Le Monde diplomatique
L’alternative de Syriza : passer sous la table ou la renverser
lundi 19 janvier 2015, par Frédéric Lordon

Il y a maintenant longtemps que l’Europe s’est enfermée elle-même dans la nasse constitutionnelle des traités libéraux, d’où elle n’a plus laissé que deux voies de sortie, et deux seulement : 1) l’effondrement financier de la construction sous le poids de ses contradictions internes, ou bien 2) un accident politique qui renverse la table.

Charlie à tout prix ?
mardi 13 janvier 2015, par Frédéric Lordon

« Je suis Charlie ». Que peut bien vouloir dire une phrase pareille, même si elle est en apparence d’une parfaite simplicité ?

BNP-Paribas, une affaire de géométries variables
mardi 8 juillet 2014, par Frédéric Lordon

S’il y a bien une leçon à tirer de l’affaire BNP-Paribas, ça n’est pas tant que les banquiers néolibéraux sont des fripouilles, aussi bien au sens du code pénal que de la nuisance sociale, c’est que la puissance publique, pourvu qu’elle le veuille, n’a ni à passer sous le tapis ni à céder à tous les ultimatums du capital.

De Renzi à Stiglitz
Le rêve éveillé européiste
lundi 30 juin 2014, par Frédéric Lordon

C’est probablement d’avoir pris pareille raclée aux dernières élections européennes qui pousse irrésistiblement le parti européiste aux ultimes recours du rêve éveillé. En l’occurrence le rêve a une figure nouvelle, jeune et avenante, et puis aussi un nom : ceux de Matteo Renzi (…)

Les irresponsables du pacte de responsabilité
Les entreprises ne créent pas l’emploi
mercredi 26 février 2014, par Frédéric Lordon
Il faut avoir sérieusement forcé sur les boissons fermentées, et se trouver victime de leur propension à faire paraître toutes les routes sinueuses, pour voir, comme s’y emploie le commentariat quasi-unanime, un tournant néolibéral dans les annonces récentes de François Hollande . Sans porter trop hauts les standards de la sobriété, la vérité appelle plutôt une de ces formulations dont Jean-Pierre Raffarin nous avait enchantés en son temps : la route est (...)
Le Monde diplomatique
Dans le numéro de janvier 2015 :
par Quentin Ravelli
par Julian Mischi

Les évitements visibles du « Parlement des invisibles »
vendredi 7 février 2014, par Frédéric Lordon

Comment pourrait-on trouver à objecter à un projet si profondément humaniste et bien-intentionné que le « Parlement des invisibles » de Pierre Rosanvallon, sinon sous l’effet de cette négativité pathologique, peut-être même compliquée d’une méchanceté fondamentale, qui trouve à redire par principe et indépendamment des circonstances.

Ce que l’extrême droite ne nous prendra pas
lundi 8 juillet 2013, par Frédéric Lordon
La colorimétrie des demi-habiles ne connaissant que deux teintes, toute mise en cause de l’Europe, fût-elle rendue au dernier degré du néolibéralisme, est le commencement d’une abomination guerrière, toute entrave au libre-échange est la démonstration manifeste d’une xénophobie profonde, toute velléité de démondialisation l’annonce d’un renfermement autarcique, tout rappel au principe de la souveraineté populaire la résurgence d’un nationalisme du pire, tout (...)
De la domination allemande (ce qu’elle est, et ce qu’elle n’est pas)
mardi 18 juin 2013, par Frédéric Lordon

L’Allemagne prendra-t-elle bientôt conscience du ressentiment croissant dont elle est l’objet – non pas seulement dans les pays du Sud, dont, par une sorte de « racisme économique », elle se moque comme d’une guigne, mais au cœur même de l’Europe, et notamment en France ?

Pour une monnaie commune sans l’Allemagne (ou avec, mais pas à la francfortoise)
samedi 25 mai 2013, par Frédéric Lordon
Tel le radeau de la Méduse, la Droite Complexée (DC, ex-Parti socialiste) s’accroche maintenant aux hypothèses les plus ténues pour éviter de sombrer corps et âme dans la honte historique. Une vaillante escouade de « responsables du PS français et du SPD allemand » a, par exemple, enfin cerné l’origine du « mal européen » dont elle redoute, à raison, d’avoir à pâtir : c’est « l’alliance néolibérale et conservatrice majoritaire » — comprendre Angela Merkel et (...)
Le balai comme la moindre des choses
vendredi 12 avril 2013, par Frédéric Lordon
Seuls ceux qui portent sur la politique le regard scolastique des logiciens auront du mal à comprendre qu’on puisse dire d’un même événement — comme l’affaire Cahuzac — qu’il est à la fois secondaire et principal. Péripétie fait-diversière et crapoteuse, bien faite pour attraper le regard et le détourner des choses importantes (accord sur l’emploi « ANI », austérité, chômage, etc.), la bouse soudainement posée n’en a pas moins le mauvais goût de tomber au (...)
La régulation bancaire au pistolet à bouchon
lundi 18 février 2013, par Frédéric Lordon
Ce sera sans doute la perle de la crise. Karine Berger, députée socialiste, rapporteure du projet de loi dit de « séparation » et de « régulation » des activités bancaires, reprenant la parole en commission des finances après les exposés de MM. Chifflet, Oudéa et Bonnafé, respectivement président de la Fédération bancaire française, président de la Société Générale et directeur-général de BNP-Paribas : « Vos trois exposés laissent paraître que vous n’êtes pas (...)