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Mourir aux portes de l’Europe

vendredi 4 octobre 2013, par Philippe Rekacewicz

« Un nouveau drame de l’immigration », déclarent les présentateurs de télévision d’un air contrit : jeudi 3 octobre, le naufrage, au large de l’île italienne de Lampedusa, d’une embarcation partie de Libye et qui transportait de quatre cent cinquante à cinq cents migrants s’est soldé par la mort d’au moins trois cents personnes. Dans l’exposition d’esquisses cartographiques « Cartes en colère », Philippe Rekacewicz revenait, à partir de plusieurs figures, sur la « véritable stratégie de guerre » mise en œuvre par l’Europe pour contenir « l’envahisseur ». Extrait.

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Le monde Interdit

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Un monde sanctuarisé
Esquisse cartographique de Philippe Rekacewicz, extraite de l’exposition « Cartes en colères » présentée à la maison des métallos à Paris en octobre 2012.

C’est étrange, cette peur paranoïaque de l’invasion, cette volonté de se « protéger » coûte que coûte de ces êtres humains qui, chaque année, prennent le chemin de l’exil vers les pays riches qu’ils imaginent terre d’espérance. Mais les riches ont décidé que cette humanité-là était indésirable.

Ils renforcent leurs frontières, dressent des barrières, construisent des murs toujours plus hauts. Une véritable stratégie de guerre mise en œuvre pour contenir « l’envahisseur ».

Par un effet d’entraînement, d’autres grands pays comme le Brésil, la Chine ou la Russie mettent aussi en place une « sanctuarisation intérieure » pour limiter les migrations économiques des régions pauvres vers les zones de forte croissance.

Ces obstacles physiques sont des outils efficaces pour criminaliser l’immigration et rendre acceptable l’emploi d’expressions inacceptables : « immigrant illégal ». On fait croire qu’ils transgressent la loi : grâce à ces nouveaux obstacles, juridiques ou physiques, on crée une nouvelle catégorie de délinquants : le migrant.

Au mépris du droit international et des valeurs universelles.

Les trois frontières de l’Europe

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Toujours plus de morts au pied du mur
Esquisse cartographique de Philippe Rekacewicz, extraite de l’exposition « Cartes en colères » présentée à la maison des métallos à Paris en octobre 2012. Ce document s’appuie sur les méticuleuses recherches du géographe Olivier Clochard, membre du réseau Migreurop.

Cette carte, nous l’avons dressée pour la première fois en 2003 grâce au méticuleux travail d’Olivier Clochard du laboratoire Migrinter à Poitiers. Nous mettons régulièrement à jour ce document et hélas, à chaque fois, nous devons rajouter des points noirs, grossir toujours plus les cercles rouges.

Lire aussi « Rendez-vous à Sharon Stone », novembre 2011.Le 1er janvier 1993, Gerry Johnson, un citoyen du Liberia – pays alors dévasté par une guerre civile meurtrière –, est découvert mort étouffé dans un wagon de marchandises à Feldkirch, en Autriche. Le 3 octobre 2013, un bateau coule près de l’île de Lampedusa avec 500 migrants à bord, la plupart originaires d’Afrique de l’Est. Entre ces deux dates et ces deux lieux, un peu plus de 17 300 autres migrants – estimation a minima d’une hécatombe ignorée – ont perdu la vie en tentant de rejoindre l’Europe, terre de la liberté et des droits de l’homme.

On meurt aussi en repartant, comme Marcus Omofuma, citoyen nigérian assassiné le 1er mai 1999 par trois policiers autrichiens sadiques dans un avion de la Balkan Air lors de son rapatriement forcé.

Géographie d’une humanité indésirable

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A l’Ouest les copains bienvenus chez nous, le portefeuille bien garni, et à l’Est, les indésirables, les gueux, le petit peuple du monde trop pauvre pour nous « mériter ». Symétrie presque parfaite : subsistent des îlots de pauvres à l’Ouest, des îlots de riches à l’Est.

Manichéen ?

A peine. La géographie politique européenne des visas montre avec une certaine cruauté la vision européenne du monde, si peu généreuse. Il faudra que l’on m’explique ce qu’il y a de logique dans le fait que l’UE exige des ressortissants du Kosovo – Etat le plus pauvre de toute l’Europe – un visa hors de prix pour circuler dans l’Espace Schengen.

Il y a de multiples façons de partager le monde, les territoires, les régions. Que ce soit selon le principe des nations, du regroupement de nations, d’indicateurs socio-économiques ou politiques, ils nous rappellent avec cynisme ce que nous n’aimons pas voir de nous-même : notre égoïsme, notre violence. Nous feignons l’aide au développement, nous n’exportons chez les pauvres que des modèles inapplicables.

Et nous leur imposons des visas inaccessibles.

Pourtant l’Afrique pauvre, par exemple, offre aussi de la culture, de la musique et du théâtre. Des diplomates, des professeurs. Des étudiants, des travailleurs. Des écrivains. Autant d’êtres humains que l’Europe renvoie parfois ficelés comme des saucissons dans des avions, quand ce n’est pas dans des linceuls, lorsqu’ils ont échoué à obtenir un visa ou un titre de séjour.

Ce projet est largement basé sur le travail méticuleux réalisé par l’ONG United au Pays-Bas, sans qui cette boucherie resterait largement ignorée.

Ce texte a été traduit en anglais, et en néerlandais.

Voir aussi et notamment : « Comment l’Union européenne enferme ses voisins » de Alain Morice et Claire Rodier, dans Le Monde diplomatique (juin 2010) et « Migrations, sauvetage en mer et droits humains » sur ce blog (septembre 2009).

Notes

Esquisses de Philippe Rekacewicz, avec la participation d’Olivier Clochard

30 commentaires sur « Mourir aux portes de l’Europe »

  • permalien tounsi :
    5 octobre 2013 @00h56   »

    Pour la protection des Refugiés Economiques
    http://nawaat.org/portail/2011/06/2...

  • permalien gloc :
    5 octobre 2013 @07h48   « »

    le "drame de l’immigration" n’est qu’une conséquence obligée du "drame de la colonisation"... suivit du "drame de la décolonisation".

    ... pour ne pas parler du "drame de la compétitivité du travail"

  • permalien gloc :
    5 octobre 2013 @08h08   « »

    Il y a Frontex pour alimenter la prohibition d’immigrés, et il y a Frontexit pour lutter contre Frontex.

  • permalien Georges :
    5 octobre 2013 @11h13   « »
    Décider librement au coeur des Etats-nations

    Il s’agit simplement de savoir si les peuples et leurs représentants élus sont autorisés à fixer des politiques migratoires, ou pas.

    Est-ce que l’apport important de populations portant avec elles leurs propres références culturelles ne se trouve être d’aucun effet dans les sociétés ?

    Le terme stratégie de guerre employé à propos d’une tentative de maîtrise des frontières me paraît déplacé et excessif dans la mesure ou aucun acte de guerre n’est mené.
    Une position tout autant hors de propos que celle qui tendrait à expliquer que ces flux migratoires s’apparentent à des stratégies de conquête de territoires.

    Précision et mesure, sur de tels sujets, apparaissent comme des garde-fous indispensables.

    Je ne pense pas pour ma part que le droit international disqualifie la mise en oeuvre de la maîtrise des frontières. S’il y a du droit international, c’est parce qu’il y a des frontières et de la souveraineté. Régis Debray a récemment fait un brillant "éloge des frontières".

    La France a un système d’accueil des réfugiés, régi par le droit, relevant de standards bien plus élevés que de bien des pays du monde.

    Au surplus, ce n’est pas loi qui crée le délinquant, mais la violation de celle-ci. A défaut, il suffirait de supprimer la loi pour supprimer la délinquance, ce qui apparaît comme une position assez baroque...

    Enfin, sur la phrase suivante, tout de même assez étonnante :

    Il y a de multiples façons de partager le monde, les territoires, les régions.

    Et comment allez-vous partager le Monde, les territoires et les régions, selon quels critères ethnocentrés ? Qui décidera pour qui et selon quelle légitimité ?

    Et si les peuples souhaitent maîtriser leurs frontières et réduire le nombre de visas et les entrées migratoires, faudra t-il se passer de l’avis du peuple, préférant celui des experts ?

    Il faut renoncer à nos Etats-nation ?

    La cruauté, n’est-ce pas de faire croire à ces hommes que nos sociétés en crise offrent plus de perspectives qu’un investissement politique dans leur propre pays ?

    Et la question identitaire, dans une période où le libéralisme économique - baisse des salaires...- anglo-saxon promeut le multiculturalisme, cette quasi assignation aux "origines", qu’en fait-on ?

    La France a fait le choix, par son histoire, du républicanisme situé et de l’identité citoyenne basée sur les valeurs partagées, soit ces valeurs qu’elle a forgées lors de son cheminement singulier.

    A l’heure où certains démographes assurent que l’assimilation républicaine ne fonctionne plus, ne pourra t-on pas débattre de la notion d’identité des peuples face à d’éventuelles "vagues migratoires" ?

    Ces questions existent dans l’esprit de beaucoup de citoyens, sans que pour autant, et malgré les effets de manches opposés, ceux-ci ne soient indifférents aux drames de ces hommes qui tentent de rejoindre nos côtes.

  • permalien Chateaubriand3 :
    5 octobre 2013 @15h37   « »

    Milton Friedman et l’école de Chicago des ultra-libéraux (voir notamment le livre de Friedman "la société ouverte") sont favorables à la fin des frontières et à l’installation libre des immigrés chez nous. Cette immigration a pour effet d’exercer une pression à la baisse sur les salaires et Friedman lui-même déclarait qu’une immigration forte signifierait la fin de l’Etat-providence. Est-ce cela que nous voulons ? Les travailleurs qui souhaitent conserver un salaire décent et des droits socio-économiques normaux sont favorables aux frontières. L’union sacrée entre les ultra-libéraux et l’extrême gauche médiatique de "libé" et canal plus me surprendra toujours.

    La richesse est malheureusement limitée... Les immigrés qui viennent chez nous - sympathiques bien évidemment, là n’est pas le problème - constituent simplement l’armée de réserve du capitalisme, comme le disait d’ailleurs déjà Marx. Il ne faut pas oublier - faisons un peu d’histoire - qu’en 1973, peu de temps avant sa mort, le président Pompidou reconnaissait avoir ouvert les vannes de l’immigration à la demande d’un certain nombre de grands patrons, tel Francis Bouygues, désireux de bénéficier d’une main-d’œuvre docile, bon marché, dépourvue de conscience de classe et de toute tradition de luttes sociales, afin d’exercer une pression à la baisse sur les salaires des travailleurs français. Tout cela n’est pas neuf et il suffit d’ouvrir n’importe quel manuel d’histoire pour s’en rendre compte. Quand il y a pénurie de main-d’œuvre, de deux choses l’une, soit on augmente les salaires, soit on fait appel à la main-d’œuvre étrangère. C’est toujours la seconde option qui est privilégiée par le Patronat. Que la soi-disant "gauche" et le patronat marchent la main dans la main sur ce combat là n’arrête pas de me surprendre. Il est vrai que cette "gauche", c’est la gauche de "canal plus", de libé, pour laquelle les mots "travailleur" et "ouvrier" sont devenus synonymes de "beauf"... C’est la gauche qui participe à la "société du spectacle". Comme personnellement, je ne possède pas la télé, je suis peu influencé par tout ce cirque médiatique, mais je me demande simplement jusqu’à quand la "gauche" va favoriser une politique explicitement contraire aux intérêts de la classe sociale qu’elle est censée représenter... J’ai l’impression que la lucidité n’est pas vraiment au rendez-vous...
    Bien entendu, le drame de Lampedusa est un drame. Mais il faut maintenir que chaque pays a le droit de fixer la politique migratoire qui lui plaît et qui est conforme aux intérêts de ses citoyens. Après avoir abandonné tant de compétences, il faudrait abandonner celle-là aussi ? Par ailleurs, pas un mot sur les mafias esclavagistes qui tirent profit de la détresse de ces populations et qui sont les véritables responsables de ces drames.

  • permalien N.Kh. :
    5 octobre 2013 @16h09   « »

    Migration problem has two aspects. It’s cheap labor and cultural identity . Now a symbol of migration has become an island of Lampedusa . But the problem for Europe has not been described in the first speech of the chairman of the Russian parliament at the Parliamentary Assembly of the Council of Europe. It was an omission that was a long time in Russia’s foreign policy and an indication of the authorities regarding the development of the young democracy in Russia . In the 20 years since Russia adopted a new Constitution and Sergei Naryshkin not say that, did he also spoke about migration as an issue that is discussed here .
    In fact, next year will mark the anniversary of the start of World War II. In Russia Naryshkin is the main administrative position on Russian history , being a professor of economics . He headed a commission for the anniversary of the outbreak of the First World War. It is well known that Russia lost the war , despite the alliance with Britain, France and US. The two world wars were . It’s scary , but it is important to know that the last point put US. But it should be remembered that France and Germany have officially resigned after two world wars , so it looks like Naryshkin diplomatic gaffe . Of course , indifference and apathy must be condemned , but Tolokonnikova from "Pussy Riot" is complaining that her rights are violated in prison as a prisoner.
    In the U.S., Barack Obama legalize 11 million migrants to pay taxes . To reduce the migration and dependence on Lapmeduzy need more help to poor countries , economic prosperity reduces fertility and population mobility . Now residents of Portugal go to their former colonies .

  • permalien René :
    6 octobre 2013 @04h47   « »
    Où est passé l’internationalisme prolétarien ?

    "les riches ont décidé que cette humanité-là était indésirable."
    Hélas, il n’y a pas que les riches qui pensent ainsi.
    Les riches ont déjà dressé les travailleurs "intérieurs" les uns contre les autres, en concurrence pour la recherche d’un travail. En créant le statut d’ "immigrés illégaux" grâce aux barrières, les riches font coup double :
    1 - Ils créent une catégorie de main d’oeuvre contrainte de se vendre à n’importe quelle condition, pesant ainsi à la baisse sur tous les salaires.
    2 - Par ces barrières, les riches donnent l’impression de "défendre" les travailleurs intérieurs contre ceux qui sont perçus comme des concurrents déloyaux
    Elle est loin la période des années 30 où la CGTU accueillait ces immigrants dans les sections M.O.I. (Main d’Oeuvre Immigrée) pour les aider à aligner leurs droits sur ceux des travailleurs intérieurs. C’était l’époque de l’internationalisme prolétarien et de la solidarité rouge. Une autre époque...

  • permalien sansfrontieres :
    6 octobre 2013 @08h11   « »

    chronique des chiens noyes decrite dans le roman le detroit loccident barricade(riveneuve) et qui se perpetuera avec la complicite des pays gardes chiourmes. merci pour cette carte, radeau de la meduse de la misere humaine

  • permalien Monica :
    6 octobre 2013 @12h22   « »

    Très chère ? ça coute 80 dolars a L’Equateur , mais le problème c’est ne pas le prix, c’est la quantité extraordinaire de papier que on besoin de présente a l’ambassade pour prend les petit vacances a L’Europe et la réponse c’est un NON ! C’est vrai, Il y a de multiples façons de partager le monde, c’est dommage et pas juste !!!

  • permalien
    6 octobre 2013 @19h39   « »

    pour en finir avec cette tragédie,il faut en finir avec les rapports néocoloniaux liant le nord au sud,il faut en finir en europe occidentale meme,en détruisant le capitalisme,seul responsable de ce qui se passe en libye,où les djihadistes au pouvoir justifient de facto l intervention des usa pour les en chasser.le fascisme étant le dernier recours de la bourgeoisie,il faut que les marxistes s unissent avec les sociaux-démocrates pour annihiler l extreme droite,voir aux gaullistes,comme dans les années 60 dans le cas de l oas,puis entrent dans des gouvernements"rose-rouge"pour démanteler la dictature de la bourgeoisie ;le problème est que la droite se rapproche tout doucement du fn,que alain soral permet d entretenir l amalgame entre communisme et fascisme,et que les forces antilaiques et antiprogressistes ont le vent en poupe au maghreb et au mackrech.il faut un "front de gauche"fort face à un capitalisme passé au stade agressif de l impérialisme,puisque hollande prépare d ici à un mois une intervention en centrafrique.

  • permalien Аnnette :
    6 octobre 2013 @22h06   « »

    Le 1er Sinistre Frenchy a dit qu’il compatissait (Ca ne mange pas de pain) et qu’il fallait en parler au niveau européen ! (Yaka faucon)

    Je suis sûre que par exemple José Manuel von Valls compatit gravement entre deux expulsions de Roms et de Libyens et que Normal 1er alias "Papa Oland" en Afrique Occidentale Française (AOF) doit sûrement très mal en dormir... Arffff !

  • permalien Vitigis :
    7 octobre 2013 @09h57   « »
    Vitigis

    Par un effet d’entraînement, d’autres grands pays comme le Brésil, la Chine ou la Russie...

    Et voilà ! les Occidentaux sont les seuls méchants. Oublié, le passeport intérieur soviétique et les restrictions maoïstes au mouvement des personnes. Ce sont les Occidentaux qui "entraînent" les autres !

    Alors comme ça, "nous" sommes de riches paranoïaques qui faisons la guerre au reste de l’humanité. Ben voyons. Vous ne savez pas que le vote Le Pen est répandu chez les pauvres ?

    Mais pourquoi les Somaliens noyés essayaient-ils de fuir le pays des gentils Chabab ?

    Depuis l’affaire syrienne, le Diplo n’est plus crédible. Mais ici, il se surpasse.

  • permalien Charles Max :
    7 octobre 2013 @16h04   « »

    Allons, allons ! Nous Européens, qui sommes si méchants, mauvais, xénophobes, dominateurs, arrogants, coloniaux, impérialistes et j’en passe et des meilleurs, finalement, nous rendons un fier service aux crève-la-faim en les dispensant de subir humiliations, brimades, vexations, discriminations en les empêchant de nous côtoyer.

    Ils ne seraient pas un peu maso, ces pauvres, de vouloir absolument venir chez des gens aussi inhumains que nous ...

  • permalien Jaime Lannister :
    7 octobre 2013 @17h06   « »

    Pour les pays qui ont fait le choix de la cohésion sociale, il est juste logique de lutter contre l’immigration (RSA, CMU qui paie ?).

    En revanche des pays comme les USA où seul le travail permet de survivre (pas nécessairement de s’intégrer mais au moins de survivre), cela est en effet moins compréhensible.

  • permalien Lustucru :
    7 octobre 2013 @18h16   « »

    Jaime Lannister

    "Pour les pays qui ont fait le choix de la cohésion sociale, il est juste logique de lutter contre l’immigration (...)"


    - 1) Vous employez dans votre curieuse proposition 2 concepts qui n’ont strictement rien à voir, à savoir cohésion sociale & immigration. A moins d’adhérer à une idéologie raciste comme le nazisme ou la pureté ethnique était considérée comme le ciment de la société, dans un monde "civilisé" votre proposition est - pardonnez-moi - absurde. Vous noterez en outre qu’en France l’immigration a largement contribué à la construction économique & sociale de la société, il ne s’agirait pas de l’oublier.
    - 2) Que la France aurait fait le choix de la cohésion sociale est en outre surréaliste & les différences de revenus entre la classe laborieuse & les exclus d’un part, & les classes plus privilégiées d’autre part, sont là pour prouver le contraire. La France n’est pas une démocratie populaire au dernières nouvelles.
    - 3) Au cas où vous auriez des difficultés sémantiques & que vous voudriez dire que la France a fait le choix de la pureté ethnique, je suis au regret de vous dire que grâce à Dieu ce n’est pas le cas !
    - 4) Pour ce qui est de votre curieuse question de savoir à qui incombe la charge de la solidarité nationale - bien que ce soit un truisme - je peux vous rappeler qu’elle incombe par définition à l’ensemble de la communauté nationale & bien évidemment aux plus fortunés en 1er chef.

  • permalien Аnnettе :
    7 octobre 2013 @18h34   « »

    J’ai envie de vomir à lire certains commentaires, est-ce normal ? :-(

  • permalien Laurent Campiche :
    8 octobre 2013 @00h08   « »

    Le plus fou c’est cette illusion de croire que l’immigration, phénomène de tous les temps peut être contenue à coups de décrets, de lois, de règlements et de contingentement.

    Dès l’instant ou l’humanité s’est sédentarisée la notion de territoire est devenue essentielle puisque l’on ne se déplaçait plus au gré des ressources. le seul problème est que ces ressources ne se répartissent pas uniformément sur la planète et il y a donc une forte différence de potentiel.

    Le - étant irrémédiablement attiré par le + et pas seulement en physique l’immigration est inéluctable et vouloir distinguer les réfugiés économiques des réfugiers politique est juste une escroquerie intellectuelle insoutenable car mourir de faim à petit feu est probablement la pire des fins qui soit !

    La politique que nous conduisons aujourd’hui va à l’encontre de ce qu’il conviendrait de faire. Elle est hors de prix et totalement inefficace.

    Ce que nous devrions faire c’est de concentrer l’essentiel de nos moyens à cette cause sur place, auprès de nos ambassades et de nos consulats afin d’aider les gens, de les soigner, de les former sur place ou dans la proche région. Nous devrions faire de ses réfugiés les élites de demain et des artisans indispensable pour leur pays. Il ne devrait plus y avoir de camps de réfugiers mes des villages ou des villes, bâties par ces gens et ces lieux seraient le siège de toutes sorte de formation, d’échanges interculturels et interconfessionnels.On y construirait des dispensaires, des écoles, des églises et des mosquée, des théâtres et des cinémas et il y ferait bon vivre.

    On réserverait l’immigration vers nos contrées à celles et ceux qui ont absolument besoin d’une prise en charge lourde.

    La conscription permettrait à des volontaire d’effectuer leur service dans ces Kibboutz humanitaires comme spécialistes, formateurs, soignants, scientifiques etc...

    On deviendrait alors des faiseurs de démocratie et la paix deviendrait bien plus attractive que la guerre.

  • permalien Jaime Lannister :
    8 octobre 2013 @00h42   « »

    @Lustucru

    Nier que l’immigration (de masse puisque c’est de cela dont il s’agit) nuise à la cohésion sociale n’est pas sérieux. Quid du communautarisme, de l’emploi de travailleurs non qualifiés dans une économie moderne, du logement. Tôt ou tard ça nous pète a la gueule et c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui...

  • permalien Lustucrυ :
    8 octobre 2013 @03h37   « »

    Jaime Lannister

    "@Lustucru

    Nier que l’immigration (de masse puisque c’est de cela dont il s’agit) nuise à la cohésion sociale n’est pas sérieux. (...)"

    Ah mais ce que je vous ai déjà répondu est très sérieux bien au contraire ... ce qu’il ne l’est pas du tout c’est de véhiculer les thèses putrides du FN & autre Bloc Identitaire comme vous le faites manifestement.

    Je n’aurai pas la cruauté mentale de paraphraser quelques citations célèbres d’Albert Einstein sur ce sujet, mais je vous invite à les méditer très sérieusement ...

  • permalien Jaime Lannister :
    8 octobre 2013 @11h15   « »

    @Lustucru

    C’est toujours pareil, dès qu’on parle d’immigration, le racisme est forcément au coin de la rue et les idées nauséabondes du FN insidieusement ancrées dans nos esprits faibles...

    Travaillant en Afrique et ne votant pas vraiment à droite, vos propos me font sourire.

    L’histoire a prouvé à maintes reprises que l’immigration générait des tensions. Oseriez vous le nier ?
    Je ne dis pas qu’il faut donc purement et simplement l’empêcher mais cet article qui tend à démontrer l’injustice voir la cruauté des humains les uns envers les autres et donc à ouvrir les frontières mérite d’être taxé de grave naïveté.

  • permalien Lυstυcrυ :
    8 octobre 2013 @11h36   « »

    Jaime Lannister

    "@Lustucru

    C’est toujours pareil, dès qu’on parle d’immigration, le racisme est forcément au coin de la rue et les idées nauséabondes du FN insidieusement ancrées dans nos esprits faibles..."

    Eh bien oui les "esprits faibles" qui savent lire les programmes du FN & Cie & en reconnaissent forcément les déclinaisons ...

    Jaime Lannister

    "Travaillant en Afrique (...)"

    J’ai déjà eu le triste privilège de connaître certaines personnes ayant "travaillé" en Afrique qui déclinaient aussi très bien les argumentaires d’Ordre Nouveau & Co ... ce n’est pas le genre de personnes que j’inviterais pour passer weekend !!!!

  • permalien
    10 octobre 2013 @22h23   « »

    Sur le Brésil, pour ceux qui se posent ds questions sur la catégorisation du pays "sanctuarisation intérieure", après avoir consulté mes sources : En effet, ces "déplacements forcés" ont eu lieu il y a dix ou quinze ans et étaient limitées géographiquement.

    Cela se réfère à un article dans la revue Hommes & Migrations qui reprenait cette idée : A. Morice, « Travail illégal et séjour indésirable : du modèle brésilien aux dérives françaises », Hommes & Migrations, n° 1187, mai 1996, p. 32-39.

    La conclusion (sous toute réserve quant à des généralisations abusives dans l’espace-temps du Brésil) était que le Brésil s’était inventé des moyens para-juridiques de "contrôle" des migrations intérieures. Il ne s’agissait pas vraiment de regroupements forcés ou de rafles : il s’agissait d’une politique dissuasive consistant : 1. à priver les migrants venus du Nordeste de toute possibilité d’accéder au logement, à la scolarisation des enfants, à la protection sociale et à tous les bénéfices d’une cité qui veillait jalousement sur sa relative postérité (le maire de la ville le disait clairement) ; 2. à les remettre plus ou moins de force dans le car, quand, tels les Roms chez nous ou les provinciaux à Moscou, on les voyait traîner ou coucher à la gare routière sans savoir où aller. Bref, à empêcher tout aspect de fixation.

    C’était l’affaire de gardes privés. Aucune base légale là-derrière mais une autorité répressive de fait : c’est pour cela que j’avais parlé de "para-juridique". La méthode était d’autant plus ignoble que c’était par la radio ou la télé que les candidats à la migration étaient invités à venir cueillir des oranges. Mais ensuite, on les chassait à l’issue de la récolte. Cela dit le Brésil, contrairement à l’URSS, la Russie ou la Chine, n’a jamais mis en place officiellement un régime de passeports intérieurs, ce qui veut dire que les déportations restent du domaine de l’informel.

    Pour finir, c’est une tendance plus récente et qui n’a rien à voir avec le mouvement des migrations de travail, il existe des déplacements forcés de population à l’intérieur du pays d’une part par la construction de grands projets (barrages par exemple) et surtout par la destruction de la forêt amazonienne et la mise en culture intensive d’immenses espaces agricoles de fait confisqués à la petite paysannerie

  • permalien ioj :
    11 octobre 2013 @02h23   « »

    Et pourquoi tous les bienpensants occidentaux ne partiraient-t-ils pas pour l’Afrique en libérant la place pour quelques immigrants sympathiques ?

  • permalien Shanaa. :
    13 octobre 2013 @23h19   « »

    Ce n’est pas seulement une histoire de "riches" et de "pauvres". C’est aussi une histoire qui a des causes politiques. Le cas de la Libye déstabilisée par la France est assez éloquent. Il faut savoir, qu’avant les bombardements de l’Otan, les libyens ne connaissaient pas l’exil, et beaucoup d’africains travaillaient en Libye.
    Les guerres sont responsables de ce phénoméne, mais aussi l’image d’un "Eden occidental" véhiculé par les supports médiatique.
    Bref, les causes sont multiples.

  • permalien Shanaa. :
    14 octobre 2013 @11h36   « »

    "Et pourquoi tous les bienpensants occidentaux ne partiraient-t-ils pas pour l’Afrique en libérant la place pour quelques immigrants sympathiques ?"

    D’une certaine maniére c’est le cas. De nombreuses multinationales occidentales et asiatiques se livrent un combat acharné pour le pillage des ressources. Et puis, la "FrancAfrique cela vous dit quelque chose ?
    Les guerres, les pillages, les ventes d’armes appauvrissent l’Afrique, et donc provoquent l’exode des populations. Les cas d’Afghanistan, d’Irak, de Libye, de Syrie en sont la parfaite illustration : Les gens fuient l’enfer provoqué dans leur pays par les puissances néo-coloniales en recession (France, royaume unie, USA, Russie).
    Donc, la solution pour arrêter le flux massif d’immigrants c’est de cesser le pillage, les ventes d’armes, les guerres de rapine, les soutiens aux tyrans locaux. Au lieu de stigmatiser des pauvres gens qui fuient l’enfer, il faut savoir remettre en question les politiques extérieures de son propre pays.

  • permalien Shanaa. :
    14 octobre 2013 @11h45   « »

    Jaime lanister : "Pour les pays qui ont fait le choix de la cohésion sociale, il est juste logique de lutter contre l’immigration (RSA, CMU qui paie ?)."

    Certes, mais c’est peanut en comparaison du pillage des ressources de ces pays, de l’utilisation à salaire dérisoire et sans sécurité de la main d’oeuvre par les multinationales, les gros contrats de vente d’armes qui empêchent les africains d’acheter d’abord de la nourriture. Cherchez qui profite vraiment, vous aurez des surprises !

  • permalien Arkhan :
    17 octobre 2013 @08h09   « »

    Le problème est que le travail (surtout non qualifié) disparait et que l’émigration augmente. Le cartographe devrait se doubler d’un économiste...Comme le radiologue d’un généraliste...

  • permalien julieeiffel :
    17 octobre 2013 @12h18   « »
    Non assistance à personne en danger

    Des milliers de migrants meurent aux portes des pays européens, ce phénomène est parfaitement connu et nous ne faisons pas assez pour les sauver bien que nous le pourrions (enfin, c’est ce que je suppose).

    Pour moi, il s’agit de non assistance à personne en danger, doublée d’une certaine forme de discrimination d’une catégorie de personnes dont la vie vaudrait moins que les autres, les "clandestins".

    Nous Européens nous devons de porter secours avec les moyens dont nous disposons, et peu importe que ce que ces personnes étaient en train de faire était "illégal".

  • permalien Nathan :
    20 octobre 2013 @09h39   « »

    Alors que la France a déjà accueilli 3000 réfugiés syriens et que l’Allemagne s’apprête à en accueillir 5000, le pouvoir égyptien refuse désormais de les accueillir car ils risqueraient de grossir les rangs des Frères musulmans et autres islamistes radicaux. Selon Amnesty International, plusieurs centaines de réfugiés syriens croupiraient dans les geôles égyptiennes et des centaines de Syriens auraient été déjà expulsés vers la Syrie et d’autres pays arabes.

    http:// www. dw.de/syrian-refugees-no-longer-welcome-in-egypt/a-17169710

  • permalien Αnnеttе :
    20 octobre 2013 @09h58   «

    @ Nathan

    Arf, l’accueil de réfugiés syriens par la France, parlons-en !

    Toute l’Europe est mieux que la France

    "Des réfugiés syriens passent par la France pour gagner l’Angleterre. Ils espèrent y être mieux traités qu’à Calais où ils errent dans les rues après l’évacuation récente de leur squat. La Suède, qui vient d’accorder officiellement le statut de réfugiés aux Syriens, est l’autre destination convoitée.
    (...)"

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