en 1944, la monnaie commune permettrait d’instituer un système de règles ayant pour effet d’indexer les réalignements de change sur les soldes courants quand ils deviennent polarisés, c’est-à-dire de rendre de droit la dévaluation pour les pays déficitaires — option qu’il leur reviendrait d’exercer ou non —, mais également de rendre impérative la réévaluation pour les pays excédentaires, toutes clauses qui seraient activées automatiquement passés certains seuils de déficit/excédent et pour une variation (négative ou positive) de change d’une intensité à déterminer : par exemple X % de dévaluation (réévaluation) quand le déficit (excédent) courant franchit 3 points de PIB [17], Y % au-delà de 5 %, etc. Tant que ces seuils d’activation automatique ne sont pas atteints (ou bien entre deux seuils), il appartient au Conseil européen d’envisager l’opportunité d’un réalignement discrétionnaire, selon des règles de saisine et de décision à déterminer — unanimité ou majorité qualifiée.

Un tel système a alors pour propriété de combiner assez harmonieusement éléments de discrétion et mécanismes de correction automatique… qui ne sont pas critiquables en principe dès lors qu’ils produisent de la stabilisation dans le sens de l’emploi ! C’est manifestement le cas ici : les dévaluations évitent aux pays déficitaires les purges de la « dévaluation interne », où seuls les salaires et l’emploi portent le poids de l’ajustement ; les réévaluations automatiques découragent les pays excédentaires de s’engager, comme l’Allemagne actuellement, dans des stratégies d’un mercantilisme borné, et les forcent à contribuer au bien public de la relance de la demande dans la zone entière.

L’Allemagne, hegemon défaillant

Et donc retour à la case départ : l’Allemagne… Que faire avec l’Allemagne ? On pourra d’abord noter que, dans cette histoire de crise de la zone euro, l’Allemagne aura été doublement coupable. D’une part pour les raisons précédemment expliquées, c’est-à-dire du fait d’avoir imposé avec intransigeance des règles constitutionnelles conduisant les politiques économiques européennes dans les impasses de l’austérité. Mais aussi d’autre part pour ne pas avoir été à la hauteur de sa propre domination — comme souvent d’ailleurs les hegemon d’un régime international : Kindleberger ne suggérait-il pas que l’étalon-or, en fait étalon-sterling, avait explosé en partie du fait de la carence du Royaume-Uni à se comporter en gestionnaire avisé du bien public (le régime monétaire international) à la tête duquel il se trouvait — et alors qu’aucun « gestionnaire » de remplacement ne s’était encore fait connaître : les Etats-Unis prendront la « direction des opérations » plus tard, à la tête d’un régime… d’étalon-dollar [18].

L’hégémonie ancienne en cours d’effilochage, et la nouvelle pas encore advenue, le système se décompose sous l’effet des forces centrifuges du chacun pour soi libérées par une situation de grande crise (la crise des années trente) alors que les intérêts propres des nations revêtent des enjeux vitaux impropres à la coordination spontanée… que l’hegemon lui-même renonce à (ou n’est plus en état d’) assurer. A ce compte-là d’ailleurs il faudrait dire que l’Allemagne est triplement, et non pas doublement, coupable, le troisième chef tenant au fait que, puissance dominante de la zone euro, elle se montre incapable d’être à la hauteur des devoirs qui lui incombent de fait, alors qu’elle n’est pas elle-même en crise, ou en situation de déclin comme pouvait l’être le Royaume-Uni des années trente.

Sans doute l’Allemagne n’a-t-elle pas rien fait : elle a finalement contribué aux divers fonds de secours européen. Mais d’une part elle l’a fait en y mettant la plus grande mauvaise volonté possible, atermoyant autant qu’elle pouvait, et laissant par là la situation se détériorer jusqu’à des bords de gouffre. D’autre part elle a refusé de soutenir la demande européenne en relançant, c’est-à-dire en remettant en circulation ses énormes excédents commerciaux. Enfin, et surtout, elle s’est opposée aussi longtemps qu’elle pouvait à ce que la BCE se dote des instruments d’intervention massifs seuls capables de stabiliser les taux d’intérêt souverains (le programme OMT [19]), opposition qui concentre mieux que n’importe quelle autre la fixation doctrinale allemande en matière monétaire — et, si la chancelière Merkel a fini par céder à l’été 2012, après trois ans de crise suraiguë tout de même, la fraction banquière-centrale de l’Allemagne n’a en aucun cas rendu les armes, comme l’atteste le rapport de la Bundesbank destiné à contester la légalité du programme OMT !

La cécité germanomane

Il n’est pas interdit de regarder les choses avec lucidité : jamais l’Allemagne présente n’entrera dans un régime de monnaie commune, qui ne vaut pas seulement par ses propriétés de change, mais surtout par la possibilité de réinstaller des principes de politique économique… aux antipodes de ceux dans lesquels l’Allemagne s’est barricadée — et dont elle a fait la substance de l’euro. Et retour aux illusions « conjoncturelles » ou fédérales de Bernard Guetta : on peut bien espérer en le manège de l’alternance électorale allemande, la position allemande à moyen, peut-être même long terme, ne changera pas d’un iota, SPD ou CDU, quand il est question des missions fondamentales de la banque centrale et des commandements de la politique budgétaire. Et l’on peut bien espérer également en un « dépassement fédéral », mais à la condition de ne pas voir, ou de ne pas vouloir voir, que l’Allemagne ne s’y prêterait en aucun cas sans être assurée d’y transporter à l’identique les (ses) dispositions économiques et monétaires des traités présents.

Nous sommes donc invités à former les rêves fédéralistes les plus fous mais sous l’implicite exclusif que la banque centrale à nouveau démocratique, la reflation, la relance budgétaire contracyclique ou le défaut sur les dettes publiques illégitimes, tout ça demeurera constitutionnellement exclu du champ de la délibération politique — et le constat vaut évidemment pour toutes les formes « intermédiaires » de fédéralisation, tel le dérisoire « gouvernement économique », cette outre vide, mirage de souveraineté restaurée poursuivi comme un fantôme par les élites françaises, « gouvernement » pourtant destiné à n’avoir rien à gouverner puisque tous les choix importants ont déjà été faits. Finalement grand seigneur, l’européisme germanomane consent tout de même qu’on puisse vouloir « plus de démocratie » mais, germanomanie oblige, à la condition de passer sous silence que les enjeux de la politique économique et monétaire, les plus décisifs pour la vie matérielle des peuples, demeureront à l’écart de ce « supplément »…

Ne plus avoir peur du « chaud »

La construction monétaire européenne présente est viciée à cœur. Elle est viciée par la neutralisation démocratique dont, sous l’ultimatum allemand, elle a fait son principe. Qu’on ne puisse pas demander si la Banque centrale doit être indépendante ou pas, si les budgets doivent être en déficit ou pas, si les dettes contractées à la suite des désastres de la finance privée doivent être remboursées ou pas, c’est une monstruosité politique que seul l’européisme élitaire ne pouvait apercevoir — mais qui travaille en profondeur tous les corps sociaux européens. Sauf l’Allemagne. Il n’y a qu’à l’Allemagne que ces interdictions n’apparaissent pas comme d’insupportables dénis de démocratie car, aux choses sanctuarisées, le corps social allemand, pour l’heure, et pour encore un moment, adhère comme à des valeurs supérieures, méta-politiques, c’est-à-dire au-delà de la politique et soustraites à la politique.

Il faut la persévérance européiste dans l’aveuglement pour ne pas voir cette donnée du « problème européen » telle qu’elle rend impossible de faire une Europe monétaire avec l’Allemagne et sans nécessairement violenter les autres corps sociaux, économiquement autant que politiquement. Pour ne pas voir non plus le ridicule, ou plutôt l’indigence, des arguments de germanophobie, quand on peut très bien accorder à l’Allemagne la pleine réalité de ses traumas collectifs, l’entière légitimité des histoires qu’elle se raconte (à tort ou à raison) à leur propos, et cependant ne vouloir ni entrer dans sa mythologie monétaire ni se soumettre à ses obsessions. L’ordre monétaire allemand imposé à l’Europe convient à l’Allemagne — quelle surprise ! Pas aux autres Etats-membres. En tout cas pas à tous. Incapable de toute analyse positive des conditions objectives de compatibilité, c’est-à-dire de comprendre qu’on ne fait pas une entité politique viable avec des composantes dont les formes de vie sont désaccordées au-delà d’un certain point, l’européisme est devenu le plus sûr ennemi de l’Europe.

Au point de destruction économique et sociale où nous en sommes, et surtout dans l’état de tétanie généralisée des gouvernements de droite décomplexée ou complexée, il n’existe vraisemblablement plus aucune solution disponible pour une reconstruction européenne à froid. Il n’y aura donc pas d’autre alternative à la stagnation mortifère que le chaud d’une crise terminale. On peut bien se raconter toutes les histoires de la Terre : qu’on va réformer l’euro à 17, qu’on ouvrira éventuellement l’épreuve de force pour faire plier l’Allemagne et l’amener à résipiscence : l’Allemagne ne pliera pas. Elle ne sacrifiera pas ses principes cardinaux à l’Europe, et ne tient à l’Europe que pour autant que cette dernière se montre compatible avec ce qu’elle considère comme ses intérêts vitaux — à défaut de quoi elle prendra la tangente sans hésiter. Par une ironie dévastatrice, on la verra alors user de l’argument que les européistes (français) d’aujourd’hui ne veulent même pas entendre, et qu’il leur faudra pourtant bien souffrir à ce moment-là : sortir de la monnaie unique européenne ne signifie nullement s’enfermer derrière de hauts murs, n’hypothèque en rien tous les liens économiques — et extra-économiques ! — tissés par ailleurs avec les autres Etats-membres. Même l’argument qu’une échappée de retour au mark lui vaudrait une réévaluation carabinée, et l’évaporation d’une bonne partie de ses excédents commerciaux, ne la retiendrait pas : car, entre une statistique momentanée et ses principes, son cœur ne balance pas.

Inutile, non plus, de se raconter les histoires symétriques : à 16 ou à moins, on ne prépare pas comme ça une « Europe monétaire alternative » en douce, sous le regard débonnaire des marchés financiers. Et on ne fait pas non plus surgir une nouvelle architecture institutionnelle tout armée en un week-end de fermeture des marchés. Ce sera donc, d’abord, le retour, sans doute légèrement agité, aux monnaies nationales, étape difficilement évitable cependant avant de reprendre éventuellement la marche en avant. Il est donc temps de savoir ce qu’on veut : il n’y a dans le système actuel rigoureusement aucune force de changement endogène, simplement le possible redéploiement sous des formes un peu différentes (eurobonds, gouvernement économique, « fédéralisme » à la sauce Hollande-Merkel ou autre) des mêmes principes monétaires, invariants, constitutionnalisés et catastrophiques — allemands.

Dans ces conditions, ou bien l’on abandonne tout espoir de transformation et l’on se soumet à l’Europe à l’allemande. Ou bien l’on attend que la crise elle-même se charge de produire la table rase. On aurait grand tort d’en mésestimer les possibilités ! Elle peut venir du côté politique, si l’un des pays, l’Italie au hasard, se retrouve en état de blocage institutionnel et incapable de pousser plus avant la purge austéritaire, avec le risque de faire des émules et au grand affolement des marchés financiers. Elle peut venir du côté du système bancaire, toujours bien pourri à cœur, et même de plus en plus au fur et à mesure que monte le flot des créances douteuses charriées par la récession.

Une adresse européenne

Ou bien on prend les devants et on annonce franchement la couleur en s’adressant à tous les peuples d’Europe : « Nous voulons faire une monnaie commune européenne restituant toutes ses possibilités à la politique économique. Avant de pouvoir refaire, il va falloir défaire. La construction institutionnelle d’une monnaie commune ne se fera pas dans le dos des peuples, elle ne peut avoir de légitimité que par validation référendaire, elle ne se fera donc pas en un week-end obscur, mais au grand jour et en prenant le temps qu’il lui faut. Par conséquent nous devons sortir de l’euro et revenir à nos monnaies nationales respectives comme base du nouveau départ européen. Nous imaginons bien que tous ne nous suivront pas tout de suite. Mais d’abord nous pouvons très bien vivre sous monnaie nationale, et probablement mieux que les malheureux qui continueront de souffrir mort et passion sous la tutelle euro-allemande. Il se pourrait fort d’ailleurs que, du moment où les marchés financiers entendront parler de notre projet, qui a précisément pour intention de mettre fin à leur règne sur la politique économique, ils mettront la zone à feu et à sang — et produiront d’eux-mêmes l’explosion de retour forcé vers les monnaies nationales. De toute façon, nous sommes prêts à bouger parce qu’on ne prouve le mouvement qu’en marchant, persuadés par ailleurs que le spectacle dudit mouvement pourrait bien donner quelques idées à ceux qui l’observeront. Combien nous nous retrouverons, nous l’ignorons, mais partant de l’idée que nous y arriverons très bien à un, nous nous disons qu’à partir de deux ce sera déjà quelque chose ! Nous nous disons aussi que nous serons mieux à quatre ou cinq réunis par des principes authentiquement communs et progressistes qu’à dix-sept déchirés par des principes régressifs. L’Allemagne repartira de son côté avec son néo-deutschemark et quelques alliés qui lui ressemblent ? C’est très possible, et ça n’a rien d’un drame. Qui peut imaginer un seul instant que, même ne partageant pas la monnaie de certains pays européens, elle cesserait de commercer avec eux ? D’y investir ? De faire circuler ses étudiants, ses chercheurs, ses artistes, ses touristes, et de recevoir les nôtres ? Nous pouvons même imaginer que si un jour elle finit par liquider ses mythes et ses terreurs nocturnes, si sa population finit par être lasse de la déflation salariale et des inégalités dont elle prendra bientôt une conscience douloureuse, elle souhaite nous rejoindre — ce sera avec plaisir. De toute façon nous faisons cette proposition à tous maintenant et pour plus tard. Entende et vienne qui voudra ».

En kiosques

« Europe, droit d’inventaire »

Manière de voir nº 129, juin - juillet 2013
La construction européenne, telle que nous la connaissons, n’a-t-elle aucun sens ? Dire cela serait exagéré après soixante ans de travail partagé. En revanche, elle relève plus à certains égards du registre de la croyance que de la raison. N’est-ce pas la « foi » qui, en définitive, justifie un autoritarisme de plus en plus ouvert, tournant le dos aux valeurs démocratiques que l’Union est supposée défendre ?
Disponible en kiosques et sur la boutique en ligne

Notes

[1] Voir « Le balai comme la moindre des choses », avril 2013.

[2] « Ensemble, poursuivre le projet de l’Europe », Libération, 7 mai 2013.

[3] Bernard Guetta, « De l’urgence de savoir défendre l’Europe », Libération, 26 février 2013.

[4] Il n’y a plus qu’à espérer pour que survienne éventuellement un miracle comme le programme OMT (voir note 19) — trois ans après le début de la crise…

[5] TCE : Traité établissant une Constitution pour l’Europe.

[6] TSCG : Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance ; il s’agit du pacte budgétaire européen.

[7] « L’Allemagne est-elle responsable de l’austérité en Europe », L’Expansion, 29 avril 2013.

[8] Il faudrait malheureusement des pages et des pages pour défaire ces schèmes de pensée indigents, antinomie parfaitement scolaire de la « nature » et de la « culture », qui tiennent lieu de hauteur de vue aux journalistes à prétention intellectuelle

[9] Voir par exemple Denis Richet, La France moderne, l’esprit des institutions, Flammarion, 1991, ou Vincent Descombes, Les institutions du sens, Minuit, 1996.

[10] Voir par exemple : « Crise, la croisée des chemins », 7 mai 2010.

[11] « La dissolution de la zone euro : une solution raisonnable pour éviter la catastrophe », document de travail CEMI-EHESS, novembre 2012.

[12] Faut-il sortir de l’euro ?, Seuil, 2012.

[13] SME : Système monétaire européen. Voir notamment la prise de position d’Oskar Lafontaine : « We need to restore the European Monetary System » (PDF), 30 avril 2013, ainsi que le document de Heiner Flassbeck et Costas Lapavitsas, « The systemic crisis of the euro : true causes and effective therapies » (PDF), Studien, Rosa Luxemburg Stiftung, mai 2013.

[14] A l’image des positions de AfD, Alternative für Deutschland.

[15] Par l’intermédiaire bien sûr des banques privées ou de bureaux agréés, mais qui ne feraient que transmettre les ordres à la BCE et seraient interdits de transacter entre eux.

[16] Cette sensibilité variant avec la part de leur refinancement que les banques effectuent dans les marchés ; mais là encore, on peut très bien envisager de limiter ce refinancement de marché pour privilégier le refinancement par le marché interbancaire et au guichet de la banque centrale.

[17] Ou bien X1 % de dévaluation pour le pays déficitaire et X2 % de réévaluation pour le pays excédentaire.

[18] Charles Kindleberger, La grande crise mondiale, 1929-1939, Economica, 1988.

[19] OMT pour Outright Monetary Transactions, programme de rachat potentiellement illimité des titres souverains européens par la BCE, et mis en place en septembre 2012.

144 commentaires sur « Pour une monnaie commune sans l’Allemagne (ou avec, mais pas à la francfortoise) »

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  • permalien bert :
    25 mai 2013 @11h22   »

    Aucun des groupes dits "politiques" en France n’a de politique. Ils font de la politique, mais n’en ont pas, plus. ils gèrent...
    Demandons à Hollande, Cahuzac, Guéant, Sarkozy ou Valls quel est leur but politique, leurs objectifs, et ils seraient bien en peine de répondre honnêtement, sur cette question comme sur les autres.
    Ils n’ont pas de politique, naviguent sur l’océan des sondages, de tourbillon en calmes plats, de tempêtes en courants contraires...
    J’aimerai par exemple, lorsque un individu comme Cahuzac annonce sa candidature, qu’on lui pose cette simple question :
    Pourquoi faire ?...

    Ayant tenté de faire croire que politique et économie étaient des synonymes, puis qu’économie et commerce étaient au-dessus des idéologies, ils n’eurent aucun mal à laisser leur pouvoir réel à des commerçants, afin de conserver les symboles de leur splendeur pour les médias et les réunions internationales. Les plus malins sont corrompus, les autres de parfaits imbéciles.

    De fait, nous sommes maintenant gouvernés par des boutiquiers, l’espèce humaine la moins inspirée par l’intérêt général, la moins tentée par un projet collectif, sauf celui de passer à sa caisse.

    Absence totale ( et fièrement revendiquée !) de projet politique, abandon du service public à plus individualistes qu’eux, indigence culturelle et instruction limités pour la plupart de nos gestionnaires. Je crains que face à un tel mur de la honte, voir même à un tel mur des ****, de tels articles, argumentés, réfléchis et porteurs, ne puissent avoir aucun effet.

  • permalien Marc Agone :
    25 mai 2013 @14h25   « »
    Les éditocrates au secours d’Angela Merkel

    "Ces autorités morales pensent apercevoir distinctement que critiquer l’Allemagne c’est faire revenir la figure du Boche"

    Acrimed a bien mis en avant l’hystérie qui s’est emparée de nos éditocrates à ce titre :

    http://www.acrimed.org/article4066.html

    Bien à tous,
    Marc Agone

  • permalien Patrice Camille Desmoulins :
    25 mai 2013 @14h28   « »

    Bonjour Frédéric Lordon, (et à tous les fidèles lecteurs de son blog.)
    Et merci pour ce nouveau billet, que j’ai lu avec le même intérêt passionné que les précédents (même si je n’en ai jamais commenté aucun jusqu’à ce jour).
    Je suis aussi ce ceux qui, conscients qu’un profond changement peut et doit se produire, n’envisagent la question du COMMENT qu’avec beaucoup d’appréhension, tant est explosive la situation sur le terrain et effarante l’aveuglement idéologique de nos dirigeants.
    Dans ces conditions, je ne vois d’espoir que dans le bon sens populaire, car à mesure que la crise prend de l’ampleur, les gens s’interrogent et cherchent des solutions, sans œillères, n’hésitant pas à consulter des sources hétérodoxes (comme par exemple ces économistes qui n’ont pas voix au chapitre dans les médias dominants...). Et pour que le bon sens populaire puisse s’imposer, il a besoin de cet incomparable outil de démocratie directe qu’est le référendum d’initiative citoyenne, dans TOUS les domaines qui relèvent de la souveraineté nationale.
    C’est pour cette raison que j’ai rejoint la toute jeune association "Article 3"
    Voici la réécriture de l’article 3 de la Constitution que nous proposons (modifications en majuscules) : "La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum D’INITIATIVE CITOYENNE, EN TOUTES MATIÈRES ET NOTAMMENT CONSTITUTIONNELLE ET DE RATIFICATION DES TRAITES. CET ARTICLE NE PEUT ÊTRE MODIFIE QUE PAR VOIE RÉFÉRENDAIRE."
    Quelqu’un voit-il un meilleur moyen de sortir de cette Europe austéritaire et du carcan monétaire qui l’impose ?

  • permalien tak :
    25 mai 2013 @17h21   « »

    Votre article confirme par bien des points l’analyse du PRCF et du M’PEP

    Il faut briser les chaines de l’Union Européenne, et défaire cette UE, cet Euro qui sont intrinséquement ultra capitaliste, pour pouvoir reconstruire, si c’est possible, un vrai internationalisme.

  • permalien tak :
    25 mai 2013 @17h27   « »

    F Lordon, vous donnez quelques réponses, en particulier économique sur la façon de changer le système.

    Je propose à tous d’écouter l’analyse que G Gastaud, philosophe et secrétaire du PRCF fait de la situation politique et de comment la changer

    http://www.initiative-communiste.fr...

  • permalien Lepromeneursolitaire :
    25 mai 2013 @17h51   « »

    Une solution de monnaie commune très intéressante qui a le mérite de proposer une solution internationale (après étape de refondation) et donc de ne pas laisser à leur sort les nombreux peuples européens écrasés par l’austérité, ce dont on a souvent l’impression que Sapir se contente.

    D’ailleurs, la politique européenne n’étant verrouillée que par volonté indéfectible de coopération des gouvernements de droite (C et D) avec les exigences de l’UE, il suffit de dire non une fois, et tout est lancé. Vous faites bien de rappeler que l’Allemagne serait prête à suivre une autre voie formelle à la seconde où les institutions qui entérinent ses principes se trouveraient être mises en difficulté, pour perpétuer l’ordre actuel dans son coin. Pour le néolibéralisme, seul compte la perpétuation des conditions d’un profit maximal du capital, et peu importe les formes politiques qui lui permettent d’arriver à ce résultat.

    http://contratsocial.wordpress.com/...

  • permalien G Joly :
    25 mai 2013 @17h54   « »

    je ne pense pas que le corps social allemand soit de façon si homogène encore englué dans les dogmes monétaires de leurs ainés...

    N’ y a t il pas un clash générationnel ?

    Les jeunes allemands des métropoles du nord n’ont ils pas des intérêts plus proches des jeunes espagnols que des vieux bavarois ??

    Je pense que le prochain conflit en europe sera générationnel plus que basé sur les nationalismes, en tous les cas je le souhaite

  • permalien Stilgar :
    25 mai 2013 @18h24   « »

    Ne vaudrait-il pas mieux parler d’une Unité de Compte Commune plutôt que d’une "Monnaie Commune" ? Car en fait cette "monnaie commune" n’aurait pas tous les attributs d’une monnaie, et ne serait que monnaie centrale.

  • permalien Lerholle :
    25 mai 2013 @18h32   « »

    Solution concrète très intéressante.

    Je me pose cependant la question de l‘apparition de marchés noirs lors d’une éventuelle perte de confiance dans un €national.

    Ne risquerions pas de voir un dédoublement du taux de change comme cela se passe actuellement avec le peso argentin ?

    Si par exemple un €pesetas existait, les rentiers espagnols ne seraient-ils pas motivés à acheter des €DM à n’importe quel prix, anticipant une dévaluation et alimentant une perte de crédibilité, encore une fois dans un scénario "à l’Argentine".

    Situation qui profiterait aux plus fortunés disposant d’€forts, qui jouiraient des bénéfices d’une dévaluation, principalement la baisse du coût de la vie.

  • permalien Stilgar :
    25 mai 2013 @18h33   « »

    @Lepromeneursolitaire
    La question est de savoir qui va "dire non une fois" ... je ne vois aucun parti de gouvernement français le faire !

  • permalien J. Charbonnier :
    25 mai 2013 @18h33   « »
    Conflit générationnel

    @G Joly

    Ce que vous dites est très intéressant. Ce serait à creuser !

  • permalien gregoire :
    25 mai 2013 @18h57   « »

    Il parait utile de rappeler ici et maintenant que lors de la mise en place du SME, le PCF était le seul parti à porter la proposition d’une monnaie commune (Cf Bocarra) en opposition à la monnaie unique et aux traités européens notamment Maastricht et les traités suivants.La piste proposée ici par F Lordon mérite d’être largement connue et débattue !

  • permalien Crapaud Rouge :
    25 mai 2013 @19h03   « »

    "Et on ne fait pas non plus surgir une nouvelle architecture institutionnelle tout armée en un week-end de fermeture des marchés." : c’est un pied de nez à Jorion qui prétend avoir "the solution" pour sauver l’euro en 24 heures chrono.

    Il n’est plus possible de penser qu’il faut sauver l’euro pour sauver l’Europe. Maintenant, c’est clairement du contraire qu’il s’agit : il faut en finir avec l’euro pour sauver l’Europe.

  • permalien Lepromeneursolitaire :
    25 mai 2013 @19h29   « »

    @ Stilgar

    Le Front de gauche y est prêt (et développe d’ailleurs dans son programme une solution très proche de la monnaie commune présentée ici), mais encore faut-il qu’il soit élu j’en conviens, ce qui est particulièrement difficile dans les institutions de la Vème République. Or pour faire la VIème République, il faudrait qu’il soit élu. Le serpent se mord la queue. Le verrouillage culturel et politique de l’idéologie néolibérale est tel qu’il semble désormais de plus en plus clair que la solution ne se trouvera pas uniquement dans les urnes.

  • permalien Marie-Anne :
    25 mai 2013 @19h39   « »

    La proposition de monnaie commune est intéressante, à étudier.

    Mais le problème de la dépossession de notre souveraineté, de la négation de la démocratie, est-ce seulement le fait des institutions européennes ? N’est-ce pas un principe général de contourner, de vider de leur sens la souveraineté des Etats-nations ? En interne, en morcellant le territoire (voir les projets de décentralisation dans les cartons u gouvernement) ; en supra-national, comme les traités et engagements internationaux (voir le projet de Grand marché translatantique).

    Nos représentants politiques ne sont-ils pas totalement inféodés au capitalisme ?

    VOIR : la règle d’or des prédateurs et
    le libéralisme est une privatisation de la politique

  • permalien SZM :
    25 mai 2013 @20h05   « »

    Pas si hors-sujet que cela parait.
    Devinette : de quand date cette chanson ? Ne pas tricher, réponse à la suite.

    L’économie politique

    Aux professeurs du Collège de France

    De tous les droits que l’homme exerce,
    Le plus légitime, au total,
    C’est la liberté du Commerce,
    La liberté du Capital.
    La loi ? c’est l’offre et la demande,
    Seule morale à professer !
    Pourvu qu’on achète et qu’on vende,
    Laissez faire, laissez passer !

    Et que rien ne vous épouvante !
    Y glissât-il quelque poison,
    Si le marchand double sa vente,
    Le succès lui donne raison.
    Que ce soit morphine ou moutarde,
    Truc chimique à manigancer...
    C’est l’acheteur que ça regarde,
    Laissez faire, laissez passer !

    Les travailleurs ont des colères
    Dont un savant n’est pas touché.
    Il faut bien couper les salaires
    Pour travailler à bon marché.
    Par un rabais de deux sous l’heure,
    Des millions vont s’encaisser.
    Et puis !... croyez-vous qu’on en meure ?
    Laissez faire, laissez passer !

    Le marché pour l’article en vogue
    Offre un rapide écoulement.
    N’écoutons pas le démagogue
    Qui nous prédit l’engorgement.
    Il faut, malgré ces balourdises,
    En fabriquant à tout casser,
    L’inonder de nos marchandises,
    Laissez faire ! laissez passer !

    Pour le bien-être des familles
    Doublons les heures de travail.
    Venez, enfants, femmes et filles,
    La fabrique est un grand bercail.
    Négligez marmots et ménage,
    Ça presse ! et pour vous délasser
    Vous aurez des mois de chômage.
    Laissez faire ! Laissez passer !

    Par essaims le Chinois fourmille.
    Ils ont des moyens bien compris
    De s’épargner une famille
    Et travailler à moitié prix.
    Avis aux ouvriers de France ;
    Dans leur sens il faut s’exercer,
    Pour enfoncer... la concurrence...
    Laissez faire ! laissez passer !

    Sous le Siège, dans la famine,
    J’ai défendu la "liberté"
    Voulant, fidèle à la Doctrine,
    Rationner par la cherté.
    Chaque jour et sans projectiles,
    Par vingt mille on eût vu baisser
    Le stock des bouches inutiles.
    Laissez faire ! Laissez passer !

    Qu’on accapare la denrée,
    Qu’on brûle docks et magasins,
    Que pour régler les droits d’entrée,
    On se bombarde entre voisins,
    Quitte à gémir sur les victimes,
    Qu’on voit écraser, détrousser !
    L’économie a pour maximes :
    Laissez faire ! Laissez passer !

    Retour d’exil, 1881

    Publiée aussi sous le titre Laissez faire, laissez passer !
    Paroles : Eugène Pottier

  • permalien Ardéchois :
    25 mai 2013 @20h06   « »

    Je ne suis pas d’accord avec vous quand vous postulez que la Droite Complexée est assez assez naïve pour ne pas voir la déroute de la construction Euro sur le plan humain et économique...Vous semblez oublier que ce PS a voté dans son énorme majorité la confiance Pétain en 1940,qu’il a conduit des guerres colonialistes honteuses et que Hollande vient de dire tout le bien qu’il pensait de l’Allemagne qui va profiter d’un Service du Travail Obligatoire grâce à la récession dans les pays européens ,les gens n’ayant d’autre ressource que d’aller travailler pour l’Allemagne ..Le PS voit-il ce nouveau "STO" ???

  • permalien aaa :
    25 mai 2013 @20h12   « »

    @ Lepromeneursolitaire

    La position du Front de Gauche sur l’euro est très ambigu. Mélenchon est plus dans l’idée d’engager un rapport de force avec l’Allemagne pour la faire plier et de réorienter la politique de la BCE dans le cadre de la monnaie unique, mais comme il est dit dans ce billet l’Allemagne ne pliera pas. Il a dit récement face à Atali que sortir de l’euro serait une catastrophe ou que se serait "le triomphe de l’euro-merkel".

    Il faut aussi noter que le Front de Gauche a refusé d’accepté le M’PEP à cause de sa remise en cause de la monnaie unique.

  • permalien Lepromeneursolitaire :
    25 mai 2013 @20h23   « »

    @aaa

    Cette position est désormais de l’histoire ancienne (et c’est tant mieux). La négociation avec l’Allemagne intervient au départ, par principe, avec conscience totale qu’elle n’aboutira pas. Mélenchon a d’ailleurs devant Attali prôné le défaut de dette partiel et a évoqué la remise en marche de la Banque de France. Ici un passage radio qui explique clairement la position au moins du Parti de Gauche et la sortie de l’euro n’est pas du tout un problème, mais une solution alternative internationale est revendiquée, comme dans le présent article.

    http://www.lepartidegauche.fr/podca...

  • permalien Jean-Michel Masson :
    25 mai 2013 @21h10   « »

    Merci pour cette proposition audacieuse.
    Cependant, une autre monnaie dans le reste de l’Europe changera-t-elle fondamentalement les "libéralismes" économiques nationaux ?
    La monnaie est un outil important mais dans un ensemble dont il me semble difficile d’exclure une remise en cause des structures économiques, des types d’entreprises, du contrôle des "commons", comme la possession des terres : http://jmmasson.wordpress.com

    Et si le but est de relancer la croissance, il reste le problème de la finitude des ressources : quelle croissance ? Est-elle souhaitable ? Comment allons nous gérer les crises environnementales liées à l’ hyperactivité humaine ?
    Par ailleurs, je n’aime pas trop le mot "européiste" parfois utilisé par des personnes chauvines.

  • permalien tak :
    26 mai 2013 @00h38   « »
  • permalien Biglou :
    26 mai 2013 @03h18   « »

    Tout ceci est bel et bien mais ne dit pas l’évident, les règles du jeu étaient connues de tous les états participant à l’Euro, contraintes et atouts compris.
    Comment alors expliquer que certains n’en aient pas tenu compte et se soient sabordé économiquement, gaspillant les facilités d’emprunt à bon compte que leur assurait l’appartenance à l’Euro.

    Pourquoi la France, par exemple, se montre t’elle incapable de lire les rapports de sa Cour des comptes, de se réformer, même un peu, et prétende, se plaigne, de pratiquer une " austérité " imposée qu’elle ne fait d’ailleurs pas alors qu’il s’agit simplement de mettre fin à d’innombrables gaspillages et inefficacités et dégager ainsi des ressources pour l’investissement.
    Allons nous reprocher à l’Allemagne nos insuffisances ou déclarer qu’elles font partie intégrante du génie français ?

    Cette monnaie commune a d’ailleurs été voulus non par l’Allemagne mais par la France qui s’inquiétait de la réunification et a voulu ancrer l’Allemagne dans l’Europe tout en refusant d’aller plus loin, ce que l’Allemagne aurait alors voulu, un réel gouvernement européen.
    Ceux qui se gargarisent avec les appels à la démocratie ou à la souveraineté nationale se gardent bien de préciser que tout ce que l’Euro ne permet pas de faire est réalisable au plan national par chaque état, mieux même qu’avec une monnaie indépendante.

  • permalien deMontigny :
    26 mai 2013 @06h28   « »
    Prosélytismes Inavoués ?

    Une fois de plus, M. Lordon nous montre ce dont il est capable : Analyse accablante pour les prêtres de la finance, lecture perçante de l’actualité et des enjeux économiques ainsi que des solutions de rechange pragmatiques et lucides, voire révolutionnaires de par leur nature applicable. Un article qui réconforte sa position de référence.

    Les concepts de l’épargne et de l’austérité occupent une place si centrale dans les religions luthériennes, que je ne puis m’empêcher de me demander si ce n’est pas un genre de dogmatisme qui nous est imposé. Comment une question si essentielle au bien-être des citoyens peut-elle être reléguée au domaine du non-discutable ?

    Ne serait-ce pas la revanche inavouée des pays protestants (Angleterre, Allemagne), sur les pays catholiques (Espagne, Italie, France) par austérité draconienne interposée ? Que fera-t-on pour exorciser les esprits empreints de révolutions et de libération ?

  • permalien sdz :
    26 mai 2013 @09h43   « »

    La perte de notre souveraineté monétaire est une des illustrations majeures de la (haute)-trahison des "élites" politico-administratives françaises. Qui dit haute-trahison appelle à la sanction !

    Je considère aussi qu’il faut d’abord sortir de ce système totalement pour repartir sur d’autres bases car le projet de l’Union européenne n’est pas amendable. D’ailleurs sur la durée, il ne repose que les mensonges de nos "élites" qui promeuvent évidemment un système néo-impérialiste dont elles sont les bénéficiaires au premier degré.

    La question de notre prise de pouvoir à leur détriment ne peut donc être éludée tout en la liant à une politique de développement beaucoup plus auto-centré. La dépossession planifiée de la classe moyenne ne peut nous conduire dans notre refus à nous disperser à une échelle à laquelle nous ne maitrisons rien ! Pourquoi croyez-vous que l’échelle de l’Union (ou transatlantique) est systématiquement mise en avant par nos "élites !?! Elle est celle de l’impunité totale. En ce sens, le Front de gauche a fait et fait encore énormément de mal au pays et aux plus démunis à défendre encore et malgré tout une Union européenne fantasmée. De fait, il l’a payé à la présidentielle face au FN alors que celui-ci ne fait que braconner sur les terres souverainistes de tous bords... Même Lordon et Sapir louvoient encore de trop par ce qu’ils continuent à mettre en avant leur appartenance de gauche au détriment de l’objectif stratégique majeur : la ruine d’un système néo-impérialiste sur une base d’expression démocratique la plus forte possible qui est d’abord et fondamentalement celle de la Nation ! C’est donc une confrontation sur une base républicaine française qu’il faut organiser, et sans plumeau à la main !

    http://www.la-France-contre-la-cris...

  • permalien Crapaud Rouge :
    26 mai 2013 @10h40   « »
    @Biglou

    Vous dites : "Tout ceci est bel et bien mais ne dit pas l’évident, les règles du jeu étaient connues de tous les états participant à l’Euro, contraintes et atouts compris."

    Quand bien même auriez-vous raison, connaître les règles ne permet pas de prédire les conséquences de leur application. Les règles du jeu d’échecs sont simples et bien connues, mais les connaître ne permet nullement de prédire l’issue des parties...

    Cela dit, je ne crois pas que les règles étaient bien connues de tous. Lisez ce que dit Lordon : "Dans l’erreur d’un bout à l’autre de ses attendus, le projet de monnaie unique était parti de la prémisse que l’euro allait être en soi un opérateur de convergence économique et structurelle — par quel mécanisme, ou plutôt quel miracle, la chose n’a jamais été précisée, il était simplement demandé d’y croire" Croire n’est pas savoir. Les politiques n’ont pas voulu savoir que des théories monétaires permettaient de prédire l’échec de l’euro.

    Ils n’ont pas non plus voulu savoir que les "mécanismes" sur lesquels compte l’Europe pour établir son unité sont, comme l’explique longuement ce billet, une dépossession politique.

    Il importe de réaliser que la perte de souveraineté au niveau des nations n’est pas compensée par un gain au niveau européen. La souveraineté n’est pas transférée à l’Europe, elle est PERDUE au profit des "mécanismes". Ce sont eux qui nous gouvernent, pas des êtres humains.

  • permalien Jean-Michel Masson :
    26 mai 2013 @12h37   « »

    @sdz
    Et que dire de la dépossession au profit de multinationales qui servent en priorité les intérêts de certaines oligarchies ?
    Et que dire de la dépendance envers des énergies sales et très coûteuses importées massivement ?
    Et que dire des délocalisations pour le profit à court-terme ?
    S’agit-il aussi de haute trahison ?

    http://jmmasson.wordpress.com

  • permalien tmn :
    26 mai 2013 @13h03   « »
    sur la position du front de gauche...

    @Lepromeneursolitaire

    En indiquant que tout cela est de l’histoire ancienne, j’ai peur que vous preniez un peu vos rêves (et les miens) pour des réalités.

    Déjà la position du parti de gauche n’est pas du tout claire (voir cet article de J. Sapir : http://russeurope.hypotheses.org/1102) à ce sujet, quoi qu’en dise ce monsieur Etiévant (ou alors il y a des désaccords internes à ce parti, ou encore ils sont en train de changer d’avis...mais ce n’est pas clairement exprimé par Mélenchon en tout cas).

    Ensuite le front de gauche n’a à ma connaissance jamais clairement affirmé vouloir sortir de l’euro de façon ordonnée (c’est au mieux évoqué comme "dernier recours", autant dire pour de rire). La position est plutôt de "réformer l’Europe", "changer les choses" (on ne rit pas).

    Ce manque de position tranchée et intellectuellement cohérente sur l’euro est à mon avis LA chose qui manque au front de gauche pour constituer une alternative crédible.

  • permalien K-skate :
    26 mai 2013 @13h51   « »

    merci Mr Lordon pour vos articles.

    Une nourriture spirituelle importante. Mais surtout vous offrez à vos lecteurs les armes intellectuelles permettant de comprendre et de contrer les discours dominants mortifères.

    Vous nous donnez plein de "raisons d’Agir". La science au service de l’émancipation. Ou comment vaincre "la pesanteur" de la finance et apprendre à voler sans elle.

  • permalien jgn :
    26 mai 2013 @16h01   « »

    Un style toujours aussi impeccable qui donne envie de vous lire jusqu’au bout du long propos.

    Pour autant, l’argumentaire me semble pêcher par défaut de contextualisation, comme si vous souhaitiez nous faire avaler la couleuvre d’une Europe "victime" de l’Allemagne.

    En 1985, je disais à mes collègues "socialistes" qu’il avait donc fallu quarante ans à l’Allemagne pour gagner la guerre ....
    Plaisanterie mise à part, c’est ce qui semblerait pouvoir être conclu d’une analyse sommaire, mais non de celle d’un spécialiste de la chose comme vous l’êtes. Car c’est oublier au moins une chose : l’Europe n’a pas été imposée par l’Allemagne. Si sa puissance de feu a su en tirer parti, c’est d’abord avec la complicité de ses coreligionnaires.

    L’Allemagne - feint-on de l’ignorer ? - est le pied de grue d’un oiseau bicéphale aux ailes planétaires né, et pensé, en terre propice - l’Angleterre -, migrant à l’Ouest vers un continent prometteur en ce qu’il offrait toutes les conditions de la prédation sans limites.
    En installant l’Allemagne comme sa chose en Europe, le bel oiseau escomptait bien sur l’avenir de la chose européenne. La France, histrion notoire, toujours aussi dominé par la peur qu’elle était en droit de l’être de l’aigle allemand, ne pouvait que dire un Oui ! franc et massif.
    Il est d’ailleurs ici l’occasion de rappeler que le prétendu "couple franco-allemand’" n’a jamais été qu’un pieux fantasme, justification de cette "construction européenne" sous l’égide de "la paix en Europe", quand la dite construction était bien plus réellement un marché soumis aux diktats de l’oiseau de proie.

    L’Europe est une construction du capitalisme, la mise au pas de l’Europe, sa facilitation, comme il y eut du remembrement des campagnes françaises pour mieux laisser passer les machines de la désertification intensive.
    C’est le capitalisme qui doit être la cible, non l’Allemagne qui, par les facilités qui lui ont été faites, et pour cause, a en effet largement usé et abusé du stratagème jusqu’à prendre une position dominante qui, aujourd’hui on le constate, ruine les peuples d’Europe.

    D’ailleurs, assez curieusement, bien que je ne veuille en tirer aucune conclusion ici - de quel droit le ferais-je ? - votre propos, dans ses grandes lignes, remet sur la table un article, lu il y a de nombreux mois, sur le défunt site Mécanopolis - avant que son animateur ne "disparaisse" dans des circonstances troubles - à savoir qu’était dans les cartons de la programmation du Gosplan le scénario d’une Europe scindée : l’une, austère et luthérienne à souhait, pivotant autour d’un €-Mark, l’autre, jouant son rôle de mezzogiorno européen, attachée à un €-Franc ....

  • permalien Michel Berdagué :
    26 mai 2013 @16h04   « »

    Rien ne vaut l’ expérience certes , donc un témoignage dès la première réunion du FdG en assemblée citoyenne de Paris - centre , les finances , la monnaie, ont été mises en avant avec pour la réunion suivante un appel à Denis Durand ( Banque de France ) et à Jacques Généreux qui n’a pu venir. Après des interventions où l’ euro , et surtout le comment avoir sa maîtrise avec cette B.C.E./U.E. chapeautée par FMI et consorts , comment appliquer un programme qui se veut de L’ Humanité par choix quand la création monétaire est aux mains de privés réactionnaires du pire. avec les interactions B.C.E./ et les majeures banques toutes privées dégoulinantes de crédits de créations monétaires et de toxicités multiples. A cette seconde réunion voyant qu’ aucune réponse concrête , fiable , crédible , voire dialectique et de X hypothèses des possibles étaient cantonnées dans le non - dit , j’ ai demandé à Denis d’ y répondre explicitement : " oui , là il y a un problème" .
    Donc ce n’ est pas nouveau , et ce qu’ analyse Frédéric Lordon et d’ ailleurs les commentaires le confirment en citant le M’PEP et d’ autres , le manque de visibilité pour notre peuple du comment faire , et de faire concernant le verrouillage de la monnaie actuelle aux mains des pires pour appliquer une politique de casses en géo-politique d’ être soumis à ce qui frétille en panzers-divisions le G.M.T qui nous sera vendu comme le sauveur , en soumettant les états/nations sous tutelle définitive pour mettre toute souveraineté bugétaire impossible car contrôlée et supervisée , évaluée par une Com. non élue ayant tout pouvoir de sanctions avec la supervision des agences de notation, tout cela produit quelques ravages et déroutes et approximations qui ne sont pas porteurs par le Peuple lui-même .
    Notre Constitution même celle de 1958 porte le Préambule de 1946 issu du C.N.R., à lire et à relire . Alors , monnaie commune ou pas ou , unique , ou monnaies nationales , j’ avoue que comme il faut la maîtrise pour chaque nation républicaine de pouvoir battre monnaie et appliquer ce Préambule , la Banque de France avec sa direction démocratique où le pouvoir du salariat sera majoritaire avec la citoyenneté en contrôle ainsi que les élues -us qui ne soient pas des bureaucrates/techno/experts formatés ultra lib. , la BdF semble très bien placée pour battre monnaie , en euro ou/et en euro/francs hexagonaux . Et que l’ on ne parle pas d’ inflation , avec le contrôle des prix et des productions de qualité , l’ intervention du peuple citoyen saura faire - et pas comme pendant la Commune où la BdF a sponsorisé ,alors en zone libérée, les versaillais - là l’ enseignement de la maîtrise totale de la monnaie est déterminante pour la Révolution ( of course ) citoyenne . Du boulot , de l’ action.

  • permalien zorbeck :
    26 mai 2013 @19h28   « »

    Moi j’ aimerais bien que quelqu’ un m’ explique en quoi une dévaluation, exigée par tous les adversaires de l’ euro, est une solution, car c’ est exactement la même chose qu’ une baisse de salaire généralisée, mais sans le dire. Je sais bien que ne pas le dire en fait une différence de taille mais á force même les plus obtus finiront par s’en apercevoir.

    Ensuite, si l’ approche ci-dessus a le mérite d’etre un effort de réflexion qui tient la route, je tique un peu sur le marché obligataire car c’ est exactement là le point chaud où ce qui est soustrait aux marchés des changes va se retrouver décuplé, avec deux options possibles : ou bien on supprime l’ accès au marché obligataire et on observe en continu et sans pivot possible la dégringolade de l’ EUROFRF, ou bien on ne le supprime pas et toute la spéculation interdite sur le forex se retrouve concentrée dessus. Cela redonnera bien sur un coup de fouet au MATIF, mais je ne suis pas certain que cela profitera à l’ économie, en dehors des banques bien entendu qui se referont une santé.

  • permalien Nicks :
    26 mai 2013 @21h13   « »

    @Zorbeck

    L’indexation des salaires n’est pas faite pour les chiens...

    Sinon, en ce qui concerne la position majoritaire du Front de Gauche à propos de l’euro, elle est de faire ce qui est possible pour en changer le fonctionnement, en provoquant les négociations (pas en les demandant). Si cela ne suffit pas, on fait ce qu’on avait menacé de faire (créer un pôle public bancaire avec licence auprès de la BCE et poser un moratoire pour le mois sur les dettes) et qui en principe aura suffit pour assouplir certaines volontés apparemment inébranlables. Sur ce point, je ne pense pas comme Frédéric Lordon. Mais au pire, si ce n’est pas le cas, on sort de ce bordel mortifère...

  • permalien David Sharp :
    26 mai 2013 @22h38   « »

    Bonjour,

    Nul doute que cet article de Frédéric Lordon contient, comme d’habitude, de bonnes idées et peut-être même des idées très importantes.

    Malheureusement, j’ai de plus en plus de mal à lire M. Lordon à cause de ses nombreuses digressions, effets de style, phrases sans queue ni tête et surtout une longueur excessive.

    S’il vous plaît, il faut écrire plus court et plus clairement.

  • permalien J. Grau :
    26 mai 2013 @22h55   « »

    Merci à F. Lordon pour ce papier intéressant (comme toujours !).

    Qu’il me soit permis pourtant d’émettre deux ou trois objections. F. Lordon a raison, je pense d’écrire qu’il vaut mieux une véritable union monétaire à quatre ou cinq États, qu’une zone euro formée de dix-sept États qui s’entre-déchirent. Mais cela signifie-t-il qu’un "divorce" avec l’Allemagne serait une condition nécessaire ?

    Je n’en suis pas si sûr. Monsieur Lordon a l’air de savoir très bien ce que pense le corps social allemand. J’aimerais bien qu’il me dise ses sources. Ce que l’on sait de l’Allemagne, c’est surtout ce que disent ses représentants politiques et les médias allemands dominants. Mais y a-t-il vraiment une adéquation entre le discours des "élites" et ce que pensent les masses ? On a vu en 2005 que ce n’était pas le cas en France ou au Pays-Bas. Pourquoi en irait-il autrement en Allemagne ? Certes, ce pays se porte mieux économiquement que la France. Mais cette prospérité ne touche pas tout le monde. La loi Hartz IV a tout de même appauvri une importante proportion de la population. De plus, l’Allemagne jouit d’une prospérité très fragile, puisqu’elle dépend des finances de ses principaux clients, qui sont européens. Si la crise la touchait plus durement qu’aujourd’hui, il y a fort à parier que la plupart des Allemands voudraient d’une autre politique économique, et qu’ils oublieraient leur phobie de l’hyperinflation (si tant est qu’elle existe).

  • permalien J. Grau :
    26 mai 2013 @23h20   « »

    Suite

    Par ailleurs, en admettant que le divorce d’avec l’Allemagne soit nécessaire, suffirait-il à nous sortir de la crise ? Je n’en suis pas sûr. Comme disait jgn, les causes du problème sont beaucoup plus larges que l’Allemagne.

    Pour développer ce point, je me permets de citer un message que j’ai envoyé au Diplo en décembre :

    Je souhaiterais vous faire part des réflexions que m’inspire L’Europe face à l’hégémonie allemande de M. Anderson. Cet article n’envisage la crise européenne que d’un seul point de vue – celui des rapports de force entre États – ce qui conduit son auteur à négliger un facteur au moins aussi essentiel : les rapports de force entre classes. On ne se lassera jamais de relire cette phrase du milliardaire W. Buffet : « Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner ».

    C’est pourquoi, contrairement à ce qu’écrit M. Anderson, il semble bien qu’il y ait une « communauté de destin » entre les pays de l’U.E.. Seulement, elle se manifeste surtout, pour l’instant, au sein des classes dominantes : politiciens, banquiers, éditorialistes, etc.

    Si des gouvernements d’Europe infligent à leurs peuples respectifs d’infectes potions néolibérales, ce n’est donc pas seulement sous la pression de l’Allemagne : ils n’ont pas attendu la crise actuelle pour privatiser, démanteler le droit du travail et la sécurité sociale de leurs pays respectifs. Comme l’écrit M. Anderson, de nombreux salariés allemands ont payé très cher la politique de déflation salariale du social-démocrate Schröder. En France, les « élites » nous culpabilisent depuis longtemps au sujet des dettes publiques. « Je suis à la tête d’un État qui est en situation de faillite sur le plan financier », disait M. Fillon en 2007. Dix ans plus tôt, MM. Chirac et Strauss-Kahn parlaient déjà du lourd fardeau de la dette que nous léguerions aux générations futures.

    Toute cette propagande n’a pas été imaginée récemment, ni dans des officines berlinoises. Simplement, elle s’est intensifiée depuis la crise de la dette publique, car elle arrange bien les milieux d’affaires et l’« élite » politico-médiatique. La crise est une occasion rêvée pour radicaliser des « réformes » libérales déjà en cours. C’est un nouveau chapitre de La stratégie du choc de Naomi Klein qui est en train de s’écrire sous nos yeux.

    Bref, dans cette crise de la dette publique, il se pourrait que l’Allemagne ait consenti à jouer le rôle du « méchant flic » de l’Europe (Hollande jouant peut-être celui du « bon flic »). Un peu à la manière de F. Lordon, M. Anderson se focalise sur l’arrogance allemande, alors qu’elle n’est qu’une partie du problème, et peut-être pas la plus importante.

  • permalien venturii :
    27 mai 2013 @04h01   « »
    monnaie unique et emplois sectorisés

    Il manque en Europe aussi au moins un des mécanismes de rééquilibrage existant aux USA : la mobilité de l’emploi.
    Même s’il est peu attrayant de traverser l’Amérique du Nord avec sa famille pour aller chercher un ou des emplois, ça reste faisable linguistiquement.
    En Europe, ça demande un investissement linguistique plus important qu’aux USA.
    On peut toujours arguer du fait que beaucoup de migrants d’Asie ou d’Afrique doivent apprendre une ou plusieurs langues européennes s’ils désirent - et sont autorisés - à immigrer en Europe. Cet apprentissage prend du temps, et requiert souvent de remonter depuis le bas l’échelle professionnelle.
    Les Européens ne sont pas forcément majoritairement prêts à suivre la démarche d’emploi suivie en Europe par les Asiatiques ou les Africains, et ce d’autant plus que ce point n’a jamais été mis en avant lors du vote des traités.
    L’Allemagne a besoin de migrants pour des postes subalternes, soit des migrants d’Europe de l’Est, soit des migrants d’Europe du Sud, l’important étant qu’ils parlent allemand. L’Allemagne ne songe pas uniquement à s’exporter, elle songe aussi à s’importer.

  • permalien Stilgar :
    27 mai 2013 @10h01   « »

    Il serait temps...

    - ou des monnaies nationales
    - ou des monnaies nationales plus une Unité de Compte Commune
    puisqu’ une monnaie unique a fait la preuve de son inadéquation à l’Europe que nous souhaitons.

    Il faut se souvenir en effet que :

    <"Le DTS n’est pas une monnaie, et il ne constitue pas non plus une créance sur le FMI. Il représente en revanche une créance virtuelle sur les monnaies librement utilisables des pays membres du FMI. Les détenteurs de DTS peuvent se procurer ces monnaies en échange de DTS de deux façons : premièrement, sur la base d’accords d’échange librement consentis entre pays membres ; deuxièmement, lorsque le FMI désigne les pays membres dont la position extérieure est forte pour acquérir des DTS de pays membres dont la position extérieure est faible. Outre son rôle d’avoir de réserve complémentaire, le DTS sert d’unité de compte du FMI et de plusieurs autres organisations internationales.
    La valeur du DTS est déterminée par un panier de devises
    La valeur du DTS a été fixée initialement à 0,888671 gramme d’or fin, ce qui correspondait alors à un dollar. Après l’effondrement du système de Bretton Woods, en 1973, la valeur du DTS a été déterminée par rapport à un panier de monnaies, qui comprend actuellement le dollar, l’euro, la livre sterling et le yen. ">

    Par similitude : UCC, Unité de Compte Commune , au lieu de "monnaie commune"

    Donc, par souci de clarté, pour ma part je bannis désormais l’expression "monnaie commune" qui sème en permanence la confusion. Noter aussi que pour faire le deuxième choix, il faut d’abord avoir fait le premier !

  • permalien Coma81 :
    27 mai 2013 @11h56   « »
    un belle prise !

    Enfin une prise de position claire et sans bavure de frédéric lordon contre la monnaie unique.

    On va peut-être pouvoir tenir un discours anti-euro dans les assemblées sans être taxé de xénophobe par la gauche dite radicale.

    D’ailleurs Nicks, ici présent, qui exprime poliment son désaccord avec le maitre des lieux, l’a fait sous d’autres cieux en dénonçant "l’idéologie nauséabonde" qui inspirerait selon lui le tenants de la sortie de l’euro.

  • permalien tmn :
    27 mai 2013 @13h26   « »

    @Nicks message du 26mai 21h13

    > Mais au pire, si ce n’est pas le cas, on sort de ce bordel mortifère...

    Si vous avez un lien vers un texte officiel du front de gauche indiquant clairement qu’il est pour une sortie de l’euro, je suis intéressé.

    Il me semble que la position officielle se borne à "on provoque des négociations et cela crée un rapport de force pour changer les choses". Ce qui est à mon avis illusoire, insuffisant, si ce n’est hypocrite. Et c’est au cœur du problème aujourd’hui, le front de gauche se doit d’incarner cette position de façon franche (tout comme le protectionnisme), tant tactiquement qu’intellectuellement.

  • permalien Tristan :
    27 mai 2013 @14h23   « »
    quelques risques à anticiper

    Merci pour cet article.
    Quelques objections à apporter toutefois. Ou plutôt des mises en garde insuffisamment abordées dans l’article, ou trop implicites à mon goût.
    Le contrôle du change entre monnaies européennes par une Banque Centrale de la monnaie commune n’est en rien suffisant à contenir les logiques spéculatives et leurs effets destructeurs sur le système. La spéculation pour cause d’anticipation auto-réalisatrice d’une dévaluation/réévaluation peut transiter par un pays tiers, situé hors monnaie commune. La fédéralisation en une seule banque centrale permettrait certes de se défendre des spéculations avec des réserves plus importantes que ne le permettaient les BC nationales à l’époque du SME, dissuadant par la même certaines de ces attaques. L’expérience et les ordres de grandeurs, montrent toutefois que les réserves des BC même mutualisées ne pèsent pas bien lourd face aux mouvements spéculatifs. Un contrôle des changes avec les pays tiers paraît alors inévitable. Pourquoi pas ? mais cela soulève d’autres problèmes à envisager.
    Par ailleurs, comme cela a été souligné par un commentateur, le risque un contrôle des changes -celui explicité par M Lordon comme avec les pays tiers- est qu’apparaisse un marché noir des changes important. Les expériences argentines et vénézueliennes seraient ici intéressantes à étudier.
    Revenons au contrôle des change. Le risque est d’une part politique, les contrôles de change n’étant pas populaires, surtout quand quelques mois auparavant l’on pouvait encore se rendre, voire s’installer ou investir dans le pays voisin sans ce souci. Qui ne tente rien au pouvoir n’a rien, mais se maintenir au pouvoir pour maintenir l’expérience est alors plus difficile.
    Des risques économiques d’autres part sont à craindre. Un effet analogue aux pays "dollarisés" en Amérique Latine, ici "deutschmarkisés" est possible. Un pays voisin plus rigoureux en terme d’inflation peut voir sa monnaie sollicitée comme monnaie de réserve (style "loi de Gresham"). Ça facilitera peut être les rééquilibrages des transactions courantes, mais au prix d’une certaine désarticulation monétaire (dont je m’avoue incapable d’évaluer l’impact et la gravité. Peut être est-ce bénin ? une épargne accrue en DM du fait de ses réévaluations ne risque t-elle pas d’accélérer l’essor du marché noir ?)

  • permalien Tristan :
    27 mai 2013 @14h24   « »

    Enfin, le passage à un tel système monétaire doit être bien préparé à l’avance, comme notre cher blogueur le souligne, et au grand jour. Une telle publicité du processus de refondation monétaire, risque encore une fois d’entraîner une fuite massive des capitaux avant tout contrôle des changes accompagnant le dispositif. Ce contrôle des changes devrait donc précéder le processus de conception du système monétaire sans avoir été discuté. Le capital et sa mobilité ont ceci de détestables qu’on ne peut les maintenir sur le territoire que par des décrets-surprises, et donc de façon anti-démocratique. Peut être faut-il préférer assumer le choix de la fuite des capitaux et juste tenter d’en minimiser l’ampleur ? Le "mur de l’argent" n’est peut être pas haut et solide, il s’agit plutôt d’un courant liquide, puissant profond et versatile. Dur de faire de bonnes digues.
    Loin de moi l’idée d’appeler à rester dans l’impasse, et de prétendre qu’il n’y a pas d’alternatives. On n’abdique pas nécessairement d’une ambition de politique alternative sous prétexte que sa mise en œuvre sera imparfaite et aura des conséquences regrettables. En n’envisageant pas pleinement ces effets pervers, on perd par contre beaucoup de crédibilité en amont et de réactivité à la tâche.

  • permalien Nicolas M. :
    27 mai 2013 @15h00   « »

    Bonjour Mr Lordon.
    J’aime votre point de vue et votre analyse mais je me pose vraiment la question de la faisabilité concrète d’un retour aux monnaies nationales pour aller ensuite vers une monnaie commune.
    Dans les faits, je pense qu’il y aura un terrible manque de motivation (de la part du corps social) à retourner à une monnaie commune (en plus de l’effort de pédagogie à prodiguer pour expliquer la différence) après un éclatement (nécessairement chaotique et douloureux) de la monnaie unique.
    Je ne comprends pas pourquoi on ne pourrait pas aller directement vers la monnaie commune (pour des questions de réévaluation obligatoire et préliminaire ?) ?
    Cordialement.

  • permalien Michel Berdagué :
    27 mai 2013 @15h01   « »

    C’ est comme l’ Union libre , ou des rencontres libres sans inscrire un nom -unique- sur un parchemin , que de temp perdu, il est très difficile de mettre en avant les contradictions , les réflexions , les problèmes , les projections des possibles , les causes et les conséquences , les interrogations qu’ un humain se pose pour chercher et trouver , non pour sa pomme en individualiste conso/aliéné/forcené pour écraser l’ autre mais d’ apporter quelque pierre pour construire . L’ édifice est fragile , ce Front espéré en 2005 , mais déjà évident en 2002 , divisé par 2007 , récupéré en 2012 , mais encore perdu par les quelques 2 millions de voix manquant à l’ appel du premier tour des législatives , incroyable , et ce programme du FdG veux construire quelque chose sur des bases où en effet ça pose problème : la monnaie , son émission , et son contrôle . Et pendant ce temps long trop long les Buffet Warren passent à l’ offensive finale .
    Oui celles et ceux qui étaient présents lors du premier "Forum- Citoyen" concernant, bien ciblées les finances , l’ économie et la monnaie constataient la salle de la Chimie bien vide et pourtant en interventions les 3 du FdG , avec Martine et Henri Sterdyniack , à la tribune et Catherine Mills dans la salle trop grande.
    Oui " il est grand temps" enfin, les attérrés , Yves Dimicoli, Durand ,Mills, Généreux , Etiévant, Nikonoff, ceux et celles des commentaires pointus , les financiers et "monnayeurs " et experts/jetons, et bien sûr Frédéric Lordon de se rassembler la liste est tellement longue pour le comment faire que toute la grande salle de la Maison de la Chimie serait trop petite avant d’ investir Bercy portés par le Peuple instruit et heureux de s’ engager dans un Programme réel.
    " Les jours heureux " seront revenus - le Programme du C.N.R- . où l’ excellent docu/film de Gilles Perret de même nom est à voir en Urgence comme " L’ esprit de 1945" de Ken Loach. En 2013 ça fait un bien fou.

  • permalien tal :
    27 mai 2013 @16h02   « »

    Le retour à une monnaie commune risque d’être difficile :

    La désintégration de la zone euro ne déclencherait
    probablement pas de bombe atomique,
    même virtuelle, contrairement à ce que craint le Bundder Steuerzahler.

    Mais il n’est pas impossible qu’elle sème la désolation.
    Le pire n’est pas sûr, mais il ne peut pas être exclu.

    Target2 est bien une roulette russe dans les mains
    des peuples et des décideurs de la zone euro.

    http://www.latribune.fr/getFile.php...

  • permalien Nicks :
    27 mai 2013 @19h03   « »

    @Coma 81

    Ce que j’ai dit en d’autres lieux ne tenait pas qu’à votre position anti euro de principe et vous le savez fort bien.

    Pour le reste, si je partage le constat et les solutions de Frédéric Lordon sur le plan technique, je mets des réserves sur l’immobilité allemande. Jusqu’à présent, c’est surtout le reniement des élites françaises qui l’a conforté. essayons donc le rapport de force avant de provoquer une désintégration dont on mesure bien mal la portée. Ensuite et en cas d’échec, il sera légitime de sortir de la monnaie unique.

    Pour répondre à l’autre commentateur qui m’interpelle, sur la position du front de gauche, je dirais qu’il est stratégique que nous ne militions pas pour une sortie directe de l’euro tant il faudra prendre, le cas échéant, les financiers par surprise. Mais le cheminement proposé par le FdG est suffisamment clair pour que cette issue soit incontournable en cas d’échec des négociations provoquées.

  • permalien Cyberpipas :
    27 mai 2013 @20h27   « »
    Quel €uro voulons-nous ?

    Certes l’€ a ses défauts mais il conviendrait d’entrer plus précisément dans l’analyse de ses multiples fonctions pour nuancer les pertinences de votre critique ainsi que de votre contre-proposition :

    -la fonction d’échange
    Comme toute monnaie, à tout âge économique où existe l’échange via une marchandise universelle (comme par exemple un métal précieux), l’€ a parfaitement joué son rôle. Et j’ai plus qu’apprécié de pouvoir commander des articles sur Internet dans la zone euro, ou encore de me promener de Grenoble à Lisbonne sans perdre d’énergie à convertir des devises. J’étais €ureux !!!
    J’estime donc que concernant cette fonction d’échange, c’est à dire l’aspect pratique d’une monnaie commune, l’€ mérite de perdurer.

    - la fonction de réserve

    Alors là, ça se complique. Soit on est usurier soit on ne l’est pas. Personnellement j’ai du mal avec le concept de taux d’intérêt. J’ai vraiment, mais alors vraiment du mal avec les marchands de sous...
    S’agissant de cette fonction de réserve, directement liée au principe d’accumulation et de domination du capital, il conviendrait d’abolir l’€, tout simplement.
    Ou alors, d’en faire une monnaie à obsolescence programmée, un € frappé par le temps, un € fondant. Un € débarrassé de sa fonction de réserve, un € délivré de sa malédiction capitaliste.

    -la fonction d’investissement
    La première aberration est bien celle de croire nécessaire de réaliser des investissements avec de l’épargne, en € ou non.
    La seconde ineptie est de croire nécessaire l’appel aux pires raclures capitalistes créancières internationales (les marchés) pour réaliser des investissements, en € ou non.
    La fonction d’investissement, idéalement, doit être contrôlée et rétro-contrôlée par chaque âme citoyenne. Au moyen d’une structure de coordination de type étatique (banque centrale) qui créer la monnaie, € ou non, le temps de mener à bien le plan décidé collectivement, avant de détruire cette même monnaie.
    De ce point de vue, ce n’est pas l’€ qui est en cause mais la BCE et les gouvernements qui jugent pertinent de décider seuls des investissements à mener.

  • permalien Coma81 :
    27 mai 2013 @20h46   « »
    EUROPE TERMINUS

    Donc pour Nicks et une partie de la gauche radicale, être anti-euro "par principe" (je ne sais pas ce que cela signifie), serait "nauséabont".

    En réalité, par delà la rhétorique employée, la gauche se convertie à marche forcée au souverainisme, point d’arrivée du rétablissement de la démocratie.

    Le mouvement est inéluctable, dut-il entrainer une rupture générationnelle au sein de la gauche : les plus âgés resteront malgré tout fidèles à ce en quoi ils ont voulu croire et qui pourtant s’effondre sous leurs yeux : le rêve européen.

  • permalien Nicks :
    27 mai 2013 @21h16   « »

    @Coma 81

    Et si vous appreniez à lire ? Et à ne pas laisser de traces malencontreuses ?

    Pour le reste, vos leçons de souverainisme font sourire le jacobin que je suis. Je n’ai jamais été fédéraliste mais simplement rangé à l’idée que l’échelon européen est désormais celui qui peut assurer la souveraineté politique de l’Europe face aux états continents. Mais je promeus l’idée d’une Union d’influence française (la constituante en étant un caractère) en suivant le fil de la Révolution qui n’est pas terminée. Il s’agit donc d’un souverainisme, dans le sens où le pouvoir doit revenir aux citoyens, universaliste, assez loin des idées étriquées purement nationalistes.

    Enfin vous pourrez en parler avec Juju (voir le précédent fil), vous aurez de quoi vous dire...

  • permalien Zlotzky :
    27 mai 2013 @22h36   « »

    Frédéric Lordon, le Proust de l’économie. J’apprécie ses articles et son argumentaire mais son style littéraire flamboyant ne me parait pas toujours compatible avec la limpidité du message que l’on devrait retenir. A titre d’exemple cet article aurait pu être bien plus concis - 3 fois plus court - et il aurait gagné en compréhension et précision ce qu’il aurait perdu en style et en littérature. En économie le fond prévaut sur la forme.

  • permalien jojo :
    27 mai 2013 @22h42   « »

    Merci Monsieur Lordon pour ce nouvel article.

    Je profite du thème de cet article pour faire part de l’existence de l’Union Populaire Républicaine (http://www.u-p-r.fr/#) qui contrairement à tous les partis qui occupent le devant de la scène médiatique, propose de nombreuses et sérieuses analyses concernant les questions européennes.

    La cohérence des positions de l’UPR vis-à-vis de la sortie de l’UE et de la zone euro est à mettre en parallèle avec l’ambiguïté permanente dont font preuve le Front de Gauche et le FN sur ces questions.

  • permalien Zolko :
    28 mai 2013 @01h42   « »
    et la Hongrie

    Texte fort intéressant, et je suis d’accord avec l’essentiel : l’€uro marche pour l’Allemagne car c’est la monnaie de l’Allemagne.

    Mais il est faux qu’on ne peut pas lutter, certains pays le font : l’Islande, et la Hongrie. L’Islande est trop petite et éloignée, elle ne compte donc pas pour l’Allemagne, mais la Hongrie ....

    Ce texte explique pourquoi on vilipende le gouvernement Hongrois et le premier ministre Orbán : parce-qu’il résiste ! Il a fait inscrire dans la nouvelle constitution hongroise la monnaie nationale - le forint - ce qui fait qu’il sera presque impossible "conjoncturellement" de faire rentrer la Hongrie dans la zone €uro, et sous le joug de la BCE. Il taxe aussi les banques, les transactions financières, privatise les fonds de pension ... tout ce que la politique monétaire de la BCE interdit.

    Et le traiter de fasciste ou d’antisémite est la tarte-à-la-crême actuelle, "conjoncturelle". Avant c’était anarchiste ou islamo-fasciste, le vocabulaire change mais le message reste : celui qui s’oppose à la pensée unique est une "extrémiste".

    Mais il est aussi faux d’accuser l’Allemagne dans la globalité : beaucoup d’Allemands se rendent compte du mal que leur pays fait aux voisins, à travers l’UE, et commencent à s’opposer.

  • permalien Zolko :
    28 mai 2013 @01h51   « »
    @ zorbeck

    Moi j’aimerais bien que quelqu’un m’explique en quoi une dévaluation, exigée par tous les adversaires de l’euro, est une solution, car c’est exactement la même chose qu’ une baisse de salaire généralisée

    Vous n’avez pas bien réfléchi : si on dévaluait en franc - par exemple - que deviendrait le prix du pain ? Il ne changerait pas. Les prix des produits importés augmenteraient, pas les prix des produits français. Ce serait une sorte de "achetez français" !

    Donc, ça n’aurait rien à voir avec une baisse des salaires généralisés.

  • permalien jgn :
    28 mai 2013 @08h10   « »

    J. Grau 26 mai @23h20 «  »

    "Par ailleurs, en admettant que le divorce d’avec l’Allemagne soit nécessaire, suffirait-il à nous sortir de la crise ? Je n’en suis pas sûr. (...) les causes du problème sont beaucoup plus larges que l’Allemagne.

    (...) Cet article n’envisage la crise européenne que d’un seul point de vue – celui des rapports de force entre États – ce qui conduit son auteur à négliger un facteur au moins aussi essentiel : les rapports de force entre classes."

    Absolument d’accord avec vous.

    Comment s’étonner alors que les commentaires sont, à 99%, sur le pur registre "économiste", registre dont le seul objet, au final, est celui de sauver l’économie, sauver ce qui nous tue toujours plus.
    Le défaut de tout économisme, fut-il de gauche, est de ne pas saisir combien Marx fut, d’abord et avant tout, un critique de l’économie politique, non son Médecin de Molière.

  • permalien mk :
    28 mai 2013 @10h27   « »

    Si je comprends bien F. Lordon propose un "bancor européen". Si c’est bien ça, google permet d’approfondir (l’idée n’est pas totalement nouvelle).

  • permalien Buzz :
    28 mai 2013 @10h50   « »
    Et après

    Ou trouvez les équipes politiques européennes pour mettre en œuvre ces changements économiques et politiques ?
    Vu la catastrophe annoncée, pour qui voter ?
    L’Europe existe et n’existe pas, elle est dans une fuite en avant grotesque.
    Les portes eschatologiques sont grandes ouvertes et les vents mauvais ne cessent de s’y engouffrer. La Grèce en est la preuve.

  • permalien
    28 mai 2013 @13h42   « »
    Citation

    "Chaque fois que l’Allemagne s’est prise de vouloir ’gérer’, administrer les choses en Europe, cela s’est toujours terminé par des catastrophes !"

    Helmut Schmitt

  • permalien il pleut :
    28 mai 2013 @15h18   « »

    J’ai besoin d’aide pour comprendre pourquoi on est là et je remercie les personnes qui nous aident à formuler ce que nous ressentons. Instinctivement j’ai tout de suite été contre l’euro. L’Allemagne procède toujours de la même façon dix ans avant les autres elle s’arme étouffe une partie des allemands et ensuite ensèrre les pays qui l’entoure. La France aussi agit toujours de la même façon elle collabore avec l’occupant. En ce moment je sens que le ton change des gens commencent à comprendre ce qui se passe et vers quoi ils nous dirigent comme dans une guerre la résistance va s’organiser. Je suis une lectrice assidue du blog de Panagiotis Grigoriou "greek crisis" hier il a écrit une lettre d’Athènes sur le blog de Paul Jorion que j’ai trouvée très émouvante et qu’il faudrait nous en inspirer au sujet de la gauche qui n’a pas préparer ses militants et sympathisants à la dictature des colonels. Nous n’ont plu nous ne sommes pas préparés à la dictature de la TROÏKA et il faudrait y réfléchir.

  • permalien tal :
    28 mai 2013 @15h23   « »

    La dévaluation fiscale par une hausse de TVA compensée pour les faibles revenus est aussi un moyen de réduire le déficit commercial.

  • permalien zorbeck :
    28 mai 2013 @16h07   « »

    A Zolko

    "que deviendrait le prix du pain ? Il ne changerait pas. Les prix des produits importés augmenteraient, pas les prix des produits français"

    C’est un fait que les produits importés augmenteront plus vite que les produits locaux, dans un premier temps. Cependant, il ne faut pas croire, surtout aujourd’hui, que nous vivons en autarcie : le petrole consommé par le tracteur ou la camionnette ou le cout croissant de l’électricité (uranium) auront une incidence sur le prix final de la baguette, et beaucoup plus sur les produits à plus haute valeur ajoutée qui font intervenir des éléments importés dans leurs couts...

    Pourquoi selon vous, si la dévaluation est la solution miracle, les gouvernements de feu Mitterrand I ont-ils arrêté de la pratiquer ? Je suis d’accord pour reconnaitre un coup de pouce temporaire à l’exportation, mais une dévaluation ne représente en rien la solution miracle à tous nos problèmes économiques, c’est trompeur et mensonger de l’affirmer. Quant à tout remettre sur le dos de l’€, c’est un peut court : l’Angleterre contrôle sa monnaie mais ne se retrouve pas pour autant dans une meilleure situation économique que la France.

  • permalien
    28 mai 2013 @16h38   « »

    buzz,
    j. Grau et jgn apportent des pistes politiques , en effet pas besoin de Diafoirus , il y a en a à la pelle , les saignées sont de rigueur " scientifique" et toujours pour le plus grand nombre , les plus de 99% et enrichir les milliardaires : le luxe se porte très bien et les bolides ( rouge) sont en rupture de stocks à 10 puissance 6 hors taxes . Les mécanismes de l’ économie politique du capitalisme tournent à plein régime avec une orientation globale financière sans précédent dans l’ Histoire, d’ où la monnaie , les monnaies , le $ , l’ ’euro plus côté que le global $ avec une planche à billets chauffée à blanc que le surplus nous inonde. De plus le G.M.T. Grand Marché Transatlantique se met en place en pouvant transformer l’ euro/mark en euro/$ , avec toutes les complicités de cette U.E.et B.C.E. l’ Otan bien sûr en gendarme sous l’oeil " bienveillant" de nos amis anglais et leur livre sterling voyant avec intérêt " l" esprit de 1945" en Franchie bien malmené , cf les jours heureux le Programme du C.N.R. Et le Moi- Président là-dedans ? Avec les pertes de participations de l’ Etat dans nos industries et de recherche pour la Défense , l’ annonce de X pertes de postes dans l’ Armée républicaine ,ainsi qu’ à la Banque de France , la continuité dans cet Otan comme l’ Ex nous avait menotté dans ça, les grandes manoeuvres U.S. s’ achèvent bientôt.
    Alors pour qui voter ? D’ abord analysons et élaborons un programme du Réel en sachant qu’ il y a du symbolique et de l’ imaginaire. Et pour les équipes : aucune inquiétude avec des chercheurs/découvreurs de la trempe de Frédéric Lordon aucun problème , d’ ailleurs certains commentaires sont très pointus des connaissances des mécanismes de la Money.

  • permalien Zuteu :
    28 mai 2013 @17h12   « »

    @ David Sharp
    "
    Bonjour,
    Nul doute que cet article de Frédéric Lordon contient, comme d’habitude, de bonnes idées et peut-être même des idées très importantes.

    Malheureusement, j’ai de plus en plus de mal à lire M. Lordon à cause de ses nombreuses digressions, effets de style, phrases sans queue ni tête et surtout une longueur excessive.

    S’il vous plaît, il faut écrire plus court et plus clairement.
    "

    — > je n’ai rien contre vous en particulier mais c’est juste que ce genre de commentaires, qui ne manquent jamais de fleurir à la suite des articles de FL, sont tout bonnement incompréhensibles :

    On ne peut pas d’une côté désirer une bonne idée, une grande solidité de sa fondation - toujours complexe en politique-économique - et considérer par ailleurs comme superflue la complexité de sa forme exprimée.

    Alors il est clair que FL aime aussi le vocabulaire ultra-recherché, c’est manifestement un amoureux de la langue française. Et bien tant mieux pour tous ceux qui trouvent ça édifiant de constater la richesse de la langue et qu’il y a toujours plus adéquat qu’on ne pense dans le choix des termes, tant pis pour ceux qui n’y voient qu’une entrave. Ce n’est pas comme si on n’était pas à l’ère des moteurs de recherche, ni du copier-coller.

    D’ailleurs la plupart des autres commentateurs ont l’air d’avoir très bien compris ce texte de FL.
    Pourquoi alors ne vous demandez-vous pas si ce ne serait pas à vous de vous adapter aux textes de FL plutôt qu’aux textes de FL de s’adapter à vous ?

  • permalien J. Grau :
    28 mai 2013 @17h21   « »

    Le texte de F. Lordon est long, c’est vrai, et j’avoue avoir eu un peu de mal à le terminer. Mais il me semble que son auteur a fait des efforts pour écrire des phrases plus courtes, moins complexes, moins précieuses. Il s’agit là bien sûr d’un avis subjectif, qui ne repose sur aucune analyse quantifiée et minutieuse, mais il me semble tout de même qu’il repose sur une réalité...

  • permalien BA :
    29 mai 2013 @06h05   « »
    29 mai.

    29 mai.

    C’est un jour anniversaire : il y a huit ans, le 29 mai 2005, c’était le référendum sur la constitution européenne.

    Le 29 mai 2005, nous avons dit "non" à la Constitution européenne.

    Par référendum, nous avons dit "non" : nous avons fait sortir la Constitution européenne par la porte.

    Trois ans plus tard, le même texte est rentré par la fenêtre.

    Trois ans plus tard, le Traité de Lisbonne a été adopté par l’Assemblée Nationale, puis par le Sénat, MAIS SANS ETRE SOUMIS AU REFERENDUM !

    Valéry Giscard d’Estaing présidait la Convention qui avait écrit la Constitution européenne. Valéry Giscard d’Estaing avouait, au détour d’une phrase, que le Traité de Lisbonne reprenait 98 % du texte de la Constitution européenne !

    l’ancien président de la Convention qui a négocié la Constitution européenne a regretté que le traité "simplifié" de Lisbonne, bien qu’"identique dans sa substance à 98 %" au texte qu’il avait inspiré, se présente comme "un catalogue de modifications dont la lecture devient impossible".

    http://www.lemonde.fr/europe/articl...

    Le Traité de Lisbonne aurait dû être soumis au référendum. Il ne l’a pas été. Il a été adopté par le Parlement français.

    Les dirigeants politiques français n’ont pas voulu soumettre le Traité de Lisbonne au référendum car ils savaient que le peuple français aurait voté "non" encore une fois. Alors ils l’ont fait voter par le Parlement.

    C’est un véritable coup d’état anti-démocratique.

    La construction européenne est anti-démocratique.

  • permalien
    29 mai 2013 @09h17   « »

    BA
    En résistance depuis cette date et pour beaucoup depuis Maastricht - 1992- avec des billets très formatés et laids où l’ euro était plus faible que le $ universel, ça fait un bail pour le Non : 8 ans ,pour l’ autre 21, l’ âge de voter pour les anciens temps . Là nous pouvons mesurer le gouffre des politiques divisés pour se regrouper et de proposer un Programme porté par la citoyenneté. Nous avons depuis un " Humain d’ abord " - septembre 2011- qui dans son esprit est dynamique et a l’ ambition d’ être modifié et amélioré par l’ engagement citoyen , il attaque les finances privées les spéculatives les incontrôlables, en instituant un Pôle Public financier bancaire où les banques seraient transparentes par la gestion et propriété collectives , c’ est radical et non pas de la charité morale hypocrite à relents religieux ( moraliser le capitalisme c’ est comme lutter contre les paradis fiscaux) : un fou rire gras garanti à s’ étrangler. Mais où ça pêchait non pas dans notre volonté politique d’ instituer un Pôle démocratique qui a foutu la trouille à plus d’ un , c’ est cet euro : le pouvoir de cette B.C.E ( U.E. actuelle ) dite indépendante et très politique avec les connexions des grandes banques privées non pas que techniques mais aussi très politiques avec des pouvoirs où le politique élu n’ a pu la main ou est en béatitude comme en hypnose devant les paillettes de l’ Argent grand A. En psychanalyse cité par Frédéric Lordon il faut voir à quel niveau se situe le pèze. Donc c’ est une grande joie de voir que les lignes bougent et que beaucoup veulent construire une telle dynamique que leur crise ils pourront se la mettre quelque part .

  • permalien ASDLR :
    29 mai 2013 @10h20   « »

    Merci, Frédéric, d’exister.

  • permalien tmn :
    29 mai 2013 @14h59   « »

    Pour répondre à l’autre commentateur qui m’interpelle, sur la position du front de gauche, je dirais qu’il est stratégique que nous ne militions pas pour une sortie directe de l’euro tant il faudra prendre, le cas échéant, les financiers par surprise. Mais le cheminement proposé par le FdG est suffisamment clair pour que cette issue soit incontournable en cas d’échec des négociations provoquées.

    Je pense que vous vous trompez.

    Il est possible que le Fdg ait une volonté de "prendre par surprise", mais dans ce cas si on réfléchit calmement :
    - les gens favorables à cette idée ne vont pas voter pour lui
    - les gens qui auront voté de bonne foi pour le Fdg seront eux aussi "surpris"
    - ce n’est (pour le dire gentiment) pas très respectueux de la démocratie

    Le plus probable c’est que le Fdg n’arrive pas actuellement à avoir une position cohérente sur cette question. On a l’impression que ça bouge... mais pas assez fort, et pas assez vite.

  • permalien
    29 mai 2013 @17h32   « »

    Une quantité de poncifs et des solutions qui n’en sont pas.
    Chacun savait, dont M. Lordon, et chacun a profité au maximum des taux bas obtenus à partir de la présence allemande dans l’euro, sans tenir compte de la rentabilité réelle des projets.
    Comment rembourser une dette faite en Euros est la seule question qui vaille une fois qu’on évoque la dévaluation de sa propre monnaie retrouvée ?
    Avec Lordon, c’est rose bonbon, et tout ira bien madame la marquise. Et pourquoi pas si ça donne la pêche aux désespérés qui veulent une économie basée sur la dette éternelle !

    Ce qui se passe à NDDL va dans le bon sens : nous devons refuser tous ces projets délirants, comme le Grand Stade de Bordeaux ou d’ailleurs, aéroport, autoroutes, acceptés et portés par gauche et droite réunies. Pour des emplois !!!!
    L’Allemagne n’a rien à voir dans nos problèmes, ni dans ceux de la Grèce et comment Lordon peut il prétendre le contraire ? Ca ne tient pas.
    Et comme d’hab, texte hyper long et bien ronflant ... pour n’aboutir à rien.

  • permalien Nicks :
    29 mai 2013 @17h42   « »

    @tmn

    C’est parfaitement clair dans le cheminement : en un, des négociations sont provoquées pour tenter de changer les traités. Cela peut s’arrêter là si de larges avancées sont obtenues (statuts de la BCE, institutions plus démocratiques etc) et l’Union est préservée. En deux, si ces négociations n’aboutissent pas, il y a désobéissance aux traités et probablement éclatement de l’Union.

    Les électeurs ne pourront pas être surpris. Les financiers, s’ils le sont, tant mieux ! :)

  • permalien BA :
    29 mai 2013 @18h55   « »
    Zone euro : recul des dépôts bancaires en avril dans les pays en difficulté.

    Mercredi 29 mai 2013 :

    Les dépôts bancaires privés sont en net recul dans les pays européens périphériques en avril 2013 :

    Irlande : les dépôts bancaires privés ont chuté de 0,1 % en avril 2013.

    Malte : - 0,3 %.

    Italie : - 0,3 %.

    Portugal : - 0,5 %.

    Espagne : - 1,5 %.

    Grèce : - 1,6 %.

    Slovénie : - 1,9 %.

    Chypre : - 7,3 %.

    Zone euro : recul des dépôts bancaires en avril dans les pays en difficulté.

    Les dépôts bancaires privés ont diminué en avril dans plusieurs pays de la zone euro, principalement ceux en difficultés, selon les chiffres publiés mercredi par la Banque centrale européenne (BCE), signe d’une possible méfiance des épargnants après la ponction réalisée sur des comptes bancaires à Chypre.

    Sans surprise, Chypre connaît la plus importante baisse des dépôts privés, qui sont descendus à 41,32 milliards d’euros, soit un recul de 7,3% par rapport au mois de mars, où ils avaient déjà diminués.

    Pour la première fois dans un plan de sauvetage européen, les détenteurs de comptes à Chypre ont été fortement mis à contribution avec une ponction sur ceux de plus de 100.000 euros. Une première version du plan, finalement rapidement abandonnée, prévoyait une ponction sur tous les comptes sans montant de dépôt plancher, faisant craindre un mouvement de panique des épargnants pour retirer leurs économies des banques.

    http://www.romandie.com/news/n/Zone...

  • permalien Peretz :
    29 mai 2013 @18h55   « »

    Ce qui serait intéressant ce serait de faire une monnaie spécifique à la finance. Une monnaie nationale serait réservée à l’économie réelle. On pourrait dans ces conditions établir un barrage à la prédation financière par une conversion paritaire a priori égalitaire, mais pouvant ne pas l’être selon les besoins quantitatifs de liquidités de cette économie réelle. Par exemple l’écu, monnaie financière aurait une valeur cotée comme devise mais hors OMC. Le contrôle sur les flux financiers permettrait d’éviter les crises que sont les déséquilibres monétaires dangereux pour cette économie réelle. Pour plus de détails "En finir avec les crises et le chômage" En ligne chez Edilivre.com ou sur papier en librairie.

  • permalien Crapaud Rouge :
    29 mai 2013 @21h07   « »
    Aux critikeurs du style

    On trouve comme d’hab les critiques du style, exemple avec David Sharp qui demande : "il faut écrire plus court et plus clairement". (Mal barré pour lire Proust, mais bon, ce n’est pas le sujet).

    Donc, M. David Sharp, si vous ne pouvez lire que du "court" et du "clair", contentez-vous de Rue89. Les phrases y sont courtes, bien séparées les unes des autres par des lignes vides, (pour voir facilement où elles commencent et où elles s’arrêtent), toujours formées d’un sujet-verbe-COD, et l’on ne trouve pas plus d’une subordonnée par article. Et quand par malheur ça se complique un peu, les auteur(e)s ne manquent jamais de faire des LISTES : point A, point B, point C,...

    Inutile de dire que j’exècre par-dessus tout le style de Rue89, calqué sur celui des "documents Word" et "mails" des entreprises. (Modernes, il va de soi.) Et si je proteste, ce n’est pas tant pour défendre M. Lordon, c’est contre ce que vous prendrez pour une caricature et que je vois comme l’avenir de la langue. Une langue qui sera simplifiée jusqu’à ce que l’on ne puisse plus distinguer un locuteur humain d’une machine.

  • permalien tmn :
    29 mai 2013 @21h11   « »
    Front de gauche et euro...

    @Nicks

    Désolé d’insister mais dans aucun discours ou document émanant du front de gauche on ne comprend clairement ce dont vous parlez.

    Le dernier texte (d’après ce que j’ai trouvé) émis par le Fdg dit ceci à propos de l’euro :

    Le Front de Gauche est pour une grande part l’émanation des forces qui se sont opposées au TCE au Traité de Lisbonne puis au TSCG. Nous dirons qu’il faut plus que jamais sortir des diktats de ces traités. Nous défendrons notamment le contrôle démocratique de la BCE et un profond changement de ses missions au service de l’emploi, de l‘industrie et la transition écologique, la rupture avec la politique de l’euro fort et une harmonisation fiscale et sociale par le haut. Nos propositions en matière européenne inscrites dans l’Humain d’abord sont plus que jamais d’actualité face à la construction libérale de l’UE.

    Avouez que c’est plus que vague...

    Pour ma part je n’ai pas envie de voter pour un programme fait de vagues généralités (ou pire comme évoqué, pour un programme qui en cache un autre).

  • permalien Charlivari :
    29 mai 2013 @21h15   « »

    Je ne comprends pas comment la France pourrait sortir de l’Euro en le remplaçant par un Euro Franc, en se référant à une monnaie commune acceptée par la BCE jouant un rôle d’agent de change, alors que les traités actuels ne prévoient pas ce cas de figure.

    Faut-il alors non plus sortir de l’Euro mais de cette Europe en incitant d’autres pays à nous suivre pour en reconstruire une autre ?

  • permalien Nicks :
    29 mai 2013 @23h01   « »

    @tmn

    Vous faites ce que vous voulez, puisque manifestement tout ce qui vous importe c’est de sortir de l’Union avant tout et quelles qu’en soient les conséquences, ce qui en effet, n’est pas dans le programme du FdG (point 7 sur l’Europe).

    http://www.jean-luc-melenchon.fr/ar...

  • permalien tmn :
    29 mai 2013 @23h17   « »

    @Nicks

    Le programme que vous avez mis en lien n’évoque pas clairement une sortie de l’euro... ou alors merci de m’indiquer le passage.

    Quant à ce que je veux c’est juste pointer que le Fdg manque d’une position cohérente sur l’euro. Au mieux il n’y a que des propos vagues, ne parlant de sortir de l’euro que du bout des lèvres et en dernier recours. Bref le plan B n’est pas vraiment prévu, ni décrit, ni voulu. Cela rend un futur "rapport de forces" non crédible : en effet qui aurait peur d’une sortie de la France de l’euro en sachant qu’elle fera tout pour ne pas en arriver là ?

  • permalien FrancH :
    30 mai 2013 @00h19   « »

    J’ai vécu quelques années en Allemagne, suffisamment pour m’intéresser à ce que les allemands pensent, ce qui les préoccupent, comment ils se projettent. La dénazification s’est effectuée sous la houlette des alliés, c’est-à-dire des américains. Ils en ont été quitte par leurs vertus anticommunistes.
    L’Etat morcelé en Länder en plus de deux Etat, les allemands ont du taire leur germanité et l’ont rangée dans des cases, dont le foot, la monnaie (principal outil de puissance), le sacrifice consenti à l’intérêt allemand. Ce que l’Etat central ne peut, l’entente bien comprise des régions, des partenaires sociaux y ont supplée (le "capitalisme rhénan" est une rigolade conçue par des économistes aussi libéraux que béats). Si ce n’est pas une union sacrée, c’est en tous cas une union tacite et solide.
    Lors de la Wiedervereinigung (réunification), les entreprises de l’Ouest ont mis la main sur les entreprises de l’Est (Treuhand), qui ne valaient pas grand-chose en termes capitalistiques, pour une poignée de cacahuètes. Mais ce transfert était d’une haute valeur sociale (ingénieurs, techniciens dans tous les domaines, médecins, chercheurs, enseignants…), non comptabilisée, gratis en quelque sorte, avec les fonds européens. En interne germano-germanique, en échange d’un "sauvetage de l’épargne" au taux d’un Mark Ouest pour un Mark Est, Schröder (l’Etat) a réorganisé les rapports sociaux selon une prospective du patronat allemand (Hartz I à IV). L’un et l’autre ont établi des règles de compétitivité (et des sacrifices pour les travailleurs) qu’aucun autre état ne peut imposer à son peuple, aucun peuple ne pouvant être ainsi mis en demeure de faire le sacrifice de son bien-être pour la puissance de son pays. L’Allemagne n’est pas un exemple, mais un cas singulier qu’aucun autre pays ne peut suivre. L’"exemple allemand" est une fable pour faire passer son projet de puissance germanique. Au demeurant, il n’est pas de l’intérêt de l’Europe d’avoir une puissance nationale en son sein. Or le patronat allemand n’a de projet européen que germanique, et l’Etat allemand veille à ce que le projet du patronat se réalise.
    Tant que ces choses ne sont pas dites, la Commission n’a pas de raison de changer de ligne, d’autant que les français, et singulièrement son patronat, ont pris l’habitude (d’origine coloniale) de se faire servir par l’Etat (protection de marché, charges et marges) et ne sont pas à l’abri de reproches légitimes. L’abus allemand n’a donc pas de raison de cesser.
    Reste les allemands de l’ex-RDA, qui eux étaient sur d’autres bases de dénazification et pour qui le projet de puissance ne constitue pas un horizon. Mais ils sont vaincus, par l’anticommunisme, les droidelhomme, la démocratie européenne. Evidemment l’anticommunisme français ne les aide pas.

  • permalien jgn :
    30 mai 2013 @10h09   « »

    La mise au feu d’une cocotte-minute allemande, au motif de sa "dénazification", a donc bien servi à la cuisine à laquelle ON a mitonné l’Europe, c’est-à-dire ses peuples.
    Qu’en soit conclu que « le patronat allemand n’a de projet européen que germanique » doit-il vraiment surprendre ? Le patronat français aurait-il donc, quant à lui, un « projet européen » ? Ce serait un scoop ...

    La dernière sortie de Bruxelles intimant à la France de conduire enfin une politique ad hoc, compatible avec le projet européen - au point même d’obliger, par son extravagance, son extrêmisme même, son gouvernement à un sursaut indigné - devrait un tant soit peu interroger sur ce dit « projet européen ».
    Qu’est-ce que cette Europe, sinon un artefact, une construction artificielle telle qu’elle a été imposée par un Capital international qui n’a que faire des peuples, ou, plus exactement, DOIT, pour son "développement" extensif, les maîtriser, et qui s’y est en effet très précisément employé en plaçant à sa tête des instruments dociles, au rang desquels notamment des institutions technocratiques échappant à tout contrôle démocratique, énonçant les diktats des « marchés », mais aussi bien une Allemagne instrumentalisée en locomotive, en coin de ce Capital international ( plus exactement anglo-américain) au sein d’une Europe historique ?

    Ce n’est pas de l’Allemagne dont nous ne voulons plus en Europe, ce qui serait une forme de délire, une confusion, un détournement de la critique de notre malheur vers un leurre. C’est de cette Europe des marchands dont nous ne voulons plus. C’est pourtant assez clair.

  • permalien Nicks :
    30 mai 2013 @10h09   « »

    @tmn

    C’est bien ce que j’ai dit, la sortie de l’euro n’est envisagée qu’en dernier recours parce que c’est la voie la plus constructive. La stratégie est de responsabiliser les autres pays membres en menaçant de désobéir aux traités (pôle public bancaire se fournissant en liquidités à la BCE notamment), ce qui mettrait en péril le système financier dans son ensemble. Ce genre d’argument met les gens autour de la table, pas besoin de se découvrir davantage. En cas d’échec, la France passe à l’acte et ce sont les autres qui doivent s’adapter, en nous excluant ou en nous rejoignant.

  • permalien BA :
    30 mai 2013 @10h56   « »
    A propos de l’effondrement du PIB en Europe.

    Prévisions de l’OCDE pour l’année 2013 :

    Pour l’année 2013, le PIB de la France va baisser de 0,3 %.

    Zone euro : - 0,6 %.

    Pays-Bas : - 0,9 %.

    République Tchèque : - 1 %.

    Espagne : - 1,7 %.

    Italie : - 1,8 %.

    Slovénie : - 2,3 %.

    Portugal : - 2,7 %.

    Grèce : - 4,2 %.

    Chypre : - 10 % ? ? ?

    Chypre : la chute du PIB en 2013 pourrait être à deux chiffres.

    Le ministre chypriote des Finances, Haris Georgiades, a reconnu mardi 21 mai que la chute du PIB de l’île méditerranéenne pourrait être à deux chiffres cette année en raison des mesures d’austérité adoptées dans le cadre du plan de sauvetage européen.

    « Oui, elle pourrait être à deux chiffres », a-t-il déclaré à un groupe de journalistes de Lituanie.

    http://www.oecd.org/fr/economie/per...

  • permalien Michel Berdagué :
    30 mai 2013 @11h06   « »

    L’ heure est grave : le jour même anniversaire de notre victoire en 2005 cette com. non élue se permet de nous faire des injonctions les plus crasses les unes que les autres , tel un père fouettard cette com.nous porte un tel camouflet que notre citoyenneté n’ existe plus . Nous ne sommes plus rien et l’ exécutif actuel s’ empresse à son rythme avec le plus de suavité de nous faire passer l’ impossible injonction des pires.
    Un Appel à un Mouvement de Libération avec un Programme réfléchi , réaliste , tiens pragmatique , et Réel où notre République n’ est pas insultée dans toutes ses valeurs au contraire reconnue dans une construction européenne respectant les peuples, est la seule issue politique du moment.
    A écouter les positions d’ Etiévant -PG- consistant en 3 volets avec des crescendo de si pour aboutir à la sortie de l’ euro ne me semble pas du tout adéquate à la réalité de la qualité de cette U.E. et B.C.E. actuelle qui passent à une telle offensive pour nous soumettre à leurs directives dangereuses , réactionnaires , ah ça ils ont tout maillé et la cerise sera le G.M.T. qui pointe.
    Courage et Résistance.

  • permalien JacquesD. :
    30 mai 2013 @11h21   « »

    Enfin un nouvel article de F. Lordon ! à enregistrer pour le relire à loisir. Il intervient clairement dans le débat sur l’euro, en dissipant l’illusion du fédéralisme comme remède aux défauts de la construction monétaire européenne actuelle et en détaillant une voie de sortie possible, la monnaie commune.
    Il souligne le caractère anti-démocratique des traités européens dont l’austérité découle automatiquement. Il insiste sur le rôle de l’Allemagne et de ses conceptions dans l’adoption de ces traités. Mais, en se focalisant sur l’aspect idéologique, il en vient à une inexactitude dans la liste des responsabilités de l’Allemagne : ce pays s’il n’est pas en déclin économique, est bien en déclin DEMOGRAPHIQUE, déterminant plus actuel de son comportement que les souvenirs de l’inflation de 1923. La critique politique et idéologique de F. Lordon est bien complétée par J. Sapir, cité ici à juste titre et qui développe depuis plusieurs années les aspects démographique et économique de la crise de l’euro. Ce qu’on aurait aimé voir aussi dans la liste des responsabilités allemandes, c’est la politique de déflation salariale du gouvernement rose-vert de Schroeder-Fischer vers 2003-2005, connue sous le nom de « lois Hartz » qui a précipité la crise de l’euro, mais c’est inclus dans la déclaration d’Oskar Lafontaine, citée aussi par F.Lordon.
    Ce qu’il faut, pour toute une sensibilité de gauche, c’est d’admettre l’alternative posée il y a déjà plusieurs années par un économiste qui n’est pas de gauche, A. Cotta : « Sortir de l’euro ou mourir à petit feu » et que sortir de l’euro n’est pas sauter dans le vide sans parachute. La monnaie commune est une possibilité, le retour au SME suggéré par O. Lafontaine en est une autre. Un SME associé au contrôle des changes et des mouvements de capitaux serait viable. C’est d’ailleurs le refus du contrôle des capitaux qui a entraîné la création de la monnaie unique.
    PS_1 : excellent commentaire de FrancH : ayant aussi une connaissance personnelle de l’Allemagne, je ne peux qu’approuver tout ce qu’il écrit.
    PS_2 : sur l’absence de démocratie et ses conséquences sur la gestion de la monnaie, on lira l’article récent de Mark Weisbrot : http://www.counterpunch.org/2013/05...

  • permalien Plutarque :
    30 mai 2013 @17h12   « »
    Bravo Crapaud rouge !

    Bravo Crapaud rouge !

    Je suis déjà intervenu une fois dans le même sens que vous et me permets de reproduire mon commentaire :

    Monsieur Lordon,

    Ne vous laissez surtout pas déstabiliser par les quelques grincheux qui estiment que vos articles sont trop longs, trop compliqués ou rédigés dans un style "alambiqué".

    Vous avez une très belle plume que vous mettez au service d’une pensée critique particulièrement pertinente. Le résultat est tout à la fois extrêmement stimulant sur le plan intellectuel et esthétiquement plaisant, l’un n’allant d’ailleurs pas sans l’autre, tant il est vrai qu’il ne saurait y avoir de distinction entre fond et forme lorsqu’il s’agit de connaissance véritable.

    Que les insatisfaits s’en aillent lire les courts articles écrits dans un style anémique que l’on peut trouver dans les médias dominants. Leur ignorance sera confortée et ils y gagneront en sérénité.

    Je vous souhaite courage et satisfaction dans votre activité et vous remercie d’avoir encore longtemps l’amabilité de nous dévoiler le réel, ses enjeux et sa complexité.

    Plutarque

  • permalien BA :
    30 mai 2013 @18h11   « »
    Chômage : record battu.

    Chômage : catégories A, B, C, D, E :

    France métropolitaine :

    5 413 600 demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi. Variation sur un an : + 9,6 %.

    France entière (y compris l’outre-mer) :

    5 731 700 demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi. Variation sur un an : + 9,5 %.

    http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/p...

    Vous vous rappelez toutes les belles promesses au moment du référendum sur le traité de Maastricht ?

    -  « Si le traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, 30 juillet 1992, RTL)

    -  « L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde ; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche)

    -  « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)

    -  « Les droits sociaux resteront les mêmes – on conservera la Sécurité sociale –, l’Europe va tirer le progrès vers le haut. » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2)

    -  « Pour la France, l’Union Economique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage. » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter)

    -  « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune)

    -  « Si aujourd’hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d’intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave. » (Jean Boissonnat, 15 septembre 1992, La Croix)

  • permalien yt75 :
    30 mai 2013 @19h17   « »

    Et quid d’un résumé de la crise actuelle dans le genre :

    La crise dite financière ne l’est pas, "financière", hélas (ou pas), c’est plutôt :
    - 30 glorieuses nourries à l’énergie pas chère
    - deux premiers chocs pétroliers
    - volonté ou désir de retrouver/conserver la croissance des trente glorieuses
    - endettement de tous les pays de l’ocde pour retrouver/simuler la croissance(et passage au fiat petro dollar en 71 facilitant la chose)
    - aujourd’hui choc pétrolier majeur, celui du pic mondial de production (maximum de flux, de débit)
    - les montagnes de dettes en plus
    - préférence pour la valse des étiquettes « financières » : « subprimes », « de la dette », « de l’euro », etc,

    le pétrole ? Le fait que l’on soit actuellement atour du pic mondial de "production", quasi omerta, exemple :
    http://petrole.blog.lemonde.fr/2013...

    Un peu dommage que même Lordon n’ose pas aborder ces sujets, non ?...

    http://iiscn.wordpress.com/2011/05/...

  • permalien Hadrien :
    30 mai 2013 @19h55   « »

    L’idée que l’euro-mark actuel est une voie sans issue fait de plus en plus son chemin. Depuis le fameux billet, ici-même, "Ce n’est pas la grèce qu’il faut exclure, c’est l’Allemagne !", les choses se sont accélérées :
    Ainsi, J. Sapir et J.J. Rosa sont signataires du récent
    « European solidarity Manifesto… in the face of the eurocrisis » :
    http://european-solidarity.eu/signa...

    Il faut reconnaître que même des économistes classiques, voire libéraux, se sont montrés perspicaces à cet égard :
    D’abord, Christian Saint-Etienne dans « LA FIN DE L’EURO », dont la première édition (début 2009) était prémonitoire :

    C’est aussi la conclusion plus récente que présentait “L’EURO”, par JP Vesperini, chez Dalloz, en février 2013 :

    Qu’il s’agisse de la scission en deux zones, ou d’une monnaie commune, comme ici, faisant obstacle à la spéculation du marché sur les monnaies nationales, le fait est qu’on s’interroge sur l’attachement qu’entretient le Front de Gauche à "l’euro pour tous" au nom d’un internationalisme révé qui permettrait d’envisager un SMIC européen... C’est vendre la maison pour sauver le garage, comme cela fut dit d’un autre sujet !

    On peut se demander si le vieil internationaliste Trotskyste ne joue pas des tours à Mélenchon au même titre qu’à Besencenot, à cet égard comme à d’autres où la "gauche de la gauche" adopte des positions plus conciliantes pour le système libéral que ne le fait Marine Le Pen avec des conséquences électorales et sondagières évidentes.
    Le libéralisme n’a-t-il pas pour devise la libre circulation des capitaux, des marchandises et de la main d’oeuvre ? Dans le contexte actuel, lui faciliter la tâche avec un euro sans frontières plus fort que les Etats, ainsi qu’ avec une immigration incontrôlée de travailleurs déracinés corvéables à merci, n’est-ce pas, comme le dit Zemmour, faire le jeu du capitalisme ultralibéral dont on se prétend l’adversaire ?
    Marx avait dit :
    "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !",
    et non :
    "Prolétaires de tous les pays, concurrencez-vous !"...

  • permalien Hadrien :
    30 mai 2013 @20h17   « »

    @ Yt75

    La crise du capitalisme libéral vue comme conséquence du seul choc pétrolier (Octobre 73), c’est l’idéologie dominante... racontée aux enfants ! N’oublions pas que 1973 fut, avant cela, l’année de la fameuse loi Giscard-Pompidou (Janvier 73) marquant la fin du traditionnel "circuit du Trésor" ainsi que l’adoption officielle du système des monnaies flottantes marquant la fin du "Gold exchange standard", deux sujets éminemment liés au propos du présent billet.

    Comme réalité de la crise, même pour H. de Bodinat (Docteur en Business Administration de Harvard, créateur et manager d’entreprises : Sony Music, Club Med, etc.), c’est celle de l’anémie de la mondialisation qui suit immédiatement la scepticémie de la finance et l’infection du lobbying, dans l’ordre des sept plaies du capitalisme :

    La mondialisation, c’est le rêve des néolibéraux, l’apogée de l’hypercapitalisme. Il n’y a plus de frontières aux produits et aux services. Plus de sécurité de l’emploi, non plus. La concurrence entres pays est totale. Les usines ferment et les salaires des travailleurs baissent en Occident. Les multinationales délocalisent ou deviennent « fabless », sans usines, réussissant dans tous les cas à faire exploser leurs marges bénéficiaires. La croissance chinoise cannibalise la croissance occidentale. Les riches sont de plus en plus riches, les pauvres grouillent et s’appauvrissent. Le libre-échange est une divinité qui tout doit être sacrifié, hommes, femmes, enfants. Le libre-échange est bon en soi et ceux qui en doutent sont des hérétiques, ou des apostats dépassés.
    Rendue possible par la technologie (occidentale), la mondialisation a été poussée en avant par une poignée de multinationales, accélérée par le fanatisme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), splendidement manipulée à son profit par la Chine, et encensée par le coeur des vierges libérales.
    Les grandes entreprises occidentales gagnent au tirage et au grattage de la loterie mondiale : baisse des coûts de la production délocalisée, pression sur les coûts de la production non délocalisée. Elles sont les alliées les plus sûres des pays pratiquant une stratégie de sous-évaluation de leur devise…
    La Chine a su utiliser avec efficacité l’arme du taux de change, faisant de la mondialisation une guerre que nous sommes en train de perdre. De façon surréaliste, médias et responsables politiques européens se rengorgent de « la force de l’euro », cette force même qui, combinée à la sous-évaluation du yuan, est en train de détruire l’économie européenne.
    Le drame se joue aussi à l’intérieur de l’Europe. l’euro est surévalué pour les pays d’Europe du Sud, l’Allemagne tirant l’euro vers le haut…
    par son dogme de l’orthodoxie monétaire et son entêtement suicidaire...

  • permalien Hadrien :
    30 mai 2013 @20h36   « »

    @ yt75 (suite) :

    Pas convaincu par la démonstration ?
    On vous la refait, dans le même sens… mais cette fois, avec des gens qui ont vu du pays, et qui ne sont pas non plus des gauchistes :
    F. Dedieu, grand reporter à l’Expansion,
    B. Masse-Stamberger, grand reporter à l’Express
    A. de Tricornot, journaliste au Monde Économie
    Avec la Chine, se met en place une relation « perdant-perdant » (pour les travailleurs de tous les pays, comme disait le barbu). Quelques centaines de millions de personnes passent de la misère rurale à la misère (urbaine) d’un emploi indécent, mais payé au-dessus de 1,25 dollar par jour – niveau qui sert de référence aux statistiques internationales sur la très grande pauvreté -, tandis que des pans entiers d’activités manufacturières s’effondrent dans les pays les plus avancés.

    En attendant, la course à l’abîme des salaires continue dans la grande ronde mondiale de la recherche du plus bas coût possible.
    La pression sur les salaires est accentuée par une certaine « novlangue » de la mondialisation où seuls comptent les « benchmarks » et la « compétitivité ». « Ne molissons pas dans les efforts d’adaptation, nous enjoint big Brother, sans quoi nous serons irrémédiablement largués dans la compétition mondiale » !
    En Europe, l’Allemagne est le pays qui s’est plié avec le plus d’empressement à ces injonctions darwiniennes, parvenant de ce fait à stimuler ses exportations au prix d’une croissance atone et de salaires gelés (se communiquant à toute l’Europe). La France, demeurée plus rétive à cet embrigadement, a subi les foudres des gardiens du temple et s’est vue taxée de « ringuardise » et de « réticence au changement ». Peu importe que le pays figure parmi les plus productifs au monde, devant l’Allemagne et le Japon [Source : Bureau of Labour Statistics, Ministère fedéral américain du travail].
    La situation a été encore aggravée par les oeillères idéologiques de l’Allemagne : prise dans une fuite en avant darwinienne vers la compétitivité – quitte à sacrifier ses salariés – elle refuse de voir que son modéle n’est ni viable à long terme, ni exportable à la totalité des pays de la zone euro.
    D’une certaine manière, les excédents ne sont en fait que l’autre face des déficits des autres pays euro-péens, dont le modèle repose davantage sur la consommation : en 2010, elle a ainsi réalisé plus de la moitié de ses excédents commerciaux (85 milliards sur 153) avec des pays de la zone euro. Une réalité en contradiction avec la vision fantasmée qu’elle a d’elle-même (et qu’elle communique aux autres) : une grande puissance partant victorieusement à la conquête de l’Asie, quitte à laisser de côté les pays « Club Med » du Sud, inutiles et improductifs.

  • permalien Hadrien :
    30 mai 2013 @20h43   « »

    @ yt75 (fin)

    Pas encore tout à fait convaincu ?
    Alors, un dernier, pour la route : Patrick Artus, celui-là, vous connaissez ?
    Même Mélenchon en dit du bien et Bernard Maris en parle en ces termes :
    C’est lui qui, depuis plus de dix ans, a répèté que la pression sur les salaires était intolérable, que les gains de productivité étaient captés par le capital au détriment du travail, et que ce même capital, pour en faire cracher plus encore au travail, organisait délocalisations et restructurations.
    Il a fait une remarque judicieuse en pleine crise de 2009 : contrairement aux années 30, on ne s’en sortira pas par une hyperinflation et une crise ruinant les créanciers et épongeant toutes les dettes, pourries ou non. Pourquoi ? Parce que les salaires chinois sont trop faibles. Tant qu’on balancera du pognon dans le Nord, comme ça se fait aujourd’hui, et qu’on ira en Chine…
    Vous savez de combien la masse monétaire a augmenté dans le monde en un an, disait-il alors ? De 120% ! Mais tant que ce pognon ira acheter du chinois, et tant que les salaires chinois n’auront pas rattrapé ceux du Nord, pas d’inflation. Et vous savez par qui sont possédées les entreprises exportatrices chinoises ? À 70% par du capital(iste) du Nord !
    Raisonnement keynésien imparable, fait remarquer Oncle Bernard : l’inflation n’existe que dans une économie fermée, or l’économie mondiale reste ouverte sur la Chine, l’Inde, etc.
    Et le CAC investit à fond dans les pays émergents : la croissance des pays émergents fait le CAC (les deux tiers du chiffre d’affaires sont dans les BRICS), et réciproquement. On peut réver en se disant que le CAC conserve ses sièges sociaux et ses centres de recherche en France… Ce n’est même plus vrai. Les grosses entreprises (ex : Renault, Alcatel, etc. en Chine) ont tendance à transférer leur savoir-faire et leur recherche.

    Alors, qui est encore pour la mondialisation, interroge Oncle Bernard ?
    Les doctrinaires libéraux, ceux qui pensent que le fric ne sert qu’à faire plus de fric, si possible en cassant du social ou de l’environnemental. Et il poursuit :
    Depuis longtemps, les économistes savent que le commerce international « libre » (et « parfaitement faussé ») est une bétise. Paul Krugman (récemment), Joseph Stiglitz, et même Paul samuelson (paix à ses cendres libérales), tous sav(ai)ent bien que, dans le commerce mondial, les nations qui triomphent ne sont pas libérales. En France, il reste Alain Minc et Daniel Cohen… qui affirme au blog Alter Eco que les pertes d’emploi sont dues pour 15% à la mondialisation et pour 85% aux gains de productivité… Daniel… Tu n’as pas honte ? Tu ne sais pas que les gains de productivité sont réinvestis soit en hausses de salaires, soit en investissements, soit en dividendes ? Que la plus forte période de gains de productivité , où les salaires flambaient et le chômage était nul, fut celle des trente glorieuses ?

  • permalien Michel Berdagué :
    30 mai 2013 @21h50   « »

    Dans le Manifeste pour un Parti ou Mouvement Communiste Marx et Engels faisaient un Appel pour que les prolétaires face au capitalisme ayant tout pouvoir constituent un rapport de force, et une force qui serait incontournable pour construire une société vivable non pas dans un seul pays mais en union en effet des prolétaires indiquant par là aucune concurrence ou conflits ou guerre ne devaient se produire , le capital ferait tout pour diviser et tuer pour mieux régner : la boucherie de 14/18 des deux prolétariats allemands et français où Jaurès lors de la commémoration de la Commune en 1913 voyant le danger imminent et ne se faisant aucune illusion a fait un discours " contre la guerre et pour l’ amitié entre la classe ouvrière allemande et française " -cf le blog de Patrick Le Hyaric- , le 31 juillet 1914 assassinat de Jaurès par villain acquitté en 1919 ! Le capital , l’ U.E/B.C.E., la Troïka en 2013 favorisent en réactionnaires ultra-libéraux toutes les concurrences inimaginables objets et humains . Et " Une économie de l’ Otan ; pour une nouvelle alliance , vers en nouvel ordre mondial " titre d’ un article trouvé dans les éditions de l’ Otan - " Atlantic Council " montre qu’ il y a une stratégie de conquête de la part de nos amis américains sur l’ Europe . Là il va y avoir une sacrée concurrence , bien sûr complètement faussée l’ U.E./B.C.E./Otan en cassant le maillon fort et résistant, Nous, auront avec déjà de longues années de casses multiples préparé le terrain, sous l’ œil toujours bienveillant du F.M.I. Ce G.M.T. transformé en TTIP signé par 2 coms. européens non élus et Obama va faire des ravages pour notre nation républicaine , le peuple , les prolétaires et toutes les catégories professionnelles. Nous devons construire avec le prolétariat américain une union comme avec celui de tous les pays.

  • permalien Crapaud Rouge :
    31 mai 2013 @07h10   « »
    @Hadrien et yt75 : finances et pétrole

    Comme l’explique très bien Oil Man à longueur de billets, (http://petrole.blog.lemonde.fr/), la production de pétrole stagne et ne pourra que décliner. Dans ces conditions, comment assurer la croissance économique des masses laborieuses ? C’est impossible, car consommer (n’importe quoi) suppose de consommer du pétrole et bien d’autres matières premières non renouvelables. (Y compris le sable dont on fait le béton...) Alors, comment continuer à faire des profits substantiels quand on est capitaliste ? Réponse : mondialisation et néolibéralisme, avec tout ce qui s’ensuit, dont cette "crise", faite pour durer.

  • permalien yt75 :
    31 mai 2013 @11h28   « »

    @Hadrien

    Excusez moi je n’ai pas encore tout lu ...

    Mais je ne vois aucune contradiction entre dire que la crise actuelle est à la fois une crise de la "civilisation techno industrielle nourrie à l’énergie fossile pas chère", et dire que bien évidemment il y a aussi des aspects éminemment politiques, et monétaires.

    Quant à "la version racontée aux enfants". Non je ne crois pas, il se trouve au contraire qu’il y a une véritable Omerta actuellement à ce sujet (et depuis un moment).
    Deux bons exemples :
    http://petrole.blog.lemonde.fr/2013...
    Et :
    http://petrole.blog.lemonde.fr/how-...

    Et d’autre part les deux aspects ne sont bien sûr pas indépendants, comme le fait que par exemple l’AIE se trasforme aujourd’hui plus ou moins comme un bureau de "public relationship" pour les intérêts financiers de l’industrie US (d’extraction en particulier).
    (et les aspects monétaires aussi mentionnés dans mon post initial : passage au fiat petro $ en 1971)

    Réponse plus développée plus tard (si je trouve le temps).

  • permalien yt75 :
    31 mai 2013 @11h51   « »

    Et l’on pourrait dire que "la version racontée aux enfants" serait plutôt cet espèce de présupposé comme quoi l’"économie" (en tant que "science humaine", corpus de connaissances, voir corpus d’écrits) serait quelque chose à visée a-historique, en phase de mise en place.

  • permalien LM :
    31 mai 2013 @13h25   « »

    Passionnant billet, comme d’habitude, et - même si je ne les ai pas tous lu... - d’intéressants commentaires également, ce qui change agréablement de nombreux autres blogs.

    Je regrette seulement un peu (pour ce billet-là en particulier, mais aussi pour les analyses - éclairantes - de M. Lordon en général) que la notion de classe ne joue pas un rôle plus important dans vos analyses, même si elle y apparait parfois.

    Je m’explique : On peut sans doute expliquer une partie de la politique économique d’un pays par ces "invariants symboliques de longue période" en partie par construits par (la dimension culturelle de) l’histoire économique de ce pays ; mais les "corps sociaux nationaux" ne sont pas homogènes, ils sont structurés selon plusieurs dimensions, notamment celle qu’on l’on appelle la classe c.à.d. la position relative au sein des rapports de production et de consommation. On peut remonter au début des processus d’extension impérialiste du capitalisme européen au 15e siècle (et sans doute plus loin) pour voir que malgré la nature territorialisée (régionale, nationale, internationale) des processus de compétition économique, le capitalisme a aussi pour propriété structurelle de servir des intérêts de classe qui excèdent largement ces cadres territoriaux.

    Il ne faut pas négliger dans notre analyse de la situation actuelle l’intérêt d’une proportion minoritaire (mais majoritaire en capital) de la population française (ou des autres pays européens), intérêt commun avec celui des capitalistes allemands, tous bien repus par les massifs transferts de richesses opérés à l’occasion de la soi-disant "crise" actuelle.

  • permalien BA :
    31 mai 2013 @14h34   « »
    Vers la dislocation de la zone euro.

    Aujourd’hui, il y a deux Europe :

    - l’Europe des pays périphériques : ces pays sont en faillite. Le chômage atteint des niveaux catastrophiques ;

    - l’Europe des pays du nord : ces pays sont en train de sortir de la crise.

    Ces deux Europe s’éloignent l’une de l’autre de plus en plus vite.

    Zone euro : chômage pour le mois d’avril 2013 :

    1- Médaille d’or : Grèce. 27 % de chômage.

    2- Médaille d’argent : Espagne. 26,8 % de chômage.

    3- Médaille de bronze : Portugal. 17,8 % de chômage.

    4- Chypre : 15,6 % de chômage.

    5- Irlande : 13,5 % de chômage.

    6- Italie : 12 % de chômage.

    Et les pays qui ont le moins de chômage ?

    Pays-Bas : 6,5 % de chômage.

    Luxembourg : 5,6 % de chômage.

    Allemagne : 5,4 % de chômage.

    Autriche : 4,9 % de chômage.

    http://epp.eurostat.ec.europa.eu/ca...

  • permalien ThC :
    31 mai 2013 @23h42   « »

    Best seller : sortir le Portugal de l’euro ? (presse portugaise) 31 Mai 2013 :

    http://www.arretsurimages.net/vite....

  • permalien BA :
    1er juin 2013 @21h31   « »
    Le chômage des jeunes en Europe.

    Mardi 28 mai 2013 :

    L’Allemagne craint une révolution si l’Europe jette à la ferraille son modèle social.

    Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a averti mardi que perdre la bataille contre le chômage des jeunes pourrait déchirer l’Europe, et que l’abandon du modèle social du continent européen en faveur de normes plus strictes comme aux États-Unis pourrait déclencher une révolution.

    L’Allemagne, la France, l’Espagne et l’Italie veulent une action urgente pour sauver toute une génération de jeunes Européens qui craignent de ne pas trouver d’emploi. Le chômage des jeunes dans l’Union Européenne se chiffre à près de un sur quatre, soit plus du double que le chômage des adultes.

    "Nous devons être plus efficaces dans notre lutte contre le chômage des jeunes, sinon nous perdrons la bataille pour maintenir l’unité de l’Europe", a déclaré Wolfgang Schäuble.

    Alors que l’Allemagne insiste sur l’importance de la consolidation budgétaire, Wolfgang Schäuble, lui, a évoqué la nécessité de préserver le modèle social de l’Europe.

    Si les normes sociales américaines sont introduites en Europe, "alors nous aurons une révolution, pas le lendemain, mais le jour même" a déclaré Schäuble lors d’une conférence à Paris.

    http://www.reuters.com/article/2013...

    Zone euro : taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans :

    Slovénie : 24,4 % de chômage.

    Irlande : 26,6 % de chômage.

    Chypre : 32,7 %.

    Italie : 40,5 %.

    Portugal : 42,5 %.

    Espagne : 56,4 %.

    Grèce : 62,5 %.

    Source : lien Eurostat donné ci-dessus.

  • permalien Zolko :
    2 juin 2013 @00h16   « »
    @ yt75

    La crise dite financière ne l’est pas, "financière", (...) c’est plutôt (...) celui du pic mondial de production du pétrole

    Je sais que coïncidence n’implique pas automatiquement causalité, mais le fait que le peak-oil arrive en même temps que l’effondrement financier basé sur la croissance devrait quand-même donner à réfléchir.

    Quel serait le mécanisme de cette causalité ? Les intérêts manquants : l’argent étant créé par crédit, l’argent des intérêts n’est jamais créé, seulement l’argent du principal. Pour rembourser les intérêts d’un prêt, il faut faire un nouveau prêt, dont on utilise l’argent créé pour le principal ...

    C’est un schéma pyramidal style Ponzi traditionnel. Il va s’effondrer, il n’y a pas de solution : "effondrer" voulant dire "valeur réduite à 0", tout l’argent dans les banques n’aura plus aucune valeur, zéro.

  • permalien jgn :
    2 juin 2013 @10h47   « »

    À la question "Qu’est-ce que l’Europe ?" (D’où vient-elle, en d’autres termes, quels intérêts sa création a-t-elle et continue-telle de servir ?), on voudra bien considérer cet élément de réponse :

    « Friedman a choisi pour angle de sa plaidoirie l’idée que la mondialisation constituait le moyen idéal pour diffuser les valeurs capitalistes, individualistes et libérales américaines (3).
    Mais ces valeurs, ces intérêts aussi, requièrent parfois l’appui de la puissance militaire des Etats-Unis. En 1999, peu avant le début des bombardements de l’OTAN contre la Yougoslavie, Friedman expliquait : « Le fait que deux pays ne se sont plus jamais fait la guerre depuis que l’un et l’autre ont accueilli des McDonald’s [c’est là l’un de ses théorèmes...] est aussi le produit de la puissance américaine et de la disposition à en faire usage contre ceux qui menaceraient le système de la mondialisation [...] Sans les hommes en colère surpuissants d’une Amérique forte, le monde serait infiniment moins stable. La main invisible du marché ne peut pas fonctionner sans un poing caché [qui] s’appelle l’armée, la force aérienne, la force navale et les marines des Etats-Unis.  »

    [http://www.monde-diplomatique.fr/ca...]

    Conséquemment, on s’étonnera alors de ce que des discussions byzantines continuent de faire croire qu’un simple changement de paradigme À L’INTÉRIEUR des mêmes circonstances qui ont présidé à la construction du système, puissent continuer de servir l’illusion qu’ainsi les choses, ou plus exactement, les conditions de notre asservissement à ce système changeraient.
    Au point devon-retour où nous sommes rendus,ne faut-il pas, enfin, se rendre à l’évidence ? C’est bien de SYSTÈME dont il nous faut changer, et non en corriger quelques aspects désastreux.

  • permalien
    2 juin 2013 @21h05   « »

    Il serait bon d’introduire un compteur pour savoir combien de personnes ont lu cet article !

  • permalien lagauchitude :
    2 juin 2013 @21h21   « »

    Merci Frédéric LORDON de faire de la politique. Merci de si bien décrire les causes institutionnelles de notre glaciation européenne. Et merci de proposer des idées pour dépasser notre contemporain déni de démocratie, issu de la dictature conjointe des Marchés et de l’Histoire de l’Europe.

    Le pire, partout, en tous temps, ce sont les "réactionnaires" nous disant que nous avons atteint la Fin de l’Histoire. Que si le monde est ainsi, c’est parce que c’est ainsi qu’il doit être. Que la Main Invisible du Marché est la Dernière Étape avant l’Éternité Édénique ;)

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