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« Yvonne, princesse de Bourgogne », de Witold Gombrowicz

Bref hommage, beau souvenir

par Lucilla Sebastiani, 29 octobre 2013

En Avignon, le festival « off », c’est près de 1 300 spectacles par jour : il est difficile de s’y retrouver. La vieille ville est recouverte d’affiches, la rue inondée de tracts ; mais c’est le bouche à oreille qui informe le plus. Et parfois, on peut trouver des perles rares, même si elles ne sont pas mises en valeur par les grands médias.

Ainsi Yvonne, princesse de Bourgogne, première pièce du Polonais Witold Gombrowicz (1935). Un prince, par jeu et par défi, s’entiche d’une fille du peuple qu’il déclare vouloir épouser. Par amour pour leur fils, le roi et la reine accueillent cette jeune femme et voilà que toute la Cour essaie de la transformer en princesse. Le dressage est d’une violence inouïe. Mais la jeune femme ne comprend rien à ce qu’on lui veut. Le prince se lasse. La Cour va alors chercher le moyen de se débarrasser d’Yvonne en sauvant les apparences. Gombrowicz déploie une analyse psychologique profonde, un sens certain du paradoxe et un goût marqué pour l’absurde. Conseillant l’usage du masque, il procède à l’examen critique du rôle des classes dans la société.

La compagnie Narcisse, structure de création et de formation née en 1997, collectif de créateurs qui œuvre en travaillant principalement sur le corps, le mouvement et l’image et revisite les styles, du burlesque à la tragédie, en passant par le conte et la marionnette, s’est trouvée en affinité avec Gombrowicz. La metteuse en scène Anne Barbot et la compagnie ont accompli un remarquable travail de recherche autour des théâtres de la Grèce antique, du Japon, de Bali ou encore de la commedia dell’arte. L’ensemble aboutit à une scénographie épurée, un jeu subtil de lumière en clair-obscur, des costumes oscillants entre baroque et gothique, des masques confectionnés à partir de photos prises au hasard des rues. Et les dix comédiens — dix ! c’est devenu rare, budgets restreints obligent... — sont justes et puissants.

Point particulier, le dossier de présentation a été nommé « dossier pédagogique ». Le travail accompli autour de cette pièce n’a donc pas pour seule visée de « faire vivre un bon moment aux spectateurs ». Il propose aussi de permettre à ceux qui le souhaitent d’approfondir la découverte de tout le champ artistique déployé autour de l’œuvre, ainsi que des pistes pour l’étude du matériau théâtral dans le cadre scolaire.

Lucilla Sebastiani

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