Duperies cartographiques
Ce billet a été édité et complété, il est disponible sur le nouveau site visionscarto.net depuis le 4 mars 2026.
Philippe Rekacewicz
A partir de juin 2014, après huit années de bons et loyaux services, ce blog change d’adresse pour devenir un site à part entière :
Les textes migreront petit à petit sur la nouvelle plateforme, mais les forums resteront en place : les mises-à-jour, les refontes, les ajouts de documents dans les articles existants se feront sur le nouveau site de Visions carto
Quelques informations à propos du nouveau site
A très bientôt, Philippe Rekacewicz.
Dans Libération, une carte originale de Birmanie
Les avatars et copies sont un des problèmes que l’on a maintenant sur internet, l’information est librement diffusée et on ne prends plus la peine de vérifier d’ou elle vient. Pour vérifier il faudrait du temps et le temps c’est ce dont on manque le plus.
Dans Libération, une carte originale de Birmanie
« De quoi vous réconcilier avec la presse » Oui, bon, faut un peu arrêter les gars. Ok, le monde de la presse ne va pas super bien, ok quand il y a une erreur il faut la signaler et la mettre en perspective, mais une phrase pareille dans le chapeau, c’est se placer terriblement haut par rapport au reste du monde, au risque de s’en échapper. A quand un article du diplo qui salue le travail admirable de nombreux confrères qui continuent de bien faire leur boulot malgré les pressions économiques et le climat morose dans lequel ils évoluent ? A force de tirer sur la presse (c’est tellement commode), on fait aussi le jeu de ceux qui veulent la museler encore plus.
Dans Libération, une carte originale de Birmanie
@Cochran : le Monde Diplo ne manque pas de signaler en notes de bons articles de la presse, Libération compris.
Dans Libération, une carte originale de Birmanie
Merci pour cet article, extrêmement instructif. Je ne regarderai plus les cartes (dans la presse, ou ailleurs...) de la même façon.
Dans Libération, une carte originale de Birmanie
Bonjour,
A chaque fois que j’entends parler de « Libération », j’ai une pensée émue pour Guy Hocquenghem (1946-1988), qui y avait travaillé, qui l’avait quitté, et qui l’avait fort à propos appelé « La Pravda des Nouveaux Bourgeois » (dans son livre « culte » « Lettre ouverte à ceux qui sont passés du Col Mao au Rotary »). Vu ce qu’il a écrit dans ce livre au sujet du Libération de la « grande époque » de Serge July, je me demande comment il s’y serait pris pour stigmatiser de telles pratiques... Certaines personnes nous manquent vraiment...
Guy Hocquenghem sur Serge July : http://atheles.org/doc/agone/hocquenghem/july.pdf
http://atheles.org/agone/contrefeux/lettreouverteaceuxquisontpassesducolmaoaurotary/index.html
JJK
Dans Libération, une carte originale de Birmanie
bravo au clin d’oeil politico-journalistique, intellectuel en somme, de Jean-Joël Kauffmann à Guy Hocquenghem (un ami a moi aussi avec Copi et quelques autres vieux copains disparus) qui n’allait de main morte avec les fourbes/traitres en tout genre de la vie parisienne !!!
Oui, si déjà à la bonne époque, avec des gens respectables comme Cressole et Maurice Najman (d’autres bons amis ayant bossé pour le « bon Libé ») ou Marc Kravetz et José Garzon, et d’autres encore...on trouvait parfois beaucoup « à dire », sous l’emprise d’un L. Joffrin, et dans le conseil de surveillance la présence d’un BHL, tout est dit, on connait ce qu’ils pensent !
Et tout est possible : des martèlements « anti-chavistes » le plus primaires, jusqu’aux « cartes »...C’est bien Rotschild qui doit être content de son investissement, et d’une ligne rédactionnelle et éditoriale politique trop correcte ! Moi je n’achête plus Libé depuis l’an 2000, et je préfère lire « La Jornada » du Mexique que « Le Monde »...et de loin : non seulement par ses articles mais par des contributions aussi d’écrivains, et d’autres journalistes amis...
« Le Diplo », of course, n’importe où l’on se trouve, sera le Diplo !
Dans Libération, une carte originale de Birmanie
Merci pour cette jolie déconstruction fort instructive, comme toujours ;-)
Car on le voit de façon exemplaire ici, derrière l’esthétique se dissimule parfois des sources fort fragiles.
Celui qui a déjà commis une carte originale sait à quel point il est difficile de sélectionner des données pertinentes souvent pléthoriques et parfois contradictoires. Et difficile aussi est le traitement de ces données, le choix des effets de seuil, l’élimination, l’atténuation ou la mise en avant forcément subjective de certaines données.
Alors parfois, ripoliner un peu une vieille carte où tous ces choix sont déjà faits, c’est fort commode ! Mais on passe à côté d’une part pour le moins essentielle du travail du cartographe...
Dans Libération, une carte originale de Birmanie
Pourquoi ne pas avoir publier une photo satellite alors ?
Dans Libération, une carte originale de Birmanie
Il n’y a pas que l’exactitude de la carte qui prête le flanc à la critique dans ce papier de libération, il y a aussi l’impasse de l’article. Pas un mot sur les 5 milliards de $ détournés sur des comptes off shore à Singapour par les généraux avec la complicité de TOTAL.
Si un régime démocratique succédait à la junte, il aurait de quoi « arrondir les angles » avec les diverses minorités au lieu de tout accaparer.
Paradoxe de la presse, c’est pourtant Libération qui avait fait sa une en septembre de ces détournements de revenus gaziers générés par TOTAL.
Dans Libération, une carte originale de Birmanie
A Cochran,
Vous croyez qu’on peut la museler encore plus qu’elle ne l’est ?! A moins que vous ne partagiez les délires de Finkielkraut (et de biens d’autres) sur les Internautes ! C’est bien une manifestation de plus de la presse aux ordres, pire, d’une auto-censure... jusqu’au travail bâclé et au copier-coller qu’il s’agit de dénoncer ! Quant à l’investigation et la réflexion personnelle...
Ne faudrait-il pas rendre hebdomadaires les quotidiens et mensuels les hebdomadaires ?
Dans Libération, une carte originale de Birmanie
Le problème, comme le souligne bien l’article, n’est pas tant la copie, que l’absence d’analyse et de mention claire de la source. En observant clairement la source, la date, l’origine du document, l’auteur de la carte se serait vite rendu compte des limites de sa copie.
Dans Libération, une carte originale de Birmanie
Pour une fois, comme vous dites, qu’une carte est publiée sur la hauteur d’une page...
Mais cette carte n’est pas signée de Libé : elle porte, comme désormais toutes les infographies du journal il me semble (en tout cas chaque fois que je l’achète), le logo d’Idé.
Évidemment, ça n’excuse pas le journal, qui jadis disposa d’un service infographie interne. Au contraire : en sous-traitant à une agence la fabrication de ses infographies et cartes, Libé renonce à les maîtriser de bout en bout et abandonne une part supplémentaire de la construction de l’information (pour affiner la critique, il faudrait savoir si le journal a fourni les données à Idé ou si Idé les a cherchées elle-même, puisque son site assure que les deux sont possibles).
Dans Libération, une carte originale de Birmanie
J’ai connu et apprécié les carto de libé à l’époque où ils existaient encore. Hélas ils ont été virés. Et l’externalisation pose en effet le problème du contrôle sur la rigueur et la qualité de l’information. A l’ère d’Internet, nous pouvons tous être « abusé ».
ne soyons pas si sévères
Comme vous le savez, la Birmanie ne publie que très peu de stats et ne distille les infos censitaires ou autres qu’au compte-goutte. Leur site de statistiques (http://www.csostat.gov.mm) ressemble à un magasin de chaussures dans la Russie des années soixante...
Il n’y a donc guère mieux en matière de répartition ethnique que les estimations « à main levée » de ce type : il est certes dommage de devoir en dépendre et encore plus de ne pas mettre en garde les lecteurs, mais on ne peut guère faire mieux. On peut aussi utiliser d’autres sources (comme http://www.muturzikin.com/cartesasiesudest/6.htm), mais il faut reconnaître que cela devient une très lourde entreprise réservée aux érudits et universitaires ou.. aux agences de renseignement.
D’autre part, les répartitions ethniques font partie des caractéristiques socidémogrpahiques les plus stables (oui oui, plus stable que l’alphabétisation, la strcuture par âge, le niveau économique etc.) et ne se trouvent perturbés, comme en Birmanie, que par des mouvements brutaux.
Donc peut-être ne devrait-on pas se réjouir du jour où de nouvelles stats montreront l’ampleur des déplacements provoqués par les décennies de junte. Peut-être même devra-t-on souhaiter comme les Bosniaques et Croates de Bosnie qu’un nouveau recensement ne viennent pas faire croire à l’irréversibilité des répartitions observées aujorud’hui et qu’une attention plus historique sur les répartitions d’antan ne rappellent qui habit(ai)t où...
Le cartographe est mort, vive l’infographiste !
Je suis allé jeter un coup d’œil au site d’Idé - www.ide.fr - et c’est bien ce que je craignais : le métier de cartographe se perd.
C’est ce que j’ai découvert dans les gros bureaux d’études en urbanisme par exemple. Il n’y a plus de cartographe mais des infographistes. Infographistes est un métier passionnant et très qualifié. Mais ce métier consiste à mettre en scène des données préalablement fournies et non à rechercher des données pour ensuite en faire une traduction cartographique appropriée. David Landry présente très bien ici, dans les commentaires, le travail délicat du cartographe.
A l’heure où la valeur temps ne fait plus partie du travail mais semble être son ennemie il ne faut pas s’étonner d’assister à des raccourcis.
" [3] Il faut dire qu’une paresseuse recherche sur internet avec les mots-clés « Burma Maps » la fait apparaître en première position des résultats." CQFD

