Le Monde diplomatique
Accueil du site > Défense en ligne > Bons baisers de Crimée

Divine surprise pour l’OTAN

Bons baisers de Crimée

vendredi 28 mars 2014, par Philippe Leymarie

Ah, qu’elle était jolie. Et que n’a-t-on entendu, ces jours-ci ? Que l’OTAN reste « l’alliance la plus forte et efficace de l’histoire de l’humanité » (Barack Obama, le 24 mars, au quotidien Volkskrant). Qu’on « ne sait plus si la Russie est un partenaire ou un adversaire », le rattachement de la Crimée à la Russie étant « la plus grave menace à la sécurité et à la stabilité de l’Europe depuis la fin de la Guerre froide », bien plus que les Balkans ou la Géorgie (Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l’OTAN, le 19 mars à Washington). Ou encore que « l’OTAN est une force de paix mais aussi une puissance militaire incomparable » (Rasmussen à Bruxelles, le 26 mars).

La Roumanie, de son côté, insiste sur la « nécessité de repositionner les ressources militaires de l’OTAN suite aux activités militaires menées ces derniers mois par la Fédération russe » (le président roumain Traian Basescu, 24 mars). Et l’un des candidats les plus en vue à la présidence de la Commission européenne (l’ex-premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker) recommande que les Européens signent de toute urgence un accord d’association avec la Moldavie « pour la stabiliser et la lier à l’Ouest ».

Du coup, la fêlure entre la « nouvelle Europe » de l’Est, et les anciens membres de l’Union à l’Ouest, est à nouveau éclatante :

Lire Olivier Zajec, « L’obsession antirusse », Le Monde diplomatique, avril 2014.
- Barack Obama cajole les ex-« démocraties populaires », et leur a envoyé son vice-président Joseph Biden (pour rappeler que les Etats-Unis se sentent tenus de les protéger), ainsi que des chasseurs F16 et des Awacs de surveillance (en Lituanie, en Pologne) ;
- il a promis (à l’occasion de son passage à Bruxelles le 27 mars), que les plans de l’OTAN vont être révisés pour assurer une « présence régulière » de l’Alliance dans les pays qui « se sentent vulnérables » ;
- Jean-Yves Le Drian, ministre français de la défense, s’est chargé de la tournée des Etats baltes, pour les rassurer et leur proposer le concours des Rafale français afin d’assurer leur « police du ciel » ;
- les pays du « groupe de Visegrad » – Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie – ont décidé de créer une unité spéciale au sein de l’OTAN ;
- et Georgie, Moldavie, Ukraine rêvent à nouveau d’intégrer l’organisation transatlantique…

A la hussarde

Lire Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin, « Ukraine, d’une oligarchie à l’autre », Le Monde diplomatique, avril 2014.Un des paradoxes de l’affaire est que, grâce à sa mainmise à la hussarde sur la péninsule de Crimée – au lieu par exemple de renégocier un statut spécial, dans l’orbite ukrainienne, avec garanties pour la flotte et la communauté russes – Vladimir Poutine redonne des couleurs et des raisons d’être à une OTAN qui était plutôt en perdition.

Si bien que 2014, pour l’organisation transatlantique, ne sera peut-être pas seulement l’année du désengagement d’Afghanistan, assez piteux (et triste, après de lourdes pertes en vies humaines) ; mais plutôt celle d’une providentielle renaissance, à laquelle aspirent notamment les dirigeants français du moment (voir Anne-Cécile Robert, « Plus atlantiste que moi… », dans Le Monde diplomatique de ce mois, et « Reddition française au cœur de l’OTAN »), qui ont renoué avec la tradition molletiste de la social-démocratie [1].

Et cela même si le prétexte de la mainmise sur la Crimée – qualifiée à l’Ouest, pour l’occasion, « d’européenne » – pourrait bien n’être qu’un cache-sexe, un hochet provisoire, agité autour de la résurrection d’une improbable « guerre froide » dans laquelle une OTAN à l’ancienne retrouve quelques-uns de ses petits, mais à laquelle la plupart des experts n’accordent aucun crédit : la Russie n’a ni les moyens, ni la volonté de reconstituer l’ancienne Union soviétique, d’envahir les pays baltes, de s’attaquer à la Pologne, ou même d’avaler l’Ukraine (même si certains en rêveraient à Moscou, car la Russie y a bien laissé une partie de son cœur).

Nouvelle vie ?

Commentaire de l’agence russe Ria-Novosti, le 25 mars, sous le titre : « La Russie revient dans le viseur de l’OTAN » :

« Il avait finalement été décidé que la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité serait le thème central du sommet de l’OTAN en septembre prochain au Pays de Galles. Les membres de l’Alliance, notamment en Union européenne, en avaient déduit que l’époque de l’OTAN touchait à sa fin. Avaient suivi des appels à réduire les dépenses militaires et le potentiel de l’Alliance “au minimum nécessaire”.

Tout a changé ces dernières semaines. Désormais le sommet de l’OTAN devrait porter sur la sécurité collective des pays de l’OTAN, notamment des membres d’Europe de l’Est. Selon l’experte de la Fondation Carnegie Judy Dempsey, “après l’Afghanistan, l’Alliance pourrait à nouveau s’occuper de l’Europe : le Kremlin, sans le vouloir, a offert une nouvelle vie à l’OTAN” ».

En mal d’ennemi

Lire Régis Debray, « La France doit quitter l’OTAN », Le Monde diplomatique, mai 2013.En revanche, l’agitation de ce chiffon russe – que plus personne tout de même n’ose dire « rouge » – permettra à l’organisation transatlantique de relancer quelques-uns de ses programmes, de gagner du temps, alors que – depuis la disparition de l’URSS – elle est notoirement en mal d’ennemi, en panne de vocation, en déficit de raison d’être, doutant même de la bonne volonté de son protecteur américain.

Lequel parrain a baissé la garde sur le terrain européen : il y avait 300 000 soldats américains en Europe au temps de la guerre froide ; il en reste 70 000 ; à l’horizon 2020, si les plans actuels ne sont pas révisés, il n’y stationnera plus qu’une dizaine de milliers de « GI’s » [2]. Quant aux Etats européens, on sait qu’ils ont massivement désarmé, ces dernières décennies, la plupart consacrant moins d’1 % de leur PIB aux budgets de défense, et la France seule maintient à peu près l’ensemble de ses capacités, avec la Grande-Bretagne, l’Allemagne, et la Pologne dans une certaine mesure. Les autres n’ont donc d’autre choix que de ressortir les vieilles professions de foi atlantistes, et de prier Washington de regarder à nouveau vers l’Atlantique, quel que soit devenu son tropisme « Pacifique ».

Grandeur et servitude

Philippe Arnaud, un lecteur – et débatteur – assidu de ce blog, nous a fait part de ses interrogations : « De quoi les Américains ont-ils peur ? Pourquoi cherchent-ils à grignoter la Russie par tous les bouts ? Aujourd’hui, la Russie, par rapport à l’URSS de 1991, a subi un déclin sensible : elle a perdu la moitié de sa population, le cinquième de son territoire, des ressources minières, énergétiques, agricoles, la plupart de ses côtes, et sa population diminue. Elle n’est plus, économiquement, qu’au niveau d’un pays européen très moyen. En outre, comme le régime communiste a disparu, elle ne représente idéologiquement plus aucun danger ».

A cela s’ajoute que, pour la Russie, l’addition post-Crimée risque d’être salée, du fait de la menace de sanctions économiques et politiques : fuite massive des capitaux (70 milliards de dollars depuis janvier, le double d’ici la fin de l’année, selon Le Monde, 26 mars 2014) ; détournement (vers les Etats-unis) d’une partie du marché du gaz ; baisse de 1,8 % du produit intérieur brut pronostiquée par la Banque mondiale…

Mourir pour la Crimée

Alors que, géopolitiquement, Vladimir Poutine – plus tsar que jamais – a poussé son avantage :

- son « j’y suis, j’y reste » a été accepté de fait, personne n’étant prêt à aller « mourir pour la Crimée » ;
- il a sauvé sa flotte de la mer Noire, et avec elle, une partie de ses objectifs stratégiques ;
- il garde des moyens de pression sur l’Ukraine (le volume et le prix des livraisons de gaz, les composants des avions Antonov, de 30 à 60 % d’origine russe, etc.) ;
- il a fait savoir que la Russie était de retour, et qu’on ne devait pas la « chatouiller » de trop près ;
- il se paie le luxe de s’accommoder de son isolement diplomatique, au moins provisoire (annulation, au dernier moment, d’un sommet avec les pro-occidentaux du G7, suscitant ce commentaire du ministre russe des affaires étrangères Serguei Lavrov : « ce n’est pas une grande tragédie si le G8 ne se réunit pas ».

Mistral perdant ?

Quant aux « sanctionneurs », ils peuvent craindre d’avoir à se tirer une balle dans le pied. Voir le cas des Etats-Unis, par exemple, dont les fusées militaires Atlas V décollent grâce à des propulseurs russes. De l’Allemagne, avec ses nécessaires importations de gaz russe. De la Grande-Bretagne, avec ses oligarques russes devenus rois des spéculateurs à la City. Ou de la France, mise en demeure par ses partenaires européens d’envisager de renoncer à la vente des deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) de type Mistral achetés par la marine russe, qui sont payés aux deux tiers, déjà en mer (pour l’un des deux) – un contrat en chantier depuis cinq ans [3].

C’est la première fois qu’un équipement militaire lourd d’un pays occidental était ainsi acquis par la Russie. Mais, caramba ! tout peut encore capoter… Les milieux français de la défense en sont réduits, ces jours-ci – pour désamorcer les critiques contre ce contrat – à soutenir que les navires sont vendus sans armes, qu’il s’agit de bâtiments de facture civile, assemblés sur les chantiers (civils) de Saint-Nazaire, avec mille emplois à la clé, pour 1,2 milliard d’euros…

Sur toutes les mers

Autre motif d’étonnement, pour Philippe Arnaud, c’est que « le seul adversaire potentiel des Etats-Unis soit la Chine, et qu’en affaiblissant la Russie, ils renforcent paradoxalement la Chine. Avez-vous noté ce fait (qu’aucun journaliste, à ma connaissance, n’a relevé) : la disparition du vol MH370 et le fait que l’avion était occupé majoritairement par des Chinois a donné à la Chine l’occasion (rêvée ?) de faire un étalage de puissance :

- par l’utilisation de ses satellites pour repérer les débris de l’avion (façon de dire : si on repère un bout d’aile au sud de l’océan Indien, on repèrera encore mieux un porte-avions américain dans le détroit de Formose… ou même à sa base de Norfolk) ;

- par l’utilisation de ses avions de reconnaissance (façon de dire : si nos avions peuvent aller au sud de l’Australie prendre des photographies, ils peuvent aussi, dans ce rayon d’action, opérer des bombardements, des interceptions, ou des lâchers de parachutistes) ;

- par l’envoi de ses navires de guerre (façon de dire : l’océan Indien - ou Atlantique, ou Pacifique… n’est plus un lac américain. La marine chinoise est chez elle sur toutes les mers du monde) ».

Notes

[1] Guy Mollet, secrétaire général de la section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), ancêtre de l’actuel Parti socialiste, de 1946 à 1969, farouchement atlantiste.

[2] Depuis la seconde guerre mondiale, l’acronyme « GI », venu de « General Infantry », sert à qualifier dans le public tout soldat américain.

[3] Voir « Mistral perdant ? », sur Esprit-Corsaire.

44 commentaires sur « Bons baisers de Crimée »

  • permalien Starshiy :
    28 mars @20h03   »

    Bonsoir
    A priori, GI c’est plutôt cela
    voir wikipedia et GI
    Bonne soirée

  • permalien Shanaa. :
    28 mars @20h43   « »

    "En revanche, l’agitation de ce chiffon russe – que plus personne tout de même n’ose dire « rouge » – permettra à l’organisation transatlantique de relancer quelques-uns de ses programmes, de gagner du temps, alors que – depuis la disparition de l’URSS – elle est notoirement en mal d’ennemi, en panne de vocation, en déficit de raison d’être, doutant même de la bonne volonté de son protecteur américain."

    "En mal d’ennemi", c’est tout à juste. Avant la Russie, les puissances impérialistes avaient trouvé un ennemi musulman à l’OtAN à qui il fut infligé des dégats désastreux (Libye).

  • permalien Ph. Arnaud :
    29 mars @00h40   « »

    Remarque

    - On aurait pu penser qu’avec la fin de la guerre froide - et la dissolution de l’URSS - cesserait l’hostilité des Occidentaux à l’égard de la Russie, héritière principale de l’URSS (puisque, à ma connaissance, c’est elle qui en a repris les ambassades).

    - Or, c’est le contraire qui s’est passé. De façon symbolique, la première manifestation d’hostilité contre la Russie a touché un pays périphérique, mais un pays auquel la Russie était très lié sentimentalement : la Yougoslavie, et même, plus précisément, ce qui en fut le coeur, la Serbie.

    1. Il est frappant de voir que l’URSS disparaît en décembre 1991 mais que la première des guerres de Yougoslavie, la guerre de Slovénie, n’attend même pas cette date, puisqu’elle a lieu du 26 juin au 7 juillet 1991.

    2. En 1914, c’est la Serbie qui (indirectement, par l’attentat de Sarajevo, les activités de la Main noire) avait été à l’origine de l’éclatement de l’Etat multinational d’Autriche-Hongrie. Et huit décennies plus tard, ce sont des républiques de la Yougoslavie ayant appartenu à la Double-Monarchie habsbourgeoise qui sont à l’origine de l’éclatement de la Yougoslavie : la Slovénie et la Croatie.

    - [Et elle lui appartenaient d’ailleurs doublement, puisque la Slovénie, dans la Double Monarchie, s’appelait duché de Carniole, et appartenait à la partie ouest, à la Cisleithanie, ou empire d’Autriche, et la Croatie s’appelait royaume de Croatie et était rattaché à la partie est, à la Transleithanie, ou royaume de Hongrie].

    - Il est d’ailleurs révélateur que, parmi les premiers pays à reconnaître ces nouveaux Etats, il y eut l’Allemagne, l’Autriche et la Hongrie, trois pays vaincus, diminués et démembrés après la Première Guerre mondiale - qui éclata, précisément, parce que la Russie, après ses humiliations de 1878 et de 1908, avait précisément décidé, cette fois-ci, de soutenir la Serbie...

    - Pour en savoir plus : Requiem pour un empire défunt, François Fejtö, Lieu Commun, 1988, La route de Sarajevo, Vladimir Dedijer, Gallimard, 1969, Der Tod des Doppeladlers - Österreich-Ungarn und der Erste Weltkrieg, Manfried Rauchensteiner, Verlag Styria, 2e éd. 1994.

  • permalien Donpedro :
    29 mars @01h48   « »

    Après un long moment de virage à droite de bon nombre de contributeurs à ce blog du Diplo, j’ai pu finalement lire un article savoureux, objectif et équilibré. Bravo ! Tant pis pour la Fédération Russe qui n’a eu autre moyen de défense que ce que la culture et l’histoire lui a doté pour faire son retour sur la prise des décisions géostratégiques. Bien qu’à très court terme comme l’a si bien signalé l’auteur de l’article, elle semble être isolée et même perdante, mais l’occident non plus ne peut crier victoire, car même si les sanctions font mal à notre somptueux ours polaire, l’Ukraine est un bon baiser empoisoné financièrement pour l’Europe au moment où au pays de l’oncle sam, le cauchemar d’une nouvelle bulle financière est omniprésent. Pour l’heure, la conclusion serait que l’ours russe pourrait se targuer de l’orgueil cornélien pour clamer haut et fort qu’à vaincre sans péril on triomphe sans gloire !

  • permalien Vitigis :
    29 mars @17h21   « »

    elle est notoirement en mal d’ennemi

    Cet argument a déjà été employé par M. Gresh à propos du terrorisme islamiste, censé fournir aux USA l’ennemi dont ils avaient besoin après la fin de la Guerre froide.

    La conclusion logique est que M. Poutine comme les islamistes sont des agents de l’impérialisme américano-occidental.

    Mais pourquoi l’Occident a-t-il jugé nécessaire de changer d’ennemi ?

  • permalien Ph. Arnaud :
    29 mars @19h13   « »

    Vitigis

    - Parce qu’il faut un ennemi pour justifier les budgets de la Défense et les marchés passés auprès des fabricants de canons...

  • permalien Ph. Arnaud :
    29 mars @19h19   « »

    Vitigis

    - Pourquoi changer d’ennemi ? Parce qu’il ne suffit pas d’un ennemi stratégique et/ou économique (comme la Chine ou la Russie), qui le sont à des titres différents.

    - Il faut aussi un ennemi idéologique. Comme le communisme a disparu (j’entends qu’il ne subsiste plus que dans des pays négligeables, comme Cuba ou la Corée du Nord), il faut un ennemi idéologique planétaire - et seul l’islamisme remplit cette fonction.

    - D’où la construction de cet islamisme par la propagande occidentale.

  • permalien cantabile :
    29 mars @21h02   « »

    Vous dites : " la Russie n’a ni les moyens, ni la volonté de reconstituer l’ancienne Union soviétique, d’envahir les pays baltes, de s’attaquer à la Pologne, ou même d’avaler l’Ukraine".
    C’est supposer qu’elle (la Russie) n’a pas les moyens mais en aurait le désir.
    C’est que vous même vous n’avez pas encore compris et intégré que la Russie ce n’est pas vraiment et elle ne l’a jamais été l’URSS.
    Allez voir combien de russes il y avait dans le ’Comité Central" de Lenine de Staline et Krouthchev (qui eux même n’étaient pas russes)...une toute petite minorité.
    Pour le reste vous avez raison, l’USA et son OTAN à bout de souffle essaie de se relever le leur cendre...mais ça va être dur d’imposer en plus de l’austérité l’augmentation des dépenses militaires à des pays exsangues.
    Je pense qu’on a tout vu, dans cette affaire ukrainienne, de ce qu’était la stratégie et la logique du camp Occidental.
    Je pense aussi qu’il est plus difficile d’entrevoir la stratégie en face.
    Et...à vrai dire je souhaite plus de succès à ceux d’en face. Tellement (au moins en apparence) il y en a plus de valeurs historiquement humaines. C’est dire que nous sommes déjà, en UE, des esclaves de EU...nous n’avons plus rien à perdre....nous pouvons tout essayer.

  • permalien Nicole Capt :
    30 mars @10h59   « »

    Un aspect qui semble aussi essentiel dans les enjeux géostratégiques des U.S.A concerne l’énergie : le conflit avec la Russie leur accorde la possibilité de vendre le gaz de schiste à l’Europe aux dépens du gaz de Russie

  • permalien K. :
    30 mars @13h21   « »

    Plus généralement le but des États-Unis est d’ouvrir l’exploitation du gaz de schiste aux multinationales.

    Mais pour Barack Obama, les Européens doivent revoir leurs certitudes. « Il n’y a pas de sources d’énergie parfaites, idéales et bon marché », a-t-il dit. « L’Europe va devoir examiner ses politiques énergétiques à la lumière » de l’Ukraine. Selon un participant, il a été encore plus direct pendant le déjeuner avec les dirigeants européens. « Vous ne pouvez pas compter seulement sur l’énergie des autres, même si cela a un coût au plan politique. » Une réplique à (...) la France, qui n’entend pas exploiter le gaz de schiste-lemonde.fr/international/article/2014/03/27/barack-obama-donne-une-lecon-de-puissance-et-de-morale-aux-europeens_4390365_3210.html

    Accord UE-États-Unis : plan B des multinationales pour exploiter les gaz de schistes ?- france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/accord-ue-etats-unis-plan-b-des

  • permalien l’oeil de caïn :
    30 mars @16h11   « »

    Le lobby des industries d’armement estasunien en mal d’épouvantail pour justifier les dépenses d’armements de son bras droit l’otan,après l’épouvantail communiste, l’épouvantai islamiste (qu’il a fortement contribué à créer ), avec la complaisance de médias aux ordres, agite à présent l’épouvantail de l’ogre russe qui ne respecterait pas les conventions internationales.

    De qui se moque-t-on ?

    Le droit international n’a -t-il pas été foulé par ceux qui l’invoquent très hypocritement.

    Les invasions et interventions armées au Panama en Irak,dans l’ex yougoslavie, en Lybie, la dernière tentative avortée en Syrie. L’appui inconditionnel à l’état d’Israël malgré les violations répétées sinon chroniques des résolutions de l’ONU ne témoignent -elles pas d’un machiavélisme indécent, voire d’une arrogance sans limites ?

  • permalien Ph. Arnaud :
    31 mars @00h07   « »

    Vitigis

    - Trouvez-vous normal que l’OTAN, qui avait été créé pour contrer la "menace soviétique" (avec beaucoup de guillemets) ne se soit pas dissoute à l’explosion de l’URSS, qui faisait disparaître d’un seul coup et l’ennemi militaire - avec l’effondrement économique, stratégique et politique - et l’effondrement idéologique ?

    - Trouvez-vous normal que l’OTAN, qui n’a pas tiré un seul coup de feu durant toute la guerre froide contre l’adversaire censé justifier son existence (le pacte de Varsovie), n’ait fait, après coup, que des guerres contre de petits adversaires (Serbie, Afghanistan, Libye), et ce, très loin de l’Atlantique ?

    - Trouvez-vous normal que l’OTAN ait, tout simplement existé, alors que l’URSS et ses alliés n’ont JAMAIS représenté ni un danger militaire ni un danger idéologique ?

    - Trouvez-vous normal que l’OTAN, censé être une organisation défensive, soit née six ans avant l’alliance antagoniste (le pacte de Varsovie) ?

  • permalien Nibelung :
    31 mars @08h58   « »

    @Ph Arnaud

    "- Trouvez-vous normal que l’OTAN ait, tout simplement existé, alors que l’URSS et ses alliés n’ont JAMAIS représenté ni un danger militaire ni un danger idéologique ?"

    Vous vous discréditez avec des contres vérités si honteusement fausses.

  • permalien Ph. Arnaud :
    31 mars @10h09   « »

    Nibelung

    - Vous dites : "Vous vous discréditez avec des contre-vérités si honteusement fausses."

    - Eh bien j’attends vos arguments, et, voyez-vous, je les attends même avec une certaine curiosité...

  • permalien Shanaa. :
    31 mars @10h39   « »

    Tout à fait d’accord avec Ph. Arnaud. Il faut être aveugle pour ne pas voir que l’OTAN est devenu un bras armé idéologique trés offensif. Le général De Gaulle avait vu juste, et Sarkozy a confirmé le rôle ambigu de l’OTAN en y incorporant la France qui, depuis, a fait plusieurs guerres dont la destruction d’un pays stable et prospére : la Libye. Désormais, ce pays est livré au chaos et aux mercenaires . Il est même question que ce pays qui a subit le même sort que l’Irak se désintégre tout autant, avec en plus un retour potentiel à la monarchie. Moralité : là ou l’OTAN passe la stabilité trépasse.

  • permalien Shanaa. :
    31 mars @10h47   « »

    Durant le Maccarthysme, les USA présentaient l’URSS comme vecteur de grands dangers pour le monde et les citoyens étatsuniens. Or, on sait aujourd’hui que c’était de la propagande pour justifier certaines pratiques impopulaires. Ce besoin d’ennemi caractérise les pays à visée belliciste.

  • permalien Ph. Arnaud :
    31 mars @11h41   « »

    Shanaa

    - C’est précisément Le Monde diplomatique qui, il y a bien des années, m’avait révélé, d’une manière à la fois lumineuse et irréfutable, à quel point ce qu’on appelait la "menace soviétique" était imaginaire. [J’ai, depuis, complété ces premières données par d’autres lectures, qui m’ont confirmé tout ce que disait le Diplo].

    - Cette "menace soviétique" est une des plus grandes entourloupes, un des plus grands enfumages de tous les temps. [Il n’y a guère que la fausse donation de Constantin qui puisse lui être comparée]. On se demande même comment - et pourquoi - aujourd’hui, un quart de siècle après l’effondrement de l’URSS, des gens continuent à croire à de telles billevesées ! Il faudra un jour écrire l’histoire de cet égarement.

    - [Il est vrai que, jadis, on a bien cru au diable et aux sorcières...].

    - Mais le plus beau (enfin, si l’on ose dire...), c’est qu’après 1991, alors que la Russie, en prenant tous ses facteurs de faiblesse (réduction territoriale, démographique, pertes de sources d’énergie, de matières premières, de terres agricoles, de côtes, d’usines, émigration des élites, écroulement économique, effondrement de la natalité et hausse corrélative de la mortalité, perte du moral, alcoolisme, disparition de l’idéologie de l’ancien Etat, dissolution du Comecon et du pacte de Varsovie) a sans doute subi une diminutio capitis de 99 %, et, que, malgré cela, l’OTAN a perduré et continué à considérer cette Russie comme une menace !

  • permalien Nibelung :
    31 mars @16h12   « »

    @Ph Arnaud.

    Et donc votre théorie c’est celui d’une cabale et vaste opération de désinformation des Etats majors US et OTAN pour leurrer l’opinion ?

    Je m’en tiendrais au fait (car ils sont têtus), il existe depuis des années des dizaines d’ordre de batailles pour les forces en présence en Europe, depuis la création du Pacte jusqu’à sa dissolution. Des sources concordantes et aux origines très diverses, qui ont servis à des articles dans de nombreuses revues d’histoire militaire et à une pléthore de wargames. Ils tendent tous à démontrer que le rapport numérique du Pacte était franchement en sa faveur. Avec 5.500.000 personnels sous les drapeaux, toute catégorie confondue, un potentiel de 128 divisions sous 30 jours en 71 (moins à la dissolution), rien à voir avec ce que l’OTAN pouvait aligner, encore moins s’il fallait se passer des US (les OOB sont disponibles en quantité et via différentes sources).

    Le différentiel de puissance est énorme... Et vous osez asséner que le Pacte n’était pas une menace réelle et que l’existence de l’OTAN ne se justifiait pas ? Qu’il fallait que chaque pays d’une Europe exsangue, reste avec sa seule défense nationale ? Que les US ne devaient pas maintenir des armées en Europe ? Que les Russes étaient uniquement pétris de bonnes intentions et que Churchill n’y comprenait rien ?

    Si vous avez du temps à perdre n’hésitez pas à parcourir les OOB que l’on trouve en pagaille, et contactez bien leurs auteurs en leurs indiquant que les forces listées sont toutes fausses et donnez leurs vos correctifs. Tenez, en voici un parmi des dizaines, totalement erronés selon vous bien sûr.

    orbat.com/site/history/historical/nato/oob1989.html

    et puis aussi n’hésitez pas à conspuer Wikipédia en modifiants l’article sur les forces en présence :
    fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_de_Varsovie

    Puisque eux aussi sont à la solde des faucons du Pentagone et que tout ce qui est dans wikipédia est certainement sans valeur à vos yeux.

    Belle théorie fumeuse en tout cas. Plus c’est gros plus ca marche sans doute ?

  • permalien Marc :
    31 mars @17h18   « »

    Tout ceci est une veille rengaine : le pacte de Varsovie avait privilégié la quantité alors que l’Otan avait choisi la qualité...
    L’Irak avait aussi la 4ème armée du monde quand elle a envahi le Koweit. On a vu ce qu’il en est advenu.
    C’est justement suite à cette démonstration des Usa contre l’Irak que la Chine a compris que ses divisions de T59 ne valaient pas grand chose et qu’elle s’est engagé vers une réduction du nombre et une amélioration de l’efficacité de ses armements. Processus qu’ont aussi engagé les Russes à une moindre échelle vu leurs finances.
    On ne peut nier les ordes de bataille mais seuls les combats révellent la valeur des combattants et de leurs équipements ; un des plus flagrants exemples étant l’attaque de l’Urss contre la Finlande à l’hiver 39 : à 7 contre 1, l’armée rouge s’est ridiculisée, c’est ce qui a poussé Staline a ménager Hitler jusqu’au dernier moment.

  • permalien Ph. Arnaud :
    31 mars @18h01   « »

    Nibelung (n° 1)

    - Je vois que vous êtes toujours dans la même légende et que vous croyez encore au "grand méchant loup", un quart de siècle après sa disparition. Examinons donc vos demi-, quart et dixièmes de vérités, vos arguties, omissions et autres paralogismes.

    1. Vous dites que les "faits sont têtus". Les faits, mais quels faits ? Vous ne faites là que reprendre les du temps de la guerre froide de Paris-Match, du Figaro, du Figaro-Magazine, de Valeurs actuelles, du Point, du Spectacle du monde et autres feuilles de chou spécialisées dans l’anticommunisme. Reprenons donc :

    2. Le pacte de Varsovie, dites-vous, disposait d’une supériorité numérique franche : légende ! Billevesées ! Et pour nombre de raisons.

    2.1. D’abord, comment le pacte de Varsovie aurait-il pu disposer de cette supériorité numérique alors que, de 1945 à 1991, le rapport entre les populations de ce pacte et celle des pays de l’OTAN fut à peu près toujours de 1 (pour le pacte) à 1,52 (pour l’OTAN) ?

  • permalien Ph. Arnaud :
    31 mars @18h06   « »

    Nibelung (n° 2)

    - De 1945 à 1991, pour des raisons à la fois structurelles et conjoncturelles, l’URSS fut inférieure en effectifs.

    1. De 1945 à 1955. L’URSS et les Etats-Unis terminèrent la guerre avec à peu près le même nombre de soldats (11 millions). Trois ans après, les deux pays avaient démobilisé, les Etats-Unis plus que l’URSS (680 000 hommes contre 2,8 millions). Mais :

    2. En 1945, l’URSS sortait avec des pertes (civiles, matérielles, militaires) considérablement plus élevées que les Etats-Unis (23 millions contre 418 000) et n’avait ni les moyens, ni l’envie de reprendre une guerre (contrairement à ce que prétendaient les propagandistes occidentaux). Ajoutons que, jusqu’en 1949, les Etats-Unis eurent le monopole de l’arme nucléaire.

    3. Face à eux, les Soviétiques affrontaient 500 000 hommes en Allemagne, plus 375 000 en France, en Hollande et en Belgique, plus un nombre équivalent au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. En effet, les Occidentaux ne comptabilisaient que les forces immédiatement "au contact", feignant de croire qu’il était plus aisé de faire venir des troupes du fond de la Sibérie - ou de l’Asie centrale - que de l’autre côté de l’Atlantique.

    4. Or - et le pont aérien de Berlin l’avait révélé - les Américains étaient capables d’un effort logistique permettant de compenser largement cette (pseudo) infériorité numérique. A l’inverse, la traversée des étendues sibériennes ou de l’Asie centrale ne s’opérait souvent que par des voies uniques (Transsibérien ou BAM) très susceptibles d’être attaquées par raids aériens. En 1904, les Russes eurent beaucoup de peine à faire parvenir leurs troupes pour combattre les Japonais à Port-Arthur et Moukden. Dans les années 1960-70, les voies ne s’étaient pas multipliées par rapport à 1904-1905.

  • permalien Ph. Arnaud :
    31 mars @18h09   « »

    Nibelung (n° 4)

    1. Alors que les Américains avaient très rapidement confié l’administration des territoires alliés à des civils, les Soviétiques, plus méfiants envers leurs alliés, gardaient la main sur l’administra-tion... avec leur armée. Celle-ci, en outre, assurait des tâches de démontage des équipements allemands (au titre des réparations), de réparation des dommages soviétiques, et de troupes d’occupation (opérations de police). Une grande partie de l’armée soviétique était donc affectée à des tâches non militaires et ne pouvait donc être comptée comme force combattante.

    2. Situation en 1965. Les estimations militaires faisaient apparaître, comme à la fin des années 40, un total de 175 divisions soviétiques face à 25 divisions de l’OTAN dans la région centrale : de la Suisse à la mer du Nord (les Américains comptaient pour 16 divisions). Or, un rapport d’experts, commandé par le Secrétaire à la Défense Robert McNamara, en 1961, faisait appa-raître les points suivants :

    - Pourquoi, alors que le rapport numérique des forces américaines était de 1 à 2 (1 million contre 2 millions), les Soviétiques disposaient-ils de 175 divisions et les Américains seulement de 16 ?

    3. Après étude, il apparaissait que la moitié des divisions soviétiques n’existaient que sur le pa-pier, avec un équipement restreint et des effectifs plus réduits encore. Si on les faisait entrer en ligne de compte, il fallait inclure aussi les divisions de réserve américaines, au nombre de 50 environ. Résultat des courses : en 1965, l’OTAN et le pacte de Varsovie étaient à peu près à égalité sur le terrain.

  • permalien Ph. Arnaud :
    31 mars @18h14   « »

    Nibelung (j’ai mis par erreur n° 4 pour le précédent - le compter donc pour 3 et celui-ci pour le véritable 4).

    1. Situation en 1983. A cette date, les Etats-Unis avaient 2,02 millions d’hommes et l’Union so-viétique 5,8 millions. Sur le papier, la différence pouvait apparaître significative. Mais, de ces "hordes", il fallait défalquer :

    - 950 000 hommes travaillant dans la construction et les chemins de fer, les conscrits étant considérés comme peu sûrs et inutilisables en cas de conflit.
    - 650 000 affectés à la sécurité intérieure et à la garde des frontières.
    - 100 000 affectés à la Défense civile, et, en particulier, aux mesures à prendre en cas de guerre nucléaire.

    Cela faisait donc 1,7 millions d’hommes en moins comme unités combattantes, et qui ramenait les forces soviétiques à 4,1 millions d’hommes. Sur ces 4,1 millions d’hommes :

    - La Défense antiaérienne (dont on avait pu mesurer l’efficacité au Vietnam) comprenait 560 000 hommes, contre 8000 pour les Etats-Unis.
    - La frontière avec la Chine était gardée par 495 000 hommes, la Pologne occupée par 30 000 hommes et la Tchécoslovaquie par 70 000 hommes (en regard, les Etats-Unis avaient 125 000 hommes en Asie-Pacifique).
    - Pour les tâches administratives et logistiques comparables, l’Union soviétiques employait un beaucoup plus grand nombre d’hommes que les Etats-Unis [il fallait bien que, quelque part, le capitalisme manifeste sa supériorité sur le communisme…]. Ainsi :
    - Pour les forces stratégiques offensives, les Soviétiques employaient 472 000 hommes contre 71 000 pour les Américains.
    - Pour les tâches administratives de quartier général, les Soviétiques employaient 250 000 hommes, contre 60 000 pour les Américains.
    - Pour la défense des côtes (inexistante aux Etats-Unis en tant que telle, les Soviétiques (im)mobilisaient 10.000 artilleurs.
    - Pour le moral (si on peut dire...), les Soviétiques avaient 70 000 officiers politiques (à compa-rer aux 3290 aumôniers américains).
    - Les commissariats militaires (centres de mobilisation) comprenaient 40 000 militaires.
    - Les écoles militaires comprenaient 160 000 élèves, contre 13 000 dans les établissements américains similaires.
    Au bout du compte, le nombre de soldats effectifs s’établissait à 2 millions environ de chaque côté.

    Remarque sur ces chiffres. En dehors de l’inefficacité administrative du système soviétique, cette pléthore d’effectifs correspondait aussi à un dessein propre, précisément, à ce système : éponger un surcroît de main d’oeuvre qui, en dehors de cela, aurait dégradé la productivité déjà bien basse de l’industrie soviétique (et renforcé par un service militaire de deux ans).

  • permalien Ph. Arnaud :
    31 mars @18h18   « »

    Nibelung (n° 5)

    1. Les divisions. Les divisions ne correspondent pas à un nombre d’hommes fixé. Dans l’armée américaine, une division blindée comptait environ 17 000 hommes, 15 000 dans la Bundeswehr et 11 000 dans l’armée soviétique. Durant la Seconde guerre mondiale, Allemands et Russes combattirent avec des divisions à 5000 hommes. Le corps des U.S. Marines, fixé par la loi à trois divisions terrestres, amenait chacune de ces divisions à un effectif de 35 000 hommes.

    2. Enfin, le recrutement était davantage "choisi" dans la marine, l’aviation ou les fusées straté-giques (davantage de Slaves, recrues plus instruites) que dans l’armée de terre, qui aurait sup-porté l’essentiel des efforts en cas de guerre en Europe.

    3. En conclusion, et pour s’en tenir strictement aux effectifs de l’armée de terre, considérée froidement (comme le faisaient les états-majors et services de renseignements occidentaux, qui n’étaient pas dupes), la présentation de l’armée soviétique par les médias occidentaux relevait plus de la "gonflette" que de la réalité.

  • permalien Ph. Arnaud :
    31 mars @18h27   « »

    Nibelung (n° 6)

    1. Examen de la situation démographique globale. Là où le pacte de Varsovie avait une capacité de mobilisation de 1000 hommes, l’O.T.A.N. en avait une de plus de 1500. Cette proportion est restée la même tout au long de la période, voire a tendu à basculer en faveur de l’O.T.A.N. par adjonction de nouveaux pays, et par diminution - relative - de la population de l’Est par baisse des naissances et augmentation de la mortalité.

    2. J’ai compté la France, en estimant qu’elle n’aurait pu, dans un contexte de guerre Est-Ouest, rester neutre (je passe la démonstration). J’omets aussi des pays tels que l’Autriche, la Suisse ou la Suède qui, objectivement aussi, auraient, en cas de conflit, basculé dans le camp occidental [contrairement aux deux guerres mondiales, qui se déroulèrent entre pays de même régime économique, dans ce conflit, les pays neutres précités étaient potentiellement considérés par l’U.R.S.S. comme des adversaires].

    3. Examen de la répartition des troupes. A l’époque de la guerre froide, les armées du pacte de Varsovie avaient à défendre 23,4 millions de kilomètres carrés (dont 22 millions rien qu’en U.R.S.S.). L’O.T.A.N., quant à elle, dans la perspective d’une guerre en Europe - préparée et conçue par les états-majors des deux blocs - n’avait à couvrir "que" 2,9 millions de kilomètres carrés (soit la superficie des membres de l’alliance sur l’ancien continent).

    4. En effet, l’U.R.S.S. ne pouvait être certaine de ne pas avoir une attaque soit à partir de l’Alaska, soit à partir des pays de l’O.T.A.S.E. (Extrême-Orient), soit du C.E.N.T.O. (Centre Asie). Il lui fallait donc se prémunir, donc disperser ses forces, donc diminuer encore sa (soi-disant) supériorité numérique. L’argument n’était pas seulement théorique : c’est ce qui explique (en partie) la défaite des Turcs devant Vienne, le 12 septembre 1683 (obligés de disperser leurs forces entre la ville et le Kahlenberg), la défaite des Allemands lors de leurs deux offensives de la Marne (celle de 1914 et celle de 1918), et, a contrario, ce qui explique le succès des Soviétiques contre les Allemands (en raison des informations fournies par Richard Sorge leur assurant que les Japonais n’attaqueraient pas en Mandchourie). De 1947 à 1991, les Soviétiques, n’ayant pas moins de craintes d’être menacés sur toutes - je dis bien "toutes" - leurs frontières qu’entre 1939 et 1945, se devaient pareillement de disperser leurs forces, donc d’amoindrir leurs capacités offensives à l’Ouest.

  • permalien Ph. Arnaud :
    31 mars @18h52   « »

    Nibelung (n° 7)

    - J’en reste là pour la question des effectifs, étant entendu que ceux-ci ne représentent qu’une partie (et pas la plus importante) de la composante d’une force militaire.

    - Cette présentation des forces de l’Est comme des "hordes" innombrables [ce qui était, bien sûr, entièrement faux] n’était au demeurant pas neutre. Elle répondait à des objectifs psychologiques, politiques et idéologiques précis : faire peur et nourrir l’anticommunisme.

    - La propagande occidentale jouait, en l’occurrence, sur tout une série de ressorts destinés à susciter cette peur :

    1. Peur, pour les Européens de l’Ouest, de ce qui venait de l’Est, de la masse continentale, peur jouant sur le souvenir plus ou moins conscient des Grandes Invasions, de Tamerlan, de Gengis Khan, des Turcs, et, pour les Français, des Allemands.

    2. Peur des masses asiatiques (dont les Soviétiques possédaient quelques sujets par leurs républiques d’Asie centrale et la Russie d’Extrême-Orient), et peur du "péril jaune".

    - Il est d’ailleurs assez révélateur qu’à l’époque, la propagande de droite aimait bien utiliser une comparaison (au demeurant bancale et incohérente, mais qui faisait de l’effet auprès de l’électorat conservateur) :

    - Cette propagande disait : "La fiche de paye du ministère français de l’Education nationale est la plus longue du monde après celle de l’Armée rouge".

    - [Ce qui, en décrypté, signifiait : "Pendant qu’aux frontières orientales, une armée de plusieurs millions d’hommes menace de balayer notre belle société de libre entreprise, en France même, une "armée" d’un million d’enseignants syndiqués et communistes s’emploie à pervertir nos enfants et à démoraliser les soldats qui lutteront pour notre liberté. Ou, pour dire les choses clairement : les enseignants sont la Cinquième colonne de l’Armée rouge].

  • permalien Soundiata :
    2 avril @20h42   « »

    Merci à Ph. Arnaud. Très instructif comme mises au point. *a remet les choses en perspective et permet d’avoir une bonne grille de lecture des évènements actuels...En tant qu’Africain, les appels lancés par la France, sous M. Chirac et M. Sarkozy, qui suggéraient que d’impliquer l’OTAN dans le " rétablissement ou le maintien de la sécurité et de la stabilité en Afrique" m’ont beacoup inquiété il ya quelques années. Aujourd’hui, ce cauchemar est en train de se réaliser, avec les interventions de la France au Mali et en Centrafrique. Dans ces deux situations on note que la présence des forces françaises est suivie par l’arrivée de forces de pays européens qui n’avaient à ce jour aucune empreinte tactique ou stratégique sur le continent africain.

    Les Néerlandais sont désormais présents au Mali et dans la région environnante. Estoniens, Lettons, Lituaniens, Polonais, Bulgares et même...Géorgiens vont rejoindre bientôt la France en RCA grâce à une logisuqe allemande et britannique. Quant aux Amñericains, on ne compte plus le nombre d’opérations qu’ils mènent sur le continent que des gradés du Pentagone qualifient de "champ de batille de demain, ou il faut être aujourd’hui" -tomorrow´s battlefield today-.

    Les mêmes esprits qui trouvent des ennemis et des raisons d’exister à l’OTAN sont en train de créer les conditions de la destabilisation de l’Afrique subsaharienne, pour y justifier des déploiements de forces occidentales et refaçonner la gépolitique africaine à l’avantage du bloc atlantique. Tout ceci pour mettre fin à l’expansion des liens Afrique-Chine et Afrique-BRICS. Menacés par leur mabnque de compétitivité économique, les maitres du monde sont prêts à TOUT pour reprendre la main.

    S’il n’a avait pas eu bombardement otanien et asssssinat de Kaddafi en Lybie, il n’y aurait pas eu de guerre au Mali. Des stocks d’armes ne circuleraient pas dans le Sahel comme ils le font aujourd’hui, alimentant et miltarisant des tensions politiquers ou sociales qui auparavant pouvaient être contenues par les gouvernemnts locaux... On pourrait pousser la réflexion beaucoup plus loin. Mais le résultat est clair : le bloc Etats-Unis/Europe n’est pas promoteur de paix, mais d’instabilité permanente !

  • permalien Bennora :
    4 avril @02h27   « »

    J’ai vite renoncé a lire "soigneusement" ce texte (qui parais très instruit), mais dont la longueur est d’effet Mystificateur !

    par contre les conclusions sont les mémes : la civilisation du moment :"elite : globo-globale", "G1", ’Occident’, "...", ne sais plus que faire partir les feux de "bordels" qui ensuite lui échappent totalement : Syrie, Libye, Ukraine, Mali etc .... Lui échappent a tout point de vue : contrôle et économie ...

    Expert en Chaos l’Ordre ne viendra pas de lui même s’il l’accélère

  • permalien Abou :
    4 avril @21h24   « »

    la russie et l’occident c’est du théatre à l’appui il y’a jamais eu de multiporalité dans ce monde , mais toujours des idées opposées entre russes compatibles aux chinois et Américains greffables à l’europe de l’ouest, si des pays de l’est sont devenus indépendants l’esprit anti occident est chez les russes et chinois, et celui anti russe demeure éternellement chez les occidentaux !

  • permalien Alex Moore :
    6 avril @09h15   « »
    offre de prêt

    Êtes-vous un homme ou femme d’affaires ? Êtes-vous en toute contrainte financière ou avez-vous besoin de fonds pour démarrer votre propre entreprise ? Avez-vous un faible pointage de crédit et vous trouvez qu’il est difficile d’obtenir un prêt auprès des banques locales et autres institutions financières ? Notre méthode vous offre la possibilité d’indiquer le montant du prêt nécessaire et aussi la durée que vous pouvez vous permettre de compléter le remboursement du prêt avec un taux de 2% d’intérêt. Cela vous donne une chance réelle d’obtenir les fonds dont vous avez besoin. Intéressé envoyez-nous aujourd’hui à am.credito@blumail.org

  • permalien Dan :
    6 avril @19h00   « »

    Comme quelqu’un qui a vécu en Roumanie avec les Russes je peux témoigner sur leur esprit sauvage. Ils sont rien apporter chez nous et ailleurs en Europe de l’est. Les minimiser dans leur territoire c’est de la bonne politique. Ils nous ont emprisonnes dans leur demance votkanienne. Au moins les chinois volent et fabriquent, les russes volent et boivent. Ce Ph Arnaud il est sois espion rousse en passant par Sorbonne ou fou. Argumenter avec c’est une perte.

  • permalien Ph. Arnaud :
    7 avril @07h10   « »

    Dan

    - Réfléchissez : si j’étais espion, je ne me dévoilerais pas. Je me fais l’avocat des Russes, pas leur espion...
    - N’oubliez pas non plus le rôle des Roumains dans l’écrasement de la République communiste de Béla Kun et l’agression contre l’URSS durant la Seconde Guerre mondiale.

  • permalien Nikolay Khan :
    7 avril @09h42   « »
    NASA & Europe.

    NASA & Europe.
    The capture in Ukraine (U.) goverments’ offices in Kharkiv and Donetsk and increase Russia’s military preparations on the eastern borders of Ukraine, coins, cast doubt on the possibility of holding presidential elections. They are scheduled for 25 May. The events began to occur with increased sanctions the West of the Crimea. The U. is not a member of NATO and protect it from Russian tanks from the Rostov region, the North Atlantic Treaty Organization should not formally. But strengthening the Aviation Group Alliance in Poland and Eastern Baltic should show interest in Brussels to protect NATO’S interests here. First of all, it is Belarus.
    The sudden resumption of cooperation General electric & Boeing with Iran opens a new and large market for American aircraft in the Middle East. Therefore, termination of cooperation NASA with Roskosomos this is a serious political and technological turn. Cooperation remains only within the ISS.
    Actually, cooperation in commercial launches of U.S. satellites, including positioning system GLONASS as analog GPS, a loss of $ 10 -15BN per year. This is a loss for Baikonur , Kazakhstan, where implemented starts.
    Meanwhile, the utilization of Soviet nuclear missiles SS- 18 & SS- 20 , shows the demand for Ukrainian missile industry . Currently provides services for the U.S. space launch from offshore platforms in the Pacific. Dnepropetrovsk factory space rocket structure produces missiles for equatorial launch. Commercial launches rockets into near orbit - an important part of Russia ’s space program . Now Americans can offer European Space Agency launches Russian compensate loss and transfer them to the spaceport in Kourou, French Guiana.
    This is a significant piece of the money pie that could allow France to mitigate possible diplomatic complications due to supply Russian warships newest type "Mistral" .
    At rovers on Mars that NASA brought to the Red Planet , work tools and equipment of Russian design and manufacturing devices including remote studies of Martian soil on the basis of neutrino bombardment . Lack of incentive to develop a unique equipment that is manufactured in one single instance can deliver leading scientific organizations in Russia in a difficult position .
    It’s said, the name of the American Marsrover « Opportunity » won the competition girl who was an orphan from the Russian orphanage . She put the meaning : "We Can ! ". Why because of the " wrong line of conduct" politicians children suffer ?

  • permalien Kolchik :
    11 avril @14h46   « »

    L’OTAN en emporte le vent ou pas, pour moi qui suis terre à terre, le problème ce n’est pas la Russie mais Poutine qui ne laisse aucune alternance politique depuis 15 ans, qui après une "opération anti-terroriste" très sanglante a rendu la Tchétchènie et le caucase nord bien moins sûr qu’en 1990. Un des endroits du monde le plus dangereux avec un attentat en moyenne par jour au Daghestan, Ingouchie..., un homme tourné vers le passé soviétique (non ce n’est pas qu’un cliché) usant des mêmes méthodes pour faire disparaitre ses ennemis, un pays qui stagne en proie au libéralisme le plus sauvage. Bref un président aujourd’hui dans l’impasse, qui après avoir rigidifié, vitrifié tous les organes du pouvoir n’a qu’une peur le perdre comme Ianoukovitch et quand il a peur il joue sur le levier puissant et efficace d’une "petite guerre" post coloniale ou d’une annexion qui relié par sa propagande médiatique le fera immédiatement monter au firmament de la popularité.

  • permalien Ph. Arnaud :
    12 avril @12h20   « »

    Kolchik

    - Le problème n’est pas Poutine, le problème est celui de l’agressivité des Etats-Unis, de l’OTAN et de l’Europe à l’égard de la Russie.

    - Les Occidentaux n’ont pas cessé d’agresser la Russie - dans le droit fil de ce qu’ils ont fait, d’ailleurs, avec l’URSS, de 1918 à la fin. Ils l’ont agressée sous Eltsine et sous Medvedev. Ils ont trompé et trahi Gorbatchev non seulement en ne dissolvant pas l’OTAN, mais en l’étendant démesurément !

    - Ils ont pompé les scientifiques russes, aidé en sous-main des "révolutions colorées", cherché à grignoter la Russie par tous les bouts et se sont essuyé sur sa fierté comme sur un paillasson.

  • permalien chb :
    13 avril @02h21   « »

    Kolchik décrit certains des aspects moins reluisants du régime Poutine d’une façon qui caractérise, tout autant que la Russie, des pays occidentaux ou affiliés.
    → « aucune alternance politique depuis 15 ans » : peut-on appeler alternance ce qui se passe en France, ou aux USA depuis 20 ans ?
    → après une "opération anti-terroriste" très sanglante a rendu la Tchétchènie et le Caucase nord bien moins sûr : que dire de la Libye, de l’Irak, etc.
    → des mêmes méthodes pour faire disparaitre ses ennemis : Guantanamo copie de goulag, jamais entendu parler ? Les drones, c’est quelle façon de faire disparaître des ennemis ? Le sort d’Assange, Manning, Snowden, ça évoque une NSA / Stasi, non ?
    → un pays qui stagne en proie au libéralisme le plus sauvage : euh, la zone euro bientôt agrémentée du TAFTA, c’est quoi ? Ou les USA, au taux de pauvreté délirant et aux expropriations arbitraires ?

  • permalien chb :
    16 avril @01h16   « »

    Trois navires français en Mer Noire soutiennent la "démocratie" fasciste de Kiev et le rôle impérial du dollar en déshérence. En partenariat avec l’ingérence CIA - confirmée le weekend dernier par le déplacement en Ukraine du big boss de la CIA.
    Provoc.
    Trois missiles Yakhont suffiraient à les effacer, et à déclencher accessoirement le dernier conflit de l’histoire.
    Est-ce cela qu’on appelle diplomatie ?

  • permalien matheos Von Der Weilzerthurlerstein :
    18 avril @15h24   « »
    les CF-18 Canadien déjà arrivé !!!!

    Bravo au soutient Canadien au peuple Ukrainien contre l’horgre Russe Harper vient tous juste l’envoie de CF-18 de l’aviation Canadienne je suis très fier du Canada merci Harper s’imposer la tâche Canadienne sur la sene international.
    Pour la paix et les droit de l’homme soit respecter sur Terre nôtre pays membres du G7 peux tout faire pour aidé l’humanité.

  • permalien MOHAMED A G :
    23 avril @09h35   « »

    Vive la Russie de Poutine !!!!!

  • permalien huma :
    24 avril @02h35   « »

    c’est vrai le vrai problème c’est les usa et l’otan la Russie n’a rien demandé hors l’alliance russo-chinoise est la seul force capable de faire trembler ces américains et européens.

    Et pourquoi le canada intervient car sa à tjrs été un ptit mouton des usa.

    60 de crime de guerre avec leur blocus à cubas car cette ile à soutenue les communistes en installant des missiles en direction des usa voilà comment les usa on répondu au cubain en leur coupant toutes ressources et des milliards de dollars.

    Et il voudrait que poutine les laisse s’installer à ces frontières des missiles et boucliers anti-missile. Et perdre sa base navale en Crimée il faut arrêter les impérialistes on trop tendance à se faire passer pour des victimes alors que c’est eux qui sont les agresseurs.

    Donc ce que fait poutine c’est de défendre les intérêts de son pays contrairement à notre pingouin.Et il na pas foutu un embargo au peuple ukrainien LUI.

  • permalien Silence Dogood :
    26 avril @18h05   « »

    Poutine fait tout simplement de la RealPolitik contrairement à Hollande, Merkel , Obama...qui font de la morale...Beaucoup d’informations montrent que c’est tout simplement un coup d’état en Ukraine....

    silencedogood99.wordpress.com

  • permalien huma :
    28 avril @10h49   « »

    @Silence Dogood tu as raison contrairement à ce que les médias occidentaux veulent nous faire croire.

  • permalien
    14 mai @14h59   « »
    malaise

    Je suis assez troublé par l’ensemble des commentaires. Autant l’article reste relativement impartial quand aux responsabilités des uns et des autres, autant ce soutien candide de la politique russe me mets mal a l’aise.
    A mon sens les ukrainiens sont pris entre le marteau et l’enclume.
    Deux clans mafieux qui s’affrontent et qui profitent de la déstabilisation de l’état ukrainien, pour élargir leur influence territoriale. Les uns misant sur la manne de l’occident, les autres sur celles des russes.
    Et tout cela sur le dos des ukrainiens de base, russophones ou non, qui ne verront jamais le moindre centime atterrir dans leur poche.

  • permalien témoin occulaire :
    21 mai @13h54   «

    quelles garanties :
    "au lieu par exemple de renégocier un statut spécial, dans l’orbite ukrainienne, avec garanties pour la flotte et la communauté russes ". L’auteur semble bien naïf en imaginant que l’Ukraine serait en mesure d’offrir les garanties en question. La révolution Orange, suivie de l’Euromaïdan montre sans doute possible que les USA ne renonceront pas à y installer quel que soit le moyen, un gouvernement à leur botte qui pourra à tout moment, quels que soient les engagements pris, révoquer le bail de la Flotte de la Mer Noire. L’annexion, ou la réintégration étaient la seule solution possible et constitue un signal politique fort aux voisins de la Russie : l’ingérence américaine aux frontières de la Russie avec de possibles actions militaires (soutien militaire à la Géorgie) est le contraire d’un gage de sécurité.

Ajouter un commentaire